Catégorie : France

  • 4ème enquête annuelle sur les atteintes sexistes et sexuelles au sein de la communauté étudiante de l’École polytechnique

    4ème enquête annuelle sur les atteintes sexistes et sexuelles au sein de la communauté étudiante de l’École polytechnique

    L’école polytechnique publie pour la quatrième année consécutive un curieux document au sujet des HDVS (situations de harcèlement, de discriminations et de violences à caractère sexuel ou sexiste). Un questionnaire a été envoyé à 3 167 élèves. 2 068 réponses partielles et 1 520 réponses complètes ont été reçues, ce qui fait un total de 3 588 réponses, soit plus que le nombre de questionnaires… Sans doute certains questionnaires ont circulé auprès de plusieurs élèves. Les réponses ont été apportées à 25% par des femmes, 74% par des hommes et 1% par des non-binaires.

    Il y a eu 1 039 HDVS déclarées (contre 788 en 2023) dont 16 viols (contre 24 en 2023). La surprise vient du fait que 54% des personnes déclarant avoir fait l’objet d’atteintes sexuelles en 2024 sont des hommes et que 70% des auteurs désignés sont des hommes. Si l’on compte correctement : 562 hommes ont donc été agressés de façon « sexuelle ou sexiste » et, en moyenne, 70% de leurs agresseurs seraient des hommes, les 30% restant se répartissant entre femmes et non-binaires.

    On ne sait pas bien ce que recouvrent les « atteintes » à caractère sexiste ou sexuel ? Des insultes, de l’ironie, des frôlements, des attouchements ? On n’apprend guère plus sur la réalité et la gravité de ces incidents. On croyait les élèves de cette école militaire, de jeunes adultes, plus préoccupés par les algorithmes et le drapeau de la République que par la gaudriole. Espérons qu’en cas de nécessité ils se montreront plus aptes à repousser les envahisseurs qu’ils ne le sont aujourd’hui pour éconduire leurs agresseurs « sexistes ou sexuels »

    On reste quand même un peu étonné par la transparence donnée à cet exercice d’autoflagellation, surtout venant d’une institution militaire, et dubitatifs sur sa nécessité.

  • En passant dans un petit hôpital de province

    En passant dans un petit hôpital de province

    Dans les couloirs d’un centre de soins de suite et de réadaptation (SSR) rattaché à un petit hôpital de province, les panneaux d’affichage dans les couloirs font un peu de pédagogie à l’attention des patients et de leurs visiteurs.

    Et le personnel expose ses oeuvres sur les murs pour apporter un peu de bienveillance dans ce lieu où ne règne pas toujours le bonheur.

  • Les pronostics de « Valeurs Actuelles »

    Les pronostics de « Valeurs Actuelles »

    La magazine « Valeurs Actuelles » affiche en couverture le portrait du déplorable trublion Cyril Hanouna en en faisant un candidat pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait une situation intéressante si elle était confirmée, prometteuse d’une campagne électorale encore plus affligeante que d’habitude.

    L’intéressé a démenti tout idée de candidature en 2027 comme pour les campagnes suivantes. « Valeurs Actuelles », habitué des unes tonitruantes va sans doute devoir fiabiliser ses sources d’information !

  • Anarchie à Rennes

    Anarchie à Rennes

    En passant par les toilettes des « Ateliers du Vent ».

  • Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    La cathédrale Notre-Dame de Paris est rouverte au public et rencontre un franc succès. Ceux qui n’ont pas réservé en ligne font la queue dehors et ceux qui sont entrés dans l’édifice mènent une longue procession dans le sens des aiguilles d’une montre autour de la nef telle une longue colonne de chenilles processionnaires bardée d’aïe-phones.

    Une partie de cette nef située près du chœur est clôturée et réservée aux fidèles assistant à la messe de midi. Des sacristains informent ceux-ci qu’il est interdit de prendre des photos depuis cet enclos. Bien entendu les fidèles n’écoutent pas et une forêt d’aïe-phones poussent au-dessus de leurs têtes. Les clergymen portant fièrement une polaire sans manches siglée « Notre-Dame de Paris » font la chasse aux photographes-pécheurs pour les rappeler aux règles de la cathédrale mais rien n’y fait et les pauvres pécheurs continuent à suivre les tentations inspirées par le Malin et à accumuler des milliers de photos ratées dans la mémoire de leurs téléphones.

    Après trois « Je vous salue Marie » successifs prononcés par le prêtre officiant face à la statue de la Vierge à l’enfant du XIVe siècle, la messe débute, mise en musique avec le petit orgue et un chantre plutôt harmonieux. Pour la quête, les sacristains déploient des paniers munis de lecteur de cartes bleues et pour la communion, un sacristain supplémentaire en jogging-sweat-capuche-baskets gris vient renforcer l’équipe pour distribuer les hosties, même aux photographes-compulsifs-impénitents. Peut-être seront-ils pardonnés !

    Après la messe, relativement courte, les fidèles se joignent aux chenilles processionnaires. Ils ont ainsi l’occasion d’admirer les petites chapelles situées dans les collatéraux du vaisseau central de la nef, toutes remises à neuf après l’incendie de 2019. Le tour de chœur et ses magnifiques sculptures en bois retracent les scènes de la vie du Christ. Clou du spectacle, une immense roue d’or dont le centre contient des reliques : un morceau de la croix du Christ et de sa couronne d’épines sauvés des feux de l’enfer en 2019 grâce à la virtuosité des pompiers de Paris. Un vrai miracle !

    Vue de l’intérieur la cathédrale a été remise à neuf et bien ravalée. La voute a tenu durant la messe ce qui laisse imaginer que la charpente qui la surplombe a été correctement reconstruite. Du bel-œuvre. A l’extérieur les travaux sont loin d’être terminés si l’on en juge les nombreux échafaudages et barraques de chantier qui subsistent, ainsi que les renforts en bois posés après l’incendie pour soutenir les arcs-boutants de pierre.

    Le chantier a avancé plus rapidement que celui de l’assainissement des finances publiques françaises. Une espèce d’unanimité, plutôt exceptionnelle, a émergé de l’opinion publique pour reconstruire cette cathédrale après l’incendie destructeur de 2019. En France on est souvent unanime dès qu’il s’agit de dépenser de l’argent public, des jeux olympiques à la cathédrale de Paris. Peut-être un miracle similaire se produira pour définir l’âge légal de la retraite ?

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  • Des méthodes journalistiques de caniveau

    Des méthodes journalistiques de caniveau

    Le paysage télévisuel français (PAF) ne brille décidément pas par la vigueur de son professionnalisme. L’actualité récente multiplie les sujets, anecdotiques ou sérieux, sur lesquels la très grande majorité des journalistes ne brille pas par sa capacité d’analyse. En réalité, qu’il s’agisse de la disparition du « petit Emile », du budget de la République ou du sort judiciaire de M. Sarkozy ou de Mme. Le Pen, les rédactions se basent toujours sur deux outils : le sondage d’opinion et le micro-trottoir. Et lors des journaux télévisés ou des talkshows d’actualité les intervenants glosent en continu sur les résultats délivrés par ces deux outils. On demande à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’augmentation des impôts ? » ou on lance un sujet sur un plateau avec un sondage : « 60% des Français sont contre ceci »…

    Ce genre de « lancements » évitent aux animateurs titulaires de carte de presse d’étudier les dossiers sur lesquels ils interrogent le monde politique ou les experts de plateaux télévisés. Ils compensent leur absence d’analyse par les résultats des sondages. Qu’importe le manque d’éthique des questions ou le côté racoleur des sondages, puisque Mme. Michu pense ainsi c’est donc là-dessus qu’il faut débattre. Et les « experts » et les politiques devisent sur la position de Mme. Michu sans rentrer sur le fond des dossiers. Tout le monde semble se satisfaire de ces raccourcis.

    On se demande ce qui est encore enseigné dans les écoles de journalisme ?

    Rappelons que les journalistes qui déclarent des revenus en France, bénéficient d’une niche fiscale pour « frais d’emploi » leur permettant une déduction de 7 650 EUR de leurs revenus dont ne bénéficient pas les autres citoyens. Cette niche qui était destinée à assurer leur indépendance lorsqu’elle a été instituée, n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait être un gage de qualité et non de racolage.

  • Le voile tombe sur la fiction du statut départemental de Mayotte

    Le voile tombe sur la fiction du statut départemental de Mayotte

    Le département d’outre-mer français de Mayotte, sis dans l’archipel des Comores, au bout du monde dans le canal de Mozambique, entre Madagascar et le Mozambique, a subi en décembre 2024 les effets dévastateurs d’un cyclone baptisé Chido. Ce petit bout de territoire n’avait vraiment pas besoin de ça alors qu’il est déjà l’objet d’un sous-développement endémique et soumis à l’hostilité des Comores dont il fait géographiquement partie. E effet, celles-ci n’ont jamais admis que Mayotte n’ait pas été juridiquement incluse dans l’archipel des Comores lorsque celui-ci obtint son indépendance de la France dans les années 1970. Le contentieux entre la France et ces Comores est donc lourd et ancien, aggravé par les agissements de mercenaires de pacotille (Bob Denard et sa bande) que Paris a laissé plus ou moins fomenter des coups d’Etat dans ce micro-pays où il agit comme un proconsul avant que l’armée française ne mette fin à ces dérives en 1995.

    Les deux iles qui composent Mayotte sont dans un état de pauvreté avancé et devenues la destination favorite d’émigrés comoriens qui, en traversant le bras de mer qui les sépare de Mayotte, espèrent se rapprocher des mirages de la richesse française, supérieure à celle de leur pays. Cette immigration hors de contrôle désorganise durablement le territoire de Mayotte et génère une délinquance soutenue. La situation de ces confettis se dégrade d’année en année et personne ne voit bien comment endiguer cette descente aux enfers.

    La population de Mayotte serait de 330 mille habitants dont la moitié d’étrangers venant des Comores, une majorité d’entre eux étant en situation irrégulière. Mayotte n’a évidemment pas les moyens d’accueillir de tels flux de population, pas plus qu’elle n’est en mesure de les contrôler. L’hostilité historique, et compréhensible, des Comores rend par ailleurs difficile toute coopération en ce sens. La situation de Mayotte, et d’ailleurs de l’ensemble de l’archipel, rend vain tout espoir de développement économique.

    Le cyclone Chido est dons arrivé sur une situation déjà explosive. Il semble qu’il eut finalement beaucoup moins de morts qu’initialement craint, au point que certaines rumeurs ont circulé comme quoi les immigrés illégaux, par nature peu ou pas répertoriés, auraient enterré leurs morts très rapidement, selon la tradition musulmane, et sans en informer les autorités d’où un bilan sous-évalué. Peut-être, en tout cas le bilan officiel fait état d’une quarantaine de morts. Une bonne partie de l’habitat local est composée de cabanes en tôles ondulées, façon bidonvilles, qui n’ont évidemment pas résisté aux vents cycloniques. Les habitats et infrastructures en dur ont aussi été sérieusement endommagée. Des écoles, des centres de santé, des routes, des ponts, l’aéroport ont été endommagés et il faudra des années pour tout remettre en état.

    Les bidonvilles détruits étaient principalement occupés par des Comoriens immigrés, légalement ou pas. Les images de leur destruction sont impressionnantes. Le personnel politique français qui défile sur l’île dévastée explique que la France va reconstruire ceci, éliminer ceci, favoriser le développement économique pour que, enfin, Mayotte « soit traitée comme un véritable département français » et de prendre des engagements qui ne seront évidements pas intégralement tenus car ils ne peuvent tout simplement pas l’être.

    Qui peut croire une seconde que les bidonvilles vont être remplacés par des logements sociaux en dur ? Envisage-t-on la moindre chance pour ce territoire de connaître même un ersatz de développement économique ? Qui va aller investir dans ce département sous perfusion financière de la métropole ? Peut-on penser que les flux migratoires en provenance des Comores éloignées de 50 km pourront être contrôlés tant que Mayotte sera française ? Et dans l’hypothèse improbable où la situation économique de Mayotte s’améliorerait cela ne ferait que renforcer son attractivité pour l’immigration comorienne.

    La situation est inextricable et peu nombreux sont ceux qui osent le dire. La seule solution qui parait cohérente, et qui n’a jamais été testée serait l’ouverture de négociations avec les Comores sur la rétrocession de Mayotte à l’archipel. C’est d’ailleurs la solution préconisée par les Nations Unies qui maintient Mayotte sur sa liste des « territoires non autonomes ». Une telle hypothèse entraînerait un grave traumatisme pour la population française de l’île à qui il faudrait proposer de pouvoir rester français et la possibilité de s’installer en France métropolitaine si ses membres ne veulent pas rester sur place à l’issue d’une éventuelle réunification des Comores. C’est faisable, on parle de 200 mille personnes, mais cela demanderait une initiative de Paris que l’on voit mal menée par le personnel politique français actuel.

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    En attendant, Mayotte continue à revendiquer son statut de « département français de plein exercice » que la métropole continue à être incapable de lui assurer, non seulement pour des raisons financières, mais surtout aussi pour des motifs culturels et de positionnement géographique dans un environnement qui rend très improbable tout espoir de développement économique. Toutes les lois « de programme sur le développement de Mayotte » comme celle en cours d’examen par le parlement français se heurteront aux mêmes obstacles que personne n’a réussi à abattre depuis les années 1970 et qui, au contraire, deviennent de plus en plus infranchissables.

  • Mali, Burkina Faso et Niger quittent l’organisation de la Francophonie

    Mali, Burkina Faso et Niger quittent l’organisation de la Francophonie

    Les trois pays sahéliens membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) annoncent leur sortie de la l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Il s’agit du Mali, du Burkina Faso et du Niger, trois pays qui ont pour caractéristique commune d’avoir rompu leur coopération civile et militaire avec la France pour se tourner vers la Russie. C’est une bonne décision de leur part et le maintien de leur présence dans la Francophonie n’avait plus beaucoup de sens dans le contexte des relations sévèrement détériorées entre Paris et ses trois anciennes colonies. Il vaut mieux laisser les choses décanter et en reparler dans 150 ans. Notons que le communiqué de l’AES est rédigé en… français !

    D’ailleurs il n’est pas sûr que ce « machin » multilatéral soit très utile ni pour la France ni pour les autres pays membres. L’organisation accueille maintenant des pays non-francophones comme la Bulgarie, le Cap Vert, Chypre, l’Egypte, la Grèce, le Ghana, etc. Certains Etats membres comme le Togo et le Ghana adhèrent en parallèle au Commonwealth, entre l’anglais et le français leur cœur balance !

    Certes, on doit bien trouver quelques universitaires qui parlent encore français au Caire ou à Nicosie mais la très grande majorité de ces populations ne parlent pas un mot de français et il fort peu probable qu’elles s’intéressent un jour à la langue de Molière dans un avenir prévisible.

    Le budget de l’OIF 2025 est de 69 millions d’euros. Il est à craindre que la France ne soit le premier contributeur.

  • Et ça continue : s’endetter pour s’armer

    Et ça continue : s’endetter pour s’armer

    Alors que les menaces s’entassent sur l’Europe : guerre commerciale américaine, guerre d’invasion russe, revendication du Groenland par Washington, menace du président américain qui quitter l’Alliance atlantique…, les dirigeants du vieux continent commencent à sentir le vent du boulet et se lancent dans des programmes de réarmement, et, surtout, échafaudent les différentes solutions pour les financer. Les besoins financiers sont considérables et se chiffrent en centaines de milliards d’euros, sans parler des filières industrielles qu’il conviendrait de relancer, ce qui prendra des décennies.

    Evidemment l’état des finances publiques des pays « club méditerranée », groupe des pays mal gérés (dont la France), les rend incapables d’affronter de telles dépenses puisqu’ils sont déjà pour la plupart dans l’incapacité de financer leurs simples dépenses de fonctionnement sans s’endetter. Comme toujours les solutions envisagées par les Etats impécunieux les portent vers l’endettement européen qui leur permettrait de bénéficier de taux d’intérêt plus faibles que ceux qu’ils payent sur leurs dettes nationales car ils s’abriteraient ainsi sous le parapluie des pays mieux gérés qui rassurent les marchés financiers prêteurs. C’est ce qui été fait lorsqu’il a fallu injecter des fonds pour sortir de la crise économique déclenchée par la Covid.

    En réalité les gouvernements n’osent pas dire à leurs citoyens que ce réarmement pourra difficilement se faire sans réaliser des économies par ailleurs. Il est vrai que le thème n’est pas vraiment électoralement porteur. Il va falloir affecter des ressources limitées à de vraies priorités. En France par exemple, le ministre des finances assène qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts ni de remise en cause du « modèle social » pendant que les syndicats discutent toujours de l’abrogation de la réforme des retraites de 2023. Par ailleurs on se prépare déjà à organiser des jeux olympiques en 2030 après ceux de l’été 2024 à Paris.

    Le mirage d’un endettement européen mutualisé permet de laisser penser aux citoyens que le financement du réarmement pourra se faire sans douleur : il suffit de s’endetter. C’est une tartuferie typiquement française qui se renouvelle depuis des décennies, et sur de nombreux sujets. L’exercice n’a pas encore atteint ses limites puisque la France trouve toujours des prêteurs pour financer ses gabegies. La conséquence de l’augmentation de l’endettement public est relativement transparente pour les électeurs alors autant ne pas changer de méthode… Les intérêts payés aux prêteurs dépasseront les 55 milliards d’EUR pour l’année 2025, soit supérieurs au budget de la défense (51 Mds) et à peine inférieurs à celui de l’enseignement scolaire (64,5 Mds). Et ce chiffre a vocation à continuer d’augmenter avec une inertie considérable difficile à inverser. Il n’y a pas beaucoup de pédagogie faite autour de ce chiffre qui est pourtant parlant.

    Il faut que Mme. Michu continue à croire que la République pourra continuer à s’endetter pour financer ses dépenses courantes, ses dépenses somptuaires et, en plus, acheter des avions et des chars de combat. Au moins jusqu’aux prochaines élections ! Le message churchillien sur « le sang, le labeur, les larmes et la sueur » n’est entendable qu’en temps de guerre, pas dans un pays où la population rêve de faire baisser l’âge légal de la retraite de 64 à 62 ans.

    Lire aussi : Les finances publiques françaises à la dérive

  • La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    Alors que les conservateurs français, sans doute inspirés par le courant libertarien américain, se lamentent dans les nombreux organes de presse qu’ils détiennent, ou qui leur ouvrent leurs colonnes, des « attaques contre la liberté d’expression » dont ils seraient victimes, on apprend que suite à la réattribution de la fréquence publique de la Télévision numérique terrestre (TNT) de C8 à Ouest-France TV, Cyril Hanouna, le hérault des médias du groupe Bolloré continue à diffuser son émission Touche pas à mon poste (TPMP) sur des réseaux dits « sociaux » et via diverses « box » fournies lar des opérateurs Internet. La chaîne CNEWS, autre média du groupe Bolloré, s’en félicite d’ailleurs à longueur d’antenne en ajoutant que l’audience de M. Hanouna sort d’ailleurs renforcée de cet épisode.

    On se rassure donc en constatant que la « censure » de l’Etat n’empêche pas TPMP de remporter un succès d’audience sur les nouveaux canaux utilisés par l’animateur. Ce n’était donc peut-être pas peine de brailler sur partout que la « mort » de C8 est une atteinte inqualifiable à la liberté d’expression. La publicité que les spectateurs subissent désormais sur Youtube et assimilé n’est pas moins abrutissante que celle qui était diffusée par C8 sur son canal TNT. La vulgarité et la bêtise crasse de Cyril Hanouna sont toujours disponibles pour les téléspectateurs intéressés et c’est bien ainsi.

    Les médias du groupe Bolloré se posent en victime de la censure d’Etat, inspirée par une idéologie « de gauche », en dépit de la réalité : la plupart des magazines d’information sont détenus par des hommes d’affaires du CAC40, et affichent une ligne éditoriale que l’on peut difficilement qualifier de bolchévique. Le quotidien Le Figaro reste l’un des grands journaux français et son propriétaire est le groupe Dassault pas non plus en faveur d’une ligne gauchisante, ce qui n’empêche pas de maintenir une équipe de journalistes compétents. Il en est de même avec les quatre chaînes d’information en continu de la TNT. Il reste quelques journaux comme Libération, toujours à gauche mais avec une très faible diffusion. L’offre des médias français est diverse, de la gauche à la droite.

    Sur CNEWS, l’autre média phare du groupe Bolloré, Pascal Praud, ancien commentateur de fouteballe et animateur d’un plateau style « Café du Commerce » matin et soir réunissant un quarteron de polémistes à la retraire, affiche tous les jours son obsession contre les médias publics qui seraient « de gauche » en vivant de l’argent public et que seule CNEWS, et tout particulièrement son plateau « L’heure des pros », parlerait des sujets qui intéressent les Français.

    Charlie Hebdo (23/12/2020)

    Lesdits Français peuvent choisir librement les médias qu’ils décident de suivre. Le problème n’est pas tant les sujets abordés par les différents médias, où les tendances politiques affichées, que la manière dont ils sont traités. CNEWS et C8 prennent le parti de la courte vue et du racolage populiste de bas étage pour proférer des jugements à l’emporte-pièce, attisant la contestation systématique de toute action publique ou intellectuelle auprès de leur auditoire. Le Figaro et France-Culture optent pour l’analyse et la réflexion menées par des journalistes professionnels.

    Pour élever le niveau de la France qui, rappelons-le une nouvelle fois, répertorie près de 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram (le fouteballeur M’Bappé en affiche 123 millions…) il faudrait pouvoir censurer non pas le soi-disant manque de pluralisme, mais plutôt l’absence d’intelligence. Vaste tâche !

  • Continuons d’endetter joyeusement les pays européens

    Continuons d’endetter joyeusement les pays européens

    Alors que des bruits de bottes retentissent en Europe et que les Etats-Unis d’Amérique semblent tourner casaque et revoir leurs alliances en faisant ami-ami avec la Russie, l’Europe géographique commence à se demander s’il ne lui faudrait pas envisager de disposer d’une défense autonome plutôt que de dépendre de l’allié américain aux humeurs changeantes. Mais le constat montre que les pays du vieux continent ont considérablement baissé la garde depuis les années 1990 et la chute de l’URSS. Les mauvaises langues galonnées avancent qu’en cas de guerre de « haute intensité », l’armée française ne disposerait aujourd’hui que de quelques semaines de munition pour lutter contre un potentiel envahisseur.

    La nouvelle Russie apparaissant largement aussi nuisible et impérialiste que sa prédécesseuse soviétique l’Europe s’inquiète pour sa protection en cas d’attaque russe sur son territoire. C’est une saine réaction, certes un peu tardive mais salutaire. Le réarmement est sans doute la seule option raisonnable face à des puissances hostiles et de plus en plus agressives. Le problème est que tout ceci coûte beaucoup de sous et prend du temps. Les finances publiques de la France sont à la dérive depuis plusieurs décennies. Le pays est le mauvais élève de l’Union européenne. Heureusement certains autres sont en meilleure santé financière mais même en les additionnant, les financements nécessaires pour élever de nouveau l’Europe au rang de puissance sont considérables et d’un montant carrément vertigineux.

    En France, après un embrouillamini budgétaire de première catégorie pour l’année 2025 l’un des sujets actuels majeurs est de revenir sur la réforme des retraites pour en rabaisser l’âge légal de départ. L’accumulation des déficits publics depuis 1974 a généré une dette de 105% du produit intérieur brut. Les règles basiques de bonne gestion, comme celles que nous suivons à la maison, voudraient que l’on baisse certaines catégories de dépenses si l’on veut augmenter celles réservée aux armées. Mais comme ce message est désagréable à appréhender par les citoyens électeurs qui ont totalement perdu l’habitude de l’entendre, on parle aujourd’hui d’un « grand emprunt européen » à lancer pour financer la remise à niveau militaire. C’est une nouvelle version du « quoi qu’il en coûte » qui évite de se serrer la ceinture. Nos enfants rembourseront nos dettes, ce n’est pas grave.

    Personne n’a le courage d’annoncer « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » tels que Churchill les promit à son peuple en 1940. Maintenant on dit « on va s’endetter » et tout ira bien. C’est aussi le signe de la décadence européenne, particulièrement française d’ailleurs. Un pays ou Nabilla affiche 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram et où Cyril Hanouna est potentiellement annoncé comme candidat aux élections présidentielles 2027 ne peut être un pays qui fait face à la réalité de ses nouveaux adversaires.

  • La cathédrale de Strasbourg

    La cathédrale de Strasbourg

    La cathédrale gothique Notre-Dame de Strasbourg a fêté son millénaire en 2015. Elle est toujours solidement et merveilleusement en place au centre de la capitale alsacienne avec son clocher unique, laissant l’une de ses deux tours orpheline de clocher. Au cœur d’une région qui appartint au Saint Empire germanique et d’une culture protestante depuis la réforme au XVIe siècle elle a accueilli le culte protestant avant de redevenir complètement catholique après l’annexion de Strasbourg par Louis XIV en 1681. Elle affronta aussi les affres de la Révolution française et de ses fanatiques, les canons prussiens en 1870, la visite d’Hitler après la nouvelle annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1940, puis les bombes alliées en 1944. Heureusement ses vitraux avaient été mis à l’abri au début de la seconde guerre mondiale et ont pu être remis en place après celle-ci.

    Elle est restée debout face à ces avanies et a même été un élément clé de la réconciliation franco-allemande. En 1941 le colonel Philippe Leclerc et ses troupes emportent la bataille de Koufra contre les Italiens dans le désert de Libye. Ils prêtent ensuite serment au milieu des sables de poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale, soit la libération de Strasbourg.

    Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.

    serment de Koufra

    Ce sera chose faîte le 23/11/1944 lorsque les « saphis » de Leclerc hisseront le drapeau tricolore au sommet de la flèche de la cathédrale. La France est libérée de l’occupant allemand. La guerre va se terminer quelques mois plus tard et Leclerc poursuivra jusqu’à Berlin à la tête de la 2e division blindée au cœur du dispositif allié sous commandement américain.

    En 1967, le Général de Gaulle célèbre en grande pompe le 17e anniversaire de la libération de la ville. Il est entouré d’une ribambelle de ministres et prononce un discours célèbre devant un parterre de militaires servant pour la plupart dans la guerre d’Algérie qui fait rage et à laquelle il fait aussi référence :

    Il est en France, des lieux où la conscience nationale parle plus haut qu’ailleurs. D’après une sorte de décret de la nature et de l’histoire, Strasbourg est un de ces lieux-là, pour deux motifs qui s’appellent l’Alsace et le Rhin.

    Gn de Gaulle – 23/11/1961

    Il assiste également en grand uniforme à une messe dans la cathédrale à cette occasion.

    Plus léger, la pimpante guide de l’office du tourisme nous apprend que des cigognes alsaciennes de la légende, porteuses des bébés, viennent chercher leur « chargement » dans la crypte de la cathédrale où les âmes des enfants attendaient de venir au monde. Elle nous détaille ensuite l’horloge astronomique et son mécanisme extrêmement sophistiqué datant du XVIe qui déclenche une ronde de personnages animés tous les quarts d’heure, ainsi que le Grand orgue flamboyant qui subit de multiples destructions et rénovations dont l’une menée au XVIIIe par l’alsacien André Silbermann, facteur d’orgue internationalement connu à l’époque.

    La cathédrale est enchâssée dans une place de dimensions modestes entourée de bâtisses alsaciennes typiques, dont celle de la Maison Kammerzell, spécialiste renommé de la choucroute alsacienne. On est au cœur de la Grande Ile, entourée du fleuve L’Ill et du canal du Faux-Rempart : une belle image de la ville

  • Cyril Hanouna toujours vivant

    Cyril Hanouna toujours vivant

    Ce soir à minuit la chaîne de télévision C8 voit son autorisation d’émettre sur la fréquence publique gratuite de la Télévision numérique terrestre (TNT) s’éteindre. La nouvelle chaîne à qui a été octroyé cette fréquence n°8 est Ouest-France TV qui devrait commencer à émettre à partir du 1er septembre.

    La chaîne C8 a diffusé hier des émissions larmoyantes se lamentant sur la « censure » que l’Etat fait peser sur elle ; Dans le même temps la vedette de C8, Cyril Hanouna, a annoncé que son émission TPMP (Touche pas à mon poste) continuera dès lundi pour la fin de saison et sera diffusée en direct sur d’autres canaux privés, certains gratuits, d’autres pas : Youtube, Canal+, etc.

    Message « X » du 28/02/2025

    La veille, le même annoncait que pour la saison prochaine son émission TPMP serait diffusée par le groupe M6 sur la chaîne gratuite de la TNT : W9.

    Message « X » du 27/02/2025

    De son côté le groupe Bolloré continuera d’exercer sa liberté éditoriale sur ses autres médias : les chaînes de télévision Canal+ (en partie payante), CNEWS et CSTAR (gratuites sur la TNT) ; la radio Europe1 ; les journaux le JDD, Paris-Match, GEO, Ca m’intéresse ; la plateforme DAILYMOTION et bien d’autres médias qui font du groupe Bolloré le plus puissant acteur médiatique français du moment, un peu ce que fut le groupe Hersant dans les années 1970-1980

    On a donc vu pire comme censure… On peut même se demander si la famille Bolloré n’aurait pas profité des circonstances pour se débarrasse à bon compte de l’animateur Hanouna dont la vulgarité et le racolage commencaient à devenir un peu envahissants et, sans doute, très couteux, tout en se victimisant sous le poids de la « censute étatique ».

    Cerise sur le gâteau, le journal Le Monde rapporte ce matin que Hanouna aurait répondu par la négative « pour le moment » sur l’hypothèse de sa candidature aux élections présidentielles de 2027

    L’élection présidentielle de 2027, pour l’instant, bien sûr, c’est non […] je le ferai que si un jour on a une chance de sauver la France.

    Nous voilà rassurés.

    Depuis le 28/02/2025 le canal 8 de la TNT affiche écran noir :

    Ecran C8 après le 28/02/2025

    Calme et volupté !

  • Le camp du Struthof en Alsace

    Le camp du Struthof en Alsace

    Le camp du Struthof (KL Natzweiler) a été établi en mai 1941 dans la commune de Natzweiler à 60km de Strasbourg dans le Bas-Rhin. C’était à l’époque dans l’Alsace (de nouveau) annexée par le Reich allemand. C’était un camp de concentration pour le travail, pas un camp d’extermination, mais la vie n’y était pas rose. Situé dans les pré-montagnes à 800 m d’altitude, il a été installé à cet endroit pour pouvoir exploiter la carrière de granit rose située juste à côté. Les conditions de travail y étaient très dures ce qui, additionnées au traitement sauvage des prisonniers, entraînait un taux de mortalité très élevé de 40%. Environ 52 000 prisonniers sont passés au Struthof et dans ses camps annexes, originaires de toute l’Europe, y compris d’Allemagne, et d’une trentaine de nationalité dont plus de 7 000 Français.

    Les baraques ont été construites sur un terrain en pente de 4,5 ha aménagés en terrasses. Cet environnement permettait une surveillance facilitée depuis les miradors et baraquements des SS situés en haut de la pente. C’est par là que se faisait l’accès des prisonniers hier, et, encore aujourd’hui, celui des visiteurs. Seules deux baraques de prisonniers sont toujours debout sur la terrasse du haut. Ils sont en cours de rénovation pour être rouverts à la visite le moment venu. A côté, la potence destinée aux exécutions a été maintenue en place et diffuse son image morbide pour rappeler où nous nous trouvons… En bas de la pente, deux baraques subsistent et sont visitables, l’une contenant le four crématoire et « l’infirmerie », ces deux fonctions étant complémentaires pour les Nazis qui menaient des expériences médicales sur certains détenus, l’autre étant réservée au bloc cellulaire. A côté, la fosse où était jetées les cendres des cadavres incinérés, transformée aujourd’hui en espace mémoriel et de recueillement.

    Entre le sommet de la pente et le bas, reste uniquement l’étagement des terrasses et les escaliers de pierres qui étaient montés et descendus en permanence par les déportés dans un état de faiblesse avancée. Il y avait à l’époque 14 baraques de détenus qui n’ont pas été conservées.

    En 1943 arrivent des déportés Nacht und Nebel (NN), les opposants au Reich au sein des pays occupés et de l’Allemagne, souvent des résistants à l’occupant, sorte de prisonniers politiques. Ils sont isolés des autres et connaissent un sort encore plus funeste. Beaucoup de ceux qui survécurent aux conditions de travail effroyables seront purement et simplement exécutés. Himmler avait demandé que tous les « NN » d’Europe de sexe masculin soient transférés au « KL Natzweiler », un ordre qui fut plus ou moins suivi.

    A deux kilomètres en aval de l’enceinte du camp subsistent deux bâtiments, l’un était un « L’Auberge du Struthof » qui accueillait avant la guerre les habitants de la région venus faire du ski l’hiver et profiter du bon air de la montagne l’été. Les Allemands y ont installé leur quartier général durant la construction du camp. A côté, l’annexe de l’auberge dont une pièce fut utilisée comme chambre à gaz expérimentale. Les effets de gaz de combat y furent testés sur des déportés tsiganes dont peu survécurent. Des tests de vaccin contre le typhus furent également effectués sur des cobayes humains. A côté de la chambre à gaz se trouvent encore les installations où les résidents de l’auberge déposaient leurs skis…

    A la fin de la guerre, face à l’avancée des troupes alliées, la fébrilité des Allemands les pousse à assassiner en masse les occupants du camp et ceux, nombreux, qui y arrivent. Les Américains le découvrent un peu par hasard le 25 novembre 1944, deux jours après la libération de Strasbourg. Il a déjà été vidé de ses occupants partis vers d’autres camps à l’Est au cours des sinistres « marches de la mort » où beaucoup des déportés périrent.

    Après la guerre le camp fut réutilisé quelques temps comme camp d’internement où furent enfermés des collaborateurs. Le sinistre commandant du camp, Joseph Kramer, avait été muté à Bergen-Belsen qu’il commandait en 1944. Il est fait prisonnier par les Britanniques, condamné à mort et pendu en fin 1945. D’autres dirigeants du camp, moins emblématiques que Kramer, connurent un sort similaire. En revanche, les médecins allemands ayant dirigé les expériences médicales sur les détenus ont été condamnés à de la prison, libérés avant le terme de leurs peines en 1955. Ils retournent alors en Allemagne où ils reprennent leurs activités médicales !

    En 1960 un Mémorial national de la déportation a été érigé au-dessus de l’enceinte du camp, vaste monument de 40 mètres de haut inauguré par le Général de Gaulle et autour duquel a été aménagée une nécropole regroupant plus de 1 000 tombes de déportés dont les corps ont été ramenés de différents camps européens.

    Des investissements significatifs sont réalisés dans ce lieu d’Histoire pour maintenir et transmettre la sinistre mémoire des lieux de déportation. Un Centre européen du résistant déporté a été institué qui offre l’accès à des archives nombreuses aux chercheurs. En plus de visites guidées très intéressantes et bien menées, des expositions permanentes et temporaires sont organisées dans le grand bâtiment d’accueil des visiteurs.

    Aujourd’hui, alors qu’une tempête de neige souffle à l’extérieur les visiteurs se retrouvent dans la cafétaria où une joyeuse bande de collégiens pique-niquent un peu bruyamment au point que leur responsable leur rappelle le lieu de mémoire où ils se trouvent pour leur demander un peu plus de calme, qu’il obtient d’ailleurs sans difficultés. En dépit de cette barbarie symbolisée ici au Struthof, la vie continue malgré tout, et heureusement ! Il est bien que cette jeunesse en baskets-casquettes et téléphones mobiles soit amenée ici pour, peut-être, prendre conscience de la noirceur du monde qu’elle pourra chercher à adoucir pour son propre avenir.

    Voir aussi : https://www.struthof.fr/

  • Au salon de l’agriculture

    Au salon de l’agriculture

    On n’était pas retourné au Salon de l’Agriculture depuis des décennies. Pas beaucoup de changements depuis la dernière visite, il s’agit toujours d’un vaste troquet consacré à la boustifaille et on a l’impression que les surfaces dédiées à la restauration dominent tout le reste. Au moins peut-on supposer que les aliments servis sont bons et issus du terroir. Le visiteur déambule au milieu des saucissons, des jambons et… des animaux, de loin les stands les plus fréquentés. Les adultes sont aussi émerveillés que les enfants devant veaux, vaches et cochons ruminant dans la paille fraîche. Les bestiaux aux poils brillants sont briqués à tous instants et l’on voit même des éleveurs utiliser un sceau pour recueillir leurs excréments avant qu’ils ne polluent leurs litières… De vastes enclos intérieurs accueillent les concours de beauté pour primer les animaux les plus pimpants dont les maîtres repartent avec de majestueuses médailles.

    On aurait espéré assister à quelques débats entre spécialistes sur les enjeux et défis économiques de l’agriculture en France mais, s’ils existent dans cette enceinte, ils ne semblent pas ouverts au public. Il y a tout de même un stand McDonald qui attire les petits enfants avec des jeux pédagogiques. De leur côté, les producteurs de produits phytosanitaires se cachent derrière des appellations racoleuses et « biologisées » évitant de trop mettre en avant leurs spécialités chimiques. Une nouveauté cette année : l’opération « Zéro enfant perdu » qui consiste à badger (pas encore pucer) les enfants avec un bracelet mentionnant leurs noms et un numéro de téléphone pour les retrouver lorsqu’ils s’impatientent et filent vers les stands à bestiaux alors que leurs parents s’attardent devant leurs bières.

    Le Maroc est mis à l’honneur dans ce salon 2025. Certes ses tomates et autres fruits et légumes concurrencent sévèrement l’agriculture française mais ce pays envoie également des bataillons de travailleurs marocains dans les champs français pour aider aux récoltes. Alors vive le Maroc !

  • Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Le groupe Bolloré a déclenché un tir de barrage très nourri pour accompagner les derniers jours de l’autorisation d’émission de sa chaîne C8 sur la Télévision numérique terrestre (TNT) gratuite. Tous les salariés des médias du groupe se lamentent à l’unisson contre « cette atteinte intolérable à la liberté d’expression et à leur devoir d’informer ». Ils sont appuyés par nombre de commentateurs conservateurs anti-Macron qui en profitent pour se laisser aller contre ce président qu’ils ne sont pas arrivés à empêcher d’être élu pour deux mandats successifs.

    L’argumentation est que l’Etat « a tué » la première chaîne de la TNT « au mépris du peuple ». En réalité ce n’est pas la chaîne C8 qui est fermée, c’est son autorisation d’émettre sur une fréquence gratuite à laquelle il est mis fin. C8 peut tout à fait émettre via les box et les bouquets satellites payants comme des dizaines d’autres chaînes. Rien ne l’empêche, et surtout pas l’Etat qui est le propriétaire des fréquences de la TNT et a décidé d’attribuer celle jusqu’alors utilisée gratuitement par C8 à une nouvelle chaîne qui ne fait pas (encore ?) partie du groupe Bolloré. Même s’il décide de « fermer » C8, ce dernier continue à contrôler de nombreux autres médias, dont la chaîne CNEWS sur la TNT, qui pourront continuer à diffuser sa « ligne éditoriale ». On a vu pire comme « atteinte inqualifiable à la liberté d’expressions ».

    Et puis, qui sait, peut-être que les deux nouveaux bénéficiaires de fréquences TNT, Ouest-France TV et Réels TV, vont-elles recruter Cyril Hanouna pour se reconnecter « avec le peuple » ?

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  • Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Les journalistes œuvrant dans les médias détenus par le groupe de l’homme d’affaires Bolloré s’émeuvent depuis plusieurs semaines de la « mort » annoncée de la chaîne C8 pour la fin du mois de février. Celle-ci émet sur la Télévision nationale terrestre (TNT) dont les fréquences sont attribuées gratuitement par l’Etat en échange du respect d’un cahier des charges. Les supporters de C8 se lamentent, toute la journée et sur tous les médias du groupe, sur le fait que l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) organisme administratif « sans aucune légitimité démocratique » a décidé de « tuer » la chaîne ce qui serait une atteinte à inqualifiable à la « liberté d‘expression ».

    En réalité, l’Arcom a décidé d’attribuer la fréquence de C8 à une autre chaîne, donc l’une va remplacer l’autre en une sorte d’alternance même s’il semble que la nouvelle chaîne soit encore à l’état de projet. La raison la plus probable de cette décision est que l’Etat tente de mettre fin à la bêtise crasse et au racolage affligeant auxquels se livre cette chaîne. En promouvant l’abrutissement des masses et la vulgarité toute la journée la chaîne Bolloré et son animateur vedette Cyril Hanouna n’ont pas respecté les obligations déontologiques incluses dans le cahier des charges qu’ils ont signé. Comme il est difficile de justifier ouvertement ce non-renouvellement pour des motifs liés au niveau affligeant de ses programmes, sous peine d’être accusé de « mépriser le peuple », bien qu’il suffise de regarder dix minutes de l’émission quotidienne d’Hanouna pour s’en convaincre assez facilement, l’Arcom argumente plus sur le manque de pluralisme que sur l’absence d’intelligence, c’est sans doute un peu moins subjectif.

    Lire aussi : Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    C8 pourrait poursuivre son activité en tant que chaîne payante à intégrer sur des bouquets satellites ou des box. Mais évidemment ce n’est plus la même histoire et la clientèle-cible est différente dans ce cas, bien moins nombreuse. On se souvient que la chaîne d’information en continue LCI appartenant au groupe Bouygues-TF1 avait menacé de fermer purement et simplement si on ne lui attribuait pas une fréquence gratuite. Ne pas payer l’accès aux téléspectateurs facilite évidemment la diffusion et l’atteinte de la rentabilité… A priori, les dirigeants de la chaîne annoncent qu’elle fermera et licenciera ses 400 employés. Cyril Hanouna, lui, devrait rebondir sur une autre chaîne. Les soutiens de C8 affichent bien entendu la perte de 400 emplois, sans préciser bien entendu que la chaîne qui la remplacera va créer des emplois. Ils prônent également la suppression de l’Arcom coupable d’atteinte à la « liberté d’expression » sans expliquer non plus par quel processus on la remplacera pour l’attribution de fréquences de la TNT, mise aux enchères, auquel cas elles ne seront plus gratuites, attribution directement pat l’administration, autre système ?

    L’Arcom a également décidé de transférer la fréquence dont bénéficie NRJ12 à une autre chaîne ce 28 février. Ce changement se fait avec beaucoup plus de discrétion. Sans doute NRJ12 ne peut pas s’appuyer sur un groupe aussi puissant et idéologique que celui contrôlant C8.

    Ainsi va la vie dans l’audiovisuel français, de nouveaux acteurs apparaissent, d’autres disparaissent, et l’Etat qui met gratuitement à disposition des chaînes de la TNT en nombre limité, exige en échange des engagements des bénéficiaires. Cela ne parait pas illégitime mais le type de contreparties demandées peut être modifié, ou pas. Il suffit de le décider, c’est l’Etat qui régule ces fréquences et c’est à lui de décider. Si le pouvoir change de mains en France les nouveaux venus pourront faire évoluer ce système, ou pas…

    Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

  • Accélérons !

    Accélérons !

    A l’occasion d’une nouvelle catastrophe naturelle, des inondations en Ille-et-Vilaine les autorités annoncent qu’elles vont « accélérer » la signature du décret déclarant l’état de « catastrophe naturelle » qui permet le déblocage d’indemnisations exceptionnelles.

    Comme on chaque catastrophe, des ministres défilent devant les victimes et comme ils n’ont pas beaucoup d’armes à fourbir contre le déchainement de la nature ils « accélèrent » un décret. Cela ne peut pas faire de mal mais « l’accélération » devient la norme et il arrive un moment où, à force « d’accélérer », le décret va précéder la catastrophe…

    Le mieux est sans doute que l’administration et les ministres fassent leur boulot, conformément à ce que prévoit la loi, plutôt que cette communication inutile. 

  • Misérabilisme étudiant

    Misérabilisme étudiant

    L’assemblé nationale a voté une proposition de loi généralisant le repas à 1 EUR pour tous les étudiants, contre l’avis du gouvernement. Jusqu’ici seuls les étudiants bénéficiant d’une bourse ou étant en « situation précaire » étaient éligibles à ce tarif réduit. Les repas universitaires sont préparés et servis par les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) qui eux-mêmes sont subventionnés avec de l’argent public, subventions qu’il va donc falloir augmenter pour compenser la perte de recettes décidée par le parlement.

    Cette mesure « progressiste » part du principe que tous les étudiants sont en « situation précaire » et méritent donc d’être subventionnés par les contribuables. Ce n’est heureusement pas le cas mais néanmoins tous pourront bénéficier de cette mesure. C’est le défaut de la vision misérabiliste d’une partie des élus (souvent partagée dans les dîners en ville et sur les plateaux télévisés) qui consiste à élaborer les politiques sur la situation « des plus défavorisés » ce qui revient à en faire profiter aussi « les plus favorisés ».

    La logique voudrait que les politiques budgétaires soient conçues en fonction de la situation moyenne des citoyens et des entreprises et que des mesures spécifiques soient mises en œuvre pour favoriser ceux qui sont en ont réellement besoin. La généralisation du repas à 1 EUR, à perte pour les Crous, pour tous les étudiants illustre ce travers français de l’addiction à la dépense publique. Le nombre de repas servis à 1 EUR va certainement augmenter de même que le déficit des Crous et donc leur besoin de subvention qui en sera la conséquence. Sans doute une telle mesure apportera quelques suffrages aux partis qui l’ont soutenue, elle ne changera probablement pas grand-chose au sort « des plus favorisés » qui d’ores et déjà ne prennent pas leurs repas dans les restaurants du Crous.

  • « Ça manque toujours autant de moyens, Patron ! »

    « Ça manque toujours autant de moyens, Patron ! »

    Avec toujours le même ensemble la totalité des corporations françaises continue à réclamer « plus de moyens » à l’Etat. C’en est émouvant tant chacune d’entre elle invoque une question de vie ou de mort si l’argent public qui leur est affecté ne connaît pas une augmentation substantielle. Alors la simple évocation de stabilité ou, pire, de réduction des budgets publics suffit à faire défaillir élus et lobbys de tous bords.

    La dernière mode pour défendre son pré-carré est la diffusion de tribunes dans le grand public pour plaider sa cause.

    Le comédien Philippe Torreton a ainsi craché son venin contre la présidente du conseil régional des Pays de Loire qui a présenté un budget réalisant une baisse de dépenses pour la culture.

    Ce que les Néandertaliens et leurs cousins avaient compris, Christelle Morançais, la présidente du conseil régional des Pays de la Loire, membre du parti Horizons d’Edouard Philippe, ne le comprend visiblement pas ou, pire, feint de ne pas le comprendre.

    Cette personne insinue en un élan populiste que ne bouderait pas Donald Trump que le monde de la culture ne serait qu’une niche de gens gâtés qu’il serait grand temps de confronter au réel, afin, dixit, qu’ils se réinventent.

    Je ne savais pas qu’en 2024 une telle opinion, un tel mépris envers le monde culturel et associatif pouvait, non seulement se concevoir, mais également s’assumer avec cet aplomb que doit certainement autoriser l’ignorance débridée.

    (Le Monde du 15/12/2024)

    Le budget du ministère des sports étant également appelé à participer aux efforts de réduction des dépenses, une tribune signée par 425 sportifs est sortie dans le journal L’Equipe dont la lecture donne des larmes aux yeux.

    Ce n’est pas seulement une économie, c’est un sabotage du vivre-ensemble !
    Le sport français… C’est un rempart contre les fractures sociales et territoriales.
    C’est un outil de santé publique indispensable.
    C’est une opportunité d’émancipation pour notre jeunesse.

    Nous, athlètes de l’équipe de France, ne resterons pas silencieux face à ce désastre annoncé. La France mérite mieux.

    (L’Equipe du 21/01/2025)

    Et ainsi, sabre au clair, la France s’est déjà engagée dans les dépenses somptuaires de l’organisation dans les Alpes de jeux olympiques pour 2030. Chacun explique que dépenser dans son domaine « rapporte de l’argent à la France », Philippe Torreton comme David Douillet.

    Le psychodrame budgétaire actuel confirme jusqu’à la nausée que les citoyens comme leurs représentant ont abandonné toute idée de l’intérêt général sur le thème : « taxons Bernard Arnault et faisons des économies, mais chez mon voisin, pas chez moi ». Ainsi va l’ordinaire d’une nation qui se rabougrit de jour en jour.

    Nous sommes fin janvier et le pays n’a pas encore été en mesure de voter un budget 2025 pour la République. Jusqu’ici tout va bien.

    Lire aussi : « Ça manque de moyens ! »