L’impréparation et le déni de nos dirigeants vont nous coûter bien plus cher qu’un stock de masques et des équipements hospitaliers décents pour faire face à la pandémie.
Mme. Michu au Café du commerce
Comme à son habitude Mme. Michu rouspète et rabâche ses plaintes en boucle au Café du commerce entre deux ballons de blanc sec. Elle est largement relayée par les « experts » de plateaux télévisés qui ont fait du sujet « masque » l’une de leurs polémiques favorites après avoir raillé et ironisé il y dix ans la constitution de stocks de vaccins et, déjà, de masques lors de l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. Ces stocks n’avaient finalement pas été utilisés puis avaient été très significativement réduits et la responsabilité de leur détention partagée entre l’Etat et les établissements hospitaliers.
A la question « serait-il préférable d’avoir un stock de masques plus important aujourd’hui » la réponse est évidemment oui, non seulement à Paris, mais dans tous les pays qui sont en chasse de volumes considérables de ces fameux masques dont la planète manque cruellement. A la question « faudra-t-il adapter le système de santé à ces risques épidémiques, ou en tout cas à certains d’entre eux », la réponse est évidemment oui en choisissant le niveau de risque que l’on veut couvrir. A la question « qui va payer », la réponse est évidemment : M. et Mme. Michu !
Plutôt que le pitoyable bal des pleureuses donné en spectacle sur les plateaux télévisés et au Café du commerce, le mieux est que toute cette énergie perdue soit consacrée à soutenir notre pays qui lutte contre cette maladie, pas plus mal que certains et bien mieux que beaucoup. On n’a pas assez de masques, eh bien les chaînes logistiques sont sur le terrain pour améliorer l’approvisionnement. Notre système de santé est dimensionné pour 5 000 lits de réanimation et ce n’est pas assez, eh bien le corps médical a réussi à faire passer l’offre à 10 000 lits en quelques semaines. Certaines régions sont dramatiquement touchées, eh bien on transfère dans d’autres villes des patients à coups de trains à grande vitesse transformés en ambulances, d’hélicoptères transformés en tapis volants. On a dû fermer les écoles et les universités, eh bien on a recyclé l’enseignement dans le cloud… etc.
Est-ce que tout ceci est 100% satisfaisant : non bien sûr. Est-ce que l’on ne se porterait pas mieux si le virus était resté en Chine : bien sûr que oui. Alors arrêtons de geindre, cessons de critiquer, gelons les polémiques, admirons ce qui fonctionne, soutenons les premières lignes, appliquons les recommandations. Bref, soyons moins franchouillards et plus efficaces, Mme. Michu y compris.
La polémique sur la pénurie de masques continue à faire rage en France dans le contexte de la crise sanitaire. Environ 100 millions de masques auraient déjà été distribués par les autorités de santé en fonction d’une liste de bénéficiaires prioritaires préétablie. 100 millions sont insuffisants par rapport au besoin mais ce n’est pas zéro.
Dès le début de la crise l’Etat français a réquisitionné toutes les productions de masques sur le territoire national, c’est-à-dire que ceux sortant des usines françaises (on parle d’une production d’une dizaine de millions par semaine, en cours d’augmentation) doivent être remis à l’Etat et ne peuvent donc pas être vendus à l’exportation. Des commandes publiques auraient été passées à l’étranger pour 1 milliard de masques supplémentaires afin de combler la pénurie. Le problème est que la grande majorité des pays atteints par le virus sont à la recherche de ces mêmes masques et que les pays producteurs font grosso-modo la même chose que la France c’est-à-dire qu’ils réquisitionnent leurs productions nationales pour assurer en priorité les besoins de leurs populations. L’arrivée de ce milliard de masques va sans doute se faire au compte-gouttes dans l’hexagone. C’est le fruit d’un « chacun pour soi » bien compréhensible en pareils circonstances, et il est difficile de reprocher aux autres de faire ce que fait la France sur son territoire national…
Pour l’avenir, la solution sera peut-être de reconstituer un stock de sécurité de masques pour le prochain virus baladeur. C’est techniquement assez simple à faire, il suffit de financer la dépense conséquente.
L’incertitude dans laquelle la pandémie de coronavirus plonge la planète laisse imaginer que le pire puisse en être une option de sortie. Ce serait évidemment un scénario hollywoodien mais le risque d’un véritable chaos n’est sans doute pas à exclure totalement. Chaos interne si des gangs profitaient de la situation pour semer le trouble ou, plus prosaïquement, que des mouvements sociaux mettent la France à feu et à sang. Chaos externe si, au hasard, la Russie décidait d’annexer la Géorgie ou d’envahir la Pologne. Ou si des extrémistes religieux décidaient de reprendre la route de Bamako Bref, gageons que l’intelligence et la raison prévaudront sur la planète au cours de cette crise sanitaire d’un genre nouveau.
On se souvient de l’initiative de parlementaires français qui avaient demandé l’organisation d’un référendum d’initiative populaire (RIP) pour se prononcer sur le projet de privatiser la concession sur 70 ans d’Aéroports de Paris (ADP). Cette procédure constitutionnelle nécessite qu’au moins 1/10 des électeurs inscrits sur les listes électorales se prononcent en faveur de ce référendum. Le nombre à recueillir était de 4 717 396 électeurs favorables sur une durée de neuf mois. Le Conseil constitutionnel en a décompté 1 093 030 entre le 13/06/2019 et le 12/03/2020 et a donc constaté que :
La proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris n’a pas obtenu le soutien d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales.
Décision n° 2019-1-8 RIP du 26 mars 2020
Evidemment, le décrochage boursier actuel rendait de toutes façons cette privatisation techniquement impossible mais force est de constater que le projet n’a pas trouvé les 4,7 millions de personnes disposées à faire un clic sur internet pour s’y opposer.
Le sujet reviendra bien un jour ou l’autre sur la table. En
attendant, la ressource pour les finances publiques qui était attendue de cette
opération devra être remplacée par une autre, à moins que l’on arrive à réduire
des dépenses par ailleurs pour compenser.
En compagnie des pays mal gérés du sud de l’Europe, la France
(en déficit de ses finances publiques depuis 1974) relance sa vieille idée de
mutualiser la dette européenne, espérant profiter de la crise sanitaire en
cours pour faire plier les pays du nord, et en particulier l’Allemagne. En fait
il s’agit de faire emprunter l’Union européenne en tant que personne morale,
sachant que les éventuels prêteurs savent que derrière cet emprunteur
multinational il y a des propriétaires que sont les Etats avec des bons et des
mauvais mais, l’un dans l’autre, les prêteurs espèrent que les dérives des uns
seront compensées par les vertus des autres. C’est un peu comme l’assurance
automobile, les bons conducteurs payent pour les accidents provoqués par les mauvais,
c’est le principe de la mutualisation. Dans le cas d’une dette européenne, les
mauvais élèves bénéficieraient d’un taux d’intérêt et d’un accès à la ressource
moyennés, c’est-à-dire meilleurs que ce qu’ils obtiendraient seuls. A l’inverse,
les bons élèves paieraient plus chers…
On imagine toutefois la difficulté d’une dette communautaire :
comment détermine-t-on le montant à emprunter, l’affectation des sous encaissés,
les parts respectives de chaque Etat dans le pool d’emprunteurs, le mode de remboursement ?
Que se passe-t-il si un Etat quitte l’Union avant l’échéance ou y rentre, etc. Bref,
nous sommes sans doute encore (très) loin de présenter la maturité et la
solidarité suffisantes pour mettre en œuvre une dette mutualisée.
D’ailleurs l’Allemagne et les Pays-Bas viennent déjà de dire (sèchement) non ! L’inquiétude des pays mal gérés réside sans doute aussi dans l’accès aux marchés : compte tenu de l’ampleur des sommes dont on parle, qui se chiffrent en centaines de milliards d’euros, trouveront-ils assez de prêteurs pour répondre à la somme de leurs besoins nationaux ?
Non, décidément, le mieux qu’aurait pu faire la République française eut été de rétablir l’équilibre de ses finances publiques avant la crise pour pouvoir affronter celle-ci dans de meilleures conditions sans avoir à devoir « faire la manche » auprès des pays nord-européens ! Cela n’a pas été fait et nous allons sans doute en payer les conséquences.
Les plus anciens se souviendront que « faire payer l’Allemagne » on a déjà essayé avec le Traité de Versailles signé en 1919 à l’issue de la Ière guerre mondiale. Conclusion, elle n’a pas payé et elle a de nouveau franchi le Rhin vers l’Ouest en 1940… Il convient donc de manier ce concept avec prudence et intelligence.
Les râleurs et les escrocs prospèrent en période de crise,
rien que de très normal tant que cela reste statistiquement minoritaire. En l’occurrence
on est en train de dépasser les bornes de la décence avec des dénonciations qui
rappellent le temps où la grand-mère de Mme. Michu dénonçait son voisin
juif au siège de l’officine française de la gestapo rue Lauriston durant l’occupation
allemande de la France lors de la IIème guerre mondiale.
Aujourd’hui des infirmiers et infirmières qui sont amenés à
croiser des malades du coronavirus dans leur activité professionnelle reçoivent
des courriers, anonymes ou pas, de voisins des immeubles dans lesquels ils
habitent leur demandant de veiller à ne pas toucher les boutons d’ascenseur, de
se garer plus loin, etc… et même d’aller « habiter ailleurs si possible ».
L’un d’eux a reçu un courrier officiel du syndic de l’immeuble qui s’est excusé
ensuite.
Les arnaqueurs font par ailleurs preuve de créativité et d’énergie
pour escroquer ladite Mme. Michu qui, une fois qu’elle a dénoncé son
voisin, se fait fourguer des faux masques de protection vendus sur internet par
des aigrefins de passage.
Cette montée de ploucitude
est désolante, sans doute inévitable en de telles circonstances où la peur
prend le pouvoir sur les neurones de certains, déjà bien atteints par des
décennies de match de fouteballe à la télévision et les tweets de Nadine
Morano.
Ça y est, il n’aura pas fallu attendre plus de quelques semaines après le déclenchement de la crise sanitaire pour que des individus portent le sujet devant la Justice. En l’occurrence, quelques médecins généralistes attaquent l’Etat pour que les masques FFP2 (à haut niveau de protection) soient fournis aux généralistes. Si l’Etat était déclaré coupable il serait dans l’obligation de fournir ces masques qu’il n’a pas en quantités suffisantes pour le moment d’où la gestion de pénurie. C’est un peu comme ce fameux droit opposable au logement que le président Chirac avait fait voter dans un grand élan de générosité (et sans doute pour avoir la paix) obligeant l’Etat à fournir un logement social à toute personne sans logement répondant par ailleurs à quelques conditions, distribution qu’il est évidemment incapable de faire puisqu’il n’en détient pas assez.
Cette déplorable tendance franchouillarde à polémiquer et à trouver des têtes à couper se manifeste une nouvelle fois, et en plein cœur d’une crise grave. Ces médecins n’ont-ils rien de mieux à faire que d’ester en justice par les temps qui courent ? Il y a pour le moment un écart entre l’offre et la demande de masques qui semble-t-il est en voie de réduction. Des gens intelligents et opérationnels s’occupent d’augmenter les capacités de production nationales. Des millions de masques sont produits et distribués chaque semaine, d’autres sont commandés à l’étranger. Ne doutons pas que chacun fait le maximum pour participer à la réduction du goulot d’étranglement, les actions en justice n’y changeront pas grand-chose sinon de satisfaire les égos de plaignants en mal de gloriole personnelle peu soucieux d’efficacité opérationnelle, et d’emboliser un système judiciaire lui aussi au ralenti.
C’est d’autant plus regrettable que cela risque d’être le début d’une longue litanie d’actions judiciaires que devrait mener un peuple développant un réflexe pavlovien : « c’est la faute à l’Etat » ! Si tous les citoyens pouvaient se mettre au travail et consacrer toute leur énergie à la résolution de la crise ce serait bien.
C’est le printemps, les récoltes de fruits et légumes s’annoncent
pour les jours à venir et l’habituel flux de travailleurs agricoles immigrés se
tarit du fait de la fermeture plus ou moins hermétique des frontières
nationales. Alors le principal syndicat agricole français fait appel aux bonnes
volontés pour aller cueillir les fruits et légumes dans les champs. Il
manquerait 200 000 travailleurs dans les champs :
Voici un effet plutôt inattendu de la fermeture des
frontières. Et l’on découvre les travaux que les citoyens français ne veulent
plus ou ne savent plus faire, et pour lesquels la République fait appel à l’étranger.
C’est un bon exemple du sujet de la « démondialisation » qui devrait
venir sur la table à l’issue de la crise. Si l’on veut résoudre cette
dépendance à l’étranger pour notre agriculture il faudra juste trouver
200 mille personnes chaque année pour les 3 mois de récolte printanière.
Pour cela il faudra peut-être augmenter les salaires versés ce qui accroîtra le
prix du kilo de carottes payé par Mme. Michu au marché ; ou alors
réquisitionner des travailleurs. Ce débat sera mené demain et promet nombre de
polémiques franchouillardes, d’autant plus qu’il ne sera qu’un des sujets au
milieu de bien d’autres similaires.
Au-delà des mesures sanitaires qui sont prise en France et
dans le monde pour essayer de limiter les effets mortifères de l’épidémie actuelle
de coronavirus, les Etats annoncent des plans de relance à coups de plusieurs
centaines de milliards pour soutenir leurs économies durant cette période qui
devrait être en principe provisoire. Il faut éviter les faillites en cascade d’entreprises
de toutes tailles afin qu’elles aient la capacité de reprendre leurs activités
lorsque l’épidémie touchera à sa fin. En France ce serait 33% de l’économie qui
serait actuellement à l’arrêt. La République française annonce un premier plan
de 300 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et le chômage
partiel ainsi qu’éventuellement des nationalisations si le besoin s’en fait sentir,
la Banque centrale européenne prévoit une injection de liquidités de
750 milliards pour la zone euros, y compris du rachat de dettes publiques,
les Etats-Unis annoncent 2 000 milliards de soutien, etc. Ce sont des
méthodes « coup de massue » qui n’avaient pas été employées lors de
la crise de 1929 mais qui avaient mise en œuvre après la crise des
traders-fraudeurs de 2008. Espérons qu’elles seront efficaces également pour
cette crise sanitaire d’un nouveau genre.
Ce que ne disent pas les dirigeants à Mme. Michu c’est
que c’est elle qui va payer toutes ces dépenses in fine. En cela l’après crise devrait être particulièrement
intéressante lorsqu’il faudra passer à la caisse. Bien évidemment les corporations
qui auront pris des risques pour lutter contre l’épidémie réclameront des sous
en dédommagement, le corps médical sera au premier plan, mais pas seulement.
Les forces de sécurité notamment devraient aussi être en première ligne pour
les revendications financières. A ce stade le pouvoir ne remplit que la colonne
des dépenses, celle des recettes est laissée sous le tapis mais il faudra bien
l’aborder à un moment ou à un autre. Les méthodes habituelles seront mises en œuvre :
création monétaire puis que Banque centrale et Union européenne acceptent d’ouvrir
les vannes, création qui ne déclenche toujours pas d’inflation ce que les économistes
n’arrivent pas vraiment à expliquer, augmentation des impôts (voire
rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes – ISF), baisse des dépenses
de certains budget jugés dispensables (faut-il vraiment dépenser des milliards pour
organiser des jeux olympiques à Paris en 2024 ?), etc. Mais ce qui est sûr
c’est que ce sont bien les citoyens et les entreprises qui vont payer l’addition
ce qui risque de déclencher des réactions violentes en France où la moindre
réforme entraîne généralement manifestations et émeutes.
Evidemment, les pays mal gérés comme la France ou la Grèce,
en déficit de leurs finances publiques depuis des décennies, n’ont pas su mettre
des sous de côté lors des cycles économiques positifs. C’est la fable de la
cigale et la fourmi. Il est sans doute peu probable que les générations
actuelles verront un jour la République devenir la fourmi…
La progression de la pandémie de coronavirus entraîne des décisions nationales de confinement d’une partie de la planète. A ce jour ce sont 2 milliards de citoyens de la planète qui seraient confinés chez eux de façon plus ou moins drastique. Sur une population de 7,5 milliards d’habitants cela fait quand même près de 25% de la planète ! Le corps médical mondial semble impuissant pour le moment à endiguer cette épidémie autrement qu’en imposant aux gens de rester chez eux pour couper tout contact entre les personnes et limiter la contagion. Sans aucun doute les systèmes de recherche scientifique travaillent d’arrache pieds pour identifier traitements et vaccins, mais pour le moment, s’agissant d’une nouvelle maladie virale on ne sait pas quoi faire.
Il y a déjà des quelques milliers de morts répertoriés au titre
de ce virus, ce chiffre va continuer à progresser. On frémit en pensant ce que
va donner cette pandémie lorsqu’elle va débouler sur le continent africain. Mais
en principe l’épidémie s’arrêtera toute seule le moment venu, les spécialistes
parlent de quelques mois. Du moins c’est ce qui s’est toujours passé dans l’Histoire.
Espérons que cette pandémie ne dérogera pas à l’habitude…
En attendant une partie de l’économie mondiale est à l’arrêt
et les effets négatifs vont être gigantesques, à la hauteur de ceux de la crise
financière de 2008 déclenchée par la voracité et l’incompétence d’un secteur
financier défaillant. Cette fois-ci le sinistre est produit par Dame Nature.
Nous verrons dans quelques mois qui aura été le plus nuisible des financiers
cupides ou du virus baladeur.
En France les choses vont à leur rythme habituel entre respect des directives de confinement, polémiques sur les ondes, débat sans fin de « spécialistes » et de « communicants » sur un sujet qu’ils ignorent et bien entendu incivilités ordinaires, notamment une invasion de bobos fuyant les villes pour vivre le confinement dans leurs résidences secondaires, au grand dam des habitants locaux qui voient ainsi arriver d’éventuels citoyens contagieux. C’est notamment l’insurrection sur l’Ile-de-Ré où 3 000 bobos, essentiellement parisiens, seraient venus s’installer dans leurs maisons de campagne, apportant avec eux leurs miasmes et leurs comportements :
Facebook du 23/03/2020
Où va-t-on si la Seine Saint-Denis se met à déteindre sur l’Ile de Ré ? Les recommandations officielles étaient de limiter au strict nécessaire les migrations inter-villes. On peut imaginer sans trop de risque de se tromper que les 3 000 parisiens détenant une résidence secondaire sur l’Ile de Ré ne doivent pas être logés dans des HLM de la Seine Saint-Denis et qu’ils auraient pu vivre le confinement dans des conditions pas trop désagréables dans leurs appartements du 7ème arrondissement. Ils n’ont manifestement pas eu la même lecture et se sont précipités dans les gares avec bien d’autres ce samedi 21 mars pour quitter le navire des grandes villes. On a vu dans l’Histoire de France exodes plus douloureux.
Au-delà de ces attitudes discutables, les personnes qui travaillent dans des secteurs vitaux sont priées de continuer à bosser, c’est évidemment le cas du personnel de santé qui est sur le pont pour parer à la crise dans la mesure des moyens disponibles et qui doivent être légèrement agacés de ces petites histoires franchouillardes s’ils ont du temps à y consacrer, ce qui n’est sans doute pas le cas. Il faut aussi nourrir les confinés alors l’agriculture et la distribution travaillent, les services indispensables (eau, énergie, communication) aussi. C’est bien.
L’épidémie du coronavirus « Covid 19 » continue à se répandre sur la planète devant des citoyens médusés et incrédules, spécialement dans les pays riches qui se croyaient définitivement à l’abri de ce genre de mésaventures, assis sur leurs certitudes technologiques. C’était une erreur que nous pouvons méditer tout à loisir, confinés dans nos logements pour quelques semaines. Ou comment un simple virus met la planète à genoux ; nous sommes décidément bien peu de choses !
Les polémiques franchouillardes circulent encore plus vite
que le virus, entretenues par le bouillon de culture que sont les médias
radio-télévisés et les médias dits-sociaux. Les deux principales concernent l’insuffisance
de masques destinés à protéger ceux qui les portent de la contagion et la
question de savoir si le système de santé français permettra d’absorber le pic
de l’épidémie et de traiter en réanimation ceux qui le nécessiteront lorsque
ledit pic sera atteint.
Les journalistes et médecins de plateaux télévisés ânonnent
sans relâche qu’il y a une pénurie de masques tout particulièrement pour le
personnel soignant, et pour bien d’autres professions en général. Pénurie il y
a : les dirigeants et les producteurs de masques font ce qu’ils peuvent
pour y remédier. Les premiers ont réquisitionné toutes les productions faîtes
en France afin d’empêcher qu’elles puissent être exportées puisque,
grosso-modo, la plupart des pays européens font face à une très forte demande
de ces accessoires. D’après les informations sérieusement sourcées les
capacités de production nationales augmentent progressivement sans pour autant
rejoindre la demande également en forte augmentation. Les polémistes mondains font
pleuvoir la critique sur le pouvoir en place, coupable d’aveuglement et de
mondialisme, voire de comportements criminels « on envoie nos soignants au
casse-pipe…[1] »
et bla-bla-bla. Il semble qu’il existait un stock stratégique de masques détenu
par l’Etat il y a une dizaine d’années mais que celui-ci aurait été déstocké après
avoir été jugé inutile, cette décision faisant suite à la polémique de grande
ampleur apparue à la suite de la décision publique de stocker plusieurs
dizaines de millions de vaccins contre la grippe H1N1 en 2009, vaccins
finalement non utilisés. Les mêmes commentateurs avaient alors raillé la
ministre de la santé de l’époque Roselyne Bachelot, avaient ironisé sur toutes
les antennes sur ce « scandale d’Etat ». Les mêmes aujourd’hui, ou
leurs successeurs de la même engeance, tombent à bras raccourcis sur « l’imprévoyance
du gouvernement »… Bon, il y divergence entre l’offre et la demande de
masques, celle-ci devrait se résorber progressivement, c’est évidemment ennuyeux
mais ce n’est pas non plus la peine de ne parler que de ça cela ne fait pas
avancer la résolution du problème plus vite. Des gens sérieux et opérationnels s’en
occupent en dehors des plateaux télévisés.
Deuxième sujet récurrent : y-aura-t-il assez de lits de
réanimation pour accueillir les 5% de malades gravement atteints au pic de l’épidémie ?
Là encore la question est rabâchée à toutes les sauces par les commentateurs
mondains et assénée à tout intervenant sur le sujet. La réponse est : « on
ne sait pas » puisque personne n’est en mesure d’évaluer combien de
patients seront à traiter le moment venu. Ce que l’on sait c’est que les
responsables développent tout ce qu’ils peuvent pour augmenter ce nombre lits
de réanimation et lisser la courbe de l’épidémie pour essayer d’atténuer la
divergence entre l’offre et la demande. Il y aurait 5 000 lits de
réanimation disponibles en temps normal et l’on devrait atteindre 10 000 lits
sous peu. S’il y a 20 millions de personnes contaminées et que 5%
nécessitent des soins intensifs cela ferait un besoin d’un million de lits de
réanimation si toutes ces personnes étaient malades au même moment, d’où les
actions de confinement en cours pour lisser la courbe de progression de la
maladie. Il est probable que, comme en Italie, nous n’y arriveront pas
complètement et qu’il y aura sans doute des décès qui auraient pu être évités
si le système de santé offrait 1 million de lits de réanimation au lieu de
10 000. On peut polémiquer sur ces simples statistiques, chercher des
têtes à couper, parler dans le vide, surfer sur la peur et l’ignorance comme en
ce moment sur les ondes radio-télévisées, mais plus difficile est de réfléchir
sur ce sujet épineux. Après tout, il est assez simple de passer de 10 000 lits
de réanimation x milliers (ou millions), il suffit de payer.
Si demain la République veut accroître ses stocks de
sécurité de masques, de blouses, de lits de réanimation, de personnel soignant,
etc. il suffit de dépenser plus. Ce n’est pas un problème technique mais une
question budgétaire. Nous avons un parlement qui examine chaque année le budget
de la sécurité sociale, dépenses comme recettes, et qui peut le doubler, le
tripler ou le décupler. La difficulté sera évidemment d’expliquer aux citoyens
comment ces augmentations seront financées car il faudra dans ce cas accroître
les cotisations, les impôts, diminuer d’autres budgets pour compenser, sans
doute un peu des trois. Et cela risque d’être douloureux mais c’est la grandeur
de nos démocraties de prendre ce genre de décisions démocratiquement !
Rappelons une nouvelle fois que la corporation des titulaires
de cartes de presse donneurs de leçons bénéficie d’une niche fiscale sous forme
d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi
». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins,
générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont
les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public,
qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.
Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale
imméritée et d’en allouer le produit à la reconstitution d’un stock de masques
chirurgicaux. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des
fonds publics.
[1]
Ivan Rioufol de Valeurs Actuelles sur un plateau
Manuel Valls, ex-ministre de l’intérieur de la République
française, ex-premier ministre, ex-ennemi intime de Martine Aubry, ex-député
élu en 2017 puis démissionnaire de l’assemblée nationale pour présenter sa
candidature à la mairie de Barcelone, l’impétrant bénéficiant de la double
nationalité franco-espagnole, ex-battu à plates coutures à ladite mairie, mais
néanmoins élu conseiller municipal, produit des interviews dans la presse en ce
premier trimestre pour faire savoir qu’il serait disponible pour servir
République française, tout en précisant bien entendu qu’il n’est « candidat
à rien ».
L’instabilité de ce garçon est tout de même étonnante. Après
avoir démissionné de son mandat de député français en début de mandat, il envisagerait
de démissionner de son poste de conseiller municipal espagnol de Barcelone, quelques
mois après son élection, pour revenir servir Paris ; retour vers la
République après un petit passage dans la Monarchie, mais que veut-il
exactement ? Quelles sont ses véritables convictions ? Comment mieux illustrer
l’incohérence de la double nationalité que par son comportement divaguant ?
Sa proposition n’a d’ailleurs
pas vraiment déclenché un enthousiasme populaire ni politique. Entre réformes et
coronavirus la République a d’autres soucis que d’assurer les vieux jours de
M. Valls. Non, le mieux est qu’il assume son mandat de conseiller
municipal, pour lequel il a démissionné de l’assemblée nationale française,
jusqu’à son terme en respectant l’engagement qu’il a pris devant les électeurs
espagnols. On pourra éventuellement voir, ce terme venu, si la République a
besoin de Manuel Valls.
Depuis que la France est devenue l’un des épicentres européens
de l’épidémie de coronavirus, ce sujet sanitaire occulte tous les autres. Outre
les journalistes qui se sont tous érigés en experts épidémiologiques, un nombre
significatif de représentants du corps médical se succède sous les spotlights pour
édifier les spectateurs d’avis et de commentaires dispensables, souvent
contradictoires, parfois polémiques. Les journalistes-experts adorent insister sur
lesdites contradictions en pointant le fait que untel a dit ceci il y a deux
jours et dit maintenant cela. Ils n’ont pas encore admis qu’une épidémie est évolutive
et peu prévisible, alors les tactiques et stratégies mises en place évoluent au
jour le jour en fonction de la situation. C’est ce pourquoi les contribuables
payent leurs dirigeants politiques.
En revanche, on s’étonne un peu que ces médecins variés aient tant de temps à perdre sur les ondes radio-télévisuelles. Compte tenu des circonstances ne serait-il pas plus opérationnel pour le système de santé qu’ils soient au travail dans leurs cabinets et hôpitaux plutôt qu’à bavasser sur les plateaux ? Ensuite on a des décisions politiques liées à cette crise sanitaire qui sont prises tous les jours, elles-mêmes basées sur un « conseil scientifique » plutôt transparent qui publie désormais ses analyses via des communiqués lisibles par Mme. Michu. Alors Messieurs les professeurs de plateaux télévisés, le mieux est que vous alliez travailler pour appliquer les instructions politiques, aider vos collègues surchargés, ou que vous vous reposiez de vos efforts, mais votre envahissement des ondes est juste du temps perdu et détourné de la juste cause.
Dans un petit bureau de vote parisien c’est le désert pour ce premier tour des élections municipales. Pendant ce temps, le jardin public contigüe est plein de familles prenant le soleil, allongées sur les pelouses ou faisant la queue devant la bicoque à confiseries. La veille au soir le premier ministre avait appelé les citoyens à rester chez eux pour cause de virus baladeur, sauf pour faire leurs courses alimentaires et voter… Il y a encore un peu de travail à faire pour améliorer le sens civique de la population.
Les journalistes et commentateurs mondains, piliers de
plateaux télévisés de chaînes d’information en continu, se sont érigés en
experts épidémiologiques depuis que l’Europe, et tout particulièrement la France,
est attaquée par un virus contre lequel il n’existe à ce stade ni traitement ni
vaccin. Les mêmes qui ricanaient en 2009 face à la commande de vaccins faite par
souci de prudence par l’Etat contre la grippe H1N1, puis finalement annulée, raillent
aujourd’hui les autorités de santé de n’être pas assez prudentes en maintenant
pour demain le premier tour d’élections municipales alors que le pays s’enfonce
dans la crise sanitaire et les mesures de confinement.
Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de
presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur
leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par
les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement
responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils
sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être
un gage de qualité et non de beaufitude.
Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale
imméritée et d’en allouer le produit à la recherche pour un vaccin contre le
coronavirus actuel. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation
des fonds publics.
Les commentateurs et journalistes mondains qui édifient
Mme. Michu sur l’évolution du virus qui attaque la planète entière ont
manifestement du mal avec la science statistique. Ceux qui se veulent
rassurants n’arrêtent pas de répéter que 80% des patients s’en sortent avec un
peu de paracétamol, 15% doivent être traités plus sérieusement, éventuellement
à l’hôpital, et les 5% restant nécessitent des soins intensifs en réanimation,
dont 1% décèdera. Le problème dans ce ratio n’est donc pas le numérateur mais
bien son dénominateur. Si 15 millions de citoyens sont infectés cela fera donc
750 000 personnes (5%) à passer en réanimation (heureusement pas toutes en
même temps) et 150 000 morts (1%).
Le débat suivant concerne la capacité d’accueil des hôpitaux
qui serait « le résultat scandaleux du sous-investissement de l’Etat dans
son système de santé depuis des décennies ». Là encore le calcul
statistique fait partie des critères de choix des stratégies. C’est un peu
comme la construction d’une digue : on la dimensionne pour résister à la
crue triennale, décennale, centenaire, millénaire, qu’importe mais elle aura
une limite de résistance. Tout dépend de la hauteur de la vague. C’est une
question de coût et de calculs techniques des ingénieurs responsables de la
construction.
On parle d’une capacité de 5 000 lits de réanimation en
France. Manifestement cette capacité est à peu près suffisante en temps « normal »
mais n’a pas été dimensionnée pour une pandémie de coronavirus. Si l’on veut
passer cette capacité à 100 000 lits c’est assez simple : il suffit
de payer pour de nouveaux hôpitaux, du matériel et du recrutement de personnel
médical. Pour ça il existe un parlement qui statue chaque année sur le budget
de la sécurité sociale. Il peut décider de doubler, quintupler, décupler le
budget actuel en indiquant aux citoyens les sources de financement à mettre en œuvre
pour ce faire : cotisations sociales, impôts ou autres, car à la fin c’est
bien le citoyen qui paiera.
Laissons passer l’épidémie actuelle qui provoque pas mal d’émotion,
peu propice à des réactions raisonnables et, certainement, le débat reviendra
sur la table une fois l’orage passé. En attendant il faut juste espérer pour
soi et ses proches que nous resterons dans les 80% d’infectés qui se soignent
au Doliprane. Statistiquement c’est le cas le plus probable…
Entendu au Café du commerce entre une gamine de 25 ans qui veut claquer la bise à un senior de 62 en ces temps d’épidémie de coronavirus :
– Le senior qui refuse la bise : en principe les recommandations des autorités de santé sont de ne pas s’embrasser ni se serrer la main, – La gamine dépitée : mais tout ça c’est des co… et si je les applique, qu’est-ce que je fais dans le métro pour ne pas être contaminée ? – Le senior : eh bien si déjà tu élimines deux sources potentielles c’est déjà mieux que de ne pas les éliminer, non ? – La gamine : c’est une véritable psychose, cela n’a pas de sens, la grippe ordinaire est bien plus grave, – Le senior : mais est-ce que vraiment arrêter pour un temps de serrer des mains bouleverse à ce point ta vie et ton psychisme que tu ne puisses pas le faire ? – Et blablabla, et blablabla…
On a ici un bon exemple d’une réalité déjà soulignée par Mongénéral en son temps : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? » Entre ceux qui dénient l’épidémie en refusant d’appliquer les recommandations de santé publique comme la gamine précitée et les bataillons de Mme. Michu qui se ruent dans les supermarchés pour dévaliser les rayons de nouilles, nombre de français refusent juste d’être raisonnables. Ainsi va la République !
Alors que depuis des mois les débats mondains d’une presse
mal informée et peu compétente nous abreuvent de prévisions pessimistes sur la
crise des vocations pour les élections municipales : plus personne ne
voudrait être maire, nous faisons face à une « crise des vocations »,
c’est un risque énorme pour notre démocratie et bla-bla-bla et bla-bla-bla.
Ce matin le journal Le
Monde rapporte que le Ministère de l’intérieur lui a communiqué qu’à la
date limite de dépôt 20 765 listes rassemblant 902 465 candidats avaient été
déposées officiellement. Pour environ 36 000 communes cela fait donc une
moyenne de 25 candidats par commune. Malgré tout, 106 communes n’auraient aucune
liste candidate, ce qui concerne donc 0,29% du total des 36 000 communes. On
a vu pire comme « crise de vocations »…
Les débatteurs mondains se sont lamentés sur les maires qui se plaignaient et menaçaient de ne pas se représenter en oubliant complètement qu’il y avait bien d’autres candidats prêts à prendre la relève. C’est une nouvelle illustration du syndrome français : on généralise ce qui est minoritaire et va mal. C’est d’ailleurs une bonne chose que des politiques passent la main, c’est le temps qui passe. Ainsi va la vie !
Il est probable que de tous les élus municipaux qui ont
menacé de ne pas se représenter ces dernières semaines, bien peu ont tenu leur
engagement ; l’attrait du pouvoir sans doute. Il n’y avait pas lieu de
trop s’inquiéter, au moins pour cette fois-ci.
Hommage à Pierre Brossolette, peint sur une boîte aux lettres de la Place du Panthéon : journaliste, homme politique, agrégé d’histoire et géographie, normalien, héros de la résistance, arrêté par la Gestapo, il se suicide en se jetant par la fenêtre du siège cette police allemande avenue Foch pour éviter de parler sous la torture. Ses cendres ont été transférées au Panthéon en 2015.
Alors que le monde est soumis à une pandémie de « coronavirus » partie de Chine et progressant doucement vers l’Europe, les autorités de santé des différents pays occidentaux prennent calmement les mesures qui s’imposent en pareilles circonstances pour essayer de limiter les dégâts potentiels de cette situation. Cette question de santé publique devrait en principe être gérée dans le consensus politique mais nous sommes en France donc, bien évidemment, le microcosme politicard en profite pour faire son show. Éric Ciotti, député des Alpes Maritimes sous l’étiquette Les Républicains, est un habitué de ce genre de propagande nombriliste et cette fois-ci encore il est le premier à dériver avec des tweets dispensables :
Plutôt que de se mettre en avant sur son inutile compte
twitter, le mieux serait sans doute qu’Éric Ciotti appelle au téléphone le
ministre de la santé pour organiser une réunion de travail entre leurs
administrations respectives ! Mais non, il préfère se mettre en scène sur
les réseaux dits sociaux au lieu de faire le travail pour lequel il est payé
par le contribuable.
Mais à quoi peut donc bien servir un tweet d’Éric Ciotti sur
le coronavirus ?