Auteur/autrice : Rehve

  • 150 ans de prison pour le trader-fraudeur américain

    Maddoff condamné à 150 de prison aux Etats-Unis par suite d’une escroquerie estimée (pour le moment) entre 50 et 65 milliards de dollars. Coup de semonce pour la finance internationale qui va peut-être devoir réviser certaines de ses frontières. Maddoff a avoué qu’il n’avait pas investi un seul cent de tous les sous reçus de la part des investisseurs qui lui ont fait confiance et qu’il avait agi seul. Il a plaidé coupable ce qui a pour effet, si l’on comprend bien, d’arrêter les enquêtes. Si 0 dollar a été investi, on se demande alors ce que faisaient tous ces traders qui posent derrière l’escroc du siècle devant leurs écrans ? Ils devaient chatter sur Facebook sans doute.

  • La France dans l’abime de la dette

    Réuni en « séminaire dominical » le gouvernement constate que les ressources manquent pour financer des dépenses supplémentaires d’où l’opportunité de lancer un « grand emprunt national » ! On se demande s’il était bien nécessaire de réunir une palanquée de ministres et sous-ministres en ce dimanche ensoleillé sous les ors de Matignon pour arriver à une si brillante conclusion ? Cela doit faire plus de 30 ans que le budget de l’Etat est déficitaire et que la République dépense plus qu’elle ne gagne. Cela doit donc faire plus de 30 ans que des fonctionnaires du Trésor empruntent tous les matins en arrivant au bureau les sous nécessaires pour combler l’insuffisance des recettes encaissées par rapport aux dépenses décaissées. Donc rien de nouveau sous le soleil et qu’on arrête ce lavage de cerveaux pour arriver à démontrer au contribuable assailli que ce « grand emprunt national » est un concept pour relancer la France alors qu’il n’est qu’un outil parmi d’autres pour combler les trous.

  • Pas très gaie la Gay Pride

    Je me laisse surprendre ce soir à la Bastille par la fin de la Gay Pride ou plus exactement la Marche des Fiertés LGBT (lesbiennes-gay-bi & trans). Je suis en retard à mon dîner mais, retard pour retard, je reste 10 mn sur la place pour observer. C’est tout de même assez particulier. Je vois le char des Ginettes Armées avec une bande de lesbiennes musclées-tatouées-rasées qui se déhanchent aux rythmes d’une techno inaudible, je vois un gay bedonnant torse nu-poilu en slip paillettes embrasser à pleine bouche son ami, je vois des drag-queens chercher à séduire des CRS, je vois un monde assez incroyable, très saturé de bière, j’entends le maire de Paris et quelques politicards de service à la pêche aux voix et je ne suis pas bien sûr que tout ceci fasse du bien à la cause. Le risque est sans doute que si notre parlement vote une loi antiburqa quelques conservateurs rajoutent subrepticement un article pour interdire à ces zozos de parader ainsi. A 1h du matin, la Bastille est un immense champ de bataille et un cimetière de bouteilles cassées, une très forte et aigre odeur d’urine pèse sur tout le quartier.

  • A quoi peut donc bien servir un ministre des Sports ?

    A l’occasion de la nomination d’un nouveau gouvernement on se sluvient qu’il existe un ministre des Sports dans notre République. Soit ! Mais à quoi peut servir un ministre des Sports dans une démocratie ? Que fait-il le matin en arrivant à son bureau ? Les enjeux en matière de sport sont-ils si importants qu’ils doivent être réglés à l’échelon politique ministériel ? Est-ce qu’un bon fonctionnaire (voire haut-fonctionnaire) ne serait-il pas capable de gérer correctement le budget affecté aux sportifs ?

  • La France dépensière

    Sarkozy, le président hyper-agité présente le principe d’un emprunt national comme une grande avancée conceptuelle et le fruit d’une politique subtile. Bon, en fait, c’est juste un moyen de financement qui tombera dans le trou du déficit de la République. Il est étonnant qu’il n’y ait pas un journaliste ou un économiste pour rappeler aux citoyens que la trésorerie de l’Etat est fongible et quelle que soit l’origine de ses ressources : impôts, bons du trésor, emprunts sur les marchés financiers ou chez les particuliers, ces ressources ne sont pas affectées à des dépenses particulières mais financent les besoins de l’Etat.

    Il vaudrait donc mieux expliquer les tenants et aboutissants du plan de survie/relance de l’économie française, ainsi que ses coûts, plutôt que de citer les outils techniques mis en œuvre pour payer ces coûts. Ce ne sont que des outils au service d’une politique, sans grand intérêt à détailler.

    En réalité se cache derrière cette communication tonitruante une illusion : la volonté de l’Etat de montrer le soutien du peuple qui souscrira à cet emprunt. Pour remporter ce succès, il consentira des conditions attractives pour le particulier et sans doute plus coûteuses que pour une émission de bons du trésor sur les marchés financiers qui sont plutôt gourmands ces derniers temps de la signature française.

    Beaucoup plus grave, l’affirmation présidentielle que les impôts n’augmenteront pas. C’est un mensonge lourd de conséquence car il est clair que les montagnes de dettes accumulées ces derniers mois (et le pire reste à venir) vont évidemment générer un accroissement de la pression fiscale. Ce n’est pas le retour d’une molle croissance qui permettra de rembourser les créanciers de la République. Les enfants de nos enfants continueront à payer pour les errements financiers de notre génération. On ne réduit pas un déficit en lançant un emprunt mais en diminuant l’écart entre les dépenses et les recettes. On ne règle pas une crise de l’endettement en empruntant.

  • A la soupe

    Ça commence : Hortefeux élu député européen semble devoir renoncer à ce poste pour rester ministre. S’il est plus utile à la République qu’à l’Union européenne il eut été plus honnête de ne pas se présenter aux élections pour une place de député européen… Comme l’on parle également de Barnier comme commissaire français, ce qui l’amènerait également à renoncer à son poste tout frais de député européen, il ne faut pas trop s’étonner que l’électeur communautaire pris pour un gogo se désintéresse du sujet !

  • Un drame franchouillard

    Un soir de cette semaine en rentrant chez lui le cadre besogneux branche négligemment France Info à la radio en enlevant sa cravate pour entendre au lancement du journal un journaliste annoncer avec une voix d’enterrement : « Nous venons de l’apprendre… », on s’attend à entendre qu’un nouvel Airbus s’est écrasé, voire que Obama s’est fait assassiner. Fébrile il écoute la suite et découvre qu’il s’agit du licenciement du président de l’olympique de Marseille, un club de fouteballe franchouillard et excité. Ouf, nous l’avons échappé belle !

  • Marianne Faithfull – 2009/06/18 – Paris la Cité de la Musique

    Paris rend hommage à Marianne Faithfull en ce mois de juin et lui offre l’occasion de dévoiler son Domaine privé à l’occasion d’une série de manifestations dans le cadre de la généreuse et inventive Cité de la Musique : elle chante Kurt Weil (Salle Pleyel) le 6, invite Rufus Wainwright le 16, introduit les Shakespeare Songs le 17, chante Easy Come Easy Go le 18, présente les poètes de la beat generation le 19 et passe à l’écran le 20 avec quatre des films dans lesquels elle a joué.

    Pour le show Easy come Easy go ce 18 juin Marianne est entourée d’un remarquable ensemble cordes, cuivres, claviers et électricité, dont l’excellent Marc Ribot à la guitare. Elle est habillée avec élégance d’une veste à galons digne de Nelson et de talons hauts, d’un bustier et de longs gants. Ce soir elle nous délivre son message underground d’une incroyable voix rauque et grave, d’une touchante présence dans cette salle policée peuplée de quinqua amoureux et conquis. Son dernier album Easy Time Easy Go est un double CD de reprises de notes et de mots qui l’ont touchée (Dolly Parton, Duke Ellington mais aussi Brian Eno, Morrissey, Black Rebel Motorcycle Club). Elle en jouera une grande partie sans oublier le retour sur les classiques Broken English, la troublante Ballad of Lucy Jordan

    At the age of thirty-seven she realised shed never
    Ride through Paris in a sports car with the warm wind in her hair

    et les incontournables références stoniennes As Tears Go by et Sister Morphine.

    Au milieu du show elle fait valser des talons aiguilles, ajuste son micro pour redevenir la chanteuse aux pieds nus que nous connaissons, la troublante égérie d’un univers rock presqu’aujourd’hui disparu. Elle continue à nous en restituer le parfum amer avec une sereine nostalgie. Pas une artiste, mais la passagère du temps à la barre d’un esquif musical qui a affronté bien des tempêtes, l’interprète subtile d’un monde à la dérive qui se rattrape aux branches de la création artistique. Avec beaucoup de gentillesse elle salue ses musiciens et avec autant de simplicité, seule sur le bord de la scène, elle serre les mains d’un public attendri qui ne se résout pas à la laisser partir.

    All I hear is the sound
    Of rain falling on the ground
    I sit and watch
    As tears go by.

  • Contestations de rue en Iran

    L’Iran s’agite par suite de la réélection du président islamiste Ahmaninejad. Des manifestations urbaines dénoncent la fraude électorale et se frottent aux nervis du pouvoir. L’Occident hésite à se prononcer avant de savoir de quel côté va tourner le vent. Après tout le perdant est un ancien premier ministre de Khomeiny et n’apparaît pas comme un libéral de première catégorie. Et puis on ne peut pas exclure totalement que même sans fraude le vainqueur M. Ahmaninejad n’ait pas remporté ces élections. La plupart des pays de confession islamique où sont organisées de libres élections vont généralement vers les extrêmes plutôt que dans la modération.

  • Saint Hervé

    C’est la Saint Hervé : à part saint Yves de Tréguier, il n’est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne. Il était né dans une famille de bardes. Aveugle depuis son jeune âge, guidé par un loup, selon la légende, il mena une vie de pèlerin. Un jour cependant, il se fixa à Plouvien, puis à Lan-Houarneau (Herwan ou Hervé en breton) où il se consacra à Dieu pour en chanter les louanges dans le monastère qu’il y fonda. Certains avancent qu’il vivait avec ses loups à l’endroit qui s’appelle actuellement l’ermitage Saint-Hervé à Tréouergat. Il s’agit d’un petit bois où on peut encore trouver les traces une ancienne chapelle, d’un abri (sans doute celui de Saint Hervé), ainsi qu’une fontaine qui laisse toujours couler de l’eau.

  • La Francafrique en route vers le cimetière

    MM. Sarkozy et Chirac assistent aux obsèques du président gabonais Omar Bongo (1935-2009). Le premier est copieusement sifflé lorsqu’il arrive au palais présidentiel pour se recueillir sur la dépouille du défunt par de jeunes excités du parti au pouvoir qui lui reprochent d’avoir accéléré sa mort en ne bloquant pas l’instruction judiciaire en cours en France sur les biens mal acquis des dirigeants africains (hôtels particuliers dans le VIIème arrondissement, Mercédès et autres babioles). Il est peu probable que ce genre de tracas n’ait jamais causé la moindre insomnie à Bongo ni à ses pairs, encore moins précipité sa fin.

  • Exposition « Le grand monde d’Andy Warhol » au Grand Palais

    Expo Andy Warhol au Grand Palais : une galerie de ces portraits si chers à l’artiste. Un monde de couleurs éblouissantes et de superficialité new-yorkaise. Un artiste captivant qui entre autres exploits a initié le Velvet Undergound qui rôde au-dessus de cette exposition.

  • Exposition Guy Peelleart « Bye bye, bye baby, bye bye » au Musée Maillol

    Expo Guy Peelleart au Musée Maillol : six mois après la mort de l’artiste belge, le musée présente un choix de planches extraites de son célèbre album Rock Dreams sur l’univers de la musique. Une vision vraiment personnelle du rock mais tendant à l’universel pour ceux d’entre nous qui ont été biberonnés avec Diamond Dogs ou It’s Only Rock’n’roll.

    Lire aussi : Guy Peellaert est mort

  • Le Gabon malin

    Giscard dit d’Estaing accuse Chirac de s’être fait financer sa campagne présidentielle de 1981 par l’argent de Bongo, feu le président du Gabon décédé il y a quelques jours. Outragé celui-ci jure ses grands dieux qu’il n’en fut rien. Il semble que malheureusement une partie de l’argent injecté dans les économies africaines par la coopération ou les entreprises françaises ait été récupérée par les mécanismes de financement occulte de la politique hexagonale durant des années, d’où les affaires diverses et variées qui ont émaillé l’actualité judiciaire de la Françafrique ces dernières décennies. Ce n’est pas brillant, c’est même carrément déplorable, la responsabilité des corrompus se mélange à celle des corrupteurs. Il y a deux choses qui sont certaines : (i) la politique française ne ressort pas grandie de tels agissements qui sans doute perdurent encore sous une forme ou sous une autre, (ii) tous les partis français ont mangé dans cette soupe au fumet nauséabond et sont donc mal placés pour se rejeter la balle.

    Dernière certitude, le Gabon qui est un équivalent émirat pétrolier continue à se traîner dans les bas-fonds du sous-développement pour sa population.

    Quant à Bongo, outre le financement de la démocratie française, il prenait un malin plaisir à afficher sur les murs de son bureau les photos de ses rencontres avec tous les présidents de la Vème République et leurs affidés, les Foccart, Le Floch Prigent, Tarallo et autres soldats perdus de la Françafrique. La stabilité de ce président gabonais fut sa force. Il en a joué avec subtilité pour obtenir ce qu’il voulait, notamment de l’annulation de dettes à répétition ce qui relève du tour de force (et du scandale financier) vu la richesse de son émirat, mais il a été bien plus fort en toutes occasions que l’ex-colonisateur empêtré dans les affres de la démocratie.

  • AC/DC – 2009/06/12 – Paris Stade de France


    AC/DC au Stade de France. Ambiance chaleureuse et bon enfant au Stadium : 80% de mecs et le reste de nanas. On est quand même à un show d’AC/DC et pas dans un salon de thé. 70% de la population porte les cornes rouges clignotantes de circonstance, effet arbre de Noël garanti lorsque la nuit sera tombée.

    Le concert démarre à 21 h pile sur un dessin animé montrant une locomotive emballée, Angus chargeant la chaudière à grandes pelletées de charbon malgré les distractions salaces délivrées par deux créatures de rêve en mini-jupettes qui jouent avec sa fourche de diablotin.

    Une loco factice de taille réelle crève alors l’écran et restera de guingois au-dessus de la scène durant tout le concert, servant même de cheval d’acier à une énorme poupée gonflable à la gargantuesque poitrine, vêtue d’un panty rose, sur Whole Lotta Rosie.

    La bande déboule sur scène sur Rock ‘n’ Roll Train, grimée des costumes de circonstance, sans surprise mais avec, 30 années plus tard, l’énergie des premiers jours. Des casquettes variées masquent les calvities plus que naissantes d’Angus et de Brian qui font le spectacle. Ce dernier à l’élégance majestueuse d’un pachyderme, une sorte de clone croisé de Coluche et Bernard Lavilliers, déambule en veste débardeur, une flamme imprimée dans le dos, roule ses gros biscoteaux rapidement recouvert de sueur et chante la tête rentrée dans les épaules d’une si voix stridente qu’on lui croirait deux doigts branchées dans la prise de courant alternatif. Angus arbore son éternel costume d’écolier en velours noir et s’accroche à sa guitare dont il joue avec une virtuosité qui égale son classicisme hard-rockeux. Assez vite il nous gratifie de son striptease ordinaire sur The Jack jusqu’à finir en bermuda après avoir montré son postérieur serti du caleçon AC/DC retransmis sur grand écran de 10 mètres de haut. Le Stade de France exulte et reprend en chœur She’s got the jack, jack, jack et on imagine sans peine la nature turgescente du jack.

    Le reste de la bande australienne assure la rythmique en fond de scène caché sous de longues chevelures non atteintes par l’usure du temps.

    Les classiques du groupe sont passées en revue plus une incursion dans le dernier CD Black Ice sortie (avec succès) fin 2008 : Hell’s Bells en intro de laquelle Brian déplace son double-quintal dans une course folle pour finir suspendu au carillon de la cloche AC/DC descendu au-dessus de la scène, War Game avec un nouveau dessin animé et Angus aux commandes d’une forteresse volante déversant des flots de guitares rouges tels les B52 bombardant les plaines du Mékong d’agent orange, et bien d’autres.
    La fin du show est annoncée lorsque qu’Angus apparaît seul sur une Bstage posée au milieu du stade pour nous vriller les tympans une dernière fois en nous gratifiant d’un interminable solo.

    La horde revient pour un rappel avec Highway to Hell et For those about to rock (we salute you) et ses traditionnels 21 coups de canons. Trois générations de fans repartent sagement vers le RER avec leurs casques à cornes clignotantes, sans oublier un stop merchandising pour ramener un T-shirt Black Ice.

    Le rideau tombe sur l’un des plus gros groupes de rock de la planète. AC/DC vous salue et vous souhaite de retrouver rapidement votre capacité auditive légèrement embrumée après deux heures de martellement sonique.

  • Miss Tic

    Miss Tic expose à Saint-Germain-des-Près : Go Homme, galerie Lélia Murdich. Il s’agit de couples cette fois-ci et non plus de pinups rêveuses. Les pensées sont toujours percutantes, les prix très… Saint-Germain-des-Près.

  • Tactique gagnante

    Sondage de la Revue du Web publié par les Inrocks : comment pecho une girl ? « L’ignorer » est la réponse majoritaire.

  • « Katyn » d’Andrzej Wajda

    « Katyn » de Wajda ce soir au cinéma : l’histoire sordide du massacre de 12 000 officiers polonais dans la forêt de Katyn en territoire soviétique, ou comment les barbaries nazie et soviétique se sont cumulées pour dépouiller la Pologne. Le film démarre sur la vision saisissante de populations civiles fuyant au milieu d’un même pont, les nazis arrivant d’un côté et les soviétiques de l’autre, se poursuit sur l’exécution des officiers et se termine sur l’après-guerre où la Pologne socialiste dénie la responsabilité du grand frère soviétique alors que la Pologne réelle sait bien qui est coupable. En suivant le parcours de quelques familles polonaises le film insiste sur le drame humain plus que sur l’analyse historique que le spectateur est censé connaître.

    Ce drame est une conséquence du pacte Molotov-Ribbentrop signé ci-dessus sous l’œil goguenard de Staline (cf. photo, Molotov est en train de signer, Ribbentrop est en arrière-plan à droite de Staline). Pour Hitler les slaves sont des sous-hommes, pour Staline la Pologne est un non-sens historique et géographique, tous deux conviennent du dépeçage du pays toute affaire cessante. La gestapo et le NKVD collaborent allègrement et se livrent l’une à l’autre des Polonais suspects, des russes en cavale, afin d’émasculer le pays en le débarrassant de ses élites. Un peu par hasard, les 12 000 officiers polonais tomberont dans les mains soviétiques. Staline estime qu’ils représentent un obstacle à l’instauration du socialisme éclairé en Pologne, les fait exécuter d’une balle dans la nuque en 1940 et ensevelir dans les charniers de la forêt de Katyn. Le père de Wajda était l’un d’eux. Dans le même temps le NKVD exécute d’autres nationalistes et contre-révolutionnaires polonais, voire ukrainiens et biélorusses. On parle en tout de 15 à 22 000 exécutions relatives à la décision du politburo de mars 1940 (signée notamment par Staline, Beria, Molotov).

    Alors que les Allemands attaquent l’URSS en 1941, ils découvrent les charniers et cherchent en s’en disculper en accusant les juifs et les bolchéviques. Au procès de Nuremberg, les soviétiques arrivent à faire inclure ce massacre dans l’acte d’accusation sans pour autant qu’il ne soit cité dans le jugement final. Il faudra attendre 1990 pour que Gorbatchev reconnaisse la responsabilité soviétique et présente ses excuses à la Pologne. Quel siècle !

  • Pas de cannabis au parlement européen

    Il semble que la liste Cannabis sans frontières n’aura pas de député à Strasbourg pour cette fois-ci.