Auteur/autrice : Rehve

  • Nouvelle organisation gouvernementale

    La soupe est en train de cuire mais il semble qu’il n’y aurait que quinze couverts au banquet ministériel et, oh crime de lèse-majesté, la moitié de femmes plus quelques ministres de gauche ou de la société civile. Cela ne laisse que cinq ou six places pour les grognards de l’UMP qui en semblent fort marris et le font savoir.

    C’est étonnant l’ambition de ces gens pour un maroquin et la si haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes ! C’est quoi un poste de ministre ? Des portes capitonnées et une grosse voiture, des soucis et plus beaucoup de prise sur l’évènement. Mais beaucoup de télévision et de médias.

    C’est comme le Sarko, a priori il s’estime irremplaçable à la tête de l’UMP et y place une direction collégiale après sa démission.

  • Des critères logiques

    Le président Sarkozy affirme qu’il choisira ses ministres sur des seuls critères de compétence et non de fidélité :

    La fidélité est pour les sentiments, la compétence pour le gouvernement.

  • Björk dans les bacs

    Volta le nouveau disque de Björk est dans les bacs. Comme chaque production de cette originale artiste islandaise, c’est un évènement culturel qui fait la une, même des médias pas particulièrement spécialisés. Bien qu’annoncé comme abordables, les compositions restent complexes, on n’y rentre pas à la première écoute.

    Le show aux Arènes de Nîmes en août est compet, vendu en 24 h… Tant pis, on la verra au Festival Rock en Seine cet été.

  • Fabius interruptus

    Le « Zapping » de Canal+ repasse Fabius lors de la soirée électorale de dimanche soir, interrompu par Pujadas qui préfère donner la parole à Johnny en direct à la sortie de Fouquet’s plutôt que de poursuivre avec le discours rabâché de notre socialiste mondain !

    La tête de ce pauvre Fafa valait le déplacement. Il a juste eu le temps d’ajouter « Ah ! Il est revenu de Suisse ? ». Dieu merci le téléspectateur en a eu pour son argent et a pu goûter toute la subtilité de l’analyse politique du rocker, toujours plus intéressante que celle de Pujadas malgré tout.

  • Chapeau l’artiste

    Quel parcours quand même ce Sarkozy ! Immigré de la 1ère génération, non énarque, et président de la République française à 52 ans. Que l’on soit d’accord ou non avec ses idées, c’est tout de même impressionnant. Quand on pense à l’ambition féroce qui a animé un Chirac toute sa vie alors qu’il était issu du sérail gaulliste, sortait de l’ENA et était marié avec une représentante des 100 familles de la noblesse industrielle ; on imagine difficilement la rage, la haine, l’incroyable énergie, l’absence totale de doute et de scrupule qui ont dû animer ce bonhomme tout au long de sa lutte pour le pouvoir suprême.

  • Résultat de la course à l’Elysée

    Ségolène perd avec le sourire. 85% des électeurs se sont prononcés. Le Pen est ramené à 10%, le parti communiste ne devrait plus s’en remettre ; on a vu pire comme résultat électoral !

    La prochaine avancée démocratique pour la France serait sans doute de se doter de rédactions de journalistes intelligents dans ses principaux médias. Vaste tâche à l’aune de la qualité des questions ce soir sur les grandes chaînes hertziennes : l’unique souci des interviewers est de savoir qui va tuer qui au PS, qui sera nommé premier ministre à droite et où Sarkozy part en vacances.

    Alors à chaque invité qui défile, et une rédaction de télévision un soir de deuxième tour c’est une véritable auberge espagnole, ils posent les mêmes questions vides de sens, ou interrompent les politicards pour donner la parole à Johnny ou à Bigard. En plus Mireille Matthieu chante la Marseillaise, on espère qu’on fera mieux pour la suite question renouveau !

  • Le journal Le Monde se prononce

    Après avoir appelé à un deuxième tour Ségo/Sarko, donc sans Bayrou, Colombani dans Le Monde appelle à voter Ségolène :

    Sa victoire lui donnerait l’autorité pout engager ce travail de réinvention indispensable. C’est un pari. Pour le pays, il mérite d’être tenté.

  • McCarthy Cormac, ‘Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme’.

    Sortie : 2005, Chez : . Le retour de McCarthy avec un roman sombre et violent au cœur de l’Amérique d’aujourd’hui empêtrée dans ses racines conquérantes, son actualité guerrière et toujours la voix des armes qui fait partie du langage quotidien. Un policier philosophe évolue dans une incroyable histoire de drogue, d’argent et de meurtre entre Texas et Mexique. Il y laissera son âme mais y sauvera sa vie sans pouvoir défaire ce qui a été fait.

  • Sarkozy veut liquider les scories de mai 1968

    Sarkozy racole à Bercy hier soir devant un impressionnant parterre « d’intellectuels » où l’on reconnaît, entre autres, Johnny, Arthur, David Douillet, Enrico, etc. Il veut « liquider » mai 68 ! Bon, il ne faut tout de même pas trop exagérer… c’est notre Histoire même si le chérubin est trop jeune pour l’avoir vécue. On peut en contester la pensée ou les motifs mais cela s’est passé. Pendant qu’il y est peut-il proposer aussi de nettoyer la Révolution française et aller installer le palais présidentiel en Vendée il pourrait ainsi récupérer les voix du vicomte de Villiers.

  • « L’extraction de valeur » capitalistique

    Dernier avatar du capitalisme, les actionnaires de la banque néerlandaise ABN AMRO objet d’offres de rachat de la part de différentes banques européennes votent pour « le démantèlement, la vente ou la fusion… [afin de créer] le maximum de valeur pour les actionnaires. ». Ce maximum est pour le moment de 72 milliards d’euros, offre financière d’un projet qui prévoit très explicitement la disparition d’ABN par dépeçage de ses actifs et partage entre les trois banques à l’origine de cette offre. ABN AMRO n’existera plus en tant que telle même si ses activités seront plus ou moins reprises par les acheteurs. C’est l’aboutissement ultime du capitalisme financier, l’entreprise et son objet social n’ont plus d’importance face à la rentabilité de l’investissement. Alors on crée une compagnie, on la triture dans tous les sens pour en extraire le maximum de jus et ensuite on la jette : « Prends l’oseille et tire-toi ! » (titre d’un film de Woody Allen de 1969).

  • Copinage malsain

    A sa sortie de l’Elysée la semaine prochaine le président Chirac doit emménager, provisoirement, avec sa famille dans un appartement sur les quais parisiens prêté par la famille Hariri. Est-ce qu’on imagine de Gaulle allant s’installer en 1969 dans l’hôtel particulier d’Houphouët-Boigny ?

    Rien de bien grave sur le fond mais il est tout de même étonnant qu’il n’y ait personne dans son entourage pour lui signaler l’effet déplorable qui peut résulter de l’emménagement d’un ex-chef d’Etat français dans l’appartement d’un politico-affairiste libanais à la réputation très discutée, assassiné par des malfrats à Beyrouth, sans doute avec la participation, ou à l’initiative, de la Syrie. Encore plus étrange d’ailleurs qu’il n’y pense pas lui-même. On nous fera tout de même difficilement croire que notre République ne peut pas loger ses anciens maîtres !

  • Décès de Rostropovitch

    Mstislav Rostropovitch (1927-2007) est mort à Moscou. Encore un géant qui nous quitte ! Ecoutons pour s’en persuader les suites de Bach pour violoncelle qu’il a joué de façon si déchirante, incarnant au-delà du sublime l’âme musicale russe, slave. Et puis ce violoncelle quel instrument remarquable pour exprimer toute la gamme des émotions, de la joie à la douleur. Et Rostro ! quel interprète génial pour véhiculer de l’humanité, de la tendresse. De la musique tout simplement ! Heureusement il est mort dans sa Russie natale et sera enterré au côté de Galina. Avec son Maître et ami Chostakovitch il a fait partie de ces artistes martyrisés par le faux nez soviétique d’une Russie musicale qui n’a jamais abdiqué. Que pouvait d’ailleurs le dogme face à la beauté ? Rien, Dieu merci !

  • Du rififi à la Banque Mondiale

    Le patron de la Banque Mondiale Wolfowitz continue à s’accrocher à son siège malgré son aveu d’avoir favoriser sa copine travaillant dans l’institution. C’est assez fort pour un pourfendeur de la mauvaise gouvernance des pays du tiers-monde bénéficiaires des prêts de la Banque Mondiale. Certains pays doivent se tenir les côtes à la lecture des conditionnalités anti-corruption imposées par la Banque dans ses programmes.

    On ne sait plus qui a dit « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument » mais il y a de ça. On a vraiment l’impression qu’un sentiment d’impunité totale, une perte de contact avec les réalités, animent les actions de nos puissants et ce n’est pas bien, même s’il ne s’agit que de corruption intellectuelle.

  • Ségolène vs. Bayrou

    Le microcosme médiatique parisien a trouvé un vrai non-sujet dont tout le monde se moque mais qu’à force de bourrage de crâne et de gros titres il arrive à transformer en débat de société : la Royal va-t-elle papoter avec Bayrou entre les deux tours face aux caméras ? Au moins pendant que l’on s’étale sur la dimension de la table ou sur la tenue de Mme Royal on évite d’étaler l’abrutissement « people » dont fait preuve ledit microcosme plus préoccupé à sentir le fumet de la soupe à partager qu’à analyser des programmes et des idées.

  • Les dépenaillés face aux armées occidentales

    « Vous avez aimé Saigon ? Vous allez adorer Mogadiscio ! » avait annoncé l’ambassadeur américain en Somalie lors du lancement de l’opération Restore Hope. On a aimé, spécialement les forces internationales envoyées dans ce pays sans foi ni loi pour atténuer la famine. Et ça continue ; ce sont maintenant les Éthiopiens qui ne savent plus comment se sortir du bourbier local. Stalingrad, Alger, Saigon, Kaboul, Bagdad, et d’autres ; toutes les armées étrangères ont été défaites par ces guérillas urbaines dépenaillées mais volontaires. Seule Berlin a ployé sous l’assaut, mais c’était en 1945, l’enjeu était légitime et la planète entière s’en était emparé !

  • Lisa Gerrard – 2007/04/15 – Paris la Cigale

    Lisa Gerrard – 2007/04/15 – Paris la Cigale

    Lisa Gerrard au Grand Rex ce soir : ex-Dead Can Dance, elle nous a envoutés avec son compère Brendan Perry dans les années 1980/90. Ensemble ils ont créé une atmosphère musicale unique faite de noirceur et d’étranges sonorités en mode mineur.

    Lisa poursuit depuis une carrière solo ponctuées de disques et de BO. Le concert parisien est complet depuis longtemps. Les fans d’hier sont venus nombreux pour goûter à nouveau cette ambiance insondable, frémir encore à l’écoute d’une musique venue d’ailleurs, peut-être un peu de son Australie natale où elle se ressource  « J’habite dans le bush, ce qui me permet de m’éloigner du monde, de me connecter à ce que je désire vraiment, l’absolu. Je me considère d’ailleurs comme une Aborigène, parce que je suis née là-bas et que, comme eux, je suis complètement reliée aux vibrations de la terre et à un langage abstrait, façonné par des millions d’années d’humanité. »

    La scène majestueuse du Grand Rex est tendue de deux grandes tentures blanches qui dégoulinent sur un fond noir. Elle est accompagnée d’un pianiste et d’un clavier qui posent l’instrument majeur : sa voix, profonde, parfaite et bouleversante, froide comme un vent terrifiant qui dévale les pentes verglacées d’un Himalaya émotionnel. Les paroles n’ont pas d’importance, il y en a peu d’ailleurs, anéanties par le son.

    En robes longues, bleue puis blanc crème après l’entracte, elle est grande, blonde aux yeux bleus, statique devant son micro auquel elle s’accroche bizarrement, elle chante les yeux mi-clos, semblant ne pas savoir que faire de son enveloppe corporelle. Elle est comme une espèce de fantôme au-dessus duquel flotte son âme. On est hypnotisés par sa présence intergalactique, envahis par l’émotion sonore qu’elle diffuse. On est habités par cette voix lisse et d’outre-tombe, discrètement accompagnée de nappes de claviers électroniques. Elle nous emmène à travers l’odyssée d’un espace musical, intime et immense. Et entre les chansons, l’artiste envolée redescend sur terre où elle nous retrouve, éclatant de rire devant les applaudissements sans fin de la salle en adoration.

    Une soirée pleine de magie qui nous a donné la chair de poule. Lisa  nous a délivré une Voix immense sur des notes glaçantes.

  • Les grandes lignes du programme Schivardi

    Il est incroyable Gérard Schivardi. Avec l’appui du Parti des travailleurs son programme est tout simplement brillant : il se retire de l’Union européenne pour bâtir une Europe des nations fédérées ; élu président de la République, il ne fera qu’un intérim avant de laisser tous ses pouvoirs au président d’une assemblée constituante ; il nationalise toutes les industries et n’indemnise que les petits actionnaires « les fonds de pension ont assez bouffé », etc., etc. Trotski doit s’en tenir les cotes dans sa tombe, il n’avait jamais vu plus fidèle zélateur !

  • The Stranglers – 2007/04/06 – Paris la Cigale

    The Stranglers – 2007/04/06 – Paris la Cigale

    Du bon, du très bon, de l’excellent Stranglers ce soir à la Cigale ! Et il ne reste que deux survivants de la formation d’origine !

    Après la prestation de BP ZOOM, le groupe rentre (à quatre musiciens seulement) sur scène. On fait le compte des absents : Paul Roberts qui a déserté pour un chemin en solo, Jet Black, remplacé par son roady de 25 ans, qui est à l’hôpital pour problèmes cardiaques et dont Burnel précisera malicieusement qu’il était baptisé The Hoover (l’aspirateur il y a quelques années…). Il reste donc Jean-Jacques Burnel et Dave Grenfield, à la basse et aux claviers, Baz Warne à la guitare qui a rejoint le groupe en 2000 et partage le chant avec Jean-Jacques.

    C’est du concentré de Stranglers, bien rugueux et tellement vigoureux. On y retrouve ce qu’on aime depuis les origines en 1975, une énergie sans faille, les tourments de la vie éructés dans des paroles coupantes et glaçantes, une basse folle et dominante qui marque le beat d’une vie comme le marteau-pilon frappe l’acier en fusion au cœur de la forge de nos âmes, une guitare cinglante et répétitive sur des nappes de claviers qui veulent adoucir la furie mais qui la rendent encore plus obsessionnelle. Baz chante, moins bien que Paul, mais avec la foi d’un vrai Stranglers, le roady frappe sa batterie avec l’application qu’il a mis à servir son Maître Jet tout au long des années de route. Et Burnel chante toujours avec cette voix embrumée et solitaire, comme revenue de tout, où la nostalgie pointe son nez à tout instant dans la violence contenue qu’elle exprime. Il parle, parfois, en français, notamment pour commenter le succès de leur dernier disque Suite XVI, des ventes jamais atteintes depuis 30 ans !

    Et pourtant les quelques morceaux récents joués ce soir paraissent dans la continuité parfaite du passé. Ils s’intègrent sans l’ombre d’un doute à cette œuvre envoûtante composée par les hommes en noir. Spectre Of Love ou l’amour sur le fil du rasoir : Salvation can be found in times like this/ I just need you and I’ve found mine. Relentless et son triste déroulé du temps qui passe en s’acharnant à nous détruire : The King sat on his throne wawed his hand at the sea/ Time made a fool of him and eveything he tried to be…/ Relentless time/ Relentless time.

    Ces nouveautés se sont coulées dans le moule des Stranglers et mariées avec bonheur aux classiques des Peaches, Nice ‘N’ Sleazy, Burning Up Time et autres Duchess ou Nuclear Device.

    Les Stranglers ont choisi ce soir de nous délivrer leur setlist idéale, l’incarnation de leur foi et de la permanence dans leur combat pour que la musique donne à chacun le moyen d’interpréter la vie telle qu’elle est, pas toujours parfaite, mais où l’émotion et les idées sont les clés de la survie.

    Et au final, une assemblée de jeunes seniors, reconnaissants et admiratifs, a scandé No More Heroes à la Cigale pour clôturer le show parfait des Stranglers, pilier de notre imaginaire musical.

    La set list : 5 Minutes/ Grip/ Spectre Of Love/ Nice ‘N’ Sleazy/ Death & Night & Blood/ Unbroken/ Peaches/ Always The Sun/ Golden Brown/ I Hate You/ Lost Control/ Summat Outnowt/ Walk On By / Relentless/ Burning Up Time/ All Day And All Of The Night/ Duchess/ London Lady/ Rappel 1 : Nuclear Device/ Dagenham Dave/ Rappel 2 : Hanging Around/ No More Heroes

    Lire aussi : The Film – 2005/12/01 – Paris la Maroquinerie
  • Keith dément la rumeur

    La rumeur court : Keith Richards aurait sniffé les cendres de son père ! Keith dément :

    The complete story is lost in the usual slanting! The truth of the matter is that I planted a sturdy English Oak. I took the lid off the box of ashes, and he is now growing oak trees and would love me for it!!! I was trying to say how tight Bert and I were. That tight!!! I wouldn’t take cocaine at this point in my life unless I wished to commit suicide.

  • La Côte d’Ivoire à la dérive

    Un rebelle ivoirien est nommé premier ministre à Abidjan. L’Afrique se retrouve dans le consensus qui lui est si cher. Il y a peu de chances que cela dure très longtemps, il faut d’urgence retirer les troupes françaises avant que l’orage ne reprenne le dessus.