Catégorie : France

  • Aurevoir Borloo

    La baudruche Proglio / Borloo (Lire : Bataille de potaches) s’avachit en un pet de lapin dans un bel ensemble de démentis. En tout cas cela ne se fera pas pour le moment et sans doute jamais si la gauche l’emporte aux élections présidentielles. Dans une telle hypothèse le Proglio (62 ans) peut sans doute numéroter ses abattis. Quant à Borloo (60 ans), c’est un vieux grognard de la politique et des affaires françaises, il rebondira et trouvera toujours une soupe où aller tremper sa cuillère.

    La presse est assez unanime pour dire que quelque chose se tramait sur cette cabale Véolia. Comment savoir mais que ce soit vrai ou faux ce sera porté au débit de Sarko l’agité car même s’il ne l’a pas fait, tout le monde sait qu’il aurait été capable de le faire…

    En parlant de soupe d’ailleurs, il y a deux nouveaux convives autour de l’écuelle de l’UMP : Hervé Morin, centriste-ennuyeux, et Nicolas Nihous, représentant des chasseurs.

  • Bataille de potaches

    La rumeur journalistique annonce ce matin que Proglio (pédégé d’EDF et ancien pédégé et Véolia) aurait pris la tête d’une cabale, avec le soutien de Sarko l’agité, pour avoir la tête de son successeur chez Véolia et y faire nommer à la place… on vous le donne en mille… Jean-Louis Borloo !

    Borloo président de Véolia c’est un peu comme si l’on désignait Christine Boutin à la tête de Goldman Sachs, ou Jean Sarkozy à la tête de l’Eepad ! Il est gentil le Borloo mais il n’a jamais dirigé une entreprise au-delà de son cabinet d’avocats et il ne connaît sans doute le monde des affaires qu’à travers celles de Bernard Tapie qu’il a défendu des années durant. Tout ceci est hautement risible, pourvu que cela ne soit que blague de potache.

  • La campagne de doite

    Sarkozy et l’UMP placent leur campagne électorale sous le signe du peuple pour contourner les corps intermédiaires quand ils ne donnent pas satisfaction. Allez-y franco, plus c’est gros plus ça passe !

    Alain Carignon, repris de justice, fait partie de l’équipe de Sarkozy, officieusement, discrètement, mais on le voit tout de même subrepticement dans des reportages à la télévision sur l’UMP. Il doit bien servir à quelque chose et pas uniquement à servir le café. Il se dit que même au cœur de sa tragédie judiciaire Sarkozy continuait à lui manifester sa sympathie. Cette fidélité est respectable mais il n’était peut-être pas indispensable de le faire revenir en politique.

  • A l’image du personnage

    Ça c’est l’organigramme de campagne de Hollande… Complexe et sans doute pas facile à gérer, la plupart des quadra-quinquas du socialisme et de l’écologie sont présents, ce sont sans doute les futurs responsables d’un gouvernement Hollande s’il était élu. On y retrouve quelques vieux caïmans qui nagent dans le marigot depuis très longtemps : Jack Lang (73 ans), Jean-Michel Baylet (65 ans), Gérard Collomb (64 ans), Jean-Yves Le Drian (64 ans), Daniel Vaillant (63 ans), Jean-Marc Ayrault (62 ans), Titine (62 ans). Il faudrait débrancher symboliquement tous les plus de 60 ans de toute fonction de responsabilité dans un futur éventuel pouvoir de gauche. Qu’on les laisse à la limite conseiller de quelque chose, s’il faut préserver leurs égos, à la rigueur, mais pas plus. La place aux jeunes !

  • Quelle énergie !

    L’agité du bocal qui nous préside confirme qu’il est candidat pour de nouveau s’agiter durant 5 ans à la présidence de la République. Il rentre dans l’arène avec un sourire carnassier et un plaisir non dissimulé.

    Les journalistes adorent ça et rivalisent d’analyses pour ne rien dire. Au milieu des tics verbaux habituels : la séquence, le clivage, la cristallisation, le marqueur ; on entend un tic de première catégorie avec un sondeur qui parle « du candidat dans sa verticalité » (c’est vrai qu’on avait déjà eu « la latéralisation politique ») ! C’est un nouveau concept que nous n’avions encore jamais approché. Tout ceci fleure bien la masturbation intellectuelle, la ventilation de gogos, le je-m’écoute-parler-parce-que-c’est-trop-bon, l’autosatisfaction mondaine, l’autoallumage du microcosme parisien-rive-gauche, bref, un immense vertige nous saisit devant ce grand vide.

    Le candidat dans sa verticalité réaffirme son engagement de parler au peuple, il a son compte Facebook avec 500 000 amis, son compte Twitter avec 77 000 suiveurs, un site internet tout à sa gloire et il va faire des référendums pour contourner les parlementaires qui s’opposent et les syndicats qui sabotent.

    Cela étant dit, quel énergie ce bonhomme !

  • Christine Boutin : pathétique !

    Christine Boutin, un vrai poème, après avoir promis des révélations « nucléaires » si elle n’obtenait pas les 500 signatures lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle, après avoir entamé la marche vers Saint-Jacques de Compostelle pour que Dieu l’aide dans cette quête de signatures, après avoir annoncé qu’elle créerait un eurofranc qui cohabiterait avec l’euro international et avec la même parité, Christine Boutin donc, s’est finalement décidée à manger dans la soupe de Sarko l’agité après l’avoir entendu dire qu’il était contre le mariage des homosexuels.

    Cela veut dire que Sainte Boutin aura un maroquin de ministre si Sarkozy est réélu. Encore une bonne raison de na pas voter pour lui.

  • Les brutes avinées ont des idées budgétaires

    Il semble que les brutes avinées qui nous servent de pousseurs de ballon ovale soient des lopettes ! Un match international a été récemment annulé au stade de France parce qu’il fasait trop froid… Des plaques de pelouse gelée auraient effrayé nos rambos vitaminés. Il n’est pas bien sûr que le gel soit plus dangereux que les mêlées mais si maintenant même les joueurs de rugby font appel au principe de précaution on est mal barrés.

    Du coup, les brutes avinées ont une idée pour éviter d’annuler les matchs de rugby quand il fait froid : on va construire un stade avec un toit et une pelouse rétractable. Ben voyons, comment n’y avait-on pas pensé plus tôt. Ça tombe très bien, la République a justement un peu de sous de côté par les temps qui courent…

    On croit rêver, il faut leur faire lire les rapports de la cour des comptes à ces pousseurs de ballons du dimanche !

  • Une mouche dans un bocal

    Sarkozy propose maintenant d’utiliser le référendum à hue et à dia s’il était réélu. Le premier sujet avancé aujourd’hui dans Le Figaro est de demander au français s’ils seraient d’accord pour imposer aux chômeurs d’accepter le travail ou la formation quand cela leur est proposé. On pourra demander à Claude Guéant ou Nadine Morano de rédiger la question qui sera posée aux français, ce sera sûrement fait tout en finesse.

    Effets de manche, annonces impraticables, billevesées, Sarko donne vraiment l’impression de se cogner contre les vitres du bocal de la réalité et d’inventer n’importe quoi essayer d’en sortir.

  • La presse en quête de toujours plus de racolage

    Le grand défi du moment pour la presse est d’annoncer à l’avance quel jour Sarko l’agité va déclarer sa candidature au monde ébahi qui n’en peut plus d’attendre. De même en préalable de l’interview télévisée du candidat de l’Elysée le 29 janvier dernier les journalistes rivalisaient d’oracles pour savoir si la hausse de TVA serait de 1, 2 ou 3%.

    La vacuité de la majorité de la presse est toujours confondante, la frénésie du scoop l’emporte sur la capacité d’analyse quasiment inexistante. Savoir quel jour Sarko va se déclarer candidat, en gros en s’en fout, il suffit d’attendre le jour où il va se déclarer pour l’apprendre. Le temps ainsi libéré sur les plateaux médiateux pourrait être consacré à plus d’analyse si les occupants desdits plateaux en sont encore capables. Il est peu probable que substituer l’intelligence aux débats de concierges nuisent aux performances d’audience. On pourrait au moins essayer.

  • Cruella à l’UMP

    Nadine Morano, la harpie de la Sarkozie, la Cruella de l’UMP, déclare dans Le Parisien :

    « Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On sent du coup qu’il n’y a pas de communicant derrière. Contrairement à Ségolène Royal qui en 2007 est allée jusqu’à la médecine esthétique et la correction dentaire ».

    Toujours subtile et délicate pour élever le débat…

  • La France quémande…

    Des journalistes racontent que Jospin, fraîchement nommé premier ministre de ce grand benêt de Chirac en 1997, et en application de ses promesses électorales, était allé renégocier le pacte de stabilité « une concession faite absurdement au gouvernement allemand ». Condescendants, les pays du nord lui avaient accordé de rajouter : « et de croissance » au libellé dudit pacte, sans rien de plus, ce qui n’avait évidemment pas changé un iota à la nature de cet accord.

    Il paraît qu’au cœur de la négociation, et devant l’insistance de Jospin pour ne pas rentrer les mains vides à Paris, Tony Blair avait lui demandé si « pacte de stabilité, de croissance et de joie de vivre » lui irait mieux. Le français se serait alors incliné devant tant d’incompréhension et de traîtrise de la perfide Albion.

    On peut craindre qu’Hollande ne se heurte au même mur en mai puisqu’il a annoncé son intention d’aller renégocier « le pacte budgétaire » s’il était élu président français. Il aurait juste 25 pays à convaincre d’avaler leurs chapeaux et de revenir sur leurs signatures à l’encre à peine sèche !

    Le plus drôle c’est que le pacte de stabilité et de croissance de 1997 a été largement trahi par… l’Allemagne et la France, la première pour de bonnes raisons (le coût de la réunification allemande) la seconde pour sa mauvaise gestion structurelle. Ainsi va la vie.

  • Les ploucs philosophent

    Guéant, le soudard de la Sarkozy fait une déclaration sur les mérites respectifs des civilisations :

    « Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.

    En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »

    Et il balance cette sentence devant un parterre de droite, limite extrême : l’UNI  (Union Nationale Inter-universitaire). Bien évidemment cela génère une joyeuse approbation dans ce cénacle de l’UNI et remarques offusquées et faux-jetones à l’extérieur où tout le monde tombe dans le panneau de la surréaction.

    Guéant est malin, c’est un vieux renard qui fouine dans les terriers des basses-œuvres de la politicaille hexagonale depuis des décennies. Il est futé et sait comment agiter le chiffon rouge devant la beaufitude franchouillarde et de courte vue. Il est cynique en diable et prêt à prendre tous les risques pour déclencher quelques réactions épidermiques de ses électeurs et assurer des bulletins en faveur de ses maîtres. Bref, c’est un politique roublard.

    Rien n’est vraiment faux dans cette déclaration où tout est flou, on y laisse imaginer que civilisation égale religion ou régime politique, et puis qu’est-ce qu’une civilisation meilleure qu’une autre, de quoi parle-t-on, de morale, de production industrielle, de nombre de suppliciés par dictateur ? C’est flou et le tout est servi au bon peuple écrasé par la précarité et abruti par le fouteballe et les journaux de TF1, elle génère donc immédiatement des comportements irréfléchis et immatures. Et cela n’a pas manqué dès aujourd’hui avec un député antillais qui y est allé de son couplet sur le nazisme et le colonialisme. Tout ceci est inutile, agressif et attendu.

    Bref, les discours sur les civilisations, on les préfère au Collège de France dans la bouche d’Edgar Morin étudiant l’œuvre de Claude Lévi-Strauss, plutôt qu’aux mains des portes-flingues de la politique.

  • La dépense publique hors de contrôle

    Les impôts continuent à augmenter, notamment pour le moment TVA, et CSG sur produits financiers. Et ce n’est qu’un début bonne gens ! Comme de bien entendu la valse des pleureuses reprend de plus belle. Les cercles d’épargnants prévoient une catastrophe en termes d’épargne populaire, les cercles de consommateurs crient au massacre de leurs coreligionnaires et les producteurs à l’anéantissement de leurs marchés. Les sondeurs continuent à sonder et demandent au bon peuple : « êtes-vous pour ou contre les augmentations d’impôt ! ». La réponse étant généralement : « nous ne sommes pas d’accord », ils glosent ensuite sur les plateaux des médias pour analyser le pourquoi et le comment d’une réponse aussi inattendue.

    Et pendant ce temps nous attendons toujours des dirigeants responsables qui expliqueront comment la République va devoir inexorablement baisser ses dépenses.

  • François de Closet bouge encore

    Un intéressant article de François de Closet dans le Figaro Magazine sur l’addiction de la France au déficit. L’homme a fait son fonds de commerce depuis plusieurs décennies sur les excès franchouillards ; je me souviens de l’un de ses premiers ouvrages Toujours Plus paru en 1982 et détaillant les dérives du corporatisme hexagonal. Les choses n’ont pas suffisamment changé. L’article d’aujourd’hui est frappé au coin du bon sens et devrait fonder les programmes économiques de nos candidats à l’élection présidentielle :

    « Cessons de nous comporter comme des autruches ! « 

    FRANÇOIS DE CLOSETS Publié le 06/01/2012 à 13:58

    Les Français ne savent plus où ils en sont et, plus grave encore, ils ne savent plus où ils vont. L’incertitude face à l’avenir est leur seule certitude. 60 % d’entre eux craignent de devenir un jour SDF! Prisonniers d’un piège diabolique qui ruine un pays de cocagne, ils s’indignent, en attendant de se révolter. Autant maudire le volcan qui gronde à la veille de l’éruption… Mieux vaut chercher dans notre propre comportement la cause et, pourquoi pas, la solution de nos maux.

    Le Français est une étrange chimère : il marie le coq glorieux à l’autruche apeurée, le premier s’imagine que tout lui est dû, la seconde fuit la réalité dans le sable de ses illusions. Ce «coqtruche» serait une espèce non viable s’il n’entretenait un troupeau de boucs émissaires qu’il charge de tous ses péchés et qui l’exonère de toute responsabilité. Cette trilogie du coq, de l’autruche et du bouc émissaire, je ne l’ai pas inventée. Elle apparut en 1979 sur la couverture d’un essai * que mon maître Alfred Sauvy consacrait à la France. Je ne l’ai jamais oubliée. Tantôt présomptueux, tantôt défaitistes, mais jamais pragmatiques, nous sommes foncièrement irréalistes. Et la situation dramatique de notre pays traduit d’abord le basculement d’un irréalisme dynamique et constructeur à un irréalisme passif et défaitiste.

    Le bon usage de notre tempérament national, de Gaulle l’avait trouvé en 1958. La IVe République n’avait pas moins succombé à la crise algérienne qu’à la crise budgétaire. Les faits ne laissaient aucune marge de manœuvre, il fallait en finir avec notre rêve colonial et remettre en état nos finances. Amputation et austérité, le sinistre programme ! Pour le vendre, le Général choisit d’exalter la grandeur et l’indépendance de la nation. Il fit rêver les Français, mais, dans le même temps, il imposa un redressement financier d’une telle rigueur, augmentations des impôts en rafales, coupes des dépenses à la tronçonneuse, qu’il effraya le ministre des Finances, un certain Antoine Pinay. Comble d’irréalisme d’un côté, comble de réalisme de l’autre, c’est ainsi que de Gaulle relança la France dans les Trente Glorieuses, une France dont les budgets devinrent excédentaires et qui paya toutes ses dettes.Le 14 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, trouve des accents gaulliens pour s’opposer à l’intervention américaine en Irak. Mais le même jour, le ministre des Finances, Francis Mer, se rend à Bruxelles afin d’expliquer à la Commission européenne que, pour la trentième année consécutive, la France sera incapable de ramener ses finances à l’équilibre. D’une époque à l’autre, l’irréalisme français a changé. Il ne repose plus sur la réalité, mais sur le déni de réalité. Le coq gaulois n’est plus que le « coqtruche » face à l’échéance. Au moindre faux pas, nous pouvons être entraînés dans la spirale du surendettement : hausse des taux, cessation de paiement, mise sous tutelle, explosion sociale. Un comble de malheur pour une simple affaire de gros sous, comment est-ce possible ?

    Pour le comprendre, il faut réhabiliter une discipline ingrate et négligée depuis des décennies : la comptabilité. Elle vit le nez sur ses chiffres, ne connaît qu’un impératif catégorique : équilibrer recettes et dépenses, éliminer les déficits. Mais c’est elle qui dit le possible et l’impossible dans la répartition de la richesse, autant dire la gestion de la pénurie, première fonction du politique. Le déficit chronique est donc un déficit politique et le déni de comptabilité, un déni de réalité. Par bonheur, les boucs émissaires sont là pour masquer cette vérité désagréable.

    La crise bancaire, tout d’abord. La tornade venue des Etats-Unis n’est-elle pas responsable de notre banqueroute ? Certainement pas. Dès 2005, le rapport Pébereau annonçait que notre dette allait devenir insoutenable. L’échéance était annoncée autour de 2015. L’explosion des déficits publics consécutive au cataclysme bancaire l’a avancée de trois ans. Subprimes ou pas, la France se serait endettée à hauteur de son PIB et aurait coulé.

    La mondialisation et la crise économique, ensuite. Simples complices. Des pays comparables au nôtre, et pas seulement l’Allemagne, résistent dans la tourmente tandis que nous sombrons. Or la France a tous les atouts pour se retrouver dans le camp des gagnants et pas des perdants.

    L’amortisseur social encore. Il coûte fort cher, c’est vrai. Mais les pays scandinaves offrent à leurs peuples la même protection sans se ruiner. Nos déficits n’ont jamais payé que l’incapacité de nous moderniser, notre dette n’a pas préparé mais compromis l’avenir de nos enfants.

    Et les marchés financiers ! Nous les maudissons tous les jours. Pourtant, ils ne nous tiendraient pas à leur merci si nous ne les avions pas tant sollicités. Les banques, c’est vrai, se sont beaucoup enrichies au passage, mais les Français n’auraient pas moins souffert si l’on avait fait marcher la planche à billets.

    C’est donc la politique suivie depuis trois décennies qui nous a mis en si fâcheuse posture. Et les torts sont fort bien partagés entre droite et gauche. La classe politique dans son ensemble porte la responsabilité de ces trente-cinq années qui transformèrent une France championne d’Europe en grand homme malade. La classe politique… voilà assurément un excellent bouc émissaire.

    A condition de ne pas oublier, comme le font les populistes, que nous vivons en démocratie et que les élites et le peuple sont coresponsables. Le laxisme budgétaire fut-il imposé par les gouvernements aux Français ou par les Français aux gouvernements ? La réponse, nous la connaissons. En 1988, le corps électoral a choisi Jacques Chirac contre Raymond Barre ; en 2007, il a encore préféré le couple des Pères Noël, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, au Père la Rigueur : François Bayrou. La discipline budgétaire, même si elle avait été approuvée par l’opinion, n’aurait pas été soutenue par les électeurs. C’est la France dans son ensemble qui est droguée aux déficits.

    L’Etat emprunte pour distribuer l’argent qu’il n’a pas

    Depuis une trentaine d’années, le pays a donné congé à la comptabilité, donc à la réalité. Le général de Gaulle avait misé sur l’exigence des Français, ses successeurs, sur leur laisser-aller. Paris gagnés dans l’un et l’autre cas. C’est ainsi que la démocratie se pervertit dans la démagogie, peuples et dirigeants confondus. La crise financière constitue le meilleur cas d’école pour explorer ce refus du réel, cette fuite insouciante dans l’irréalisme comptable.

    Les citoyens ordinaires, peu au fait des finances publiques, se rassuraient en répétant que « la France est riche et ne saurait faire faillite ». Juste le cri du coq pour dissiper les ténèbres. Leur quiétude était confortée par l’escroquerie des 3 %. Tout au long de ces années, les Français ont cru que les dépenses de l’Etat excédaient ses recettes d’environ 3 %. Un pourcentage rassurant. En réalité, le déficit était de l’ordre de 20 %. Comment passe-t-on de 20 % à 3 % ? En comparant le solde de l’Etat au produit intérieur brut et non plus à ses recettes. Un tour de passe-passe imaginé en 1983 par nos technocrates pour rendre présentable un budget détestable. Bien évidemment, les 3 % du PIB devinrent 3 % de déficit budgétaire. Fallait-il que les comptables de Bruxelles soient vétilleux pour s’attacher à de telles peccadilles ?

    Cette minoration du déficit est si commode que médias, économistes, politiques l’adoptèrent en France comme à l’étranger. Les Français ne faisaient pas clairement le lien entre le déficit et le crédit, mais ils pressentaient tout de même que le déséquilibre budgétaire ne doit pas être une bonne chose et que le retour à l’équilibre pourrait être inconfortable. C’est alors que l’autruche fut plongée dans le sable de l’idéologie. Nos économistes de cour expliquèrent que le déficit public, loin d’être dangereux, est tout au contraire bénéfique. Pour accréditer leurs comptes à dormir dessus, ils firent appel à la plus glorieuse des cautions : John Maynard Keynes.

    S’opposant à la doctrine libérale du « laisser faire », Keynes a montré que l’économie doit se piloter de façon contracyclique. Lorsqu’elle est languissante, l’Etat s’endette pour injecter de l’argent et, lorsque la croissance est revenue, il rembourse ses dettes. Donner un coup d’accélérateur quand ça freine et un coup de frein quand ça accélère n’empêche pas de rester à l’équilibre sur la durée. C’est devenu le b.a.-ba de toute politique économique. Merci Monsieur Keynes. Dans des conditions particulières et des limites très précises, l’Etat peut donc emprunter pour distribuer l’argent qu’il n’a pas. Le rêve de tout gouvernement ! Passant allègrement du keynésianisme à l’hyperkeynésianisme, les idéologues de gauche ont libéré le déficit public de toute barrière. Il suffit de le baptiser « relance » pour qu’en toutes circonstances et à n’importe quelle dose il assure la croissance et les emplois. La recette est d’application aussi générale que la purge et la saignée chez les médecins de Molière.

    Un remède aussi plaisant n’a pas à faire la preuve de son efficacité. Après avoir échoué une première fois avec Jacques Chirac en 1975, puis une deuxième avec Pierre Mauroy en 1981, la relance s’imposa comme la panacée. La gauche n’a cessé de revendiquer cette « politique budgétaire dynamique » et la droite, faisant vertu de nécessité, ne l’a pas moins pratiquée. On se souvient des rodomontades de Jean-Pierre Raffarin transformant son impuissance budgétaire en un engagement pour la croissance et l’emploi. Nicolas Sarkozy resta dans la même logique avec sa loi Tepa qui aggravait le déficit mais était censée doper la croissance. La France fit même de la croissance fondée sur la consommation et le déficit un modèle économique.

    Plus on dépensait, plus on s’enrichissait. Les Français ne demandaient qu’à le croire et s’imaginaient même subir l’austérité alors qu’ils vivaient à crédit. Lorsqu’ils s’inquiétaient de voir ainsi croître la dette du pays, l’idéologie était encore là pour les rassurer. Elle décrétait que l’endettement n’avait pas du tout la même signification dans le secteur privé et dans le secteur public. Sous prétexte que les Etats ne sont pas soumis au droit des faillites, qu’ils battent monnaie et ne meurent pas, il fallait croire que ces emprunts n’auraient jamais à être remboursés. Le déficit devint une ressource budgétaire comme une autre, une ressource inépuisable dont on aurait grand tort de se priver.

    Longtemps, la comptabilité fut réactionnaire et le déficit, progressiste

    Lorsque je dénonçais les dangers du surendettement pour la France, je me faisais corriger, morigéner, ridiculiser par les économistes de renom et de salon. Que peuvent les rappels à la raison quand les gourous annoncent que le pays s’enrichit en s’endettant ?

    La comptabilité ne fut plus seulement ignorée, mais bien ostracisée. Elle était réactionnaire et le déficit, progressiste. L’équilibre des comptes publics cessa d’être une exigence universelle, une simple discipline civique, et devint une politique de droite, antisociale.

    Cette école de pensée, après avoir dénigré le pacte de stabilité, est partie en guerre contre la récente union budgétaire européenne, lancée à Bruxelles en décembre dernier. Les Français s’entendent dire que ce traité représente un intolérable abandon de souveraineté et nous condamne à une politique ultralibérale. Double mensonge pour camoufler un peu plus la réalité. Cet accord se limite aux problèmes comptables, c’est sa faille cent fois dénoncée. Les véritables décisions concernent l’équilibre budgétaire ; pour le reste, on se contente de vœux pieux. Or la souveraineté nationale porte sur les choix politiques, non sur les exigences comptables. Le rétablissement de nos finances ne nous est pas imposé car il s’impose à nous en tout état de cause. Si nous refusons aujourd’hui une discipline collective, nous nous verrons imposer demain une austérité bête et méchante par l’Europe et le FMI. Et ce sont les chantres de la relance, ceux qui, déficit après déficit, ont bradé l’indépendance nationale qui s’en font aujourd’hui les champions. Ce serait à pleurer si les larmes n’étaient devenues hors de prix.

    Mais le réalisme comptable est tout sauf une politique. Il s’impose à toutes les sociétés, qu’elles soient libérales ou socialisées, démocratiques ou autoritaires. L’Amérique ultralibérale croule sous les déficits tandis que les sociétés scandinaves très socialisées tiennent leurs finances. Il s’agit d’une exigence civique préalable au débat politique, aux choix de l’avenir.

    Les Français ont donc été les victimes consentantes de toutes ces fausses querelles, de ce terrorisme moral, de ce détournement des valeurs. Car la même déconstruction pourrait être opérée à propos de l’immigration, de l’école, de l’insécurité, de la fiscalité ou de la protection sociale. Partout et toujours, l’idéologie interdit de regarder les réalités en face, de s’accorder sur le diagnostic, d’identifier les véritables dangers et pas les périls fantasmatiques, les solutions possibles et pas les chimères hors d’atteinte. Lorsque les finances sont à ce point dégradées, le retour au pragmatisme démocratique, à un consensus civique, qui n’exclut nullement le débat politique, est indispensable. Si la classe politique se déchire, alors les marchés prennent peur, comme ils l’ont fait avec les Etats-Unis. Or la crise des finances est devenue pour nous un enjeu électoral et chaque camp s’efforce d’en imputer à l’autre la responsabilité, de refuser en bloc les propositions adverses et de promettre une issue sans douleurs. Croit-on que ce peuple querelleur et mauvais joueur trouvera en 2012 auprès des marchés financiers les 180 milliards d’euros à bas prix qui lui sont indispensables ?

    Mais cet indispensable retour à la discipline comptable ne peut à lui seul mobiliser les Français. Il nous faut retrouver la formule de 1958 qui permet tout à la fois d’affronter la réalité et de la transcender. Nous le pouvons car cette France à la dérive de 2012 possède des ressources extraordinaires. Avec sa rente touristique, son espace agricole, ses services publics, sa main-d’œuvre, ses pôles de recherche et ses écoles d’ingénieurs, sa jeunesse, son épargne, etc., bref avec ce « génie » qui a fait ses preuves tout au long de l’Histoire, elle détient les clés de la prospérité. Des atouts gâchés par une défiance maladive. Tous les sondages concordent : les Français ne croient plus en rien et, en premier lieu, plus en leur pays. Pourtant, ils font des enfants comme jamais. Paradoxe apparent. Car le scepticisme à grande échelle masque une confiance de proximité. La famille, la commune, la PME ont plus que jamais la cote. Les Français créent des entreprises, s’engagent dans l’humanitaire, font vivre des associations. Mais ils ne croient plus dans les grands systèmes mystificateurs. Un art de vivre ensemble est à réinventer, un art qui reposera sur les faits et pas sur les mots.

    La politique ne peut pas tenir lieu de comptabilité, c’est vrai, mais, à l’inverse, la comptabilité ne peut pas tenir lieu de politique. Si le réalisme consiste à enfermer les Français dans les pourcentages de déficits et les tableaux de la comptabilité nationale, alors il devient irréaliste par rapport à notre tempérament national. La fin d’un monde que nous vivons, c’est aussi la naissance d’un nouveau monde. La France y a sa place. Pour autant qu’elle sache la prendre. En surmontant l’épreuve financière, c’est vrai, mais aussi en inventant la suite de l’Histoire. On ne rétablira pas la confiance en niant l’épreuve financière, on ne la surmontera pas en ne faisant que la rappeler. Notre part d’irréalisme, disons d’avenir, doit s’ancrer dans un réalisme sans concession. C’est à ce prix, très élevé, que le coq gaulois peut encore prétendre faire se lever le soleil. Mais l’optimisme ne se décrète pas. Il se mérite.

    Dernier ouvrage paru : L’Echéance. Français, vous n’avez encore rien vu, Fayard, 2011 (avec Irène Inchauspé).

    * Alfred Sauvy, Le Coq, l’autruche et le bouc… émissaire, Paris, Grasset, 1979.

  • François Hollande s’emballe

    Hollande s’emballe dans un discours :

    « …je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats. Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle. »

    Ça fait du bien de le dire mais cela revient à pisser dans le sable. Après tout il n’y a pas de raison de ne pas se faire un peu de bien de temps en temps, ça énerve nos banquiers mondains et c’est déjà ça, même si cela ne sert à rien.

  • Qui s’assemble se ressemble

    Avez-vous remarqué comme Alain Minc ressemble furieusement à Paul Wolfowitz ?

    Le premier, français, formé dans les écoles de la République (Sciences-Po, ENA), bidouille dans le capitalisme français depuis des années, diffusant conseils aux entreprises et aux politiques sans prendre trop de risques par lui-même, il a mené à quelques échecs financiers majeurs (le raid contre la Société Générale de Belgique, le journal Le Monde, notamment), dans le même temps il est membre de nombre de conseils d’administration de multiples entreprises du CAC 40, il pose régulièrement sur les plateaux mondains des médias où ses analyses sont recherchées et diffusées avec humour.

    Le second, américain, est l’un des concepteurs du néo-conservatisme de l’Oncle Sam, sous-secrétaire à la Défense sous Georges Bush père il a développé le concept d’établissement de la démocratie au Moyen-Orient par la force, la guerre en Irak et la fin du régime de Saddam Hussein étant censée diffusée naturellement les avantages de celle-ci à tous les pays de la région. Nommé président de la Banque Mondiale, il sera poussé vers la sortie au milieu de son mandat pour avoir favorisé la carrière de sa maitresse travaillant dans cette institution.

    L’un et l’autre sont des conservateurs professionnels aux influences pas toujours très heureuses. La ressemblance n’est donc pas que physique.

  • Morin et la mémoire

    Hervé Morin, élu normand, déclare dans un meeting :

    « Moi qui ai vu en Normandie le débarquement des alliés, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd’hui. »

    M. Morin est né en 1961, soit près de vingt années après le débarquement… Ce serait plutôt drôle si le personnage n’était candidat à la présidence de la République…

  • Pasqua est au mieux un sacré tripatouilleur, au pire…

    Dans un dîner en ville la conversation revient sur le fait de savoir si Eva Joly qui a claironné à la radio de Charles Pasqua était un criminel avait tort ou raison.

    Pasqua (et parfois avec son fiston) a été impliqué dans plusieurs affaires judiciaires a pour des faits s’étant déroulé lorsqu’il était ministre et lorsqu’il ne l’était pas.

    Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance dans une sombre affaire de casino à Annemasse. Son parti de l’époque aurait reçu des fonds de ce tripot. Cette condamnation a été confirmée par la cour de cassation en avril 2010, elle est donc définitive.

    Il a ensuite été condamné le 30/04/2010 à un an de prison avec sursis par la cour de justice de la République (chargée de juger les ministres ou le président pour des faits menés dans l’exercice de leurs fonctions) pour complicité d’abus de biens sociaux et de complicité de recel dans une affaire de vente de matériel de sécurité. Par contre la même cour de justice l’a relaxé pour les faits de corruption du casino d’Annemasse, ce qui veut dire qu’il est coupable en tant que citoyen dans l’affaire du tripot mais innocent dans le volet ministériel de cette même affaire.

    Le condamné s’est pourvu en cassation pour l’affaire des matériels de sécurité et ce pourvoi a été rejeté rendant la condamnation définitive. Finalement on ne sait pas s’il est un criminel ou un délinquant mais, dans le doute, mieux vaut ne pas lui donner nos enfants à garder le soir.

  • Des soldats français meurent à l’étranger

    Quatre soldats français tués en Afghanistan, plus 15 blessés, par un soldat afghan qui a tiré dans le tas dans l’enceinte d’une caserne où les français formaient… les forces afghanes.

    Sarko l’agité communique dans les 5 minutes pour envisager le retrait anticipé des troupes françaises si « leurs conditions de sécurité ne sont pas clairement rétablies. » Pour la sécurité en Afghanistan ce n’est pas gagné ! En matière de défense et de guerre chaude il est sans doute opportun de donner un peu de temps à la réflexion et à l’analyse en préalable à la décision politique. Heureusement que les américains n’ont pas dit la même chose en juin 1944 en Normandie…

    Cela étant dit, il apparaît qu’en Afghanistan on n’aime pas beaucoup les troupes occidentales, donc on les tue pour les faire partir encore plus vite que ce qui est prévu. C’est la vieille histoire des troupes d’occupation.

  • L’arrivée d’un trublion dans le petit monde bien réglé des télécommunications françaises

    Free fait le buzz après la présentation de ses tarifs dans la téléphonie mobile et la presse en fait ses gorges chaudes. Même Le Monde passe en première page une photo pleine largeur de Xavier Niel, le chefaillon de Free, en présentation de ses produits lors d’un show mondain. La nouvelle est reprise en boucle dans tous les médias et présentée comme une révolution industrielle…

    Bon, il est gentil le garçon Niel mais il n’a tout de même pas inventé la navette spatiale ; il veut juste vendre des abonnements de téléphone mobile à 20 balles sur des réseaux qu’il n’a même pas construits mais qui ont été financés par les contribuables français des décennies durant.

    Beaucoup de bruit pour rien mais au moins risque-t-il d’introduire un peu de concurrence dans un monde qui en manque manifestement comme le démontrent les tarifs des opérateurs actuels. D’ailleurs la petite bande des SFR et autres Bouygues a immédiatement présenté des offres commerciales alignées sur celles de Free.

    Comme toujours, et malgré les grands discours auto-persuasifs sur les avantages incomparables de la concurrence pour le consommateur, vous laissez 3 ou 4 entreprises sur un marché comme actuellement celui de la téléphonie mobile en France, et la première chose qu’elles font est de s’entendre pour se partager le marché, voir tous les abonnements à 29,90 EUR vendus par ces fournisseurs…