Catégorie : France

  • 58,4% d’abstention aux élections municipales

    Près de 60% des électeurs en France ne se sont pas déplacés ce dimanche pour aller voter aux élections municipales. Cela en dit long sur la tartuferie des analyses entendues à longueur de temps sur les plateaux télévisés et les dîners mondains comme quoi le poste de maire est le dernier qui inspire le respect, que Monsieur le Maire est l’homme des « territoires », proche du « peuple » et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

    En réalité cela veut dire que sur dix pochtrons au Café du Commerce, six sont restés devant leur blanc sec contre quatre qui sont allés dans l’isoloir. La vérité c’est qu’une majorité de français se moque de son maire comme de sa première chemise mais saura, en revanche, trouver le chemin de la Mairie pour aller se plaindre et geindre de ne pas recevoir assez d’argent public.

    Ainsi va la France du XXIème siècle !

  • Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris !

    2ème tour des élections municipales à Paris XIVème (28/06/2020)

    La gauche alliée aux écologistes va sans doute emporter la mairie de Paris pour la quatrième fois consécutive dimanche 28 juin. Pour la quatrième fois cela signifie une durée totale de 24 années avec un ou une maire socialiste. Une telle durée est en soi inopportune. Quelle que soit la qualité des personnes en charge, 24 ans c’est trop pour le même parti et une alternance aurait été bienvenue déjà à l’issue du second mandat, soit 12 ans.

    Le plus improbable dans cette histoire est que les partis de droite soient incapables de faire liste commune alors que leurs programmes n’apparaissent pas considérablement différents. Un peu plus de sécurité pour les uns, un peu plus « d’urbanisme concerté et végétalisé » pour les autres. Aucun des 3 pieds nickelés ne parle de considérations financières et budgétaires, au contraire, on ne parle que de dépenses a priori nouvelles sans expliquer avec quelles recettes elles seront financées ; il ne faut pas effrayer le chaland ! Bref, tous ces nigauds se battent comme des coqs sur un tas de fumier, préoccupés par leurs égos personnels et préférant perdre de nouveau le pouvoir dans la capitale plutôt que de trouver un terrain d’entente et faire élire l’un d’eux trois. Personne ne veut avoir l’air de compromettre avec l’autre alors qu’il est assez probable que les électeurs conservateurs auraient plutôt plébiscité une telle alliance.

    Cette défaite annoncée est une véritable démonstration d’inefficacité des partis de droite par rapport à l’objectif fixé. Ce n’est pas très grave tant cette probable Bérézina du microcosme politique parisien ne va pas changer la face du monde dans la capitale, mais voir cette ville conservatrice incapable d’empêcher l’élection d’un maire de gauche a quelque chose de risible.

  • La République et les vaccins

    On se souvient que le mois dernier une déclaration du chef d’un laboratoire producteur de vaccins (Sanofi) avait déclenché l’émotion des commentateurs car il avait expliqué que les Etats-Unis d’Amérique finançant une partie de la recherche en cours pour mettre au point un vaccin contre le coronavirus, se verrait réserver une partie de la production de ce vaccin si celui-ci était trouvé. S’en suivirent une série de réactions outragée y compris de la présidence de la République affirmant que « le vaccin [doit être] un bien public et mondial, c’est-à-dire extrait des lois du marché ».

    Un mois plus tard la France annonce fièrement s’être alliée avec l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas pour cofinancer la recherche du laboratoire AstraZeneca qui s’engage en contrepartie à fournir ces quatre pays avec 400 millions de doses de vaccins une fois le produit mis au point. Bref, ce qui est contestable pour les Etats-Unis ne l’est pas bien entendu pour la France… Une telle attitude relève d’un nombrilisme politique dont la France est hélas coutumière.

    La vérité est que contrairement au slogan asséné par la République le vaccin est un produit dont la recherche est financée par des entreprises privées, éventuellement aidées par des fonds publics, produit dans des usines privées et commercialisés sur des marchés souvent publics, dans le cadre de programmes nationaux de lutte contre les maladies infectieuses. Il y a donc des investissements à mener (recherche, usines, circuits de distribution) et des recettes à encaisser pour amortir ceux-ci. Sauf quelques exceptions, les Etats ont laissé ce processus dans les mains du secteur privé depuis bien longtemps. Alors, comme pour la fourniture de masques de protection, chaque Etat cherche à privilégier sa propre population. C’est compréhensible !

    Sauf à imaginer un système de recherche et de production de vaccins sous l’égide des Nations Unies (un doux rêve), la première entreprise qui va mettre au point le premier vaccin contre le coronavirus va ensuite produire une première dose qu’elle va livrer à un premier client qui sera considéré comme privilégié. On ne pourra pas d’un coup mettre sur le marché plusieurs milliards de doses. Il y a des pays-clients qui seront servis en premier et d’autres… en dernier, « lois du marché » ou pas ! De même, le premier pays qui va recevoir la première dose va bien devoir l’utiliser pour un premier patient qu’il faudra bien désigner. Bref, cette notion de « bien public mondial » s’avère particulièrement fumeuse et vide de sens.

  • Collomb, 73 ans, accroché à Lyon « quoi qu’il en coûte »

    Dutreix / Le Canard Enchaîné (05/12/2018)

    Gérard Collomb, 73 ans, ex-Parti Socialiste, ex-La République en Marche (LREM), ex-sénateur, ex-député, dont la liste investie par LREM a récolté un score plutôt modeste au premier tour des élections municipales à Lyon, 22% et quelques, a décidé pour le second tour de s’allier avec le parti Les Républicains et d’abandonner la tête de liste. Le garçon ne sera plus maire, poste qu’il a occupé durant dix-huit ans, mais simple conseiller municipal pour six années de plus durant lesquelles il espère sans doute conserver une influence politique sur ceux qui assureront le pouvoir municipal à Lyon.

    Comme tout ceci est déplorable ! A 73 ans, l’homme n’a pas vraiment démérité, il sera rapidement oublié comme nous tous, mais n’aurait-il pas été plus judicieux de passer tranquillement la main à la génération suivante plutôt que de compromettre avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique pour conserver une dérisoire illusion de pouvoir ?

    D’autres énergumènes du même acabit s’accrochent à leurs postes électifs comme des moules à un rocher. Martine Aubry, 69 ans, les cheveux noirs de teinture, cherche à rempiler après déjà 18 années passées comme maire de Lille.

    L’un comme l’autre se pensent irremplaçables, se croient influenceurs indispensables au développement de leur ville, s’imaginent personnages centraux dans le cœur de leurs citoyens-électeurs. L’un comme l’autre se laissent déborder par un égo surdimensionné qui les empêche d’admettre qu’ils ont fait leur temps et qu’il n’y a pas de raison que la génération suivante réussisse aussi bien qu’eux. Et puis, dix-huit années au même poste ce sont au moins dix de trop. C’est la garantie de la création de clans, d’affidés, de clients, en plus, éventuellement de réalisations intéressantes.

    Gérard Collomb ne sera plus maire puisqu’il a renoncé à la tête de liste. Martine Aubry n’a pas encore gagné son deuxième tour où elle se frotte à son ancienne directrice de cabinet qui a été investie par LREM. Elle a 46 ans, soit 23 ans de moins que sa concurrente senior. Cette seule différence d’âge devrait suffire à la faire gagner !

  • Bienvenue dans l’industrie !

    Les nouveaux mots à la mode sont « relocalisation » et « réindustrialisation », employés à tort et à travers sur les plateaux télévisés peuplés d’experts mondains et au Café du Commerce. Deux micro-évènements devraient pousser tous ces « sachants » de pacotille à un peu de réflexion préliminaire pour enrichir leurs interventions.

    Depuis le début de la pandémie, nombre d’usines textiles ont été recyclées pour fabriquer des masques protecteurs. Il fallut quelques semaines pour monter en puissance à une période où l’Etat et les entreprises privées cherchaient à de procurer des masques partout à travers le monde pour compléter la production nationale insuffisante par rapport à la demande. Progressivement ces usines françaises ont augmenté les quantités produites et, dans le même temps, la demande diminuait. Le résultat est évidemment dans des stocks de masques invendus. Alors les producteurs privés se tournent vers la puissance publique (donc les contribuables) en exigeant que leurs stocks soient acquis par l’Etat !

    L’industrie (même celle de la fabrication de masques qui ne fait pas appel à des processus de haute technologie) est quelque chose de plus lourd à mettre en œuvre que les services. Il faut des usines, des machines, des plannings, des stocks (de matière première, de produits intermédiaires et finis). Il faut respecter des normes environnementales contraignantes (donc coûteuses) en Europe. Le taux de production d’une usine doit se rapprocher le plus possible de 100% de sa capacité sous peine d’être écrasée par des frais fixes qu’elle ne pourra amortir sur une production trop faible. L’ajustement de la capacité de production à la demande doit être permanente mais nécessite une anticipation raisonnable et des investissements/désinvestissements qui prennent souvent des mois. On ne double pas la capacité d’une usine en deux jours, l’industrie présente une certaine rigidité par construction. Les producteurs de masques sont en train de s’en rendre compte…

    Deuxième « poil à gratter », le syndicat des industries pharmaceutiques rappelle que si l’on veut « relocaliser » la production de principes actifs en France ou en Europe, outre les probables augmentations de coûts de production de ces produits, il faudra également que les citoyens acceptent de voir construire des usines chimiques, souvent classées « Seveso » dans leur environnement, car il s’agit bien de chimie. A l’heure où l’incendie de l’usine de Lubrizol à Rouen en 2019 continue à déclencher polémiques, enquêtes et actions en justice, il est bon de se rappeler que l’industrie présente des avantages mais aussi des risques. On imagine sans trop de difficultés la réaction des municipalités (et de leurs administrés) lorsqu’une demande de permis de construire une usine chimique sur leur territoire sera déposée…

    Bref, tout est possible pour autant que tous les éléments de cette éventuelle réindustrialision / relocalisation soient pris en compte. La « démocratie » impose sans doute que ces sujets soient aussi traités sur les plateaux télévisés et les réseaux dits « sociaux », mais ce serait l’honneur des animateurs et participants à ces débats d’éclairer Mme. Michu sur l’ensemble de la question au lieu de lâcher des slogans dans la nature, propres à déclencher de l’audience stopper toute réflexion et analyse.

  • Paris déconfiné…

    Le dernier “traumatisme” vécu par les parisiens est en train d’être levé. Après avoir expliqué pendant des semaines combien la fermeture des parcs et jardins de la capitale était un obstacle majeur au bien-être psychologique de ses administrés (il semble qu’aller se promener aux bois de Boulogne ou de Vincennes qui eux étaient rouverts depuis le 11 mai ne suffisait pas…) et un facteur de propagation de la pandémie de covid-19, la maire de Paris vient d’obtenir satisfaction et parade dans les parcs parisiens devant les caméras de télévision, derrière son masque chirurgical et sous ses cheveux dégoulinant de teinture. On croirait qu’elle vient de recevoir la reddition du Général von Choltitz après un dur combat !

  • Les nuisibles de la République

    Après Philippe Juvin déjà épinglé comme mélangeur d’intérêts croisés en temps de pandémie : médecin urgentiste, élu Les Républicains et geignard de plateaux télévisés, voici un revenant adepte des mêmes conflits d’intérêts. Philippe Douste-Blazy (surnommé Douste-Blabla en leurs temps par les Guignols de l’Info), 67 ans, médecin cardiologue, professeur de médecine, ex-ministre de la santé puis ex-ministre des affaires étrangères puis ex-ministre de la culture sous le règne endormi du Président Chirac, un accent toulousain débordant le confit de canard, ex-maire de Lourdes, ex-maire de Toulouse, ex-député des Hautes-Pyrénées, ex-député européen, ex-candidat incompris (qui n’a pas intéressé grand monde) pour la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé, ressort du bois comme consultant de plateaux télévisés d’experts. Comme il prend partie contre une partie de l’establishment médical, les chaînes qui l’invitent adore sa capacité à attiser le conflit corporatiste. On peut imaginer qu’il lui reste quelques connaissances scientifiques de ses lointaines études mais il est fort peu opportun qu’il profite des évènements sanitaires en cours pour se mettre en avant et participer avec gourmandise à l’affichage médiatique des divisions du monde médical.

    Lire aussi : Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

    On se souvient également que Douste-Blazy avait animé la chronique mondaine lorsqu’en 2005, ministre des affaires étrangères, il s’était retrouvé en caleçon dans les couloirs de la Mamounia, en train de s’engueuler avec sa compagne. La scène avait été largement rapportée en France et à l’Assemblée nationale. Toute l’intelligentsia française a défilé dans ce palace, souvent régalé par le Roi du Maroc, mais seul Douste-Blabla y a consenti une querelle de ménage en public. Un peu vulgaire pour le standing de ce palace déclinant. Plus récemment l’impétrant s’est présenté en 2ème position sur une liste aux élections municipales à Paris XVIème arrondissement, liste dissidente du parti Les Républicains qui a recueilli 3,28% des votes exprimés au premier tour, à la hauteur de l’importance de son numéro 2.

    En mémoire des hautes responsabilités qu’il exerça, de celles qu’il n’a pas pu atteindre et de son âge, le mieux serait que Philippe Douste-Blazy évite de faite l’expert de plateau télévisé en se plongeant dans la polémique comme un cochon dans sa fange. Une retraite anonyme à Lourdes serait certainement plus adaptée à son cas et tout le monde s’en porterait bien mieux.

  • Et hop ! Une première augmentation d’impôt à l’horizon

    Niant l’évidence, le pouvoir actuel continue à clamer qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts pour ne pas casser la reprise de la croissance comme cela avait été malencontreusement fait après la crise financière de 2008. Et tout le monde de se demander mais qui va payer pour tous ces milliards qui s’abattent sur les citoyens français ? Chacun pressent la réponse mais pas grand monde n’ose la formuler : c’est nous tous qui allons payer collectivement ces dépenses publiques pharaonesques et comme nos vies n’y suffiront pas, nos enfants continueront la tâche et probablement encore les générations qui suivront, et ceci dans l’hypothèse optimiste qu’aucune nouvelle crise du même ordre ne viendrait encore alourdir la barque au risque de la faire couler.

    Nous allons tous payer par un mix d’impôts, de cotisations et de dépréciations d’actifs monétaires, financiers et/ou immobiliers. Le premier coup de semonce vient d’être tiré avec la très probable reconduction de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) pour au moins une dizaine d’années. Cette taxe avait été créée en 1996 par le gouvernement de M. Juppé pour financer la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale), un machin public dans lequel avait été transféré la dette de la sécurité sociale de l’époque (environ 35 milliards d’euros) puisqu’il était clairement avéré que les cotisations sociales ne pourraient jamais suffire au remboursement de celle-ci. On chargeât donc les contribuables de la payer à la place des cotisants. Depuis cette époque quasiment chaque gouvernement, renonçant à équilibrer les recettes et les dépenses sociales, a refourgué à cette CADES des dizaines de milliards de dettes sociales. C’est devenu un jeu de bonneteau : les cotisations encaissées étant insuffisantes pour financer les dépenses engagées, on transfère les déficits sur le contribuable qui les rembourse en payant la CRDS qui était annoncée à sa création comme « provisoire ».

    Promis-juré, dès que la dette est remboursée on supprime la CRDS et tout est fini. Mais bien sûr, la France impécunieuse et mal gérée a continué à faire grossir cette dette sociale composée des déficits accumulés et la CRDS n’a jamais été abolie. Il a même fallu à plusieurs reprises proroger la durée de vie légale de la CADES… C’en est devenu une galéjade qui fait se tordre de rire tous les fiscalistes de la planète.

    Devinez-quoi ? Compte tenu de nouveaux gigantesques déficits sociaux dus à la crise sanitaire, le gouvernement français étudie actuellement un projet de loi pour proroger une nouvelle fois cette CRDS au-delà de 2024 qui était la dernière date d’extinction annoncée (après déjà deux ou trois reports). Il serait même question d’en augmenter le taux qui est resté fixe à 0,5% des revenus depuis sa création. Et voici donc la première augmentation (ou prorogation, ce qui revient au même) d’impôt coronavirus. La vérité est sans doute encore pire : cette taxe va être permanente et il faudra bien un jour ou l’autre entériner cette situation dans le droit fiscal.

    Devant cette absence de contrôle de ses dépenses et de sa dette, on comprend mieux pourquoi la France inspire tant de méfiance aux autres pays européens du nord plus rigoureux qui ne souhaitent pas « mutualiser la dette », c’est-à-dire payer pour un partenaire aux poches percées.

  • L’histoire du canapé délocalisé

    C’est l’histoire d’un canapé orange acheté au Galeries Lafayette il y a quinze ans, un modèle à deux places, modeste et convertible en lit, recouvert d’un tissu orange, payé sans doute moins de 1 000 euros à l’époque et sans doute fabriqué dans des pays exotiques à bas salaires, bref, un produit sans intérêt (ni valeur ajoutée) de la mondialisation. Le temps est passé et le tissu mérite d’être changé, la structure du canapé pouvant a priori survivre encore de nombreuses années. Le devis reçu pour recouvrir ce meuble est de 2 100 euros soit plus de deux fois le prix d’un canapé neuf de même standing.

    Pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris ce que veut dire concrètement délocalisation-relocalisation ce petit exemple du canapé orange l’illustre à merveille et mériterait d’être cité dans les débats oiseux et verbeux sur le sujet de « la chaîne de valeurs » qui hantent les plateaux télévisés en ces temps de pandémie planétaire où Mme. Michu semble découvrir que même son comprimé de paracétamol est fabriqué en Asie…

    Eh oui, l’heure de couture coûte plus cher dans le XIIIème arrondissement qu’au Bangladesh. Délocalisation veut dire dépendance mais faible coût donc favorable au pouvoir d’achat, relocalisation veut dire indépendance mais coût élevé donc défavorable au pouvoir d’achat, et cela joue particulièrement pour les produits à faible valeur ajouté comme un canapé, beaucoup moins pour un Airbus. Le propriétaire du canapé orange fait ses calculs pour déterminer s’il veut payer deux fois le prix d’un canapé neuf pour retapisser son canapé d’occasion. Il lui faut déterminer s’il est prêt à payer un surcoût d’environ 1 500 euros pour favoriser une couturière française et éviter un transport international du meuble. Ainsi va l’économie, l’indépendance et l’écologie ont un coût qui n’était pas payé jusqu’ici.

  • Le psychodrame des élections municipales en temps de pandémie

    Kiro / Le Canard Enchaîné (17/09/2017)

    La question de l’organisation du second tour des élections municipales est à nouveau sur la table. On se souvient su psychodrame déclenché par le maintien du premier tour le 15 mars dernier malgré la période de pré-confinement qui était déjà commencée. Ce dimanche électoral avait déclenché un assaut de joutes oratoires où la mauvaise foi se disputait à la beaufitude. Il apparaît que le gouvernement était alors plutôt en faveur d’annuler cette élection mais qu’après consultation des partis politiques, l’opposition avait crié au « coup d’Etat » en cas de report. Constatant ce dissensus le pouvoir avait finalement maintenu l’échéance. Evidemment à l’époque les sondages étaient plutôt favorables aux candidats d’opposition qui souhaitaient donc passer devant les électeurs pour entériner leur avance. Ceux-ci ne s’étaient pas gêné bien entendu pour reprocher ensuite au gouvernement d’avoir maintenu le premier tour… Les électeurs étaient eux allés prendre le soleil (et le virus…) dans les parcs ensoleillés plutôt que de fréquenter les bureaux de vote de la République.

    A ce stade on n’a pas identifié de lien significatif entre ces bureaux de vote et la circulation de la pandémie. Certainement des membres de bureaux de vote ont été contaminées à l’occasion de cette élection mais il semble que statistiquement ils ne l’aient pas été plus que s’ils étaient allés au jardin public du coin de la rue.

    Le deuxième tour du 22 mars avait évidemment été annulé et pourrait être reprogrammé fin juin. De nouveau consulté par le gouvernement sur une telle hypothèse, une partie de l’opposition, échaudée par les conséquences de sa volte-face politique de mars, se refuse à se prononcer arguant qu’il s’agit de « la responsabilité du gouvernement ». Encore un grand moment de responsabilité politique des élus payés par les impôts versés par les contribuables.

  • Le prévisionniste qui se trompe

    Patrick Arthus est polytechnicien, économiste, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis. Il s’est beaucoup trompé dans sa carrière de prévisionniste mais ce sont les risques du métier. En 2008 pendant qu’il se trompait dans son analyse de la crise financière occidentale, il ne voyait pas non plus que se développait au cœur de la banque qui l’emploie un des plus grands scandales financiers de la Vème République lorsque qu’un quarteron de dirigeants irresponsables et incompétents a joué avec l’argent des petits déposants des banques populaires et des caisses d’épargne sur le casino des marchés financiers. Les contribuables ont alors sauvé Natixis de la faillite.

    Au moins M. Arthus, qui prévoyait une crise financière de courte durée en 2008, admit que ses prévisions étaient erronées. Il est chevalier de la légion d’honneur, on ne sait pas bien pourquoi.

    La dernière théorie de M. Arthus est intéressante en ce qu’il prévoit que l’émission massive de monnaie centrale en cours dans la plupart des pays pour survivre à la crise sanitaire ne va pas générer une inflation galopante comme le postulent les sciences économiques mais une baisse de la valeur des actifs immobiliers. Dans un cas comme dans l’autre l’émission de monnaie sans rapport avec la production va dévaloriser les actifs. Que ce soient l’épargne de Mme. Michu ou la valeur de son bien immobilier quand elle en a un, elle va y perdre et se retrouvera avec moins de richesse une fois la crise passée. L’avenir dira si les prévisions de M. Arthus se révèlent une nouvelle fois erronées.

  • Souvenons-nous…

    N’oublions pas les noms des cadors politiques du Parlement qui ont voté contre le plan de déconfinement, ou se sont abstenus ce qui, au Sénat, a permis au « Non » de l’emporter : Julien Aubert, Valérie Boyer, Valérie Rabault, Boris Vallaud, Frédérique Dumas, Jean Lassalle, Sylvia Pinel, Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan, Samia Ghali, Marie-Pierre de la Gontrie, Patrick Kanner, Jean-Pierre Sueur, et bien d’autres… Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

    Lire aussi : La France éternelle…

    Ces forbans ont dévié de leur rôle, privilégiant la politicaillerie de Café du commerce à la conduite du pays, abandonnant leurs responsabilités d’élus au profit de leurs pitoyables petits égos, sur un sujet qui devrait pourtant emporter le consensus. N’oublions pas leur infamie !

    Lire aussi : La France, un pays irresponsable

  • Les milliards tombent comme les obus à Gravelotte

    Comme souvent, à situation équivalente, la France va dépenser plus d’argent public (celui des contribuables) que d’autres pays occidentaux pour essayer d’amortir les effets économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours. De prêts garantis par l’Etat en fonds de secours d’urgence, de mesures de chômage partiel en annulations de charges, les contribuables français se sont engagés dans des dépenses considérables, qui vont peser sur les finances publiques pour des décennies. Comme toujours en France, les revendications sociales sont fortes et même accrues à la suite de cette crise. Durant la période de confinement, ceux qui ont fait leur travail sur le terrain veulent des augmentations de salaires pour risques pris (personnel soignant, employés des magasins de distribution alimentaire, éboueurs, etc.), ceux qui ont été mis en chômage partiel (financé par l’Etat et non leurs employeurs) se verraient bien poursuivre ainsi jusqu’à que le risque soit complètement circonscrit et ceux qui sont d’ores et déjà sans emploi émargent en masse à l’assurance chômage.

    Tout le monde se plaint, tout le monde critique, tout le monde attaque l’Etat, chacun en veut plus pour sa corporation et se scandalise qu’elle ne soit pas considérée comme prioritaire et pendant ce temps les contribuables se sont fouiller les poches sans même s’en apercevoir. Les experts de plateaux télévisés regardent leurs courbes d’audience, sondent l’humeur de Mme. Michu sur l’Hydroxychloroquine et l’interroge : « Etes-vous en faveur de l’augmentation des salaires du personnel soignant ? Oui-oui-oui » en oubliant la question conséquente : « Etes-vous prête à payer plus de cotisations sociales ? Non-non-non ! ».

    En réalité le robinet des aides publiques est déjà largement ouvert et coule à flot. Le chroniqueur a pu constater qu’il a été crédité en 8 jours du chômage partiel de son employée de maison, que l’association d’insertion qu’il conseille a obtenu la garantie de l’Etat pour un prêt bancaire de 30 000 euros sur simple déclaration sur le site Internet de la Banque publique d’investissement (BPI), qu’un petit commerçant qu’il aide dans sa gestion a touché deux fois 1 500 euros d’aide en avril et en mai compte tenu de la fermeture de son magasin (soit plus que son salaire mensuel), etc. Il serait peut-être opportun que quelques journalistes regardent un peu plus loin que la niche fiscale dont ils bénéficient indûment, pour constater, chiffrer et relater ce qui fonctionne dans notre pays au lieu de chercher sans relâche à mettre en difficulté leurs interlocuteurs politiques.

    Les décideurs français sont à l’image de leurs électeurs et gèrent une crise, incroyable il y a encore 6 mois, comme ils le peuvent. Il y a certainement des erreurs commises, il y a des changements de pieds, il y a des questions sans réponse un jour dit, il y a des décisions prises qui ne satisfont pas tout le monde, il y a 26 000 morts connus à ce jour (sur une moyenne annuelle d’environ 650 000 en régime de croisière) mais la situation est gérée sans doute pas plus mal que dans les pays avoisinants. La seule chose que cette crise ne semble pas en voie de régler est le pessimisme tapageur des français, leur propension à se plaindre de tout et leur réflexe pavlovien à critiquer tout le monde sauf eux-mêmes.

  • L’enjeu « vital » des parcs et des plages

    Le déconfinement décidé à compter du 11 mai est progressif et certaines restrictions restent en vigueur. Un premier point doit être fait début juin sur les premiers effets, positifs comme négatifs, de ce déconfinement et en définir les étapes suivantes. En attendant, la France du Café du commerce se déchaîne et chacun y va de son petit intérêt particulier pour expliquer combien ces restrictions sont acceptables pour ses voisins, mais surtout pas pour lui-même.

    A Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts aux promenades mais pas les parcs et jardins car potentiels foyers de rassemblements humains susceptibles de favoriser la contamination des citoyens. Aussitôt chacun argumente tout et son contraire pour justifier ou contester cette mesure parisienne. Ces décisions ont été prises par des gens intelligents et compétents, il suffirait de les appliquer, consacrer son énergie à des questions plus sérieuses et attendre deux petites semaines la nouvelle évaluation de la situation pour une éventuelle réouverture des parcs et jardins. Mais non, nous sommes en France alors toute une partie de nos édiles rémunérée par les impôts que nous payons s’agite, ventile, mouline, dans la vacuité qui caractérise dédormais le débat public. Que ces gens travaillent et attendent début juin l’analyse de l’évolution de la pandémie pour savoir s’ils pourront aller se promener au Luxembourg, en attendant, s’ils ont véritablement besoin de voir des arbres ils vont au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes. Mais surtout : qu’ils bossent un peu plus au lieu de polémiquer sans cesse !

    Autre sujet qui semble vital pour la survie de notre nation : va-t-on pouvoir aller à la plage sans attendre la situation de la pandémie début juin ? Devant l’ampleur de cette question, le gouvernement a décidé de laisser les maires se coordonner avec les préfets pour en décider. Alors on a de tout, des plages qui restent fermées, d’autres complètement ouvertes, certaines en « ouverture dynamique » c’est-à-dire que vous pouvez vous baigner mais pas bronzer sur votre serviette, etc. Et dans chaque situation nous avons des râleurs et des soutiens. Cela en devient souvent risible, parfois le risque psychosocial est évoqué pour exiger la « réouverture » … On frise le grotesque mais c’est souvent ce que nous sommes : une bande de gaulois débrayés et râleurs, parfois créatifs.

    La bonne nouvelle est qu’un pays qui n’a pas d’autres sujets d’interrogation que savoir s’il pourra ou non déplier sa serviette sur une plage bretonne balayée par des vents glacés sans attendre début juin, est un pays qui ne va pas si mal que cela.

  • La CGT ne dévie pas de sa ligne

    Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

    Alors que l’entreprise Renault est soutenue à bout de bras, un peu par ses actionnaires, beaucoup par les contribuables nationaux, pour éviter sa cessation des paiements, le syndicat CGT parvient à faire annuler la décision de réouverture post-confinement de l’usine de Sandouville, ouverture dont les conditions sanitaires avaient été négociées et acceptées par les autres syndicats de l’usine. Pour atteindre son but la CGT a utilisé un vice de forme dans la procédure de communication de la direction avec les représentants syndicaux. Des courriels auraient été utilisés à la place de courriers recommandés.

    Cette entrave n’a fait que retarder de quelques jours la réouverture qui était souhaitées par les autres syndicats. Elle marque en tout cas la constance de la CGT qui suit sa ligne quoi qu’il arrive : retraite à 60 ans (sauf pour ceux qui bénéficient déjà d’une retraite à un âge inférieur et qui doivent le conserver), semaine de travail à 32 heures pour tous, pas de reprise du travail s’il n’y a pas zéro risque pour la santé, financement de toutes ces mesures par les contribuables et les cotisants.

  • Fiston-Lagardère reste en place, l’assaut d’Amber raté de peu

    L’assemblée générale du groupe Lagardère a rejeté à 79% toutes des résolutions proposées par le fonds activiste Amber Capital qui voulait prendre le pouvoir en remplaçant tous les administrateurs par des individus de son cru avec pour mission de remplacer le grand chef Arnaud Lagardère dont le mandat arrive à échéance l’an prochain. Grâce à ses nouveaux « amis » Bolloré et Sarkozy, le fiston Lagardère a sauvé son poste et son système. Le « loup » Bolloré étant désormais dans la bergerie il n’est sûr que Lagardère garde longtemps sa place dans l’édifice. D’ailleurs, Vivendi le groupe qu’il préside a continué à acheter des actions depuis l’assemblé générale du 5 et se retrouve aujourd’hui avec plus de 13% du capital du groupe Lagardère qui a publié les résultats de son assemblée assortis d’un remerciement ému :

    La Société remercie ses actionnaires de la confiance qu’ils ont exprimée, en soutenant la stratégie claire, responsable et ambitieuse qui leur est présentée avec transparence depuis de nombreuses années.

    COMMUNIQUÉS DE PRESSE Lagardère – 06/05/2020

    L’affaire ne va sans doute pas en rester là. A suivre…

    Lire aussi : La chasse est ouverte

  • La Corse a son plan de déconfinement

    Delambre / Le Canard Enchaîné (20/01/2016)

    Gilles Simeoni-avec-un-i-muet, chef du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, allié avec l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni-avec-un-i-muet, président de l’Assemblée de Corse, propose d’imposer un test à tous les touristes qui voudront se rendre en Corse pour leurs vacances d’été et n’accepter que ceux présentant un résultat négatif :

    L’accès à notre territoire sera conditionné par la présentation d’un certificat sanitaire « green pass », c’est-à-dire d’un test COVID négatif.

    Interview dans Corse Net Info – 06/05/2020

    La Corse n’étant pas encore indépendante, il est peu probable qu’une telle procédure soit légale. Si toutefois cette mesure était mise en œuvre, il faudrait bien entendu appliquer sa réciproque et imposer à tout résident corse voulant se rendre sur le continent de présenter un test COVID négatif.

  • Coronavirus en France : des morts et un enterrement de première classe

    La pandémie de coronavirus a fait à ce jour 25 000 morts en France (pour un nombre annuel moyen de décès de 640 000 morts) mais aussi un enterrement de première classe, celui des réformes qui étaient en cours et déclenchaient moulte grèves et émeutes depuis un an et demi. Compte tenu de l’effondrement économique actuel de la République qui va entraîner des faillites d’entreprises en masse et de nouveaux chômeurs en nombre, sans doute pour plusieurs années, on voit mal le pouvoir actuel reprendre la marche forcée des réformes qui bouleversent le quotidien des citoyens, notamment celle des assurances retraites et chômage.

    Ces évolutions dans les modes de fonctionnement de la France ont été annoncées comme « suspendues » au début de la crise sanitaire. On peut craindre que le provisoire ne devienne définitif ce qui posera un problème juridique car une partie de ces réformes a déjà été votée par le Parlement. Faudra-t-il défaire ce qui a déjà été fait ?

    Une fois encore la France va se cacher derrière une crise pour ne pas réformer alors qu’elle n’a pas profité des intermèdes entre deux crises pour le faire comme l’ont pratiqué les pays européens mieux gérés, majoritairement ceux du nord. Alors évidemment les pays mal gérés comme la France se retrouvent en plus mauvaise position pour affronter les dépenses supplémentaires rendues nécessaires par la prise en charge de la crise actuelle. Et bien entendu les pays « cigales » réclament la « solidarité » des pays « fourmis » pour les aider… Cette histoire est un éternel recommencement !

  • Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

    Philippe Juvin

    Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

    Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

    Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

    Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

    Atlantico (06/05/2020)

    Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

    Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

  • La France : un pays irresponsable

    Alors que la République a lancé la date du 11 mai pour commencer son déconfinement partiel, évolutif et progressif, comme d’ailleurs la plupart des pays avoisinants, certains ayant débuté dès cette semaine, tout ce que le pays compte de corporations se lamente, se plaint, tourne sa veste, dit noir aujourd’hui quand il disait blanc hier, attaque le jacobinisme de l’Etat et pleure car on leur fait courir trop de risques, etc. Bref, personne n’est content et, finalement, un certain nombre d’organisations et d’individus verraient bien continuer du confinement encore quelques semaines dans les conditions actuelles c’est-à-dire une prise en charge par la République de la rémunération de quelques dizaines de millions de personnes, l’indemnisation de nombre d’entrepreneurs indépendants et la garantie quasi-automatique de prêts aux entreprises grandes comme petites par dizaines de milliards. Les privilégiés préfèrent donc confiner plus longtemps plutôt que de prendre des risques sanitaires. La demande de ceux qui ont intérêt à reprendre leur activité rapidement comme l’hôtellerie-restauration sont couverts par les braillements des immobilistes. Comme souvent en France, les privilégiés crient plus fort que ceux qui le sont moins et chacun jette un voile pudique sur la seule vérité qui vaille : nous allons devoir tous payer pendant des générations pour ce désastre économique qu’il convient donc de limiter par une reprise économique raisonnée.

    Notre petit hexagone s’amuse à des polémiques sans fin. La dernière en date concerne la distribution de masques. La grande distribution a été autorisée à vendre des masques à partir de cette semaine, ce qu’elle va faire à prix coûtant semble-t-il. La pénurie de ces masques commence à se résoudre grâce à des commandes et des livraisons massives des secteurs publics comme privés. On pourrait s’en réjouir ? Eh bien non, certains professionnels de santé ont publié une tribune vengeresse en accusant les distributeurs de profiter de la situation. Il était envisagé de déconfiner ce 11 mai d’abord les enfants et de garder les personnes vulnérables à l’abri pendant encore quelques temps. Eh bien c’est l’inverse qu’il fallait faire compte tenu du « risque psychologique » d’isolement des personnes âgées et du risque sanitaire que l’on va ainsi faire prendre aux jeunes. Les autorités de santé n’adoptent pas les yeux fermés des traitements alternatifs mais préfèrent lancer des essais cliniques avant de se prononcer, eh bien ils sont taxés de « pétainisme ». Les plages restent fermées compte tenu du risque de rassemblement de foule qu’elles présentent du fait de leur attractivité, eh bien les élus bretons réclament un régime spécial car « ces plages sont notre jardin ». Le retour des enfants à l’école est facultatif et laissé à l’appréciation des parents, eh bien c’est une « lâcheté de l’Etat » qui fait ainsi porter une responsabilité insoutenable aux parents. L’Etat accusé de manquer de cohérence et d’un « cap clair » diffuse une note de 60 pages aux écoles pour encadrer leur réouverture, eh bien cela ne va pas et l’administration est soupçonnée de se décharger de ses responsabilités sur les élus des territoires. L’autorisation de déplacement sera fixée à 100 km du domicile, ça ne va pas, pourquoi ne pas avoir décidé 110 km. Etc. etc. etc.

    Un certain nombre de citoyens et d’organisations ont occupé l’inactivité de leur confinement pour déposer des rafales de plaintes judiciaires contre l’Etat, contre des ministres. La signature de pétitions est également un sport très pratiqué en période de crise sanitaire. Les plus naïfs auraient espéré que chacun se mette au travail pour atténuer les effets délétères de la crise. La reprise de l’activité nationale ne peut pas se faire sans risque puisque le virus continue à courir. Il y aura encore des citoyens qui seront contaminés, quelle que soit la date du déconfinement. Et il y aura encore des décès qui, peut-être, auraient pu être évités si les gens étaient restés chez eux. Il convient de faire preuve d’intelligence et de capacité d’adaptation là où les français favorisent la polémique et l’immobilisme. C’est le péché national à l’origine de la décadence de la nation, et celle-ci s’accélère !

    Dernier épisode, le Sénat a rejeté ce soir le plan de déconfinement présenté par le premier-ministre par 89 voix contre, 81 voix pour et 174 votes non exprimés. L’opposition de droite s’est abstenue et a laissé le vote contre de l’opposition de gauche l’emporter. Les cadors socialistes et communistes se sont donc opposés à ce plan qui, notamment, contenait des mesures sociales d’aides aux « plus défavorisés ». Ce vote n’a qu’une valeur consultative mais il est tristement représentatif de l’inefficacité française.

    Le vote du Sénat

    Groupe socialiste et républicain (71)

    Contre : 68 – M. Maurice Antiste, Mme Viviane Artigalas, MM. David Assouline, Claude Bérit-Débat, Jacques Bigot, Joël Bigot, Mmes Maryvonne Blondin, Nicole Bonnefoy, MM. Yannick Botrel, Martial Bourquin, Michel Boutant, Thierry Carcenac, Mme Hélène Conway-Mouret, MM. Roland Courteau, Michel Dagbert, Yves Daudigny, Marc Daunis, Gilbert-Luc Devinaz, Jérôme Durain, Alain Duran, Vincent Éblé, Mme Frédérique Espagnac, M. Rémi Féraud, Mme Corinne Féret, M. Jean-Luc Fichet, Mmes Martine Filleul, Samia Ghali, M. Hervé Gillé, Mmes Marie-Pierre de la Gontrie, Nadine Grelet-Certenais, Annie Guillemot, Laurence Harribey, MM. Jean-Michel Houllegatte, Olivier Jacquin, Mme Victoire Jasmin, MM. Patrice Joly, Bernard Jomier, Mme Gisèle Jourda, MM. Patrick Kanner, Éric Kerrouche, Jean-Yves Leconte, Mme Claudine Lepage, M. Jean-Jacques Lozach, Mme Monique Lubin, MM. Jacques-Bernard Magner, Christian Manable, Didier Marie, Rachel Mazuir, Mmes Michelle Meunier, Marie-Pierre Monier, M. Franck Montaugé, Mmes Marie-Françoise Perol-Dumont, Angèle Préville, M. Claude Raynal, Mme Sylvie Robert, M. Gilbert Roger, Mme Laurence Rossignol, MM. Jean-Pierre Sueur, Simon Sutour, Mme Sophie Taillé-Polian, MM. Rachid Temal, Jean-Claude Tissot, Mme Nelly Tocqueville, MM. Jean-Marc Todeschini, Jean-Louis Tourenne, André Vallini, Mme Sabine Van Heghe, M. Yannick Vaugrenard

    Groupe Union Centriste (51)

    Contre : 1 – M. Vincent Delahaye

    Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (23)

    Contre : 2 – MM. Jean-Pierre Corbisez, Joël Labbé

    Groupe communiste républicain citoyen et écologiste (16)

    Contre : 16 – Mmes Cathy Apourceau-Poly, Éliane Assassi, Esther Benbassa, M. Éric Bocquet, Mmes Céline Brulin, Laurence Cohen, M. Pierre-Yves Collombat, Mme Cécile Cukierman, MM. Fabien Gay, Guillaume Gontard, Mme Michelle Gréaume, M. Pierre Laurent, Mme Marie-Noëlle Lienemann, M. Pierre Ouzoulias, Mme Christine Prunaud, M. Pascal Savoldelli

    Sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe (6)

    Contre : 2 – Mme Sylvie Goy-Chavent, M. Stéphane Ravier

    Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

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