Catégorie : Le Journalisme de circonstance

  • « Les nouveaux chiens de garde » de Gilles Balbastre & Yannick Kergoat

    Les Nouveaux Chiens de Garde : un documentaire amer sur les liens unissant les organes de presse français au monde des affaires. C’est édifiant, sans doute très pessimiste puisque fondé sur l’affirmation que ces liens incontestables annihilent toute objectivité desdits journalistes. Des exemples précis sont livrés sur des journalistes et des experts pris en flagrant au mieux d’incompétence au pire de collusion.

    Hélas, les médias d’aujourd’hui n’arrivent plus à fonctionner de façon autonome et doivent faire la manche pour survivre, malgré les aides d’Etat consacrées à ce secteur. Alors ils se tournent vers les affaires qui elles ont de l’argent et l’envie d’utiliser la presse à leurs propres fins. Pas facile de concilier tous ces intérêts avec le devoir d’informer !

  • Programmes et sondages

    La presse continue à gloser sans fin sur l’évolution des sondages concernant la prochaine élection présidentielle plutôt que d’analyser les idées. Dans certains cas les journalistes ne comprennent pas ces programmes et ne sont donc pas en mesure de les analyser, ils n’ont pas été formés pour. Dans d’autres circonstances les candidats n’ont même pas de programme affiché, alors de quoi discuter ? C’est le cas de l’agité du ciboulot qui n’a toujours rien publié mais se contente de balancer des idées saugrenues au gré des meetings racoleurs organisés par l’UMP. On ne sait pas bien si l’absence de publication d’un programme écrit est le fruit d’une décision stratégique, estimant que cela ne sert à rien, ou s’il n’a tout simplement pas eu le temps de s’occuper de ce point de détail.

  • Les médias sur leur nuage

    Avec constance, avec obstination, avec indécence les médias continuent à interroger agressivement les représentants des forces de l’ordre pour savoir s’ils ont correctement réalisé l’opération de neutralisation du cinglé de Toulouse. Et lorsqu’un ou deux de leurs interlocuteurs s’énervent gentiment en leur demandant s’ils réalisent l’environnement dans lesquels se passait cette intervention qui était fort différente et un poil plus violente et létale que celle des plateaux de TF1, les journalistes comme toujours se drapent derrière leur devoir d’informer et s’écrient en vierges effarouchées : « mais les français veulent savoir ! ».

    Voyeurisme, attirance morbide et défaite de l’intelligence, voilà qui caractérise une presse française qui en général est largement autant responsable de l’abrutissement des masses que les stades de fouteballe.

  • Indécence journalistique !

    Dans l’avion qui ramène ce matin en Israël quatre corps dont trois enfants, une journaliste de France-Inter demande au père de l’adulte assassiné, également grand-père de deux des enfants tués, quelque chose du genre : « Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris… ». Le pauvre homme avec en soute les corps martyrisés de sa famille trouve quand même le courage de répondre. L’interview est diffusée au journal de 13h de cette radio.

    Un tel manquement aux règles élémentaires de l’Humanité devrait être puni, au minimum, du retrait définitif de la carte de presse du coupable.

  • La presse face au tragique

    Un cinglé psychopathe hors catégorie assassine des gamins dans une école de Toulouse avec une incroyable et froide cruauté après avoir tué deux jours avant trois militaires à Montauban et un autre militaire également à Toulouse encore un peu avant. On suppose que c’est le même assassin. Toutes les polices françaises sont sur les dents pour arrêter le suspect avant qu’il ne recommence.

    La presse adore et invite immédiatement les criminologues médiatiques, les psychiatres de plateaux télévisés, les policiers à la retraite pour gloser sur la différence entre le tir à bout touchant versus à bout portant, essayer d’anticiper le profil de l’assassin, deviner ce que le procureur cache et surtout, titiller les politiques pour savoir ce qu’ils pensent de ce qu’à dit ou pas dit le voisin sur le sujet, tout en se défendant bien entendu de vouloir créer ou attiser la polémique. Un classique du genre, c’est aussi l’interview de Madame Michu voisine de l’école où se sont déroulés les meurtres, elle-même mère de famille, pour l’interroger sur ce qu’elle ressent ! Bref, la presse se vautre dans la fange avec le bonheur d’un troupeau de truies dans leur auge à purin. La mesure et le tact ne figurent malheureusement pas dans la chartre d’éthique des journalistes. Il faudrait faire un référendum sur le sujet peut-être…

  • Il y a toujours quelqu’un qui paye la dette

    Les journalistes nunuches à la Stéphane Paoli sur France Inter continuent à gloser sur le sort de la Grèce et échafauder des solutions de café du commerce. Ils constatent que ce pays est surendetté et aura du mal à payer ce qu’il doit à ses créanciers, ils abjurent avec naïveté les gouvernants européens d’abandonner leurs créances mais sans expliquer comment celles-ci seront finalement couvertes ! Car la dette, hélas, est un jeu à sommes nulles, et si la Grèce ne paye pas d’autres vont payer à sa place.

    Les 100 milliards d’euros qui ont été annulés par les banques privées vont être payés par leurs actionnaires et bien sûr aussi par leurs consommateurs qui voient les taux de leurs crédits augmenter. Les prêts du Fonds monétaires international et Etats européens à la Grèce s’ils ne sont pas remboursés seront donc payés par les contribuables des pays prêteurs. C’est ainsi. 230 milliards d’euros divisés par 250 millions de citoyens européens cela fait 920 euros par personne, voilà ce que coûterait l’effacement de la dette grecque.

    Et puis ce qu’oublie aussi de préciser les nunuches des plateaux médias c’est qu’un créancier une fois qu’il a été planté par son débiteur, va hésiter à prêter de nouveau, évidemment. Les banques privées à qui l’on vient de tordre le bras vont probablement y regarder à deux fois avant de remettre la main à la poche.

  • La presse en quête de toujours plus de racolage

    Le grand défi du moment pour la presse est d’annoncer à l’avance quel jour Sarko l’agité va déclarer sa candidature au monde ébahi qui n’en peut plus d’attendre. De même en préalable de l’interview télévisée du candidat de l’Elysée le 29 janvier dernier les journalistes rivalisaient d’oracles pour savoir si la hausse de TVA serait de 1, 2 ou 3%.

    La vacuité de la majorité de la presse est toujours confondante, la frénésie du scoop l’emporte sur la capacité d’analyse quasiment inexistante. Savoir quel jour Sarko va se déclarer candidat, en gros en s’en fout, il suffit d’attendre le jour où il va se déclarer pour l’apprendre. Le temps ainsi libéré sur les plateaux médiateux pourrait être consacré à plus d’analyse si les occupants desdits plateaux en sont encore capables. Il est peu probable que substituer l’intelligence aux débats de concierges nuisent aux performances d’audience. On pourrait au moins essayer.

  • Les implants de Marie Drucker

    La presse, dont la nunuche de service sur France 2 (Marie Drucker en l’occurrence), continue à diffuser des informations sur les 30 000 implants mammaires dont certains fuient et doivent être retirés, en ajoutant que sur les 30 000 receveuses une dizaine développe un cancer du sein tout en précisant « à ce stade il n’y a aucun lien fait entre ces implants et le cancer ». Diffuser ce genre d’informations lorsque l’on est titulaire d’une carte de presse, c’est au mieux de l’incompétence caractérisée, au pire de la malhonnête intellectuelle.

    La nunuche devrait passer un peu moins de temps à coiffer ses cheveux dégoulinants pour en consacrer un peu plus à l’intelligence : si le lien est fait il faut donner l’information, s’il n’y a pas de lien ce n’est pas la peine de répéter 20 fois par jour une telle rumeur qui n’a d’autre effet que d’effrayer dans les chaumières.

  • Un patron corse trahi par une taupe

    Le journal Le Monde de mardi publie de larges extraits des procès-verbaux de l’audition de Squarcini, corse, chef de la sécurité intérieure, qui vient d’être mis en examen suite aux soupçons d’avoir contrevenu à la Loi en s’étant procuré les factures téléphoniques d’un journaliste du… Monde il y a quelques mois qui avait publié de larges extraits des procès-verbaux des auditions des personnes impliquées dans l’affaire Bettencourt. Le délateur avait alors été déniché par Squarcini, il s’agissait d’un haut fonctionnaire du ministère de la justice. Mais qui est le Judas de l’affaire Squarcini ?

    Quelque soit la perspicacité des espions français, leur capacité à respecter ou non la Loi protégeant les sources des journalistes et les procès multiples pour faire respecter le droit tel que voté par la représentation nationale, il y a toujours des traitres qui balancent des informations à la presse.

    C’est une bonne nouvelle au sens où cela permet de dévoiler les pratiques coupables de nos princes. C’en est une plus mauvaise car plus personne ne respecte plus rien et balance à tout va. C’est un peu le retour aux bons français qui dénonçaient rue Lauriston en d’autres temps…

  • Rumeurs et hystérie

    Il apparaît aujourd’hui que la baisse substantielle des valeurs bancaires hier à la bourse de Paris était due à une rumeur publiée par le journal de caniveau Daily Mail, annonçant que la Société Générale était au bord du désastre.

    Eh oui, les soi-disant analystes financiers basent leurs recommandations sur des bruits de chiottes venus d’on ne sait où. Il n’y a évidemment pas de vérification de l’information, pas d’étude des chiffres, encore moins de compréhension des risques, c’est juste de degré 0 de l’analyse ce qui pour des analystes financiers est un comble. Bientôt nous apprendrons que le rédacteur en chef de Détective est en lice pour le prix Nobel d’économie.

  • Une presse de caniveau nauséabond

    La presse britannique montre ses dessous : des journaux de caniveau à fort tirage appartenant au magnat australo-américain Murdoch se font prendre la main dans le sac après avoir pratiqué des écoutes illégales pour inspirer leurs gros titres, dont notamment des messageries vocales de familles de soldats tués en Afghanistan, histoire de bien faire pleurer dans les chaumières.

    La police serait impliquée pour avoir facilité l’accès à ces données. La politique n’est pas en reste où l’actuel premier ministre avait recruté comme directeur de la communication un ancien rédacteur en chef de News Of The World, journal atteignant des sommets de cynisme, de vulgarité, de tape-à-l’œil et de bassesse. C’est un peu comme si Matignon recrutait le rédacteur en chef de Détective.

    Et l’on découvre que le pouvoir à Londres couchait avec cette presse qui porte si mal son nom. Tout ce petit monde s’auto-congratulait, se recevait, se soutenait, coté travailliste comme conservateur d’ailleurs.

    Le Royaume-Uni est en émoi, New Of The World a mis fin à sa parution, Murdoch qui détient 40% de la presse britannique présente ses excuses et licencie quelques lampistes. Il n’est pas bien sûr que ce scandale amène le monde journalistique à une autocritique. Il risque de continuer à se draper derrière son sacro-saint devoir d’informer pour justifier ses errements.

  • Combat d’égos vieillissants dans l’audiovisuel public

    Un improbable conflit perturbe la direction de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) entre le grand chef, Alain de Pouzihlac, et le sous-chef, Christine Ockrent. Ces deux-là dirigent (en principe) différents médias publics qui émettent la voix de la France vers l’étranger (Radio France International, France 24, etc.) et se battent comme des chiffonniers dans les journaux et devant les tribunaux. Il est étonnant que l’Etat actionnaire de l’AEF ne mette pas fin à ce pathétique spectacle. Il suffit de licencier ces deux pied-nickelés et de les remplacer, cela ne semble tout de même pas très compliqué. Encore plus simple : la Christine a 67 ans et l’Alain en a 66, on les met à la retraite et le problème est réglé. Pourquoi tarde-t-on tellement ?

  • Priorités dans l’information

    France-Info journal de 18h00 : il semble que quinze crétins franco-musculeux aient été battus par quinze abrutis body-buildés-transalpins et l’on parle de crise du rugby français, de défaite historique, de déconfiture lamentable, de reconstruction nécessaire, de remise en question du staff et de l’entraîneur. Bon, sans être grand spécialiste es-ballon on note que la défaite a été 21 à 22 ce qui ne paraît tout de même pas gigantesque. Sans doute une soustraction 21 ôtés de 22 est-elle hors de portée d’un commentateur sportif moyen.

    France-Info journal de 15h30 : « Et avant de revenir sur la catastrophe de la centrale nucléaire du Japon un petit tour au stade machinchouette où l’équipe de rugby machintruc affronte l’Italie… » Le bal des bêtes humaines a repris, alors tsunami, cataclysme et déchaînements naturels ne sont plus grand-chose face à l’avidité du gogo pour le ballon poussé par une bande de musculeux décérébrés.

  • Consanguinité journalistique

    Le petit monde parisien de la presse essaye de se renouveler… Résultat ! Olivennes, ex-Le Nouvel Obs passe à Europe 1, Demorand (Grand-Prix du roquet-club) passe d’Europe 1 à Libération, et Joffrin de Libération au Nouvel-Obs.

  • L’information par les logos

    Avez-vous remarqué cette ridicule propension des plateaux de télévision à inventer des petits logos affichés dans un coin d’écran lorsqu’ils parlent d’un évènement qui s’étale sur plusieurs jours. Il en va ainsi des étapes électorales bien sûr, mais il en est ainsi aujourd’hui des massacres en Libye. TF1 affiche un sobre « Révolution en Libye » alors que FR2 opte pour un clinquant « Libye » clignotant en vert avec dans le coin la tête du cinglé des Syrtes enturbanné. Sans doute encore la déplorable emprise des communicants sur les informants !

  • Charlie tout en subtilité

    Extrait de Charlie Hebdo de ce jour :

    Bernadette Chirac à propos de son mari [France-Soir, 02/02/2011] : « Comme nul ne l’ignore, mon mari est à la retraite. Or ce n’est pas facile d’avoir un homme à la retraite à la maison. Quand il me dit : « Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est ce qui se passe maintenant ? », cela me plonge dans un abîme profond. » Pendant douze ans ; 60 millions de Français ont, eux aussi, été plongés dans un abîme profond par sa faute. A ton tour d’en chier, mémé.

    C’est lourd, mais tellement drôle.

  • Le suivisme d’une presse en mal d’analyse

    Après avoir décrété que le nouveau gouvernement français a été formé pour préparer les élections présidentielles de 2012 derrière Sarkozy, sans que l’on comprenne bien ce que cela veut dire, les journalistes assènent à tout instant que chaque parole, chaque décision d’un ministre est faite pour préparer les élections. Fillon dit ceci : c’est pour marquer son terrain pour 2012, Sarko fait cela : c’est pour marquer sa prééminence pour 2012, Copé critique untel : c’est pour préparer sa campagne, etc.

    L’unité de la presse pour ce genre de jugement à l’emporte-pièce et vide de sens, est émouvante mais pathétique au sens où elle dénote un suivisme panurgien et déplorable, symbole d’un déprimant manque d’imagination et de sens du jugement de tous ces plumitifs de circonstance.

  • Le suivisme d’une presse en mal d’analyse

    Après avoir décrété que le nouveau gouvernement français a été formé pour préparer les élections présidentielles de 2012 derrière Sarkozy, sans que l’on comprenne bien ce que cela veut dire, les journalistes assènent à tout instant que chaque parole, chaque décision d’un ministre est faite pour préparer les élections. Fillon dit ceci : c’est pour marquer son terrain pour 2012, Sarko fait cela : c’est pour marquer sa prééminence pour 2012, Copé critique untel : c’est pour préparer sa campagne, etc.

    L’unité de la presse pour ce genre de jugement à l’emporte-pièce et vide de sens, est émouvante mais pathétique au sens où elle dénote un suivisme panurgien et déplorable, symbole d’un déprimant manque d’imagination et de sens du jugement de tous ces plumitifs de circonstance.

  • Journaliste ou concierge, il faut choisir

    Les informations aujourd’hui à 12h30 sur France Culture et à 13h00 sur France Inter ont instructives. Cette dernière ouvre son journal sur la prise d’otage dans une école et délaye le sujet en long et en large avec les questions habituelles aux témoins, du genre : « et que ressentez-vous ? » posées à des personnes plus ou moins liées à la dizaine de gamins de cinq ans pris en otage par un cinglé. On imagine aisément leurs sentiments… France Culture aborde ce point en deux phrases informatives à la fin de son journal, sans faire de mélo.

    L’incident s’est finalement bien terminé et les enfants ont été libérés. Son traitement illustre encore une fois la différence entre un média esclave de son audienceet un journalisme d’information.

  • TF1 au banc des accusés

    Montebourg s’agite contre TF1 et accuse l’écran Bouygues d’être : « …une chaîne à tradition délinquante par rapport à ses obligations réglementaires. » S’en suit un échange de lettres plutôt acide entre le pédégé de TF1 et le député médiatique dont la dernière datée du 30 septembre où, grandiloquent comme souvent, il demande audit pédégé de présenter ses excuses « …à la France. »

    Lire aussi : la lettre de Montebourg.

    Les hommes politiques ne sont pas les derniers à utiliser le clientélisme avilissant des écrans cathodiques, mais dans le cas de TF1 on peut effectivement parler de délinquance pour atteinte grave et définitive à l’intelligence.