Catégorie : France

  • Un ex-président de la République française en prison

    Un ex-président de la République française en prison

    L’ancien président de la République Sarkozy a été emprisonné après sa condamnation par le tribunal correctionnel à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs ». Un appel est en cours et le condamné est donc de nouveau considéré comme innocent jusqu’au prononcé du jugement d’appel mais pour des subtilités juridiques un peu abscondes il a quand même été embastillé à la prison de la Santé dans le quartier réservé aux personnes protégées. Les spécialistes pensent qu’il devrait être libéré prochainement par suite du dépôt par ses avocats le jour de son incarcération d’une demande de libération en attendant le procès en appel.

    L’affaire en question concerne les relations troubles que son clan a entretenues avec le régime libyen du dictateur Kadhafi et les soupçons de financements illicites, venant de Libye, de la campagne présidentielle de 2007 à l’issue de laquelle M. Sarkozy a été élu. D’autres personnes impliquées ont été condamnées dont un ancien secrétaire général de l’Elysée (Claude Guéant) et un ancien ministre (Brice Hortefeux) à des peines de prison, plus quelques autres comparses comme Alexandre Djouhri, affairiste sulfureux, ou Ziad Takieddine, intermédiaire douteux en armement et filouteries franco-arabes diverses, tous deux « amis » de nombre d’hommes politiques français et habitués des dorures des palais de la République. Ils sont titulaires de la double nationalité, franco-algérienne pour le premier, franco-libanaise pour son comparse. Le second est décédé au Liban où il avait fui sous le coup d’un mandat d’arrêt international, quelques jours avant le prononcé du jugement, le premier a été incarcéré le jour du jugement.

    M. Sarkozy a par ailleurs été blanchi des accusations de « recel de détournement de fonds publics libyens » et de « corruption passive et financement illégal de campagne électorale ». Le tribunal a estimé que malgré les soupçons les preuves formelles qui devaient étayer ces accusations n’avaient pas été formellement réunies.

    Il n’en reste pas moins que ces dix années de procès ont démontré l’incroyable imbroglio politico-financier mené par des élus et dirigeants français, avant et après l’élection présidentielle, avec l’un des plus féroces et abjectes dictateurs que la planète ait portés, M. Kadhafi, dont les services ont été, notamment, les donneurs d’ordre de l’attentat du DC-10 d’UTA qui a explosé au-dessus du Sahara tuant 170 passagers et membres d’équipage dont 142 Français, y compris les double-nationaux. Les déclarations des différents accusés ont toutes confirmé et détaillé l’ampleur de ces relations malsaines. Comme ils l’ont eux-mêmes reconnu lors du procès, MM. Hortefeux et Guéant ont, notamment, rencontré à plusieurs reprises en Libye, Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur, chef du Service de renseignements militaires et, surtout, condamné par contumace à la prison à perpétuité par la justice française pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA.

    Les deux impétrants ont expliqué au cours de leur procès qu’ils n’étaient pas informés par les organisateurs libyens de leurs voyages leur feraient rencontrer M. Senoussi et qu’ils n’avaient pas quitté la réunion séance tenante par peur de provoquer un « l’incident diplomatique ». Leurs déplacements en Libye étaient d’ailleurs officieux et non coordonnés avec l’ambassade de France locale. Quelques mois après l’installation de M. Sarkozy à l’Elysée, son homologue libyen était reçu en grande pompe à Paris. On se souvient des images ubuesques de la tente que le dirigeant libyen avait fait installer dans le jardin de l’hôtel Marigny, résidence officielle des invités d’Etat. Le doute subsiste pour savoir si cette invitation grotesque était une récompense offerte au dirigeant libyen pour service rendu. La France a même envisagé à l’époque de vendre à Tripoli des centrales nucléaires et des avions de combat Rafale. Heureusement ces engagements sont restés lettre morte et quelques années plus tard une coalition internationale menée par la France et le Royaume Uni mettait fin aux méfaits du dictateur, plongeant au passage le pays dans un chaos dont il n’est toujours pas sorti.

    Il est désormais acté (et reconnu par eux) que les membres de l’équipe du candidat Sarkozy ont approché et négocié avec des tyrans en Libye, dont un condamné à perpétuité par la justice française. Une fois au pouvoir, le clan a déployé le tapis rouge de la République pour recevoir un clown sinistre avant de lui envoyer son armée ce qui a facilité son élimination physique par son opposition. L’aventure politique s’est terminée en 2011 par la mort de M. Kadhafi, l’aventure judiciaire se poursuit encore pour M. Sarkozy avec son passage en prison. Ses comparses ont été condamnés et certains sont aussi en prison. La responsabilité de l’ex-président français est engagée, il était le chef de ces pieds-nickelés et le tribunal a estimé que tout ce micmac d’aventuriers de rencontre n’avait pas pu être mené sans qu’il en soit informé. Il clame son innocence et refuse d’assumer ses responsabilités de chef. Un nouveau procès va se dérouler dans quelques mois et la Cour d’appel jugera de nouveau.

    La morale de cette histoire est que lorsqu’on est un dirigeant responsable il ne faut pas transiger aussi ouvertement avec les principes de la démocratie : on ne copine pas avec des dictateurs. « Dictateur un jour, dictateur toujours », ces personnages reviennent toujours à leurs mauvaises habitudes. On peut laisser le secteur économique faire des affaires avec ce genre de pays, pourquoi pas, mais recevoir les dictateurs avec tous les fastes de l’Etat ne mène qu’à des désillusions. Négocier avec eux conduit à la perversion. M. Sarkozy l’a fait plus tard avec le président syrien El-Assad. Le président Macron a continué cette méthode avec son homologue russe Poutine. Les résultats n’ont guère été brillants. Plus récemment M. Macron a reçu le successeur syrien du président Assad, M. Ahmed al-Charaa, accueilli dans la cour de l’Elysée avec tapis rouge et gardes républicains malgré son passé de terroriste qui l’a vu frayer avec les mouvements religieux qui ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang ces dernières années. Il est à craindre que l’issue ne soit guère différente.

    Ces pratiques géopolitiques sont peut-être guidées par de « bons sentiments ». Elles ne sont pas raisonnables, certainement inefficaces, car il n’y a pas de rédemption possible pour ces dictateurs. M. Sarkozy doit actuellement méditer ce qui devrait être un précepte de la politique internationale.

  • L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu

    L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu

    Un nouveau gouvernement français, dirigé par le premier ministre Sébastien Lecornu est tombé. Cette fois-ci il n’y a pas eu besoin de le pousser très fort. Le lendemain de son officialisation le parti Les Républicains a fait part de ses états d’âme sur la composition du gouvernement auquel lui-même participait. Devant cette perspective de coups de Jarnac annoncés par son « allié » le premier ministre a préféré jeter l’éponge et remis lui-même sa démission au président de la République sans qu’il y ait eu de motion de censure pour l’y contraindre.

    Il vient d’être reconduit comme premier ministre « de mission » pour faire adopter un budget par un nouveau gouvernement à désigner ce week-end. En vue de trouver non pas une majorité à l’assemblée nationale mais faire en sorte que le projet de budget puisse être discuté et amendé au parlement, le sujet central de la réforme des retraites de 2023 revient sur la table. Depuis son adoption la gauche politique et syndicale réclame sa suspension pour les plus coopératifs, son abrogation pour les autres.

    Mais voilà que le pouvoir actuel se demande comment faire voter son projet de budget 2026 dans une telle pétaudière politique sans que le gouvernement ne soit renversé par les forbans élus démocratiquement qui occupent les bancs de l’assemblée. Alors l’idée de « suspendre » cette réforme des retraites, qui est restée une obsession pour les partis de gauche et d’extrême droite, chacun agitant populisme et démagogie auprès de leurs électeurs, apparaît comme la seule bouée de sauvetage possible pour éviter que le Parti socialiste (PS) ne s’associe à une énième motion de censure.

    Les gens raisonnables sont inquiets par une telle hypothèse qui risque de se transformer en abrogation et qui, quel que soit le cas de figure, se traduira par des coûts non prévus. Il est inutile de revenir sur les arguments des uns et des autres qui sont bien connus, mais il est des situations où il faut trancher : la réforme des retraites et ses effets favorables à moyen terme vs. la survie d’un gouvernement pour les semaines à venir.

    De toutes façons la réforme de 2023, à peine adoptée, s’est avérée insuffisante pour supprimer les déficits futurs et il aurait fallu de toutes façons remettre une réforme à l’étude dans les années à venir. La suspendre aujourd’hui gèlerait à 62 ans et 9 mois l’âge légal de la retraite et la montée progressive vers les 64 ans serait reprise plus tard, à l’occasion de l’élection présidentielle de 2027 table-t-on. De même, la croissance du nombre minimum de trimestres de cotisation pour pouvoir faire valoir ses droits à la retraite serait aussi bloquée à 170 trimestres, même si issue de la réforme dîtes « Touraine » du nom de la ministre socialiste qui l’a portée en 2020. En agissant ainsi on ne fera que rapprocher l’échéance à laquelle il faudra y revenir pour reprendre ces progressions (âge légal et nombre de trimestres de cotisation) et sans doute la poursuivre au-delà de 64 ans.

    C’est, hélas, le prix qu’il faudra sans doute payer pour ne pas voir un troisième gouvernement tomber en quelques mois. Ce qu’on ignore à ce stade c’est si les aspects bénéficiant aux retraités seront également suspendus ? Alors on va sans doute encore retarder le moment de faire des économies, c’est une vieille habitude de la France qui ne respecte que rarement ses engagements financiers, elle n’y arrive tout simplement pas. Cependant elle réussit généralement très bien à exécuter ses budgets de dépenses, voire à les dépasser. Tant que le pays trouvera des prêteurs pour financer ses déficits cela risque de continuer ainsi car seule la contrainte semble en mesure de ramener le pays sur la voie d’une gestion plus raisonnable de ses finances publiques. Si cette suspension est prononcée elle aura aussi pour conséquence de faire du financement du système des retraites le point central des prochaines élections présidentielles. Ce n’est pas une bonne nouvelle.

    Pendant ce temps, rassurons-nous, à peine clôturé le bilan des dépenses publiques payées par le contribuable pour l’organisation des jeux olympiques d’été Paris 2024, la gabegie est relancée avec la préparation des jeux olympiques… Alpes Françaises 2030 !

    Grandeur et décadence de la démocratie !

  • Une belle jeunesse

    Une belle jeunesse

    Dans les dîners familiaux on écoute avec tendresse une jeunesse éprise d’absolu et d’égalitarisme prôner de « taxer Bernard Arnault » pour lutter contre les inégalités qui la choquent, tout en tentant de fuir le monde du travail pour réaliser une vie plus idéalisée. C’est l’éternel grand clash entre liberté et égalité affiché aux frontons de nos mairies et dans la pensée de Tocqueville. C’est beau comme l’antique !

    Qu’importe que ces fortunes ne soient pas, pour la majorité d’entre elles, tombées du ciel, mais aient été constituées par l’investissement et le travail, elles sont jugées illégitimes du fait de leur ampleur. Cette jeunesse pourrait avoir comme objectif de se lancer, prendre des risques et avoir des idées pour créer des affaires aussi florissantes que celles des milliardaires qu’elle honnit, mais nous sommes en France, alors, avec des ambitions différentes elle opte pour leur faire payer leur réussite, assorti d’un « on ne va pas les plaindre ».

    C’est sans doute ce qui différencie les mentalités anglo-saxonnes de celles des pays latins. Les « milliardaires » n’inspirent pas le désir de faire mieux, ils génèrent la rancune de ceux qui préfèrent les voir chuter à défaut de les imiter. On place son admiration où l’on veut.

    Il reste en France quelques jeunes entrepreneurs qui prennent des risques, et même certains qui réussissent car il y a peu d’élus, mais c’est ainsi que progresse un pays dans le monde libéral. Le reste de cette jeunesse idéalisée, entre deux congés sabbatiques, va se faire employer par ces entrepreneurs dont ils souhaitent ardemment écrêter les fortunes au nom de la « pureté » de leur conception de l’égalité.

    Quoi qu’il en soit, ces nouvelles générations vont bientôt prendre le pouvoir et sortir les « vieux » libéraux de leur prépotence. Elles auront tout loisir de « taxer Bernard Arnault » si telle est leur volonté démocratiquement partagée. En attendant il va quand même bien falloir composer avec une frange du pays qui ne semble pas encore totalement d’accord pour rogner la liberté au profit de l’égalité.

  • Taxe sur taxes

    Taxe sur taxes

    Au Café du Commerce et dans les dîners en ville les convives progressistes braillent à n’en plus finir qu’il faut « taxer Bernard Arnault » pour rétablir l’équilibre des finances publiques françaises tout en pensant, beaucoup moins bruyamment, « cela évitera une augmentation de mes propres impôts ». Et quand on rappelle les principes qui ont guidé l’administration fiscale à moins taxer les revenus financiers, dits « du capital », que les revenus des personnes physiques on se heurte soit à l’incompréhension du mécanisme (les citoyens français sont peu formés à l’économie) soit à encore plus de révolte, la fortune des plus riches en France déclenchant immédiatement une espèce de réflexe pavlovien révolutionnaire pour mener les plus fortunés à l’échafaud fiscal.

    La réalité est que ces fameux dividendes sont un revenu du capital qui a déjà subi l’impôt au niveau de la société, personne morale, qui les verse. Les taxer de façon additionnelle au niveau de l’actionnaire qui les reçoit revient donc à imposer deux fois le même euro, contre une fois seulement lorsqu’il s’agit d’un euro de salaire versé à une personne physique.

    C’est pour éviter cette double taxation que le système fiscal français a mis en place différents mécanismes pour atténuer l’effet de cette double imposition : avoir fiscal, abattement, flat tax, etc. l’objectif étant de rendre l’investissement en France attractif. Ces mesures ont été régulièrement votées et adaptées par les élus du peuple dans les lois de finance de la République. Si on veut les changer il suffit d’en voter d’autres dans les mêmes enceintes et de gérer les éventuelles conséquences qui en résulteront car augmenter l’imposition des revenus du capital diminuera d’autant le rendement de celui-ci. C’est d’ailleurs l’objectif actuellement affiché par l’ensemble de la gauche, qu’elle soit propalestinienne ou pas. La droite, cependant, s’y oppose afin de ne pas obérer l’attractivité de la France pour les investisseurs. Les jours à venir diront qui va l’emporter.

    Et pendant que les idéologues s’affrontent sur la fiscalité on parle beaucoup moins de l’incontournable baisse de la dépense publique qui est pourtant vitale pour arrêter la chute du pays vers l’abime. La préparation des jeux olympiques Alpes françaises 2030 bat son plein avec son cortège de dépenses somptuaires, certainement pas prioritaires, que très peu d’économistes ni d’élus, encore moins de citoyens contribuables, ne remettent en cause.

  • L’obsession syndicale et politique de l’âge de la retraite en France

    L’obsession syndicale et politique de l’âge de la retraite en France

    Avec constance et détermination les syndicats et partis « progressistes », appuyés par le Rassemblement National (RN, droite) continuent à essayer de faire abroger ou suspendre la réforme des retraites adoptée en 2023 consistant, notamment, à faire passer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Si tout le monde admet désormais que le système est déficitaire, c’est-à-dire que les cotisations versées sont inférieures aux prestations servies, et le resteront encore pour des années, les parties prenantes avancent des solutions différenciées pour financer le déficit, les uns veulent « taxer Bernard Arnault », les autres souhaitent redéployer sur les retraites françaises les aides dont bénéficient les immigrés.

    Plus le gouvernement est faible et plus les élus reviennent sur ce mantra en en faisant l’alpha et l’oméga de leurs programmes affichant des résultats de sondages dans lesquels on demande à Mme. Michu si elle est d’accord pour travailler plus longtemps, comme si le résultat faisait mystère… Les partis abolitionnistes avancent également les arguments misérabilistes habituels, indexant les travailleurs de force qui se sont épuisés à travailler dans des usines (tout au moins dans celles qui existent encore) ou les centres logistiques d’Amazon et consort, passant sous silence ceux qui ont œuvré dans des bureaux ou dans des jobs physiquement peu fatigants. Si la France est bien en voie de « désindustrialisation » comme tout le monde s’en plaint c’est bien qu’il doit y avoir moins d’emplois industriels et plus d’emplois dans les services, a priori moins usants pour les organismes et donc susceptibles d’être tenus plus longtemps ?

    Au-delà de ces combats partisans et un peu répétitifs, cette lubie française est symptomatique du rejet du travail par une Nation qui se rabougrit. Dans le monde d’aujourd’hui on ne connaît guère d’autres solutions pour enrichir les individus, les ménages, les entreprises, les nations… que le travail. Cette notion tend à disparaître progressivement de la conscience nationale au fur et à mesure que le sens de l’intérêt général se dissout au profit des intérêts particuliers. Alors de plus en plus de jeunes, du moins ceux qui sont dans l’emploi, prennent des années sabbatiques ou choisissent leur employeur non plus seulement sur le salaire offert ou d’un profil de carrière, mais aussi et surtout en fonction des possibilités de télétravail, des régimes de congés, des heures de présence demandées, des exigences en matière de tenue de travail, etc. De plus en plus les uns se plaignent de « burn-out », les autres de « souffrance au travail ». Devant ces évolutions les employeurs sont bien obligés de s’adapter, surtout ceux dans les secteurs demandeurs de profils plus rares sur le marché, et d’offrir à leurs candidats des conditions susceptibles de les séduire mais jouant généralement contre l’amélioration de la productivité.

    La France tout entière tournée vers sa conception de l’égalitarisme veut baser son système de retraite sur la situation des « plus précaires » plutôt que de le formater sur le cas moyen avec des correctifs pour prendre en compte les écarts par rapport à cette moyenne, c’est-à-dire pour ceux qui sont au-dessous de ce cas moyen mais aussi pour ceux qui se trouvent au-dessus. Une majorité des partis représentés à l’assemblée nationale, de La France Insoumise (LFI) au RN veut rabaisser l’âge légal de la retraite à 62 voire 60 ans. Comme ils ne s’entendent pas sur le reste de leurs programmes respectifs ils n’arrivent pas pour le moment à se liguer pour obtenir satisfaction sur ce point. Les centristes qui ont porté le projet de l’âge légal à 64 ans se sentent bien seuls, d’autant plus que leur « allié » Les Républicains a été plutôt changeant sur le sujet et n’est pas pour rien dans la chute du gouvernement Bayrou, justement sur cette question de la retraite.

    C’est ainsi que le pays continue son cheminement vers son rabougrissement déjà bien entamé.  

  • Changement de taulier à Matignon

    Changement de taulier à Matignon

    Un nouveau premier ministre en remplace un autre à l’hôtel de Matignon, conséquence de la révocation du gouvernement prononcée hier par un parlement félon.

    Bonne nouvelle : le nouveau venu ressemble fortement à l’auteur Antoine de Saint-Exupéry.

    Peut-être sera-t-il aussi inspiré que le légendaire écrivain-pilote.

    Deuxième fait singulier, et un peu mystérieux, il ne cède pas à cette mode plutôt horripilante apparue depuis plusieurs années des embrassades entre hommes. A la place il pratique un toucher de fronts. On l’a vu ainsi à l’issue de la passation de service avec son prédécesseur remonter la file des ministres « démissionnaires », soit en serrant les mains, soit, pour les ministres dont il est manifestement plus proche, en embrassant les femmes et, pour les hommes, en les touchant du front à droite et à gauche. Le garçon parait discret et sur la réserve. Il n’ira sans doute pas sur les plateaux télévisés de Cyril Hanouna. Encore une qualité.

    Espérons maintenant qu’il saura aussi compter car il va en avoir besoin, surtout des soustractions.

  • Des élus irresponsables font de nouveau tomber le gouvernement français

    Des élus irresponsables font de nouveau tomber le gouvernement français

    Pour la deuxième fois en moins de douze mois les parlementaires font tomber le gouvernement de la France en refusant d’accorder leur confiance au premier ministre qu’il leur avait demandée sur la base de son projet de budget 2026. Par incapacité à compromettre, par refus d’abdiquer même d’une parcelle de leurs convictions, des élus et le gouvernement ont abouti à cette impasse catastrophique.

    A l’issue de ce désastre entériné à l’assemblée nationale ce soir, le gouvernement en place va expédier les affaires courantes en attendant son remplacement, les partis vont continuer à s’invectiver, les citoyens à manifester leur « colère » et… les déficits à s’accroître. Le pays va de nouveau être à l’arrêt durant plusieurs mois, des ministres vont en remplacer d’autres, des cabinets vont devoir être constitués… rien ne va se passer durant les mois à venir sinon l’agitation politicienne vaine qui est la marque du pays et de ses citoyens depuis plusieurs années maintenant.

    Si on veut sanctionner les partis ayant promu le chaos plutôt que l’intelligence il suffit de ne plus voter pour eux. A priori tous les partis de gauche, des socialistes à la gauche propalestinienne, ont appelé leurs élus à voter contre la confiance, de même que la frange dure de la droite. Seul le centre a voté pour cette confiance et la droite Les Républicains (LR) a laissé la liberté de vote à ses membres dont à peu près la moitié (une bonne vingtaine) a voté contre ou s’est abstenue.

    Mais pour ceux qui sont en faveur des partis s’étant ligués pour faire tomber le gouvernement une deuxième fois en moins d’un an, et ainsi accélérer la route vers la décadence du pays, ils pourront confirmer leur choix lors de prochaines élections municipales les 15 et 22 mars 2026, échéance qui va venir rapidement.

    La vertu principale de la démocratie est de donner aux électeurs les dirigeants qu’ils choisissent, voire qu’ils méritent.

  • Personne ne veut assumer la responsabilité de la dette publique française, tout le monde en a profité !

    Personne ne veut assumer la responsabilité de la dette publique française, tout le monde en a profité !

    La République française est significativement plus endettée que ses partenaires de l’Union européenne. C’est un fait que plus grand monde ne conteste aujourd’hui. En revanche tout le monde s’écharpe pour attribuer la responsabilité de cette situation à ses voisins. La dette d’un Etat n’est en principe jamais remboursée mais on en paye des intérêts (la charge de la dette) qui sont proportionnels à son montant. La dette est « roulée » (anglicisme de « roll over ») c’est à dire que lorsque son échéance approche l’Etat réemprunte un peu plus ou un peu moins (toujours plus dans le cas de la France) et la dette ancienne est « refinancée » par la dette nouvelle. Ce système fonctionne tant que le pays trouve des prêteurs disposés à continuer de prêter. Si les prêteurs s’inquiètent de la solidité de l’emprunteur ils commencent par augmenter les taux auxquels ils prêtent, puis, ultimement, ils cessent de prêter ce qui met l’Etat concerné en défaut. C’est ce qui s’est passé pour la Grèce en 2008, en Argentine en 2000, et pour bien d’autres pays qui, dans une telle position, font généralement appel aux institutions financières internationales qui se substituent aux marchés financiers, acceptent de refinancer l’Etat défaillant en lui imposant une politique financière stricte : « soit tu redresses ta gestion en appliquant le programme que je t’impose soit je ne te prête pas ».

    Comme un Etat ne peut jamais disparaître pour des raisons financières, il ne fait pas faillite, les programmes rigoureux sont plus ou moins appliqués et les populations se heurtent à la dure réalité qui leur avait été masquée auparavant par leurs dirigeants se faisant élire sur le thème : « votez pour nous, demain on rase gratis ». C’est grosso-modo la situation de la France aujourd’hui.

    Elle n’est guère brillante et c’est avec un bel ensemble que les partis politiques se culpabilisent les uns les autres pour cet état de fait : « c’est pas moi, c’est l’autre ». Et la population, avec la même unanimité, déclare : « il n’y a pas de raison que je paye les pots cassés ». En réalité, tout le monde a profité de cet argent dépensé au-delà de ce que gagnait le pays. Les crises successives de la Covid, de la guerre d’Ukraine, de l’agitation sur le marché de l’énergie, du retour de l’inflation… ont poussé les gouvernements occidentaux à dépenser toujours plus d’argent public pour en atténuer la douleur pour leurs citoyens. Durant les confinements liés à la pandémie de Covid en 2020-2021 l’Etat français a payé les salaires d’une économie à l’arrêt, avancé des sommes considérables aux entreprises pour qu’elles passent ce moment sans sombrer. Le retour de l’inflation a vu également la mise en place de « boucliers tarifaires » sur l’énergie pour des sommes gigantesques qui ont permis d’atténuer pour les consommateurs (particuliers et entreprises) le prix de marché de l’énergie. Ce sont ainsi des dizaines de milliards qui ont été dépensés au profit de la grande majorité des citoyens, soit pour payer leurs salaires à la place de leur employeur durant la pandémie, soit pour payer la hausse de l’énergie à la place des consommateurs durant la crise de l’inflation. C’est là toute la difficulté « psychologique » d’une situation inédite : tout le monde a profité de cette manne en considérant que cela a été « normal », mais chacun en rejette la responsabilité sur le voisin et ne veut pas « payer pour la gabegie gouvernementale ».

    Cerise sur le gâteau, le retour des guerres aux confins de l’Europe, en Ukraine, a généré des coûts inattendus qui sont venus se surajouter à ceux des crises précitées. L’Ukraine est soutenue à bout de bras par les pays occidentaux, non seulement militairement mais surtout financièrement afin que l’Etat de Kiev qui n’a plus beaucoup de ressources tienne le coup. Bien entendu pendant ce temps là le reste des dépenses a continué à se dérouler comme si de rien n’était : budgets sociaux, retraites, santé, fonction publique, etc. Finalement, la France a plus dépensé par habitant du fait de ces crises multiples que ses voisins, l’ajustement se retrouve donc dans sa dette. Rien que de très logique.

    Le pays est aujourd’hui au pied du mur dans un capharnaüm politique de premier ordre, chacun tirant à hue et à dia pour fuir toute responsabilité dans ce désastre financier que les bénéficiaires, nous tous, vont bien devoir payer d’une façon ou d’une autre. Plus inquiétant, ces masses d’argent considérables qui irriguaient l’économie vont devoir décroître ce qui ne manquera pas d’entraîner des conséquences négatives sur la croissance économique. Mais il est tout simplement impossible pour le pays de continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Il est du devoir de dirigeants intelligents d’expliquer cette situation et de trouver un compromis politique pour en sortir. Hélas, nous n’en prenons pas le chemin et lesdits dirigeants de rencontre ressassent les mêmes inepties partisanes en espérant se pousser du col et atteindre les dernières marches du pouvoir. C’est l’image de la décadence du pays alors que des jours difficiles s’annoncent.

    Petit trait d’humour pour finir cette chronique, une bonne part de cet argent public dépensé a fini sur… les comptes d’épargne des ménages dont la croissance est très soutenue et dont l’encours au 30 septembre 2024 est de 6 412 milliards d’euros, soit près de deux fois la dette publique française. En résumé : l’Etat a emprunté des sommes importantes à injecter dans l’économie pour la soutenir qui se sont retrouvées gelées et peu productives dans les comptes d’épargne des ménages.

    Bien sûr, les « misérabilistes » qui peuplent les partis politiques et les plateaux télévisés expliquent que les « travailleuses et les travailleurs de ce pays » sont à découvert dès le 15 du mois, il n’en reste pas moins que d’autres « travailleuses et travailleurs » détiennent une épargne de 6 412 milliards d’euros, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle les prêteurs continuent de financer la République car ils sont rassurés par l’existence de ce « bas de laine » bien garni dans lequel l’Etat pourra toujours aller « prélever » un jour si la situation l’exigeait. Il y aurait 60 millions de livrets A, 18 millions de détenteurs d’assurance-vie (en faveur de 38 millions de bénéficiaires), etc. ce qui veut dire que ces 6 412 milliards d’euros d’épargne détenue par les ménages contient l’épargne des « Bernard Arnault », pour autant qu’elle soit placée en France, mais aussi, et surtout, l’épargne de millions de citoyens, modestes et un peu moins.

    Les inégalités dans les patrimoines sont plus importantes que pour les revenus. L’enrichissement parfois indécent des « Bernard Arnault » choque la tendance française à l’égalitarisme. Taxer cette épargne est possible, il suffit de voter la loi qui le permettrait. Une taxe dite « Zucman », du nom du député socialiste qui l’a proposée, a été votée à l’assemblée nationale et repoussée au sénat. Le projet consiste en un impôt minimum de 2%/an calculé sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, y compris les patrimoines professionnels mais en excluant ceux des petites et moyennes entreprises, des artisans et jeunes entrepreneurs (sans préciser les critères retenus pour ces catégorisations). Cette taxe « Zucman » est populaire car elle vise les beaucoup plus riches, les « ultra-riches » comme on le dit aujourd’hui. Quand l’ancien Impôt de solidarité sur la fortune (ISF, aboli en 2018 et remplacé par un Impôt sur la fortune immobilière [IFI]) commençait à s’appliquer à partir de 1,3 million d’euros, ce projet de taxe s’applique sur les patrimoines de plus de 100 millions ce qui rassure les citoyens moyens

    On connait les arguments contre le principe de l’impôt sur la fortune avancés par les libéraux et ceux, pour, des partis de gauche, il n‘est pas nécessaire d’y revenir. Pour le moment il n’existe pas de majorité parlementaire pour voter cet impôt sur la fortune. Il suffit d’attendre que la majorité change… Quoi qu’il en soit, agiter l’idée de la taxe « Zucman » renforce les Français dans l’illusion que les finances publiques peuvent être redressées uniquement en « taxant Bernard Arnault » et sans effort pour les autres. Le mérite du gouvernement actuel aura été au moins d’attirer l’attention sur la mauvaise situation financière du pays au redressement de laquelle tout le monde va devoir contribuer.

    Lire aussi : https://www.banque-france.fr/fr/statistiques/epargne/epargne-des-menages-2024-q3

  • A-t-on touché le fond de la bêtise humaine ?

    A-t-on touché le fond de la bêtise humaine ?

    On apprend qu’un « créateur de contenu », nouveau qualificatif pour « influenceur », ancien militaire français gagnant désormais sa vie en se faisant humilier et martyriser, y compris physiquement, en direct sur la plateforme « KICK » est décédé. Ce sont d’autres « créateurs de contenu » qui pratiquaient les sévices et doivent aussi probablement partager la rémunération versée par les abonnés payant sur la plateforme pour visionner ces joyeusetés.

    Mais les tortures sont allées un peu loin ce 18 août et le torturé est… mort en direct. Il semble que le live était déconnecté lorsque le décès a été constaté mais tous les sévices ont bien été suivis en direct durant douze jours par des spectateurs payants. Tout un programme ! On se demande qui est le plus à plaindre, du décédé, des organisateurs ou de leurs spectateurs ? Les premiers résultats d’une autopsie pratiquée sur « l’influenceur » concluent que le décès n’aurait pas « une origine traumatique » mais serait sans doute dû à une faiblesse médicale de cette personne.

    Tous sont des victimes de l’abrutissement général de notre société, des talk-show affligeants tenus sur les médias du groupe Bolloré aux photos et messages de Nabilla suivis par 9,5 millions de personnes sur Instagram, de l’héroïsation des fouteballeurs aux débats de « Café du Commerce » échangés à l’assemblée nationale, tout tire la société vers le bas, la facilité, la déresponsabilisation et l’éloigne de l’intelligence. Un petit clic sur KICK permettra assez facilement de se rendre compte que cette plateforme ne va pas pousser nos enfants à lire Raymond Aron pour comprendre le monde.

    Devant l’inanité d’un tel spectacle notre monde libéral est pris à son propre piège. Le sens de la liberté qui le guide voudrait que l’on ne régule pas ce genre d’émissions, insultes à la raison, en pariant sur leur élimination naturelle par l’émergence de séquences plus intelligentes, en une sorte de darwinisme cathodique. Ce n’est hélas plus le cas : Nabilla en roue libre tangente les 10 millions de followers mais il a fallu de ne pas renouveler le contrat public d’attribution de la fréquence de télévision numérique terrestre (TNT) pour faire disparaître, temporairement, le clownesque Cyril Hanouna du paysage télévisuel français (PAF) dans l’émission duquel défilaient Nabilla et aussi… le monde politique ! Hanouna doit renaître de ses cendres dès la rentrée sur une autre chaîne où il devrait poursuivre son œuvre d’insalubrité publique. On ne va pas mettre Hanouna en prison pour l’empêcher de sévir, en revanche les « créateurs de contenu » qui ont torturé leur victime risquent les foudres de la justice ce qui ne semble pas le cas pour les spectateurs.

    C’est LE dilemme de notre société : comment trouver les voies et moyens pour que l’intelligence puisse stopper d’elle-même la progression de la bêtise sur les écrans ? Comment faire pour que des suiveurs de plateformes abrutissantes privilégient la lecture de Raymond Aron au visionnage d’émissions dégradantes ? Jusqu’ici on n’a pas trouvé de solution viable si ce n’est d’appliquer les méthodes de contrôle des médias russe ou chinoise, ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour.

    Durant les « trente glorieuses », les années 1945-1975, la France était sur la voie de la croissance, non seulement économique mais aussi celle de l’intelligence collective. Le mouvement s’inverse depuis les années 2000, le pays et sa population se rabougrissent dans l’impuissance générale. Peut-être est-ce le cycle de vie naturel d’une nation, hélas !

  • Une attitude nonchalante du président français

    Une attitude nonchalante du président français

    Avez-vous remarque l’attitude souvent nonchalante du président français sur les photos officielles ? Il a en effet régulièrement une main dans la poche comme sur ce cliché pris à l’issue des négociations tenues aujourd’hui à Washington entre les Etats-Unis d’Amérique, l’Ukraine et l’Europe pour essayer de mettre fin à la guerre d’Ukraine déclenchée par l’invasion russe de ce pays en février 2022.

    Ce n’est pas la première fois qu’il affiche cette attitude et il est étonnant que les (trop) nombreux « communicants » dont il est entouré ne lui aient pas rappelé cette notion élémentaire de bonne éducation qui veut que, par respect pour ses interlocuteurs, on ne mette pas ses mains dans les poches devant eux.

    Ou peut-être lui ont-ils fait remarquer mais qu’il a décidé de n’en faire qu’à sa tête pour marquer ainsi sa singularité ? Si tel est le cas, il est regrettable que ce soit fait au détriment de la réputation du pays et de ses habitants. On a déjà vu le représentant de l’Albanie se montrer en costume sombre-baskets blanches à un sommet de l’OTAN le mois dernier. Voici maintenant le président français qui néglige les règles de savoir-vivre.

    Bienvenue dans le nouveau monde !

    Lire aussi : La mode des baskets blanches envahit tout

  • « Ça manque [toujours autant] de moyens Patron ! »…

    « Ça manque [toujours autant] de moyens Patron ! »…

    A l’occasion d’un important incendie dans l’Aude qui a ravagé 16 000 hectares, brûlé nombre de maisons, fait un mort et des blessés, le monde politico-médiatique s’exprime sur les médias et tous ses membres déplorent « le manque de moyens » qui serait responsable des délais mis par les pompiers à réduire ce feu particulièrement violent. La flotte de bombardiers d’eau Canadair aurait 30 ans d’âge, les pièces détachées manquantes, le nombre d’avions trop faible par rapport aux besoins, les engagements politiques de renouvellement de la flotte non tenus, etc.

    Tout ceci est sans doute en partie vrai et illustre tristement la perte de contrôle des dépenses publiques par le pouvoir. La difficulté de l’Etat à faire des choix budgétaires conforme à l’intérêt national aboutit à ce genre de situations. Chaque fois qu’un ministre se déplace quelque part il se croit obligé d’annoncer de nouvelles dépenses. On ne sait plus dire non aux requêtes permanentes à toujours dépenser plus. Les parlementaires, les associations, les partis politiques, les corporations, les lobbies, les citoyens, tous se liguent pour réclamer plus de sous, alors l’Etat donne un peu à tout le monde en distribuant l’argent des contribuables, particuliers et entreprises, de ci de là. Et tout le monde crie qu’il faut faire des économies mais… chez le voisin.

    Alors on a préféré financer des jeux olympiques à Paris en 2024, et on dépense déjà pour la préparation des jeux de 2030 dans les Alpes françaises, plutôt que d’acheter des Canadair. La défaillance de l’Etat et de ses représentants est de laisser croire que tout est possible en même temps, les Canadair et les jeux olympiques. Les citoyens y croient par paresse intellectuelle et car ils ont envie d’y croire. Les partis progressistes claironnent qu’il suffit de « taxer Bernard Arnault » pour faire disparaitre les déficits, leurs adversaires conservateurs braillent qu’il ne faut pas augmenter les impôts pour ne pas tuer l’économie, et comme aucune de ces tendances n’a de majorité parlementaire, le budget 2025 a été voté avec un déficit de 137 milliards, oui, vous avez bien lu : 137 milliards. Et encore, ne font pas partie de ce chiffre les « comptes spéciaux » qui ajoutent 2 milliards de déficit supplémentaires. Cela veut dire que sur 445 milliards de dépenses du budget général il manque 137 milliards de recettes, soit 31% du total des dépenses. Le budget est en déficit de 31%, c’est-à-dire que pour 10 EUR de dépenses il va falloir en emprunter 3 que nos enfants auront à rembourser. Pour le moment ce sont les dépensiers qui emportent la mise puisque celles-ci continuent à croître.

    Les chiffres clés du budget de l’État pour 2025 | budget.gouv.fr

    Les participants des dîners en ville, même a priori les mieux informés, n’admettent pas que les finances de l’Etat c’est comme à la maison, quand il n’y a plus de sous, il n’y a plus de sous et il faut se serrer la ceinture. Alors ils assènent des slogans de circonstance entre la poire et le fromage, « taxons Bernard Arnault » ou « coupons les dépenses sociales » et rien ne se passe. Dans les enceintes du parlement français le débat est à peu près du même niveau et comme il n’y a pas de majorité il ne se passe pas plus. Le déficit continue à courir sur son erre et les couteaux s’aiguisent en vue des discussions sur le budget 2026 qui s’annoncent redoutables.

    Redresser les finances publiques ne pourra pas se faire sans contraintes. Que les impôts soient augmentés ou que les dépenses soit réduites cela fera moins d’argent dans la poche des citoyens et donc moins de sous injectés dans l’économie. Il y aura bien entendu des conséquences néfastes pour les individus comme pour les entreprises mais il arrive un moment ou ces effets négatifs doivent être affrontés car ils sont moins pires que ceux d’une crise financière comme celle subie par la Grèce en 2008, déclenchée lorsque les prêteurs internationaux ne voulaient plus financer la gabegie de cet Etat. De toute façon, même si la France allait jusqu’à la crise financière elle devrait mener un programme de redressement de ses finances publiques mais celui-ci serait encore plus douloureux car mené sous la pression des marchés financiers.

    Dans ces conditions, le remplacement des bombardiers d’eau n’est pour l’instant pas possible alors la forêt brule. Il va falloir s’habituer à voir la France se rabougrir sous les coups de boutoirs de dirigeants affaiblis et de citoyens nombrilistes plus soucieux de leurs intérêts particuliers que de l’avenir collectif du pays. Le résultat peut être terrifiant comme celui constaté aujourd’hui dans l’Aude : on a pu financer des jeux du cirque mais pas remplacer des Canadair.

  • L’ineffable Rachida Dati

    L’ineffable Rachida Dati

    La ministre de la culture Rachida Dati est au cœur de l’actualité. Tout d’abord judiciaire, puisqu’elle est soupçonnée de corruption et de trafic d’influence dans le cadre de contrats d’avocat qu’elle a signés avec des groupes industriels français pour lesquels les juges ont du mal à attester la réalité des prestations fournies pour des rémunérations qui elles ont bien été reçues. Elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel à une date non encore déterminée.

    Au plan électoral on connaît son ambition pour briguer la mairie de Paris aux élections municipales de 2026. Elle devrait probablement démissionner de son poste de ministre si elle était élue, voire même avant l’élection car il semble difficile de mener une campagne municipale en assurant en même temps un rôle ministériel. Suite à l’inéligibilité d’un député de la majorité prononcée par le conseil constitutionnel pour irrégularité dans ses comptes de campagne, une élection partielle est organisée dans la IIe circonscription de Paris qui couvre une partie des 6e, 7e et 7e arrondissements de Paris. Michel Barnier, 74 ans, éphémère premier ministre et haut-savoyard est candidat à ce poste avec l’appui de son parti Les Républicains (LR). Il se murmure qu’il aurait également des ambitions pour le poste de maire de Paris, voire aussi celui de président de la République. De quoi faire ombrage à Rachida Dati qui craint que si M. Barnier était élu député il puisse lui faire concurrence pour la mairie de la capitale… Alors elle vient d’annoncer qu’elle se présentera également à l’élection partielle pour s’assurer que Barnier échoue !

    Vous suivez toujours ? Mme. Dati, ministre et maire du VIIe arrondissement de Paris, va se présenter à l’élection législative partielle de 2025 pour la IIe circonscription de Paris afin, croit-elle, de faire place nette pour sa candidature pour la mairie de Paris de 2026. Si elle était élue député en 2025 il lui faudrait alors démissionner de son poste de ministre, ou de député. Et si elle était ensuite élue maire de Paris en 2026 il lui faudrait également démissionner du poste précédent qu’elle aurait conservé. Cela en dit long sur la solidité de ses engagements : se faire élire pour 5 ans comme député et savoir déjà qu’on sera amené à démissionner pour un autre poste quelques mois plus tard.

    On a là l’archétype de ces petits arrangements politiques qui découragent les citoyens français de se rendre aux urnes. Cerise sur le gâteau, Rachida Dati n’est pas vraiment en odeur de sainteté au sein de son parti LR qu’elle a quitté en 2024 pour accepter son poste actuel de ministre de la culture, puis réintégré le parti début 2025. Son agressivité naturelle lui a créé pas mal d’ennemis politiques dans son camp comme dans l’opposition. Son énergie est inépuisable mais ses convictions politiques semblent plus floues. Elle se présente résolument comme de droite et combat la gauche inlassablement. Issue de l’immigration marocaine, elle bénéficie de la double nationalité et a souvent été présentée comme un exemple de la réussite offerte par la République à ses citoyens méritants « issus de la diversité ». Elle agace beaucoup, vibrionne en permanence sur tous les médias, pour ses fonctions officielles comme pour ses affaires judiciaires, occupe la parole sur les plateaux télévisés et au conseil municipal de Paris où elle est en guerre ouverte avec la maire socialiste actuelle. Rien ne paraît très sincère chez elle, un peu comme la couleur de ses cheveux ou la chirurgie esthétique qui lui a transformé le visage.

    Beaucoup d’élus ne seraient pas mécontents de la voir tomber. C’est peut-être ce qui va lui arriver bientôt face à l’ampleur des défis politiques et judiciaires qu’elle s’est elle-même fixés.

  • Overdose de jeux olympiques

    Overdose de jeux olympiques

    Il y a un an la France a dépensé des sommes significatives d’argent public pour organiser des jeux olympiques d’été dans sa capitale « fière, créative et inclusive » et « qui ont fait rêver le monde entier ». Bien entendu ces jeux ont délivré « une empreinte carbone réduite », ont été « un modèle et non un archétype » pour « produire un impact social et économique », etc.

    Lire aussi : https://www.olympics.com/cio/news/un-an-apres-l-heritage-de-paris-2024-porte-par-la-force-du-collectif

    La ville de Paris se croit maintenant obligée de célébrer le premier anniversaire de ces jeux du cirque à grands coups de défilés sur la Seine, de décollage de la vasque olympique « féérique », d’anneaux olympiques de 30 mètres de large accrochés à la Tour Eiffel et d’interventions politiques dans les médias pour demander « plus de moyens » pour le sport. Bien entendu des engagements budgétaires ne peuvent pas être tenus compte tenu de la situation très mauvaises des finances publiques. C’est alors le défilé des pleureuses qui réclament leurs sous à une République exsangue ânonnant qu’il suffit de « taxer Bernard Arnault » pour remplir les caisses désespérément vides.

    Plus grave, tout ce petit monde sportif est en train de préparer d’arrache pied les jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. La République aurait déjà délivré au comité international olympique les garanties financières qu’il exige pour valider la candidature française.

    Le Premier ministre François Bayrou a également adressé un courrier au CIO en mars. Ce courrier faisait état des engagements concernant les prochaines étapes de la loi de finances.

    Dans ce même courrier, l’engagement financier de l’État français a été confirmé, ce qui a permis aux deux régions (Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur) de confirmer également le leur.

    Forte de cette solide base, la commission exécutive du CIO a décidé de procéder à la signature du Contrat hôte olympique.

    https://www.olympics.com/cio/news/approbation-de-la-signature-du-contrat-hote-olympique-pour-les-alpes-francaises-2030-par-la-commission-executive-du-cio

    La France qui est en pleine dérive de ses finances publiques, qui a déjà vu tomber le gouvernement Barnier sur le projet de budget 2025, risque de reproduire l’expérience avec le gouvernement Bayrou sur le budget 2026 à l’automne, continue à se lancer dans des dépenses somptuaires. Par définition celles-ci ne sont pas prioritaires dans un pays où toutes les corporations, tous les partis politiques, tous les citoyens s’égosillent matin, midi et soir sur le « manque de moyens » qui les étrangle.

    Mais le pays est ainsi construit qu’il continue à nier les réalités financières et se révèle incapable de privilégier l’intérêt général sur les misérables petits tas d’intérêts particuliers ou corporatistes. Seule une crise financière profonde avec impossibilité de refinancer sa dette sur les marchés internationaux le forcera à se reprendre. Il est à craindre que ce moment se rapproche.

    Alors, au bord de l’abîme, organisons joyeusement les prochains jeux olympiques et célébrons chaque année le souvenir des précédents ! Les lendemains risquent d’être amers…

  • « La colonisation française de la Corse » par Jean-Guy Talamoni

    « La colonisation française de la Corse » par Jean-Guy Talamoni

    L’ancien président de l’assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, indépendantiste se cachant derrière l’étiquette « nationaliste » a prononcé un discours à la tribune de l’ONU le 20 juin 2024 dont il rend compte sur son site web : « La colonisation française de la Corse ».

    Il y démontre juridiquement que la présence « française » en Corse présente toutes les caractéristiques d’une occupation coloniale : l’annexion sauvage avec « vision exterminatrice » des officiers chargés de la conquête au XVIIIe siècle, l’administration du territoire par « une entité politique extérieure [la France] », la conversion culturelle, dont linguistique, « d’un monde à l’autre » menée brutalement par l’instruction publique imposée par Paris, le développement économique déterminé par des « intérêts extérieurs », ceux de la puissance dominante, l’objectif démographique de noyer le problème corse sous un flot de nouveaux arrivants non Corses à qui l’on confie les commandes de l’ile au détriment des insulaires et la diffusion par le colon de l’ethnotype du « Corse fainéant » qui, avec le temps, a généré un sentiment d’infériorité.

    Une fois ce constat effectué, son auteur est moins disert sur les solutions possibles pour sortir de l’imbroglio. Paris et ses gouvernements successifs sont rendus responsables de tous les maux du territoire et accusés de n’avoir pas « fait le moindre pas, réel et sérieux, en direction d’un règlement politique de la question corse ».

    On comprend sans peine que l’abaissement culturel et moral des colonisés vise à conforter ces intérêts politiques et économiques en « légitimant » la domination… Tout cela est d’une grande cohérence, cohérence qui donne à la démarche coloniale son caractère systémique.

    Le texte se réfère à la situation similaire de la Nouvelle-Calédonie. Il a été écrit avant les récentes évolutions de cette colonie du Pacifique qui envisagent la création d’une nationalité calédonienne au sein de la Nation française et des transferts de compétence importants de l’Etat français au quasi-Etat de Nouvelle-Calédonie qui resterait néanmoins dans la République française. Tout reste à faire. La Corse pourra s’inspirer de ce qui se passera entre Nouméa et Paris.

    La Corse comme la Nouvelle-Calédonie sont des colonies « modernes » au sens où il y règne la démocratie et le droit de vote pour tous mais où les insulaires rejettent plus ou moins consciemment le rattachement à une « puissance extérieure » même s’ils en apprécient les avantages financiers. Elles sont une mine de difficultés, présentes et à venir, pour toutes les parties. Elles n’offrent que des avantages géopolitiques illusoires à la France.

    L’objectif reste l’indépendance pleine et entière de la Corse et la Nouvelle-Calédonie mais celle-ci mettra du temps à intervenir, sans doute des générations. En attendant, la tâche de M. Talamoni et des siens est de convaincre les Corses de l’objectif d’une indépendance heureuse.

    Lire aussi : Blog de Jean-Guy Talamonii

  • Tentative de reprise de contrôle des finances publiques françaises à la dérive

    Tentative de reprise de contrôle des finances publiques françaises à la dérive

    Alors que le dernier budget de la République à l’équilibre date de 1974, les dernières années ont été marquées par une perte de contrôle des dépenses publiques françaises et un accroissement considérable des déficits et de la dette qui en résulte. Comme d’habitude la France dépense plus et plus mal que ses congénères européens au point que le gouvernement s’inquiète de la crédibilité du pays sur les marchés financiers internationaux et de sa capacité à continuer à trouver des prêteurs pour financer ses dépenses à un taux acceptable.

    Le gouvernement a présenté hier les grandes lignes d’un budget 2026 qu’il reste maintenant à faire voter. Le message principal est qu’il faudrait économiser 40 milliards d’EUR, non pas sur le budget 2025 mais sur ce que serait le budget 2026 si on le laissait dériver à la même vitesse que ces dernières années, ce qui veut dire nous aurons probablement quand même une hausse nominale des dépenses publiques en 2026 versus 2025.

    La foire d’empoigne politique a déjà commencé, bien avant les annonces du 15 juillet, en recyclant les solutions « de gauche » : il suffit de taxer Bernard Arnaud pour augmenter les recettes et réduire le déficit ; et les propositions « de droite » : il faut baisser la dépense publique et continuer à favoriser les entreprises qui seules créent des emplois et de la richesse. C’est une querelle vieille comme le monde, il ne sert même plus à rien de chercher à convaincre une partie des arguments de l’autre, on en est à la guerre de religion. Il faut juste que le parlement adopte un budget, dans un sens ou dans autre, et que le gouvernement l’exécute, adviendra ensuite ce que pourra.

    Par suite de la présentation d’hier par le premier ministre les élus et politiciens se sont déchaînés sur leurs réseaux dits « sociaux » en petites phrases assassines, en réactions pavloviennes et en slogans de circonstance, bien loin de la réflexion et de l’esprit de compromis qu’exige la situation. On est encore là en plein conflit entre l’intérêt général du pays et les misérables petits intérêts particuliers des hommes et des partis.

    Petit florilège de ces commentaires publiés depuis hier par le journal Le Monde.

    Leur bilan, c’est la ruine, et leur solution, c’est l’austérité 

    Sébastien Chenu (Rassemblement national – droite dure)

    Un budget brutal et inacceptable
    Demander toujours plus à ceux qui ont peu… et si peu à ceux qui ont beaucoup n’est ni sérieux, ni efficace, ni juste

    Boris Vallaud (Parti socialiste – gauche molle)

    Ce gouvernement préfère s’en prendre aux Français, les travailleurs et les retraités, plutôt que de faire la chasse aux gaspillages

    Marine Le Pen (Rassemblement national – droite dure)

    Bayrou aurait pu faire le choix de la justice. Il a choisi la violence de mesures dont le cumul va frapper très durement les familles
    Sur les bases actuelles, la seule perspective possible est la censure

    Olivier Faure (Parti socialiste – gauche molle)

    Ces mesures sont injustes, inefficaces et dangereuses pour le pays
    Comme syndicaliste, je vais tout faire pour empêcher cette potion amère
    [sur la suppression de deux jours fériés] On ne parle pas de n’importe quoi, on parle de la suppression du 8-Mai, jour de la victoire contre le nazisme. Alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir (…), le premier ministre nous annonce qu’il va supprimer le 8-Mai. C’est extrêmement grave

    Sophie Binet (CGT – gauche syndicale dure)

    Une nouvelle fois, ce sont surtout les classes moyennes qui seront mises à contribution alors même que c’est par leur mobilisation et leur puissance de travail que le pays peut s’en sortir : un contresens de plus !

    Xavier Bertrand (LR – droite molle)

    Nous n’accepterons jamais que le peuple paie les cadeaux faits aux plus riches en faisant courir un risque récessif au pays. Nous censurerons cette politique de malheur !

    Mathilde Panot (LFI – gauche dure propalestinienne)

    Dans ce tonnerre les voies du patronat et la majorité présidentielle résonnent faiblement pour globalement soutenir les grandes directions annoncées. Les discussions parlementaires débuteront à la rentrée car élus et partis politiques prennent des vacances. Elles promettent d’être animées, idéologiques et irréconciliables !

  • L’Iran malfaisant, des touristes français inconséquents

    L’Iran malfaisant, des touristes français inconséquents

    De nouvelles arrestations de citoyens français sont à déplorer en Iran. L’Etat religieux perse détient à ce jour officiellement trois Français. Et il y en a peut-être quelques autres non officiellement reconnus ? Ces détenus français sont le plus souvent accusés de griefs qui paraissent fantaisistes se rapportant à l’espionnage contre la République islamique d’Iran. Ces pratiques qui relèvent de la prise d’otages sont assez habituelles dans ce pays et lui permettent de négocier des contreparties avec les pays d’origine de ces otages. Florilège :

    Novembre 1979, quelques mois seulement après l’instauration de la République « islamique », c’est le fait d’arme des mollahs qui laissent, voire téléguident, des « étudiants » qui envahissent l’ambassade de Etats-Unis d’Amérique à Téhéran et prennent en otage 53 membres américains de cette ambassade. L’Iran exige que les Etats-Unis leur livrent en échange le Chah qui a fui le pays. Une douzaine d’otages sont libérés après quelques semaines. Les 44 restant ne seront libérés qu’au bout d’une année et demie aux termes de transactions douteuses avec l’équipe du nouveau président, Ronald Reagan, qui aurait tout fait pour que cette libération n’ait pas lieu sous l’empire de son prédécesseur Jimmy Carter.

    Au cours des années 1980 de nombreux citoyens français, particuliers, journalistes et diplomates, sont pris en otage au Liban par des mouvements islamiques plus ou moins sous tutelle de l’Iran. L’un d’entre eux, Michel Seurat, est exécuté sur place par le mouvement terroriste Jihad Islamique. La libération des autres sera longue à obtenir et les négociations passeront toujours plus par Téhéran que par Beyrouth qui est en pleine guerre civile. Comme toujours en pareilles circonstances, les contreparties délivrées par la France restent confidentielles. L’une d’entre elle est apparue tout de même évidente : le remboursement à la République « islamique » du prêt que l’Iran du Chah avait consenti au consortium d’enrichissement d’uranium Eurodif. Cerise sur le gâteau, la France soutenait militairement l’Irak dans la guerre sauvage (1,2 millions de morts entre 1980 et 1988) déclarée par ce pays à l’Iran, c’était évidemment une circonstance aggravante, vu de Téhéran, qui n’a pas dû faciliter les discussions !

    En 2009, Clotilde Reiss, 24 ans, diplômée de Sciences-Po et de langues et cultures orientale part enseigner à Ispahan. Pour son malheur, son père a travaillé en France au Commissariat à l’énergie atomique, institution où elle fit un stage. Il n’en fallait pas plus pour que l’Iran l’accuse d’espionnage. Son procès est largement médiatisé sur place et on la voit comparaître, sous un foulard, pour s’accuser de tous les maux dont elle est chargée. Selon certains « analystes » en France il se pourrait que, sans être officiellement une espionne des services secrets français (DGSE) elle en ait été un contact informel. Quelques mois après sa libération, un des assassins sur le sol français du dernier premier ministre du Chah, Chapour Bakhtiar, a été libéré par Paris après 18 années de détention. M. Bakhtiar avait été poignardé puis égorgé en 1990 alors qu’il était réfugié en France après la chute du Chah. Il aurait servi de monnaie d’échange pour la libération de Clotilde Reiss.

    Quelques temps auparavant Bakhtiar avait déjà subi une tentative d’assassinat dont il avait réchappé mais qui avait tué une voisine et un policier français. Le terroriste libanais Anis Naccache avait été ensuite arrêté à Paris et condamné à perpétuité pour cette tentative d’assassinat avant d’être gracié et expulsé dix ans après les faits, un peu plus tôt que la perpétuité à laquelle il avait été condamné…

    En 2022 Olivier Grondeau avait été condamné pour espionnage à 5 années de prison puis libéré après 29 mois d’emprisonnement sans que l’on sache véritablement ce que la France a dû concéder pour cette libération. Il faisait a priori du tourisme dans le pays au moment de la répression qui s’était abattue sur les jeunes Iraniens manifestant leur colère face à la mort en détention de Mahsa Amini où elle avait été placée pour un voile mal ajusté. Grondeau aurait participé à, ou soutenu, ces manifestations.

    En 2022 également, un couple français, Cécile Kohler et Jacques Paris, est arrêté en Iran où ils termine un séjour touristique. Les autorités iraniennes mettent six mois à reconnaître qu’elles détiennent ces deux citoyens puis diffusent une vidéo dans laquelle Cécile « avoue être agent du service de renseignement extérieur de la France ». Ils sont en prison depuis trois ans et viennent d’être inculpés pour « espionnage pour le Mossad », « complot pour renverser le régime » et « corruption sur terre », accusations qui peuvent être punies de la peine de mort dans ce charmant pays.

    Cette semaine c’est à nouveau un jeune touriste franco-allemand de 18 ans qui a été arrêté pour « avoir commis un délit » selon les autorités locales. Le garçon parcourait la région à vélo et se répandait bien entendu sur les réseaux dits « sociaux » pour publier au jour le jour là où il se trouvait et en se permettant d’ironiser sur les consignes données par le gouvernement français de ne pas voyager en Iran ! Au cas où la police iranienne aurait eu du mal à le trouver il lui suffisait de suivre son compte Instagram…

    Dans un contexte de tensions régionales élevées, il est fortement recommandé aux ressortissants français de quitter le pays.

    L’espace aérien iranien et l’aéroport international de Téhéran demeurent fermés. En revanche, les frontières terrestres, avec l’Arménie et la Turquie notamment, sont à ce stade ouvertes.

    Note du 26/06/2025 de France Diplomatie

    Plus léger mais aussi symptomatique de l’incompatibilité des « principes » islamiques avec les « valeurs » occidentales, à plusieurs reprises sous différentes présidences françaises, à commencer par celle de Chirac, des repas à haut niveau ont été annulés car la délégation iranienne entendait interdire la présence de bouteilles de vin sur la table officielle. Il est évidemment plus facile pour Paris d’être ferme quand il s’agit de broutilles de cet ordre que lorsque la vie de Français est en cause.

    De cette liste de méfaits qui est loin d’être exhaustive on peut tirer deux grandes conclusions :

    • L’Iran n’aime pas la France, et cela risque de durer encore pour quelques générations,
    • Il vaut mieux éviter d’aller y faire du tourisme tant que les choses ne se sont pas améliorées.

    Il est dommage que les trois touristes français toujours emprisonnés en Iran n’aient pas partagé ces conclusions, d’abord pour eux car on ne peut pas vraiment être sûr qu’ils seront libérés un jour et, même s’ils en sortent vivants, ce sera après un séjour plus ou moins long (déjà trois ans pour Cécile Kohler et Jacques Paris) dans des conditions qui n’ont pas l’air d’être très agréables.

    C’est aussi regrettable pour la France qui se retrouve à chaque fois embarquée contre son gré dans des négociations extrêmement difficiles avec un pays qui ne respecte pas les mêmes règles qu’elle. Même si elle ne l’avoue pas officiellement la France doit à chaque fois en rabattre avec ses principes qu’elle estime moins importants que la vie de ses ressortissants.

    Peut-être faudrait-il interdire aux citoyens français de voyager en Iran ? Ce serait mieux pour tout le monde. Après tout, pendant très longtemps les citoyens américains étaient interdits de mettre le pied à Cuba, c’était même écrit sur leurs passeports.

    La civilisation perse est 4 fois millénaire, on peut sans doute attendre quelques décennies avant de retourner profiter de sa mugnifiscence.

  • Chauds les déficits

    Chauds les déficits

    Il fait chaud en France, canicule, réchauffement climatique et tout le tra-la-la. Les chaines d’information en continu passent à l’infini des interviews de Mme. Michu confirmant qu’il « fait chaud » et les conseils aux seniors de bien s’hydrater. Les partis politiques rivalisent de critiques contre le gouvernement rendu presque responsable de cette vague de chaleur et d’idées novatrices pour dépenser l’argent des contribuables afin de lutter contre le réchauffement.

    Le Rassemblement National (RN) annonce un « plan climatisation » de 40 milliards d’euros, La France Insoumise (LFI) propose de bloquer le prix de l’eau et d’instaurer un « congé climatique », le gouvernement parle de « quasi-gratuité des climatisations ». Un problème, une dépense annoncée et pas d’économie équivalente proposée pour compenser cette nouvelle dépense. C’est l’illustration jusqu’à l’absurde de la perte de contrôle des dépenses publiques au sein d’un pays qui est mal géré. Et n’oublions pas le financement des jeux olympiques programmés pour 2030 dans les Alpes françaises, les revendications des contrôleurs aériens, des professions de santé, des forces de sécurité, des chauffeurs de taxis, des débits de tabac, des écoles, des armées, des retraités, etc. etc.

    La perte totale du sens de l’intérêt général dans la gestion des deniers publics, par essence limités, pose un sérieux problème à notre pays qui descend doucement les marches de la décadence financière qui aboutit immanquablement au rabougrissement politique. Le pire est à craindre.

  • La droite française à la peine face aux déficits publics

    La droite française à la peine face aux déficits publics

    On se souvient que Laurent Wauquiez, l’éternel candidat malheureux de la droite, rejeté systématiquement par les militants de son parti, avait pris fait et cause pour les émeutiers lors de la révolte dite des « gilets jaunes » en 2018, n’hésitant pas à contredire au passage ses déclarations précédentes sur le « cancer de l’assistanat ». Le voici aujourd’hui qui se transforme en soutien des chauffeurs de taxi dans leur combat contre l’Etat. On apprend d’ailleurs à cette occasion que la majorité du chiffre d’affaires de cette corporation est constituée de fonds publics de la sécurité sociale qui les rémunère ainsi de leurs prestations de transports médicaux. Les négociations en cours entre l’Etat et les taxieurs portent sur des économies à faire sur le coût de ces prestations, économies dont bien entendu ne veulent pas entendre parler les chauffeurs arguant que c’est la fin de leur corporation si on baisse d’un centime leur rémunération. Nous sommes en France…

    Les chauffeurs de taxi ont une capacité de nuisance significative puisqu’ils peuvent bloquer la circulation en défilant au ralenti en cortège aux volants de leurs voitures, et ne s’en privent d’ailleurs pas. Ils sont une corporation privée vivant majoritairement sur les fonds publics issus des cotisations sociales payées par les citoyens et les entreprises. Il ne devrait pas être impossible d’envisager une amélioration de leur productivité comme n’importe quelle entreprise ou organisation le fait tous les jours. On ne sait d’ailleurs plus vraiment où en sont les négociations mais on sait que la corporation est soutenue par Laurent Wauquiez grâce à une vidéo qu’il a commise et publiée sur Facebook.

    Son contenu n’est pas d’un grand intérêt. L’élu de droite endosse l’argumentaire de la corporation. Il est instructif de lire les justifications avancées par celui qui aspire à être président de la République. Florilège :

    Aujourd’hui les taxis sont colère [sic]…
    C’est une profession qui bosse et dans notre pays il y a suffisamment d’économies à faire sur ceux qui travaillent pas (sic) pour pas aller (sic) taper (sic) ceux qui travaillent…
    Deuxième chose… pour faire des économies de bout de chandelle alors qu’il y a plein de gaspillages on va déstabiliser tout le parcours d’accompagnement de santé, aussi bien dans nos territoires ruraux que dans nos territoires urbains.

    https://www.facebook.com/watch/?v=3911641555814533&surface_type=vod&referral_source=vod_deeplink_unit

    Comme tout le monde en France, on est toujours d’accord pour faire des économies, mais chez le voisin !

    Il n’est pas sûr que ce genre de soutien soit très porteur d’avenir pour Laurent Wauquiez qui vient de se faire doubler par Bruno Retailleau pour la présidence de Les Républicains qui a ainsi pris un peu d’avance pour la candidature de ce parti à l’élection présidentielle de 2027. Wauquiez, comme nombre d’élus français, n’existe que par ses annonces de nouvelles dépenses publiques ou la défense de dépenses actuelles. On se souvient qu’il eut une attitude plus qu’ambigüe lors de la réforme des retraites visant à mettre fin à la croissance continue des déficits de financement du système français. Sa position, et celle de son parti, plutôt tiède à l’égard de la réforme a probablement fortement contribué à la chute du gouvernement Barnier en 2024 et au chaos institutionnel qui en a résulté.

    Les électeurs et les militants « de droite » attendent sans doute des positions plus ambitieuses de ceux qu’ils portent à la tête de leur parti (leur « famille politique » comme on dit désormais). On peut imaginer que cette clientèle serait plutôt favorable à une maîtrise de la dépense publique, en tout cas moins défavorable que les électeurs « de gauche ». Mais même dans ce contexte favorable les élus de droite comme Laurent Wauquiez n’osent pas prendre leurs responsabilités et annoncer à leurs électeurs qu’il va bien falloir baisser les dépenses publiques !

    C’est aussi l’une des marques de la déresponsabilisation générale du pays.

  • Dans les allées arborées du XVIe arrondissement parisien

    Dans les allées arborées du XVIe arrondissement parisien

    Avenue Raphaël, séparée de la Muette par un agréable parc ombragé, les hôtels particuliers d’ambassades de pays improbables (République islamique d’Afghanistan, République du Surinam…) succèdent aux immeubles cossus de la bourgeoisie parisienne. Tous les bâtiments sont en retrait par rapport à la rue dont ils sont séparés par de larges trottoirs végétalisés sur lesquels cohabitent des rubans bitumés, l’un dédié aux « mobilités douces », l’autre aux piétons. Tout le monde a largement la place de circuler.

    Les bonnes philippines surveillent des enfants blondinets qui s’amusent sur les équipements urbains de jeux installés dans la verdure. Des jeunes filles font leur jogging en baskets Dior avant de rejoindre leurs amis pour un brunch avenue Mozart. Les arbres étendent leurs branches centenaires sur l’ensemble, lui donnant un caractère éternel et apaisé.

    Des immeubles modernes cassent un peu le style haussmannien qui reste majoritaire. Non seulement le trottoir est immense, mais les bâtiments ont aussi leurs propres espaces verts derrière des grilles en fer forgé. Tous, les anciens comme le plus récents, présentent une entrée de service sur le côté pour les fournisseurs ou le personnel de maison. Alors que les halls principaux d’entrée sont vastes et lumineux, généralement revêtus de marbre, les entrées de service sont étroites et modestes, donnant probablement sur des escaliers dédiés, eux-aussi « de service ».

    Les traditions perdurent : dans les immeubles haussmanniens comme dans ceux construits il y a 20 ans, on prend soin de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

  • L’illusion d’une écologie sans contrainte

    L’illusion d’une écologie sans contrainte

    Le monde politique français est en train de démonter les aspects écologiques de lois qu’il avait lui-même votées avec une mise en œuvre éloignée du moment du vote. A mesure que se rapprochent les échéances d’application de ces aspects on commence à réaliser qu’ils sont potentiellement contraignants et qu’ils vont donc obliger certaines corporations et même des citoyens à modifier leurs habitudes. Bien entendu ceux-ci se lèvent contre ces nouvelles obligations dont le respect entraînerait des coûts supplémentaires, ou, dans certains cas, seulement des modifications de leurs modes de vie. Bien évidemment, la situation « des plus précaires » est mise en avant pour contester la justification de ces mesures « d’écologie punitive ». Alors chacun utilise ses capacités de nuisance pour faire reculer le gouvernement et le parlement français est en train de démonter ce qu’il avait mis en place.

    On se souvient de la révolte dite des « bonnets rouge » en Bretagne en 2013 qui avait réussi à faire abroger le principe d’une « écotaxe », votée en 2008 dans le cadre d’un énième « Grenelle », celui de l’environnement. L’application de cette taxe avait été repoussée à plusieurs reprises avant d’être définitivement annulée devant la violence des agriculteurs et transporteurs bretons, largement soutenus par les autres régions.

    Aujourd’hui, dix ans plus tard, les élus sont en train d’abroger les ZFE (zones à faible émission) consistant à interdire les véhicules les plus polluants dans les centres de certaines villes, ou de réintroduire l’usage de certains pesticides dans l’agriculture. Une candidate aux élections municipales de Paris en 2026 (Rachida Dati) a annoncé qu’elle voulait rétablir la circulation automobile sur les voies sur berge transformées en espaces piétonniers depuis les années 2010. Et il en est de même pour toute une série de mesures législatives ou réglementaires de nature écologique.

    Ces revirements marquent le manque de constance de parlementaires qui votent des lois le lundi, s’aperçoivent le mercredi qu’elles vont provoquer du mécontentement chez certains de leurs électeurs à forte capacité de nuisance, puis votent leur abrogation le vendredi. Comme souvent en France, les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, un concept qui a à peu près disparu de la pensée des citoyens et de leurs représentants.

    Surtout, ils font définitivement tomber la fiction qu’évoluer vers une société plus écologique pourrait se faire sans contrainte. C’est le mensonge qui a été vendu par la politique : « non à l’écologie punitive, vous allez pouvoir continuer à vivre comme avant, rien ne changera et nous allons quand même sauver la planère. » Au pied du mur la France s’aperçoit que ce n’est tout simplement pas possible. Pour le moment on privilégie la facilité plutôt que l’effort. C’est un peu la même histoire avec les déficits des finances publiques…