Catégorie : France

  • Une succession de chartes un peu pathétique

    Vous avez aimé la Charte des Investisseurs en capital ? Vous allez adorer la future Chartre de la rémunération des professionnels des marchés financiers à publier bientôt par la Fédération bancaire française. De même qu’il n’y a plus une entreprise cotée qui n’affiche ses « valeurs », en interne comme en externe, toute fédération professionnelle, et particulièrement celles objet d’attaques médiatiques, se croient obligées de sortir leur « charte éthique » pour faire bonne figure. Celle annoncée par la FBF est belle et bien bonne mais elle ne pose pas la vraie question qui est de savoir si des rémunérations de plusieurs dizaines de millions (ou même simplement plusieurs millions) d’EUR sont justifiables pour des individus qui jouent l’argent des autres ?

    Rémunération des professionnels des marchés financiers : la FBF adopte des principes communs La FBF a adopté les conclusions du groupe de travail relatives à la rémunération des professionnels des marchés financiers. Ce groupe, mis en place à l’initiative de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et présidé par Georges Pauget, Président de la FBF, a réuni les associations professionnelles*, l’AMF, la Commission bancaire et la DGTPE afin d’élaborer des principes professionnels. Les conclusions vont être transmises à Mme Lagarde, en vue de la prochaine réunion du Haut Comité de Place.

    Dans le souci de l’intérêt économique général, les principes en matière de rémunération des professionnels des marchés financiers ont pour objet de renforcer la cohérence entre leur comportement et les objectifs à long terme de l’entreprise qui les emploie, particulièrement dans le domaine du risque. Les superviseurs (CB, ACAM, AMF) examineront les systèmes de rémunération des professionnels à la lumière de ces principes, afin d’évaluer les risques.


  • L’Eglise se mêle de la Corse

    Mgr Gaillot apporte son soutien à Ivan Colonna condamné pour le meurtre du préfet Erignac en Corse. Toujours là où il faut le monseigneur. L’Eglise catholique se distingue en ce moment ! Le condamné est en appel. Ses petits camarades du commando assassin l’avaient dénoncé avant de se rétracter, et d’endosser le meurtre par l’un d’entre eux condamné à perpétuité.

  • On ne se refuse rien

    En route pour le musée du Luxembourg, rencontre avec le point de départ d’une manifestation « [des] jeunes qui veulent vivre autrement », dont quelques représentant sont mis en examen par suite des dégradations contre les installations de la SNCF et dont le leader est toujours embastillé. Un camion sono diffuse sous une banderole noire affichant fièrement : « Nous sommes tous des terroristes, Al Queida c’est possible. ». Ambiance ! Un rap sample Edith Piaf et un refrain répétitif « destruction de la police » qui fait vibrer la statue de Catherine de Médicis qui en a vu d’autres…

  • L’affligeante écoute des radios « commerciales »

    Grève sur France-Culture ce matin, on se rase sur RMC. Cela fait longtemps que l’on n’avait pas traîné sur les ondes « commerciales » (depuis la dernière grève publique en fait) et il faut avouer que cela fait mal ! Entre deux tranches de pub il y a parfois un peu d’information. Enfin, « information » c’est une façon de parler. Aujourd’hui le pauvre Éric Woerth, ministre du tiroir-caisse essayait de paraître intelligent (ce qu’il semble être d’ailleurs) au milieu d’une horde de pipelettes dont l’unique objectif était de l’interrompre dès qu’il échouait à développer un sujet en plus de 10 secondes et de le ramener à des sujets débilitants dès qu’il essayait d’expliquer à ces ignares les subtilités de la finance publique. Bref, mais pourquoi RMC ne fait pas grève !

  • Grève générale

    Demain grève générale en France. Une manifestation nationale contre la crise c’est un peu comme une grève contre la tempête dans le sud-ouest, cela ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir à ceux qui manifestent. Après tout on laisse bien pérorer les analystes-experts-mondains sur les ondes à longueur de journée avec la même inutilité-vacuité que les marcheurs de demain. Alors pourquoi le bon peuple ne pourrait-il pas aussi s’exprimer ?

  • Un comble !

    Au secours, Messier revient ! Le culot de certains loosers communiquant est sans limite. Jean-Marie Messier, plus obnubilé par son image que par les comptes des entreprises qu’il a dirigées, commet un livre explicatif sur… la crise financière, le tout assorti d’un plan média avec interventions télé et radio soutenues où il donne des leçons de gestion aux dirigeants de notre pauvre planète. C’est l’hôpital qui fait la charité à l’hospice. Le manque de décence et l’aplomb de ce personnage sont assez éblouissants. On ne résiste pas au plaisir de rappeler le communiqué Reuters d’avril 2003 :

    VU ignorait que Messier avait vendu 258.669 actions en 2001

    PARIS, le 10 avril 2003 (Reuters) – Le groupe Vivendi Universal a déclaré jeudi n’avoir appris qu’il y a deux jours que l’ancien président du groupe, Jean-Marie Messier, avait vendu 258.669 actions du groupe en décembre 2001.

    « Vivendi Universal n’a appris que le 8 avril 2003 que M. Messier avait vendu 152.000 actions le 21 décembre 2001 et 106.669 actions le 27 décembre 2001, soit un total de 258.669 actions Vivendi Universal », a déclaré le groupe dans un communiqué.

    VU déclare avoir immédiatement transmis ces informations aux autorités boursières compétentes, la COB en France et la SEC aux Etats-Unis.

    Jean-Marie Messier avait déclaré jeudi que le rapport annuel 2001 de Vivendi Universal comportait une information incorrecte concernant le montant des titres qu’il détenait dans le groupe de médias, dont il est l’ancien président.

    « Au 31 décembre 2001, je possédais 333.243 actions VU, et le chiffre cité par le rapport annuel 2001 n’a pas pris en compte l’ensemble des opérations de décembre 2001 en raison semble-t-il d’un décalage de leur transcription par la banque gérant les titres pour Vivendi Universal. Le rapport annuel a été établi sur la foi de ce relevé bancaire », soulignait alors Jean-Marie Messier dans un communiqué transmis à Reuters par son avocat.

    Dans un communiqué, la BNP, qui assure les services liés au titre VU et en particulier les plans d’options de la société, « dément l’existence d’erreurs sur la comptabilisation de l’exercice des options et la conservation au nominatif des actions de M. Messier au 31 décembre 2001 dans les comptes dont elle a la responsabilité ».

    L’établissement financier ajoute que sa filiale BNP Paribas Securities Services « a fait parvenir à Vivendi Universal toutes les informations nécessaires et a précisé récemment le détail ».

    Dans son propre communiqué, Jean-Marie Messier avait alors détaillé un certain nombre d’opérations réalisées sur les titres VU, dont celles réalisées en décembre, mentionnées par le groupe de médias dans son communiqué.

    Cette mise au point de l’ancien patron de Vivendi Univeral contredisait ainsi des articles de presse selon lesquels il aurait cédé des titres du groupe avant qu’une crise financière majeure ne le pousse à la démission en juillet dernier. Jean-Marie Messier indique ainsi qu’il détient actuellement 410.366 titres VU d’une valeur de 5,58 millions d’euros, équivalente à son emprunt non remboursé.

    Dans ce même communiqué, Jean-Marie Messier a indiqué qu’il n’avait cédé aucune action VU en 2002 et en 2003 et qu’il avait quitté l’appartement de Park Avenue à New York, propriété du groupe de communication français.

  • Il suffit de ne pas parler à la presse

    Il suffit de ne pas parler à la presse

    Devant les commentaires ironiques sur ses dernières déclarations, Ségolène Royal explique qu’elle a en fait donné une réponse humoristique à une question provocatrice.

    Ce même jour, Kerviel le Trader-fraudeur dément avoir donné l’interview publiée par le Parisien ce matin. Il s’agirait en fait d’un bla-bla « off » bien tenu par l’impétrant mais qui n’était pas censés lui être attribués officiellement.

    Si toutes ces divas des radios et des télés faisaient un peu plus leur boulot et paradaient un peu moins sur les plateaux, ils éviteraient d’avoir à se dédire et contredire en permanence, et d’occuper indument l’espace médiatique où ils n’ont rien à faire. Que Mme. Royal propose une alternative au PS, que Kerviel prépare ses explications à la justice sur comment il a fait perdre 5 milliards à son employeur, et par pitié, qu’ils débarrassent le plancher de nos écrans et nos ondes, tout le monde en sera infiniment satisfait.

  • Les banquiers se flagellent

    Les banquiers français après avoir fait la sourde oreille aux stances de Sarkozy, notre agité du ciboulot, s’entichant de les faire renoncer à leurs bonus, tout au moins pour les dirigeants, font maintenant amende honorable.

    Euh…, il y a quelque chose que je ne comprends pas bien : malgré les résultats des banques françaises en 2008, réduites à faire la manche auprès des contribuables, leurs dirigeants auraient eu droit à des bonus dont le calcul est en principe basé sur la performance ? Si tel est le cas, il y a effectivement un petit problème conceptuel dans le système de rémunération de ces nababs.

    Hier le Crédit Agricole a publié le communiqué suivant :

    Paris, le 20 janvier 2009

    Réuni ce jour, le Conseil d’administration de Crédit Agricole S.A. a statué sur les rémunérations variables des dirigeants. Soulignant que le Crédit Agricole s’en est toujours tenu à des niveaux modérés, il a rappelé que si la rémunération du Directeur général de Crédit Agricole S.A., Georges Pauget, intègre une part variable, celle du Président, René Carron, n’en comporte pas.

    Le Comité des Rémunérations et le Conseil d’administration ont souligné la qualité du travail réalisé par Georges Pauget dans la gestion de la crise et son engagement au service de l’entreprise. A l’initiative de Georges Pauget, le Comité des Rémunérations a proposé au Conseil d’administration qui l’a validée, la suppression de la partie variable de sa rémunération 2008.

    Le communiqué de la Société Générale est du même ordre :

    Paris, le 20 janvier 2009

    Le Conseil d’Administration de la Société Générale, réuni le 20 janvier 2009, a notamment examiné les conditions de rémunération des dirigeants du Groupe. Dans le respect de la gouvernance du Groupe, le Conseil a accepté la proposition de Daniel Bouton, Président, et Frédéric Oudéa, Directeur général, de renoncer sans considération de performances de Société Générale ou de sa situation de fonds propres, à la part variable de leurs rémunérations pour l’année 2008.

    La Société Générale rappelle par ailleurs que les parts variables de Daniel Bouton et Philippe Citerne avaient été fixées à zéro pour l’année 2007.

    Ce que ne précise pas la Société Générale c’est que les bonus 2007 ont été annulés par suite de la malversation du trader-fraudeur Kerviel qui a coûté 5 milliards d’euros, et non du fait d’un élan de générosité et de sacrifice de ses dirigeants. Cependant elle publie un autre communiqué ce matin informant le bon public des investisseurs ébahis qu’elle est favorable au déblocage de la deuxième tranche de fonds publics dont sa part est de 1,7 milliard, payée par le contribuable.

    Donc il semble bien que les dirigeants du Crédit Agricole et de la Société Générale auraient pu prétendre à des bonus au titre de l’année 2008 malgré l’effondrement du secteur financier avec les conséquences que l’on connaît. Et il semble également qu’ils n’avaient aucune intention d’y renoncer si l’Etat ne les y avait pas poussés très fort dans le dos. On espère que leur seule rémunération fixe leur permettra de survivre.

    On aurait pu imaginer un peu d’élégance dans ce monde de voracité et de faillite, d’avidité et d’illusions, voire ces nababs, sinon démissionner devant l’échec de leur gestion, à tout le moins renoncer à une partie de ces rémunérations imméritées et injustifiables. Une telle attitude aurait fait souffler une brise fraîche sur ce monde de ruines qu’est devenu la Finance internationale. I have a dream…

  • Marx avait déjà tout écrit

    L’économiste Jean-Paul Fitoussi ce matin sur France Culture explique que l’une des déviances majeures du système capitaliste depuis un quart de siècle est l’augmentation des inégalités entre les salariés et les actionnaires. Les salaires sont plus ou moins restés stables quand les dividendes ont augmenté. Redonner du salaire permettrait indirectement une relance par la consommation. C’est « Salaire, Prix & Profit » publié par Marx en 1865 et que tous les étudiants en économie ont lu en première année !

  • Gros égo pour Ségo !

    Ségolène Royale explique à la presse ébahie qu’elle a inspiré les équipes d’Obama. Même si c’était vrai, à quoi cela sert-il de le claironner ?

  • Obama vs. Sarkozy

    Libération de ce matin ironise sur les comparaisons excessives et termine son article Nicolas Sarkozy, le drame de la jalousie par le paragraphe suivant :

    « … Obama bénéficie d’une popularité hors norme dans son pays, ce qui n’a jamais été le cas de son homologue français. Des millions d’Américains ont fêté son élection en novembre et se pressent aujourd’hui à Washington pour assister aux concerts de U2 ou Bruce Springsteen, puis vivre un moment historique avec son investiture. Un périple en train au parcours symbolique a conduit l’élu vers la capitale américaine. Sarkozy, lui, a fait du Fouquet’s, de la place de la Concorde où chantait Mireille Mathieu à ses côtés et de son expédition sur le yacht de Vincent Bolloré, les premiers symboles de son mandat. Sur le plan du style, tout sépare ces deux hommes. »

    On ne saurait mieux dire !

  • Les ministres font des enfants

    Nos hommes et femmes politiques se penchent sur les cinq jours de congé de maternité pris par Rachida, et pas moins, et pas plus, et chacun y va de son commentaire insignifiant, et bientôt l’on va modifier la Constitution pour légiférer les grossesses des ministres, etc. N’ont-ils rien d’autre à faire nos gouvernants et élus ?

  • Désopilant !

    Je trouve dans TGV magazine une double-interview désopilante sur le coaching bourrage de crâne et intrusif, tel que les entreprises aiment le pratiquer, sujet de deux livres ainsi chroniqués, à acheter d’urgence : Michela Marzano « Extension du domaine de la manipulation, de l’entreprise à la vie privée » et Robert Ebguy « Je hais le développement personnel ! » Rien que les titres des ouvrages me font frétiller d’aise.

  • Les juges d’instruction contestés

    Le pouvoir Sarkozy s’attaque maintenant à la réforme de l’instruction et affiche son souhait de supprimer le juge du même nom. La matière est complexe et me dépasse largement. Mon seul souhait de citoyen est que des affaires d’Etat comme les scandales Elf ou de l’Angolagate puissent continuer à être portés à la connaissance des électeurs afin de balancer les promesses politiques avec les errements de certains responsables. On peut quand même se demander s’il y avait véritablement urgence à bouleverser encore l’institution judiciaire aujourd’hui ?

  • Les numéros de téléphone spéciaux et… payants

    L’une des grandes escroqueries de notre monde de communication : la taxation des numéros de téléphone spéciaux. J’appelle Air France au 36 54 pour annuler un billet d’avion, non seulement j’attends cinq minutes car ce fournisseur n’a pas les effectifs suffisants pour répondre immédiatement à mon appel, deuxio je subis une musique horripilante assortie d’une voix gnangnan répétant sans fin le même message lavage de cervelle, mais surtout je paye 0,34 EUR la minute d’attente. Que l’on fasse payer le service téléphonique soit, mais que son coût soit lié à l’attente cela revient vraiment à baser sa rentabilité sur le niveau d’insatisfaction du client.

  • Moins de pub : une avancée pour l’intelligence

    L’un des graves problèmes de la rentrée : la suppression de la pub sur la télé publique et la façon dont les Français vont désormais organiser leurs soirées. Les journaux papier, télévisés, web titrent sur ce fait majeur à grands coups d’enquêtes chez la ménagère de moins de 50 ans pour évaluer comment elle va vivre cette révolution. Mon Dieu quel dilemme !

  • Au feu !

    Les voitures brûlent comme chaque réveillon de nouvel-an. Sarkozy propose d’interdire aux incendiaires de pouvoir passer leur permis de conduire tant qu’ils n’auront pas indemnisé les propriétaires des voitures brûlées. Pas mal comme idée !

  • Terroriste de chemins de fer

    C’est quoi tout ce foin que l’on fait sur le Julien Coupat, embastillé pour soupçon de sabotage des caténaires de la SNCF. Tout le monde s’émeut car il n’a pas été remis en liberté alors qu’il le mériterait. Il y a quand mêmes des lignes de la SCNF qui ont effectivement été sabotées, il y a tout de même des policiers et des juges qui estiment que des soupçons pèsent sur ce jeune homme, il doit quand même exister quelques indices, il n’est tout de même pas complètement exclu que ce garçon qui revendique un engagement politique certain ait pu réaliser/inspirer ce sabotage ? Tous les juges ne sont tout de même pas vendus aux intérêts du pouvoir, ils l’ont suffisamment montré dans le passé, donc laissons passer la justice et ce garçon sera libéré le moment venu s’il est jugé innocent.

  • Les mains dans le pot de confiture

    Julien Dray, ségoleniste au parti socialiste fait l’objet d’une enquête préliminaire par suite de transferts de fonds « à expliquer » entre des associations dont il s’occupe et ses comptes personnels. La presse explique du coup en long et en large la passion de l’impétrant pour les montres anciennes et de prix. Le PS et la Tinine soutiennent Juju du bout des lèvres. Il a porté plainte pour violation du secret de l’instruction. On espère pour lui qu’il pourra se justifier sinon ce serait encore un mauvais coup pour le PS et la politique.

  • Un peu moins de publicité abrutissante, une grande avancée pour l’humanité

    La télévision publique française s’achemine doucement vers la disparition de la publicité déclenchant un tohu-bohu parlementaire avec inversion des rôles comme seule la politique française sait en créer d’inextricables. La gauche s’élève contre cette atteinte à l’indépendance de la télévision et en appelle au marché comme défenseur des libertés. Certains députés de droite contestent cette réforme qui aboutit à la création de taxes nouvelles pour financer une partie du budget de la future télé sans pub.

    Les consommateurs modérés du petit écran ne se désoleront pas de cette réforme qui, il est vrai, n’était sans doute pas prioritaire, mais la forte contribution de la publicité à l’abrutissement des masses devrait faire de sa suppression une avancée pour le niveau intellectuel moyen des téléspectateurs.