Auteur/autrice : Rehve

  • Peyrelevade Jean, ‘Le capitalisme total’.

    Sortie : 2005, Chez : .

    Une excellente analyse du capitalisme moderne : efficacité économique et mondialisation financière mises au service de l’argent roi sans contre-pouvoir autre qu’une intelligentsia politique ou intellectuelle repliée sur la nation et ses illusions de puissance. Face à la « gouvernance » boursière et ses rêves d’enrichissement permanent l’auteur essaye de conclure sur une note optimiste en citant Raymond Aron et son respect des « valeurs politiques ». Il faut y croire…

  • En campagne

    Fabius et Jospin rejoignent l’équipe de campagne de Ségolène. Bon, mais ça fait quoi exactement une équipe de campagne ? Ça réserve les salles pour les meetings, ça récupère les 500 signatures préalables à la validation de la candidature, ça colle des affiches, ça trouve des réponses participatives aux questions idiotes des journalistes ? Jon veut bien, mais alors Fabius et Jospin qui ne sont pas particulièrement compétents dans ces domaines, que vont-ils dans cette galère ?

    Au moins avec ce ralliement à la bonne soupe socialiste, le PS offre une image un peu plus unie que l’UMP où Chirac et Galouzeau n’arrivent toujours pas à s’engager pour Sarkozy, sans parler su fait que ce grand dadais de Chirac n’a toujours pas annoncé qu’il renonçait à se représenter à l’élection !

  • « Sargent & Sorolla, peintres de la lumière » au Petit Palais

    Les peintres de la lumière, l’américain Singer Sargent et l’espagnol Joaquim Sorolla sont exposés au Petit Palis. Ils se sont croisés à Paris fin XIXe début XXe et ont partagé les mêmes visions de lumière qu’ils déclinent de façon éblouissante dans des portraits tout en clair obscurs et des paysages de plein air.

  • Nine Inch Nails – 2007/02/21 – Paris l’Olympia

    Avec Nine Inch Nails c’est un mythe du rock moderne qui s’installe à Paris pour deux soirées. Le public ne s’y est pas trompé qui a sur-réservé les deux shows depuis plusieurs semaines. L’unique membre permanent du groupe est son leader-créateur, Trent Reznor, un junkie-poète de 40 printemps, petite taille-grande énergie, homme d’excès-nature destructrice. Il fait les gros titres des rubriques intellos underground pour sa capacité à créer une musique dévastatrice, à détruire son environnement matériel et sa propre personne. Le label de Reznor s’appelle Nothing Records !

    Il est le parangon du rock industriel, une sorte de mixage urbain entre une électronique résolument glaciale et sophistiquée, avec un rock dur et hargneux. La violence qui en résulte est intergalactique et volcanique. Des éruptions solaires qui projettent loin et longtemps leurs scories incandescentes. Le décor est comme il se doit industriel, façon hangar de forge, crépusculaire. De larges lampes métalliques pendent au bout de longs fils, les lumières viennent du fond de la scène, des fumées diffusent tout au long du show faisant apparaître les musiciens en ombres chinoises. On croirait des ouvriers penchés sur le serpent rougeoyant expectoré d’un haut fourneau digne de Zola !

    Et l’enfer de la forge c’est la musique délivrée par ce gang américain, ce sont les paroles de ruine composées par Trent, c’est sa voix blanche hurlée dans le micro à en défaillir, c’est un rythme assommoir, des sons dissonants, des silhouettes démoniaques, menés un Reznor souvent en retrait laissant le devant de la scène à son guitariste, inquiétant et virtuose.

    Il n’y a pas de fil conducteur de cette musique si étrange mais tout de même une évidence, celle d’un monde post nucléaire qui survit dans la jungle urbaine dévastée. L’atmosphère est pesante, la performance est étourdissante mais son auteur reste touchant dans le développement de sa vision apocalyptique du monde. Il y va d’un univers de bande dessinée de science-fiction dans lequel tout est terrifiant mais avec un coté naïf, limite enfantin, qui adoucit les mœurs.

    A bien regarder sur les crédits du double album phare de Nine Inch Nails : « The Fragile », on trouve des remerciements à David Bowie et on découvre la présence d’Adrian Belew (ex guitariste chez Zappa et Bowie, désormais membre déjanté à part entière de King Crimson, instrumentiste de génie) aux guitares sur plusieurs morceaux. Evidemment, ces deux la ne pouvaient que traîner dans l’univers étrange et saturé de Reznor.

    Après deux heures de show, le groupe nous laisse pantois sur le parquet de l’Olympia, repu de rock, les oreilles bourdonnantes et le cœur avec les NIN qui ont su libérer un tel flot d’énergie et de violence un soir d’hiver à Paris. Il n’y a pas de rappel, les guitares ont été brisées sur les amplis pour le final.

    Setlist => Somewhat Damaged, Last, March Of The Pigs, Something I Can Never Have, Ruiner, Closer, Burn, Gave Up, Help Me I’m In Hell, Eraser, Wish, The Big Come Down, Survivalism, Only, Suck, The Day The World Went Away, Dead Souls [JOY DIVISION], Hurt, The Hand That Feeds, Head Like A Hole.

  • Inégalité constitutionnelle

    La constitution vient d’être changée pour entériner que tous les citoyens ne sont plus égaux devant la République. Ainsi en Nouvelle Calédonie, selon qu’un citoyen y sera arrivé avant ou après 1992, il aura ou pas le droit de voter pour les consultations sur le futur de ce territoire. C’était le seul moyen d’être sûr que le moment venu ce caillou à problèmes votera son indépendance sans espoir de retour. Comme quoi quand on veut se débarrasser calmement d’un confetti de l’empire, on sait faire, et qui plus est, constitutionnellement ! Il faudra faire preuve d’autant d’audace créative pour les DOM TOM restants.

  • Un moustachu chez Total

    Le de Marjerie, héritier de la famille Taitinger, qui prend le pouvoir chez Total est affublé d’une moustachette en balai de chi… qui le fait ressembler au facteur du Jour de Fête de Tati. Est-ce sérieux, va-t-il réussir à diriger un groupe pétrolier majeur avec une tête de clown ?

  • La presse en accusation

    Un très intéressant article dans Le Monde sur le discrédit des journalistes : ceux qui couchent avec les politiques, ceux qui soutiennent les mauvais chevaux, ceux qui posent les questions les plus stupides qui soient. Après le tonitruant « Taisez-vous Elkabbach » lancé par Georges Marchais il y a quelques années, les plumitifs sont redevenus la cible des hommes politiques qui flinguent la presse dans leurs meetings. Dans un grand élan de démocratie participative les télévisions remplacent les questions des journalistes par celles des téléspectateurs ! Et les journalistes se demandent à quoi donc peuvent-ils servir ?

    Beaucoup servent la soupe à des politiques qui se vautrent dans la bauge de la pipolisation avec délices : Chirac passe chez Drucker, Ardisson demande à Rocard si « sucer c’est tromper ? », etc. On se demande souvent pourquoi certains politiques ne quittent pas les plateaux quand les questions passent les bornes de la raison ou de la décence.

    Sans doute les électeurs porteraient plutôt un tel geste à leur crédit. En attendant, l’unique préoccupation de la presse au cours des six derniers mois de l’année 2006 était de savoir qui se présente et quand (jour et heure) les impétrants annonceront leur décision ; depuis 2007 les questions journalistiques tournent uniquement sur le déversement des résultats de sondages par candidat avec la réflexion puissante du genre : « ça monte pour x, ça descend pour y ». Du fond, il n’est jamais question. Le discrédit n’est peut-être pas totalement injustifié. Et c’est un journaliste qui l’écrit dans Le Monde.

  • Les Soudanais palabrent

    Les parties soudanaises signent un vague papier au sommet franco-africain de Cannes, s’engageant à ce que la guerre civile ne déborde pas trop sur le Tchad et la Centrafrique. Cet engagement ne vaut évidemment rien et suivra le sort de ses prédécesseurs, la guerre ancestrale entre les nomades arabes et les sédentaires noirs, anciens esclaves, reprendra de plus belle d’autant qu’elle est largement encouragée par le gouvernement en place à Khartoum. Le président El Béchir a d’ailleurs réaffirmé à Cannes son refus de recevoir des troupes internationales sur son territoire pour mettre fin au massacre. Le temps où le Soudan livrait Carlos à la France est bien terminé. Soutenu par la Chine qui pompe son pétrole, délaissé par l’Occident qui n’envisage pas de se colleter ce nouveau conflit, négligé par le reste de l’Afrique qui a autre chose à faire, le Soudan continue tranquillement sa guerre d’un autre âge.

  • Ils regardent leurs nombrils

    Jospin est occupé et n’arrive pas à se libérer pour participer au show programmatique de Ségolène. Chirac n’arrive pas à annoncer qu’il ne se présentera pas aux présidentielles et qu’il soutient Sarkozy. Gallouzeau idem. Comme cela semble dur de redescendre des sommets du pouvoir et passer la main aux plus jeunes !

  • Terrorisme au Moyen-Orient

    L’Irak cherche à battre le record du monde du terrorisme et devrait y arriver sans trop de difficultés ; aujourd’hui nous avons deux bombes qui explosent à ¼ d’heure d’intervalle juste au début et à la fin du ¼ d’heure de silence en ce jour anniversaire de l’attentat contre une mosquée chiite il y a deux ans. Résultat, 80 morts !

  • Total ridicule

    Le nouveau boss de Total, héritier de la famille Taitinger, affiche une ridicule moustache en balai de chiotte qui lui donne un air de facteur de province.

  • Chirac à courte vue

    Chirac affirme lors d’une interview que la bombe iranienne n’est pas dangereuse en soi… avant de se reprendre le lendemain. Evidemment cela fait mauvais effet surtout que le personnage est coutumier des revirements et retournements de veste. Mais dans la vraie vie, est-ce grave ? Bien sûr que non car mis à part François Hollande et son fils, tout le monde s’en fout ! Le Chichi est en train de faire ses valises pour aller s’installer au fin fond de la Corrèze dans trois mois. Son successeur qu’il soit de droite ou de gauche mettra un point d’honneur à tout lui mettre sur le dos (le droit d’inventaire) et à faire l’inverse de ce qu’il prônait. Alors le sortant Chirac peut affirmer toutes les inepties du monde ou prendre tous les engagements qui lui passent par la tête, les puissants de ce monde savent que cela n’a aucune importance. Laissons-le finir tranquillement son mandat et parler dans le vide en espérant tout de même qu’il ne va pas annoncer sa candidature pour la présidentielle. Là encore cela ne serait pas bien grave car il ne serait pas élu, mais ternirait encore un peu plus son image.

  • Fouteballe en Italie

    Scènes de guérilla urbaine, un mort, des blessés graves, des dizaines d’arrestations : Bagdad ? Non, simplement un match de fouteballe en Italie !

  • Isobel Campbel & Mark Lannegan

    Isobel & Mark en bande sonore de la semaine. Ces musiciens innovent et dérivent de leurs voies habituelles, se retrouvent pour fusionner sur une nouvelle ligne. Leur concert de mardi était un véritable joyau !

  • Conroy Pat, ‘Saison Noire’.

    Sortie : 2002, Chez : . L’année 1966/67 de Pat Conroy comme capitaine de l’équipe de basket de l’université militaire où il faisait ses études. C’est l’histoire d’une jeunesse américaine qui décline ses ambitions d’absolu dans les affrontement sportifs et la discipline militaire. Il y apprend la vie et ses désillusions. 30 ans plus tard, lors de l’écriture de cet ouvrage autobiographique, il retrouve la sororité de son ancienne université, quelques vies brisées par le Vietnam et beaucoup d’américains aux existences forgées à l’école du sport et de l’amitié virile. Comme toujours, il y règle encore quelques comptes avec son père. On se noie parfois un peu dans les comptes-rendus de matchs mais on y retrouve la lumineuse évidence de sa plume de grand écrivain « sudiste ».

  • Isobel Campbell & Mark Lanegan – 2007/01/30 – Paris le Trabendo

    Isobel Campbell & Mark Lanegan – 2007/01/30 – Paris le Trabendo

    Isobel Campbell et Mark Lanegan au Trabendo ce soir, l’attelage improbable de l’ex-chanteuse violoncelliste écossaise de Belle and Sebastian et d’un chanteur californien de Quenns of the Stone Age, qui développe une musique froide et mystérieuse comme une aurore boréale sur la nuit polaire.

    Mark a rencontré Isobel à Glasgow à l’occasion d’un concert des Quenns… Ces deux la partiront à Los Angeles mêler leurs humeurs maussades et aériennes pour sortir ce petit joyau de Ballad of the Broken Seas qu’ils nous jouent ce soir agrémenté de quelques nouveautés.

    Il a la voix éraillé d’un vieux bluesman usé par la route, la vie, le bourbon et les cigarettes. Elle a la grâce, blonde et éthérée, d’un ange descendu des Highlands, un pays où la vie est rude. Ils chantent un blues/folk/pop mélancolique et subtil, touchant et minimal. Elle susurre des mots à peine audibles sur la voix toute en basse de son partenaire. Elle est l’auteur de ces compositions qui évoquent les grands espaces et le vide ordinaire de nos vies, à l’image des photos du disque prises dans la chambre d’un motel au milieu de nulle part.

    Il ne se passe rien sur scène, juste deux musiciens qui discrètement nous délivrent leur bande sonore, innovent et dérivent de leurs chemins habituels, se retrouvent pour fusionner sur une nouvelle route. Et quand Isobel s’empare de son cello, c’est encore un peu plus de nostalgie entêtante qui descend sur nous : Against my will to these sad shores/ An unknown force has drawn me/ Bound unto a future shaped by ancestors before me/ Day on day I march the beat to someone else’s drum/ I have searched far foreign lands there’s nowhere left to run…

    Un petit rappel et s’en vont silencieusement, nous laissant dans nos rêves inachevés du miracle d’une rencontre musicale et exigeante partagée avec nous le temps d’une soirée parisienne. Simplement de la musique et de l’émotion, du talent et pas de prétention.

  • Ségolène Royal sous les feux de la rampe

    Après sa sortie sur la souveraineté du Québec Ségolène se fait piéger par l’imitateur Gérald Dahan qui arrive à lui parler au téléphone en se faisant passer pour le premier ministre canadien qui lui demande « Que penseriez-vous si je prônais l’indépendance de la Corse ? » et Ségo de répondre en plaisantant « bien des français seraient d’accord ! ». Là encore toute vérité n’est pas bonne à dire si l’on veut rester politiquement correct. Comme pour celle de l’Algérie en son temps, l’indépendance de la Corse et des DOM-TOM doit être un objectif prioritaire de la République mais il faut savoir traiter le sujet avec subtilité et un sens aigu de la manipulation pour arriver au résultat recherché.

    Bien entendu les flingueurs de la droite ont tiré à boulets rouges sur cette sortie. Normal, ils sont dans leur rôle de vendeurs de soupe, surtout ne pas aborder le sujet sur le fond mais communiquer sur la forme. Le plus drôle dans l’histoire est que Dahan ait pu parler à Ségolène ! Il avait déjà parlé un jour à Chichi en se faisant passer pour le même ministre canadien et lui avait proposé de nommer Céline Dion comme ambassadeur à Paris. On se demande ce que font leurs cabinets et comment ils peuvent ne pas vérifier la provenance de tels appels téléphoniques ? Sans doute leurs tâches de marketing les détournent-elles trop de leur vrai job…

  • Campagne à la dérive

    Les élections présidentielles approchent et le niveau des débats régresse. C’est la règle du genre. Le flingage à vue est érigé en stratégie, sans différence fondamentale avec les précédents évènements du genre. Ségolène, à peine habillée le matin, est la cible du tir aux pigeons. Le Pen en fait ses choux gras. Le risque de le voir revenir en trublion du second tour n’est pas exclure. Il va falloir voter utile au premier pour éviter un nouveau désastre.

  • Archive – 2007/01/20 – Paris le Zénith

    Après être apparu dans un secret show acoustique pour MySpace.com le 11 janvier à l’aquarium du Trocadéro Archive a donné ce soir au Zénith une éblouissante démonstration, électrique cette fois-ci, de son talent et de sa capacité à faire couler de l’émotion pure dans les veines des 6 000 spectateurs du concert parisien, complet depuis plusieurs semaines. Le groupe a joué jusqu’à n’en plus pouvoir et trois rappels n’ont pas suffi à apaiser un public français bouleversé par la performance.

    Lights ouvre le show, morceau éponyme de leur dernier disque, 20 minutes de montée en tension où l’ambiance froide des claviers du départ est progressivement complétée par l’entrée en scène des musiciens et instruments sur fond de vidéo montrant une lampe de bistrot qui se balance lentement au bout de son fil. L’électronique et les machines s’unissent pour atteindre à leur apogée un déchaînement électro-rock de rythmes et de volume portés par l’incroyable voix de Pollard Berrier qui énonce tous les motifs de souffrance sur la planète terre : It hurts to feel/ It hurts to hear/ It hurts to face it…. Outre Pollard, le collectif de chanteurs à géométrie variable est composé de Dave Pen et Maria Q, trio parfait qui rentre dans le moule Archive comme s’il y était né. Ils se succèdent sur scène ou aux guitares suivant le sombre sillon profondément tracé par le duo créateur, Darius Keller et Danny Griffiths.

    Toute la bande est de noir vêtu, tel un groupe de clergymen délivrant le catéchisme sonique de notre siècle décadent. Collé à ses machines, Darius fait des pompes sur ses claviers comme un sage juif devant le mur des lamentations !  Danny coiffé d’une casquette de base-ball beaufesque appui sur des boutons et lance des machines. Steve Harris, le seul instrumentiste véritablement virtuose de l’équipe avec le batteur, guitariste good looking guy, portrait craché de Zidane, danse sur scène aux rythmes syncopés qu’il impose à ses cordes. Dave perdu sous une tignasse rebelle se lance à corps perdu dans des vocalises puissantes et insuffle la gégène à sa guitare noire. Et puis il y a Maria, et la, tout s’arrête ! Pour ceux qui ignorent ce que peut être l’émotion pure de la musique, il leur suffit sans doute d’écouter Maria chanter I will Fade pour être convertis. Sa voix éthérée s’envole dans l’espace silencieux d’un Zénith qui a religieusement déposé les armes aux pieds d’un ange pour fuir avec lui dans le réconfort d’une nostalgie entêtante : And you never see me walking towards you/ I you did I would surely fade/ And you never see me trying to hold you/ I you did I would surely fade away.

    Les morceaux se succèdent sans intermède ni respiration. 2 heures 30 d’une ambiance musicale aux harmonies en mode mineur dont les pics de violence hypnotique ne font pas oublier la douleur d’une vision désenchantée de la vie. On ne parle ici de quêtes sans espoir, d’échecs sans rémission, d’amours carbonisés. Le coté trip-hop répétitif de la construction musicale achève de nous persuader que l’espoir n’est pas pour demain. Archive nous délivre tout ceci en un cocktail nostalgique, qui mêle Massive Attack et les Pink Floyd, dans une humeur définitivement européenne. Darius et Dany, quinquagénaires désabusés infiltrent leurs accords synthétiques au milieu des boîtes à rythmes et des boucles de bass, réinventent des sons évidents qui portent, enrobent, insufflent les voix sublimes de notre trio de chanteurs au service de leurs guides.

    Le Zénith vibre lorsque démarrent les arpèges d’Again chanté par Dave qui apparaît transcendé par cette mélodie sans fin qui s’enroule autour de lui. L’harmonica déchirant souligne la question lancinante : If I was to walk away from you/ Could I laught again… L’audience ondule lorsque le même entame Fuck U et règle ses comptes avec l’objet de ses tourments : There’s a space kept in hell with your name on the seat/ So fuck you anymay. Dans la peine comme la vengeance, Dave est convaincant et cette musique infiniment belle. You make me feel nous ramène à 1999. Roads nous est offert en deuxième rappel, une reprise de Portishead à la mélancolique et si proche inspiration ; suivi d’un terrifiant Numb pour clôturer le show. Mais le Zénith ne veut pas se vider alors Archive, en formation réduite, entoure Pollard qui interprète A taste of blood à l’émotion si subtile qui ne pouvait mieux terminer cette soirée troublante.

    Setlist : Lights, Noise, Bridge scene, Veins, I will fade, Headspace, You make me feel, Fuck U, Black, Sane, Sit back down, Again, Pulse rappel 1 : Fold, Programmed, System, rappel 2 : Roads (portishead), Numb, rappel 3 (!): Taste of blood.

  • A Dubaï

    Arrivée à Dubaï dans un avion plein de touristes. La ville se développe toujours plus avec une « sky line » de buildings très élégants, dont la future « plus haute tour du monde ». Pour une fois qu’un pays arabe réussi son développement économique, c’est plutôt bien. Tout est basé sur les services, beaucoup de sociétés viennent établir leur base moyen-orientale à Dubaï pour profiter du régime libéral et de la parfaite qualité et modernité des infrastructures.

    Dubaï est une destination très « tendance », les rues de la ville sont parcourues de voitures de grand luxe et d’occidentaux fringués mode. C’est New York au milieu des sables ! Mais toujours aussi peu d’âme dans cette cité riche et superficielle.