Auteur/autrice : Rehve

  • Platini en Suisse et au Panama

    CH_20150930_Platini

    Platini, 60 ans, ex-footeux franchouillard recyclé dans la direction de l’Union européenne de fouteballe (UEFA) a été suspendu de toutes fonctions dans le monde de la baballe suite à une rémunération de 2 millions d’EUR perçue de la part de la fédération mondiale de fouteballe (FIFA) pour un job qu’il aurait effectué dix ans plus tôt et sans que l’on sache exactement de quoi il s’est agi. D’abord suspendu pour 90 jours, il est ensuite radié pour huit ans par un tribunal interne de l’organisation mondiale pour « abus de position, « gestion déloyale » et « conflit d’intérêt », peine ramenée à six ans en appel et il semble qu’une autre procédure d’appel soit toujours en cours. Du coup le garçon n’a pas pu se présenter à l’élection du chef de la FIFA, qui devrait s’en remettre.

    Le plus désopilant dans cet psychodrame est que le nom de Platini est en plus sorti dans l’affaire dite des Panama papers. Il est ayant-droit d’une société crée dans ce paradis de la fraude fiscale. L’intéressé n’a pas contesté l’existence de cette société arguant simplement que, bien sûr, le dispositif était légal.

    Platini, 60 ans, résident suisse et ayant droit d’une société panaméenne, se débat comme un beau diable pour faire croire qu’il est blanc comme neige. La tâche est rude. Le mieux pour lui et pour le monde des pousseurs de baballe (lui aussi impliqué dans nombre d’affaires mafieuses de détournements et de fraudes) serait qu’il se retire discrètement en espérant que le souvenir de ses buts de légende restent plus longtemps dans l’imaginaire footballistique que ses petits arrangements financiers et fiscaux.

  • Rémunérations et autres petites misères de pédégé (suite)

    On en sait un peu plus sur la rémunération globale du pédégé de Renault qui est aussi dirigeant du groupe Nissan : en gros il perçoit sous différentes formes et à différentes échéances 7 plus 8 millions d’EUR, soit 15 millions d’EUR, pour sa prestation de 12 mois de travail de l’année 2015. Une partie de cette rémunération est sous forme de titres bloqués qui, lors de leur déblocage pourront valoir moins ou… plus.

    Pierre Gattaz, chef du syndicat MEDEF des grandes entreprises françaises, l’homme qui affichait ce badge ridicule « 1 million d’emplois » sur son veston il y a quelques mois, a déclaré le 03/05/2016 sur une radio privée :

    « Je n’ai pas de problème avec le montant mais un petit problème avec le fait que les actionnaires ont voté contre et que le conseil d’administration entérine quand même la rémunération. Je suis un peu gêné par la procédure qui consiste à s’asseoir sur l’avis des actionnaires. »

    En réalité cette contestation de rémunérations démesurées de certains pédégés s’étend au-delà de la France et on a vu des situations similaires chez le pétrolier BP au Royaume-Uni, où le constructeur automobile Volkswagen en Allemagne.

    La plus grande compétence de ces dirigeants est de faire croire au fait qu’ils sont irremplaçables et qu’il faut donc les payer en conséquence. Là est la grande escroquerie intellectuelle qui vient s’ajouter à l’escroquerie financière du niveau de leur rémunération démesurée. Ces gens sont interchangeables et il suffit de shooter sur un marronnier de l’avenue Marceau pour que tombent dix candidats d’égales compétences pour diriger un paquebot du CAC40 avec l’aide incontournable des communicants de service et des consultants en organisation de circonstance. Si l’on veut modérer les rémunérations de dirigeants il faudrait tout simplement faire jouer la libre concurrence si chère aux parangons de l’économie libérale.

    Tout ceci n’a guère d’importance au niveau financier car le salaire du pédégé de Renault n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des 45 milliards d’EUR du chiffre d’affaires du groupe. Souhaitons que cela en est un jour aux plans politique ou moral. L’avenir le dira.

  • ATTALI Jacques, ‘Verbatim II 1986-1988’.

    Sorti : 1995, Chez Fayart.

    Le deuxième tome du verbatim de Jacques Attali lorsqu’il était conseiller proche de François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995 ; le récit couvre les deux années de la première cohabitation de 1986 à 1988. Jacques Chirac est le premier ministre et de plus candidat pour les élections présidentielles de mai 1988.

    On y découvre les premiers pas d’une situation institutionnelle encore jamais vue en France, celle d’une majorité parlementaire en opposition avec la couleur politique du président. Le RPR mené par M. Chirac prend le pouvoir dans les ministères avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Ils seront gentiment dominés et manipulés par un Mitterrand revigoré par cette adversité, et qui l’emportera à l’élection présidentielle de 1988 où il battra très largement son premier ministre.

    Attali raconte au jour le jour les petites bassesses et les grandes options qui animent cette période politique novatrice de la République qui finalement ne fut pas aussi négative que l’on pouvait le craindre. 10 ans plus tard, Chirac s’illustrera à son tour, mais avec moins de subtilité, comme président d’une République en cohabitation avec Jospin premier ministre. Mitterrand disait : « l’alternance est l’oxygène de la démocratie, mais un excès d’oxygène peut parfois provoquer un malaise. »

    1986-1988 est aussi la période des négociations entre l’Occident et l’Union soviétique sur les euromissiles. Gorbatchev tente de faite bouger une URSS à bout de souffle alors que Reagan lance les Etats-Unis d’Amérique dans la « guerre des étoiles » qui aura finalement raison du soviétisme pour une fin provisoire de l’Histoire d’un siècle qui fut terrible.

    Attali est de tous ces combats dont il note les petites et les grandes étapes pour nous les restituer de façon passionnante. On retrouve l’esprit des chroniques de Kissinger lorsqu’il fut à la Maison Blanche puis eu département d’Etat. Il est utile que ces conseillers divulguent les vrais ressorts du pouvoir, ou tout du moins l’idée qu’ils s’en font. C’est un éclairage passionant sur notre époque.

  • Stigmatisons les tics verbaux compulsifs

    « Stigmatiser » est le verbe à la mode employé à tort et à travers dans un environnement où tout le monde aime à se plaindre de tout et surtout désigner l’autre comme le responsable de ses malheurs. Alors on aime à évoquer la stigmatisation des jeunes, des musulmans, des réfugiés, de la gauche, de la droite, etc…

    Le dictionnaire Larousse définit le terme comme :

    Dénoncer, critiquer publiquement quelqu’un ou un acte que l’on juge moralement condamnable ou répréhensible : Stigmatiser les responsables de la mauvaise gestion économique.

    Les politiques et les intellectuelles s’accusent à tout bout de champ les uns les autres de stigmatiser les autres et les uns. Comme l’analyse et la réflexion sont devenus des concepts sortant peu à peu du champ médiatique, dès qu’un projet de réforme (ou de réformette) est mis sur la table ceux qui n’en sont pas à l’origine l’accuse de stigmatiser. Tout changement se faisant forcément au détriment des avantages acquis de certains, l’accusation de stigmatisation peut être sortie du chapeau à tout moment, et on ne s’en prive pas.

  • Eh Oh La Gauche !

    CH_20160427_Eh-oh-la-gauche

    Des partisans du pouvoir actuel cherchent à réveiller la gauche pour lui faire défendre son bilan et, sans doute, envisager la candidature à sa réélection du président actuel de la République : François Hollande. Ils n’ont rien trouvé de mieux que de dénommer leur démarche « He Oh la Gauche ! ». C’est aussi ridicule que le badge « 1 million d’emplois » que le chef du patronat Pierre Gattaz affichait il y a quelques mois sur son veston.

    Comme toujours le débat s’élève à peine au-dessus de celui du Café du Commerce et ce slogan « He Oh la Gauche ! » ne pousse pas vraiment à l’intelligence. Qu’une majorité veuille défendre et expliquer ses réalisations, quoi de plus classique. Que l’opposition lui dénie toute avancée positive, c’est hélas aussi dans l’ordre des choses en attendant, peut-être un jour, l’émergence d’une opposition intelligente.

    Le problème de la candidature de M. Hollande est un tout autre sujet. En toute logique il ne devrait pas se représenter puisqu’il avait conditionné sa candidature à l’inversion de la courbe du chômage et, quoi qu’il réussisse au cours des dix prochains mois cette courbe ne sera pas inversée durablement. Il doit d’ailleurs dire ce qu’il fera d’ici à la fin de l’année 2016 soit dans huit mois.

    Il serait décent et raisonnable qu’il ne se représente pas afin de respecter cet engagement. Il n’est d’ailleurs pas complètement exclu qu’il opte pour un retrait. Cela serait d’une certaine élégance et changerait finalement assez peu de choses puisqu’il a de toutes façons assez peu de chances d’être réélu sauf si l’opposition actuelle est encore plus bête qu’on ne l’imagine et arrive à perdre cette élection qui s’ouvre devant elle comme un boulevard rectiligne…

  • Décès de Prince


    Le compositeur-guitariste-chanteur américain Prince est mort ce 21 avril, a priori d’une overdose médicamenteuse. Il avait 57 ans. Multi-instrumentiste de génie, l’un des plus doués de sa génération, il a produit une discographie phénoménale, touché à tous les genres : jazz, pop, rock, funk, RnB…, s’est investi corps et âme dans la musique, y compris dans son aspect business, et a modelé son personnage avec des looks successifs détonants, sans parler de son sex-appeal explosif se manifestant notamment sur scène par un talent de danseur hors pair.

    C’est une grande perte pour la musique.

    Lire aussi : Prince – 2014/06/01 – Paris le Zénith

  • Rémunérations et autres petites misères de pédégé

    L’assemblée générale du groupe Renault a rendu un avis consultatif sur les éléments de rémunération dus ou attribués à son pédégé au titre de l’exercice clos au 31 décembre 2106. Bien entendu la note de trois pages sur laquelle un avis est demandé est incompréhensible pour l’actionnaire lambda mais en additionnant les différents montants cités qui regroupent des sommes exigibles immédiatement et d’autres différées, on arrive à peu près 7,5 millions d’EUR. Le pédégé de Renault étant également celui de Nissan, il touche par ailleurs une rémunération additionnelle et sans doute équivalent au titre de cette deuxième casquette. On peut globalement estimer que les revenus du dirigeant sont largement supérieurs à la dizaine de millions d’EUR pour ses douze mois de travail.

    Dans sa grande sagesse l’assemblée générale de Renault a émis un avis négatif à hauteur de 54,12% contre cette rémunération jugée excessive. Sans doute les actionnaires auraient préféré que cette somme reste dans l’entreprise et vienne en augmenter le profit, voire leur fut versée en dividendes supplémentaires. A moins qu’ils ne se soient interrogés sur ce qui peut justifier qu’un être humain à lui seul encaisse plus de 10 millions d’EUR pour rémunération de sa prestation de travail de douze mois ? Le conseil d’administration a immédiatement confirmé la rémunération de son pédégé chargeant toutefois son comité de rémunération « d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes ». Peut-être y-a-t-il lieu effectivement d’accroître celle-ci dans le futur !

    Communiqué du conseil d’administration du 29/04/2016 :

    L’Assemblée Générale de Renault a émis, à titre consultatif, un avis négatif (54,12%) portant sur la huitième résolution et les éléments de rémunération du Président-Directeur Général au titre de l’année 2015.

    Le Comité des Rémunérations et le Conseil d’administration de Renault se sont réunis, hors la présence du Président-Directeur Général, afin de prendre connaissance du détail du vote exprimé et de délibérer définitivement sur cette question, conformément au Code AFEP/MEDEF.

    Sur proposition de son Comité des Rémunérations, le Conseil d’administration de Renault a approuvé le maintien de la rémunération décidée pour le Président-directeur Général pour l’année 2015.

    Le Conseil se félicite à nouveau de la qualité des résultats de l’année 2015, avec un chiffre d’affaires record de plus de 45 milliards d’euros, en hausse de 10,4 % et une marge opérationnelle de 5,1 %, en avance de deux années sur les objectifs du plan Renault 2016 Drive the Change.

    Le Conseil d’administration a chargé le Comité des Rémunérations de la mission d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes.

  • Le Stabat Mater de Dvorak à la Philharmonie de Paris

    Dvorak

    L’orchestre de Paris dirigé par Tomas NETOPIL joue le Stabat Mater écrit par Antonin Dvorak entre 1876 et 1877, accompagné d’un nombre impressionnant de choristes composant le chœur de l’orchestre de Paris renforcé par le chœur de jeunes du même orchestre.

    L’œuvre est connue pour avoir été inspirée au compositeur par une succession de deuils, dont trois de ses enfants. Sa couleur est donc sombre, comme son premier mouvement, Stabat Mater Dolorosa, l’illustre si bien :

    Stabat mater dolorosa,
    Juxta crucem lacrimosa,
    Dum pendebat Filius.Cujus animam gementem,
    Contristatam et dolentem,
    Pertransivit gladius.

    O quam tristis et afflicta
    Fuit illa benedicta
    Mater Unigeniti !

    Quae maerebat et dolebat,
    Pis Mater, dum videbat
    Nati poenas incliti

    Debout, la mère de douleur,
    Se tenait en larmes près de la croix,
    Où pendait son Fils.Son âme était gémissante,
    Affligée et toute désolée,
    Un glaive la transperça.

    Oh ! Combien triste et affligée
    Fut cette mère bénie
    D’un Fils unique.

    Elle gémissait et soupirait,
    pieuse Mère,
    en voyant les peines de son divin Fils.

    L’œuvre est belle et tragique, parfaitement interprétée par ces musiciens professionnels qui la font vivre et la partagent  de magnifique façon. Le chœur sait murmurer la douleur d’une mère et faire éclater l’espérance du jugement dernier. Un concert qui serre le cœur.

  • Nuit Debout

    Une bande d’énergumènes occupent la place de la République à Paris et ont lancé un mouvement contestataire Nuit Debout. L’idée a été reprise dans quelques villes française et au-delà. Leur agenda est bloqué sur le mois de mars, aujourd’hui est le 61 mars dans leur calendrier. A l’affiche, entre autres : commission « convergence des luttes », suggestions « grève générale et logement pour tous », commission « Internationalisation des outils, pour une internalisation du mouvement », préparation de la journée « sexualité » avec ses commissions « sexualités et plaisir féminin », « genres et sexualité », « contraception masculine », etc.

    Chaque jour, à 18h, une assemblée générale se rassemble vote « les décisions importantes du mouvement », débat et échange les points de vue « dans l’écoute de tous ». Tout ceci fleure bon l’odeur des merguez et de mai 68, mais recèle une inutilité flagrante.

    Le chef de Les Républicains, M. Sarkozy qualifie ces trublions de l’ordre public de « gens qui n’ont rien dans le cerveau » et qui prétendent « donner des leçons à la démocratie française ». Les retraités niçois devant lesquels il assène ces jugements tranchés applaudissent. Contrairement à ces propose électoraux on peut imaginer que techniquement les Nuit Debout on dans le cerveau des neurones et des synapses en quantités similaires à celles d’un militant Les Républicains, mais le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne les utilisent pas à 100% de leur potentiel.

  • Navarin

    Cuisine_20160418_Navarin-d-agneau

    Navarin d’agneau avec tomates, carottes, petits pois (écossés à la main) et sa sauce de cuisson réduite.

  • Mickey [3D] – 2016/04/15 – Paris le Trianon

    Mickey3D_2016

    La kronic sur Mickey [3D] 2016

    Mickey [3D] nous revient avec un nouveau disque, Sebolavy, qu’il présente au Trianon à un public parisien toujours fervent. Il s’agit de chanson française, douce et ironique, recyclée au rock de Montbrison, simple et élégant. 20 ans d’existence du groupe Mickey3D puis en solo sous le nom de Mickey [3D], des compositions sorties pour d’autres artistes, 6 ans depuis le dernier disque, bref il était temps de renouer avec ce musicien.

    Mickey est toujours habillé de son éternel polo bleu et ne quitte pas sa guitare rythmique. Il est accompagné d’un guitariste, d’une claviériste-accordéoniste et d’une rythmique basse / batterie. L’atmosphère est rock, la voix profonde et posée, les riffs des guitares entraînants. La superposition des guitares électro-acoustique et électrique donne un caractère bluesy à cette musique fine et agréable. Le concert mène son rythme et passe au gré de chansons coupantes et délicieuses. Des mots tendres et parfois désabusés, une chanson intitulée François sous la Pluie marque gentiment ses déceptions politiques du moment et ses inquiétudes sur l’avenir.

    La couverture de Sebolavy est composée d’une photo noir-et-blanc de Sophie Scholl à qui il rend hommage par la chanson La Rose Blanche, résistante allemande contre les nazis, exécutée à 21 ans pour trahison. Une chanson triste qui se termine tout de même sur une note peut-être un peu optimiste : Les idiots ne l’emportent jamais/ Et le ciel a tout filmé…
    Le show d’un grand enfant (la quarantaine ?), un peu amer sur le temps qui passe et la jeunesse qui l’inquiète. Mais après tout le titre de son dernier album Sebolavy n’est qu’un clin d’œil au langage de cette jeunesse : C’est beau la vie, malgré tout !

  • Macron déçoit

    Emmanuel-Macron_2016_Paris-MatchJPG

    Emmanuel Macron, jeune et fringuant ministre de l’économie qui s’est mis en tête de moderniser la gauche, cède aux sirènes des politicards de base, hélas, hélas, hélas ! Il fait désormais partie de cette caste de dirigeants qui se complaisent à parader en première page du journal Paris-Match, un monument de vulgarité et de futilité.

    C’est le mythe du « faire de la politique autrement » qui s’effondre une nouvelle fois et de façon lamentable. Cerise sur le gâteau, à peine cette couverture de la honte paraissait-elle chez les marchands de journaux que M. Macron apparaissait sur les chaînes d’information continue et expliquait qu’il s’agissait d’une erreur du fait de sa femme qui ne connaît pas assez le monde médiatique…

  • WIESEL Elie, ‘Open Heart’.

    Sortie : 2012, Chez : Schocken (version anglaise)

    Elie Wiesel, survivant d’Auschwitz, prix Nobel de la Paix, mémoire éternelle de la Shoa, défenseur infatigable de la réconciliation des Hommes, auteur prolifique de récits et de fictions, à 82 ans, affronte une opération à cœur ouvert. Il raconte ici ces quelques jours avant et après cette chirurgie lourde. A cette occasion, et dans la crainte de la mort qui se rapproche, remontent à la surface moult souvenirs de l’Holocauste, de sa famille, de ses prières, des savants du Talmud qu’il a fréquenté sa vie durant.

    Dans une style très simple et clair (le livre est en version anglaise traduite de l’hébreu) il en ressort toujours cette profonde humanité et la foi juive indestructibles de ce personnage hors du commun. Il a traversé les heures les plus sombres de l’ère humaine mais reste un défenseur maladif de la raison et de l’amour pour sauver l’Humanité toujours au bord du gouffre de l’absurdité et de sa violence conséquente.

    Un livre revigorant !

  • PAHLAVI Mohammad Reza, ‘Réponse à l’Histoire’.

    Sortie : 1979, Chez : Le Livre de Poche n°5466.

    C’est l’histoire d’un échec qui se termine en tragédie géopolitique :  l’ex Chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi raconte sa version de son action à la tête de ce pays oriental dont il dut s’exiler en 1979 sous la pression populaire et religieuse. Pour lui il y a deux responsables : le communisme allié à la religion (« le Rouge et le Noir ») et la presse occidentale qui n’a cessé de critiquer son régime.

    Ecrit quelques mois après son départ de Téhéran et peu de temps avant son décès, il raconte les grandes lignes de son règne qui a duré de 1941 à 1979 et sa volonté de faire sortir ce pays du moyen-âge. Il y a temporairement réussi mais n’a pas su éviter la prise de pouvoir par l’opposition qu’il voit surtout communiste alors que l’Histoire a montré qu’elle fut majoritairement religieuse. Et c’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle elle dure encore alors que les dictatures communistes se sont globalement effondrées.

    Sa tâche n’était pas facile, il y eut des réalisations incontestables, des erreurs politiques manifestes, puis tout s’est effondré avec la prise du pouvoir par les religieux qui ont alors mené des mois de terreur pour régler leurs comptes. Aujourd’hui ils sont toujours là et se sont réimposés comme interlocuteurs puissants sur la scène internationale. C’est là l’échec majeur de Chah d’Iran : il n’a pas su éviter ce désastre.

    Le livre aurait été plus intéressant si Reza Pahlavi avait analysé plus avant les raisons qui ont fait que son peuple préféra l’archéologie religieuse à la modernité capitaliste. Certes il y eut des manipulations de tous ordres mais on ne peut pas dire que le retour d’un pouvoir religieux ne fut pas plébiscitée par le peuple. La vraie question restée sans réponse serait de savoir si le développement économique, social et culturel peut être imposé à marche forcée. A défaut de réponse évidente, nous avons en tout cas une conclusion : la méthode utilisée par le Chah d’Iran ne fut pas la bonne.

  • Humeurs à Alger

    Une visite de ministres et de businessmen français en Algérie est assombrie par le refus des autorités algériennes de délivrer un visa à quelques journalistes, dont celui du Monde, coupables d’avoir diffuser des informations sur les implications de dirigeants et affairistes algériens dans les Panama Papers.

    Il relève de la souveraineté algérienne d’autoriser ou non un étranger à pénétrer sur son territoire. Le seul problème est que du coup on parle plus de cet incident diplomatique que de la visite en elle-même. Ce n’est pas bien grave, dans huit jours tout sera oublié et cela n’aura pas empêché les affaires d’avancer.

    Le parallèle est édifiant entre les démocraties qui demandent des comptes à leurs dirigeants jouant avec l’offshore fiscal et l’Algérie qui réagit en cassant le thermomètre avec ce refus de visa à des journalistes d’investigation. On peut prédire qu’un jour les responsables algériens devront aussi rendre des comptes à leurs citoyens…

  • Pessimisme et complainte au Bar du Port

    La contestation contre le projet de loi travail s’organise, plutôt modestement d’ailleurs, quelques manifestations, l’incontournable pétition sur change.org et un peu d’agitation sur les réseaux dits sociaux. Ce projet de loi vise à faciliter les licenciements et à donner la priorité aux accords d’entreprises sur la loi. C’est en cela qu’il est soutenu par les syndicats patronaux, qui en demandent toujours plus bien entendu, mais qui se réjouissent de voir un pouvoir socialiste aller dans une direction que même l’opposition conservatrice n’avait pas osé emprunter.

    Croyez-vous que les consommateurs du Bar du Port, critiques enjoués et fidèles de la « gauche-laxiste », se réjouiraient de ce projet de loi ? Que nenni, les voilà maintenant à l’attaque de ces manifestants qui refusent le projet.

    A force de pessimisme, de complainte permanente, de vision cataclysmique, de nombrilisme envahissant, la France s’enfonce dans cet immobilisme sclérosant qui la caractérise depuis plusieurs décennies. Une loi qui fait bouger les lignes déclenche par définition des réactions. Que certains contestent les projets des autres, quoi d’étonnant ? C’est la comédie humaine.

    Le mythe du projet « gagnant-gagnant » est une escroquerie intellectuelle de plus. En matière économique, généralement ce que l’un gagne l’autre le perd, mais l’intérêt général peut bénéficier d’une redistribution des intérêts particuliers. C’est l’honneur du pouvoir d’essayer de privilégier cet intérêt général, c’est sa noblesse de l’expliquer et si possible de convaincre les citoyens du bien-fondé de ces réformes. La tâche est complexe dans un pays de râleurs !

    Lire aussi La réforme du code du travail

  • Petits arrangements entre amis, encore !

    Un consortium de journaux internationaux, dont Le Monde pour la France, publie l’analyse d’une gigantesque fuite de documents (11 millions de fichiers) issus d’un cabinet juridique panaméen, dévoilant les circuits de sociétés écran créées au Panama par des particuliers ou des entreprises généralement pour masquer l’identité des véritables détenteurs des fonds ainsi placés dans ce paradis fiscal, ou ne faisant qu’y transiter en provenance et vers d’autres territoires opaques. Il s’agit des Panama Papers en référence aux Pentagon Papers qui avaient fuité dans la presse américaine en 1971 et révélé la teneur exacte des relations entre les Etats-Unis et le Vietnam ainsi que les processus de décisions de cette guerre.

    Le cas des Panama Papers est moins sensible en ce qu’ils ne concernent que des circuits financiers opaques, pas une guerre dans laquelle des vies humaines sont en jeu. En fait il n’y a rien de bien nouveau dans cette affaire et ces circuits dévoilés sont déjà bien connus.

    La première conclusion à tirer est l’incompétence du cabinet juridique « Mossack Fonseca », dont l’un des dirigeants-fondateurs est également ministre du gouvernement panaméen, qui n’a pas su protéger ses données. Voilà qui refroidira peut-être les fraudeurs de tous ordres : quelle que soit l’opacité des circuits mis en œuvre il existe bien un endroit où le vrai détenteur des fonds est nommé. A l’époque du big-data et des « lanceurs d’alerte » ces endroits ne sont plus vraiment à l’abri des curieux.

    Second enseignement, on retrouve dans les listes de propriétaires de sociétés écran panaméennes nos clients habituels… En France les époux Balkany bien sûr et les joueurs, dirigeant et clubs de fouteballe ; à l’étranger, des dirigeants de pays émergents, des milliardaires en vue et, surtout, des milliers de bons citoyens, plutôt riches, voire très riches, et qui s’arrangent avec les règles et l’idée qu’ils se font de la morale pour délocaliser une partie de leurs patrimoines à l’abri des fiscs des pays où ils sont taxés.

    Rigolo : le nom du premier ministre britannique apparaît dans les listes, il s’agit d’abord de son père qui détenait une société panaméenne. Cameron fils a commencé par démentir tout lien avec cette société avant d’admettre ce soir qu’il en détenait quelques parts vendues en 2010 avant qu’il ne soit premier ministre pour environ 40 000 EUR, revenu qui fut soumis à l’impôt au Royaume-Uni lors de son encaissement. On se demande ce que David Cameron avait à faire dans une société offshore panaméenne pour une somme finalement plutôt modeste au regard du probable patrimoine et revenus de l’intéressé.

    Le premier ministre islandais a lui également été pris les doigts dans le pot de confiture et vient d’être poussé à démissionner.

  • Un drôle de coco !

    Salam Abdelsam, terroriste islamique ayant participé aux attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts et des dizaines de blessés) a été arrêté en Belgique quelques jours avant les attentats religieux de Bruxelles de mars 2016 (31 morts et des dizaines de blessés). Il a commencé par faire annoncer par son avocat qu’il collaborerait avec la justice belge et refuserait son extradition vers la France. Une fois les attentats de Bruxelles exécutés il a tourné casaque et fait annoncer qu’il refusait désormais de parler et souhaitait son transfèrement à Paris le plus vite possible.

    Dans le même temps son frère qui n’est a priori pas impliqué dans les attentats affirme que Salam a épargné des vies en renonçant à se faire exploser comme cela était prévu en novembre et comme l’a fait un troisième frère.

    On ne sait pas bien à ce stade si effectivement ce terroriste est un traitre à la cause qui n’a pas osé mourir comme ses comparses ou si sa survie était planifiée. Il doit arriver en France dans les prochaines semaines où l’instruction de son cas va sans doute durer des années. Un jugement va ensuite être prononcé, un ou des avocats vont devoir assurer la défense. Ce personnage intriguant et criminel n’a sans doute pas fini de nous surprendre.

  • Religion au Vatican

    Fin de partie entre le ministère français des affaires étrangères et la Vatican : Paris voulait y nommer un ambassadeur affichant officiellement son homosexualité, la papauté n’avait jamais accepté les lettres de créances présentées par l’impie. La France l’a finalement nommé dans une autre ambassade ce qui laisse supposer qu’un nouveau candidat français sera présenté au Vatican.

    On pourrait d’ailleurs se demander si un simple secrétaire d’ambassade ne serait pas suffisant pour représenter les intérêts français car la véritable question à se poser au-delà des tendances sexuelles de son détenteur, c’est à quoi peut donc bien servir un poste d’ambassadeur auprès du Vatican ? Quelques clics sur le site web de l’ambassade donnent la réponse à la question : cela ne sert à rien sinon à dépenser inutilement les sous du contribuable. D’ailleurs cette représentation fonctionne très bien depuis plusieurs mois sans ambassadeur et, de ce fait, avec un budget de frais de personnel à la baisse.