Auteur/autrice : Rehve

  • Angus & Julia Stone – 2017/11/01 – Paris le Zénith

    Angus & Julia Stone – 2017/11/01 – Paris le Zénith

    Très beau et si doux concert d’Angus & Julia Stone ce soir à Paris : Julia vêtue en dentelles, jupe noire et haut crème, Angus sous une casquette de titi parisien, couvert d’une veste en cuir puis lorsque la chaleur monta d’un cran, d’un sweet informe, le cheveu hirsute, fleurant bon le bucheron australien. Tous deux jouent de leurs guitares la majorité du temps, chantant en duo de leurs voix mélodieuses, entourés de quatre musiciens (batterie, claviers, guitare et bass).

    Les australiens déroulent toujours la même musique folk qui sent bon le feu de camp mais qui se sophistique légèrement les années passant. Leur dernier disque Snow est dans les bacs depuis quelques semaines, ils le jouent ce soir derrière un immense totem, sans doute en référence à la culture aborigène de leur ile-continent. Des images doucereuses sont projetées sur écran : des soleils couchants, des océans bleus et des forêts sans fin. Ce disque est de bonne facture, avec des voix un plus dynamiques que les précédents, souvent ajoutées en chœur sur celles de Julia et d’Angus toujours un peu langoureuses. C’est l’ambiance de cette soirée.

    Ils restent tous deux touchants et délicats, déclinant leur show devant un public conquis. En écho à la chanson Baudelaire qui ouvre le concert, Julia récite par cœur et en français, de sa petite voix, Enivrez-vous du poète :

    Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps,

    Enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

    Baudelaire

    Elle rencontre un franc succès !

    Evidemment, cette musique est empreinte de mélancolie et de rêve un peu triste, chacun y trouve matière à introspection comme il le sent mais tous se rassasient de la douceur immanente de ces notes qui se diffuse dans les âmes comme l’encens envahissait nos chambres d’adolescents d’antan. Quelques morceaux plus dynamiques font onduler l’assistance qui a plutôt tendance à illuminer ses téléphones mobiles pour représenter les étoiles de la galaxie Stone. Et d’ailleurs Harvest Moon de Neil Young nous est servi en rappel pour conclure cette soirée en apesanteur.

    Setlist : Baudelaire/ Make It Out Alive/ Cellar Door/ Heart Beats Slow/ Chateau/ Wherever You Are/ Bloodhound/ Private Lawns/ Who Do You Think You Are/ Yellow Brick Road/ Enivrez-vous (poème “Enivrez-vous »)/ Nothing Else/ Big Jet Plane/ For You/ My House Your House/ Snow

    Encore : Grizzly Bear/ Harvest Moon (Neil Young cover)/ A Heartbreak

    Warmpup : Isaac Gracie

  • Le retour des combattants religieux dans leurs pays d’origine

    Au fur et à mesure de la chute des villes tenues par le groupe Etat Islamique en Irak et en Syrie, certains des occidentaux venus se battre aux cotés des extrémistes religieux locaux sont tués au cours des combats, le plus souvent, fait prisonniers, parfois. Compte tenu de la violence des batailles il semble qu’il y ait peu de survivants mais, lorsque des troupes gouvernementales irakiennes ou syriennes, ou des milices diverses et variées font des prisonniers non irakiens ni syriens, se pose le problème du sort à leur réserver, d’autant plus que nombre d’entre eux ont fait le voyage du djihad avec femmes et enfants, voire ont fait des enfants durant leur séjour. Certains de ces rejetons semblent d’ailleurs avoir été élevés avec les habitudes locales et il existe quelques vidéos du groupe Etat Islamique et affidés montrant des gamins exécutant des prisonniers.

    Au regard du droit international si un citoyen, français par exemple, a commis des actes répréhensibles dans un pays tiers, il devra rendre des comptes à la justice de ce pays quitte à ce que la France l’aide dans son parcours judiciaire, voire cherche à le rapatrier en France pour lui faire exécuter dans la mère patrie tout ou partie de la peine à laquelle il aura été condamné. Selon les cas de figure il y a, ou pas, des accords de coopération judiciaire entre les Etats, dans la mesure où il reste encore des Etats…

    Avec les extrémistes islamistes partis soutenir une insurrection religieuse dans un pays étranger, nous nous trouvons sans doute dans une situation inédite. Une partie de ces personnes ont de plus fomenté, voire exécuté, depuis leur exil des attentats dans les capitales européennes tuant des dizaines de leurs concitoyens.

    Certaines rumeurs dans la presse ces dernières semaines affirment que les autorités françaises auraient signifié à leurs contacts locaux en Irak et en Syrie, officiels ou officieux, qu’elles ne souhaitaient pas voir revenir sur le territoire national ces mercenaires d’un genre nouveau, autant dire « pas de prisonnier ». L’hypothèse est possible.

    La ministre des Armées a récemment déclaré :

    S’il y a des djihadistes qui périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes et bien ils dépendront de la juridiction des forces syriennes.

    Quoi qu’il en soit, il y aura forcément des survivants, mercenaires eux-mêmes ou leurs familles. Il y en a déjà d’ailleurs qui sont revenus en France par une voie ou une autre. Ceux qui de façon évidente ont combattu dans les bandes religieuses ou commis des atrocités diverses relèvent de la justice et passent par la case prison, avant d’en sortir un jour ! Parmi les autres, certains se présentent comme des victimes, admettant certes être allés de leur plein gré en Syrie ou en Irak, mais pour suivre leurs maris, ou pour « aider » les populations locales contre leurs dictateurs, etc. Quant aux enfants, soit nés là-bas, soit arrivés avec leurs parents, leur situation est inextricable d’autant plus que certains d’entre eux ont également commis des atrocités malgré leur âge, comme si les leaders religieux et leurs parents voulaient définitivement des compromettre dans ce vertige mortifère. La justice démocratique voudrait qu’en tant que mineurs ils ne soient pas juridiquement responsables, mais comment les absoudre ? Que penser de parents qui ont sciemment laissé embrigader leurs enfants par des « fous de Dieu » ? Il y avait déjà eu des enfants-soldats lors de guerres en Afrique au Liberia ou en Sierra-Leone, mais cette fois c’est chez nous que cela se passe et ces gamins sont de retour au pays avec leur cortège de souvenirs moribonds et religieux. Les programmes de rééducation en cours en Afrique, qui rencontrent plus ou moins de succès, vont pouvoir être transposés en Europe

    Pour nombre de ces individus il n’y a sans doute aucun espoir de les voir revenir à plus de tolérance envers leurs prochains, à des sentiments plus humains et moins divins. Il est probable que, prison ou pas, revenus dans leurs pays d’origine ils auront toujours le même objectif de massacrer les mécréants et les apostats jusqu’à la fin de leur existence. Après les excès commis et l’embrigadement idéologique subis on voit mal ce qui pourrait les faire penser et agir différemment. La raison est perdue pour longtemps. Nos nations vont devoir vivre avec ces menaces de l’intérieur pour encore  plusieurs générations et elles ne savent pour le moment pas bien comment les traiter, au-delà des déclarations à l’emporte-pièce de dirigeants immatures, dignes du Café du Commerce mais fort peu opérationnelles ni pratiques pour résoudre le dilemme.

  • Des dirigeants séditieux en fuite

    Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

    Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

    Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

  • Les loyalistes sont actifs en Espagne

    Des manifestations importantes ont eu lieu à Barcelone réunissant des citoyens espagnols s’opposant à l’indépendance de la Catalogne. S’ils veulent lutter contre ce mouvement de fond il va falloir aussi qu’ils se rendent aux urnes pour exprimer cette position et votent franchement pour défaire l’actuelle coalition indépendantiste qui a été démocratiquement élue.

  • « Maria by Callas » à la Seine Musicale

    La Seine Musicale, nouvelle espace culturel tourné vers la musique, installé sur l’Ile Seguin à l’emplacement des anciennes usines automobiles Renault, présente sa très belle exposition inaugurale : Maria by Callas. A l’aide d’un casque audio, les visiteurs circulent dans la vie et l’œuvre de la diva retracée par des photos, des textes, des vidéos et bien sûr des extraits musicaux.

    Brillante et touchante, La Callas se révèle une véritable étoile du XXème siècle sur toutes les scènes de monde, chantant les plus beaux opéras du répertoire classique. Une vie entière dédiée à la musique comme une mission divine :

    Chanter, pour moi, n’est pas seulement un acte d’orgueil, mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie.

    Une vie de travail intense depuis l’enfance où sa mère avait décidé qu’elle serait cantatrice, une voix inoubliable qui a submergé d’émotion les plus insensibles ; elle se sait investie d’un devoir de servir le génie créateur de tous ces compositeurs qu’elle a magnifiés. Mais aussi l’existence tellement humaine de cette femme grecque née à New York, ballotée d’une mère exigeante à une vie sentimentale pas toujours apaisée. Au hasard d’interviews télévisées elle parle de la musique, beaucoup, et d’elle, un peu :

    …après tout, qu’est-ce qu’une légende ? C’est le public qui fait ce que je suis. Qu’est-ce qu’une légende ? Je me trouve très humaine.

    Chaque spectacle est un défi qu’elle se lance ; pour être à la hauteur des attentes de son public et de son talent elle s’en remet à son travail et… à Dieu :

    Quand je chante, même si je parais tranquille, je me tourmente de la peur insoutenable de ne pas réussir à donner le meilleur de moi-même. Notre voix est un instrument mystérieux qui nous réserve souvent de tristes surprises, et il ne nous reste qu’à nous confier au Seigneur avant chaque spectacle, et lui dire humblement « nous sommes entre vos mains ».

    Il faudrait des heures pour épuiser tous les extraits musicaux mis à disposition des visiteurs pérégrins : Mme. Butterfly, La Norma, La Tosca…, découvrir les différentes étapes de sa carrière, ses départs et ses retours, ses tournées d’adieu, ses master-classes puis son exil, ultime, avenue Georges-Mandel à Paris où elle décèdera prématurément à 53 ans.

    Une très intéressante exposition sur le talent et la personnalité de cette artiste si émouvante !

  • DURAS Marguerite, ‘La Douleur’.

    DURAS Marguerite, ‘La Douleur’.

    Sortie : 1985, Chez : folioplus classiques 212.

    Marguerite Duras a écrit ces textes peu après la fin de la deuxième guerre mondiale, puis en a oublié l’existence avant de les retrouver et les publier sous le titre « La Douleur ». Il s’agit d’écrits de guerre où se mêlent l’Histoire, la barbarie de cette époque et la vie romanesque de cette auteure.

    A la fin de la guerre, les camps d’extermination sont progressivement ouverts et Marguerite attend le retour de son mari Robert Antelme, qui y a été déporté, dont on ne sait pas s’il a survécu à l’enfer. Elle décrit l’angoisse montante alors que jour après jour d’autres reviennent mais que Robert n’est pas là. Elle raconte le désespoir lorsqu’elle interroge sur les quais de la gare de l’Est les revenants des camps ; ont-ils des nouvelles de Robert ? Et lorsque finalement des camarades résistants auront fait le voyage à Dachau pour l’arracher à ce champ de ruines et de mort et le ramener (clandestinement) dans l’appartement de Marguerite, elle narre la difficile et angoissante lutte pour le retour à une vie physique à peu près normée du zombie qu’est devenu son mari. Quant à la vie morale, elle sait qu’après un tel traumatisme rien n’efface, on ne la retrouve jamais.

    Ce retour à la vie est pénible, long, oh combien. Marguerite lui apprend la mort de sa jeune sœur quelques jours après qu’elle fut libérée, et puis elle lui annonce sa volonté de divorcer. L’épisode se termine sous le soleil écrasant d’une plage italienne alors que la bombe nucléaire a déjà dévasté Hiroshima mais que Robert a survécu.

    Un deuxième texte aborde la relation trouble qu’elle initie avec le gestapiste qui a arrêté Robert. Et un troisième, raconte le passage à tabac, la torture, d’un collaborateur pour obtenir de lui quelques renseignements. Duras est le chef d’équipe et dirige cet interrogatoire d’une main de fer avant de plaider, plus tard, pour un peu d’indulgence lors du procès de celui-ci.

    Ce volume que l’on dirait écrit comme un journal au fil de l’eau semble en réalité avoir été sérieusement retravaillé avant sa publication. On y retrouve le style chirurgicale et tranchant de Duras appliqué à des sujets majeurs qui ont marqué la vie de l’auteure : qu’est ce qui fait que des évènements donnés poussent certains vers la barbarie et d’autres pas ? Qu’est-ce qui amène au choix de la résistance versus celui de la collaboration ? Le dilemme de la vengeance ou de la réconciliation ? L’engagement, au besoin violent, pour ses idées en faveur de ce que l’on pense être l’avenir de l’Humanité. Et l’amour, l’amour infini qui fait ressentir une douleur non moins infinie lorsque l’être aimé est en danger, lorsqu’il vit une situation critique que l’on ne peut partager avec lui, voire vivre à sa place.

    Un livre important et des concepts assez facilement transposables à d’autres conflits de nos temps actuels.

    Lire aussi : ANTELME Robert, ‘L’espèce humaine’.

  • Les séditieux catalans franchissent le Rubicon

    Tel César franchissant le Rubicon pour fondre sur Rome, le parlement catalan a voté l’indépendance de la Catalogne cette après-midi en dehors d’un processus constitutionnel légal, alea jacta est. A la différence des armées de César, on a l’impression ici d’une bande de garnements extrémistes qui ont engagé leur région et l’Espagne entière dans une impasse sans aucune réflexion sur les conséquences d’un tel processus. Ils sont sans doute partis pour des mois de chaos, cette indépendance n’étant reconnue à ce stade par aucun Etat. Le Venezuela, Etat membre de l’ONU, avait déjà marqué son soutien à la Catalogne par la voix de son président qui avait déclaré début octobre :

    Mariano Rajoy a choisi le sang, les bâtons, les coups et la répression contre un peuple noble. Nos mains sont avec le peuple de Catalogne. Résiste Catalogne ! L’Amérique latine t’admire.

    Croyant agir pour l’intérêt de leur minorité, les élus catalans ont voté pour se séparer de l’Espagne. Cela paraît surréaliste mais c’est ainsi. Si le processus ne respecte pas la constitution espagnole, les élus indépendantistes du parlement catalan, eux, ont bien été élus légalement. Il ne fallait pas voter pour eux si on ne voulait pas de leurs actes.

    Bien évidemment les élus corses, eux-aussi amateurs de sédition, ont marqué leur solidarité avec Barcelone. Sur papier en-tête de l’assemblée de Corse, son président, M. Talamoni (l’homme qui déclarait que « la France est un pays ami ! ») écrit en substance :

    En ce 27 octobre 2017, nous saluons la naissance de la République de Catalogne et exprimons notre solidarité à l’égard de son gouvernement et de son peuple. … La situation actuelle fait craindre une forte aggravation des tensions.

    Afin d’en conjurer le risque, il est indispensable que les responsables et institutions européens s’interposent entre Madrid et Barcelone, et que les forces démocratiques espagnoles se fassent entendre devant les dérives autoritaires rappelant la période franquiste. En attendant, tous les démocrates européens doivent soutenir un peuple qui ne demande qu’à exercer ses droits naturels et inaliénables.

    Visca Catalunya !

    Après la France, voilà un nouveau pays ami pour la Corse bien que la Catalogne pense entretenir le reste de son pays alors que le flux est plutôt inverse pour la Corse comme la matérialisait le même jour une motion présentée par le même Talamoni et exigeant :

    Maintien du différentiel de 20 points entre les taux de réduction d’impôts sur le revenu des fonds d’investissement de proximité (FIP) corses et les taux des FIP classiques [NDLR : c’est-à-dire continentaux].

    Plus sérieux, un mouvement anti-catalan commence à se développer en Espagne. Seul un référendum national aurait permis d’entériner la partition espagnole de façon légale. Selon l’évolution de la situation dans les prochains mois, il n’est d’ailleurs pas exclu que si un tel référendum était organisé, le reste de l’Espagne ne voterait pas pour acter la séparation d’avec les séditieux qui veulent vivre leur vie. C’est peut-être l’un des éléments de la stratégie des indépendantistes, se faire tellement rejeter des autres que l’indépendance sera finalement conçue comme un moindre mal.

    Cette affaire ne va pas manquer d’animer l’actualité européenne des prochains mois et d’agiter le Landernau communautaire, comme s’il n’y avait pas mieux à faire !

  • Mais qui fera taire Nadine Morano ?

    Nadine Morano règle ses comptes avec les « traitres » de son parti conservateur qui ont pactisé avec le président actuel de la République. Elle le fait avec son style haut en couleur. On frémit en se rappelant que cette femme a été ministre de la République et pourrait le redevenir.

  • St. Vincent – 2017/10/24 – Paris le Trianon

    Flamboyant concert ce soir eu Trianon de St. Vincent : artiste américaine, guitariste habile, chanteuse habitée, auteure-compositrice inspirée. On avait entendu parler d’elle à l’occasion de sa remarquable performance en tant que guitariste chanteuse accompagnant David Byrne ex-Talking-Heads sur une tournée qui reprenait des standards des Heads. Elle allait si bien avec la tête chercheuse Byrne ! Deux sympathiques monstres à la créativité sans bornes qui jouaient les morceaux qui nous ont fait danser dans les 80’, il y eut une tournée et de nombreuses vidéos heureusement disponibles sur Youtube pour ceux qui n’ont pas vu les concerts.

    St. Vincent chante et joue seule ce soir, mais vraiment seule. La première partie est constituée de la projection d’un film réalisé par Annie Clark de son vrai nom, Birthday Party, une histoire burlesque et tragique aux couleurs acidulées. Puis les lumières s’éteignent et la scène apparaît avec un lourd rideau rouge en demi arc de cercle. Annie apparaît alors en body et bottes à jambières fuchsia, dans le coin gauche, guitare en bandoulière. Elle joue d’anciens morceaux et se déplace progressivement sur la gauche à chaque chanson, le rideau s’ouvrant ainsi progressivement.

    La deuxième partie du show est dédié au dernier album Masseduction qu’elle joue intégralement sur une estrade placée au milieu de la scène. C’est là que l’on se rend compte qu’elle n’a pas de groupe ; elle joue de la guitare et chante sur des bandes orchestrées pendant que sont diffusés les clips originaux de ses chansons. Les couleurs sont flashy et poppy, même les couleurs de ses guitares, dont elle change à chaque morceau, sont assorties à cet enchantement visuel.

    Evidemment l’attention du spectateur est captée par ce show visuel autant que par la musique, mais notre héroïne jour de la guitare avec brio, chante avec facilité et orchestre cet ensemble avec harmonie. Le concert est une suite de pièces musicales tranchantes, aux accents répétitifs et aux mélodies robotiques. C’est d’ailleurs plus qu’un concert mais une sorte de tableau de Keith Haring animé et sonorisé !

    Black saint, sinner lady/ Playin’ knock-off soul/ A punk rock romantic/ Slumped on the kitchen floor/ Nuns in stress positions/ Smokin’ Marlboros/ Lolita is weeping/ « The bride is beautiful


    Masseduction/ Masseduction/ I can’t turn off what turns me on/ Masseduction/ I can’t turn off what turns me on/ Masseduction/ I hold you like a weapon/ Mass destruction/ I don’t turn off what turns me on

    St. Vincent est définitivement originale et contemporaine, elle délivre un spectacle complet et fascinant ; quelle imagination, quelle créativité !

    Setlist

    Les photos de Roberto

    Brithand Party (film) : Marry Me/ Now, Now/ The Strangers/ Actor Out of Work/ Cruel/ Cheerleader/ Strange Mercy/ Digital Witness/ Rattlesnake/ Birth in Reverse/

    MASSEDUCTION : Hang on Me/ Pills/ Masseduction/ Sugarboy/ Los Ageless/ Happy Birthday, Johnny/ Savior/ New York/ Fear the Future/ Young Lover/ Dancing With a Ghost/ Slow Disco/ Smoking Section lo

  • The Rolling Stones – 2017/10/22 – Nanterre U Arena

     

     

    Les Rolling Stones jouent trois concerts pour inaugurer le nouveau stade de Nanterre « U-Arena », destinés semble-t-il au rugby. Le citoyen contribuable se demande quand même s’il était bien nécessaire de construire encore une nouvelle gigantesque infrastructure destinée au Dieu ballon, qui restera sans doute vide la plupart du temps, comme celle qui existent déjà. Au moins donne-t-elle lieu à ces shows des Dieux Rolling Stones, le contribuable paiera la note plus tard, ce soir il a réglé son ticket d’entrée à un prix plutôt stratosphérique, c’est une bonne préparation, merci Mick…

    Le concert est joyeux, sans trop de surprises mais plein de bonheur. Il y a quatre écrans gigantesque hauts de 15 mètres qui vont diffuser les images du groupe sans filtre durant tout le concert et affichent le jaune du logo No Filter pendant que les 40 000 spectateurs d’installent. A l’extinction des lumières le groupe Cage The Elephant assure une première partie plutôt énergique. Puis les Stones entrent sur Jumpin’ Jack Flash et enchaînent sur It’s Only Rock ‘n’ Roll : le public exulte. Ce n’est d’ailleurs pas très compliqué d’enthousiasmer un stade de fans stoniens… la recette est grosso-modo la même et fonctionne si bien depuis 40 ans : If I could win ya, if I could sing ya/ A love song so divine/ Would it be enough for your cheating heart/ If I broke down and cried?/ If I cried?/ I said I know it’s only rock ‘n’ roll but I like it/ I know it’s only rock ‘n’ roll but I like it, like it, yes, I do/ Oh, well, I like it, I like it, I like it…

    Le son est puissant, les rockers en costumes aux couleurs chamarrées affichent une bonne humeur inébranlable, chacun assure sa partie avec brio et un professionnalisme de vieux routier, Mick se déhanche en demandant au public : « Vous kiffez ? », le paquebot des Rolling Stones continue sa route imperturbable sur la marée humaine de ses fans multigénérationnels, poussé par les moteurs infatigables d’une inspiration bluesy et d’un sens du show qui n’ont pas fini de trotter dans nos âmes sur le retour.

    La set-list n’est qu’un catalogue sans fin de hits mondiaux qui déclenchent chacun souvenirs, références et volupté ; ce ne sont plus des madeleines de Proust mais des orgies de plaisir ! La déambulation se poursuit dans les classiques du groupe, de Jumpin’ Jack Flash à Brown Sugar, la chanson votée par le public est Angie, le final se fait sur Satisfaction et un mini feu d’artifice clôture 2h1/4 du énième concert des Rolling Stones.

    Les hallebardes qui pleuvent à la sortie ne suffisent pas à éteindre le feu qui brûlent dans nos cœurs. On ne perd jamais son temps en passant une soirée avec les anglais là.

    Setlist : Jumpin’ Jack Flash/ It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)/ Tumbling Dice/ Hate to See You Go (Little Walter cover)/ Ride ‘Em on Down (Jimmy Reed cover)/ Dancing With Mr. D/ Angie (by request)/ You Can’t Always Get What You Want/ Paint It Black/ Honky Tonk Women (followed by band introductions)/ Happy (Keith Richards on lead vocals)/ Slipping Away (Keith Richards on lead vocals)/ Miss You/ Midnight Rambler/ Street Fighting Man/ Start Me Up/ Sympathy for the Devil/ Brown Sugar

    Encore : Gimme Shelter/ (I Can’t Get No) Satisfaction

    Warmup : Cage The Elephant

  • Le « pouvoir » d’un libidineux riche et clinquant

    Un homme public américain autrefois couvert de gloire est désormais voué aux gémonies par la planète entière. Le garçon est producteur de cinéma et il était fêté comme « le plus puissant producteur d’Hollywood », encore plus applaudi que les artistes dont il finançait les créations. Etre « puissant » pour un producteur de cinéma signifie sans doute avoir beaucoup d’argent et donc le pouvoir qui va avec.

    Il s’avère que cet homme a beaucoup fait usage de son pouvoir d’argent pour séduire des femmes, voire les harceler et même les violer. Comme il s’agissait souvent de starlettes venues quémander un rôle dans un film, le libidineux d’Hollywood en profitait pour leur imposer des relations sexuelles. Cela durait depuis des années semble-t-il et les premières plaintes arrivent maintenant. L’époque accepte de moins en moins ce genre d’écarts, en tout cas en Occident.

    Depuis la révélation de cette affaire, c’est un festival de faux-jetonneries comme si le monde entier découvrait, stupéfait, que l’univers du cinéma, peuplé de gens beaux et/ou riches (seulement riche dans le cas du libidineux qui nous occupe) n’était pas aussi habité par des histoires sordides ; « Mais comment ! Des coucheries à Hollywood, je n’en crois pas mes oreilles… » Il s’agit d’histoires de pouvoir, d’égo, d’argent, d’ambition et de fesses, bref, c’est la vie. Il faut sans aucun doute rabattre le caquet des libidineux et autres arrogants aux égos surdimensionnés, au besoin devant la justice, mais feindre l’étonnement devant la lâcheté des hommes relève au mieux de la niaiserie, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

    Plus déprimant, la République française a décoré le libidineux de la Légion d’honneur il y a quelques années et l’on se demande bien à quel titre ? Il n’y a pas de réponse évidente à ce stade sauf ce penchant douteux pour l’autocongratulation qui ravage nombre de puissants. Toujours est-il que devant le scandale en cours, la République pourrait éventuellement retirer sa décoration.

  • Yasmine Hamdan – 2017/10/10 – Paris le Trianon

    Très beau concert ce soir de Yasmine Hamdan, artiste libanaise multilatérale et voyageuse, née à Beyrouth au cœur de la terrible guerre civile, produisant un rock sombre et mystérieux, teinté de parfum d’Orient. Déjà sur les routes de la création depuis plusieurs années, elle a créé le groupe Sopakills avec un garçon beyrouthin comme elle, un duo original trip-hop-électro définitivement décalé dans l’environnement local et qui a lancé sa carrière de compositrice dans l’environnement traumatique de ce pays qui se remettait difficilement de la barbarie.

    Après la dissolution du groupe elle poursuivit une carrière solo inspirée par notre vaste planète et les différents endroits où elle y vécut. Mais c’est surtout le Moyen-Orient qui la fascine et la modèle. Ses maîtres sont légion mais elle trace son propre sillon, celui de l’underground arabe sur son territoire de prédilection autour de la Méditerranée.

    Elle se présente ce soir avec un groupe de trois musiciens (guitare, clavier et batterie) et ils déclinent ensemble une musique moderne, originale et envoutante. Yasmine, belle et généreuse, alterne entre un micro en fond de salle par lequel sa voix est traitée électroniquement et celui du front de scène qui la restitue au naturel. Entre les deux, elle va avec élégance, elle danse, elle déambule, elle se déhanche et nous invite au relâchement contrôlé. Plutôt distante vis-à-vis du public elle diffuse pourtant une présence palpable.

    Les partitions de guitares sont lancinantes et répétitives pour enrober cette voix superbe qui dit des mots français, anglais ou arabes, dans cette langue rugueuse et poétique (les traductions anglaises sont disponibles sur www.yasminehamdan.com/en).

    Son dernier disque s’appelle Al Jamilat en référence au poème de Mahmoud Darwish qu’elle met en musique et interprète sur scène avec brio :

    Beauties are beautiful « The tattoos of the ‘violin’ around the waist ».

    The beauties are vulnerable « A throne without memory ».

    The beauties are the strong ones « A desperation that shines but does not burn ».

    The beauties are princesses « Mistresses of an anxious revelation »…

    Yasmine Hamdan est aussi actrice et compose des musiques pour le cinéma et le théâtre. Une vraie et belle découverte artistique que ce concert du Trianon !

  • Une région séditieuse

    L’Espagne est agitée par la sédition de sa région nord-est : la Catalogne. Disposant déjà d’une relative autonomie dispensée par la constitution espagnole cette région dirigée par un parti indépendantiste a organisé un référendum (déclaré inconstitutionnel par le gouvernement) qui a abouti à une majorité en faveur du divorce avec le reste du pays.

    Comme certaines autres régions européennes, la Catalogne s’estime plus riche et plus efficace que les autres régions espagnoles et refuse de continuer à les subventionner. On ne connait pas bien la réalité des transferts entre la Catalogne et les autres régions moins riches, mais on constate une nouvelle fois que lorsqu’il s’agit de ses intérêts communautaires, il est rare qu’une minorité opte en faveur de l’intérêt national. L’Ecosse, émirat pétrolier du Nord du Royaume-Uni voit monter sa fièvre indépendantiste en même temps que croissent les cours pétrole, et vice versa. La Flandre, région belge plutôt dynamique et efficace veut se séparer du Royaume de Belgique pour arrêter de subventionner la Wallonie plus pauvre. Guidée par leur égoïsme, ces régions font fi du sentiment national pour privilégier leur tiroir-caisse en se drapant derrière leur « dignité » effarouchée par l’Etat central, leur identité ethnique.

    Il est un peu surréaliste d’imaginer la Flandre prendre son indépendance, de même la Catalogne ou l’Ecosse ! Ce serait un peu comme si l’Ile de France prenait son autonomie vis-à-vis de la Corrèze. Contrecoup de la mondialisation ce nouvel égoïsme régional ne règle rien, il rabougrit les situations et attise les nationalismes aux petits pieds.

  • Attaque islamiste à Marseille

    Un citoyen tunisien, délinquant islamiste tue deux jeunes femmes dans la gare de Marseille, dont l’une par égorgement. Il est abattu par une patrouille militaire. Ce terrorisme connoté de religion n’en finit pas, la France en est la cible depuis les campagnes des années 90’, trente années de bombes et d’assassinats au hasard des rues, des actions souvent menées par des citoyens français élevés à l’école de la République.

    Le groupe Etat islamique a revendiqué les meurtres.

    L’attaquant ne semble avoir été particulièrement en vue pour ses idées islamistes mais était plutôt connu pour des actes de délinquance ordinaire. On a un peu l’impression que désormais n’importe quel individu gérant son mal-être et ses frustrations historiques de racines emmêlées entre immigration, colonisation et dictature de son pays d’origine, cet individu, par mimétisme et volonté d’une gloire éphémère, va se lever, égorger son voisin au nom de son Dieu et mourir à son tour sous les balles d’une nation qui cherche à se défendre. Nos sociétés n’ont pas encore trouvé le mode d’emploi pour mettre fin à toute cette barbarie, hélas ! La solution n’est pas simple.

  • Nick Cave & the Bad Seeds – 2017/10/03 – Paris le Zénith

    Nick Cave & the Bad Seeds – 2017/10/03 – Paris le Zénith

    Tragique, forcément tragique !

    Sublime, évidement sublime ce concert de Nick Cave & The Bad Seeds, beau, profond et puissant, après la sortie de leur dernier disque Skeleton Tree et du film documentaire One more time with feeling, tourné sur l’enregistrement de cette œuvre magistrale au cours de laquelle son fils Arthur, 15 ans, est mort en tombant d’une falaise de Brighton sous l’emprise de LSD, dans un remake du final de Quadrophonia des Who.

    Le film, émouvant, était déjà un sombre voyage autour de l’enregistrement du disque. Le drame n’y était évoqué que tout à la fin bien que présent partout. La tournée est la suite de cette introspection dans la perte et le chagrin.

    L’homme est toujours extérieurement le même, grande tige habillée d’un costume noir brillant sur une chemise blanche, sa masse de cheveux tout aussi noirs, rejetée en arrière dans le cou, il se déplace à grandes enjambées sur la scène, micro en main, avec quelques incursions au piano. Warren Ellis, son frère d’armes depuis si longtemps, est fidèle au poste, sur la droite de la scène, en costume et longue barbe grise, entre guitares et violon, jouant de ce dernier souvent dos au public mais avec flamboyance, jetant son archer en l’air pour finir ses morceaux. Musicien et compositeur il mène une vie artistique également en dehors des Bad Seeds mais retrouve toujours son complice avec bonheur pour les étapes de son parcours exceptionnel. Le reste du groupe assure avec retenue et efficacité le soutien à ce show dirigé par le fiévreux Nick Cave.

    La voix de l’artiste s’est embellie avec le temps, profonde, caverneuse, elle se pose magnifiquement sur ses textes exprimés dans un chanter-parler qui est devenu sa marque de fabrique. Sa musique s’est éthérée, ses textes devenus plus mystiques, c’est la transformation d’un artiste confronté au temps qui passe. Aujourd’hui Nick Cave se rapproche de son public comme jamais, dans une espèce de cathasis pour expurger ce terrible quotidien. Sur l’incroyable Higgs Boson Blues il raconte cette balade à travers Genève où s’entremêlent Robert Johnson et sa guitare à dix dollars (l’un des premiers créateurs-inspirateurs de ce qu’est devenu le blues), Lucifer, la femme aimée et le fameux boson de Higgs, cette particule élémentaire à l’existence théorique qui ne fut confirmée que récemment et serait à l’origine de l’Univers. Et lorsqu’il chante:

    If I die
    tonight, bury me

    In my favorite yellow patent leather shoes
    With a mummified
    cat and a cone-like hat

    That the caliphate forced on the Jews
    Can you feel my
    heartbeat?

    Can you feel my
    heartbeat?

    il se penche vers les premiers rangs, juste soutenu, par leurs mains tendues posées sur sa poitrine, sur son cœur…

    Jubilee Street marque un sommet du concert avec sa montée en puissance régénératrice et tellement rock : Warren démarre à la guitare sur des accords en glissando alors qu’il raconte l’histoire de Bee qui écrivait le nom de Nick sur toutes les pages de son cahier mais tout ceci s’est mal terminé sur Jubilee Street et la montée en tension de l’instrumentation porte à merveille le paroxisme du récit :

    I am alone now, I am beyond
    recriminations

    Curtains are shut, the furniture is gone
    I’m transforming, I’m
    vibrating, I’m glowing

    I’m flying, look at me
    I’m flying, look at me now.

    Et puis, bien sûr, vient le déchirant I Need You écrit pour son fils disparu, la seule chanson qui serait directement reliée au drame familial, les autres morceaux étant supposés avoir été écrits avant, même si parfois réadaptés au contexte. C’est l’instant ultime où le public porte l’artiste qui s’est assis pour cette interprétation douloureuse.

    Ce public qu’il fera monter sur scène sur Stagger Lee, deux cents personnes pour partager la musique du Maître. Ce public dont il parcourra les rangs, de gauche sur Weepong song, puis à droite sur le sublime final de Push the sky away nappé par un clavier obsédant, debout sur la barrière d’un gradin, soutenu par tous, porté par les nappes de claviers, il chante de sa voix de crooner triste :

    And some people say it’s just rock and roll
    Oh but it gets you right down to your soul
    You’ve gotta just keep on pushing
    Push the sky away…

    Evidemment il y a de la mise en scène dans tout ceci et les concerts de la tournée seront plus ou moins bâtis sur le même format, mais que peut faire de mieux un artiste de cette trempe que d’organiser sa rédemption avec un public qui le vénère dans les bons et les mauvais moments ? Alors ce soir, chacun a conscience d’avoir assisté à un concert unique par son élégance, poignant par son actualité et tout simplement beau et pur dans sa douleur retenue mais transcendée ! Entre messe noire et ode envoutante, Nick Cave & the Bad Seeds ont délivré sans aucun doute le show de l’année.

    Setlist : 1/ Anthrocene, 2/ Jesus Alone, 3/ Magneto, 4/ Higgs Boson Blues, 5/ From her to eternity, 6/ Tupelo, 7/ Jubilee Street, 8/ The ship song, 9/ Into my arms, 10/ Girl in amber, 11/ I need you, 12/ Red right hand, 13/ The mercy seat, 14/ Distant sky, 15/ Skeleton tree, 16/ The Weeping song, 17/ Stagger Lee, 18/ Push the sky away

  • Mort de Tom Petty

    Mort de Tom Petty

    Tom Petty (1950-2017) est mort aujourd’hui d’un arrêt cardiaque. Guitariste-auteur-compositeur américain originaire de Floride il a produit nombre de succès avec son groupe The Heartbreakers à l’époque punk puis en solo à la fin des années 80’. Son dernier disque Hypnotic Eye date de 2014.

    Entre Bob Dylan et Bruce Springsteen, sa musique est influencée par le Sud. Voie aigue et nasillarde, guitares brutes et rythmées, c’est un vrai musicien qui s’est bien sûr fait entourlouper par ses différents managers et associés (il a passé par mal de temps dans les tribunaux pour essayer de récupérer les droits sur ses compositions). A 66 ans, il nous quitte bien trop tôt.

  • Sigur Ros – 2017/09/29 – Paris le Grand Rex

    Le groupe islandais Sigur Ros a donné un concert ce soir au Grand Rex, en formation réduite à trois. Groupe pour le moins original et définitivement inclassable, il rencontre un succès d’estime et de curiosité devant cette musique intergalactique composée et jouée par des citoyens d’une ile-Etat, l’Islande, qui elle aussi suscite la perplexité, perdue dans les mers du grand Nord entre Groenland et Norvège, tiraillée entre le feu de volcans en éruption et la glace de cette région polaire. Leur musique est à cette image.

    Rappelons les bases de ce groupe d’avant-garde : Jónsi joue de la guitare avec un archet et chante d’une voix extrêmement haute et fluide, son bassiste joue parfois avec des baguettes de batterie, seul le batteur semble suivre les voies à peu près classiques de sa fonction. Les mots sont en islandais, en anglais ou dans une langue propre créée par le groupe, le « hopelandic » (langage de l’espoir), on est ainsi sur de perdre les spectateurs…

    Les perdre, oui, mais dans un monde merveilleux duquel ils ne veulent pas s’échapper. Un univers où tout converge vers une magie des sens. La voix exceptionnelle et l’instrumentation ne font qu’un, le son de l’ensemble suit d’étranges sinusoïdes tout en hauteur, dans les sommets de la gamme sonique. Le light show est en symbiose avec la musique, sombre et mystérieux, fait d’un ensemble de barres lumineuses qui s’entrecroisent dans l’espace et leurs clignotements. On dirait des clignotements d’étoiles au cœur du grand néant noir de l’espace.

    C’est un kaléidoscope de sensations qui nous plonge dans cette musique si originale, si pure et éthérée. On n’est pas sûr de vraiment comprendre toute cette complexité, ce n’est pas grave, laissons-nous bercer par nos sens et recevons cette offrande musicale venue d’un autre monde. C’est le miracle des Sigur Ros : des mots et des notes finalement accessibles à tous.

    Setlist :

    Set 1 : Á/ Ekki múkk/ Glósóli/ E-Bow/ Dauðalagið/ Fljótavík/ Niður/ Varða

    Set 2 : Óveður/ Sæglópur/ Ný batterí/ Vaka/ Festival/ Kveikur/ Popplagið a

  • Escroquerie nationale en cours

    Ca y est, l’organisation des jeux olympiques de 2024 dont plus aucune ville ne voulait a été attribuée à Paris par l’organisation mafieuse internationale et fraudeuse domiciliée en Suisse, le Comité international olympique (CIO). C’est ainsi que les contribuables français vont devoir vider leurs poches pour financer des compétitions sportives. Les nunuches pleines de dents blanches, présentatrices de journaux télévisés, annoncent la nouvelle avec leurs sourires ravis. La maire de Paris qui a engagé un argent qui n’est pas le sien se frotte les mains. Même le président de la République, pourtant libéral dans l’âme, va, sans problème de conscience apparent, se réjouir de ce détournement d’argent public pour financer une activité qui devrait relever exclusivement du secteur privé.

    La mairie de Paris a œuvré pour refuser l’organisation d’un référendum au niveau de la ville pour demander l’avis de ses citoyens qui auraient très certainement voté contre comme le firent nombre d’électeurs consultés dans d’autres villes plus ou moins candidates. On est non seulement en présence d’un hold-up financier mais également d’une atteinte aux principes démocratiques.

    Il reste maintenant à espérer que les dirigeants français qui vont mener à bien cette organisation feront preuve d’un peu de bon sens pour limiter ce qui sera volé aux contribuables et qui aurait été tellement mieux utilisé pour l’éducation de nos enfants par exemple. On attend la loi de circonstance qui va exonérer le CIO de tous impôts et taxes sur les activités commerciales qu’il mènera sur le territoire français en 2024. Nous constaterons les députés félons qui voteront pour le hold-up.