Catégorie : France

  • La « ruralité » obtient des sous des contribuables mais pas des consommateurs

    La « ruralité » obtient des sous des contribuables mais pas des consommateurs

    Les paysans français, ou plutôt la « ruralité » comme on dit de nos jours, ont lancé une offensive éclair contre l’Etat pour obtenir des sous. Quelques bataillons de tracteurs sur les autoroutes, des forces spéciales déversant du purin dans les préfectures, des frappes d’œufs pourris ciblées sur les ministres visitant le salon de l’agriculture, des injures braillées dans les allées du salon et des actions illégales de certains mercenaires livrés à eux-mêmes, ont permis à la « ruralité » d’emporter ce blitzkrieg assez rapidement.

    Les messages diffusés par des syndicats agricoles furent variés et parfois colorés. La majorité exige que les paysans soient payés « le juste prix » pour leur production et ne soient plus entravés par la « bureaucratie européenne » et tout particulièrement celle résultant de la transition écologique. Vaste programme…

    Juin / Charlie Hebdo (07/02/2024)

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et l’apparition de l’Union européenne(UE, et son prédécesseur le « Marché Commun ») avec sa PAC (politique agricole commune) les Etats européens élus démocratiquement par leurs citoyens ont fait le choix de promouvoir l’agriculture européenne et, pour cela, de la subventionner massivement. En d’autres termes cela signifie que les contribuables subventionnent les consommateurs pour compléter les revenus des producteurs. Cela fait belle lurette que les prix d’achat des productions agricoles sont complètement déconnectés de leurs coûts réels de production et ce, pour la raison assez simple à comprendre que le consommateur ne pourrait pas ou ne voudrait pas payer son alimentation au « juste prix ».

    Alors comme pour les transports en commun qui sont lourdement subventionnés en France pour les rendre acceptables par ceux qui les utilisent, c’est pareil pour le prix des carottes. Les cheminots comme les paysans vivent en partie de leur travail, mais surtout des subventions qu’ils reçoivent de l’Etat (ou de l’Europe, ce qui revient globalement au même). Ce n’est peut-être pas très valorisant pour les acteurs, voire un peu humiliant, mais c’est ainsi que le système est conçu. Si on ne se satisfait pas de celui-ci il est toujours possible de revenir aux lois du marché mais cela risquerait d’être sanglant pour la « ruralité ». Personne ne s’y est essayé en Occident. La France peut aussi sortir de l’UE, le Royaume-Uni a montré que c’était possible. Ce pays peut maintenant subventionner, ou pas, sa « ruralité » comme il l’entend et comme ses ressources l’y autorisent.

    On voit toutefois que même les pays libéraux comme les Etats-Unis d’Amérique subventionnent une partie de leur agriculture. On peut subventionner les producteurs, les productions, les surfaces, les consommateurs, mais on subventionne toujours tant la nourriture des citoyens est un élément stratégique. En réalité, la production agricole est une espèce de service public et, à ce titre, émarge aux budgets des Etat et de l’UE.

    Bien entendu, comme à chaque fois qu’une activité dépend de financements publics elle n’est plus totalement indépendante de faire ce qu’elle veut et « il manque toujours des sous ». Nous en sommes là, alors pour éviter de nouvelles nuisances de la « ruralité » l’Etat français a cédé assez rapidement déversant à son tour quelques tombereaux d’euros et exonérant les paysans du respect de certaines normes, notamment écologiques. Les furieux qui bloquaient les routes avec leurs tracteurs ont bénéficié d’une singulière indulgence de la part du ministère de l’intérieur au motif que la population soutiendrait le mouvement. La « ruralité » bénéficie à coup sûr d’une meilleure image que l’industrie chimique, bien qu’elle soit d’ailleurs l’un de ses plus gros clients. Comme souvent, Mme. Michu est en faveur des râleurs de l’agriculture mais n’est pas disposée à payer ses patates plus chères ni à voir augmenter ses impôts pour augmenter les subventions à la production agricole. Des gros céréaliers ou riches viticulteurs bourguignons qui se portent très bien, la presse parle très peu bien entendu, préférant faire dans le misérabilisme sur le sort du petit éleveur de moutons de la Lozère qui présente l’avantage d’emporter le soutien de Mme. Michu et la fréquentation des téléspectateurs.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2019/05/la-nouvelle-mode-ecologique/

    L’un des fronts de lutte sur lequel se rejoint la « ruralité » est la critique systématique de l’Union européenne, pourtant premier redistributeur de subventions agricoles, qui signe, sous mandat de ses Etats membres, des accords commerciaux avec nombre de pays de la planète. Le principe général de ces accords est d’abaisser, voire d’annuler, les droits de douane respectifs pour favoriser les échanges. Les pays européens étant généralement plus industrialisés que les pays signataires non-membres, ceux-ci sont favorisés sur leurs exportations agricoles mais, en contrepartie, acceptent les productions industrielles européennes. Comme toujours dans ce type d’accord il y a des gagnants et des perdants, le concept du « win-win (gagnant-gagnant) » relevant de l’escroquerie intellectuelle en matière industrielle et commerciale. Depuis la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande en 2023, Il y a certes du mouton nouveau-zélandais qui vient concurrencer la Lozère mais il y a en face des voitures et des Airbus qui rentrent plus facilement sur le marché de Nouvelle-Zélande. Dans le cas cité, peut-être les impôts encaissés par l’Etat sur la vente des Airbus à Wellington permettront de mieux subventionner l’agriculture ? Ensuite, ce qui est vrai au niveau de l’UE ne l’est pas forcément pour un pays donné. Il suffit d’amender les accords, ou d’en sortir s’ils ne donnent plus satisfaction, mais cela ne se fait pas sans contreparties. La France peut aussi ne pas voter les mandats de négociation donnés à la commission européenne mais là aussi il faudra lâcher quelque chose en échange au 26 autres pays-membres.

    C’est la grandeur et la noblesse de la politique d’avoir à choisir ce qui est globalement dans l’intérêt du pays, même si au détriment de certains. Ce n’est certainement pas un métier facile. L’avenir dira si ce qui vient de se régler à la va-vite sur les bottes de paille du salon de l’agriculture est globalement favorable au pays.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2020/03/ambitions-et-realites/

  • Nouvelles montées de tension à Mayotte

    Nouvelles montées de tension à Mayotte

    Plus personne ne sait quoi faire avec l’ile de Mayotte, stupidement élevée au rang de département français en 2010. Pour tenter de contrôler les flux d’immigration en provenance des Comores et d’Afrique de l’Est, le ministre de l’intérieur français lance le projet d’une révision constitutionnelle qui permettrait de réformer, voire révoquer, le droit du sol pour les personnes étrangères naissant sur ce confetti malencontreusement resté français après l’indépendance acquise par l’archipel des Comores, dont Mayotte fait géographiquement et historiquement partie, en 1974. L’ile est maintenant littéralement prise d’assaut par une population immigrée, illégale, souvent mineure, démunie, générant la quasi-paralysie de l’administration et de l’économie, il y a une crise de l’eau et des infrastructures qui ne répondent plus à la demande, sans parler d’une insécurité grandissante.

    La droite est en faveur d’une telle révision constitutionnelle, la gauche est contre, l’extrême droite voudrait révoquer le droit du sol pour l’ensemble du territoire français. Il n’est pas sûr qu’une majorité puisse s’entendre sur une telle réforme à court terme. Il est d’ailleurs assez peu probable que même adoptée elle puisse permettre de résoudre le problème. Tant que cette ile restera un abcès de fixation occidental perdu au milieu de l’océan Indien si proche des côtes d’Afrique, de Madagascar et, surtout, des Comores, elle continuera d’attiser les envies de passeport français de tous les citoyens des pays avoisinants qui seront prêts à tout pour tenter de rejoindre Mayotte, à moins peut-être que le Mozambique, la Tanzanie ou les Comores connaissent un développement économique soudain qui pousserait leurs citoyens à ne plus chercher l’exil.

    Les élus mahorais et leurs électeurs se retournent vers l’Etat en criant « mais que fait le gouvernement, nous sommes des français comme les autres ? ». Celui-ci envoie des ministres, de l’argent, des bouteilles d’eau minérale et des CRS à l’autre bout du monde, lance des opérations de reconquête du territoire et des idées pour réformer la constitution de la République. Et… le « problème » continue de s’aggraver et l’espoir de s’amenuiser.

    En réalité, la seule solution qui vaille serait de suivre les recommandations des Nations Unies et d’ouvrir les négociations avec les Comores pour restituer Mayotte qui fait partie de cet archipel. Chaque année le président Comorien rappelle d’ailleurs à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU la « comorianité » de Mayotte qui a été décolonisée illégalement en 1974. Son gouvernement (dont certains membres ont la double nationalité franco-comorienne) manifeste la plus extrême mauvaise volonté dans sa « coopération » avec la France qui lui demande, contre espèces sonnantes et trébuchantes, de mieux contrôler le départ de ses propres citoyens vers Mayotte.

    Lire aussi : L’éternel syndrome des citoyens d’anciennes colonies françaises

    Personne en France n’ose aborder l’hypothèse d’une rétrocession mais c’est probablement la seule solution susceptible de stopper le désastre en cours. Sa mise en œuvre demanderait un courage politique inédit mais serait globalement soutenue par la communauté internationale. Ce qui devrait pousser à la décision est de se poser la question : « existe-t-il le moindre espoir que Mayotte puisse un jour se sortir de son pétrin actuel ? », et d’y répondre honnêtement. Toute personne connaissant un peu l’inextricable désastre socio-culturo-historico-économique que représentent les territoires « ultramarins » de la République sait bien qu’il n’y a aucun espoir sérieux que Mayotte s’en sorte, pas plus que les Comores ne cessent un jour de revendiquer cette île qui leur reviendra un jour ou l’autre. Evidemment si Mayotte réintégrait le giron des Comores c’est ensuite l’île de la Réunion qui risquerait d’être la cible de flux d’immigration illégale.

    Comme la Nouvelle-Calédonie qui est inscrite sur la liste onusienne des « territoires non autonomes » (https://www.un.org/dppa/decolonization/fr/nsgt#_edn2) et dont la situation est suivie par le « Comté spécial de décolonisation » chargé « d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (décision 1514 (XV) de l’Assemblée générale) », va retrouver un jour son Indépendance, Mayotte va irrémédiablement suivre aussi cette voie. Ce sera bien sûr un déchirement pour la France. Il faudra prendre en compte le sort des Mahorais français qui ne souhaiteraient devenir comoriens et, sans doute, les rapatrier dans l’hexagone. Ce ne sera pas simple, la route sera longue et semée d’embûches mais ce serait un moindre mal versus garder ce territoire destiné à sombrer toujours plus bas dans un environnement toujours plus hostile.

  • Le pape est contre l’avortement

    Le pape est contre l’avortement

    Pour des raisons pas forcément très claires, des dirigeants et élus français envisagent de modifier la constitution pour y inclure le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG, en d’autres termes l’avortement) et l’Eglise catholique rappelle à ceux qui l’ignoreraient encore qu’elle reste opposée au principe de l’avortement, et encore plus à son inscription dans le texte fondamental d’un Etat.

    Sur le média en ligne Vatican News, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique de la Conférence des évêques de France, déclare les doutes de l’Eglise française sur le sujet :

    …c’est un sujet trop sérieux, trop grave et qui mérite beaucoup de réflexion et d’humilité pour pouvoir discerner quel serait le mieux dans un cadre législatif, et d’autant plus si on choisit le cadre constitutionnel. Cela mérite une grande prudence. …

    à quoi sert la Constitution si on y met des libertés de ceci ou de cela qui sont affichées comme des droits quand il s’agit de problématiques sociétales ? Au lieu de servir la vie de la société et son débat, elle devient un instrument pour clore le débat !

    https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-10/france-ivg-constitution-eglise-mgr-dornellas-interview.html

    Il n’est pas particulièrement étonnant de voir confirmée la position anti-avortement de l’Eglise et sa crainte de la constitutionalisation de ce droit qui risque ainsi d’être un peu plus définitif, sans l’être complètement d’ailleurs.

    Il est plus intriguant de voir le président français vouloir se lancer dans une réforme constitutionnelle qui n’a que peu de chances d’aboutir sur ce sujet. Il faudrait effectivement une majorité des 2/3 du parlement sur un texte pour que celui-ci puisse être présenté au vote, soit du congrès, soit des électeurs dans le cadre d’un référendum.

    Ce sujet sociétal concerne certes nombre de citoyens mais à ce stade le droit à l’IVG qui relève de la loi n’est pas remis en cause et on peut véritablement se demander si le président de la République (sans majorité absolue) et le parlement n’ont rien de mieux à faire par les temps qui courent que d’ouvrir un nouveau combat, sans doute perdu d’avance, qui va générer insultes, postures, crispations et, surtout, perte de temps considérable pour les élus qui sont payés avec les impôts des contribuables ? En termes d’efficacité de la dépense publique il serait bien préférable qu’ils s’occupent de remplumer l’armée française ou d’équilibrer les finances publiques !

  • Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    A la suite d’une saisine du conseil d’Etat par l’association Reporters sans frontières (RSF) concernant le « pluralisme et l’indépendance de l’information » de la chaîne d’information en continue CNEWS, propriété du groupe Bolloré, le conseil demande à l’ARCOM, le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, de réexaminer dans les six mois « l’indépendance de l’information » au sein de la chaîne. Dans son communiqué le conseil d’Etat demande à l’ARCOM de ne pas comptabiliser uniquement le temps de parole des personnalités politiques invitées sur la chaîne pour mesurer son pluralisme, mais aussi les « interventions de l’ensemble des participants aux programmes diffusés, y compris les chroniqueurs, animateurs et invités ». Depuis la publication du communiqué du conseil d’Etat le 13 février, les médias du groupe Bolloré tournent en boucle sur leur indignation d’être ainsi ciblé par des institutions « de gauche » alors que les médias publics « financés avec nos impôts, repaire de gauchistes » ne sont pas mis en cause.

    Il s’agit d’une énième polémique contre les télévisions Bolloré, CNEWS et C8, qui sont accusées d’être « d’extrême droite », ce qui ne veut pas dire grand-chose en soi. La réalité est que ces chaînes sont surtout « d’extrême bêtise », au sens où l’intelligence est quasiment absente de leurs plateaux. Sur « L’heure des pros », le talk-show emblématique de CNEWS, animé par Pascal Praud, un ancien commentateur de fouteballe, réunissant un quarteron de journalistes, pour beaucoup à la retraite, on ressasse principalement le sujet de l’insécurité en France, « corolaire de l’immigration incontrôlée », et du « gauchisme » supposé des médias publics. Les sujets sont lancés avec quelques micros-trottoirs dans lesquels Mme. Michu fait part de son désarroi sur l’augmentation du ticket de métro et en avant pour le « Café du Commerce » où le spectateur est submergé de poncifs, de jugements à l’emporte-pièce et de critiques systématiques de tout et son contraire. Bien entendu, très peu des journalistes ou d’invités ont lu ou étudié les textes ou décisions qu’ils passent à leur moulinette médiatique simpliste. Ils rejettent par définition la complexité du monde et de l’action publique. Tous les élus et gouvernants sont au mieux des incompétents, au pire, des voleurs et des incompétents. Seuls eux s’estiment connectés avec le peuple depuis leurs plateaux clinquants.

    Pascal Praud sert un peu de tête de gondole à la chaîne qui repasse ensuite toute la sainte journée des extraits de ses deux émissions, celle du matin et celle du soir, avec les mêmes commentaires dénués d’intérêt proférés par d’autres journalistes de la chaîne.

    Sur C8, autre chaîne de la galaxie Bolloré, son collègue Cyril Hanouna relaie les mêmes sujets mais cette fois-ci les « journalistes » sont remplacés par un plateau « d’animateurs » dont le niveau de réflexion est consternant. Les invités sont le plus souvent des « influenceuses » à fortes poitrines et lèvres sévèrement botoxées qui racontent leurs aventures et activités sordides, dégradantes, déclenchant l’excitation du plateau mené avec autorité par un Hanouna à la vulgarité assumée, bardé de tatouage, portant d’amples débardeurs ou des sweat-capuches, déroulant un vocabulaire assez limité, ponctué de « j’vous l’dis moi » et de « voilà » tous les trois mots. Quelques hommes politiques, oubliant l’honneur, renonçant à la décence, se commettent dans son émission « Touche pas à mon poste (TPMP) » pour participer au festin de la beaufitude à une heure de grande écoute. Une partie de la campagne électorale des dernières élections présidentielles s’est tenue avec Hanouna en 2022. Pour interroger les candidats ou leurs soutiens, le garçon portait quand même costumes-cravate pailletés et modérait un peu le ton de ses questions, n’osant tout de même pas (encore) traiter un ministre comme Loanna.

    Coco / Charlie Hebdo (10/02/2016)

    Le problème posé par ces chaînes télévisées du groupe Bolloré relève plutôt du délit de racolage des bas instincts, du vide sidéral de la réflexion, de l’excitation des réflexes primaires, bref de la glorification de la bêtise humaine, plutôt que de penchants politiques qualifiés « d’extrême droite » par les critiques de ces médias. Après-tout ils ont le droit d’afficher leurs opinions politiques et ils prennent bien soin d’avoir toujours un intervenant ou journaliste « de gauche » qui se fait généralement étouffer par le reste de la bande, mais le « pluralisme » est ainsi affiché.

    Il est vrai que la décision du conseil d’Etat est incongrue et, sans doute, impossible à mettre en œuvre dans une démocratie tant la détermination de la couleur politique de tous les intervenants est difficile à identifier. Il est probable que cette exigence du conseil tombera d’elle-même aux oubliettes compte tenu de sa non-applicabilité. Il aurait été plus avisé de se baser sur les engagements pris par ces chaînes en échange de l’attribution par l’Etat des fréquences dont elles disposent.

    La relecture des conventions conclues entre le CSA (l’ancêtre de l’ARCOM) montre à quel point C8 ne respecte pas ses engagements dont l’article 2-3-4 « droits de la personne » stipule :

    [L’éditeur] ne doit diffuser aucune émission portant atteinte à la dignité de la personne humaine telle qu’elle est définie par la loi et la jurisprudence.

    Il respecte les droits de la personne relatifs à sa vie privée, à son image, à son honneur et à sa réputation tels qu’ils sont définis par la loi et la jurisprudence.

    Il veille en particulier :

    – à ce qu’il soit fait preuve de retenue dans la diffusion d’images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes ;

    – à éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine ainsi que tout traitement avilissant l’individu ou le rabaissant au niveau d’objet ;

    – à ce que le témoignage de personnes sur des faits relevant de leur vie privée ne soit recueilli qu’avec leur consentement éclairé ;

    Il fait preuve de mesure lorsqu’il diffuse des informations ou des images concernant une victime ou une personne en situation de péril ou de détresse.

    file:///C:/Users/rehve/OneDrive/Documents/02-Quoi/Divers/Presse/ARCOM_CONVENTION%20SIGNEE%20C8%20(2019)%20entr%C3%A9e%20en%20vigueur%202020.pdf

    Regardons une ou deux émissions de TPMP animée par M. Hanouna et l’on peut conclure assez rapidement au non-respect de cet engagement par la chaîne qui a déjà subi de multiples sanctions pécuniaires devant l’outrance démagogique de certaines de ses émissions. Jusqu’ici, la suspension de l’utilisation de la fréquence octroyée n’a jamais été prononcée. Elle serait pourtant une œuvre de salubrité publique.

    Pour ce qui concerne CNEWS il est plus difficile de démontrer la violation de ses engagements, le délit d’imbécilité ou de quasi-complotisme n’étant pas considéré comme formellement contraire à la déontologie. La convention requiert néanmoins pluralisme de l’expression des courants de pensée et d’opinion, représentation de la diversité, respect des droits de la personne, honnêteté de l’information et des programmes, indépendance éditoriale de la rédaction, et toute une série de grands principes éminemment sympathiques, mais assez flous et faciles à contourner pour un éditeur malin, capable de rester à la limite sans trop franchir la ligne jaune.

    La mauvaise foi de ces médias est évidente mais non formellement constituée. Le groupe Bolloré continue à surfer sur la bêtise en se parant de son « devoir d’informer ». On imagine assez aisément que les parents Bolloré mettent leurs enfants mineurs à l’abri de la propagande racoleuse des chaînes dont ils sont propriétaires mais, à ce stade, rien ne peut les empêcher de diffuser leurs insanités « pour le peuple ». Leur puissance leur permet par ailleurs de contrer vigoureusement toute tentative en ce sens, hurlant avec les loups à « la censure du gouvernement ».

    Oui, la raison voudrait que l’on censure ces Thénardier de l’infotainment mais les règles de la démocratie ne le permettent heureusement pas. Il faut donc accepter leur influence délétère sur le niveau intellectuel du pays. La seule arme restante est de parier sur l’intelligence et la réflexion en espérant que les spectateurs crédules de ces chaînes de l’abrutissement délaissent Cyril Hanouna et se dirigent progressivement vers Arte… Le combat sera long et difficile mais il y va de l’avenir de la République de le poursuivre quoi qu’il en coûte !

    Lire aussi : Le racolage des médias du groupe Canal+ et les règles de l’ARCOM

    Convention CSA-CNEWS

    Convention CSA-C8

  • Vive la République

    Vive la République

    Depuis quelques mois, à l’initiative de l’actuelle présidente de l’assemblée nationale, Mme. Yaël Brau-Pivet, des visites gratuites de cette institution sont organisées régulièrement. Il suffit de s’inscrire sur le site web de l’assemblée, d’attendre 48 h la confirmation et le visiteur se présente Quai d’Orsay, aux pieds de la statue de Colbert (honni par le courant de pensée « décolonialiste » [mais la mention de sa participation à l’élaboration du « code noir » figure sur le socle de la statue) et l’on entre dans ce lieu emblématique de la République où tant de moments historiques se sont déroulés qui influent encore aujourd’hui sur nos vies, plus de deux siècles après sa création en 1789 dans la fureur de la révolution française.

    Une guide souriante retrace quelques-unes des grandes dates de l’assemblée et citent quelques grands personnages qui l’ont animée, tout en cheminant à travers des pièces imposantes, incroyablement décorées (des plafonds de Delacroix notamment), dans un luxe élégant qui est surtout celui du symbole de la démocratie. Il n’y a pas de session aujourd’hui alors l’accès au « cercle sacré » est autorisé, c’est-à-dire aux pièces réservées aux personnes accréditées lorsque l’assemblée siège. Le protocole a l’air aussi lourd que le bronze gigantesque représentant Mirabeau, député tiers-état, expliquant à la police du Roi lors des « Etats généraux » de 1789 que réunis par la volonté du peuple, les députés ne sortiraient que par la puissance des baïonnettes. Les ministres rentrent par telle porte et pas telle autre, les élus accèdent à telle salle et pas à celle-là, idem pour les journalistes. On passe devant la poste de l’assemblée décorée d’un immense tableau street-art représentant « la liberté guidant le peuple » de Delacroix, on déambule dans les salons, la salle des « quatre colonnes », celle des « pas perdus », tout n’est que boiserie, marbre, cuir, luxe et volupté. Il n’y a personne en cette fin de journée sans session parlementaire. La bibliothèque est fermée pour grands et longs travaux. On voit, de loin, la porte d’accès à la célèbre « buvette de l’assemblée » qui est aussi un restaurant, comme il en existe beaucoup d’autres dans les nombreux immeubles du quartier qui sont des annexes de l’assemblée nationale.

    Et l’on arrive enfin, avec émotion, dans l’hémicycle, tendu de rouge. Le lieu réel est bien plus petit que ne laissent croire les grands angles des caméras de télévision. Les sièges des députés et ministres sont étroits, sans doute peu confortables. Le fauteuil de la présidence sur le « perchoir » est aussi réputé fort peu douillet. Qu’importe, la démocratie exige quelques sacrifices que les élus sont aussi appelés à consentir.

    Au-dessus de l’hémicycle une première mezzanine est réservée au public. Chacun peut s’inscrire pour assister aux sessions de son choix. Bien entendu, le nombre de places est limité. Encore au-dessus, une autre mezzanine est réservée à la presse.

    Ce matin Robert Badinter est mort. Il n’a jamais siégé ici comme député, il ne fut que sénateur, mais, en levant la tête vers le pupitre de des orateurs le visiteur entend encore résonner le fameux discours de Badinter un jour de septembre 1981 :

    Le débat qui est ouvert aujourd’hui devant vous est d’abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d’entre vous procédera l’engagera personnellement. (…)

    La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l’éclat des idées, des causes, de la générosité qui l’ont emporté aux moments privilégiés de son histoire. (…)

    Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.

    À cet instant plus qu’à aucun autre, j’ai le sentiment d’assumer mon ministère, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c’est-à-dire au sens de ‘service’. Demain, vous voterez l’abolition de la peine de mort. Législateurs français, de tout mon cœur, je vous en remercie.

    Mais on se dit aussi que c’est dans cette salle que se déroulent si régulièrement des séances de pitreries et d’insultes déclenchées par des élus irresponsables, comme il s’en produit trop souvent, hélas ! En sortant à la nuit tombée, le visiteur chemine le long de l’hôtel de Lassay, magnifique bâtiment sur les bords de Seine servant aux réceptions de la présidence et où sont réunis les services dépendants d’elle. La présidente y dispose d’un appartement de fonction mais Mme. Braun-Pivet n’y réside pas en permanence, rejoignant sa famille dans son domicile des Yvelines, sauf en cas de session parlementaire nocturne.

    Vive la République !

  • L’église catholique face à l’homosexualité

    L’église catholique face à l’homosexualité

    Malgré des efforts méritoires, le pape n’arrive pas à faire passer dans ses troupes l’idée que l’Eglise puisse bénir les couples homosexuels le désirant. Dans un document alambiqué intitulé « DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions » publié le 18/12/2023 par le Vatican la papauté s’emberlificote dans dix pages pour expliquer que la bénédiction des « couples en situation irrégulière et des couples de même sexe » n’est pas un mariage et que « la bénédiction exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les enseignements de l’Église. »

    Le document qui explique la position du pape François 1er confirme :

    …il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui-même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint. Ces formes de bénédiction expriment une supplication à Dieu pour qu’il accorde les aides qui proviennent des impulsions de son Esprit – que la théologie classique appelle « grâces actuelles » – afin que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Évangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités et s’exprimer dans la dimension toujours plus grande de l’amour divin.

    (https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html#)

    Et c’est ainsi que :

    L’Église est ainsi le sacrement de l’amour infini de Dieu. C’est pourquoi, même lorsque la relation avec Dieu est obscurcie par le péché, il est toujours possible de demander une bénédiction, en lui tendant la main, comme l’a fait Pierre dans la tempête lorsqu’il a crié à Jésus : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14, 30).

    Le problème de l’Eglise romaine et que cette argumentation en dix pages ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde dans les arcanes catholiques à travers le monde à commencer par les évêques français qui, dans leur déclaration du 10/01/2024, rappellent que :

    …le Christ Seigneur » (n° 11), comprend le mariage comme « union exclusive, stable et indissoluble, entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants » (n° 4). C’est ce que nous recevons de Jésus lui-même sur le mariage et son indissolubilité (cf. Mt 19, 3-9).

    https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2024/01/20240110-CP-Conseil-Permanent-Declaration-Fiducia-Supplicans.pdf

    Avant de jouer sur les mots et préciser leur engagement à « bénir » les personnes sans parler des couples.

    Plus radicaux, les évêques d’Afrique se cachent derrière les lois de leurs pays pour expliquer que les couples homosexuels sont interdits dans nombre d’entre eux et que, dans ces conditions, il n’est pas question de les bénir (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-12/fiducia-supplicans-des-reactions-des-eveques-d-afrique.html).

    Bref, le statut de couple homosexuel ou divorcé est considéré comme « irrégulier » par l’église catholique. Malgré le progressisme affiché par le pape argentin en poste, ses troupes ne semblent pas vouloir le suivre sur le simple détail de pouvoir bénir ces couples qui le souhaitent. Le rejet de l’homosexualité et du divorce reste un élément fondamental de la religion catholique. C’est ainsi. Vouloir aller contre aujourd’hui c’est un peu comme attendre d’un stalinien qu’il tresse des louanges à Trotski, c’est juste peine perdue. Il reste à conseiller aux couples « irréguliers » qui ont vraiment le besoin de se marier, de se contenter du mariage généreusement offert par la République, au moins en France, ou de changer de religion, il semble que les protestants ou les bouddhistes soient plus souples à ce sujet.

  • Des élus à la double nationalité

    Des élus à la double nationalité

    La France avait déjà Manuel Valls, ancien maire, ancien ministre et même ancien premier ministre de la République, titulaire d’une double nationalité franco-espagnole ce qui lui permit d’aller tenter de planter ses choux à Barcelone lorsqu’il estima la politique française ne lui réservait pas la place qui lui revenait, puis, de revenir en France lorsqu’il échoua à se faire élire maire de Barcelone en 2019, où il échoua de nouveau à se faire élire député des « français de l’étranger » en 2022, avant « d’abandonner la vie politique française » une énième fois.

    Elle a maintenant Meyer Habib, citoyen franco-israélien, député des « français de l’étranger », ami du premier ministre israélien et de la frange dure des partis au pouvoir à Tel-Aviv, de celle qui considère que la Bible est son titre de propriété et l’autorise donc à occuper Gaza et la Cisjordanie, le concept du « grand Israël », puisque c’est écrit ainsi dans la Genèse de l’ancien testament qui se place au-dessus des résolutions des Nations Unies, bien entendu.

    Le député Habib, né à Paris, est originaire d’une famille juive de Tunisie. Il a fait des études supérieures en Israël. A la tribune de l’assemblée nationale française il prend fait et cause pour Israël dans la guerre en cours à Gaza et prend bien soin de ne jamais parler de « Cisjordanie » ni de colonies israéliennes dans cette région, comme cela est reconnu par la communauté internationale, mais de « Judée et Samarie » comme cette région est désignée dans la Bible. Comme il est polémique et ultra, il est devenu un bon client des plateaux télévisés en ces temps de guerre au Proche-Orient où il expose ses vues partisanes et extrémistes sans vergogne.

    Lire aussi : Des Palestiniens au Congo ?

    Il a bien entendu le droit de croire que la Bible s’impose au droit international mais son cas pose une nouvelle fois la question du concept de double nationalité. Que ce soit Manuel Valls ou Meyer Habib, à qui ces doubles nationaux font-ils vraiment allégeance ? Comment se dépatouillent-ils de cette double appartenance ? Plutôt mal si l’on en juge leurs prises de position dans le cadre des responsabilités politiques pour lesquelles ils ont été élus. Au mieux ils défendent les positions d’un de leur Etat d’appartenance dans le cadre du mandat pour lequel ils ont été élus dans l’autre Etat dont ils ont la nationalité, au pire ils utilisent cyniquement les avantages que leur procurent leurs deux Etats, se faisant élire dans l’un ou l’autre au gré de leurs intérêts.

    La France devrait réfléchir sur la compatibilité de la double nationalité avec le statut d’élu français, à l’image du Sénégal qui n’autorise pas la double nationalité, notamment pour se présenter à l’élection présidentielle, et où Karim Wade, candidat au scrutin de 2024 a dû renoncer à sa double nationalité française pour se présenter. Il a été « libéré de son allégeance à l’égard de la France » par un décret paru aujourd’hui :

    Fils de l’ancien président sénégalais, il est né à Paris et a donc choisi d’être « uniquement » sénégalais pour essayer de succéder à son père. La lecture de ce décret qui montre 17 pages d’individus naturalisés français et deux noms seulement renonçant à ladite nationalité, semble indiquer que la France reste un pays attractif et accueillant.

  • Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Un nouveau sujet fait l’actualité du microcosme politico-médiatique français. Les enfants de la nouvelle ministre de l’éducation nationale, une ancienne joueuse de tennis d’orientation centre-droit, sont dans l’enseignement privé au collège Stanislas. Ceux de son prédécesseur, plutôt de centre-gauche, étaient également dans le privé, à l’école alsacienne. Le premier établissement est catholique, fondé par des ecclésiastiques « comme maison d’éducation chrétienne de garçons » Le second a été fondé après la perte de l’Alsace et la Lorraine en 1870 pour réformer l’enseignement français qui a amené la France à la défaite face aux Prussiens.

    Sur le site Internet de Stanislas on peut lire le compte rendu des célébrations du 8 décembre :

    En ce 8 décembre, Stanislas a célébré l’Immaculée Conception, sainte patronne de notre établissement. La journée a commencé à Saint-Sulpice pour les élèves du collège, du lycée et des classes préparatoires avec une messe solennelle, célébrée par le nonce apostolique en France, et suivie d’un petit-déjeuner avant le retour en cours.  Les élèves de maternelle et de CP ont déposé au pied de la Vierge du Rocher qui veille » sur notre établissement les fleurs blanches qu’ils ont apportées ce matin. Les élèves du Ce1 au CM2 ont célébré Marie lors d’une messe à Notre-Dame des Champs cet après-midi.

    https://www.stanislas.fr/letablissement/lhistoire-de-stanislas/

    On y apprend aussi que l’enseignement est mixte depuis 1992, et que l’internat est ouvert aux filles en 2018 via un lieu dédié :

    En septembre 2018 Stanislas a inauguré l’ouverture du foyer de jeunes filles Sainte-Claire afin d’accueillir davantage d’élèves internes filles en classes préparatoires.

    https://www.stanislas.fr/vie-pastorale/8-decembre-fete-patronale-de-stanislas/

    Il ne doit pas y avoir de toilettes « non binaires » à Stanislas.

    Evidemment, il n’est pas interdit par la loi qu’un ministre mette ses enfants dans une école privée mais cela montre son rejet de l’enseignement public qu’il est chargé d’administrer et, si possible, d’améliorer. Bien sûr cela n’en fera pas forcément un mauvais ministre mais à une époque de transparence obligatoire et où tout doit être justifié devant tout le monde, et spécialement les non-sujets, il est plus que prévisible qu’un ministre de l’éducation nationale ayant ses enfants dans l’enseignement privé sera soumis à un harcèlement sur le sujet par une presse avide de polémique. Le temps du « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » n’est plus d’actualité dans ce monde d’aujourd’hui.

    Sur 65 millions de français il devrait tout de même être possible d’identifier des candidats compétents pour ce poste de ministre qui, soit n’ont pas d’enfant, soit mettent leurs marmots à l’école publique ! Cela éviterait les pertes de temps considérables auxquelles donnent lieu ces débats inintéressants. Cela devient désormais un critère de la fiche de poste du ministre de l’éducation nationale : avoir ses enfants dans l’enseignement public. Si on refuse ce nouvel état de fait, l’autre solution pour le ministre mis en cause et sa hiérarchie est de refuser de répondre aux questions sur le sujet que journalistes et opposants ne cessent de poser, et de voir qui renoncera le plus rapidement du ministre ou de ses questionneurs.

    Hélas, hélas, hélas, la politique recule souvent sur le fond pour protéger son image. Il n’est pas sûr que l’actuel ministre arrive à tenir face à la polémique !

  • A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    Un nouveau premier ministre a été nommé en remplacement d’Elisabeth Borne, dont on ne sait pas exactement ce qui lui était reproché. Elle a passé les clés de l’hôtel de Matignon aujourd’hui en début d’après-midi à Gabriel Attal dont la principale qualité semble être sa jeunesse, il a 34 ans, et le fait qu’il ne passe jamais beaucoup de temp dans les postes qu’il occupe car il est constamment aspiré toujours plus haut…

    Cet après-midi, avant même d’installer ses petites affaires dans sa nouvelle demeure il est allé rendre visite au Pas-de-Calais en proie à des inondations interminables depuis la fin de l’année 2023. Bien sûr, une fois arrivé sur place, et devant les malheurs des citoyens de cette région, il a glosé sur « la solidarité nationale » et, donc, procédé à l’annonce de nouvelles dépenses publiques, sans un mot bien sûr sur la façon dont elles seront financées, ou les économies qui seront faites ailleurs pour faire jouer cette solidarité bienvenue.

    C’est une nouvelle fois l’application du syndrome de la politique française dont les membres n’existent que s’ils annoncent de nouvelles dépenses publiques. Sans remettre systématiquement en cause l’opportunité de telles dépenses, il serait opportun de préciser à chaque annonce son mode de financement. Il n’y a que trois possibilités : l’augmentation des impôts, la compensation avec la baisse d’une autre dépense ou l’augmentation de la dette publique si on ne peut pas appliquer l’une des deux premières méthodes. Toute le monde est capable de comprendre cette information. A défaut, les citoyens s’imaginent que « l’Etat paiera » et qu’il suffit de passer à la caisse en faisant venir un ministre. C’est ce qui se passe depuis des décennies en France et explique la situation financière délicate du pays par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest.

    Lire aussi : La France pas assez raisonnable

  • Mauvaise gouvernance confirmée à l’IMA

    Mauvaise gouvernance confirmée à l’IMA

    Ce mardi, les abonnés de l’Institut du monde arabe (IMA) ont reçu un email mielleux et insignifiant signé Jack Lang, 84 ans, qui vient d’être reconduit pour un énième mandat de président de cette institution après déjà plus de dix ans d’exercice. Il remercie le président de la République qui semble avoir joué un rôle significatif dans cette reconduction à la tête de l’IMA qui est un institut où des pays arabes disposent aussi de pouvoirs.

    Paris, le 19 décembre 2023

    Chers amis de l’Institut du Monde Arabe,

    C’est avec une grande satisfaction que je m’adresse à vous aujourd’hui. Lors de la réunion du conseil d’administration qui s’est déroulée ce jour, j’ai eu l’honneur d’être reconduit à la présidence de l’Institut du Monde Arabe, par un vote unanime.

    Je tiens à exprimer ma sincère gratitude envers le Président de la République Emmanuel Macron et les pays arabes, qui m’ont renouvelé leur confiance. Cette décision témoigne du travail accompli par nos équipes au cours de ces dernières années, soutenant une gestion rigoureuse, une programmation de qualité et des projets ambitieux.

    Votre appui constant est notre meilleure récompense.

    L’Institut du Monde Arabe demeure un lieu privilégié d’échange, de découverte et de dialogue. C’est avec une détermination renouvelée et une passion toujours intacte que nous nous engageons à poursuivre ces missions.

    Je profite de cette occasion pour vous remercier de votre fidélité envers cette institution unique au monde et espère vous accueillir nombreux prochainement.

    Avec tout mon engagement et ma reconnaissance, je vous souhaite de belles fêtes de fin d’années.

    Jack Lang,
    Président de l’Institut du monde arabe                                  

    Cette décision en faveur de Lang était en fait déjà prise depuis quelques mois mais elle a été juridiquement entérinée par un conseil d’administration tenu hier. C’est une très mauvaise nouvelle. Le maintien à son poste de cet homme âgé, certainement remplaçable, marque une défaillance de gouvernance édifiante. Elle confirme l’immobilisme de la vie politique française qui tourne en roue libre pour autorenouveler ses élites en son sein. Et elle nous permet de recevoir ce message autosatisfait de l’impétrant.

    Lire aussi : Jack Lang (83 ans) reconduit à l’IMA

  • L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    Le parti de droite Les Républicains (LR) a franchi le rubicond en s’alliant avec les extrêmes de gauche et de droite pour empêcher l’examen d’un projet de loi sur l’immigration déjà amendé et approuvé par le sénat. Un mystérieux article du règlement intérieur de l’assemblée nationale permet en effet de rejeter l’examen d’un texte si une majorité se rassemble en faveur de ce rejet, ce qui fut le cas aujourd’hui. Le gouvernement a alors le choix de retirer le texte ou de convoquer une « commission mixte paritaire » composée de députés et de sénateurs pour tenter de se mettre d’accord sur une nouvelle version du projet de loi. C’est cette dernière option qui a été choisie.

    Cet incident procédurier n’est pas dramatique, après-tout la France peut sans doute se passer de cette énième loi sur l’immigration. Il faudrait déjà pouvoir appliquer intégralement les précédentes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, avant de légiférer de nouveau. En revanche, cette bataille juridique picrocholine a permis d’assister au consternant spectacle de députés de gauche (plutôt pro-immigration) brailler et applaudir avec des députés de droite (plutôt anti-immigration) devant la défaite du gouvernement qu’ils avaient provoquée. En s’associant à ce combat LR s’est acoquiné avec des forbans sans foi ni loi et a fait basculer la décision.

    Une nouvelle fois la France brille par son incapacité à compromettre pour gouverner au profit du pays, privilégiant les petites haines personnelles et des idéologies au rabais. Après tout, la représentation nationale représente bien la Nation qui l’a élue : des bandes de voyous s’écharpent à coups de couteau dans la rue et leurs représentants se battent à coups d’articles de règlements intérieurs. C’est moins sanglant dans le deuxième cas, mais tout aussi inefficace pour freiner la chute du pays dans une décadence dont on se demande si elle prendra fin un jour.

  • L’avenir de la Nouvelle Calédonie incertain, comme toujours

    L’avenir de la Nouvelle Calédonie incertain, comme toujours

    Malgré les visites régulières de représentants de l’Etat français en Nouvelle-Calédonie il n’y a pas moyen pour le moment de faire s’entendre les communautés sur un avenir commun, dans le cadre de la République, celui d’une autonomie ou de l’indépendance, statut ultime auquel cette ancienne colonie française est promise un jour ou l’autre. Le ministre de l’intérieur français est revenu de Nouméa fin novembre après avoir fait chou blanc, si l’on ose dire, à unifier les positions des Kanaks (population « de souche ») et des Caldoches (descendants des colons).

    Les accords de Matignon de 1988 puis de Nouméa en 1998 ont échoué à mener l’archipel vers son émancipation et près de 40 ans après le lancement d’un processus intelligent et pacifique lancé sous l’autorité avisée du premier ministre Michel Rocard la République française a toujours ce caillou calédonien dans sa chaussure et cela commence à lui faire mal. Après les trois référendums qui ont dit « Non » à l’indépendance les loyalistes considèrent que la messe est dite, qu’il faut en prendre acte et que la Nouvelle-Calédonie doit être définitivement ancrée dans la France et, accessoirement être sortie de la liste des territoires à décoloniser des Nations Unies. Pour les indépendantistes qui président actuellement le gouvernement de Nouvelle-Calédonie (avec des pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux d’une simple région française) il ne saurait être question d’accepter cette position. Ils refusent d’ailleurs de reconnaître le résultat du troisième référendum de décembre 2021 qu’ils ont boycotté pour cause de pandémie de Covid19 qui ne leur laissait pas assez de temps pour faire le deuil de leurs morts.

    Le désaccord est quasi-complet sur les perspectives : composition du corps électoral, rétrocession des terres aux Kanaks, intégration du droit coutumier local dans le système juridique, modification de la Constitution, etc. Un consensus entre les trois parties, Kanaks, Caldoches et Etat français paraît improbable et il faudra pourtant le trouver. La question existentielle est toujours la même : a-t-on une chance de voir un jour les Kanaks accepter les droits et devoirs de la République française de façon apaisée ? La réponse est non. Il y aurait donc avantage à trouver la voie de l’émancipation, et si possible celle de l’indépendance, même dans une perspective à long terme, avant que ne ressurgisse la violence qui elle risque de revenir à court terme !

    Si les parties ne sont pas en mesure de trouver un accord innovant comme celui signé en son temps par MM. Tjibaou et Lafleur avec M. Rocard, c’est l’Etat français qui va se retrouver une nouvelle fois en première ligne et être critiqué par tous, y compris le comité de décolonisation de l’ONU. Est-ce qu’une nouvelle génération de dirigeants calédoniens sera capable de laisser partir la Nouvelle-Calédonie dans le grand vent de son indépendance et de sortir ainsi le caillou acéré de la chaussure de la France ?

  • La France médaille d’or de la dépense publique

    La France médaille d’or de la dépense publique

    Alors que les jeux olympiques (JO) d’été 2024 avaient été attribués à la France par défaut d’autres candidats, ceux-ci s’étant retirés lorsque de Comité international olympique (CIO) avait fait part de ses exigences financières : exonération fiscale totale de ses activités commerciales et garantie financière des Etats d’un minimum d’activité, voilà que la France est de nouveau la seule candidate pour l’organisation des jeux d’hiver 2030 et la seule à accepter ce racket financier.

    Tout de même conscient de la gabegie de dépenses publiques générés par ces JO pour un pays déjà surendetté qui n’arrive déjà plus à financer son fonctionnement courant, le Sénat, de majorité conservatrice, vient de voter un amendement au projet de loi de finances 2024 visant à annuler les nouvelles exonérations fiscales dont l’Etat veut faire bénéficier la trentaine de fédérations sportives internationales reconnues par le CIO, déjà nstallées sur le territoire national ou projetant de s’y installer. Hélas, cette proposition sera certainement rejetée par le gouvernement qui aura le dernier mot et fera sans doute adopter la loi de finances de façon « autoritaire » comme l’autorise la Constitution par le biais de son article 49.3.

    Non content de dépenser des sommes considérables pour l’organisation de compétitions sportives internationales, l’Etat exonère fiscalement les fédérations organisatrices (impôt sur les sociétés [IS], impôt foncier, TVA) ainsi que les salaires versés à leurs employés. La fédération de rugby a déjà bénéficié de ce statut pour la coupe du monde 2023 et le CIO en est bénéficiaire pour les JO 2024. Une telle « générosité » est proprement incompréhensible pour les contribuables français et parfaitement injustifiée s’agissant de fédérations sportives généralement très riches, le plus souvent, installées dans des paradis fiscaux et, régulièrement, mises en cause pour corruption.

    Lire aussi : Les ministres Philippe, Darmanin et Maracineanu jettent l’argent public par les fenêtres et signent leur méfait

    Le dernier budget en équilibre de la République française date de 1974, depuis, l’Etat dépense systématiquement plus qu’il ne gagne et finance les déficits en augmentant une dette publique qui vient de dépasser le seuil des 3 000 milliards d’euros et que nos enfants devront rembourser. Malgré cette situation financière significativement dégradée, des dirigeants de rencontre octroient des avantages fiscaux indus à des fédérations sportives et cherchent à organiser des jeux du cirque plutôt que de financer la recherche ou l’enseignement… Une nouvelle fois la France se distingue par son incapacité à hiérarchiser ses dépenses. C’est irresponsable et incompréhensible ! Alors que de plus en plus les Etats occidentaux se retirent de l’organisation de ces compétitions ne voulant pas en assurer les coûts prohibitifs, l’hexagone en profite pour se placer et dépenser toujours plus. Autant certaines dépenses peuvent être considérées comme « contraintes », autant organiser des JO en 2023 et en 2030 relève d’une aberration purement volontaire et que l’on pourrait facilement éviter. C’est une espèce de masochisme budgétaire qui caractérise la puissance publique qui rejette avec allégresse la misère sur les générations futures.

    Dans le projet de loi de finances 2024 les intérêts à payer sur la dette publique s’élèvent à plus de 50 milliards d’euros et devraient croître jusqu’à 60 milliards en 2026. De tels montants sont le résultat de la hausse continue de cette dette résultant de la mauvaise gestion publique et de l’augmentation des taux d’intérêt résultat des forces du marché. A titre de comparaison, le budget de l’enseignement scolaire est de 64 milliards en 2024 dans le même projet de loi, celui de la recherche et enseignement supérieur est de 32 milliards, celui de la justice de 10 milliards… Comment dans ces conditions ne pas jouer sur tous les leviers disponibles pour reprendre le contrôle de la dette ?

    Cette permanence dans la gabegie des sous prélevés sur les contribuables est… désespérante.

    L’amendement proposé par le Sénat

    ARTICLE 3 SEXVICIES

    Supprimer cet article.

    Objet

    Le présent article prévoit d’exonérer les fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique (CIO) de l’impôt sur les sociétés, de la cotisation foncière des entreprises et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Il prévoit également d’exonérer d’impôt sur le revenu leurs salariés pour une durée de cinq ans.

    Premièrement, cet article soulève des questions sérieuses de conformité à la Constitution. La portée du régime fiscal introduit par cet article ne semble pas proportionnée à l’objectif, qui est d’inciter les fédérations sportives internationales à s’installer en France, ce qui pourrait constituer une rupture d’égalité devant les charges publiques. De plus, laisser le CIO décider des fédérations internationales qui sont éligibles ou non à ces exonérations n’est pas respectueux de la compétence du Parlement en matière fiscale.

    L’argument selon lequel les fédérations sportives internationales pourraient être assimilées à des organisations internationales n’est pas recevable. Il faut rappeler tout d’abord que les organisations internationales ont un système d’imposition interne, ce qui n’est pas le cas des fédérations sportives internationales. Ensuite, et plus fondamentalement, le caractère dérogatoire des exonérations bénéficiant aux institutions internationales est justifié par l’intérêt commun des États souverains qui décident de s’associer entre eux. Les fédérations sportives internationales ne réunissent pas des États, leur statut n’est pas réglé par des conventions internationales, et certaines d’entre elles poursuivent des objectifs de rentabilité sans aucun rapport avec l’intérêt général.

    Au-delà des arguments juridiques, la mise en place d’un régime fiscal particulièrement dérogatoire, pour des motifs qui ne relèvent pas de manière évidente de l’intérêt de la Nation, est de nature à nuire au consentement à l’impôt. Alors que des efforts importants sont aujourd’hui nécessaires pour réduire le déficit et la dette, un tel « cadeau fiscal » du Gouvernement est tout simplement inacceptable.

    https://www.senat.fr/enseance/2023-2024/127/Amdt_I-170.html
  • Deux guerres et les mêmes « experts de plateaux télévisés »

    Deux guerres et les mêmes « experts de plateaux télévisés »

    Une deuxième guerre chaude s’est déclenchée au Proche-Orient après celle d’Ukraine qui dure depuis février 2022. Du coup, la bande de Gaza a remplacé celle du Donbass du jour au lendemain sur les chaînes d’information en continue et les mêmes « experts » de plateaux télévisés, un quarteron de généraux en retraite, recyclent leurs analyses des plaines de l’Asie aux sables du Sinaï. Ils ont toujours aussi peu de choses à dire sinon quelques informations récupérées sur Internet et les réseaux dits « sociaux ». Certes, tous ces galonnés ont certainement encore quelques numéros de téléphone à appeler de leurs camarades d’active ou de collègues en Israël ou en Ukraine, mais le propre des opérations militaires est d’être secrètes et, en principe, non annoncées sur les antennes alors nos « experts » ressassent les mêmes évidences qui s’avèrent régulièrement être de fausses informations.

    Au début de la guerre d’Ukraine ils avaient annoncé que le président russe était malade et devait mourir sous peu, que la Russie était à court de missiles, que l’armée russe allait s’effondrer, puis que « la Russie avait d’ores et déjà perdu la guerre », et patati et patata… Presque deux ans plus tard, M. Poutine semble toujours en bonne santé, les missiles russes tombent comme à Gravelotte et l’armée russe, certes n’avance pas, mais paraît tenir solidement ses positions.

    Aujourd’hui ils prévoient ce qui va advenir à l’armée israélienne si elle se décide à envahir la bande de Gaza. En réalité, personne n’en sait rien. Que les journalistes échafaudent des inepties semble dans le cours de choses, mais que d’anciens militaires se compromettent dans leur sillage est plus problématique. Ne sont-ils pas soumis à un devoir de réserve ? Sans doute plus une fois l’heure de la retraite sonnée. Peut-être faudrait-il revoir ce point et étendre ce devoir dans le temps ? Des journalistes incompétents qui ne savent pas dire « je ne sais pas », on est habitué, mais des généraux bavards c’est plus problématique d’un point de vue éthique et militaire.

  • L’extrême gauche française est extrême

    L’extrême gauche française est extrême

    Un débat sémantique agite le microcosme politico-médiatique franchouillard pour savoir si l’attaque du mouvement religieux Hamas contre Israël est de nature « terroriste » ou non. Devant la barbarie des exactions massives commises contre les civils israéliens lors des attaques du 8 octobre, une grande partie de l’échiquier politique français s’accorde à le penser et à le dire quand le parti La France insoumise (LFI) s’y refuse, parlant certes de crimes de guerre commis par les combattants du Hamas, mais évitant de les qualifier de « terroristes ».

    Les politiciens de plateaux télévisés s’en émeuvent et les journalistes qui les interrogent sont bien jeunes pour se souvenir des liens qui ont toujours unis l’extrême-gauche française avec les mouvements palestiniens. Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, la gauche, et pas uniquement extrême, a soutenu la cause palestinienne, y compris parfois dans ses actions illégales. Dans les années 1960-1980 nombre de militants révolutionnaires français sont allés se former à la guérilla dans les camps palestiniens. Le groupe terroriste Action Directe commet des attentats en France dans les années 1980 contre des intérêts israéliens, en solidarité avec le nationalisme palestinien. Des intellectuels français ont également fait le voyage en Palestine. Le curriculum vitae de l’avocat Jacques Vergès (1924-2013) mentionne une période blanche d’une dizaine d’années sur laquelle il ne s’est jamais clairement exprimé mais certains de ses biographes estiment qu’il aurait pu séjourner durant une partie de cette période en Palestine. L’écrivain-dramaturge Jean Genet (1910-1986) y a fait plusieurs séjours et forgé son antisionisme teinté d’antisémitisme. Le trotskisme qui a irrigué la pensée de la gauche française depuis l’après-guerre l’a naturellement poussée vers la cause palestinienne, après avoir soutenu fort logiquement l’indépendance de l’Algérie. En effet, cette cause rassemblait nombre des idées force de l’internationalisme propre au trotskisme : l’autodétermination des peuples, l’anti-impérialisme (dirigé contre les Etats-Unis, soutien permanent d’Israël), l’anticolonialisme et, plus généralement, la défense des plus défavorisés et maltraités par l’Histoire… L’extrême-gauche française de la fin du XXème siècle s’est engouffrée dans cet espace, parfois un peu gênée aux entournures car Israël était le peuple qui avait affronté la Shoah et l’antisémitisme dévastateur de certains peuples européens durant la seconde guerre mondiale. L’intellectuel Jean-Paul Sartre a navigué d’une position à l’autre, soutenant la création d’Israël et les actions de son gouvernement dans les années 1950-1960, puis apportant un soutien intellectuel aux mouvements palestiniens, même dans certaines de leurs dérives terroristes à partir des années 1970, sans contester pour autant l’existence d’Israël.

    Le patriarche de LFI, Jean-Luc Mélanchon (né en 1951) a participé à ce mouvement intellectuel dès 1968. Les autres dirigeants de LFI sont les enfants de cette génération « révolutionnaire ». Leur demander de changer leur position historique propalestinienne est juste peine perdue d’autant plus qu’une partie de leur électorat d’origine arabe est naturellement en faveur de la cause comme le confirment les manifestations propalestiniennes qui se déroulent dans différentes villes françaises. Qu’ils refusent de qualifier le mouvement Hamas de « terroriste » n’a rien d’étonnant et n’est finalement de guère d’importance. Ils en ont le droit. Les positions de Jean-Luc Mélanchon et de LFI n’exercent aucune influence sur l’évolution du conflit alors le mieux est de cesser de gloser à l’infini sur un adjectif manquant dans leur discours et de passer à autre chose. Que ceux qui ne sont pas d’accord avec LFI ne votent pas pour eux, c’est encore la meilleure attitude à adopter.

    Lire aussi : Un nouveau front ouvert en Israël

  • La Corse veut toujours s’éloigner de la République

    La Corse veut toujours s’éloigner de la République

    L’Etat français a lancé des négociations avec des représentants de l’institution « collectivité de Corse » pour arrêter les contours d’une « autonomie » renforcée par rapport à celle déjà octroyée à cette île. Le 5 juillet 2023, la « collectivité » a adopté à la majorité un texte de délibération de 106 pages intitulé « Autonomia » qui stipule notamment, dans son article 2 :

    … que l’autonomie se définit comme le statut juridique permettant à un territoire d’adopter ses propres lois dans tous les domaines, à l’exception de ceux relevant des prérogatives régaliennes de l’Etat.

    Que ce statut implique le transfert irréversible de certaines compétences, l’octroi d’un pouvoir législatif dans le champ de celles-ci, une autonomie fiscale et financière non exclusive des transferts financiers de l’Etat et des moyens nécessaires à l’exercice de ces compétences.

    L’article 3 mentionne les objectifs de cette autonomie :

    1. La reconnaissance juridique du concept de « peuple corse »
    2. Le statut de coofficialité de la « langue corse »
    3. La « constitutionnalisation » du « lien entre le peuple corse et sa terre » qui pourrait prendre la forme de l’instauration d’un statut de « résidant corse »

    Ceci devant donner lieu à une modification de la constitution française, le texte poussant même la délicatesse jusqu’à proposer une rédaction des articles à modifier ou créer ainsi que la liste des pouvoirs à transférer de la République vers la « collectivité autonome », dont l’autonomie fiscale permettant à la Corse de décider de tous les impôts, bases de calcul et taux d’imposition.

    L’article 19 rappelle néanmoins que « que tout statut d’autonomie implique nécessairement la garantie de transferts financiers en provenance de l’Etat, affirmation de la solidarité nationale, et prévoit les modalités de leur mise en œuvre. »

    Le groupe de droite composant l’opposition à la majorité autonomiste et indépendantiste de la collectivité a voté pour sa propre délibération qui appelle à un simple « pouvoir d’adaptation » des lois françaises. Les deux textes ont été présentés à l’Etat et le président de la République de passage en Corse fin septembre a pris quelques engagements de modifier la constitution pour y mentionner la Corse sachant qu’il est peu probable que l’assemblée nationale et le sénat arrivent à s’accorder sur un texte unique, condition préalable indispensable à tout changement constitutionnel.

    Les vrais indépendantistes corses ont marqué leur choix pour une indépendance pleine et entière en déclenchant une nouvelle « nuit bleue » dimanche dernier avec une vingtaine de plastiquages de maisons privées, le plus souvent des résidences secondaires appartenant à des propriétaires que les indépendantistes de veulent pas voir sur leur ile. C’est l’illustration de ce que représente le concept de « résident corse » demandé même par les autonomistes : on choisit qui a le droit de détenir ou pas un bien immobilier en Corse. Les indépendantistes font passer le message à coups de bombes, les autonomistes cherchent à changer la loi, mais l’objectif est commun.

    La Corse veut, globalement, le divorce avec pension alimentaire. Devant les déclarations présidentielles plutôt favorables à une évolution vers l’autonomie corse dont il reste à s’accorder sur les limites, la région Bretagne a rappelé son souhait de suivre un chemin comparable. La Corse risque non seulement de quitter la République mais aussi d’en changer significativement la structure si les autres régions s’avisent de l’imiter. Les lendemains risquent d’être douloureux !

  • Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Gérard Larcher, 74 ans, vient d’être réélu pour un énième mandat à la présidence de cette institution. Il occupe ce fauteuil depuis 12 ans compte tenu d’une interruption de trois ans entre 2012 et 2014. Il est âgé, pas antipathique mais néanmoins âgé. Il aurait été de bon ton qu’il envisage de céder sa place à un collègue plus jeune et dynamique. Il n’a pas démérité mais douze ans « ça suffit ». Sauf évènement imprévu il en prend pour trois années supplémentaires ce qui lui fera quinze années de présidence, si ce n’est plus dans le cas, pas improbable, où il se représenterait en 2026…

    Par son insistance à rester collé à son maroquin il symbolise l’immobilisme français d’une caste politique accrochée à des postes sous les dorures d’une République qui traite plutôt bien ses employés « VIP ». Ces hommes se croient indispensables à la survie d’un pays tiraillé entre l’attentisme d’une classe politique rance et la violence d’une jeunesse bigarrée et impatiente. Gérard Larcher est l’un des derniers dinosaures de la Vème République, il aurait été tout à son honneur qu’il sorte en beauté cette année, et avec les honneurs, pour prendre une retraite à peu près méritée (et lucrative puisque le « régime spécial » de la retraite des sénateurs a été maintenu en place). Il en a décidé autrement, hélas !

  • LFI révise son histoire de France

    LFI révise son histoire de France

    L’union de la gauche issue des élections législatives de 2022, dénommée « Nouvelle union populaire, écologique et sociale » (NUPES), dont on ne sait toujours pas s’il faut prononcer « Nupesses » ou « Nupss », est en train de se déchirer entre son parti principal, La France Insoumise (LFI) dirigée par Jean-Luc Mélanchon et « coordonnée » par Manuel Bompart, se distingue par le niveau de ses injures tous azimuts, y compris contre les autres partis composant cette nouvelle union.

    Ces derniers temps c’est le chef du parti communiste français (NUPES), Fabien Roussel, qui est la cible privilégiée des attaques du clan LFI. Il vient récemment d’être comparé à Jacques Doriot par Sophia Chikirou, députée LFI et actuellement empêtrée dans des affaires financières de surfacturation de prestations effectuées par sa boutique de « communication » à LFI. Un peu lassé de se faire insulter par l’état-major de LFI, Roussel s’achemine sans doute vers la sortie du PCF de la NUPES. C’est à cette occasion que Mme. Chikirou l’a comparé à Doriot (1898-1945).

    Sans doute pas grand monde dans l’électorat de la NUPES ne sait qui est ce Monsieur Doriot. Les plus jeunes apprendront à cette occasion que le garçon, après une valeureuse participation à la guerre de 1914-1918 il fut décoré de la Croix de guerre puis devient chef des Jeunesses communistes. A ce titre il séjourne deux ans en Union soviétique (1921 & 1922) où il prend fait et cause pour le parti bolchévique puis consacre son engagement à diffuser la bonne parole soviétique à travers les partis communistes européens. Puis il sera élu maire et député. Dans les années 1930 il va s’éloigner du communiste dont les grandes lignes sont arrêtées à Moscou, l’opposition portant sur la meilleure façon de lutter contre le fascisme qui montre son nez en Allemagne et risque de s’étendre dans les pays avoisinants. En 1934 il est exclu du PCF. Outré de cette sanction il va progressivement se rapprocher de l’Allemagne nazie par rejet du communisme. En 1936 il crée le Parti populaire français (PPF) qui prône la « révolution nationale » et le pacifisme. Mobilisé en 1940 sous le drapeau français il gagne une seconde Croix de guerre sur le front avant d’être démobilisé. Après la signature de l’armistice en juin 1940 il se rapproche du gouvernement de Pétain puis commence à sérieusement dériver vers la collaboration avec l’Allemagne jusqu’à porter l’uniforme allemand sur le front de l’est contre les soviétiques. Après le débarquement de 1944 en Normandie il fuit en Allemagne. Sa voiture est mitraillée par un avion en février 1945, il est tué. Il n’a jamais été établie clairement si l’avion était allemand ou allié.

    La comparaison Doriot/Roussel établie en toute délicatesse par Mme. Chikirou a dû faire particulièrement plaisir au récipiendaire de l’insulte. Même si Fabien Roussel en tant que patron du PCF doit aussi assumer une lointaine responsabilité des errements du parti communiste durant la seconde guerre mondiale, le comparer à Jacques Doriot qui a porté l’uniforme de la Wehrmacht durant cette guerre manque pour le moins d’empathie et de subtilité. Cela marque les comportements des élus LFI qui ont rallié en force l’assemblée nationale après les élections législatives de 2022 avec plus de 140 députés dont 72 pour LFI qui se sont illustrés par leurs tentatives multiples de blocages institutionnels, insultes proférées à la tribune et dans les couloirs, chahuts divers, bref, des comportements de gougnafiers dans l’un des palais de la République qu’ils contestent puisqu’ils veulent en créer un VIème, sans doute à leur image.

    Ainsi va la vie démocratique, ils ont été élus régulièrement, alors ils siègent et utilisent toutes les ficelles du système qui a été fondé sur la base de députés de bonne foi et non d’élus qui utilisent des méthodes de forbans pour nuire au fonctionnement fluide de l’assemblée nationale. Les concepteurs de la Vème République avaient une bonne anticipation de la capacité de nuisance des partis politiques qui, déjà, jouaient contre l’intérêt national sous la IVème, au bénéfice des combines partisanes, ont incorporé dans la constitution toute une série d’outils (article 49.3 entre autres) permettant de passer outre les blocages d’élus de mauvaise foi. Les insultes ou les références historiques douteuses peuvent être sanctionnées en application du règlement intérieur de l’assemblée, et elles le sont généralement, tant que LFI n’a pas la majorité dans l’assemblée…

    Si les électeurs ne veulent plus de tels errements il suffit de ne plus voter pour de tels représentants. En attendant, ils sont là et prospèrent avec l’argent de la République.

  • Un kif de ouf pour le remaniement

    Un kif de ouf pour le remaniement

    A l’occasion d’un remaniement ministériel en France, sans grand intérêt, on apprend que la nouvelle sous-ministre de la ville, Sabrina Agresti-Roubache, une marseillaise, a signé et publié en 2022 un livre qui s’intitule « Moi la France, je la kiffe ! ».

    Ça promet…

  • Le retour des sauvageons

    Le retour des sauvageons

    A la suite de la mort d’un gamin de Nanterre le 27 juin lors d’un contrôle de police qui a mal tourné, les émeutes ont repris dans un nombre important de villes françaises durant plusieurs nuits. Le policier qui a tiré a été mis en examen et attend la suite des évènements en prison. Le jeune de 17 ans conduisait une grosse berline sans permis et aurait refusé d’obtempérer au contrôle. La politicaille franchouillarde se déchaîne, rivalisant de slogans et d’absence d’analyse, la presse frétille en invitant sur ses plateaux et en montant les uns contre les autres les commentateurs les plus inconsistants et les « experts-sécurité » les plus répétitifs. L’enquête et l’éventuel procès en diront plus sur ce qui s’est vraiment passé et sur le profil des personnes impliquées dans ce drame.

    Les émeutiers n’ont pas attendu et sont descendus dans la rue pour tout casser, visant tout spécialement les bâtiments publics, et les forces de sécurité. Le pillage a été aussi une activité très pratiquée durant ces nuits de violence et nombre de magasins ont été dévalisés. Le journal Le Monde fait état d’un premier bilan font de 5 000 véhicules brûlés, 10 000 feux de poubelle, 1 000 bâtiments brûlés, dégradés ou pillés, 250 attaques de commissariats ou de gendarmerie et plus de 700 blessés du côté des forces de l’ordre. On a retrouvé une balle « réelle » dans le gilet pare-balle d’un policier en banlieue parisienne et une autre balle perdue a tué un citoyen en Guyane.

    Les images de ces émeutes sont marquantes et ce qu’on y voit relève de la guérilla urbaine. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de morts et de blessés. L’arme favorite des émeutiers est le mortier de feu d’artifice dont ils semblent avoir stocké des quantités importantes leur permettant de tenir un siège. Tous ce petit monde se promène bien entendu avec des smartphones dernier cri et les abonnements internet leur permettant de communiquer sur les réseaux dits « sociaux » pour adapter leurs tactiques de minute en minute, et diffuser les vidéos de leurs exactions. Ce ne sont pas vraiment les émeutes de la pauvreté ! Le maire de L’Haÿ-les-Roses a vu le portail de sa maison défoncé par une voiture bélier et un début d’incendie forcer son épouse et ses deux enfants à fuir chez les voisins alors que le maire était à son bureau.

    Chappatte / Le Canard Enchaïné (05/07/2023)

    Les premiers jugements d’émeutiers attrapés par la police et présentés devant la justice en comparution immédiate montrent un nombre important de mineurs impliqués dans ces évènements et des citoyens lambda qui sont entrés « par hasard » ou « pour suivre » dans les magasins en cours de pillage. Un certain nombre sont allés directement du tribunal en prison. Et ce n’est pas fini, nombre de cas n’ayant pas encore été jugés.

    Bien entendu toutes ces dégradations de biens publics seront réparées aux frais des contribuables, dans un délai plus ou moins long. Les dégradations privées seront au moins partiellement payées par le secteur privé des assurances, pour les victimes qui ont souscrit des polices d’assurance. Toutes choses égales par ailleurs, la dette publique et les cotisations aux assurances privées vont augmenter. Le moral des victimes risque par ailleurs de connaître un « trou d’air » pour un moment et la Rassemblement national va se rapprocher encore un peu plus du pouvoir.

    Les pays en froid avec la France ne manquent pas une occasion de faire de l’ironie. En Russie, on se souvient que le président Poutine avait déjà rappelé que le système de retraite russe était bien plus généreux que le français et ne déclenchait donc pas de protestation du peuple, le ministre des affaires étrangères russe propose aujourd’hui que le sommet de l’OTAN soit consacré « aux divisions de la France, à la faiblesse de son armée et de ses services de sécurité ».

    L’Algérie communique par l’intermédiaire de son ministère « des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger » :

    Communiqué – L’Algérie suit avec beaucoup d’intérêt les développements de l’affaire du décès du jeune Nahel

    Le Ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’Etranger a appris avec choc et consternation la disparition brutale et tragique du jeune Nahel et des circonstances particulièrement troublantes et préoccupantes dans lesquelles elle est intervenue.

    Le Ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’Etranger exprime ses très sincères condoléances à la famille du défunt et l’assure que son deuil et sa peine sont largement partagés dans notre pays.

    Le Ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’Etranger fait confiance au gouvernement français à assumer pleinement son devoir de protection, soucieux de la quiétude et de la sécurité dont doit [SIC] bénéficier nos ressortissants sur leur terre d’accueil.

    Le gouvernement algérien continue à suivre avec une très grande attention les développements de cette affaire tragique, avec le souci constant d’être aux côtés des membres de sa communauté nationale au moment de l’adversité et de l’épreuve.

    https://www.mfa.gov.dz/fr/announcements/communique-algeria-is-following-with-great-interest-developments-in-the-case-of-the-death-of-young-nahel-1

    Il faut lire le communiqué algérien pour apprendre que l’adolescent tué a à voir avec l’Algérie, la presse française n’en parle pas. Le ministère demande à la France de prendre soin de « nos ressortissants » et de « sa communauté nationale ». En fait Nahel est de nationalité française, a priori, né en France mais l’Algérie continue probablement à assimiler à sa « communauté nationale » les descendants de ses émigrés. D’ailleurs le nom du ministère intègre « la communauté nationale à l’étranger », ajoutant à la confusion qui règne déjà dans la relation entre les deux pays.

    Même l’ONU ne se prive pas de sermonner la France dans un communiqué du 20/06/2023 :

    Après une troisième nuit d’émeutes et de manifestations à travers la France à propos du meurtre par la police d’un adolescent d’origine algérienne et marocaine, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a déclaré vendredi qu’il était temps pour le pays de s’attaquer aux « profonds problèmes » de racisme et de discrimination parmi les forces de l’ordre.

    https://news.un.org/fr/story/2023/06/1136572

    Au-delà de ces réactions internationales finalement de peu d’importance, ces émeutes, destructions du bien public et pillages qui reviennent à intervalle régulier ne font que confirmer le chemin de décadence déjà emprunté par le pays depuis quelques décennies et que ses dirigeants et élus n’arrivent à pas à inverser. Ce n’est pas étonnant, on a les dirigeants qu’on mérite. Les nôtres sont à l’image de leurs électeurs : râleurs permanents, nombrilistes impénitents, imperméables à la notion d’intérêt général, l’injure et la violence érigés en modes de fonctionnement, les élus se limitant, pour le moment, à la violence verbale. Les conditions d’une réconciliation nationale semblent s’éloigner de jour en jour. Ainsi va la France !