Catégorie : France

  • L’abrutissement des masses

    L’abrutissement des masses

    On ne dit plus « influenceuses à forte poitrine et à neurones déliquescents » mais on dit désormais « créatrices de contenus ».

    C’est ainsi que le monde de Nabilla et de ses confrères est requalifié, sans doute pour cacher la bêtise abyssale dans laquelle ils entraînent le pays. Nabilla compte aujourd’hui 9,4 millions de « followers » sur son compte Instagram soit 14% de la population française, et elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais un cas tellement représentatif de l’abrutissement considérable des masses auquel participent ces « créateurs ». Le plus inquiétant est la progression de leur audience.

    Lire aussi : Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Le cas de Nabilla est consternant par le nombre de ses suiveurs moins par son « contenu ». Elle se contente de faire des promotions commerciales de vernis à ongles et de parfum. Plus inquiétant, désormais tout le monde peut « influencer » sur ces réseaux dits « sociaux », divulguer des idéologies diverses, de Rima Hassan aux suprémacistes de tous bords, en passant par les terroristes religieux ou un président de la République française qui répond à des influenceurs sur TikTok. Et ces idéologues aux petits pieds sont quasiment certains de rencontrer un public.

    Aujourd’hui, plus grand monde ne lit la presse composée par des journalistes professionnels et les jeunes générations « s’informent » majoritairement via le monde de Nabilla. C’est une défaite de l’esprit mais ce sont ces générations qui vont désormais gouverner le monde. Peut-être vont-elles se satisfaire de ces nouveaux canaux et laisser décliner l’intelligence ? Ce sera leur choix et nous en supportons déjà collectivement les conséquences.

    Voir aussi : Un président qui boxe dans le vide

  • La gauche qui vote à droite

    La gauche qui vote à droite

    Dans un dîner en ville on débat du nouveau fractionnement de l’assemblée en trois tiers : un pour la gauche propalestinienne, un de centre droit et un de droite dure, ce qui fait, si l’on sait compter, deux tiers de droite et un tiers de gauche. Les convives progressistes ont une autre interprétation de cette réalité chiffrée : « les électeurs de la droite dure sont en fait des électeurs de gauche déçus par la gauche », d’où leur vote pour la droite de la droite. Contrairement aux apparences il y aurait en fait deux tiers de gauche et un tiers de droite.

    C’est une interprétation comme une autre, qui montre si besoin en était que la droite dure provoque toujours la même aversion de la population « de gauche » au point que celle-ci dénie même la réalité du vote des électeurs qui sont passés de la gauche à la droite. C’est en gros : « pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Alors on peut les compter comme électeurs de gauche, ils ont quand même voté à droite et il faudra bien qu’ils en assument la responsabilité même si l’époque tend de plus en plus à la déresponsabilisation générale.

  • L’obsession de l’âge légal de la retraite

    L’obsession de l’âge légal de la retraite

    Avec une permanence qui force l’admiration la gauche propalestinienne continue à exiger l’abrogation de la réforme des retraites. A tout le moins, certains de ses membres pourraient sans doute se satisfaire de maintenir l’âge légal à 62 ans au lieu de la montée vers les 64 qui a été adoptée par le parlement en 2023 et qui a commencé à être mise en œuvre. Depuis son adoption, la situation financière du système des retraites s’est dégradée par rapport aux hypothèses qui avaient fondé cette réforme. Le retour du déficit (c’est-à-dire qu’il a plus de pensions versées que de cotisations encaissées) apparaît dès 2024 et ne cesse ensuite de se creuser selon le scénario de base retenu par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) et ce, en prenant en compte l’application intégrale de la récente réforme.

    https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2024-07/RA_2024_finale_Synth%C3%A8se_publication.pdf

    Les opposants compulsifs à l’augmentation de la durée du travail ne raisonnent pas en termes de déficit ou de financement puisque pour eux il suffit « de taxer Bernard Arnault » pour combler les déficits. Il est donc peu opérationnel ni utile de discuter de ce sujet avec eux.

    En revanche, la situation financière du système des retraites se dégradant dès 2024, même avec la réforme de 2023 qui risque fortement d’être « adoucie » compte tenu du contexte politique, fait que de toutes façons une nouvelle réforme sera nécessaire dans 3 ou 4 ans. En attendant, le contrefeu du nombre minimum de trimestres d’assurance exigé (172, soit 43 années) permet de limiter les dérives même en cas de baisse de l’âge légal de départ.

    Comme il faut bien se sortir des blocages actuels et prendre en compte tenu l’obsession des partis d’opposition contre l’augmentation de l’âge de départ à la retraite peut-être faut-il envisager de compromettre temporairement avec ceux-ci, à 63 ans au lieu de 64, et de reporter son augmentation à l’incontournable nouvelle réforme sur le financement qui adviendra d’ici deux ou trois ans lorsque les tensions financières du système se seront encore accrues ? D’ici là, la « taxation de Bernard Arnault » aura peut-être arrangé les choses ? Plus probablement, hélas, le déficit du système se sera accru et peut-être la réalité des chiffres rendra les élus et leurs électeurs plus pragmatiques.

  • Le cumul des mandats, serpent de mer sans intérêt de la politique française

    Le cumul des mandats, serpent de mer sans intérêt de la politique française

    Le nouveau premier ministre, François Bayrou, à peine installé à l’hôtel de Matignon ressort une des vieilles lunes de la politique française : le cumul des mandats. Dans une France en voie de rabougrissement il n’est sans doute pas la première urgence de s’attaquer une nouvelle fois à ce serpent de mer qui voit s’affronter avec une régularité de métronome les arguments le plus souvent de mauvaise foi.

    M. Bayrou est maire de Pau et une simple question de bon sens amène à se demander comment il peut assumer à la fois ses fonctions de premier ministre et celle de premier édile d’une ville moyenne ? C’est juste impossible sans négliger l’un des postes, voir les deux.

    L’argument principal développé par les partisans de l’abandon de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats est de garder une « présence de terrain » pour mieux comprendre les « problèmes des Français ». Cet argument ne résiste pas longtemps à l’analyse car la loi n’interdit pas tous les cumuls, elle ne fait que les limiter. Par exemple, un député français ne peut pas être également sénateur ou député européen. Il ne peut pas non plus exercer un mandat exécutif local, maire ou président de conseil départemental ou régional cependant il peut très bien rester simple conseiller municipal, départemental ou régional ce qui lui permet amplement de garder le « contact avec le terrain ». Par ailleurs, les députés ont généralement une permanence locale dans leur circonscription dans laquelle ils peuvent se rendre pour dialoguer « avec le terrain », ce qu’ils font d’ailleurs le plus souvent.

    Aujourd’hui un député peut donc garder un mandat local du moment qu’il ne soit pas « exécutif ». Il suffit de s’en servir. Laurent Wauquiez qui vient de se faire élire député le 07/072024 était président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a donc démissionné du poste de président mais il reste conseiller régional et siège aux assemblées de cette région ce qui lui permet sans aucun doute de continuer à recevoir les lamentations de ses électeurs en plus de celles qu’il partage en tant que député dans sa permanence électorale. On peut d’ailleurs imaginer qu’il continue d’influer sur la présidence de la région car le député-conseiller régional Wauquiez ayant probablement plus d’entregent que le conseiller général lambda…

    On espère que ce débat récurrent sur le cumul des mandats, qui a été réduit mais non point interdit, n’est pas influencé par le cumul des rémunérations et des retraites versées aux titulaires de ces mandats ou la promotion d’égos surdimensionnés…

    Lire aussi : L’escroquerie électorale perdure

  • Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Depuis la destitution du gouvernement « Barnier » du fait d’une motion de censure votée par la gauche propalestinienne alliée au Parti Socialiste et au Rassemblement National le 4 décembre, les médias bruissent de rumeurs sur le nom de son remplaçant potentiel. C’est d’ailleurs leur unique préoccupation, anticiper le nom du futur premier ministre. Depuis plusieurs jours le centriste François Bayrou semblait en bonne place pour le poste. Les journalistes qui ne savent pas attendre la décision pour la commenter vivaient dans une espèce de crise de fébrilité à grands coups d’éditions spéciales, de logos « Premier Ministre » et de trombinoscopes déroulant les bobines de ceux que les médias voyaient entrer à l’Hôtel de Matignon.

    Ce matin M. Bayrou a été invité à l’Elysée par le président de la République à 8h30. Il ne devait pas y avoir grand monde dans cette réunion, les deux impétrants et peut-être un ou deux conseillers. Comme la réunion a duré presque deux heures, les médias ont passé la matinée à essayer de percer le secret de l’oracle. Vers 10h, le consensus médiatique penchait pour une nomination de Bayrou, quasiment acquise, mais vers midi il a tourné casaque et annoncé que cette réunion avait été provoquée pour permettre au président d’annoncer à François Bayrou qu’il ne serait pas désigné premier ministre et qu’une place de numéro 2 du gouvernement lui avait été proposée comme lot de compensation.

    A 12h18 le journal Le Monde en ligne titre : « Au cours d’un échange tendu, François Bayrou a été informé par Emmanuel Macron qu’il ne serait pas nommé premier ministre, selon les informations du ‘Monde’ ». Las, à 12h44 Le même journal doit annoncer : « François Bayrou est nommé premier ministre, annonce l’Elysée dans un communiqué ». C’est la débandade médiatique, les journalistes ravalent leur chapeau et diffusent l’information officielle qui balaye leurs prévisions.

    On se demande comment même Le Monde tombe dans ce piège de la recherche du scoop au détriment de l’intelligence. Quel était le problème d’attendre le communiqué de l’Elysée pour commenter la décision ? Le journal a bien mentionné à 12h18 « selon [nos] informations »… eh bien vos informations étaient fausses, ou vous vous êtes faits manipulés Messieurs les journalistes ! Seul le président de la République a le pouvoir de nommer le premier-ministre, tant qu’il ne l’a pas fait il n’y a pas de premier ministre. Il l’a désigné à 12h44, il suffisait d’attendre 37mn pour commencer à commenter et être intelligent plutôt que racoleur. Ce n’est pas le choix qui a été fait par les médias.

  • Les forbans renversent le gouvernement

    Les forbans renversent le gouvernement

    La gauche propalestinienne, le parti socialiste (PS) et le rassemblement national (RN) se sont finalement retrouvés pour faire tomber le gouvernement dirigé par Michel Barnier à l’occasion du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale. Du coup, plus de budget de la sécurité sociale, encore moins de budget de l’Etat avant la fin de l’année 2024 et un gouvernement à reconstruire en espérant qu’il convienne à une assemblée nationale composée de trois minorités aigries et revendicatives. Cette structure inhabituelle fait que si deux des trois tiers s’opposent, ils l’emportent quels que soient les tiers en question.

    En l’occurrence la gauche n’a cessé de clamer que ce gouvernement Barnier était « dans les mains du RN » et qu’il fallait donc le faire tomber. La réalité montre également qu’elle eut besoin du RN pour faire voter sa motion de censure. C’est juste de la mathématique appliquée aux règles de majorité du parlement français : si deux tiers s’unissent ils l’emportent contre le troisième. La gauche avait donc besoin du RN pour sa motion de censure comme le centre avait besoin de la neutralité de la gauche ou du RN pour continuer à gouverner. Et ce sera le cas tant que ces minorités opposées survivront.

    Certains forbans qui les composent ont décidé d’allier les contraires et de mettre fin à l’expérience Barnier quelques jours avant la fin de l’année. Afin que l’Etat puisse légalement continuer à travailler il faut bricoler dans l’urgence une « loi spéciale » qui l’autorise à lever l’impôt à partir du 1er janvier. A défaut de budget 2025 voté avant la fin de l’exercice c’est le budget 2024 qui est plus ou moins reconduit ce qui entraîne quelques perles comme la révision automatique au 1er janvier des pensions de retraite de 100% du montant de l’inflation alors qu’il était question d’étaler cette hausse pour faire des économies. A l’inverse la réévaluation des tranches d’impôt en fonction de l’inflation devrait être reportée à l’adoption du budget 2025 qui pourrait intervenir au cours du premier trimestre 2025. En attendant, les contribuables devraient voir leurs impôts augmenter mécaniquement… Les parlementaires de tous bords s’activent actuellement pour rédiger des lois en urgence (avant le 31 décembre) qui annulent ou compensent les effets négatifs du non-vote d’un budget dans les délais. C’est kafkaïen et chacun tente de retomber sur ses pieds face à cette situation ubuesque. On ne sait pas à ce stade si les parlementaires ont prévu d’annuler leurs congés de Noël afin de faire voter ces lois d’urgence dans les derniers quinze jours qu’il nous reste.

    Sous l’action inconséquente de ses députés, eux-mêmes élus par des citoyens sans boussole, la France continue à se rabougrir. C’est le résultat de choix démocratiques qui se sont exprimés. Si l’on voulait une situation différente il suffisait de voter différemment. L’hypothèse d’introduction d’une partie de proportionnalité dans le code électoral revient à l’ordre du jour pour éviter ces trois tiers désastreux. Pas sûr que cela ne suffise à rétablir le pays qui continue à s’enfoncer avec délectation dans la décadence.

  • La Corse veut parler le corse

    La Corse veut parler le corse

    L’assemblée de corse a inclus dans son règlement intérieur il y a quelques années déjà que les « langues des débats sont le corse et le français ». Le site web de cette institution est d’ailleurs bilingue de même que les messages des élus sur leurs comptes des réseaux dits « sociaux ». Heureusement pour les francophones qui s’intéressent à cette communication nombre d’applications traduisent facilement le corse en français et, parfois, le site de l’assemblée de corse propose également une traduction en français des discours ou débats, au moins pour le moment.

    La cour d’appel administrative de Marseille vient de rendre un arrêt dans lequel il est rappelé que « La langue de la République est le français », comme mentionné dans l’article 2 de la Constitution, et qu’il est donc illégal de parler le corse dans une institution publique comme l’assemblée de Corse. Cette position a évidemment provoqué localement une « indignation unanime ».

    La collectivité de Corse, un autre machin administratif spécifique à cette île, a publié un communiqué ce 3 décembre :

    Nous avons tous été impressionnés et émus par la sincérité de ces jeunes, leur incompréhension de voir leur langue interdite dans les institutions et dans l’espace public alors même que le système éducatif s’affirme favorable au bilinguisme, leur refus d’accepter cette injustice, leur volonté de la combattre de façon démocratique et pacifique.

    Nous leur avons tous dit, chacun avec nos mots, que nous n’acceptons pas qu’ils soient aujourd’hui contraints de faire ce que nous avons fait quarante ou cinquante ans avant eux : aller dans la rue pour avoir le droit de parler notre langue.

    Notre devoir est d’être aux côtés de cette jeunesse.

    Pour lui dire que, oui, le droit à parler, écrire, chanter, rêver dans sa langue ou dans ses langues est un droit fondamental, au plan individuel et au plan collectif.

    https://www.isula.corsica/Lingua-corsa-lingua-ufficiale-cumunicatu-di-u-Presidente-di-u-Cunsigliu-esecutivu-di-Corsica-e-di-a-Presidente-di-l_a5174.html

    Pour le moment les négociations avec l’Etat sur une « autonomie » du territoire sont embolisées à cause de l’instabilité politique. Elles n’ont pas encore abouti à une modification de la Constitution reconnaissant la « langue corse » pas plus que le « peuple corse ». Le mieux serait que cette « autonomie » devienne un jour une indépendance afin que le « peuple corse » puisse se développer dans sa langue, loin de l’oppression française. Cela va prendre des générations mais il faut toujours revenir à la question basique : « existe-t-il une chance, si mince soit-elle, que les Corses soient un jour heureux et apaisés d’être partie de la République française ? » La réponse est hélas « non », les conséquences à en tirer sont donc claires : l’indépendance, mais une indépendance intelligente, convenue entre négociateurs responsables, sur la durée et qu’elle qu’en soit le prix.

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  • « Ça manque de moyens ! »

    « Ça manque de moyens ! »

    Avec une unité désarmante la totalité des corporations, des communautés, des lobbys, des administrations, des députés, des sénateurs, des travailleurs et des retraités, tous, sans exception clament uniformément « ça manque de moyens ».  Les agriculteurs, les gardiens de prison, les enseignants, les soignants, les policiers, les pompiers, les ambulanciers, les directeurs de théâtre, les bénéficiaires de niches fiscales, bref, 67 millions de Français appuyés indistinctement par tous les syndicats, les lobbys, les plateaux télévisés à grand renfort « d’éditions spéciales » et les partis politiques expliquent à longueur de radiotrottoirs larmoyants que tout s’effondre autour d’eux et si l’Etat grippe-sous ne leur octroie pas sans délai des aides, des subventions, des dotations à multiplier par deux, trois, dix ou cent versus ce qu’ils reçoivent déjà, le pays s’acheminera vers un effondrement fatal et irréversible. Toute idée d’économie est considérée comme une traîtrise sociale, sauf si elle est prévue chez les autres !

    Même le syndicat patronal qui, devant l’ampleur du désastre financier dans lequel s’enfonce la République, avait envisagé au début du psychodrame parlementaro-budgétaire que les entreprises puissent aussi prendre leur part dans les nécessaires économies de dépenses publiques à faire, du moment que l’Etat fournisse également des efforts d’économie. Tout ceci est oublié et les lobbys patronaux se lamentent avec la meute à l’idée que les exonérations de charges sociales dont bénéficient leurs entreprises puissent être écornées, les conséquences annoncées sont chômage aggravé, faillites multipliées, investissements en berne, bref, tout le monde va mourir sans délai si la gabegie ne continue pas de s’accroître au même rythme.

    L’intérêt général de la nation n’est plus défendu par personne, c’est devenu un concept préhistorique et incompréhensible pour la majorité des citoyens qui ouvrent de grands yeux vides, comme des vaches devant le passage à niveau, lorsqu’il est évoqué. Peut-être seule une vraie crise financière forcerait sans doute à ramener un peu de cohérence et de sens commun dans cet océan d’irrationnel mesquin et de misérables intérêts personnels. Le dialogue au parlement ou au Café du commerce est impossible, les uns hurlants « taxons les riches », les autres vociférant « favorisons l’économie de l’offre ». Personne ne s’entend plus sur rien et tout le monde demande à la République de faire ce qu’il ne fait pas chez lui ou dans son entreprise. « L’Etat paiera » semble être la nouvelle devise française.

    Pour le moment les intérêts payés sur la dette augmentent, en volume comme en taux, mais la France trouve toujours des prêteurs pour financer ses déficits, donc elle ne s’en prive pas, « quoi qu’il en coûte ». A défaut de savoir gérer ses dépenses publiques, espérons que la République ne découragera pas ses créanciers à force d’engagements pris pour rassurer « M. le Marché » et qui ne sont jamais tenus. Le budget des intérêts payés aux créanciers dépasse les 50 milliards d’euros et se rapproche doucement du premier poste budgétaire, rang qu’il devrait atteindre sous peu. Les prêteurs touchent ainsi les dividendes des risques qu’ils prennent en prêtant mais cet argent sonnant et trébuchant n’est pas dépensé ailleurs. Notons d’ailleurs que sur cette dette de plus de 3 000 milliards d’euros, une petite moitié est détenue par des résidents français, dont des particuliers qui perçoivent ainsi une partie des intérêts versés.

    Le chroniqueur qui a longtemps vécu en Afrique a entendu tous les matins pendant des années, chez lui comme au boulot : « ça manque de moyens patron ! » La France est sur la même voie en continuant à se rabougrir. Décadence quand tu nous tiens !

  • Téléthon-thon

    Téléthon-thon

    Comme chaque année nombre de médias français consacrent ce weekend à la collecte du « Téléthon ». Gérée par l’association AFM-Téléthon, cette collecte porte majoritairement sur les particuliers. Elle a rapporté près de 85 millions d’euros en 2023. L’AFM affiche ses missions sur son site web https://www.afm-telethon.fr/fr.

    Engagée dans la recherche scientifique comme dans l’accompagnement des malades et de leurs familles, l’AFM-Téléthon agit de façon indépendante, guidée par l’urgence de la maladie évolutive et l’intérêt des malades. Trois missions sont au cœur de son engagement.

    Guérir…
    Aider…
    Communiquer…

    https://www.afm-telethon.fr/fr/l-association/qui-sommes-nous/nos-missions

    L’association répartit les fonds collectés pour soutenir la recherche en lançant des appels d’offres scientifiques pour financer des programmes de recherche. Elle a même ses propres laboratoires dans la thérapie génique, la thérapie cellulaire et autres domaines aussi inconnus qu’effrayants.

    Tout ceci est éminemment sympathique mais on se demande pourquoi notre pays affecte des milliards d’euros de fonds publics à des dépenses somptuaires de jeux olympiques et laisse le financement de la recherche fondamentale relever du secteur privé et, pire, de citoyens lambda ? Cela ressemble à une triste inversion des valeurs

    Ne serait-ce pas plutôt au secteur privé de financer les jeux du stade, s’il le souhaite, et à l’Etat de consacrer ses ressources limitées au financement de la recherche médicale ? Cette étrange situation qui ne semble pas inquiéter grand monde est une nouvelle manifestation des priorités d’une société où une « influenceuse » à forte poitrine comme Nabilla affiche près de 10 millions de followers sur Instagram.

  • L’avenir des JO 2030 dans les Alpes possiblement remis en cause par le chaos politico-budgétaire français

    L’avenir des JO 2030 dans les Alpes possiblement remis en cause par le chaos politico-budgétaire français

    Enfin une bonne nouvelle dans le chaos politique encours à Paris du fait de la cohabitation houleuse menée par des minorités irresponsables : les garanties financières de plus de 500 millions d’euros que l’Etat français doit délivrer à l’organisation mafieuse suisse du Comité international olympique (CIO) pour valider l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises pourraient ne pas pouvoir être octroyées si le budget de l’Etat n’était pas approuvé, hypothèse qui n’est pas complètement à exclure. Si l’on se retrouvait dans une telle situation, on peut faire confiance à la créativité française sans limite pour dépenser quand même en contournant le parlement puisque personne n’ose poser la question de savoir s’il est vraiment prioritaire pour la République de se lancer dans de telles nouvelles dépenses somptuaires alors que celles des JO PARIS-2024 sont à peine clôturées.

  • La « ruralité » de nouveau à l’attaque

    La « ruralité » de nouveau à l’attaque

    Les agriculteurs, désormais regroupés sous le terme de « ruralité », repartent à l’assaut des villes sur leurs tracteurs comme ils l’ont fait il y a une petite année. Les motifs sont toujours globalement les mêmes et se rapportent à leurs revenus « insuffisants ». Cerise sur le gâteau, ils contestent aussi un projet de traité européen de libre-échange avec certains pays d’Amérique du Sud, dont les négociations sont en cours de finalisation. Ce traité MERCOSUR intègre des quotas de viande à importer en Europe, des flux qui risquent de concurrencer très fortement les éleveurs français. Comme toujours avec le libre-échange, c’est-à-dire la baisse ou la disparition de droits de douane, il y a des gagnants et des perdants potentiels. Les industriels européens, y compris français, devraient gagner à l’ouverture de nouveaux marchés, les éleveurs bovins pourraient y perdre. Même au sein de la « ruralité » les intérêts sont divergents : les viticulteurs et négociants d’alcool verraient également s’ouvrir de nouveaux marchés avec ce traité. En attendant ce sont les plus virulents qui s’expriment avec leurs méthodes habituelles : blocage de routes, déversement de fumier devant ou dans les bâtiments publics, brulage de vieux pneus sur l’espace public, etc. Les agriculteurs sont une corporation de qui l’Etat et la population acceptent tout. Ils représentent environ 400 000 personnes (sur 67 millions de Français) mais leur fonction de « nourrir le peuple » les met à l’abri de toute contestation de leurs méthodes de manifestation qui seraient contestées venant de toute autre corporation.

    La France affiche officiellement son opposition au MERCOSUR mais il n’est pas sûr qu’elle puisse s’y opposer seule compte tenu des règles de majorité. Paris avait tout de même voté le mandat de négociation donné à la commission européenne il y a plusieurs années et qui a abouti à ce traité. Le retour du nationalisme et l’émergence du populisme dans le monde et en Europe amène à remettre en cause cette philosophie politico-économique voulant que le développement des échanges enrichit les nations et favorise leur bonne entente.

    La guerre actuelle menée par la Russie contre « l’Occident collectif » dément effectivement l’élément politique de cette assertion. Après la chute de l’Union soviétique, la Fédération de Russie qui en émergea fut intégrée au G7 qui devint G8, et des investissement occidentaux assez considérables ont été réalisés dans cette fédération. Malgré tout, Moscou a privilégié sa volonté d’effacer l’Ukraine sur ses intérêts économiques, annexé la Crimée en 2014 puis déclenché la guerre d’invasion en cours en 2022.

    Le développement de l’économie mondiale depuis la fin de la IIe guerre mondiale a été basé sur le développement des échanges et la répartition de la création de valeur à travers la planète, c’est ce qu’on a appelé la mondialisation. Celle-ci a montré ses avantages et ses limites. Elle est remise en cause par certains pays et partis politiques. Soit, alors il suffit de faire autrement et c’est ce que s’apprêtent à faire les Etats-Unis dont le nouveau président élu clame partout qu’il va augmenter les droits de douane de toutes les importations, et spécialement celles en provenance de Chine. On en verra le résultat dans quelques années.

    Les dogmes, en économie comme ailleurs, sont faits pour être remis en cause. C’est la voie que prend actuellement le monde occidental avec le libre-échange.

  • En route vers Paris, les indépendantistes calédoniens passent par Canossa

    En route vers Paris, les indépendantistes calédoniens passent par Canossa

    Devant l’effondrement économique provoqué, entre autres, par les émeutes de mai 2024 et les destructions considérables qui en ont résulté, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie mené par son président indépendantiste Louis Mapou se voit obligé d’aller à Canossa en venant quémander à Paris les financements publics nécessaires à la reconstruction du tissu économique de l’archipel consciencieusement mis à bas par la révolte des populations « kanaks » qui ne voulaient pas entendre parler de changement dans la constitution du corps électoral. Celui-ci est en effet gelé pour les élections locales depuis 1998, ce qui veut dire, par exemple, qu’une personne qui se serait installée sur le territoire en 1999 ne peut pas voter pour les élections provinciales depuis cette date, notamment bien entendu en cas de référendum sur l’indépendance. Comme ce sont très majoritairement des non-kanaks qui émigrent vers la Nouvelle-Calédonie, cette mesure visait à donner progressivement la majorité aux populations kanaks pour leur permettre d’emporter les référendums sur l’indépendance puisqu’elles sont censées croître plus rapidement que les populations non-kanaks. Hélas, les choses ne se sont pas passées comme prévu et les trois scrutins organisés en 2018, 2020 et 2021 ont donné des majorités à la dépendance envers la France.

    Alors voir aujourd’hui un gouvernement indépendantiste demander à Paris des financements à hauteur de 4,2 milliards d’euros pour son « plan de sauvegarde, de refondation et de reconstruction », ou PS2R, c’est un peu Vercingétorix déposant les armes devant César après la défaite d’Alesia ! Heureusement Louis Mapou devrait connaître un sort moins funeste que celui du chef gaulois qui aurait été étranglé dans les geôles de César. Il va d’ailleurs très certainement repartir dans le Pacifique avec ses sous bien que ce ne soit pas le meilleur moment compte tenu de la situation déplorable des finances de la République et la multiplicité des revendications en cours de toutes les corporations qui exigent « plus de moyens » en métropole comme dans tous les confettis de l’Empire.

    On pourrait imaginer que le gouvernement calédonien indépendantiste soit gêné de venir ainsi demander aux contribuables métropolitains de financer la reconstruction de l’économie calédonienne dévastée par ses propres soutiens mais en réalité l’imaginaire kanak considère que la France est responsable de ce chaos politique et économique et qu’il est donc normal qu’elle paye pour en sortir. C’est une nouvelle fois la démonstration par l’absurde de l’absence totale d’espoir d’une solution autre que l’indépendance à long terme. La visite récente à Nouméa des présidents de l’assemblée nationale et du sénat en ce mois de novembre n’a évidemment abouti à rien sinon que ces deux personnalités ont soutenus le PS2R et les dépenses publiques qu’il nécessite…

    Une visite qui ne va sans doute pas marquer l’histoire de la Nouvelle-Calédonie

    La route vers l’indépendance est aujourd’hui coupée, mais il est nécessaire pour toutes les parties de la réparer et de s’y engager de nouveau. Tout est aujourd’hui détruit, l’économie comme l’espoir. Il semble que des départs définitifs de non-kanaks se produisent vers les pays avoisinants et la métropole, ce qui va dans le bon sens pour une évolution du corps électoral vers l’indépendantisme. Dans le même temps le Palika (parti de libération kanak), seul parti qui ose revendiquer ouvertement l’indépendance et auquel appartient M. Mapou, vient de se mettre « en retrait » du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) jugé non crédible pour « avancer dans le cadre de la décolonisation ». Des choses bougent (un peu) et du chaos ne peut sortir que la vision pour une Calédonie enfin indépendante.

  • Mauvaise foi des perdants

    Mauvaise foi des perdants

    Devant la situation très dégradée des finances publiques que l’on semble découvrir en cette fin d’année 2024, la commission des finances du sénat a créé une « mission d’information relative à la dégradation des finances publiques » dans le cadre de laquelle défilent les anciens ministres qui étaient en charge des affaires du pays jusqu’à ce mois de septembre. Avec une mauvaise foi impressionnante ils expliquent qu’ils ne sont ni coupables ni responsables du déficit 2024 qui devrait dépasser les 6% du produit intérieur brut (PIB), contre 4,4% prévus dans le projet de loi de finances initial, et ont plutôt tendance à charger leurs successeurs. Lex-ministre des finances Bruno Le Maire donne sa version des faits :

    Quand on me dit que le déficit en 2024 sera à 6,1 %, c’est le choix du gouvernement actuel. Et j’apporterai toutes les preuves que nous pourrions avoir en 2024, avec des mesures de redressement plus rigoureuses, un déficit autour de 5,5 %. Je conteste donc formellement ce chiffre de 6,1 %


    Bruno Le Maire au sénat (07/11/2024)

    Quant à l’ex-premier ministre Gabriel Attal, il affirme avoir pris « des décisions fortes » en gelant des dépenses dès que les premières alertes sont apparues sur le faible niveau des recettes réelles 2024 par rapport aux prévisions.

    Bref, « c’est pas moi c’est l’autre ! », c’est du niveau cour d’école. On se demande ce qui pousse ces responsables à fuir leur… responsabilité. Certes M. Le Maire n’a sans doute pas tout à fait tort lorsqu’il explique que le nouveau gouvernement a dû charger la barque du déficit 2024 puisque celui-ci relève de l’ancienne gestion pour au moins les neuf premiers mois de l’année. C’est une attitude assez classique, y compris en entreprise lors de changement de management. Mais cela ne joue qu’à la marge. Le déficit est bien le fruit de décisions de dépenses sans commune mesure avec la réalité des recettes. Mais tout n’est pas négatif dans cette situation puisque ces fonds dépensés en sus des recettes sont bien allés dans l’économie et la poche de nombreuses catégories de citoyens. Les bénéficiaires vont s’en apercevoir avec le reflux qui s’annonce.

    Simplement ce n’est plus possible de poursuivre sur cette tendance, c’est une simple question de bon sens et le réveil va être douloureux, y compris pour le président de la République et ses anciens ministres qui ne pourront pas échapper encore longtemps à leurs responsabilités dans ce naufrage financier malgré les dénégations puériles de ceux qui détenaient les cordons de la bourse.

    Visionner quelques interventions ministérielles au sénat

  • Les présidents de l’assemblée nationale et du sénat en visite en Nouvelle-Calédonie

    Les présidents de l’assemblée nationale et du sénat en visite en Nouvelle-Calédonie

    Les présidents du sénat et de l’assemblée nationale sont partis en Nouvelle-Calédonie pour y mener une « mission parlementaire de concertation et de reprise du dialogue ». Pas sûr que ce soit la voie la plus rapide vers la décolonisation et l’indépendance que ce territoire mérite le plus rapidement possible. C’est en revanche le chemin le plus sûr pour engager de nouvelles dépenses publiques en faveur de l’archipel qui a été dévasté par des semaines d’émeutes, pas complètement terminées d’ailleurs.

    Délabrement économique et politique en Nouvelle Calédonie
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  • Wi-Fi « républicain »

    Wi-Fi « républicain »

    Installé dans son TGV Inouï, le voyageur recherche tranquillement le Wi-Fi de la SNCF pour y connecter son téléphone mobile. Du coup les identifiants de téléphones des passagers dont le Wi-Fi est activé apparaissent sur son écran. Le plus souvent anonymes, l’un d’eux est personnalisé de façon un peu voyante : « Si tu votes RN t’es un GROS NAZE » affiche cet identifiant. Le voyageur cherche des yeux si les députés Sébastien Delogu ou Thomas Portes seraient dans le wagon. Mais non, il doit s’agir seulement de l’un de leurs admirateurs.

  • Les gangs marseillais affichent leurs appartenances

    Les gangs marseillais affichent leurs appartenances

    A Marseille la guerre des gangs qui prospèrent sur le trafic de drogue fait rage. Les assassinats en pleine rue sont légion, parfois dans des conditions barbares où des gamins sont brulés vifs dans des voitures. On a appris récemment qu’un enfant de 14 ans avait été commandité par un dealer, depuis sa prison, pour tuer un concurrent. A défaut de l’avoir trouvé, il aurait assassiné d’une balle dans la tête le chauffeur de taxi qui l’avait conduit et refusait de l’attendre pour le retour.

    On découvre à cette occasion que l’un des groupes mafieux qui domine ce narcobanditisme sanglant dans la cité  phocéenne se surnomme « DZ Mafia ». Sans doute peu de citoyens savent que « DZ » est le code standardisé attribué à l’Algérie par l’Organisation internationale de normalisation ISO. Ce sont généralement les deux premières lettres du nom du pays dans sa langue qui sont retenues, FR pour la France, US pour les Etats-Unis, DE pour l’Allemagne. Dans le cas de l’Algérie D et Z sont les deux premières lettres du nom Algérie exprimé en langue arabe « الـجَزَائِر », ce qui donne « El Djazaïr » en lettres latines. Sans qu’on le lui demande ce groupe de narcotrafiquants affiche lui-même son appartenance. Peut-être s’agit-il d’une provocation pour tromper sur ses origines, peut-être pas ? Il s’attribue aussi lui-même le statut de « mafia » dans sa dénomination.

  • Bondieuseries à la Closerie des Lilas

    Bondieuseries à la Closerie des Lilas

    Depuis plusieurs années la petite place située devant la Closerie des Lilas à côté du Jardin du Luxembourg dans le Vie arrondissement de Paris sert de rendez-vous réguliers à des catholiques traditionalistes en lutte contre l’avortement. Cet après-midi encore, une petite dizaine de manifestants prient, agenouillés au pied de la statue de Maréchal Ney, sous une banderole et un hautparleur qui diffuse un rosaire « de réparation en raison des avortements volontaires ». Au feu rouge une militante distribue un tract rappelant que « Ste Mère Teresa de Calcutta » était opposée au « crime commis contre l’innocent enfant à naître ».

    Le tract est signé « SOS TOUT-PETITS ». Le site Internet de l’association https://sos-tout-petits.org/ est généralement bloqué par les anti-virus et qualifié de « page suspecte ». Si l’on force le barrage numérique on aboutit sur un site religieux militant parsemé de prières diverses, d’un guide pour les femmes enceintes, d’archives variées et de l’agenda des prochaines manifestations anti-avortement sur la voie publique. On se souvient que lors des discussions parlementaires sur la légalisation du mariage homosexuel en 2013 des militants religieux se retrouvaient tous les soirs devant l’entrée de l’assemblée nationale, place du Palais-Bourbon, pour prier à genoux contre ce projet de loi félon.

    Mais aujourd’hui Dieu n’intervient plus beaucoup dans les affaires des démocraties. La France a même intégré le droit à l’avortement dans sa constitution contre l’avis de son clergé. La persévérance de ces militants opposés à l’avortement comme au mariage homosexuel en est presque touchante. Contre vents et marées ils n’abandonnent pas leur combat même si plus grand monde ne les soutient comme cet après-midi sous la statue de Ney. C’est sans doute ce qu’on appelle la foi ! Mais qui peut savoir si la France, soi-disant « fille aînée de l’Eglise », ne se replacera pas un jour sous les fourches caudines de la religion toute puissante ? Les militants de SOS Tout-petits y croient certainement et attendent ce moment avec patience.

  • Les masques tombent, les finances publiques s’effondrent

    Les masques tombent, les finances publiques s’effondrent

    Les finances publiques semblent échapper au contrôle du gouvernement. Le déficit de l’année 2024 est maintenant estimé à 6,1% du produit intérieur brut (PIB) c’est-à-dire que l’argent public déversé sur le pays excède largement les recettes recouvrées sur les contribuables, personnes physiques comme morales. 6,1% de déficit est un chiffre considérable et un score rarement atteint par la France, digne d’un pays sous-développé. Dans son discours de politique générale le nouveau premier ministre a annoncé ses objectifs de revenir à 5% en 2025 et 3% (la norme plus ou moins admise au sein de la zone euro) en 2027. Bien entendu, c’est la énième fois que la République repousse cet objectif des 3% et prend des engagements qu’elle ne sait pas tenir…

    Depuis plusieurs jours les chiffres fuitent sur le bouclage du budget 2025 à 5% de déficit, toujours en devenir à l’heure actuelle. Ce matin un montant de 60 milliards d’euros était annoncé, 40 milliards d’économies à faire sur les dépenses et 20 milliards d’impôts nouveaux à collecter. Ces sommes sont gigantesques, particulièrement les 40 milliards à économiser en un an. Les ordres de grandeur donnent le frisson et on voit mal comment ce pays addict à la dépense publique pourrait réaliser un tel exploit. Si on ramène ce chiffre aux dépenses du budget initial de l’Etat pour 2024, soit 453 milliards, cela fait une baisse de dépenses de 9%. Beaucoup de ménages ou d’entreprises ont eu à un moment ou un autre de leur existence à consentir un tel effort ; l’Etat français, jamais. Et encore, cette économie laissera subsister un déficit de 5% du PIB en 2025…

    C’est un sérieux aveu d’échec pour le gouvernement précédent et le président. Lors de sa première élection en 2017 Emmanuel Macron avait fait du redressement des finances publiques post François Hollande une priorité. Il avait réussi à tenir les 3% de déficit en 2017 et 2018 puis la crise sanitaire de la Covid est arrivée avec l’annonce du « quoi qu’il en coûte » dont le pays n’a jamais réussi à sortir.

    Alors à peine effleurées les incontournables mesures de correction qu’il faut prendre, augmentation des impôts et réduction des dépenses, le bal des pleureuses s’est ouvert pour expliquer que, certes, il faut économiser, pas chez soi, mais chez les autres bien entendu. Chaque corporation y va de ses lamentations, tous assènent des simplismes de première catégorie « va-t-on réduire le nombre de médecins ou de policiers ? », chacun explique qu’il n’est pas possible de baisser la dépense dans son domaine et tous conviennent qu’ils ne pourront pas affronter des augmentations d’impôt. En termes macroéconomiques d’ailleurs, les baisses de dépenses et les hausses d’impôt aboutissent un peu à la même chose : le redressement des finances publiques avec un risque récessif sur l’économie puisque dans un cas comme dans l’autre, il y aura moins d’argent injecté dans l’activité économie.

    La corporation du patronat (MEDEF) s’est exprimée par la voix de son président qui a expliqué dans les médias que les entreprises étaient prêtes à consentir un effort en payant plus d’impôts si et seulement si c’était pour un temps limité et dans la mesure où l’Etat ferait des économies. Cela ressemble à une (légère) ouverture… en tout cas à du réalisme. Mais il est peu probable que l’Etat soit capable de réaliser les économies annoncées, l’affaire risque de se terminer par une hausse durable des impôts sur les entreprises et sur les particuliers, et sans doute pas que les « très riches ».

    Pour le moment la France trouve toujours des prêteurs pour financer ses gabegies mais les taux d’intérêt augmentent. La République a levé des fonds ces derniers jours à des taux supérieurs à ceux consentis à la Grèce et au Portugal, deux pays qui ont eu à affronter une crise financière sévère ces dernières années qui se sont traduites par des réformes structurelles que la France n’a jamais réussi à mettre en œuvre. Le taux est lié au risque de non-remboursement que le prêteur estime prendre sur l’emprunteur. Celui-ci pense donc que pour le moment prêter à la France est plus risqué qu’à la Grèce. On ne peut pas dire que cela soit très brillant.

    Et pour le moment on n’a pas encore parlé de la Loi de finance de la sécurité sociale ce qui va encore être une autre paire de manches !

  • La France a voté à droite

    La France a voté à droite

    L’issue des élections législatives anticipées de juillet dernier a été de porter à l’assemblée nationale trois minorités : la gauche propalestinienne réunie sous la marque électorale Nouveau Front Populaire (NFP), un conglomérat de partis menés par La France Insoumise (LFI), un centre dominé par le parti présidentiel et Les Républicains (LR) et le Rassemblement National (RN), bâti sur les bases de l’ancien Front National d’extrême droite.

    L’entre-deux tours de ces élections a vu la reconstitution du « front républicain » consistant en des désistements et alliances improbables pour empêcher un candidat RN arrivé en tête au premier tour d’être élu au second. Les tenants de ce « front républicain » considèrent que le RN ne fait pas partie de « l’arc républicain » et que tous les moyens doivent donc être utilisés pour l’empêcher d’arriver au pouvoir, y compris, pour le centre droit, en faisant élire des députés LFI. Cette tactique a bien fonctionné et le RN, qui se voyait déjà aux commandes, n’a finalement eu « que » 143 députés élus si l’on compte aussi avec eux les candidats LR qui ont rallié le RN. Malgré les 11 millions d’électeurs qui ont voté pour ce dernier, les caractéristiques de ce scrutin à deux tours ne lui ont pas permis de faire carton plein et d’emporter la majorité, ce qui aurait été sans doute le cas si le scrutin avait été proportionnel ou si le « front républicain » n’avait pas fonctionné.

    Les tractations estivales menées alors que la France profitait des dépenses publiques considérables engagées pour les jeux olympiques d’été organisés à Paris ont aboutit au fait que le programme du NFP fait peur à tout le monde (sauf à ses électeurs) et qu’aucune des deux minorités de droite n’est disposée à faire affaire avec lui. Au contraire, le centre droit comme le RN ont affirmé leur volonté de censurer tout gouvernement comportant des ministres LFI. Prenant acte de cette situation, le président de la République a désigné un premier ministre de droite, Michel Barnier, issu du parti Les Républicains, qui ne représente que 8% de l’assemblée, mais qui a le mérite de pouvoir envisager de présenter des textes emportant le soutien, ou au moins l’abstention du centre droit, de LR ou du RN, alors que le NFP aurait quasi systématiquement vu ses projets contrecarrés par le centre et le RN réunis dans une même opposition.

    La gauche s’égosille et qualifie de « déni démocratique » le fait que le premier ministre ne soit pas issu de ses rangs mais elle a face à elle deux minorités qui peuvent constituer une majorité pour soutenir ce gouvernement, ou le faire tomber. On pourrait d’ailleurs voir un jour le RN s’associer avec la gauche propalestinienne pour voter une censure, ils pourrait y parvenir, au moins mathématiquement parlant. En attendant les représentants du NFP, relayés par les convives des dîners en ville, réaffirment qu’on ne peut pas parler ni négocier avec le RN. En réalité, le résultat de ces élections a marqué une nouvelle étape dans la « normalisation » du parti fondé par Jean-Marie Le Pen sur des fondamentaux de l’Algérie française et de la collaboration. Son successeur, le RN, présidé par Marine, la fille de Jean-Marie, s’est efforcé de gommer ces aspects rugueux. Par ailleurs, la génération de ceux qui ont connu la guerre d’Algérie, et encore plus la collaboration durant la seconde guerre mondiale, est en train de s’éteindre. Ces irritants vont progressivement disparaître. Et puis, le sujet de l’immigration, autre marotte du RN est maintenant une problématique largement partagée par les autres partis, sauf bien sûr LFI qui vante en permanence les mérites de la « créolisation » de la société française. Il ne devrait pas y avoir trop de difficultés pour le gouvernement Barnier à trouver un accord pour essayer de réduire certains flux migratoires. Pour le reste, notamment l’avenir de la réforme des retraites il faudra attendre pour connaître le sort qui lui sera réservé !

    Malgré les vociférations des uns et des autres, le résultat de cette élection législative impromptue montre que la France est « de droite ». Il n’est pas illégitime que le président de la République en ait tenu compte dans le choix du premier ministre. Toute nouvelle dissolution à court terme ne devrait pas fondamentalement changer les choses. Le gouvernement de la France dans ces conditions va être périlleux mais si les Français le voulait différemment ils auraient voté autrement. Il faut maintenant assumer le choix émis par les électeurs. C’est ce qu’on appelle la démocratie.