Catégorie : France

  • Les dépenses olympiques somptuaires et sans fin

    Les dépenses olympiques somptuaires et sans fin

    Avec une constance qui force l’admiration la République poursuit l’engagement de dépenses somptuaires non prioritaires malgré la situation déplorable de ses finances publiques. A peine la page des jeux olympiques (JO) d’été organisés en France refermée, avec ses dépenses publiques conséquentes, celle des JO d’hiver 2030 dans les Alpes s’est ouverte. Entre deux on a récemment appris que les restaurateurs et bistrots parisiens qui ont été gênés cet été par les zones protégées installées pour les spectateurs demandent des indemnisations à l’Etat, donc aux contribuables. Et cela vient après les multiples compensations déjà octroyées cette année à de nombreuses corporations et salariés pour prendre en compte une baisse d’activités pour certains, ou une hausse du travail pour d’autres. On se souvient du psychodrame mené par les bouquinistes des quais de Seine à qui on a d’abord demandé de démonter leurs boites le temps des jeux, avant finalement de les autoriser à les maintenir par suite du déclenchement d’une polémique au « Café de Flore » et devant les tribunaux.

    La candidature des Alpes françaises pour les JO d’hiver 2030 a été présentée et acceptée par le comité olympique international (CIO, organisation mafieuse installée à Lausanne en Suisse) sous réserve de ses habituelles exigences : exonération fiscale totale de ses activités commerciales et garantie financière en cas d’annulation ou de non atteinte des objectifs d’activité. Pour ce faire une loi est nécessaire et elle est en train d’être élaborée. Ces garanties présentent assez peu de risques de devoir être mises en œuvre, sauf si ces JO étaient annulés, en revanche, les exonérations fiscales délivrées sont non-seulement injustes et injustifiées, mais représentent un abandon de recettes très significatif pour l’Etat. Ces décisions financières inappropriées vont une nouvelle fois dans le sens de la facilité : il suffit de dépenser. L’incapacité congénitale du pays à prioriser ses dépenses publiques est sans limite. N’aurait-il pas été opportun d’expliquer aux citoyens-contribuables que le moment est venu pour un peu de sobriété budgétaire ?

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    Dans les dîners en ville la réaction générale est que « les Français ont été heureux cet été avec les JO à Paris », qu’il ne faut pas avoir « une vision comptable » des choses et que les dépenses afférentes étaient donc justifiées ; alors en avant pour les JO 2030 dans les Alpes. C’est le syndrome français, comme les enfants on veut tout en même temps, sans devoir choisir ni renoncer à rien. Les mêmes convives qui la phrase d’après se lamentent sur les inégalités dans le pays ne songent pas une seconde qu’on aurait pu affecter les dépenses des JO à réduire certaines de ces inégalités, ou à commencer à rembourser les dettes abyssales que nous laissons à nos enfants. Non, dépensons toujours plus, le contribuable paiera ! Il y aura sans doute un jour des limites à cet exercice, hélas…

  • L’abrutissement des masses toujours à la hausse

    L’abrutissement des masses toujours à la hausse

    A la suite de la mort d’un gendarme tué par un chauffard sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants, multirécidiviste, sa veuve a prononcé quelques mots durant la cérémonie d’hommage qui lui a été rendue dans sa caserne du sud de la France à Mougins fin août. Elle a parlé de « laxisme », « d’excès de tolérance », affirmé que « la France a tué [mon] mari » et fait référence à l’année 1981, sans doute pour évoquer l’abolition de la peine de mort qui a été adoptée cette année-là.

    Elle est depuis la cible de cyberharcèlement sur les réseaux dits « sociaux » où se déverse toute une logorrhée haineuse et vulgaire la visant ainsi que les forces de l’ordre. L’effet de meute joue à plein et chaque « auteur » rivalise de violence avec ses collègues. Cette veuve est traitée de « truie », menacée de mort, invitée à « rejoindre son mari », etc. Devant l’abjection de cette communication, le procureur général s’est saisi du dossier pour d’éventuelles poursuites. On arrive généralement assez facilement à retrouver les auteurs « anonymes » grâce aux adresses IP de leurs ordinateurs ce qui d’ailleurs montre leur naïveté et le côté naturel de l’insulte adopté comme mode d’expression. Et quand on les retrouve devant un tribunal on voit généralement M. et Mme. Michu, qui pourraient être nos voisins de paliers, expliquer « qu’ils n’avaient pas conscience de ce qu’ils faisaient » avec des mimiques d’angelots implorant l’innocence.

    De telles attitudes sont le fruit d’une ou deux générations de citoyens laminés par l’irresponsabilité générale qui gouverne notre société, abrutis par une publicité envahissante, le fouteballe décérébrant, les influenceuses à forte poitrine, la télé-réalité, Cyrille Hanouna et Christine Boutin, bref un environnement où on a l’impression que la bêtise, l’inculture et la facilité sont érigés en modes de vie et largement valorisés. Evidemment on peut imaginer que si ces forbans de réseaux dits « sociaux » lisaient Balzac et Hannah Arendt au lieu de déverser leurs tombereaux d’injures numériques nous n’en serions pas là, mais tel n’est pas le cas. Comment inverser cette décadence ? Pas facile d’voir des idées efficaces pour sortir notre civilisation de ce marigot de la pensée.

    En attendant, la veuve éplorée du gendarme et ses enfants subissent l’ignominie dans une indifférence largement partagée.

  • Une mesure de salubrité publique : le non-renouvellement de la fréquence TNT de C8

    Une mesure de salubrité publique : le non-renouvellement de la fréquence TNT de C8

    Fin juillet, le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, l’Arcom, n’a pas retenu les chaînes C8 et NRJ12 pour l’attribution des 15 fréquences de la Télévision numérique terrestre (TNT) qui cesseront donc d’émettre à partir de février 2025. C’est évidemment une mesure de salubrité publique quand on connaît le niveau de bêtise crasse d’au moins le premier des deux recalés. C8 appartient aux médias du groupe Bolloré et son animateur vedette, Cyrille Hanouna, bellâtre racoleur, vulgaire et bas du front, se vautre dans la fange depuis des années en subissant régulièrement les foudres de l’Arcom chargée de faire respecter les contreparties sur lesquelles s’engagent les attributaires de ces chaînes. Il s’agit majoritairement de conditions liées au pluralisme politique et à la dignité humaine. Ces fréquences qui sont des actifs publics sont attribuées gratuitement par l’Arcom, il n’est donc pas illégitime que ceux qui les reçoivent soient soumis à des contreparties.

    Aussitôt la décision connue, tous les médias du groupe Bolloré et, globalement, l’intelligentsia de droite, ont crié à la violation de la « liberté d’expression ». En réalité les deux chaînes retoquées ont été remplacées par Réels TV appartenant à l’homme d’affaires Daniel Kretinsky et OF TV du groupe de presse Ouest-France. Ni les uns ni les autres ne sont véritablement répertoriés comme « de gauche » donc on ne voit pas bien en quoi la liberté d’expression est mise en cause quand on remplace des chaînes « de droite » par des chaînes « de droite ». Cependant, l’intelligence devrait y gagner mais la « faux-jettonerie » générale empêche les commentateurs d’utiliser cet argument car il est plutôt subjectif et risque de blesser les nombreux téléspectateurs de ces chaînes. En réalité on peut imaginer que les décideurs de l’Arcom se sont basés sur ce critère de l’intelligence pour exclure C8, mais sans le dire.

    Les chaînes exclues des fréquences publiques de la TNT ne sont pas censurées ; personne ne les empêche de continuer à émettre via l’Internet ou des bouquets payants, simplement, dans ce cas, elles auront sans doute moins d’audience. Cyrille Hanouna pourra probablement se recaser sur une autre chaîne de la TNT à moins que cette situation ne serve de leçon et que plus personne ne veuille lui proposer un emploi. Dans ce cas il recevrait certainement des offres pour un autre média du groupe Bolloré, peut-être pas pour le même salaire.

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  • Des mauvaises nouvelles en cascade en Calédonie

    Des mauvaises nouvelles en cascade en Calédonie

    De la non-réélection du président indépendantiste du congrès du territoire, Roch Wamytan qui a présidé cette institution environ une dizaine d’années, et son remplacement par une candidate modérée, Veylma Falaeo, jusqu’aux désastres économiques qu’affronte ce territoire pacifique, c’est une vague de mauvaises nouvelles qui déferle.

    La non-reconduction du président indépendantiste

    Contre toute attente le président indépendantiste Roch Wamytan a été remplacé à la tête du congrès calédonien par Mme. Veylma Faleo du parti l’Eveil océanien. Plutôt modérée, elle s’affiche comme « « ni indépendantiste, ni non-indépendantiste ». Son curriculum-vitae publié sur le site web du congrès (cv Veylma Faleo) déborde de bonnes intentions, d’engagements associatifs, de défense des droits de la femme et de « troisième voie » quant à « l’avenir institutionnel du pays ». Le terme « pays » est d’ailleurs systématiquement retenu dans la documentation émise par le congrès lorsqu’il parle du territoire.

    Cette femme n’est sans doute pas vraiment formatée pour emmener l’archipel vers son indépendance, seule issue possible pour sortir de ses contradictions existentielles politiques et économiques.

    La Nouvelle-Calédonie s’enfonce dans la crise économique

    Les émeutes du mois de mai dernier ont dévasté le tissu économique et les troubles ne sont d’ailleurs pas vraiment terminés, un dixième mort étant à déplorer en juillet dernier, un jeune homme touché lors d’échanges de tirs avec des gendarmes. Le gouvernement calédonien se propose de mettre en place

    Un plan de « sauvegarde de refondation et de reconstruction » (S2R) a été élaboré par le congrès. Les grandes lignes en sont présentées sur son site web (S2R) et l’article se termine par :

    Le plan a vocation in fine à être transmis à l’État dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2025 (PLF 2025).

    Il n’y a pas de montant affiché dans ce plan mais la presse a parlé d’une enveloppe de 4,2 milliards d’euros demandée par le gouvernement calédonien à l’Etat français, c’est-à-dire à ses contribuables.

    Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la compétition actuelle sur le marché du nickel a entraîné la fermeture, sans doute définitive, de l’usine « du Nord » détenue par des capitaux privés et l’administration indépendantiste de la région nord. A ce stade il n’y a pas de repreneur connu pour cette installation industrielle de toute première importance pour cette région et il est peu probable qu’elle puisse être gérée dans des conditions économiques acceptables par des intérêts uniquement publics qui n’auraient sans doute ni les compétences ni les ressources nécessaires.

    Quelle voie de sortie de l’imbroglio ?

    Difficile d’imaginer une porte de sortie positive dans une situation aussi désastreuse pour toutes les parties. Il semblerait qu’un certain nombre de personnes de la communauté non-canaque soient en train de liquider leurs affaires sur place pour émigrer soit dans la région, Australie ou Nouvelle-Zélande, soit pour revenir en France hexagonale. L’avenir politique à court terme est sombre, les émeutes vont certainement reprendre un jour ou l’autre, les besoins de financement sont considérables alors que la France est en grande difficultés financières et, le plus grave, personne ne sait bien par quel bout prendre le dossier.

    Pas très loin de Nouméa, environ 500 km au nord, étaient le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides qui obtint son indépendance en 1980 par suite d’un référendum qui se prononça en faveur de ce statut. C’était il y a 40 ans, les enjeux étaient sans doute moindres, 110 000 habitants seulement, pas de matières premières et, sans doute, des dirigeants locaux, français et britanniques plus visionnaires. Puisse la Nouvelle-Calédonie suivre le chemin apaisé montré par le Vanuatu dans les années 1980 !

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  • Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin (80 ans), ex-députée, ex-ministre, ex-maire, ex-soutien de Mme. Le Pen aux élections présidentielles 2017 pour « faire barrage » à M. Macron, puis soutien de M. Zemmour à l’élection suivante en 2022, catholique radicale, occupe sa retraite à diffuser ses idées sur le réseau « X » où elle affiche tout de même 94 800 followers.

    La lecture de son fil sur « X » permet de cerner ses sujets favoris :

    • La nocivité des vaccins contre la Covid19
    • La haine du président de la République Macron et de l’Europe
    • Et toutes une série de bondieuseries sans grand intérêt

    Depuis les révélations sur la sexualité débridée de l’abbé Pierre, elle défend ce curé qu’elle admire malgré ses déviances. A priori elle était au courant de « son attirance pour les seins » et précise que « tout le monde le savait ». Le pardon étant l’un des piliers de sa foi, Mme. Boutin pardonne à son grand homme au regard de ses réalisations.

    Le problème est surtout de savoir jusqu’à quand Christine Boutin va continuer à s’exprimer sur les sujets qui lui passent par la tête. Ne ferait-elle pas mieux de s’occuper de ses enfants et petits-enfants ? Encore un drame de l’addiction aux réseaux dits « sociaux ». Quand on pense qu’elle a exercé des responsabilités ministérielles on en frémit a posteriori.

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  • Appel de la gauche à manifester pour ce samedi

    Appel de la gauche à manifester pour ce samedi

    La branche propalestinienne et majoritaire au sein de l’alliance électorale Nouveau front populaire (NFP), La France insoumise (LFI), a publié sur son site web les mots d’ordre retenus pour la manifestation organisée dans différentes villes de France pour contester « le coup de force de Macron ». En effet, le président de la République n’a pas retenu la femme haut-fonctionnaire proposée par le NFP pour occuper le poste de premier ministre. Les arguments des uns et des autres sont bien connus et restent irréconciliables, ce ne n’est pas utile d’y revenir.

    Maintenant que le NFP est sûr de ne pas prendre la responsabilité du pouvoir, au moins à court terme, sa composante principale peut sans risque rappeler les éléments clé de son programme, d’où ces six mots d’ordre vigoureux dont quatre concernent l’augmentation des dépenses et deux sont plus sociétaux, dont la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

    Rien de bien nouveau si l’on se réfère au « contrat de législature » déjà publié par le NFP mais on note qu’il n’y a aucun mot d’ordre concernant les recettes à mettre en œuvre pour financer les dépenses mise en avant pour la manifestation.

    Lire aussi : Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Un simple retour au programme permet de compléter cette liste :

    Adopter un projet de loi de finances rectificative le 4 août, pour se doter d’une politique fiscale juste avec notamment les mesures suivantes :
    • Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu à 14 tranches
    • Rendre la CSG progressive
    • Rétablir un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) renforcé avec un volet climatique
    • Supprimer la flat tax et rétablir l’exit tax
    • Supprimer les niches fiscales inefficaces, injustes et polluantes
    • Réformer l’impôt sur l’héritage pour le rendre plus progressif en ciblant les plus hauts patrimoines et instaurer un héritage maximum
    • Instaurer une taxe kilométrique sur les produits importés

    Bien sûr l’appel à abolir les privilèges des « milliardaires » souligné en rouge satisfait presque tout le monde d’autant plus qu’il n’est pas précisé à partir de quel revenu joueront les nouvelles tranches d’imposition ni la progressivité de la CSG. On peut raisonnablement penser que ce ne sera pas que pour les « milliardaires ». Rester dans le flou permet de ne pas trop effrayer ceux qui devront immanquablement payer pour le programme de dépenses et qui sont probablement aussi les participants potentiels aux manifestations d’aujourd’hui.

  • La France championne olympique de la dépense publique

    La France championne olympique de la dépense publique

    Le ministère des finances français a remis au parlement une note de la direction générale du trésor, celle qui tient les cordons de la bourse, annonçant un déficit des finances publiques en 2024 de 5,6% du produit intérieur brut (PIB) si aucune mesure d’économie n’est prise pour freiner le paquebot de la dépense publique. La situation aurait été qualifiée par le ministre de « sérieux dérapage des finances publiques ». C’est le moins que l’on puisse dire…

    Les dirigeants politiques au pouvoir passant leur temps à annoncer de nouvelles dépenses à tout bout de champ, de campagnes électorales en meetings politiques, il aurait été étonnant que la situation des finances publiques s’améliore ! Et les dirigeants politiques dans l’opposition passent le leur à exiger de nouveaux engagements financiers. Côté dépenses la République ne sait que les accroître, sans forcément s’interroger sur leur nécessité ou leur efficacité. L’organisation des jeux olympiques de PARIS 2004 est un bon exemple de ce paradoxe qui devrait d’ailleurs de poursuivre en 2030 puisque la France est la seule candidate pour organiser les jeux olympiques d’hiver de cette année. En ce qui concerne les recettes, les idéologies s’opposent entre les partisans de l’augmentation des impôts, « il suffit de taxer les riches », et ceux en faveur d’une « politique de l’offre » qui consiste à mettre les entreprises « qui créent la richesse » dans un contexte fiscal et juridique favorable en réduisant les impôts et en stabilisant l’environnement juridique dans lequel elles exercent leurs activités.

    Lire aussi : A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    Quoi qu’il en soit, la France est l’un des pays de l’OCDE où la dépense publique est la plus forte en pourcentage du PIB, soit 57% en 2023 selon l’INSEE (https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381414), c’est-à-dire que l’Etat prend dans la poche des uns pour donner aux autres. On peut faire passer ce taux à 70 ou 80%, il suffit de le décider collectivement et de voir ce que cela donne.

    Dans une récente interview sur la chaîne radio d’information en continue France-Info, la secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) que pour financer les coûts qui seront générés par l’abrogation voulue de la loi qui a réformé les retraites en faisant passer l’âge légal de départ en retraite de 62à 64 ans, il suffisait de « taxer les dividendes et de revoir les aides octroyées aux entreprises sans contreparties ». Beaucoup de citoyens sont en accord avec ces propositions tant que « les riches [à taxer] ce sont les autres ».

    Le dialogue ou les explications avec les tenants de ces théories économiques sont vains tant les positions sont idéologiques et imperméables aux réalités financières. La seule solution pour, peut-être, convaincre est de laisser faire. C’est ce qui s’est passé en 1981 après l’élection présidentielle qui a porté François Mitterrand à l’Elysée. Pendant deux ans l’Etat a appliqué un vrai programme de gauche : nationalisation d’une grande partie de l’économie, passage au 39 heures, retraite à 60 ans, instauration d’un ministère du temps libre, etc. et, dès 1983, il n’y avait plus de sous dans la caisse ni personne pour prêter à la République à des taux acceptables. Celle-ci s’est alors tournée vers la Commission européenne pour obtenir un prêt de trésorerie en échange de ce qui a été qualifié à l’époque de « plan de rigueur » mais qui n’était en réalité qu’un rééquilibrage des dépenses et des recettes publiques. Par la suite, la gauche mitterrandienne s’est convertie en social-démocratie et le ministre de l’économie et des finances Bérégovoy, fils d’un russe « blanc » menchévik exilé en France, lui-même ancien ouvrier métallurgiste, fut le ministre qui libéralisa les marchés boursiers et financiers français et mit fin l’indexation automatique des salaires sur l’inflation. Même dans ses rêves les plus fous, aucun ministre de droite n’aurait osé pareille révolution !

    A l’époque la gauche eut tous les pouvoirs en 1981 pour mener sa politique économique socialiste, ainsi que pour inverser le balancier après 1983. Ce n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui où la gauche réunie sous la casquette Nouveau front populaire (NFP) est loin d’être unie, n’a pas la majorité absolue et, pour faire passer tout ou partie de son programme, devra trouver des alliances à l’assemblée nationale. Son projet, un peu obsessionnel de ramener l’âge légal de départ en retraite de 64 à 62 ans (en attendant de viser 60) est partagé par le Rassemblement national (RN). Il n’est pas sûr que ces deux partis aux extrêmes arrivent à se retrouver sur un projet commun. Si malgré tout ils y parvenaient, eh bien, la réforme emblématique du macronisme ayant porté l’âge légal de 62 à 64 ans dans le bruit et la fureur serait abrogée. Et les discussions commenceront sur comment financer les coûts générés par cet aller-retour. Le peuple serait content… au moins pour un moment. A suivre.

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  • La Corse à la recherche de grands hommes

    La Corse à la recherche de grands hommes

    Le chef corse indépendantiste Jean-Guy Talamoni (avec un ‘i’ muet) a publié une chronique inattendue dans le journal Le Monde du 15 août intitulée « La Corse doit se réapproprier l’ensemble des grandes figures de son histoire, et singulièrement celle de Napoléon ». Il a passé une partie de son été à présenter dans les villages de son pays le film d’Abel Gance « Napoléon » tourné en 1927. Il rappelle avec force que Napoléon (1769-1821) était corse et reproche bien entendu aux Français de s’approprier sa gloire en laissant les aspects sanglants de celle-ci à son ile natale. Il admet que Napoléon ne fait pas l’unanimité en Corse, certains le considérant comme traître à la « cause nationale corse » dès qu’il fut aspiré par son destin guerrier européen, lui préférant Pascal Paoli (1721-1807), le « père de la patrie corse ». Talamone se réaffirme « paoliste » mais sans toutefois rejeter complètement le « bonapartisme ».

    En réalité, ce micro-pays de Corse est à la recherche de grands hommes pour fonder ses convictions et ses passions, et il n’en trouve pas beaucoup. C’est le syndrome de ces confettis de l’Empire qui rejettent les héros français par haine du colonisateur et aimeraient bien y substituer des natifs de leurs pays. Mais on ne fonde pas une histoire ni une pensée unitaire sur des mafieux ou des joueurs de fouteballe.

    Le cas de la Martinique, autre confetti de l’empire, est révélateur à cet égard. Aimé Césaire (1913-2008), poète, penseur de la « négritude » et homme politique a « régné » sur la Martinique jusqu’à sa mort à 94 ans, laissant une œuvre littéraire et politique considérable, forgeant le respect du monde culturel et politique bien au-delà de la Martinique et de la France. Même si la proportion de Martiniquais ayant lu ses publications est sans doute assez modeste, il réunissait sur son nom, par le respect qu’il inspirait dans le monde, les Martiniquais qui étaient fiers de lui. Ils avaient trouvé un héros local qui les a valorisés. A l’inverse, la Guadeloupe voisine, qui n’est pas en très bons termes avec la Martinique, n’a pas trouvé de héros unanime à qui se référer et c’est sans doute aussi l’une des raisons qui explique son retard économique et culturel par rapport à la Martinique.

    Alors suivons Talamone et favorisons l’appropriation de Napoléon par la Corse. Paris pourrait au besoin y transférer les cendres du grand homme si ce pouvait être un gage d’apaisement et de sérénité pour ce territoire dans sa route heurtée vers l’indépendance.

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    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/08/15/jean-guy-talamoni-la-corse-doit-se-reapproprier-l-ensemble-des-grandes-figures-de-son-histoire-et-singulierement-celle-de-napoleon_6281711_3232.html

  • La dépense en chantant

    La dépense en chantant

    A l’occasion de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques PARIS-2024 ce 26 juillet, les Français ont vu défiler leurs impôts sur la Seine malgré la pluie battante qui ne semble pas avoir freiné l’ardeur des acteurs de ce show ni de leurs spectateurs. Tout ceci a déjà coûté très cher aux contribuables, mais telles les cigales dans la fable, il leur restera l’hiver pour pleurer et… payer.

    Le spectacle était à la hauteur des dépenses engagées, un peu clinquant mais bon-enfant. Quelques imprévus, Lady Gaga interprétant du french-cancan, un cavalier mécanique qui remonte le fleuve, Imagine de John Lennon très bien interprété par une chanteuse française sur un radeau électrique à côté d’un piano à queue. Du plus classique : des transgenres, des femmes à barbe et la communauté LGBTQIA+. Du transgressif aussi qui a poussé les évêques de France à protester contre une scène où ils ont vu une moquerie de la Bible.

    Depuis cette mise en bouche, les jeux battent leur plein et les braillements fusent de toutes parts. Les journalistes hurlent dans le poste entre deux flashs de réclames au bénéfice des sponsors de ces JO, ceux des spectateurs peinturlurés en bleu-blanc-rouge qui braillent croyant ainsi soutenir leurs athlètes favoris, et, hélas, les braillements dont Cécile Dion nous a gratifié en se déchaînant depuis la tour Eiffel pour clôturer la cérémonie du 26 juillet sur une chanson d’Edith Piaf.

    Même le président de la République, un peu inemployé en ce moment, vient montrer sa frimousse sur les stades afin d’occuper ses vacances d’été.

    Toutes ces dépenses somptuaires sont peut-être bien employées mais elles sont superflues, en tout cas déplacées pour un pays surendetté dont les finances publiques sont en déficit systématique depuis 1974. Que les contribuables se rassurent, à peine le rideau tiré sur PARIS-2024 il faudra recommencer à payer pour préparer les JO d’hiver de 2030 attribués aux Alpes françaises à défaut d’autre pays candidat qui, peut-être, ont dû penser que c’était un peu cher payé pour ce que c’est et qu’ils avaient d’autres priorités à financer. La France remporte en tout cas la médaille toutes catégories pour la dépense publique volontaire, place qui n’est contestée par personne d’autre sur la planète.

  • Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    A l’issue des élections européennes du mois de juin aussitôt suivies d’une dissolution de l’assemblée nationale qui a divisé la nouvelle assemblée en trois blocs d’importance électorale à peu près équivalente, le RN, successeur du Front National (FN) s’est retrouvé aux portes du pouvoir en France avec environ 30% des votes exprimés. C’est le meilleur score jamais réussi par ce parti depuis que Jean-Marie Le Pen, le fondateur du FN dont la fille Marine préside le RN, s’était qualifié pour le second tour des élections présidentielles de 2002, reléguant le candidat socialiste (ancien trotskiste tendance lambertiste) à la troisième place. Opposé à Jacques Chirac le père Le Pen avait été balayé par le « Front républicain » qui s’était mis en place et n’avait rassemblé que 18% des suffrages au deuxième tour. C’était il y a vingt-deux ans.

    Ce 30 juin dernier, le RN et ses associés arrivaient en tête du premier tour des élections législatives avec 33% des suffrages. Aussitôt un nouveau « barrage républicain » est construit afin de limiter le nombre de députés RN à l’issue du deuxième tour et, effectivement, à force d’alliances improbables et de désistements opportunistes, au soir du 7 juillet, le RN et associés n’obtiennent « que » 143 députés alors que certains sondagiers leur prévoyaient au moins la majorité absolue (289 députés) et que le président du parti, bien rasé derrière les oreilles, se voyait déjà nommé premier ministre. Dans les dîners en villes c’est le soulagement : « les fascistes ne sont pas passés ! » Dans le reste du pays c’est la déception : « les bobos urbains nous volent notre victoire ! »

    Lire aussi : La France face à l’aventure

    Le Nouveau front populaire (NFP), association électorale hétéroclite dominée par la gauche propalestienne et son leader Jean-Luc Mélanchon (lui aussi d’origine trotskyste tendance lambertiste), se réjouit de l’efficacité du « barrage contre le fascisme » et aspire au pouvoir sur la base d’un programme électoral radical.

    Dans ces dîners en ville au cœur des quartiers gentrifiés, on se veut se rassurer en se disant que jamais un tel programme ne pourra être mis en œuvre en France, qu’il ne s’agit que de promesses électorales sans conséquences et les convives, qui, le plus souvent, ne l’ont pas lu, se tranquillisent en se disant que leurs impôts n’augmenteront pas et que leur patrimoine sera préservé.

    Lire aussi : Le programme du Nouveau Front Populaire

    La France forte de son histoire révolutionnaire, reste irriguée par une pensée marxiste plus ou moins diffuse mais toujours prégnante dans l’imaginaire collectif poussant ainsi une bourgeoisie aisée à préférer voter pour l’extrême gauche plutôt que l’extrême droite, réduisant ainsi à portion congrue le bloc « central » qui est pourtant à l’origine de leur réussite. Le résultat est aujourd’hui un pays avec à sa tête un gouvernement démissionnaire, un président de la République qui passe son temps à congratuler les athlètes français médaillés aux jeux olympiques PARIS 2024 et une assemblée nationale en vacances, sans majorité réelle où, pour le moment, droite et gauche affirment leur volonté de ne pas collaborer avec le centre, ou alors sur la base de leur programme et uniquement celui-ci. Les choses risquent d’évoluer à la rentrée car il faudra bien gouverner le pays. Si personne ne veut faire de concession Paris pourrait rester avec son gouvernement démissionnaire et le parlement ne plus voter de réforme mais expédier lui aussi les affaires courantes. Et si la loi de Finances 2025 ne peut pas être votée faute de majorité il faudra bien qu’un texte de compromis pour faire fonctionner l’Etat à partir du 01/01/2025, ne serait-ce que pour lever l’impôt et, notamment, payer les salaires et les frais des députés… Sans doute feront-ils preuve d’un minimum de réalisme le moment venu quitte à s’accorder sur un budget irréaliste. Les électeurs en jugeront et, s’ils sont mécontents, il leur restera l’opportunité de voter différemment aux prochaines élections législatives car malgré les craintes de beaucoup, la démocratie n’est pas encore en risque dans le pays.

  • Du bon et du moins bon pour les JO

    Du bon et du moins bon pour les JO

    Alors que la gabegie financière des jeux olympiques d’été à Paris, PARIS-JO-2024, est désormais irréversible, la cérémonie d’ouverture étant prévue pour la semaine prochaine, une bonne nouvelle se profile à l’horizon concernant les JO d’hiver 2030 pour lesquels la France, toujours à l’affut de nouvelles dépenses publiques, a posé sa candidature. L’immobilisme actuel du parlement rend pour le moment impossible la fourniture des garanties financières attendues par le Comité international olympique (CIO) pour accepter la candidature. Ces « garanties financières » qui relèvent d’un racket librement consenti nécessitent des lois que la France est dans l’incapacité de voter pour le moment. Il s’agit principalement (i) de l’exonération de tous droits et taxes pour les opérations commerciales menées par le CIO à l’occasion des JO en question et, (ii) d’une garantie financière globale délivrée par l’Etat hôte qui indemniserait le CIO en cas de crise économique (economic shortfall) qui nuirait au programme olympique.

    G2.2: Tax-related guarantee whereby authorities commit to take all necessary measures to fulfil the tax-related requirements of the Olympic Host Contract and give full effect to these provisions, in a manner guaranteeing:

    i. ability of the OCOG to enjoy full benefits of the payments or other contributions made available by the IOC or IOC Controlled Entities, without being subjected nor impacted by direct or indirect taxes due in the host country;

    ii. absence of any direct or indirect taxes due in the host country on the transactions between the OCOG and the IOC (including the IOC Controlled Entities) or between the OCOG and the Games Official Timekeeper;

    iii. absence of double taxation for non-resident individuals (in particular the athletes) and the organisations to which such individuals belong, or by which they may be employed in the host country upon the occasion of the Games; and iv. treatment of the IOC and other relevant Olympic stakeholders that is no less favourable than the treatment of the domestic business operators with regard to indirect taxes.

    G4.1: Games delivery guarantee, in the form of financial guarantees, covering a potential economic shortfall of the OCOG and ensuring that the OCOG can deliver the Games in accordance with Olympic Host Contract requirements and meet all of its financial obligations.

    Lire la suite des garanties exigées sur le site du CIO : https://stillmed.olympics.com/media/Documents/Olympic-Games/Future-Host/Future-Host-Questionnaire-Annex.pdf?_ga=2.31887486.1992492241.1675867905-1713525779.1646819264

    On peut espérer que la nouvelle assemblée nationale française se posera un peu plus de questions sur le degré de priorité à attribuer à ces dépenses somptuaires avant d’engager les contribuables français à financer de nouveau une organisation purement commerciale qui se qualifie « à but non lucratif » et dont le siège est à Lausanne en Suisse.

    En attendant, les responsables du CIO et du comité olympique français paradent en conférence de presse derrière des bouteilles de Coca-Cola savamment disposées sur les tables de conférence pour expliquer pourquoi seuls les paiements par cartes Visa ou espèces sont acceptés dans les boutiques du CIO. Coca-Cola et Visa sont des donateurs historiques des JO, « à but non lucratif » bien entendu !

    Lire aussi : Les ministres Philippe, Darmanin et Maracineanu jettent l’argent public par les fenêtres et signent leur méfait

  • Fraude et mauvaise éducation à l’assemblé nationale

    Fraude et mauvaise éducation à l’assemblé nationale

    L’assemblée nationale a été renouvelée le 7 juillet dernier suite à la décision présidentielle de sa dissolution. Elle est devenue ce que les électeurs français en ont décidé : trois blocs opposés, un de droite radicale, un de gauche propalestinienne et un du centre, aucun n’emportant une majorité absolue et chacun contrôlant les deux autres. Dans un pays normalement géré une telle configuration pousse à la nécessité de s’entendre sur un programme de gouvernement a minima. En France où l’hystérie et la démagogie sont érigées en mode de fonctionnement, cette nouvelle assemblée est annonciatrice de blocages et d’invectives.

    Lire aussi : Les électeurs français ont voté

    Les choses ont d’ailleurs commencé à l’occasion de l’élection du bureau de l’assemblée. Si la présidente sortante, issue de la majorité présidentielle a été renouvelée, la désignation des autres membres de cet organisme a donné lieu à un spectacle peu ragoutant. Traditionnellement, dans l’attente de la composition du nouveau bureau, ce sont les plus jeunes députés élus qui tiennent lieu de membres par interim du bureau. Le plus jeune étant un député du Rassemblement National (RN, droite radicale), c’est lui qui se tenait devant l’urne où les députés déposaient leur vote « à bulletin secret » pour s’assurer de la régularité du scrutin. A 576 reprises (il y a 577 députés) il a tendu la main au votant qui venait de déposer son bulletin dans l’urne et les élus du parti La France Insoumise (LFI, gauche propalestinienne) ont refusé de la serrer du fait de son appartenance politique, sauf quelques rares exceptions comme Clémentine Autain.

    Plus inquiétant, une possible fraude a eu lieu pour l’élection des vice-présidents et dix bulletins en trop ont été trouvés dans l’urne. Il semble qu’une ou deux enveloppes en trop pourraient s’expliquer par un mauvais hasard, mais dix d’un coup cela ressemble à s’y méprendre à un acte malveillant. Une enquête est en cours et on ignore pour le moment qui a pu se rendre coupable de ce délit qui ramène l’assemblée nationale à un vulgaire bureau de vote corse où l’on fait voter les morts. C’est a priori une première historique au parlement.

    Il n’y a pas forcément de lien entre les députés mal élevés et les députés délinquants mais l’assemblée nationale française est en train de s’abaisser au niveau d’une cour de maternelle. Peut-être arrivera-t-on à identifier un jour les députés délinquants. Il serait bon que leurs noms soient rendus publics pour l’édification des électeurs.

    Les présidents des groupes parlementaires ne s’étant pas entendus sur la composition du bureau, celle-ci a été mise au vote. Les partis se sont alors mis d’accord en coulisse pour se soutenir, ou pas, portant parfois leur choix sur des candidats improbables. Le résultat est un bureau majoritairement tenu par la gauche radicale d’où le RN, premier parti issue de l’élection du 7 juillet, est absent.

    Toute cette agitation n’est finalement que de peu d’importance car ce n’est pas le bureau de l’assemblée nationale qui vote les lois, il se contente d’organiser les travaux. Il a une capacité de nuisance mais pas de pouvoir législatif.

  • Délabrement économique et politique en Nouvelle Calédonie

    Délabrement économique et politique en Nouvelle Calédonie

    A Nouméa le pays fait ses comptes, et ils semblent salés. Outre les dix morts qui sont à déplorer, les destructions matérielles résultant des récentes émeutes sont évaluées par le gouvernement local à plus de deux milliards d’euros. Plus grave encore, l’économie est à l’arrêt sur fond de crise mondiale du nickel dont la Nouvelle Calédonie est riche. Au vu de l’atmosphère politique régnant dans l‘archipel on peut comprendre les inquiétudes des investisseurs à remettre des sous dans une telle économie. C’est sans doute, une fois de plus, le contribuable métropolitain qui va être mis à contribution pour payer les additions.

    Lire aussi : Un chemin heurté vers l’inévitable indépendance de la Nouvelle-Calédonie

    Selon le correspondant local du journal Le Monde (13/07/2024) un certain nombre d’opérateurs économiques envisageraient d’attaquer l’Etat français pour qu’il assume les responsabilités financières des destructions puisqu’il n’a pas su maintenir l’ordre. S’il y a une chose certaine dans l’océan d’incertitude qui entoure la Nouvelle Calédonie c’est que les contribuables nationaux vont devoir payer les dégâts occasionnés par les émeutiers indépendantistes ainsi que pour la crise économique qui s’en suit et s’annonce durable.

    C’est une raison de plus pour reprendre le processus vers l’indépendance afin de pouvoir décoloniser au plus vite la Nouvelle Calédonie.

  • Septembre 1966, à bord du croiseur De Grasse

    Septembre 1966, à bord du croiseur De Grasse

    A une suggestion que lui fait Alain Peyrefitte de dissoudre l’assemblée nationale, de Gaulle répond :

    Quelle idée ! Les Français ne comprendraient pas. Nous ne sommes pas l’Angleterre. Il n’y a vraiment pas de raison d’écourter le mandat. La dissolution est une arme précieuse qu’il ne faut pas émousser. Pourquoi renvoyer une Assemblée où il y a une majorité et essayer de la remplacer par une Assemblée où il n’y en aurait peut-être pas ? L’opposition ferait sa campagne contre cette décision injustifiée. Elle pourrait bien entraîner la conviction des électeurs. Ensuite, je serais privé pendant un an de la capacité de dissoudre la nouvelle Assemblée. La Ve République, c’est la stabilité. La dissolution n’est faite que pour résoudre des crises.

    Cette Constitution a été faite pour gouverner sans majorité. Je ferais appel, comme en 1958, à des hommes nouveaux, des techniciens, des spécialistes qui ne se soient pas compromis dans les luttes politiques, mais qui soient respectés pour leur compétence.

    Vous me voyez choisir comme Premier ministre un chef de l’opposition ? Vous me voyez installer Mitterrand à Matignon ? Ça voudrait dire que la légitimité du gouvernement reposerait non sur celle du Président de la République, mais sur celle de l’Assemblée ! Ça voudrait dire qu’on retournerait à la IVe ! Non, non !


    In « C’était de Gaulle » tome III, Alain Peyrefitte

    Transmis au président Macron qui vient de dissoudre l’assemblée nationale dont la nouvelle composition est nettement moins favorable au parti présidentiel.

  • Les électeurs français ont voté

    Les électeurs français ont voté

    Les Français ont voté et le résultat de leurs suffrages est une assemblée nationale divisée en trois tiers plus ou moins d’égale puissance en nombre de députés : la droite radicale composée majoritairement du Rassemblement National (RN), la gauche radicale, quatre ou cinq partis réunis dans l’alliance électorale Nouveau front populaire (NFP) dominée par sa composante propalestinienne et le centre droit. Aucune de ces trois tendances ne peut à elle-seule emporter la majorité absolue et donc faire appliquer son programme. L’assemblée est donc condamnée soit à l’immobilisme, soit à des alliances. Les partis ont déjà affiché leur défiance les uns envers les autres et expliquent qu’ils sont d’accord pour une alliance à condition que ce soit sur leur programme. Autant dire que la négociation s’annonce mal. Comme souvent, des dirigeants de rencontre élus par les Français privilégient leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt du pays.

    La solution de l’immobilisme ne serait finalement peut-être pas la pire des solutions. Elle entraînerait de fait une stabilité législative par l’impossibilité de faire voter de nouvelles réformes. Est-ce vraiment un problème ? Sans doute pas, préoccupons-nous déjà de faire appliquer les lois existantes. Le corpus législatif préexistant déjà très fourni suffit à occuper l’administration d’autant plus qu’un certain nombre de décisions ne relèvent pas d’un vote au parlement mais plus simplement de circulaires ou décrets qui pourront être pris par un gouvernement à mettre en place, quelle que soit sa couleur politique. On pourra attendre quelques temps pour envisager de nouvelles réformes législatives. En attendant, respirons un peu. Même la Loi de finances annuelle qui est le texte majeur de toute législature qui doit en principe être voté avant le 31 décembre de l’année précédente, s’il ne peut pas être voté du fait de l’irresponsabilité de partis incapables de s’entendre sur un texte commun, peut être mis en vigueur sans vote par renouvellement par douzièmes mensuels du budget précédent. La constitution de la Ve République a tout prévu.

    Et si les électeurs sont insatisfaits de devoir renoncer, au moins provisoirement, aux réformes tonitruantes annoncées par les partis sur lesquels ils ont porté leurs suffrages, il leur suffira la prochaine fois de voter autrement. C’est ce qu’on appelle la responsabilité des citoyens.

  • Panique dans les partis politiques non-RN

    Panique dans les partis politiques non-RN

    Les résultats du premier tour des élections législatives tenues dimanche dernier sont en train de déclencher une fébrilité inédite en France. Le Rassemblement National (RN) emporte 33% des suffrages exprimés y compris ceux en faveur de la partie de Les Républicains (LR) qui a migré vers le RN. Le vote pour ce parti est bien réparti sur tout le territoire, dont les départements d’outre-mer, sauf quelques grandes villes qui restent inspirées par les idées progressistes. Les jeunes, les cadres, même les retraités, toutes les catégories socio-professionnelles se dirigent petit à petit vers le RN et le vote pour ce parti est maintenant décomplexé.

    Le Nouveau Front Populaire (NFP), qui est le pendant du FN à gauche, est crédité de 28% des votes. La majorité présidentielle est en troisième position avec 20%.

    Dès que ces résultats ont été avérés, l’ensemble des partis politiques non-RN s’est mis à tenter de reconstruire le fameux « front républicain » pour « faire barrage à l’extrême droite » ce qui consiste à monter des accords en catastrophe entre les deux tours pour faire capoter la candidature FN, même lorsque celle-ci est arrivée en tête du premier tour. Pour ce faire ces partis anti-RN fusionnent leurs candidatures pour n’en présenter qu’une seule face à celle du RN et ainsi limiter l’éparpillement des voix. Cela revient aussi à forcer la main de l’électeur qui, s’il ne vote pas RN devra apporter sa voix au candidat unique anti-RN. Celui-ci peut toujours voter « blanc » ou aller à la pêche le jour du vote si le cœur lui en dit.

    Le Rassemblement National continue à effrayer le microcosme malgré ses efforts de « normalisation » lancés depuis plus de dix ans mais il n’effraie plus un électeur sur trois qui a mis très sereinement un bulletin dans l’urne en sa faveur dimanche dernier. C’est le dilemme auquel est confronté le microcosme : doit-il continuer à contester ce vote en menant des alliances improbables avec pour seul objectif « tout sauf le RN », au risque de braquer encore plus les électeurs concernés, ou peut-il considérer que le RN est devenu un parti fréquentable, comme les autres, et envisager qu’il puisse gouverner comme c’est d’ailleurs le cas dans des conditions assez similaires dans d’autres pays européens, ou même aux Etats-Unis sous l’ère Trump, passée ou à venir.

    C’est clairement la première option qui est à l’œuvre aujourd’hui où l’on voit des caciques de la droite et du centre appeler à voter dimanche prochain pour des candidats de La France Insoumise (LFI, extrême gauche propalestinienne) dans des circonscriptions où le RN est arrivé en ballotage favorable au premier tour. Choisir la seconde option, celle de la normalisation du RN, présente un risque que le microcosme ne veut pas prendre : celui de la résurgence des tendances d’extrême droite du RN une fois qu’il serait arrivé au pouvoir. Au-delà de cette agitation d’appareils, l’électeur choisira en fonction de ses convictions qui risquent de n’être pas forcément en accord avec celles du microcosme.

    Dans tous les cas, une France gouvernée par des extrêmes d’un bord ou de l’autre risque de se rabougrir un peu plus. C’est le principal échec du pouvoir actuel : n’avoir pas su convaincre le pays de rester dans la raison sous une gouvernance apaisée.

  • La France face à l’aventure

    La France face à l’aventure

    Lors des dernières élections européennes du 9 juin les électeurs français, du moins ceux qui s’expriment dans les urnes, ont mis un pied dans la porte en donnant le leadership à la droite populiste. Ils comptent transformer l’essai lors des scrutins législatifs des 30 juin et 7 juillet des élections législatives provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale prononcée ce 9 juin au soir par le président de la République.

    La perspective d’une arrivée au pouvoir du parti Rassemblement National (RN, ex-Front National) n’étant plus à exclure, la France est fébrile. La gauche a bricolé rapidement une alliance électorale baptisée « Nouveau Front Populaire » (NFP) qui va de LFI d’inspiration trotskiste (son premier responsable, M. Mélanchon, est entré en politique via l’Organisation communiste internationale [OCI]), aux socialistes de la gauche-caviar, en passant par un Parti communiste longtemps stalinien. On a même vu récemment Dominique Strauss-Kahn (75 ans) et Lionnel Jospin (86 ans), des vieilles ganaches du Parti Socialiste (PS), sortir de leur retraite pour apporter leur soutien au NFP. Un programme a été conclu sur le papier insistant sur les obsessions habituelles de la gauche : faire payer les riches, augmenter les salaires des autres, revenir à la retraite à 60 ans et reconnaître l’Etat de Palestine.

    Une seule priorité pour le gouvernement du Nouveau Front Populaire dès son installation : répondre aux urgences qui abîment la vie et la confiance du peuple français. Nous en finirons avec la brutalisation et la maltraitance des années Macron. Nous adopterons immédiatement 20 actes de rupture pour répondre à l’urgence sociale, au défi climatique, à la réparation des services publics, à un chemin d’apaisement en France et dans le monde. Pour que la vie change dès l’été 2024.

    Programme NFP « Contrat de législature »

    A l’autre bout de l’échiquier politique, la droite populiste RN alliée avec quelques membres de Les Républicains (LR) propose ses objectifs usuels : mettre fin à la « submersion migratoire », baisser les prix de l’énergie pour tout le monde et endiguer « le laxisme judiciaire » pour faire baisser délinquance et criminalité dans le pays.

    Dès ma nomination comme Premier ministre, j’apporterai des réponses concrètes aux préoccupations de nos concitoyens en matière de qualité de vie, de sécurité et d’immigration.

    Programme 2024-06 « Bardella premier ministre

    Cette droite a plus de mal à cacher ses origines extrêmes, que Jean-Luc Mélanchon ses origines trotskystes, car elles sont plus récentes et pas encore passées complètement aux oubliettes de l’histoire, pour ceux qui la suivent. Le patriarche Le Pen qui assumait ses blagues antisémites graveleuses et son révisionnisme est encore vivant, même sous tutelle, alors que Lambert ou Benny Lévy sont morts et enterrés depuis longtemps et que l’assassinat de Trotski par les tueurs communistes de Staline, ou le déchaînement de barbarie de l’armée rouge créée par Trotski durant la guerre civile russe au début du XXe siècle sont oubliés depuis très longtemps. Le peuple a la mémoire courte, c’est d’ailleurs une de ses caractéristiques principales.

    Au centre, le parti présidentiel qui a réussi à se mettre beaucoup de monde à dos, semble un peu dépassé par les évènements pourtant provoqués par son inspirateur. Ce mouvement et les LR se sont tellement haïs depuis quelques années, alors que leurs programmes étaient largement compatibles pour peu qu’ils mettent leurs égos sous le tapis de l’intérêt de la France, qu’ils n’arrivent pas à faire programme commun et laissent les populistes cavaler en tête.

    Pour le « peuple de gauche », largement soutenu par le monde intellectuel et artistique, l’horreur serait l’arrivée du FN au pouvoir. Pour « le peuple conservateur », l’abomination serait une majorité large ou absolue gagnée par le NFP. « Entre la peste et le choléra »… Alors ces formations politiques rivalisent d’assauts verbaux sur leurs stratégies électorales respectives : qui se désistera pour « faire barrage à… », qui donnera des consignes de vote pour empêcher « la catastrophe », etc. ? En réalité ces tactiques relèvent d’un autre âge désormais. Il est assez peu probable que les électeurs suivent aujourd’hui des consignes de vote qui seraient contraires à leurs propres convictions. Ils risquent même d’être agacés par d’éventuels désistements pour « faire barrage à… » qui reviennent à vouloir leur forcer la main pour voter dans un sens décidé par les appareils politiques mais pas par forcément par eux-mêmes.

    En cas de choix manichéen à faire entre « la peste ou le choléra » le mieux est de laisser choisir l’électeur par lui-même ce qui encore la meilleure solution pour qu’il assume ensuite la responsabilité de son vote. Et pour ceux qui ne veulent pas choisir les extrêmes il reste toujours le vote blanc. L’avenir sera ce qui se décidera dans les urnes. Les plus optimistes considèrent que les institutions de la République résisteront à la tempête le cas échéant et offriront aux électeurs la possibilité de revenir en arrière s’ils le veulent. Les pessimistes craignent le contraire. Ce qui semble sûr c’est que sauter sur son canapé en criant « tout sauf le RN, tout sauf le RN, tout sauf le RN !!! », ou accumuler des tribunes dans le journal Le Monde ne sert plus à grand-chose au point où nous en sommes. Pour calmer ses angoisses sur l’avenir politique du pays il faut voter et, éventuellement, militer si l’on souhaite inverser un résultat « non satisfaisant » pour la prochaine fois.

  • Vous avez aimé Abdelkader ? Vous allez adorer Christian Tein !

    Vous avez aimé Abdelkader ? Vous allez adorer Christian Tein !

    Alors que l’hexagone se noie dans les campagnes électorales et va devoir sans doute affronter l’arrivée des extrêmes au pouvoir, ça continue à défourailler en Nouvelle-Calédonie. Nous en sommes maintenant à 9 morts dans cet archipel depuis le déclenchement des émeutes au mois de mai dernier. Les troubles, blocages et barrages se poursuivent malgré le renforcement très significatif des forces de sécurité venues de la métropole.

    Une petite dizaine des meneurs identifiés ont été mis en examen et la justice a décidé de les incarcérer en France et non pas sur le territoire. Il s’agit notamment de Christian Tein, un chef kanak indépendantiste considéré comme le responsable de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), cellule qui semble avoir dirigé les émeutes et les exactions sur place.

    Bien évidement les émeutes sont reparties dès que leur incarcération « en France » a été rendue publique. Ils ont aussitôt été qualifiés de « prisonniers politiques » et leur libération immédiate est exigée par les émeutiers pour qu’ils quittent leurs barricades.

    Cette situation inextricable montre une nouvelle fois l’impasse dans laquelle se trouve la République française face à cette colonie. Il y a tout de même eu 9 morts à ce jour dans la guérilla urbaine qui a duré deux semaines et à laquelle il n’a jamais complètement été mis fin. Si l’Etat français n’avait rien fait il aurait violé ses propres lois. S’il agit comme il l’a fait il est accusé de colonialisme.

    L’histoire nous rappelle l’imbroglio provoqué dans l’Algérie colonisée par l’arrestation et la déportation en France de l’émir Abdelkader (1808-1883), chef religieux et militaire algérien qui a fomenté la résistance contre l’envahisseur, remporté quelques victoires avant de rendre les armes en 1847. Transféré en France où il bénéficia tout de même d’un statut de prisonnier privilégié il est ensuite autorisé à émigrer à Damas en échange de l’engagement de ne plus fomenter de troubles en Algérie. En résidence surveillé à Toulon, Pau puis Amboise, il devint la coqueluche de l’intelligentsia française et européenne qui se bousculait pour le visiter dans les années 1850. Il décéda en 1883 après être presque devenu un ami de la France… Il a depuis des rues et des places à son nom dans des communes de l’hexagone.

    Il n’est pas sûr qu’en ce XXIe siècle de tous les excès l’indépendantiste Christian Tein soit aussi conciliant avec la puissance coloniale que ne le fut Abdelkader à la fin de sa vie. L’intransigeance de ses troupes sur le terrain qui sont en train de relancer la guérilla en Nouvelle-Calédonie ne va pas faiblir non plus. La République est dans une impasse dont la seule voie de sortie est l’indépendance de ce territoire le plus vite possible en offrant aux non-kanaks la possibilité de venir s’installer en France.

    Lire aussi : « Abd el-Kader » au Mucem

  • Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    La campagne électorale pour les élections européennes du 9 juin dernier avait été centrée sur la guerre à Gaza, largement attisée par le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI). Cela n’a pas empêché le Rassemblement national d’arriver en tête avec 31,4% des suffrages exprimés. La campagne en cours pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet, provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale le 9 juin au soir, est centrée sur l’antisémitisme. Ces deux sujets sont certes importants pour la bonne marche du monde mais devraient l’être un peu moins dans le cadre de campagnes électorales françaises.

    Qu’importe, les partis qui font la course en tête, le Nouveau Front populaire (NFP dont LFI est le principal membre) et le Rassemblement National (RN, droite radicale) ont trouvé là des os à ronger et des motifs d’attaquer l’adversaire. Et ils s’en donnent à cœur joie, ressassant les mêmes slogans rageurs qui, sans doute, n’intéressent pas considérablement leurs électeurs et, surtout, n’orienteront probablement pas le vote des indécis, s’il en reste encore à ce jour.

    La droite, et ceux qui s’en réclament sur les plateaux télévisés, cherche par tous les moyens à faire dire à LFI que le Hamas (mouvement qui gouverne la bande Gaza et dont la branche armée a lancé et exécuté les massacres du 07/10/2023 en Israël) est un mouvement terroriste. Les membres de LFI s’y refusent car ils considèrent que ce mouvement s’est défendu le 7 octobre et ne peut pas être considéré comme terroriste. Ils le croient sans doute très sincèrement et restent sur cette position en refusant de prononcer ce qualificatif de « terroriste ». Ils ont le droit de prendre cette position et de l’afficher, accessoirement ce sentiment doit être partagé par une partie de leur électorat. Il est improductif de perdre du temps à essayer de les faire changer d’avis, d’autant plus que c’est une position historique de l’extrême gauche française qui n’est pas nouvelle. Le parti LFI est transparent sur ce point et leurs électeurs se positionnent en conséquence.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême

    La droite radicale du RN saisit cette occasion pour se refaire une virginité et passer sous le tapis son histoire antisémite. On se souvient des sorties tonitruantes et des plaisanteries nauséabondes de Jean-Marie Le Pen le fondateur du Front National qui s’est transformé en Rassemblement National après un coup de balai donné pour rompre les liens avec les membres du parti les plus voyants dans leur antisémitisme, y compris le patriarche. Les plus anciens qui ont fréquenté les universités françaises dans les années 1970 se souviennent des combats extrêmement violents menés entre les milices du GUD (Groupement Union Défense d’extrême droite) et celle du BETAR (mouvement de jeunesse juif sioniste radical, que l’on peut aussi qualifier d’extrême droite) qui en ont laissé plus d’un sur le carreau. L’antisémitisme est une vieille histoire en France, comme d’ailleurs dans une partie de l’Europe. C’est surtout un drame de la bêtise rendu encore plus aigüe par les nouvelles religiosités qui s’emparent des masses. L’exploit est qu’aujourd’hui le RN arrive à se présenter comme le défenseur des Français de confession juive. Quel retournement ! C’est, au moins, une réussite marketing.

    Ce débat qui pollue le processus électoral en cours est vain. Bien entendu il doit rester quelques nazillons au RN et quelques staliniens au NFP, comme dans le reste de la société française d’ailleurs. On n’arrivera jamais à éliminer complètement ces idéologies mortifères. L’essentiel est de s’assurer que les institutions de notre vieille République restent suffisamment solides pour maintenir les digues empêchant leur généralisation, c’est ce qu’on appelle l’Etat de droit, notion tellement contestée par les extrêmes du moment qui privilégient le populisme. Cela reste le cas pour le moment. Mais les barrières contre l’abrutissement des masses restent fragiles et doivent être constamment consolidées.

    Et, pour revenir au sujet des élections législatives françaises, le mieux est de laisser les électeurs se prononcer en leurs âmes et consciences et ils auront ce pour quoi ils voteront, les extrêmes, le centre ou la chienlit.

  • Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Alors que le « Nouveau Front Populaire » (NFP), alliance multipolaire réunissant la gauche radicale propalestinienne (LFI), le parti socialiste (PS) ou le nouveau parti anticapitaliste (NPA), le ministre des finances Bruno Le Maire s’égosille dans les médias sur le caractère « marxiste » de ce programme. A première lecture il est vrai qu’il ne semble pas vraiment inspiré par les Chicago boys ou autres penseurs du libéralisme. Mais comment s’en étonner quand on connaît les idées de ses rédacteurs, des concepts qui sont d’ailleurs parfaitement publics et affichés depuis des années par les partis membres de cette coalition.

    Oui ce programme est marxiste et n’est pas sans rappeler celui mis en place en 1981 sous l’égide du président socialiste Mitterrand. Rappelons simplement au plus jeunes que le programme de 1981 a tourné court au bout de deux ans quand il n’y eut plus de sous dans la caisse. Le PS de l’époque s’est ensuite converti aux vertus du libéralisme mais il lui a fallu d’abord passer par le test en grandeur réelle de l’économie « marxiste ». Son successeur, le PS d’aujourd’hui se souvient sans doute de la leçon mais il lutte pour sa survie après le score de sa candidate aux dernières élections présidentielles, Anne Hidalgo, qui a rassemblé seulement 1,7% des suffrages… Pour conserver un nombre minimum de députés élus, le PS est obligé de s’allier avec le loup qui pourrait le dévorer.

    En attendant ce programme sera appliqué si une majorité est donnée par les électeurs au NFP.