Catégorie : Royaume-Uni

  • Un sursaut de décence ?

    Cette fois-ci c’est le pédégé d’Aviva, une grosse compagnie d’assurance britannique qui voit son salaire remis en cause dans une assemblée générale d’actionnaires, il gagnait un petit million de GBP et avait déjà courageusement renoncé à une augmentation de 4,8%. Il a immédiatement démissionné. C’est bien, la gouvernance progresse. Tout n’est peut-être pas encore complètement perdu dans le monde des fat cats !

  • Une presse de caniveau nauséabond

    La presse britannique montre ses dessous : des journaux de caniveau à fort tirage appartenant au magnat australo-américain Murdoch se font prendre la main dans le sac après avoir pratiqué des écoutes illégales pour inspirer leurs gros titres, dont notamment des messageries vocales de familles de soldats tués en Afghanistan, histoire de bien faire pleurer dans les chaumières.

    La police serait impliquée pour avoir facilité l’accès à ces données. La politique n’est pas en reste où l’actuel premier ministre avait recruté comme directeur de la communication un ancien rédacteur en chef de News Of The World, journal atteignant des sommets de cynisme, de vulgarité, de tape-à-l’œil et de bassesse. C’est un peu comme si Matignon recrutait le rédacteur en chef de Détective.

    Et l’on découvre que le pouvoir à Londres couchait avec cette presse qui porte si mal son nom. Tout ce petit monde s’auto-congratulait, se recevait, se soutenait, coté travailliste comme conservateur d’ailleurs.

    Le Royaume-Uni est en émoi, New Of The World a mis fin à sa parution, Murdoch qui détient 40% de la presse britannique présente ses excuses et licencie quelques lampistes. Il n’est pas bien sûr que ce scandale amène le monde journalistique à une autocritique. Il risque de continuer à se draper derrière son sacro-saint devoir d’informer pour justifier ses errements.

  • Vive la Reine

    Mariage royal à Londres : William a épousé sa gourdasse et la Queen affiché sa tenue jaune canari. Quel peuple grandiose capable d’acclamer une reine vêtue d’un tel couvre-chef ! Après ça, rien ne pourra les arrêter.

  • Il vaut mieux éviter d’être soupçonné de trafic de drogue à l’étranger

    C’est a priori moins fun d’être emprisonné pour trafic de drogue en Chine qu’en République Dominicaine. Un ressortissant britannique doit être exécuté demain alors que les deux gamines de Saint-Domingue seront dans l’avion du retour vers Paris.

  • Majestueux

    Qu’y a-t-il de formidablement innovant, absurdement novateur, au cœur de notre monde moderne ?

    Les chapeliers de la Couronne britannique !

    Depuis des décennies ils coiffent les souveraines des plus improbables couvre-chefs, aux couleurs indescriptibles, bardés d’accessoires inqualifiables, sans jamais remettre en cause la noblesse de celles qui les portent, ni atteindre le moins du monde leur royal maintien.

  • « Renoir Landscapes » à la National Gallery de Londres

    Un enchantement de lumière, un foisonnement couleurs inspirés des paysages de Seine autour de Paris, de Normandie, du sud de la France, de Venise ou d’Alger. Les vues marines de la Méditerranée débordent de bleus, de nuances subtiles dans lesquelles on se perd en rêveries infinies. Les musées britanniques sont superbement entretenus, les audio guides merveilleusement documentés. Ah, la culture de notre vieille Europe déclinée sur les bords de la Tamise, quel bonheur !

  • « Gilbert & Georges » à la Tate Modern de Londres

    On découvre le monde étrange de ces deux zigotos, fait de gémellité et de symétrie, d’homosexualité, d’auto-contemplation et de dérision. D’immenses compositions murales faites de photographies, de dessins et d’humour ; l’atmosphère est aussi glacée que le papier photo utilisé. Tout paraît symétrique mais ce n’est qu’asymétries de couleurs, de personnages et d’horizons. Très intéressant et original.

    On quitte la galerie en passant par une salle Rothko toute en teintes ocres et obscures.

  • Honneur et hommage !

    L’Union Jack est en berne. La Reine Mère « consort » Elisabeth est morte ce matin dans sa 102e année.

    Hommage, hommage à la Grand Mère du Royaume qui a traversé ce dernier siècle vêtue d’incroyables tailleurs pastels à faire frémir le commun des roturiers. Envers et contre tous elle a défendu l’image d’une monarchie noble et inutile, raide et froide, que le rose de ses chapeaux ne parvenait pas à adoucir. Un Windsor ne se plaint pas, n’extériorise pas ses émotions et ne fuit pas devant l’adversité. Il gouverne. Edouard VIII a flanché, renonçant à la Couronne pour les futilités de l’Amour. Depuis, les algarades de leurs rejetons ont fini d’affaisser cette royale rigidité dans laquelle se forgent les destins. Queen Mom était la dernière des Windsor à en être inspirée.

    Honneur, honneur à la résistante, debout sur les ruines de Buckingham Palace bombardé par les Stukas de la barbarie, soutenant l’incroyable dureté du peuple londonien dans le blitz, acclamée lors de la victoire en compagnie de Churchill que le peuple méprisant va pousser vers la sortie.

    Adieu, Votre Majesté, Adieu. Sans vous le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord poursuivra son naufrage dans la mondialisation. Les frasques de vos petits-enfants continuent de faire les choux gras de la presse populaire, les travaillistes sont au pouvoir, l’Angleterre se fait battre par le XV de France, Mugabe injurie la Couronne depuis l’ex Stanley ville et l’Euro va bientôt chasser la Livre. L’Empire était à genoux. Ce soir l’Union Jack a amené la fin de votre monde.

    Retour vers les cendres. Et Dieu ne vous a pas sauvé !