Exposition au Musée national de l’Histoire de l’immigration : Vie d’exil 1954-1962 des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie, dont le commissariat est coassuré par Benjamin Stora. C’est l’histoire assez inextricable de la vie de plus de deux cent mille algériens travaillant dans le pays défendant les armes à la main sa présence coloniale contre la révolte pour l’indépendance de leur propre patrie. Les travailleurs algériens étaient venus s’engouffrer dans l’appel d’air post-deuxième guerre mondiale pour reconstruire une France manquant de bras, et dans le même temps la répression coloniale s’accentuait sur place.
Et lorsque l’insurrection a été prononcée en 1956, les
mouvements révolutionnaires algériens ont porté le combat également en
métropole, organisant les immigrés sur qui était prélevé un impôt
révolutionnaire pour soutenir l’indépendance, réglant leurs comptes entre
mouvements rebelles, recueillant le soutien d’un certain nombre d’intellectuels
français en faveur de l’indépendance et luttant contre les dérapages de l’armée
française de l’autre coté de la Méditerranée.
L’exposition raconte cette histoire étrange, assez unique en
fait, avec des photos, des films d’actualité, des articles de Paris Match lorsque leurs journalistes
éberlués découvraient la Goutte d’Or à la fin des années 50, un extrait de Cinq colonnes à la Une où Pierre
Desgraupes enquête dans les bidonvilles de Gennevilliers en 1960 où les
travailleurs algériens vivaient dans des conditions effroyables, les
footballeurs algériens de l’équipe de France qui quittent les bleus, la
répression contre les immigrés au fur et à mesure où la tension monte sur place
et à la Goutte d’Or, le préfet Papon et la manifestation d’octobre 1961, des
évocations aussi plus détendues de la culture algérienne (ou nord-africaines,
la musique arabe dans les cafés, les écrivains…
Et puis ce musée qui à son inauguration a donné lieu à une stupide
polémique comme les français savent en créer, ce musée donc semble intéressant
et offre des réflexions pertinentes sur le fait de l’immigration. Il faudra y
retourner pour visiter l’exposition permanente.