Auteur/autrice : Rehve

  • Titine vs. Sego : 1 mort

    Titine vs. Sego : 1 mort

    Titine et Ségo n’ont pas pu s’entendre pour diriger le PS alors la perdante reste en dehors des organes dirigeants. C’est comme ça que cela marchera le mieux, les fusions « entre égaux » sont toujours des désastres. Sauf à être un malin comme Mitterrand qui a fait venir le PC au pouvoir pour mieux le dévorer, mais il faut pour ce faire développer un sens de la stratégie et une capacité de nuisance hors du commun. Le site web du PS ne mentionne nulle part Fafa, Yoyo et Delanaoë ce qui est tout de même un (léger) gage de renouvellement. Léger seulement car on imagine que les larrons essaieront de continuer à influer en sous-main mais avec le légendaire caractère bien trempé de Titine ils risquent de s’affronter à plus rugueux qu’eux ce qui devrait les pousser gentiment vers la retraite !

  • Un aveu

    Un aveu

    Le chroniquer fait un aveu : il a regardé ce soir la Star Academy car, et uniquement car, Amy MacDonald s’y produisait en duo avec une miss Star Academy de service. Elles ont fait This Is The Life, la miss se défendait pas mal en plus. Elle était grimée en clone d’Amy.Bon, OK, ce n’est pas particulièrement brillant mais c’est ainsi, this is the life. Le plus intéressant dans l’histoire c’est cette espèce d’ectoplasme d’animateur qui remue la fange de la crétinerie avec volupté et mauvaise foi. Au moins aura-t-il diffusé Amy à une heure de grande écoute, ce que l’on porte à son crédit. Accessoirement on aura appris qu’elle repasse en concert à l’Olympia le 30 mars prochain.

  • La presse maltraite le ministre de la Justice

    Les journalistes sont incorrigibles et massacrent Rachida Dati qui, recevant le 3 décembre le rapport de la Commission chargée de formuler des propositions pour réformer l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante a dit notamment :

    La Commission propose de fixer la minorité pénale à 12 ans. C’est le seuil qui a été recommandé en février 2007 par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Il correspond à la moyenne de ce qu’appliquent nos pays voisins (10 ans en Suisse et en Angleterre, 12 aux Pays-Bas, 14 en Allemagne, Espagne, Italie).

    Dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble correspondre au bon sens. Sanctionner ne veut évidemment pas dire emprisonner et les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d’une palette de réponses adaptées à tous les cas.

    Je crois aussi, comme le propose la Commission, que les mineurs de moins de 12 ans qui commettent des infractions devraient pouvoir être entendus par des enquêteurs, alors même que leur responsabilité pénale ne pourrait pas être engagée. Nous devons prévoir un dispositif permettant qu’ils soient tenus à la disposition des enquêteurs, avec toutes les garanties qu’impose leur âge.

    Il faut aussi que les mineurs de moins de 12 ans qui ne pourraient pas être sanctionnés pénalement puissent faire l’objet d’une prise en charge civile très particulière. La Commission ouvre une piste en direction d’un placement éducatif spécialisé qui me paraît intéressant.

    Le dernier principe que la Commission propose d’inscrire dans le nouveau code concerne l’âge de majorité pénale.

    Cet âge est fixé à 18 ans depuis 1906. Depuis plus d’un siècle, en-dessous de 18 ans, on est jugé selon les règles spéciales applicables aux mineurs.

    La Commission propose de consacrer solennellement ce principe dans le futur code de la justice pénale des mineurs. Cela répondra aux inquiétudes que certains ont pu exprimer lors de l’annonce d’une réforme en profondeur de l’ordonnance de 1945.

    Ce principe n’exclut pas pour autant que des règles particulières de procédure soient prévues pour les mineurs les plus âgés. La justice pénale des mineurs a toujours distingué selon la maturité des délinquants. Plus un mineur approche des 18 ans, plus le régime pénal qui s’applique à lui se rapproche également de celui des majeurs. C’est justifié et logique. Cela doit rester le cas.

    http://premier-ministre.gouv.fr/IMG/doc/Discours_de_Rachidat_Dati.doc

    Tout ceci s’est transformé à la une des journaux et télévision : « Rachida veut emprisonner les mineurs de 12 ans. » Il semble qu’il y a tout de même quelques nuances et subtilités qui ont échappé à la presse. Quoi que l’on pense du sujet, il n’est pas interdit de le présenter honnêtement.

    Quand à Sarko, il continue à désavouer ses ministres avec énergie en fonction de la direction du vent. (Edgar Faure disait : « ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent… »)

    Là encore, et sauf si la mémoire nous fait défaut, il semble vaguement nous souvenir que sa campagne électorale présidentielle était plutôt du genre sécuritaire. On se demande même si ce ne sont pas ses discours de l’époque (certes très lointaine) qui ont inspiré cette commission, mais ce doit être notre mauvais esprit qui parle ?

    De toute façon, le Loi passera et le parlement décidera de ce qu’il veut retenir ou pas de ces propositions, qui pourraient rejoindre la poubelle déjà très remplie des rapports sans suite.

  • L’Etat responsable de tout

    Les touristes coincés en Turquie par un hôtelier non payé par leur agence de voyages ou bloqués en Thaïlande pour cause de manifestations populaires se retrouvent sur le thème « mais que fait notre ambassade pour nous sortir de ce guêpier ? » Toujours le même mirage d’une civilisation qui a oublié la notion du risque. Les vacances à Saint-Gilles Croix de Vie restent plus sûres.

  • Logique !

    Entendu sur les ondes ce commentaire frappé au coin du bon sens :

    C’est difficile de se sortir d’une crise de l’endettement en empruntant.

    A méditer, l’exemple de l’Islande qui s’était transformée en « hedge fund » et qui s’est écroulée en huit jours comme une vulgaire société à dé-responsabilité illimitée, illuminée par le mirage de la consommation sans fin financée par de la dette facile !

  • Fin d’année au bistrot et dans la joie

    Fin d’année au bistrot et dans la joie

    Bon aujourd’hui c’est le dernier jour de l’année donc on se tape une double Francfort-frites-bière chez Dédé, le bistrot favori près du bureau, accoudé sur le zinc avec le Canard Enchaîné du jour. Ambiance détendue et sympathique et tout le monde se quitte en se souhaitant bonne année. Il n’y a pas à dire : on est quand même mieux chez Dédé que chez Lasserre !

    Et comme rien ne m’arrêtait, j’ai pris une décision révolutionnaire qui confirmera ma légendaire capacité d’adaptation, ma première résolution 2009 : j’ai changé la police de caractère de mon ordinateur professionnel de Comic Sans MS à Tahoma. Et pan ! En voilà une décision majeure qui oriente déjà favorablement mon année 2009 avec une police plus maligne et moins débraillée, plus sérieuse et plus taquine !

    Et pour terminer l’année comme nous l’avions commencée, une photo du plus grand mystère de ces 12 derniers mois.

    Au-delà le la complexité d’une crise financière à laquelle personne ne comprend rien, plus explosif que la querelle Titine / Fafa / Ségo, plus insondable que les magouilles de Kerviel le trader-fraudeur, encore plus incompréhensible que l’escroquerie centenaire de Madoff le mondain de Wall-Street, la question la plus énigmatique de cette année 2008 qui meurt, celle qui hante tous les français, et peut-être même le monde entier « mais comment a-t-elle pu épouser Sarko ? »

  • TV On The Radio – 2008/12/01 – Paris le Bataclan

    TV On The Radio, le groupe dont on parle, labellisé par les plus grands (Bowie), est à Paris pour un concert au Bataclan. Musiciens de Brooklyn, résolument modernes, définitivement urbains, merveilleusement blacks, on craint un peu l’effet de mode mais on découvre un vrai groupe inventif, aux compositions complexes et au comportement abordable.

    Un guitariste-chanteur à la barbe foisonnante et un chanteur-platineur en chemise écossaise, tous deux sur le devant, des têtes d’étudiants intello à grosses lunettes sortant de l’université Patrice Lumumba. Un batteur rasta hirsute, un bassiste-platineur sous son bonnet et un deuxième guitariste (blanc) tatoué et mal rasé jouant d’une 6 cordes à rayures roses comme un gamin avec son camion de pompiers. Le ton est donné et le show est lancé.
    Rythmes tressautants, guitares stridentes, overdubs gargouillants, notre chanteur binoclard donne un incroyable spectacle, passant de ses platines à des percussions, jouant avec sa voix du grave au plus aigu, se déplaçant à reculons en une espèce de moon-walk pogo-post punk.

    Le style de la musique est inclassable : rock, soul, jazz, une intéressante fusion réalisée par ces musiciens gloutons d’influences multiples qui nous resservent une mixture étrange, à l’apparence déstructurée, à l’harmonie parfois dissonante, mais dont ils détiennent la clé et qu’ils déroulent avec rigueur pour le plus grand plaisir d’un Bataclan (complet depuis longtemps) qui se réjouit de cette originalité déconcertante.

  • Le Clézio J.M.G., ‘L’Africain’.

    Sortie : 2004, Chez : Folio. Le parcours d’un père mauricien parti s’exiler comme médecin militaire de brousse au Nigéria et au Cameroun avant, pendant et après la dernière guerre mondiale. Sa femme et ses enfants partagent une partie de ces années sur une planète loin de toute modernité, parfois violente, souvent foisonnante et humaine. Après le retour définitif à Nice en 1948 ce père assiste, muré dans son silence et sa rigidité, aux indépendances des pays africains, à la sordide guerre du Biafra et aux jeux troubles des pays occidentaux. C’est l’histoire ordinaire d’une famille blanche en Afrique, qui restera marquée à jamais par cette excitante liberté tropicale. Le Clézio, éternel voyageur exilé dans la poésie, est l’enfant de ce continent, son œuvre en est le pur produit.

  • « patti Smith – dream of life » par Steven Sebring

    « patti Smith – dream of life » par Steven Sebring

    Après son exposition cette année à la Fondation Cartier, voilà revenue Patti Smith avec un dvd sur sa vie tourné onze années durant par Steven Sebring et dont on avait d’ailleurs vu des extraits à la Fondation. C’est un excellent film sur cette très grande poétesse qui est capable d’un déchainement punk lorsqu’elle est sur scène et d’une douceur épanouie lorsqu’elle traverse la vie de tous les jours. Sebring a bien rendu cette double face de sa personnalité. Les passages purement musicaux sont plutôt rares au profit d’images en noir et blanc sur la vie de cette immense artiste qui traverse notre temps.

  • REED Lou, ‘Traverser le feu’

    REED Lou, ‘Traverser le feu’

    Sortie : 2008, Chez : Seuil.

    Lou Reed dans Le Monde des Livres pour la sortie de « Traverser le Feu » qui reprend l’intégrale de ses textes en anglais, avec une traduction française. Un livre bien entendu indispensable pour tout fan de Lou. La vendeuse chez Virgin qui emballe l’œuvre précise que l’artiste était là il y a quelques jours pour une séance de dédicace. Sacré Lou qui ne recule plus désormais devant quelques compromissions qu’il a dû assurer avec sa moue boudeuse…

  • C’est la fin

    Ségo, Ségo, Ségo… s’est fait rouler dans la farine par l’attelage fatigué de Titine et ses archéos Fafa, Yoyo et Delanoë, tirant à hue et à dia.

    Pauv’ Ségo, elle ne pouvait rien contre cette horde de caïmans se débattant pour leur survie dans le marigot boueux des illusions perdues du socialisme. Elle a pourtant essayé avec force communication et participation, les deux mamelles de son absence de programme politique, mais ils ont été les plus forts.

  • C’est l’hallali

    Tel Mac-Mahon qui a défait l’Autrichien à Solférino en 1859, on peut craindre que Titine et ses archéos n’aient vaincu la vaillante Ségo. En attendant la Commission du « récolement » récole gravement rue de Solférino et tous les français fouillent dans leur dictionnaire pour savoir ce que peut bien vouloir dire ce terme bizarroïde : dénombrement par ministère d’huissier des meubles saisis, vérification pointage sur inventaire.

    Bon, n’oublions pas que c’est suite aux horreurs de la bataille de Solférino gagnée par les maréchaux de Napoléon III qu’a été créée la Croix Rouge par le Suisse Henri Dunant afin de protéger les soldats blessés. En l’espèce, les maréchaux Fafa & Yoyo, ainsi que leurs hussards Delanoë & Hamon, vont plutôt s’activer à achever les blessés à l’arme blanche que les sauver.

  • La lutte finale

    La lutte finale

    Titine et Ségo s’écharpent et se menacent de poursuites judiciaires pour emporter la rue de Solférino, s’injurient par médias interposés car elles ne se parlent plus. On parle de fraudes récurrentes, et généralement mutuellement acceptées par les parties, dans les grosses fédérations. La presse et les caciques du PS admettent que la bidouille est la règle dans les élections au PS, mais triche équitablement partagée est triche à moitié pardonnée. C’est assez incroyable, on ne sait d’ailleurs pas bien la forme que revêt cette bidouille sortie soudainement du chapeau.

    Heuh… on ne pourrait pas tout simplement recompter les bulletins, ils doivent quand même avoir été conservés quelque part avec des procès-verbaux de bureaux de vote ! Au besoin on peut faire venir des observateurs de l’ONU ou du Cambodge pour s’assurer d’un minimum de régularité des votes dans le Poitou.

  • Martine Aubry s’accroche pour le pouvoir

    Incroyable : Titine et son invincible armada d’archéos ne prend que 40 voix d’avance sur Ségo au 2ème tour des élections pour la barre du PS, sur 130 000 électeurs ! Une presque défaite. Bon, Titine elle ne donnait déjà pas top envie mais une telle baffe ne va pas améliorer son moral…

  • Guy Peellaert est mort

    Guy Peellaert est mort

    Décès de Guy Peellaert dessinateur branché rock auteur notamment des couvertures de Diamond Dogs et de It’s Only Rock’n’Roll.

    Au-delà des musiciens, il a été inspiré par les grands personnages du XXème siècle qu’il a croqués dans des postures improbables, mêlant les uns aux autres dans un mix fantasmagorique et une étrange ambiance.

  • Ségo toujours vaillante

    Eh ben dis donc ! Ségo arrive en tête devant Titine qui accumule pourtant les soutiens de la clique « Tout sauf Ségolène » où se bousculent Delanoé, Fafa, Yoyo et leurs porte-flingues. Une bande de tueurs d’opérette à l’efficacité plutôt limitée, ils n’arrivent pas à achever l’objet de toute leur haine.

  • Bashung – 2008/11/16 – Paris l’Elysée Montmartre

    Bashung – 2008/11/16 – Paris l’Elysée Montmartre

    Comme pour conjurer le destin, Bashung organise une série de concerts le dimanche soir à l’Elysée-Montmartre. Il n’est point besoin d’en rajouter face à cette force et cette tendresse, juste des chansons, des chansons et encore des chansons comme il introduira son concert ce soir. Mais bien plus que des chansons, nous le savons tous, une émotion et un héritage. Alors relisons l’une de celle-ci :

    À perte de vue
     Des lacs gelés
     Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
     À perte de vue
     Des défilés
     Des filles à lever
     Des défis à relever
     Des prix décernés à tes yeux
     À perte de vue
     Dodelinent des grues
     Les pieds dans la boue
     Qui eût cru
     Qu'un jour nos amours
     Déborderaient
     Fassent oublier aux ajusteurs
     La clé
     Plus de boulons
     Pour réparer la brute épaisse
     Ma pute à coeur ouvert
     Trop de cuirassés
     Pas assez d'écrevisses
     Pour une fricassée
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     À perte de vue
     Du déjà vu
     Du déjà vécu
     Se précipitent
     À mes trousses
     Qu'en dit le héron
     Il en sait long
     Qu'en dit l'éolienne
     Elle me fait hello
     Voies d'eau dans la coque du Poséidon
     Hamacs éperonnés
     Est-ce un espadon
     L'oeuf d'un esturgeon
     Ou un concours de circonstances
     Qu'aurait engendré ce paysage désolé
     De n'être pas resté
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     Donnez-moi des nouvelles données
     À perte de vue
     Des lacs gelés
     Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
     À perte de vue
     Des défilés
     Des filles à lever
     Des défis à relever
     Des prix décernés à tes yeux
     Des prix décernés à tes yeux

    Alain Bashung est mort le 14 mars 2009.

  • Le feu du PS toujours ardent

    Ça y est, il l’a fait ! C’est à peine croyable mais Delanoé annonce ce soir qu’il couche avec Titine et appelle ses partisans à voter pour la parachutée de Lille aux élections au poste de 1er secrétaire du PS. Hier soir encore à la clôture du congrès de Reims il expliquait qu’il ne donnait pas de consigne de vote. Sa nuit a du être tellement agitée à l’idée que Ségo puisse emporter le morceau et la rue de Solférino que juste après son café il a avalé son chapeau et décidé de soutenir Titine.

    Mathématiquement cette dernière devrait l’emporter mais il n’est tout de même pas exclu que les militants électeurs soient fatigués de ces mammouths qui cherchent à encorner la Ségo depuis si longtemps, à moins qu’ils ne désignent Benoît Hamon qui n’est pas mal dans son genre, calme et propret, à gauche du PS, jeune et neuf. Globalement la question est de savoir qui serait le plus nuisible au PS et, potentiellement, à la France ? A ce classement on range en 1ère place sans hésitation la bande Titine/ Delanoé/ Fafa/ Yoyo.

  • Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

    Leonard Cohen – 2008/11/26 – Paris l’Olympia

    Dans un monde en plein désarroi il est des instants d’harmonie et de pureté qui réconcilient avec la spiritualité et la profondeur, des moments simples animés par des êtres d’exception, de la race des poètes. Leonard Cohen est de ceux là qui pour son retour à Paris après 15 années d’absence a illuminé l’Olympia trois soirées durant. Véhiculant avec lui 74 années de tourments et de beauté, d’expériences et de musique, de mots et de mélancolie, de livres, de poèmes, de dessins et de disques, c’est une véritable légende qui apparaît au milieu de ses musiciens. Le public ne s’y trompe pas qui lui fait une standing ovation avant même la première note d’un concert qui nous entraînera pour trois heures d’introspection au cœur des étapes magiques d’un parcours musical et cérébral qui fut également le nôtre.

    Costume noir et chapeau feutre, d’une élégance surannée, il entre en sautillant comme un gamin sur les tapis persans jetés sur la scène. Son groupe est déployé autour de lui, des musiciens affectueux et respectueux : un guitariste flamenco de Barcelone au premier plan assis sur une chaise, trois choristes dont Sharon Robinson co-auteur de ses deux derniers disques et les deux Webb sisters, un souffleur de différents instruments à vent, un deuxième guitariste, le bassiste historique Roscoe Beckes, directeur musical de la tournée, un batteur et un claviériste sur orgue Hammond.

    Et dès qu’il entame Dance me to the end of love sa voix grave et vivante envahit le théâtre de nos âmes. Une voix bouleversante qui a traversé cigarettes, alcool et rébellion pour marquer à jamais nos histoires de ses mots qui nous accompagnent depuis toujours. Il promène son corps fluet sur la scène, comme en apesanteur, s’agenouille sur le tapis persan qui a déjà pris son envol pour le royaume des milles et une émotions. Entre deux chansons il porte son chapeau à son cœur pour remercier le public et ses musiciens de « l’incroyable honneur qui lui est fait de chanter pour nous ce soir ». Revenu de tout il porte un regard émerveillé sur « l’immense privilège qui est le nôtre de pouvoir nous consacrer à une soirée musicale quand le monde n’est que chaos. »

    Discret, il s’efface pour laisser chacun se mettre en avant à un moment ou à un autre du show. Modeste il s’agenouille pour déclamer ses chansons comme une supplique de sa voix caverneuse, exhumée des profondeurs pour hanter nos âmes. Il récite A Thousand Kisses Deep, il s’empare d’une guitare noire pour reprendre Suzanne, il se recueille dans l’obscurité pour laisser les Webb sisters chanter If It Be Your Will, l’une à la harpe l’autre à la guitare, un pur sanglot ! La musique se déroule lentement, chaudement, tristement, loin de la furie de l’humanité, seulement empreinte de la sérénité et de la réflexion qui exsudent de cet immense poète : If it be your will/ That a voice be true/ From this broken hill/ I will sing to you/ From this broken hill/ All your praises the shall ring/ If it be your will/ To let me sing.

    De Montréal à Hydra, de Los Angeles au monastère bouddhiste de Mount Baldy Zen Center (où il a été ordonné moine Zen sous le nom Jikan Dharma « le silencieux »), Leonard Cohen, est un passager du temps, sans remord ni regret, qui termine son dernier show parisien avec Closing Time, I Try to Leave You et Whither Thou Goest. Le public voit arriver le moment de se quitter avec tristesse voulant espérer qu’il y aura encore une étape et que le bout du chemin n’est pas encore pour tout de suite. Un troublant parfum d’adieux émane de ce final. Réunissant une dernière fois l’ensemble de ses musiciens et son équipe technique il termine avec une adresse au public parisien, debout, ému aux larmes, « il y a longtemps que je t’aime. » Les plus jeunes ne connaissent pas la fin de cette comptine enfantine qu’il ne dira pas. Je la leur dédie : « jamais je ne t’oublierai ! »

    Set list

    First Set

    Dance Me To The End Of Love/ The Future/ Ain’t No Cure For Love/ Bird On The Wire/ Everybody Knows/ In My Secret Life/ Who By Fire/ Chelsea Hotel #2 Anthem

    Second Set

    Tower Of Song/ Suzanne/ Gypsy Wife/ The Partisan/ Boogie Street/ Hallelujah/ Democracy/ I’m Your Man/ A Thousand Kisses Deep (recitation)/ Take This Waltz/ Encore So Long, Marianne/ First We Take Manhattan/ Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will/ Closing Time/ I Tried to Leave You/ Whither Thou Goest

  • Le PS en feu

    Réveil ce matin et c’est toujours la mésentente au PS, nos larrons n’ont pas pu s’entendre. Delanoé s’en retourne à sa mairie de Paris où finalement il n’est pas trop mal loti. Fafa s’étrangle de fureur à la tribune de Reims en prônant le coup de barre à gauche en suivant Titine. Hamon reste candidat. Et Ségo, politiquement nunuche mais redoutablement habile dans les affaires de querelles internes s’en remet aux militants qui éliront leur chef la semaine prochaine. Disons-le, Ségo ne va pas résoudre la crise mondiale et française sur la base de l’amour et de la fraternité, les deux mamelles de son programme, pas plus de l’évocation du 14 juillet 1789 comme elle l’a fait hier, mais si elle peut nettoyer les écuries d’Augias de la rue de Solférino de ses éléphants vieillissants et encombrants, ce serait œuvre de salut public.