Catégorie : France

  • Ségolène vs. Bayrou

    Le microcosme médiatique parisien a trouvé un vrai non-sujet dont tout le monde se moque mais qu’à force de bourrage de crâne et de gros titres il arrive à transformer en débat de société : la Royal va-t-elle papoter avec Bayrou entre les deux tours face aux caméras ? Au moins pendant que l’on s’étale sur la dimension de la table ou sur la tenue de Mme Royal on évite d’étaler l’abrutissement « people » dont fait preuve ledit microcosme plus préoccupé à sentir le fumet de la soupe à partager qu’à analyser des programmes et des idées.

  • Les grandes lignes du programme Schivardi

    Il est incroyable Gérard Schivardi. Avec l’appui du Parti des travailleurs son programme est tout simplement brillant : il se retire de l’Union européenne pour bâtir une Europe des nations fédérées ; élu président de la République, il ne fera qu’un intérim avant de laisser tous ses pouvoirs au président d’une assemblée constituante ; il nationalise toutes les industries et n’indemnise que les petits actionnaires « les fonds de pension ont assez bouffé », etc., etc. Trotski doit s’en tenir les cotes dans sa tombe, il n’avait jamais vu plus fidèle zélateur !

  • L’immigration et les DOM

    Inattendu ! La Guadeloupe acclame Sarkozy qui annonce à Pointe-à-Pitre son projet de ministère de l’immigration et de l’identité nationale ; au même moment Bayrou se fait applaudir à la Réunion quand il annonce vouloir remettre en cause le droit du sol pour empêcher les Comoriennes de venir accoucher à Mayotte !

  • Bye-bye Chirac, et bonne retraite

    La presse européenne enterre Chirac après son discours de renoncement de dimanche dernier. Il en prend pour son grade sur le thème ce gars est sympatoche mais n’est capable que de beaux discours en y disant tout et son contraire. Globalement la seule chose qui soit porté à son crédit est d’avoir prévu la catastrophe irakienne.

  • Chirac : la fin

    Le président Chirac n’arrive pas à se résoudre à soutenir un candidat qui ne soit pas lui. Si effectivement il ne se représente pas, cela va lui arracher le cœur d’appuyer Sarkozy, il le fera sans doute au dernier moment et en catimini. Quelle vanité coule dans le sang de ces grands requins de la politique, quelle rancœur anime ce vieil homme à l’encontre de celui qui l’a trahi !

  • Economiste mondain

    Elie Cohen fait le (brillant) économiste de salon ce matin sur France-Culture pour régler son compte au dossier EADS-Airbus. Tout le monde en prend pour son grade, politiques et managers, il semble qu’il n’y ait que lui pour avoir la vision juste de ce qu’il aurait fallu faire dans ce groupe. Et de nous expliquer que l’absence de chef unique aurait poussé la partie allemande à refuser d’utiliser un logiciel recommandé par le groupe, d’où l’accident industriel, les défaillances de câblage et les retards conséquents dans les livraisons. Ceux qui connaissent un peu les Allemands dans le domaine professionnel et leur sens rigide de la discipline, ont tout de même du mal à imaginer qu’ils auraient dérogé aux règles rien que pour embêter les Français avec les conséquences que l’on découvre aujourd’hui… Les choses doivent sans doute être un peu plus complexes.

    Cohen vante par ailleurs le caractère privé de Alcatel-Lucent qui pourra mener à bien ses licenciements sans interventionnisme politique, tout en critiquant Tchuruk qui a remis les clés de la maison à une boîte américaine. Il parle de Chirac qui a soutenu bruyamment Forgeard, un de ses anciens conseillers, aux commandes d’Airbus et l’a poussé à la tête d’EADS avant qu’il n’en soit éjecté avec pertes, fracas, indemnités et plus-values.

    Moi je veux faire économiste mondain quand je serai grand !

  • En campagne

    Fabius et Jospin rejoignent l’équipe de campagne de Ségolène. Bon, mais ça fait quoi exactement une équipe de campagne ? Ça réserve les salles pour les meetings, ça récupère les 500 signatures préalables à la validation de la candidature, ça colle des affiches, ça trouve des réponses participatives aux questions idiotes des journalistes ? Jon veut bien, mais alors Fabius et Jospin qui ne sont pas particulièrement compétents dans ces domaines, que vont-ils dans cette galère ?

    Au moins avec ce ralliement à la bonne soupe socialiste, le PS offre une image un peu plus unie que l’UMP où Chirac et Galouzeau n’arrivent toujours pas à s’engager pour Sarkozy, sans parler su fait que ce grand dadais de Chirac n’a toujours pas annoncé qu’il renonçait à se représenter à l’élection !

  • Inégalité constitutionnelle

    La constitution vient d’être changée pour entériner que tous les citoyens ne sont plus égaux devant la République. Ainsi en Nouvelle Calédonie, selon qu’un citoyen y sera arrivé avant ou après 1992, il aura ou pas le droit de voter pour les consultations sur le futur de ce territoire. C’était le seul moyen d’être sûr que le moment venu ce caillou à problèmes votera son indépendance sans espoir de retour. Comme quoi quand on veut se débarrasser calmement d’un confetti de l’empire, on sait faire, et qui plus est, constitutionnellement ! Il faudra faire preuve d’autant d’audace créative pour les DOM TOM restants.

  • La presse en accusation

    Un très intéressant article dans Le Monde sur le discrédit des journalistes : ceux qui couchent avec les politiques, ceux qui soutiennent les mauvais chevaux, ceux qui posent les questions les plus stupides qui soient. Après le tonitruant « Taisez-vous Elkabbach » lancé par Georges Marchais il y a quelques années, les plumitifs sont redevenus la cible des hommes politiques qui flinguent la presse dans leurs meetings. Dans un grand élan de démocratie participative les télévisions remplacent les questions des journalistes par celles des téléspectateurs ! Et les journalistes se demandent à quoi donc peuvent-ils servir ?

    Beaucoup servent la soupe à des politiques qui se vautrent dans la bauge de la pipolisation avec délices : Chirac passe chez Drucker, Ardisson demande à Rocard si « sucer c’est tromper ? », etc. On se demande souvent pourquoi certains politiques ne quittent pas les plateaux quand les questions passent les bornes de la raison ou de la décence.

    Sans doute les électeurs porteraient plutôt un tel geste à leur crédit. En attendant, l’unique préoccupation de la presse au cours des six derniers mois de l’année 2006 était de savoir qui se présente et quand (jour et heure) les impétrants annonceront leur décision ; depuis 2007 les questions journalistiques tournent uniquement sur le déversement des résultats de sondages par candidat avec la réflexion puissante du genre : « ça monte pour x, ça descend pour y ». Du fond, il n’est jamais question. Le discrédit n’est peut-être pas totalement injustifié. Et c’est un journaliste qui l’écrit dans Le Monde.

  • Ils regardent leurs nombrils

    Jospin est occupé et n’arrive pas à se libérer pour participer au show programmatique de Ségolène. Chirac n’arrive pas à annoncer qu’il ne se présentera pas aux présidentielles et qu’il soutient Sarkozy. Gallouzeau idem. Comme cela semble dur de redescendre des sommets du pouvoir et passer la main aux plus jeunes !

  • L’OPA de Sarkozy sur l’UMP

    Ça y est, M. Sarkozy est promu candidat de la droite aux présidentielles de 2007, devant un parterre de retraités amenés porte de Versailles à grands coups de TGV et car spéciaux, une mise en scène bleu-blanc-rouge digne de l’entrée des Rolling Stones au Stade de France. Michèle Alliot-Marie (MAM), Juppé et quelques autres après avoir avalé leurs chapeaux applaudissent au premier rang. Galouzeau de Villepin et Debré, derniers loyaux remparts d’un Chirac finissant n’ont pas fini de digérer leurs couvre-chefs. Ils font un passage éclair le matin Porte de Versailles et s’en vont.

    Sarkozy a lancé une OPA victorieuse sur l’UMP, les dirigeants de l’entreprise étaient contre, les actionnaires/militants ont applaudi des deux mains et apporté leurs actions/suffrages à l’attaquant. L’OPA hostile est devenue « amicale ». Devant l’absence de projet rentable du management Chirac, les porteurs d’actions ont reporté leurs espoirs sur l’annonce du projet sarkosien et de ses futurs dividendes. Comme toujours, le patron vainqueur annonce qu’il y aura de la place pour tout le monde et qu’il a besoin de toutes les bonnes volontés pour atteindre les objectifs du nouveau business-plan.

    Comme toujours les couteaux sont en train d’être aiguisés et les règlements de compte seront féroces si le projet « présidentiel » rencontre l’aval du marché des électeurs. Les tenants de l’ancien régime qui croient pouvoir continuer à manger de la nouvelle soupe seront massacrés sauvagement, seuls survivront ceux qui peuvent nuire. A cet égard, l’attitude de Galouzeau de Villepin est plutôt noble, il ne s’abaisse pas à quémander un parachute doré, il sauve ses abattis en fuyant. Il évitera ainsi d’être découpé sur place si Sarkozy rejoint l’Elysée. De toute façon la position qu’il prend, pour ou contre l’OPA, est parfaitement neutre en termes de voix puisque tout le monde se fout de son choix, ce n’est donc pas la peine de lui distribuer des stock-options pour le faire pencher du bon côté.

    Sarko pousse le vice jusqu’à embrasser MAM au pied de l’estrade, tel le pédégé opéeur vainqueur serrant la main du vaincu devant la presse après l’annonce de la transformation de l’OPA d’hostile en amicale ! Le business politique n’est pas un long fleuve tranquille.

  • Du rififi à droite

    Galouzeau de Villepin explique qu’il ne participera pas au vote pour le candidat (unique) UMP à la présidentielle. On croirait Chirac faisant élire Mitterrand contre Giscard dit « d’Estaing » en 1981. Cela fait un peu désordre à droite !

  • Ça ne mange pas trop de pain

    Le président Chirac présente ses vœux et commet des promesses électorales à long terme comme s’il était encore là pour dix ans. Le plus drôle est que cela semble effrayer le candidat Sarkozy dont les proches vitupèrent contre ce comportement présidentiel qui « pillerait » le programme du ministre candidat.

    Et alors ! C’est de l’agit-prop, qui mérite d’être traitée comme elle le doit par l’indifférence. Les chiens aboient, la caravane passe…

  • Droit opposable au logement : kesako ?

    Heu…, on ne comprend pas bien cette histoire de « droit au logement opposable », idée sortie du chapeau d’un président finissant en mal d’innovation électorale. Et il faut mettre ça en œuvre en toute urgence, bien entendu. C’est quoi cette affaire ? Si on est mal/pas logé on pourra attaquer l’Etat ou ses démembrements pour réclamer un appartement ? Ou pour installer une tente dans les jardins de l’Elysée ? Tout le monde pourra réclamer son dû ?

    Cela a l’air bien improvisé tout ça. Mais ça devrait relancer la construction…

  • Renoncement de la MAM

    Michèle Alliot-Marie a jeté l’éponge plutôt que de se faire dévorer par les militants UMP lors du vote du 14 janvier qui doit désigner pour le candidat à l’élection présidentielle. Sarkozy sera l’unique candidat à la candidature et devrait donc logiquement être désigné/élu par son parti… Evidemment, cela fait un peu république bannière. On a beau dire mais le processus socialiste de sélection interne de leur candida a fait quand même meilleure figure avec de l’organisation et du débat.