Catégorie : France

  • Edouard se lâche, enfin !

    A défaut de parler de leurs programmes électoraux, les responsables politiques se titillent sur leurs comportements ou leurs habitudes. En l’occurrence le premier ministre fait référence à la « droite Trocadéro » en souvenir de ce mémorable meeting du candidat Fillon sur la place du Trocadéro en 2017, sous une pluie battante, alors que submergé par les affaires de prévarication et de malversation il tentait encore de s’accrocher à sa candidature. Fui par tout le monde, même son pré-carré l’avait trahi, il ne restait que ses électeurs à la foi indestructible. On dit que l’équipe du candidat en déroute avait rameuté l’association religieuse conservatrice Civitas et l’on a vu à la télévision quelques redoutables interviews de membres de ce clan.

    Alors Edouard Philippe fait un peu dans la facilité avec cette saillie de bas étage, il nous avait habitué à plus de bienveillance, mais il nous fait tellement rire qu’il ne faut pas s’en priver ! La droite « Trocadéro » devrait rester dans les annales des petites phrases médiatiques.

  • Commérage de dîner en ville

    Entendu dans un dîner en ville de convives qui ne lisent pas les programmes électoraux : « Macron va dans le sens du vent et se lance dans l’écologie pour embobiner les électeurs pour le futur parlement européen ; 9 points sur 10 de son programme sont verts. »

    Vérification faite sur le site de la liste « Renaissance » du parti politique fondé par le président, seul 1 point sur 9 concerne l’écologie. Qu’on en juge sur les têtes de chapitre :

    1. Faire de l’Europe une puissance verte  
    2. Bâtir l’Europe de la justice sociale et fiscale  
    3. Faire respecter l’Europe dans la mondialisation  
    4. Donner à l’Europe les moyens de se défendre  
    5. Faire respecter nos valeurs et nos frontières  
    6. Unir autour de l’identité européenne  
    7. Rendre l’Europe aux citoyens  
    8. Pour une politique féministe européenne  
    9. Réussir la Renaissance européenne  

    On dirait que cette année encore les électeurs français vont se prononcer sans avoir lu les programmes proposés.

  • Les émeutiers à l’œuvre

    Avec toute la subtilité dont ils sont capables, certains des émeutiers qui empoisonnent la vie de la majorité des citoyens tous les samedis depuis novembre 2018, faisant face aux forces de l’ordre leur ont crié « suicidez-vous, suicidez-vous » ! Alors qu’étaient publiées des statistiques sur le taux important de suicide au sein des forces de l’ordre, ces « conseils » s’avèrent d’un extrême mauvais goût et montrent le niveau de perversion de leurs auteurs. Ils marquent surtout leur volonté de briser et de détruire, après les biens ils s’attaquent aux âmes. C’est un vrai mouvement révolutionnaire organisé qui est à l’œuvre. Il est peu probable qu’il arrive à faire vaciller la République mais on comprend l’inquiétude du pouvoir face à cette capacité de nuisance. C’est sans doute la raison pour laquelle il a été décidé de distribuer les 17 milliards annoncés pour tenter de calmer l’incendie.

  • La France a le bonjour du groupe Etat islamique

    Le chef du groupe Etat islamique, Al-Baghdadi, dont on ne savait plus bien s’il était vivant, mort ou blessé, réapparaît sur un enregistrement vidéo récent dont l’authenticité n’a pas été remise en cause à ce stade par les services occidentaux. Il a l’air plutôt en bonne forme, semblant même avoir pris du poids. Il pose à coté de la traditionnelle kalachnikov et donne des nouvelles. Il rend hommage, notamment, aux frères Clain, des français convertis à l’islam et qui sont montés assez haut dans la hiérarchie du groupe terroriste (l’un a été annoncé comme tué par un drone occidental, l’autre on ne sait pas trop). Il continue de prôner un long combat contre l’Occident et cite la France tout particulièrement qui tient toujours la corde du petit-Satan, juste derrière le grand que sont les Etats-Unis.

    Cet homme est très recherché, il fait preuve d’un talent certain pour se cacher et se mettre à l’abri des forces occidentales qui doivent déployer la dernière énergie pour l’éliminer. Jusqu’ici, il résiste. Avec ou sans lui, son organisation en cours de redéploiement après ses défaites territoriales va continuer encore longtemps à tuer… au nom de Dieu.

  • Six mois d’émeute à Paris

    Ce 1er mai a vu se réaliser la convergence des râleurs, le traditionnel défilé syndical a dû partager la rue avec les émeutiers qui l’occupent tous les samedis depuis six mois, y compris leur courant ultraviolent d’extrême gauche. Celui-ci s’est distingué à Paris notamment en attaquant ses habituelles cibles capitalistes ainsi que le commissariat de police du XIIIème arrondissement.

    La CGT qui a l’habitude de la tête de ce genre de cortège a dû en rabattre un peu sur ses ambitions et, alors que son secrétaire général, l’ineffable moustachu Philippe Martinez, se préparait à asséner un « point-presse », des échauffourées entre la police et les émeutiers ont forcé le moustachu à reculer quelque peu et repousser son « point-presse ». Aussitôt la CGT s’est répandue contre les attaques « inouïes » des forces de police contre la liberté syndicale. La situation est assez risible et le citoyen se demande légitiment : « à quoi peut donc bien servir un point-presse de la CGT au milieu d’une manifestation du 1er mai ? ». La démocratie se remettra du report du « point-presse » de la CGT !

    Moins drôle, un groupe d’émeutiers a envahi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en forçant les grilles d’entrée et tentant d’envahir un service de réanimation dont le personnel a réussi à bloquer l’entrée. S’en est suivi une polémique franchouillarde comme celles dans lesquelles notre personnel politique adore se vautrer plutôt que de s’attaquer à la résolution des vrais problèmes du pays, tâche pour laquelle ils sont rémunérés par les fonds prélevés sur les contribuables ! Le soir de cet évènement le ministre de l’intérieur l’a qualifié d’attaque, le lendemain la ministre de la santé a parlé d’intrusion et le monde politicard est immédiatement entré en ébullition appelant à la démission du ministre trop bavard, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Les « envahisseurs » quant à eux clament leur innocence et le fait qu’ils fuyaient la « l’ultra-violence policière ». Ils ont fondé le collectif « les 34 de la Pitié » pour communiquer sur leur aventure et tout ce petit monde va sans doute porter plainte contre l’Etat… à suivre.

    Les râleurs de tous ordres ne sont pas à l’abri d’une contradiction pour nourrir les polémiques sans fin qui leur tiennent lieu de succédané de politique. Quand l’Etat ordonne à ses forces de sécurité de rester statiques pour éviter trop d’affrontements directs : il laisse les casseurs dévaster les villes. Quand l’Etat organise ses forces vers plus de mobilité pour empêcher les casseurs d’agir, il est accusé « d’ultra-violence » ou de « répression inouïe », et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Ce qui est sûr c’est qu’après chaque manifestation la puissance publique engage les sous des contribuables pour nettoyer les rues, reconstruire ce qui a été détruit, et là, tout le monde trouve ceci normal. Personne n’a demandé à la République de laisser les rues en l’état avec des carcasses de voiture brûlées, des façades détruites ou simplement tagués, des boutiques dévastées, etc. Ce serait peut-être une solution pour qu’au moins sur ce sujet la France retrouve une certaine unité : oui le contribuable doit payer tous les weekends pour nettoyer les dégâts des émeutes.

    Si une petite partie seulement de toute cette énergie verbeuse était consacrée sur comment financer intelligemment la vingtaine de milliards annuels qui vont être dépensés pour atténuer quelque peu les inégalités sociales qui ont déclenché ces émeutes depuis six mois, la France s’en porterait mieux. Hélas, comme toujours, la préférence est donnée à la polémique plutôt qu’à l’action, au débat futile plutôt qu’à la raison, à la querelle politicienne plutôt qu’à l’intérêt général. Ainsi va la vie publique de notre vieux pays.

  • Christine Boutin, 75 ans, le retour

    L’un des dommages collatéraux significatifs de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris est le retour de Christine Boutin, 75 ans, dans l’actualité nationale. Elle a publié un tweet dans lequel elle s’est emmêlée dans la manipulation de ses smileys. Au lieu de terminer son message avec des logos de tristesse ☹, elle a ajouté des smileys de joie 😊. Il s’agit juste d’une méprise dans le sens de la parenthèse. Evidemment une bonne partie des réseaux dits sociaux en rigole encore…, évidemment les mal-élevés qui hantent ces réseaux se sont déchaînés :

    La remarque de Gunther Love fait référence au fait que Mme. Boutin est mariée avec l’un de ses cousins. Elle lui répond dans des termes fleuris. Compte tenu des torrents de haine et d’extrémisme que déclenchent les tweets racoleurs de Christine Boutin, le mieux serait qu’elle déconnecte la possibilité de déposer des commentaires. Elle éviterait ainsi de se faire insulter. L’Intelligence et la Raison y gagneraient en attendant qu’elle se consacre plutôt à sa foi qu’à la communication.

  • Nos enfants vont payer


    Nous nous demandions récemment qui allait devoir payer pour que les émeutiers cessent d’imposer leur chaos à la majorité. Le président de la République a donné la réponse hier soir à l’occasion d’une conférence de presse : ce sont nos enfants qui paieront pour maintenir notre niveau de vie d’aujourd’hui. Différentes mesures de baisses des dépenses publiques prises depuis deux ans sont annulées, de nouvelles dépenses sont annoncées et des impôts doivent baisser. C’est le cocktail classique en France depuis des décennies pour les sorties de crises sociales (le dernier budget de la nation voté en équilibre remonte à 1974) qui explique la situation tendue des finances publiques : on augmente les dépenses et on baisse les recettes, le résultat est explosif. C’est comme à la maison : la dette augmente.

    Les bonnes résolutions sur la réduction des déficits et du niveau de dette sont jetées aux oubliettes, il est fort peu probable que les engagements électoraux du président vis-à-vis de ses électeurs comme de nos partenaires financiers de la zone euro puissent être tenus. Et comme il va bien falloir payer, et bien la République va emprunter des sous et nos enfants les rembourseront…

    La première série d’annonces en décembre pesaient déjà une dizaine de milliards d’euros en année pleine, celles dévoilées hier ajoutent une autre dizaine, on en est donc maintenant à 20 milliards d’euros à distribuer pour arrêter les émeutes et acheter le calme social. Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’objectif soit atteint tant les revendications des émeutiers sont irrationnelles. Une revue des « niches fiscales » dont bénéficient les entreprises devraient être lancées mais en excluant les deux principales que sont le crédit impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il y a sans doute assez peu de chance qu’une révision à la baisse des niches résiduelles permette de financer 20 milliards. Les méthodes habituelles devraient donner les résultats attendus : la dette publique va augmenter.

    Les discours lénifiants sur les effets bénéfiques de cette injection de fonds publics sur la croissance sont évidemment servis, Keynes expliqué à Mme. Michu, mais on connaît maintenant les limites de cette tactique qui consiste à dépenser d’abord puis réformer ensuite, et la seconde étape passe toujours aux oubliettes bien entendu. C’est le drame financier de la France, qui continue !

  • La cathédrale brûle et la nation perd la raison : le sabre au secours du goupillon !

    La cathédrale catholique Notre-Dame de Paris a été fortement endommagée ce lundi 14 avril par un incendie de sa charpente en bois. Une émotion démesurée s’empare de la France face à cet incident immobilier touchant un bien de l’Etat, donc des contribuables. Le président de la République reporte une déclaration économique qui était programmée sur les ondes, Stéphane Bern (présentateur télévisé) pleure devant les caméras, tout ce qui compte d’élus en recherche de suffrages se déchaîne en messages inutiles sur Twitter, l’ineffable Christine Boutin sort de sa retraite pour nous asséner quelques bondieuseries larmoyantes, les grosses entreprises se battent pour annoncer le plus gros don pour les réparations futures, les télévisions organisent des émissions spéciales sur le sujet où siègent dire cardinaux et experts qui lancent immédiatement des polémiques franchouillardes si chères à la presse : faut-il reconstruire à l’identique, ou pas, les donateurs privés vont-ils bénéficier de niches fiscales, ou pas, les pompiers avaient-ils des lances à incendie suffisamment puissantes, ou pas, etc. etc.

    Le monument religieux est important et magnifique, il sera donc réparé et c’est très bien ainsi. Les financements plus ou moins privés abondent, les travaux sont déjà surfinancés. On parle à ce stade d’un milliard d’euros et personne ne semble percuter sur le fait qu’un milliard pour réparer un toit est juste une somme absurdement excessive. Malgré cela, le président de la République annonce une souscription publique et la création d’un établissement public dédié à ce chantier (comme s’il n’y avait pas assez d’agences gouvernementales existant pour ce genre de tâches) qui sera présidé par un général, rien de moins. Le sabre va organiser le goupillon. On est en plein délire communicant, en excès de surenchères populeuses, en racolage politico-religieux de bas étage.

    Il faudrait revenir à la raison : le financement est assuré, le principe des travaux de réparation du toit est décidé, la République possède les compétences nécessaires et les architectes des monuments historiques nationaux vont coordonner le chantier comme ils l’ont déjà fait par le passé pour nombre de bâtiments. Donc, on y va et on passe au sujet suivant !

  • Pasteur rue d’Ulm

    Dans cette maison de la rue d’Ulm à Paris, Louis Pasteur (1822-1895), scientifique issu de l’école Normale (située dans la même rue) a fait ses plus grandes découvertes qui ont tellement servi la médecine et les citoyens. Un siècle et quelques après sa mort, des cohortes de Mme. Michu, en France et ailleurs, remettent en cause l’efficacité de nombre d’entre elles en refusant, par exemple, le principe du vaccin. La Raison et la Science vacillent face aux rumeurs complotistes de café du commerce. Triste époque !

  • L’aboyeur aboie

    L’aboyeur en chef de l’opposition de droite depuis des années, Christian Jacob, 60 ans, chef du groupe parlementaire Les Républicains, n’a pas déçu son auditoire aujourd’hui à l’assemblée nationale. A la suite d’une prestation du premier ministre venu présenter une première restitution du « grand débat », il a invectivé, critiqué, aboyé, éructé, blâmé, une heure durant, tout ce qui passait dans son esprit à courte vue, terminant en apothéose en réclamant de nouvelles élections. Sa prestation est visible sur le site de l’assemblée : https://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA1695).

    Quand on pense que le programme économique mis en œuvre actuellement est grosso-modo celui que proposait le candidat de droite à l’élection présidentielle de 2017, on reste coi devant le niveau de mauvaise foi dont est capable ce garçon, cela force vraiment l’admiration mais laisse penser que l’ancien monde est toujours bien vivant dans la politique française.

    Jamais avare d’une incongruité, il est, notamment, auteur d’une proposition de loi n°1721 du 20/02/2019 « visant à rétablir le pouvoir d’achat des Français » en six articles dont la lecture est un vrai délice. Qu’on en juge :

    1. L’article 1 propose de réindexer en 2019 les pensions de retraites et les allocations familiales sur l’inflation, avec un effet rétroactif.
    2. L’article 2 propose de réindexer les aides au logement sur l’inflation.
    3. L’article 3 prévoit d’annuler la hausse de la CSG pour l’ensemble des retraités.
    4. L’article 4 vise à rétablir les plafonds du quotient familial, tels qu’ils existaient avant qu’ils ne soient fortement abaissés par la majorité socialiste en 2012.
    5. L’article 5 prévoit de baisser de 10 % l’impôt sur le revenu des deux premières tranches, pour réduire la pression fiscale supportée par les classes moyennes.
    6. L’article 6 prévoit de gager cette proposition de loi. « Nous ne pouvons malheureusement pas, juridiquement, gager une proposition de loi par une baisse des dépenses, ce qui nous oblige à gager cette proposition de loi sur le tabac. Mais Les Républicains ne souhaitent évidemment pas d’augmentation des taxes sur le tabac et proposent de compenser le coût de ces mesures de pouvoir d’achat (10 milliards d’euros) par une baisse des dépenses publiques de 20 milliards d’euros par an. »

    Quand on pense que ce personnage a été ministre de la République à plusieurs reprises en participant très largement à une politique financière en partie responsable de la situation actuelle (le dernier budget en équilibre remonte à 1974, Jacob avait 15 ans) il faut quand même un culot hors pair pour asséner une telle langue de bois en chêne massif ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est élu comme chef de groupe parlementaire depuis bientôt dix ans.

    Allez, une petite dernière pour la route. C’est un peu long mais cela vaut vraiment les quelques minutes de lecture à y consacrer pour mesurer l’étendue du talent de contrefacteur de l’orateur : l’exposé des motifs de sa proposition de loi.

    Mesdames, Messieurs,

    Le Président de la République et le Gouvernement portent la responsabilité d’avoir mis en œuvre, faute de réelles baisses de la dépense publique, une politique massive de matraquage fiscal qui s’est révélée particulièrement préjudiciable pour le pouvoir d’achat des Français. Par une politique fiscale particulièrement injuste, le Gouvernement a par ailleurs monté les catégories de Français les unes contre les autres.

    De ce fait, la question du pouvoir d’achat, mis à mal par ces augmentations d’impôts et de taxes, s’est imposée comme la revendication centrale des Français, et a été le catalyseur de la mobilisation des gilets jaunes.

    En effet, en 2018, les automobilistes ont subi une hausse sans précédent des taxes sur les carburants, les retraités ont vu leur contribution sociale généralisée (CSG) augmenter de 25 %, sans aucune compensation pour huit millions d’entre eux, et les familles ont été appauvries par un important coup de rabot sur l’aide à la prestation d’accueil du jeune enfant. Au final, les mesures prises par la majorité ont eu pour conséquences d’augmenter les prélèvements obligatoires des ménages de 4,5 milliards d’euros, diminuant d’autant leur pouvoir d’achat.

    En 2019, de nouvelles mesures ont impacté le portefeuille de nos compatriotes. Ainsi, le Gouvernement a décidé de désindexer les pensions de retraites, les aides personnalisées au logement et les allocations familiales de l’inflation. Ces pensions augmenteront donc près de cinq fois moins vite que les prix à la consommation, ce qui représente une perte de pouvoir d’achat de 500 euros par an pour un couple de retraités touchant chacun une pension de 1 500 euros. La hausse des taxes sur les carburants devait par ailleurs se poursuivre, frappant l’ensemble de nos compatriotes obligés d’utiliser leur voiture.

    Le groupe les Républicains a eu beau alerter le Gouvernement et sa majorité sur l’injustice de ces décisions, toutes nos critiques et nos propositions ont été balayées d’un revers de main. Il aura finalement fallu une crise sociale sans précédent pour que le Président de la République, face à la pression, désavoue son Gouvernement, ouvre les yeux et accepte enfin de revenir sur certains choix. L’augmentation des taxes sur les carburants, prévue au 1er janvier 2019, a été abandonnée, de même que la hausse de la CSG pour une partie des retraités. Par ailleurs, le Gouvernement a partiellement repris la proposition des Républicains de désindexer les heures supplémentaires.

    Néanmoins, ces mesures d’urgences, ô combien nécessaires, restent très insuffisantes pour améliorer véritablement le pouvoir d’achat des Français. Si le Gouvernement a reculé pour les plus modestes, les classes moyennes demeurent les laissés pour compte de la politique du Président de la République. Les pensions de retraites et les allocations familiales, ne seront pas réindexées sur l’inflation, et les retraités vivant seuls qui perçoivent 2 000 euros, ou les couples de retraités qui perçoivent 3 000 euros à deux, continueront de payer la CSG au taux majoré. Rien n’est prévu non plus pour rétablir les plafonds du quotient familial ou pour baisser les impôts des classes moyennes, en contrepartie de mesures structurelles d’économies budgétaires.

    En effet, malgré quelques mesures d’urgence très ponctuelles, le Gouvernement n’a pas pris pleinement conscience de l’importance de la crise du pouvoir d’achat, qui est en train de fracturer notre pays. Tout comme il n’a pas suffisamment pris conscience du ras-le-bol fiscal légitime, et du profond sentiment d’injustice ressenti par les classes moyennes françaises.

    Les classes moyennes, c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas considérés comme assez pauvres pour bénéficier des aides de l’État, mais qui voient leurs revenus et leur pouvoir d’achat sans cesse rognés. Toujours plus imposées, c’est essentiellement sur elles que repose le financement d’un système social perçu comme de moins en moins juste. Ainsi, chaque jour davantage, à l’inverse de nos voisins européens, l’écart se creuse entre l’impôt qu’elles acquittent et les prestations sociales dont elles bénéficient, notamment celles liées à une politique familiale progressivement détricotée depuis plusieurs années. Renversement considérable dans notre histoire, ces classes moyennes sont désormais convaincues que leurs enfants vivront moins bien qu’elles.

    À rebours de ce matraquage fiscal des classes moyennes, initié par la présidence Hollande et poursuivi par celle d’Emmanuelle Macron, les députés du groupe Les Républicains souhaitent, par cette proposition de loi, redonner du pouvoir d’achat aux Français et tout particulièrement aux classes moyennes.

    Cela exigera en contrepartie de s’engager dans une politique courageuse d’économies budgétaires pour mettre fin à l’excès de dépenses publiques. Car moins de dépenses publiques, c’est avant tout une fiscalité moins lourde qui encourage l’investissement dans l’économie et permet de stimuler la croissance et l’emploi. C’est dans cette optique, que les Républicains ont fait, lors de l’examen du budget 2019, des propositions précises, chiffrées et ambitieuses pour faire des économies à hauteur de 20 milliards d’euros par an.

  • Emotion et privatisation

    Un projet de loi sur l’économie est en cours de discussion au parlement. Il s’appelle PACTE pour plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, prévoit différentes mesures pour simplifier et dynamiser l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. A priori, rien à redire s’agissant de nouvelles mesures dans le cadre d’un programme économique présidentiel sous le slogan « libérer et protéger ».

    Plus délicat, le projet prévoit la vente ou sur le marché (ou la mise en concession) d’une partie des participations de l’Etat (c’est-à-dire de nous les contribuables) dans deux entreprises afin de créer un Fonds pour l’industrie et l’innovation à hauteur de 10 milliards d’euros dont les revenus serviront au financement de « dispositifs de soutien à l’innovation de rupture ». Les deux entreprises ciblées sont Aéroports de Paris (ADP) et la Française des Jeux (FDJ) ; par ailleurs un changement de mécanisme juridique au sein du capital d’Engie est également prévu, supprimant la contrainte du capital minimum de l’Etat.

    Une polémique franchouillarde est en cours sur la soi-disant privatisation d’ADP. En réalité il ne s’agit pas d’une privatisation à proprement parler mais d’une mise en concession de l’exploitation pour 70 ans. Aujourd’hui l’entreprise est détenue par l’Etat à hauteur de 59% le reste revenant au privé, y compris donc la propriété des installations, pistes et terminaux. Le projet prévoit qu’à l’issue de la concession de 70 ans, la propriété de l’ensemble des actifs reviennent à la République qui pourra alors opter pour une nouvelle concession ou un autre mode d’exploitation. Accessoirement, il se trouve que le cours de l’action ADP étant plutôt haut, le rendement de cette participation publique est actuellement inférieur au rendement moyen du portefeuille de l’Etat…

    A peu près l’ensemble des partis d’opposition contestent cette mise en concession et, le plus drôle, même la droite libérale argue contre « ce bradage des biens de la République ». Il s’est même trouvé un groupe de parlementaires pour lancer un processus de référendum d’initiative partagée comme prévu dans la constitution. L’argumentation des uns et des autres ne mérite même pas de s’y attarder tant elle relève du Café du commerce après mout blanc-secs ! Si l’on regarde le dossier sereinement il s’agit plus d’une question de financement que de philosophie. L’Etat, comme n’importe quel ménage, a sous la main un actif A et veut acquérir un actif B. Pour cela il vend A pour construire B. Il se trouve que le parlement élu démocratiquement approuve ce transfert. Il suffit de le réaliser tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit bien d’une mise en concession prévoyant que l’ensemble des actifs (incessibles durant la concession sans l’accord de l’Etat) reviendra ensuite à la République, donc au contribuable.

    La théorie économique libérale qui guide globalement le gouvernement actuel pose que le secteur privé saura faire mieux faire fonctionner cette société que l’Etat. Certes elle est rentable et efficace aujourd’hui, elle le sera peut-être plus demain, ou pas… Voir la droite, également libérale, se contorsionner pour défendre la gestion par l’Etat d’un aéroport est sans doute l’aspect le plus novateur et intéressant de ce dossier.

    Cela rappelle le psychodrame qui était intervenu à l’issue du projet de mise en location de l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde après que le ministère de la marine l’eut quitté en 2009. Le gouvernement de droite de l’époque (MM. Woerth ministre du budget, Juppé ministre des affaires étrangères, notamment, et Sarkozy président de la République) avait dû reculer et annoncer que ce lieu serait dédié à la culture et à l’Histoire, c’est-à-dire ne génèrerait pas de loyers substantiels. Eternel recommencement dans la gestion de l’Etat, on restructure le patrimoine public, en l’occurrence on avait réuni les états-majors militaires dans le nouvel ensemble immobilier de Balard, mais on conserve les anciens immeubles en renonçant à en tirer des revenus… Cette droite-là quand elle était aux commandes voulaient faire ce qu’elle reproche au gouvernement actuel qui lui, semble un peu plus malin car il a réussi à faire voter sa loi PACTE. L’avenir dira s’il réussit à en appliquer son volet privatisation.

  • Combien va-t-il falloir payer ?

    L’agitation sociale dans la République depuis le mois de novembre 17’, fortement renforcée par des émeutes hebdomadaires du samedi d’une minorité de citoyens sur l’ensemble du territoire, n’en finit pas malgré l’annonce en décembre dernier de dépenses supplémentaires pour une dizaine de milliards d’euros en année pleine qui n’a pas calmé la contestation.

    Un débat national a été organisé, sorte de psychothérapie de groupe pour tenter de canaliser les mécontentements et d’en tirer la substantifique moëlle en formalisant la volonté du citoyen. Il est prévu que le président de la République fasse sou peu des annonces susceptibles de renvoyer en douceur les émeutiers dans leurs pénates. Cela ne va pas être facile !

    A défaut de savoir ce qui se trame dans la pensée présidentielle, les ministres annoncent des « mesures fortes », des « décisions puissantes », des « changements majeurs »… En fait, il va falloir payer et il n’y a plus de sous dans la caisse, c’est un classique français, d’autant plus grave cette fois-ci qu’a priori l’addition risque d’être très lourde, proportionnelle à la hauteur des exigences des émeutiers pour cesser leur révolte. Petit point de pédagogie : il ne serait pas inutile au passage de signifier aux citoyens le montant des dégradations de biens publics et privés subis un peu partout en France depuis six mois en précisant comment seront financées ces dépenses imprévues.

    Comment payer ? Les solutions sont maintenant bien au point. Si l’on raisonne à niveau de dépenses publiques constantes, soit l’on augmente des impôts des uns pour baisser ceux des autres, soit, ce qui revient au même, on augmente les prestations sociales dont bénéficient les uns en baissant celle des autres ; si par contre on accepte que la République dépense plus qu’aujourd’hui, il suffit de désigner les bénéficiaires et ceux qui devront payer. Après il faudra déterminer combien transférer ou combien augmenter. Finalement c’est simple la politique !

    La seule solution qui vaille est celle qui verrait la France reprendre le contrôle de son budget, comme le ferait n’importe quel ménage dans la difficulté, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire depuis 45 ans (dernier budget voté en équilibre : 1974). Il s’agirait de procéder à une véritable baisse des dépenses publiques, non pas une baisse de la hausse, non plus une baisse du déficit, mais une diminution de ce que paye l’Etat de façon à équilibrer ses dépenses avec ses recettes. Bien entendu dépenser moins signifie que moins d’argent aboutira dans les poches des citoyens et il s’agit alors de répartir la pénurie de façon acceptable pour ceux-ci. Ce n’est pas facile, spécialement avec un peuple indiscipliné, mais il ne faut pas désespérer. C’est toute la noblesse du métier de gouvernant que de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier.

  • La communication pousse à la non-décision

    L’une des plaies de notre société occidentale moderne est l’envahissement de la communication qui, petit à petit, prend le pas sur la raison et la décision. L’asservissement volontaire du monde politico-médiatique à la communication est un renoncement de premier ordre qui n’est pas toujours très compréhensible.

    Les plateaux télévisés et les débats politiques, même sur les ondes les plus sérieuses, sont envahis de communicants, sorte de sorcières cruella se sentant pousser des ailes en déversant sur les téléspectateurs des commentaires vides de sens et sans l’ombre d’une réflexion. Ils ont chacun monté leur boutique de communication et cherchent à vendre du conseil au Prince et à ses affidés, ou à défaut, sur les plateaux mondains. Ils se croient indispensables à la démocratie et fréquentent les dîners en ville dont ils dégorgent les ragots en guise de réflexion politique. Ils s’inquiètent que le président de la République n’ait plus de directeur de la communication depuis plusieurs semaines et semble s’en porter comme un charme. Comme l’indique son nom, il s’agit de communication, donc pas de fond ni de raison. On ne commente pas les programmes ni les propositions (que le plus souvent personne n’a pris le temps d’analyser ni de comprendre) mais les médias utilisés ou les moments choisis ou la décoration du bureau du président… L’une des phrases les plus prononcées par les journalistes commence par : « mais en termes de communication et bla-bla-bla… ». Il serait souhaitable que dirigeants et commentateurs travaillent un peu plus sur le fond pour le bien de leurs électeurs et de leurs spectateurs. La communication ne sert à rien s’il n’y a rien à transmettre, elle n’est qu’un moyen qui ne peut pas cacher une absence de fond plus de quelques heures. Pour le moment elle sert surtout à masquer incompétence et indécision, mais cela ne dure qu’un temps… de plus en plus court.

  • Le prélèvement fiscal « à la source »

    Fin 2017 l’administration annonça la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2019. Cela consiste, en gros, à s’aligner sur les pratiques de quasiment tous les pays modernes et prélever l’impôt sur les revenus mensuels de l’exercice auquel ledit impôt se rattache. Réforme attendue depuis des décennies, promises par tous les gouvernements, votée par le parlement de gauche sous la présidence de gauche Hollande et finalement mise en œuvre sous la présidence de droite Macron. Ce fut immédiatement une longue litanie de critiques en tous sens, de plaintes nombrilistes, de doléances contradictoires, de revendications agressives, de pleurnicheries dérisoires, de geignements égoïstes, d’incapacité à voir le côté positif des choses, d’anticipations de catastrophes nationales, de révoltes populaires, d’arrêts de la croissance… Les plateaux télévisés étaient envahis d’experts mondains donnant des avis divers, contradictoires et opposés, de corporations expliquant comment elles allaient devoir mettre la clé sous la porte, et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

    Nous sommes en avril 2019 et a priori la planète continue de tourner. Plus personne ne parle de cette réforme qui est passée comme une lettre à la boîte. Il est vrai qu’entre temps d’autres révoltés se sont levés pour envahir la rue et ouvrir de nouveaux sujets de conflit. L’impôt sur le revenu est désormais prélevé à la source, l’affaire a été bien menée par l’administration, les bugs semblent avoir été en nombre limité, et la République a commencé à moderniser, un tout petit peu, sa jungle fiscale. Le pouvoir en place se garde bien de claironner sur cette réussite mais il pourrait avec élégance et un peu d’humour renvoyer quelques opposants à leurs contradictions, juste pour se faire plaisir !

  • Leur nombrilisme les fait passer par la case tribunal

    Certains des émeutiers qui ont pillé des magasins parisiens n’ont pas pu s’empêcher de publier des photos leurs butins sur les réseaux dits-sociaux. Il semble que la police regarde également ces réseaux, ils ont été arrêtés à leur domicile et traduits en justice. D’autres se vantaient bruyamment dans le train retour qui les ramenait chez eux le samedi soir après leurs pillages, ils ont été dénoncés par une passagère : la police les attendait sur le quai à leur arrivée. Les fruits de leurs rapines suffisaient à les identifier plutôt facilement.

    Ce besoin irrépressible de tout publier de sa vie nuit parfois à la capacité de raisonnement des utilisateurs de ces Facebook et autres Twitter. Il faut se féliciter que, pour une fois, ces réseaux permettent d’appliquer la Loi.

  • L’armée est mobilisée

    Critiqué de toutes parts, par les opposants de tous bord, les émeutiers et les non-émeutiers, les consultants de plateaux télévisés et Mme. Michu, risée des pays étrangers, le gouvernement français se sent obligé de faire quelque chose « de plus » pour essayer de mettre fin aux émeutes qui agitent le pays depuis plusieurs semaines, sur bases de revendications sociales plus ou moins révolutionnaires, et de simples besoins de détruire. Alors il a été décidé de déployer l’armée dès samedi prochain pour garder les bâtiments officiels et permettre ainsi aux forces de l’ordre classiques de se consacrer aux combats contre les émeutiers. Accessoirement quelques lampistes, dont le préfet de Paris, en charge de la sécurité nationale sont mutés ailleurs.

    Les râleurs professionnels et les critiques de salon ne se gênent pas pour, le matin, agonir le laxisme de l’exécutif, et, le soir, attaquer l’engagement de l’armée sur des opérations de maintien de l’ordre. Les débats de café du commerce sont sans fin et pendant que l’on s’entredéchire bien confortablement installés devant un verre de blanc-sec, on oublie un peu qui sont les vrais coupables, ceux qui commettent cette violence, voire on les exonère sur le thème : « on peut les comprendre face à la violence sociale ».

    Si se pose la question d’appuyer ou non sur la gâchette, la décision n’est pas facile à prendre ; grandeur et servitude du pouvoir absolu. On a vu un samedi un motard sortir son pistolet et la pointer sur des émeutiers qui commençaient à lyncher son groupe de trois policiers, il n’a pas tiré et cette arme a semblé faire reculer les factieux. Ce ne sera peut-être pas toujours le cas, une étincelle peut déclencher des tirs mortels, il n’est pas exclu que la frange extrémiste des émeutiers ne soit armée. L’implication de l’armée est une étape supplémentaire de répression, dangereuse, peut-être nécessaire. Elle peut donner de bons résultats, comme de moins bons… L’avenir à court terme le dira.

    La morale de tout ceci est qu’il va falloir payer pour se sortir de cette insurrection, la répression n’y suffira pas, il faudra aussi des sous. C’est la méthode unique de résolution des conflits en France depuis des siècles. Il faut s’y préparer.

  • Il va bien falloir travailler plus longtemps

    Une ministre annonce au passage à la radio qu’à son humble et personnel avis il faudra se reposer la question d’éventuellement repousser l’âge minimum légal de départ en retraite actuellement de 62 ans. Elle est aussitôt noyée sous un déluge de critiques et se trouve forcée de démentir ses propos devant l’assemblée nationale. Le fait qu’un ministre doive avaler son chapeau n’est pas un drame en soi et ce n’est certainement pas la dernière fois que cela se produit, mais le véritable drame est que des responsables politiques intelligents, formés à l’école de la République, rémunérés par les contribuables, continuent à s’accrocher ainsi à de vieilles lunes dont ils connaissent bien le caractère dépassé.

    Il est hélas devenu incontournable qu’une nouvelle réforme du système de retraite devra être mis en place. Celle qui est annoncée par l’exécutif devrait aller au-delà du simple réglage des paramètres habituels que sont la durée de cotisation et le montant des prestations. Aujourd’hui, à défaut de pouvoir jouer ouvertement sur le paramètre de la durée, on baisse subrepticement les prestations versées, en faisant varier l’ajustement des pensions à un niveau moindre que celui de l’inflation constatée par exemple. D’autres moyens plus sournois sont mis en œuvre comme l’accord pris par les partenaires sociaux (syndicats de salariés et du patronat) sur le bonus/malus sur les retraites complémentaires qui aboutit à repousser au-delà de 62 ans l’âge où le retraité touchera ses droits complémentaires pleins.

    La grande majorité des pays qui entourent la France ont procédé au constat hélas criant que le nombre de cotisants aux systèmes de retraite baisse quand le nombre des prestataires augmentent. Ils ont pris les mesures nécessaires pour rééquilibrer les dépenses avec les recettes, celles-ci passant souvent par une augmentation de la durée de cotisation, mais pas uniquement.

    La réforme qui s’annonce est gigantesque et devrait aboutir à unifier l’ensemble des systèmes existant pour mettre en commun les déficits des uns et les excédents des autres, mais aussi de refondre intégralement le dispositif d’acquisition des droits de façon que chaque euro gagné en période d’activité génère le même droit en prestation de retraite future ! Le simple sujet des 62 ans auquel s’accrochent désespérément quelques syndicats et partenaires antédiluviens ne sera qu’un détail de la tentative de nécessaire réforme. Celle-ci sera LE sujet économique et social de l’an prochain.

  • Les propositions de Les Républicains

    L’opposition se régale de l’impuissance actuelle de l’exécutif pour mettre fin aux émeutes en cours en France. Chacun y va de son tweet vengeur, de sa proposition de café du commerce, demande « des mesures fortes », ne craint aucune contradiction, s’affichant en « gilet jaune » le lundi et critiquant le laxisme face aux « gilets jaunes » le mardi. Bref, une opposition irresponsable qui privilégie ses propres intérêts électoraux au détriment de ceux de la République. Le parti Les Républicains n’est pas le dernier à jouer ce jeu et son chef à ne reculer devant aucune propagande :

    Laurent Wauquiez pour l’ordre (mars 2019)…
    Laurent Wauquiez pour le désordre (novembre 2018)…

    Au moins ce parti conservateur affiche clairement ses propositions sur son site web, certaines ont été reprises par le parlement pour le vote d’une nouvelle loi anticasseur en cours d’examen par le conseil constitutionnel avant proclamation. Pour le reste, on verra lorsque le parti Les Républicains sera de nouveau aux responsabilités comment il pourra mettre en place les autres mesures proposées, dont certaines ne font pas dans la demi-mesure :

    Nos propositions :

    • Instaurer des peines-plancher pour tous ceux qui s’en prennent aux policiers, gendarmes, gardiens de prison et pompiers. Tous ceux qui agressent des dépositaires de l’autorité publique doivent être condamnés à des peines exemplaires et les purger.

    • Interdire les manifestations dès qu’il y a des menaces à l’ordre public. Comment accepter que le Code pénal ne soit pas strictement appliqué ? Les manifestations non déclarées sont des attroupements illégaux qui doivent donner lieu à des interpellations et des poursuites systématiques. Depuis le début de la crise, 95% des individus interpellés ont été remis en liberté.

    • Dissoudre les groupuscules violents, anarchistes et extrémistes ; interdire de manifester et interpeller en amont les casseurs identifiés comme le permet la loi anticasseurs. Cette proposition de loi des sénateurs des Républicains a été rejetée par les sénateurs En Marche en octobre dernier, finalement votée par les députés En Marche mais fait l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron. Il est plus que temps de rétablir l’ordre dans notre pays.

    • Abaisser la majorité pénale à 16 ans pour répondre à la violence d’une délinquance de plus en plus précoce.

    • Suspendre les allocations familiales des parents d’élèves absentéistes ou délinquants.

    • Installer des systèmes de vidéoprotection et de contrôle d’accès dans tous les établissements scolaires.

    • Permettre au juge de rendre obligatoire la castration chimique pour les prédateurs sexuels.

    • Adopter une politique pénale beaucoup plus ferme : la place des criminels est en prison.

    • Construire en urgence 15 000 nouvelles places de prison.

    • Rétablir la double peine pour expulser les étrangers délinquants et criminels. Plus d’un prisonnier sur cinq est aujourd’hui de nationalité étrangère (15 000, soit 22% des détenus). Selon la dernière étude disponible de l’ONDRP (2013), 84% des vols à la tire, 30% des vols sans violence, 21% des vols avec violence et 18% des violences sexuelles sont commis par des étrangers.

    Site web Les Républicains
  • Les émeutes se renforcent

    Riss – Charlie-Hebdo

    Les émeutes continuent et les dégâts de ce samedi sont considérables. Le miracle continue et il n’y a ni morts ni blessés graves car les forces de l’ordre font preuve d’une sérénité admirable face à des forbans qui pillent, brûlent et cassent tout ce qu’ils peuvent. Les images sont frappantes et un peu désespérantes face à des immeubles en feu, des kiosques détruits (la presse est visée), des banques saccagées (le capitalisme aussi), le mobilier urbain à terre (pour se faire la main), les voitures de police reçoivent des pavés ou sont incendiées (les biens de l’Etat sont en ligne de mire). Les coûts de remise en état vont être à la hauteur du sinistre. Les contribuables en règleront une bonne part. Il serait utile que le pouvoir communique un peu plus sur ces charges supplémentaires qui vont être payées par les citoyens.

    La presse rend compte des évènements en faisant tourner en boucle ces images chocs de Paris en feu et en insistant sur un unique sujet : « est-ce que l’Etat est défaillant ? », afin de créer une polémique vendeuse. L’opposition s’engouffre dans la brèche pour expliquer ce qu’il faut faire pour rétablir l’ordre. En réalité, la question à laquelle personne n’ose vraiment répondre concerne l’intensité de la répression qu’il faut appliquer : faut-il autoriser la police à tirer, d’abord avec des armes non létales, puis ensuite avec des armes létales ? Lors des émeutes de Los Angeles de 1992, le couvre-feu fut déclaré sur la ville, la garde nationale puis l’armée furent déployées en aide aux forces de l’ordre civiles, le résultat fut de 55 morts (dont les ¾ par balles), des centaines de blessés et des milliers d’arrestations. En France une polémique est en cours sur la simple utilisation par la police des lanceurs de balles de défense (LBD), armes non létales mais qui ont blessé gravement plusieurs émeutiers. La droite, en principe défenseur de l’ordre n’apporte pas un franc soutien au pouvoir dans cette polémique un peu stérile. On entend même Jacques Toubon, 78 ans, ancien ministre de la justice de droite, actuellement « Défenseur des droits », demander le retrait de ces armes. On imagine ce qui se passera lorsqu’il y aura des morts à Paris…

    Le second sujet préféré des journalistes sur les émeutes concerne le taux de soutien de la population aux émeutiers. Des sondages sortent tous les matins et les plateaux mondains se régalent en commentaires stériles sur ce soutien généralement élevé même si pas toujours majoritaire. On voit d’ailleurs que la différenciation entre émeutiers actifs et passifs n’a plus vraiment de sens, généralement les premiers cassent pendant que les seconds filment avec leurs smartphones greffés à la main. On a vu cette après-midi nombre de ces émeutiers « passifs » se prendre en photo sur les ruines des magasins, l’air réjouit, tels la Liberté guidant le peuple sur les barricades du peintre Delacroix, ou commentant doctement que face à la « violence sociale » ces débordements étaient compréhensibles !

    Le pouvoir est face à ce dilemme : faut-il appuyer sur le bouton de la répression ou pas, et, si oui, avec quel niveau ? Le moment de la décision approche. Dans un monde idéal il serait bon qu’elle fasse l’objet d’un consensus national. Cela n’en prend pas le chemin, hélas !