Catégorie : Humeurs

  • La contestation permanente rentre dans le vocabulaire

    On ne dit plus « la loi est votée démocratiquement par le parlement et s’applique aux résidents français » mais « le gouvernement infantilise les citoyens » afin de justifier la contestation permanente des français à l’encontre de toute décision.

    De même, on ne dit plus « l’autorité du chef qui commande aux sous-chefs, qui commandent aux sous-sous-chefs, etc. » mais on parle de « la verticalité du pouvoir », c’est plus chic et on espère que le bon peuple acceptera ainsi mieux l’autorité. Ce n’est pas gagné !

  • Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

    Philippe Juvin

    Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

    Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

    Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

    Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

    Atlantico (06/05/2020)

    Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

    Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

  • Les bobos hors du temps

    Dans un « dîner en ville » virtuel, un interlocuteur met en doute le fait que 20% des électeurs français aient voté pour l’extrême gauche représentée par Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour des élections présidentielles de 2017. Une fois raccroché, un rapide fact-checking permet de se remémorer les résultats de cette élection :

    Premier tour 
    M. Emmanuel MACRON, EN MARCHE ! 24,01 %
    Mme Marine LE PEN, FRONT NATIONAL, 21,30 %
    M. François FILLON, LES RÉPUBLICAINS, 20,01 %
    M. Jean-Luc MELENCHON, LA FRANCE INSOUMISE, 19,58 %
    M. Benoît HAMON, PARTI SOCIALISTE, 6,36 %
    M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, DEBOUT LA France, 4,70 %
    M. Jean LASSALLE, RÉSISTONS ! 1,21 %
    M. Philippe POUTOU, NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE, 1,09 %
    M. François ASSELINEAU, UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE, 0,92 %
    Mme Nathalie ARTHAUD, LUTTE OUVRIÈRE, 0,64 %
    M. Jacques CHEMINADE, SOLIDARITÉ ET PROGRÈS, 0,18 %

    Si l’on additionne les voix qui se sont portées sur Mélenchon, Poutou et Arthaud on obtient 21,31 % des suffrages pour l’extrême gauche et l’avenir radieux promis par ces candidats. Au marché ou dans les dîners en ville cela veut dire qu’une personne sur cinq autour de nous a voté pour les idées d’extrême gauche. C’est aussi la raison pour laquelle les émeutes sociales ont mis beaucoup de citoyens dans la rue tous les samedis de l’année 2019 et qu’en ces temps de pandémie tant de monde conteste les dirigeants, râle, réclame, corporatise, se plaint, se tourne vers l’Etat…

    C’est l’une des spécificités françaises de long terme dont les origines, sans remonter à la révolution de 1789, ont été largement entretenues par toute une partie de l’intelligentsia du XXème siècle commentant avec gourmandise les « expériences » soviétique, maoïste, voire même Khmer rouge pour certains. C’est à cette aune que s’est forgée une partie de la nation française. Il en reste quelques traces. Cette multiplicité de candidats de gauche et d’extrême gauche a d’ailleurs peut-être permis d’éviter en 2017 l’élection d’un candidat d’extrême droite. La parcellisation de la gauche en 2017 aura absorbé des voix qui se seraient portées ailleurs s’il y avait eu un candidat commun de la gauche… Les élections présidentielles de 2022 seront la prochaine étape.

  • Le jour du muguet et des revendications

    Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

    Toujours droit dans ses bottes, le chef de la Confédération générale du travail (CGT) réaffirme son objectif d’une semaine de 32 heures de travail, virus ou pas virus. Et il en profite pour s’offusquer que le chômage partiel ne couvre que 80% du salaire net des bénéficiaires et ne soit pas systématiquement étendu aux travailleurs qui décideraient de ne pas reprendre le travail s’ils estiment que leurs conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour ce faire lorsque le déconfinement sera entamé à partir du 11 mai.

    Bien sûr un certain nombre de syndicalistes et de politiques de gauche voient dans la crise sanitaire actuelle le crépuscule du capitalisme tant honni par leur idéologie. Ils parlent du « jour d’après » où il faudra nécessairement revoir les relations entre les hommes, réduire les inégalités, « décapitaliser et démondialiser » l’économie. C’est le mythe de l’avenir radieux pour un Homme nouveau. Pas sûr que cela n’aboutisse plus cette fois-ci que les fois précédentes !

    L’expression « il y aura un avant et un après » fleurit d’ailleurs dans la bouche de nombre de commentateurs mais au-delà des vœux pieux de circonstance sur la « démondialisation » personne ne sait bien définir ce que sera l’après et tout le monde commence déjà à s’affronter sur ce qu’il devrait être. La seule chose qui paraît certaine est que le court terme va être redoutable à gérer avec son cortège de faillites d’entreprises et de chômeurs sur toute la planète. Au-delà, le futur sera ce que nous en ferons, mais il s’annonce encore plus périlleux à penser aujourd’hui qu’il ne l’était hier.

  • La France éternelle…

    Le gouvernement français a présenté à l’Assemblée nationale son plan de déconfinement des citoyens à mettre en œuvre à partir du 11 mai. Cette présentation a été suivie par l’expression des chefs de groupes parlementaires puis par un vote consultatif. Avant même cette présentation naissait une polémique, l’opposition voulant disposer d’un délai de réflexion de 24 heures avant le vote, le gouvernement préconisant un vote immédiat.

    Compte tenu du niveau d’incertitude pesant sur l’évolution à venir de la pandémie, les mesures annoncées sont à géométrie variable et susceptibles d’être actualisées au jour le jour. En revanche, ce qui est certain c’est l’effondrement économique en cours de la France, et d’ailleurs de la planète entière, qu’il convient de limiter par une reprise de la production. Ce plan annoncé atermoie entre ces incertitudes qui entourent la relance de l’économie et la protection des citoyens. C’est un exercice impossible mais qu’il est de la responsabilité des dirigeants élus de mener, ils sont élus et payés pour ça. Le gouvernement l’a fait cette après-midi, ce plan n’est pas plus mauvais qu’un autre et on l’adaptera au fur et à mesure.

    Ce qui ne l’aide pas beaucoup ce sont les positionnements politiciens d’une opposition plus préoccupée par les effets de tribune que par l’intérêt de la République. Les uns réclament « la sécurité totale » pour la réactivation des usines arrêtées (heureusement certaines n’ont jamais été stoppées), les autres refusent de rouvrir les écoles dans ces conditions, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. La sécurité totale est évidemment impossible à garantir, le déconfinement de l’économie est évidemment incontournable. Il y aura des prises de risque à prendre, le mieux que l’on puisse faire est de les limiter.

    Le vote exprimé à l’Assemblée nationale a approuvé le plan proposé. 100 députés, félons et irresponsables, dont les noms suivent se sont exprimés contre comme l’affiche le site Internet de l’Assemblée.

    Groupe La République en Marche (297), Contre 1 : Mme Martine Wonner.

    Groupe Les Républicains (104), Contre 24 : M. Julien Aubert, M. Thibault Bazin, Mme Valérie Boyer, M. Gérard Cherpion, M. Pierre Cordier, Mme Marie-Christine Dalloz, M. Fabien Di Filippo, M. Julien Dive, M. Pierre-Henri Dumont, M. Jean-Jacques Gaultier, M. Philippe Gosselin, M. Sébastien Huyghe, M. Olivier Marleix, M. Franck Marlin, M. Gérard Menuel, M. Maxime Minot, M. Jean-François Parigi, Mme Bérengère Poletti, M. Antoine Savignat, M. Raphaël Schellenberger, M. Éric Straumann, M. Jean-Charles Taugourdeau, M. Patrice Verchère et M. Stéphane Viry.

    Groupe du Mouvement Démocrate et apparentés (46), Contre 0.

    Groupe Socialistes et apparentés (30), Contre 20 : M. Joël Aviragnet, Mme Marie-Noëlle Battistel, Mme Gisèle Biémouret, M. Jean-Louis Bricout, M. Luc Carvounas, M. Alain David, Mme Laurence Dumont, M. Olivier Faure, M. David Habib, M. Christian Hutin, M. Régis Juanico, Mme Marietta Karamanli, M. Jérôme Lambert, Mme George Pau-Langevin, Mme Christine Pires Beaune, Mme Valérie Rabault, Mme Claudia Rouaux, Mme Sylvie Tolmont, M. Boris Vallaud et Mme Michèle Victory.

    Groupe UDI, Agir et Indépendants (27), Contre 3 : M. Pascal Brindeau, M. André Villiers et M. Michel Zumkeller.

    Groupe Libertés et Territoires (20), Contre 11 : M. Jean-Félix Acquaviva, M. Michel Castellani, M. Jean-Michel Clément, Mme Frédérique Dumas, M. Olivier Falorni, Mme Sandrine Josso, M. François-Michel Lambert, M. Jean Lassalle, M. Paul Molac, M. Bertrand Pancher et Mme Sylvia Pinel.

    Groupe La France insoumise (17), Contre 17 : Mme Clémentine Autain, M. Ugo Bernalicis, M. Éric Coquerel, M. Alexis Corbière, Mme Caroline Fiat, M. Bastien Lachaud, M. Michel Larive, M. Jean-Luc Mélenchon, Mme Danièle Obono, Mme Mathilde Panot, M. Loïc Prud’homme, M. Adrien Quatennens, M. Jean-Hugues Ratenon, Mme Muriel Ressiguier, Mme Sabine Rubin, M. François Ruffin et Mme Bénédicte Taurine.

    Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16), Contre 14 : Mme Huguette Bello, M. Moetai Brotherson, M. Alain Bruneel, Mme Marie-George Buffet, M. André Chassaigne, M. Pierre Dharréville, M. Jean-Paul Dufrègne, Mme Elsa Faucillon, M. Sébastien Jumel, M. Jean-Paul Lecoq, M. Jean-Philippe Nilor, M. Stéphane Peu, M. Fabien Roussel et M. Hubert Wulfranc.

    Non-inscrits (20), Contre 10 : M. Louis Aliot, Mme Delphine Bagarry, M. Bruno Bilde, M. Sébastien Chenu, M. Nicolas Dupont-Aignan, M. José Evrard, Mme Marine Le Pen, M. Nicolas Meizonnet, M. Ludovic Pajot et M. Joachim Son-Forget.

  • La Chine s’amuse

    En période de pandémie planétaire, le Café du commerce international est en pleine activité. Ce fameux coronavirus est parti, a priori, de la ville de Wuhan en Chine. Le président américain l’a donc requalifié de « virus chinois » ce qui a tendance à légèrement énerver les dirigeants de Pékin. Comme certains autres Etats occidentaux en profitent également pour émettre des doutes sur la gestion de cette maladie par la Chine : aurait-elle déclaré ou pas tous les morts ? Le virus ne se serait-il pas échappé par accident d’un de ses laboratoires ? Et patati et patata. Bref, « des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la beaufitude, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement[1] ».

    La Chine se défend avec la subtilité d’un nunuche de 8 ans dans une cour d’école primaire, un porte-parole du ministre des affaires étrangères accuse à son tour les Etats-Unis d’avoir diffusé le virus et les ambassadeurs chinois relaient la petite guéguerre. Un passage sur le site de l’ambassade de Chine permet de s’en persuader :

    Certains présomptueux ont affirmé que « tant que le gouvernement garantira son bonheur et sa sécurité, le peuple chinois tolèrera ce régime autoritaire », mais que l’épidémie « met à mal le contrat entre le peuple et le régime ». Quelle ânerie ! La vocation première et la mission originelle des communistes chinois a toujours été la recherche du bonheur pour le peuple, et de la renaissance pour la nation.
    C’est un engagement solennel vis-à-vis de la population. Face aux difficultés, le parti communiste chinois s’est toujours tenu aux côtés de son peuple. Jamais il ne l’abandonnera et le peuple chinois lui fait entièrement confiance. Ceux qui tentent de discréditer le PCC et de créer la discorde entre le peuple et le Parti se condamnent à l’échec et à l’humiliation. Pardonnez ma question mais, la vocation des partis de gouvernement en Occident est-elle autre que d’œuvrer pour le bonheur et la sécurité de leurs peuples ?

    Chine Magazine 01/03/2020

    Or, dans le même temps, en Occident, on a vu des politiciens s’entre-déchirer pour récupérer des voix ; préconiser l’immunisation de groupe, abandonnant ainsi leurs citoyens seuls face à l’hécatombe virale; s’entre-dérober des fournitures médicales ; revendre à des structures privées les équipements achetés avec l’argent public pour s’enrichir personnellement ; on a fait signer aux pensionnaires des maisons de retraite des attestations de « Renonciation aux soins d’urgence »; les personnels soignants des EHPADs (* *)ont abandonné leurs postes du jour au lendemain, ont déserté collectivement, laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie ; on a vu le Commandant d’un porte-avions demander à ses supérieurs l’autorisation d’accoster pour permettre à des marins infectés d’être traités à terre. Il a été limogé…, et j’en passe. Et pourtant, je n’ai pas vu beaucoup de reportages ou d’enquêtes approfondies des grands médias occidentaux révélant ces faits. Ces médias et ces experts, tant épris d’objectivité et d’impartialité, ont-ils donc une conscience ? Ont-ils la déontologie ?

    Ambassade de Chine 12/04/2020

    Le mieux serait que tous ces dirigeants bien payés par leurs contribuables, à l’Ouest comme à l’Est, fassent leur boulot au lieu de parader dans les médias pour savoir qui a « la plus grosse ». La Chine se serait honorée à ne pas répondre à cette querelle de bas étage mais à laisser parler les faits. Outres quelques centaines de milliers de morts, le coronavirus aura fait une nouvelle victime : l’intelligence collective des dirigeants politiques de la planète. Heureusement, les échos reçus du monde scientifique semblent démontrer que la collaboration entre scientifiques mondiaux est bonne et menée sur des bases de transparence et de sens de l’intérêt général, du moins pour ceux d’entre eux qui travaillent dans leurs laboratoires et non sur les plateaux télévisés.


    [1] Inspiré par Mongénéral

  • C’est « compliqué » de parler français

    On ne dit plus « c’est difficile de faire ceci » ou « c’est impossible de dire cela ». On dit « c’est compliqué de… » généralement suivi d’un « on va dire… » histoire de faire bonne mesure. Les tics verbaux compulsifs se dispersent dans l’atmosphère comme les postillons et leur virus.

  • Un nouveau tic verbal compulsif

    On ne dit plus « des recommandations évolutives » mais des « injonctions contradictoires ». Ce nouveau terme est utilisé par les commentateurs mondains pour critiquer le fait que les positions des dirigeants et des scientifiques changent au fur et à mesure de la connaissance de ce méchant coronavirus.

  • Le retour du marché noir

    Coco / Charlie-Hebdo (13/03/2020)

    Le chroniqueur faisant ses courses en ces temps de confinement constate avec intérêt que beaucoup de citoyens portent désormais des masques en extérieur, plutôt une majorité d’ailleurs, au moins pour les passants du quartier. On est en revanche surpris de réaliser que nombre de ceux-ci portent des modèles chirurgicaux, voire même de type FFP2 (et non pas des masques « alternatifs ») alors que ces deux catégories sont en principe réquisitionnées par l’Etat et réservées au personnel soignant. Comment ces citoyens se procurent-ils des masques réquisitionnés ? Un rapide sondage obtient toujours le même genre de réponse : « ma copine infirmière m’en a laissé un ce matin » ou « mon employeur nous en a donné », etc.

    On se retrouve un peu comme en 40 où la Kommandantur réquisitionnait les kartoffeln en laissant les topinambours aux parisiens. Il arrivait que le grand-père de Mme. Michu se lance dans le marché noir pour récupérer des patates et les revendre au prix fort. De la collaboration en 40 à Goldman Sachs qui expliquait en 2008 au gouvernement grec comment trafiquer sa comptabilité publique, les ressources du marché et la créativité de ses acteurs sont sans limite pour détourner les réglementations.

  • La presse et le virus

    Depuis presqu’un mois que la France est confinée, comme nombre d’autres pays de la planète, ses plateaux médiatiques d’information en continue ne parlent plus quasi exclusivement que de ce sujet. Ils accueillent nombre de commentateurs érigés en « experts de dîner en ville ». On trouve dans cette catégorie d’ailleurs beaucoup de soignants dont on se demande s’ils n’ont vraiment rien de mieux à faire en ce moment que de bavarder sur les plateaux ?

    Evidemment lorsqu’on a rabâché en continu 24h sur 24 depuis quatre semaines la question des masques, des tests, de la chloroquine, des lits de réanimation, des cambriolages de pharmacies et des statistiques du nombre de morts, sans oublier la coupe de cheveux du Pr Raoult, il est un peu difficile d’être original. Alors heureusement un nouveau sujet se profile à l’horizon : le président de la République doit faire une communication demain soir. La nouvelle mission dont la presse s’auto-investit est de deviner à l’avance ce qu’il va bien pouvoir dire. Et de nouveau la machine à tourner dans le vide s’est remise en route depuis déjà quelques jours puisque, justement, on ne sait pas encore ce qu’il va dire… Pour alimenter le mouvement perpétuel de cette machine infernale, les chaînes font appel depuis longtemps à une espèce qui n’est pas du tout en voie de disparition, celle des « communicants ».

    Au sein de celle-ci une catégorie de « communicants » est mise en avant, celle des « communicants de crise » particulièrement coriace et imbue de son importance. Alors que nos pays sont quasiment en crise permanente depuis celle du pétrole de 1973, cette espèce spécifique prospère et vend ses conseils aussi bien aux Etats qu’aux entreprises. Même certains particuliers y font appel, par exemple DSK lors de sa crise sexuelle du Novotel de New-York, ou Carlos Ghosn lors sa crise judiciaire (il est recherché par la justice japonaise depuis sa fuite au Liban). Lorsqu’ils interviennent pour des particuliers « en crise » la mission de ces « communicants de crise » est de sauver la mise de leurs mandants en leur faisant dire ce qui est censé mettre l’opinion publique de leur côté et qui n’est pas forcément la vérité. Lorsqu’il s’agit de « crise politique » on ne sait pas trop quelle est leur mission sinon d’aller occuper indûment et inutilement les plateaux télévisés pour y asséner leurs soi-disant principes fondamentaux de « communication de crise », qui sont généralement vrais le lundi puis démentis le mardi…

    Pour en revenir à l’allocution présidentielle de demain, le mieux serait sans doute tout simplement d’attendre lundi soir une fois que l’allocution aura été prononcée pour savoir ce qu’il y a dedans. Et ainsi, pendant le temps libéré, les journalistes pourraient peut-être consacrer quelques petits moments à d’autres sujets que le coronavirus ? Car pendant ce temps la guerre continue en Syrie, la station spatiale internationale tourne toujours autour de la terre, la campagne électorale se poursuit aux Etats-Unis, avec à la clé la possible éjection du président actuel, certaines entreprises produisent normalement, etc. On pourrait peut-être passer de 98% du temps d’antenne occupé par le virus à seulement 90 ou 95% ?

  • Au Café du commerce

    L’impréparation et le déni de nos dirigeants vont nous coûter bien plus cher qu’un stock de masques et des équipements hospitaliers décents pour faire face à la pandémie.

    Mme. Michu au Café du commerce

    Comme à son habitude Mme. Michu rouspète et rabâche ses plaintes en boucle au Café du commerce entre deux ballons de blanc sec. Elle est largement relayée par les « experts » de plateaux télévisés qui ont fait du sujet « masque » l’une de leurs polémiques favorites après avoir raillé et ironisé il y dix ans la constitution de stocks de vaccins et, déjà, de masques lors de l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. Ces stocks n’avaient finalement pas été utilisés puis avaient été très significativement réduits et la responsabilité de leur détention partagée entre l’Etat et les établissements hospitaliers.

    A la question « serait-il préférable d’avoir un stock de masques plus important aujourd’hui » la réponse est évidemment oui, non seulement à Paris, mais dans tous les pays qui sont en chasse de volumes considérables de ces fameux masques dont la planète manque cruellement. A la question « faudra-t-il adapter le système de santé à ces risques épidémiques, ou en tout cas à certains d’entre eux », la réponse est évidemment oui en choisissant le niveau de risque que l’on veut couvrir. A la question « qui va payer », la réponse est évidemment : M. et Mme. Michu !

    Plutôt que le pitoyable bal des pleureuses donné en spectacle sur les plateaux télévisés et au Café du commerce, le mieux est que toute cette énergie perdue soit consacrée à soutenir notre pays qui lutte contre cette maladie, pas plus mal que certains et bien mieux que beaucoup. On n’a pas assez de masques, eh bien les chaînes logistiques sont sur le terrain pour améliorer l’approvisionnement. Notre système de santé est dimensionné pour 5 000 lits de réanimation et ce n’est pas assez, eh bien le corps médical a réussi à faire passer l’offre à 10 000 lits en quelques semaines. Certaines régions sont dramatiquement touchées, eh bien on transfère dans d’autres villes des patients à coups de trains à grande vitesse transformés en ambulances, d’hélicoptères transformés en tapis volants. On a dû fermer les écoles et les universités, eh bien on a recyclé l’enseignement dans le cloud… etc.

    Est-ce que tout ceci est 100% satisfaisant : non bien sûr. Est-ce que l’on ne se porterait pas mieux si le virus était resté en Chine : bien sûr que oui. Alors arrêtons de geindre, cessons de critiquer, gelons les polémiques, admirons ce qui fonctionne, soutenons les premières lignes, appliquons les recommandations. Bref, soyons moins franchouillards et plus efficaces, Mme. Michu y compris.

  • L’âge critique approche

    L’âge critique approche

    Les statistiques de morbidité de l’épidémie actuelle de coronavirus diffusées tous les jours montrent que plus de 90% des décédés ont plus de 65 ans… Evidemment, quand on en a 62 on sent l’âge critique arriver. D’ailleurs, au-delà de la maladie actuelle, lorsque l’on arrive dans les 70 ans on entre dans des temps qui peuvent être ceux des tourments médicaux. Et il n’y a pas que le coronavirus qui attaquent les seniors, hélas. Quand on vieillit on passe des étapes qui nous rapprochent de ces temps incertains, avant une échéance finale qui elle est certaine. Les statistiques sont redoutables !

  • Les ploucs de la République

    En cette période de crise sanitaire la lecture de quelques comptes Twitter de responsables franchouillards est assez édifiante, voire légèrement déprimante sur les bords. Les habituels bons clients : les Eric Ciotti, Gilbert Collard, Christine Boutin, entre autres, se déchaînent. Plus ou moins confinés comme le reste de la population, ils semblent passer encore plus de temps que d’habitude à répandre critiques et insultes en 140 signes contre « ce gouvernement d’incapables »[1] en n’oubliant pas de publier aussi leur bobine en tête de gondole histoire de se rappeler au bon souvenir de leurs lecteurs. Et comme tous ces personnages bénéficiant manifestement de beaucoup de temps libre se retwitte les uns les autres avec enthousiasme on a un peu l’impression que ce média est saturé par toute la ploucitude politique dont des élus de la République, rémunérés par les contribuables, sont capables.


    [1] Nadine Morano Tweet du 26 mars

    Polémiques vaines, nombrilisme renforcé, critiques gratuites, injures déplacées, on a parfois envie de donner les clés du pouvoir à ces  donneurs de leçon pour les voir à l’œuvre ! Cette irresponsabilité de certains attise la tendance naturelle de Mme. Michu à vouloir couper des têtes des responsables qu’elle a élus. Elle cache aussi, bien malheureusement, le fait que la majorité des français se décarcassent pour vivre et participer à cette cause nationale de la lutte contre l’épidémie. Comme toujours en France, une minorité organisée et médiatisée arrive à semer un trouble nuisible dans la République. Décidément, on a bien les dirigeants que l’on mérite.

  • Le syndrome « rue Lauriston »

    Les râleurs et les escrocs prospèrent en période de crise, rien que de très normal tant que cela reste statistiquement minoritaire. En l’occurrence on est en train de dépasser les bornes de la décence avec des dénonciations qui rappellent le temps où la grand-mère de Mme. Michu dénonçait son voisin juif au siège de l’officine française de la gestapo rue Lauriston durant l’occupation allemande de la France lors de la IIème guerre mondiale.

    Aujourd’hui des infirmiers et infirmières qui sont amenés à croiser des malades du coronavirus dans leur activité professionnelle reçoivent des courriers, anonymes ou pas, de voisins des immeubles dans lesquels ils habitent leur demandant de veiller à ne pas toucher les boutons d’ascenseur, de se garer plus loin, etc… et même d’aller « habiter ailleurs si possible ». L’un d’eux a reçu un courrier officiel du syndic de l’immeuble qui s’est excusé ensuite.

    Les arnaqueurs font par ailleurs preuve de créativité et d’énergie pour escroquer ladite Mme. Michu qui, une fois qu’elle a dénoncé son voisin, se fait fourguer des faux masques de protection vendus sur internet par des aigrefins de passage.

    Cette montée de ploucitude est désolante, sans doute inévitable en de telles circonstances où la peur prend le pouvoir sur les neurones de certains, déjà bien atteints par des décennies de match de fouteballe à la télévision et les tweets de Nadine Morano.

  • Déjà des plaintes en justice

    Ça y est, il n’aura pas fallu attendre plus de quelques semaines après le déclenchement de la crise sanitaire pour que des individus portent le sujet devant la Justice. En l’occurrence, quelques médecins généralistes attaquent l’Etat pour que les masques FFP2 (à haut niveau de protection) soient fournis aux généralistes. Si l’Etat était déclaré coupable il serait dans l’obligation de fournir ces masques qu’il n’a pas en quantités suffisantes pour le moment d’où la gestion de pénurie. C’est un peu comme ce fameux droit opposable au logement que le président Chirac avait fait voter dans un grand élan de générosité (et sans doute pour avoir la paix) obligeant l’Etat à fournir un logement social à toute personne sans logement répondant par ailleurs à quelques conditions, distribution qu’il est évidemment incapable de faire puisqu’il n’en détient pas assez.

    Cette déplorable tendance franchouillarde à polémiquer et à trouver des têtes à couper se manifeste une nouvelle fois, et en plein cœur d’une crise grave. Ces médecins n’ont-ils rien de mieux à faire que d’ester en justice par les temps qui courent ? Il y a pour le moment un écart entre l’offre et la demande de masques qui semble-t-il est en voie de réduction. Des gens intelligents et opérationnels s’occupent d’augmenter les capacités de production nationales. Des millions de masques sont produits et distribués chaque semaine, d’autres sont commandés à l’étranger. Ne doutons pas que chacun fait le maximum pour participer à la réduction du goulot d’étranglement, les actions en justice n’y changeront pas grand-chose sinon de satisfaire les égos de plaignants en mal de gloriole personnelle peu soucieux d’efficacité opérationnelle, et d’emboliser un système judiciaire lui aussi au ralenti.

    C’est d’autant plus regrettable que cela risque d’être le début d’une longue litanie d’actions judiciaires que devrait mener un peuple développant un réflexe pavlovien : « c’est la faute à l’Etat » ! Si tous les citoyens pouvaient se mettre au travail et consacrer toute leur énergie à la résolution de la crise ce serait bien.

  • Des cultures et des virus

    Riss/Charlie-Hebdo (18/03/2020)

    En cette période de confinement mondialisé ordonné pour faire face à une pandémie d’un virus inconnu, on voit les réactions différentes de citoyens marqués par des cultures diverses : en France Mme. Michu se précipite dans son supermarché pour dévaliser les rayons de nouilles et du papier-toilette, aux Etats-Unis M. Smith envahit son armurier pour acheter des flingues. Dans un cas comme dans l’autre, chacun avance le principe de précaution et la nécessité de la prudence.

  • Nous sommes bien peu de choses…

    Riss/Charlie-Hebdo (18/03/2020)

    L’épidémie du coronavirus « Covid 19 » continue à se répandre sur la planète devant des citoyens médusés et incrédules, spécialement dans les pays riches qui se croyaient définitivement à l’abri de ce genre de mésaventures, assis sur leurs certitudes technologiques. C’était une erreur que nous pouvons méditer tout à loisir, confinés dans nos logements pour quelques semaines. Ou comment un simple virus met la planète à genoux ; nous sommes décidément bien peu de choses !

    Les polémiques franchouillardes circulent encore plus vite que le virus, entretenues par le bouillon de culture que sont les médias radio-télévisés et les médias dits-sociaux. Les deux principales concernent l’insuffisance de masques destinés à protéger ceux qui les portent de la contagion et la question de savoir si le système de santé français permettra d’absorber le pic de l’épidémie et de traiter en réanimation ceux qui le nécessiteront lorsque ledit pic sera atteint.

    Les journalistes et médecins de plateaux télévisés ânonnent sans relâche qu’il y a une pénurie de masques tout particulièrement pour le personnel soignant, et pour bien d’autres professions en général. Pénurie il y a : les dirigeants et les producteurs de masques font ce qu’ils peuvent pour y remédier. Les premiers ont réquisitionné toutes les productions faîtes en France afin d’empêcher qu’elles puissent être exportées puisque, grosso-modo, la plupart des pays européens font face à une très forte demande de ces accessoires. D’après les informations sérieusement sourcées les capacités de production nationales augmentent progressivement sans pour autant rejoindre la demande également en forte augmentation. Les polémistes mondains font pleuvoir la critique sur le pouvoir en place, coupable d’aveuglement et de mondialisme, voire de comportements criminels « on envoie nos soignants au casse-pipe…[1] » et bla-bla-bla. Il semble qu’il existait un stock stratégique de masques détenu par l’Etat il y a une dizaine d’années mais que celui-ci aurait été déstocké après avoir été jugé inutile, cette décision faisant suite à la polémique de grande ampleur apparue à la suite de la décision publique de stocker plusieurs dizaines de millions de vaccins contre la grippe H1N1 en 2009, vaccins finalement non utilisés. Les mêmes commentateurs avaient alors raillé la ministre de la santé de l’époque Roselyne Bachelot, avaient ironisé sur toutes les antennes sur ce « scandale d’Etat ». Les mêmes aujourd’hui, ou leurs successeurs de la même engeance, tombent à bras raccourcis sur « l’imprévoyance du gouvernement »… Bon, il y divergence entre l’offre et la demande de masques, celle-ci devrait se résorber progressivement, c’est évidemment ennuyeux mais ce n’est pas non plus la peine de ne parler que de ça cela ne fait pas avancer la résolution du problème plus vite. Des gens sérieux et opérationnels s’en occupent en dehors des plateaux télévisés.

    Deuxième sujet récurrent : y-aura-t-il assez de lits de réanimation pour accueillir les 5% de malades gravement atteints au pic de l’épidémie ? Là encore la question est rabâchée à toutes les sauces par les commentateurs mondains et assénée à tout intervenant sur le sujet. La réponse est : « on ne sait pas » puisque personne n’est en mesure d’évaluer combien de patients seront à traiter le moment venu. Ce que l’on sait c’est que les responsables développent tout ce qu’ils peuvent pour augmenter ce nombre lits de réanimation et lisser la courbe de l’épidémie pour essayer d’atténuer la divergence entre l’offre et la demande. Il y aurait 5 000 lits de réanimation disponibles en temps normal et l’on devrait atteindre 10 000 lits sous peu. S’il y a 20 millions de personnes contaminées et que 5% nécessitent des soins intensifs cela ferait un besoin d’un million de lits de réanimation si toutes ces personnes étaient malades au même moment, d’où les actions de confinement en cours pour lisser la courbe de progression de la maladie. Il est probable que, comme en Italie, nous n’y arriveront pas complètement et qu’il y aura sans doute des décès qui auraient pu être évités si le système de santé offrait 1 million de lits de réanimation au lieu de 10 000. On peut polémiquer sur ces simples statistiques, chercher des têtes à couper, parler dans le vide, surfer sur la peur et l’ignorance comme en ce moment sur les ondes radio-télévisées, mais plus difficile est de réfléchir sur ce sujet épineux. Après tout, il est assez simple de passer de 10 000 lits de réanimation x milliers (ou millions), il suffit de payer.

    Si demain la République veut accroître ses stocks de sécurité de masques, de blouses, de lits de réanimation, de personnel soignant, etc. il suffit de dépenser plus. Ce n’est pas un problème technique mais une question budgétaire. Nous avons un parlement qui examine chaque année le budget de la sécurité sociale, dépenses comme recettes, et qui peut le doubler, le tripler ou le décupler. La difficulté sera évidemment d’expliquer aux citoyens comment ces augmentations seront financées car il faudra dans ce cas accroître les cotisations, les impôts, diminuer d’autres budgets pour compenser, sans doute un peu des trois. Et cela risque d’être douloureux mais c’est la grandeur de nos démocraties de prendre ce genre de décisions démocratiquement !

    Rappelons une nouvelle fois que la corporation des titulaires de cartes de presse donneurs de leçons bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

    Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à la reconstitution d’un stock de masques chirurgicaux. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.


    [1] Ivan Rioufol de Valeurs Actuelles sur un plateau

  • Les plateaux télévisés encombrés « d’experts » bavards

    Depuis que la France est devenue l’un des épicentres européens de l’épidémie de coronavirus, ce sujet sanitaire occulte tous les autres. Outre les journalistes qui se sont tous érigés en experts épidémiologiques, un nombre significatif de représentants du corps médical se succède sous les spotlights pour édifier les spectateurs d’avis et de commentaires dispensables, souvent contradictoires, parfois polémiques. Les journalistes-experts adorent insister sur lesdites contradictions en pointant le fait que untel a dit ceci il y a deux jours et dit maintenant cela. Ils n’ont pas encore admis qu’une épidémie est évolutive et peu prévisible, alors les tactiques et stratégies mises en place évoluent au jour le jour en fonction de la situation. C’est ce pourquoi les contribuables payent leurs dirigeants politiques.

    En revanche, on s’étonne un peu que ces médecins variés aient tant de temps à perdre sur les ondes radio-télévisuelles. Compte tenu des circonstances ne serait-il pas plus opérationnel pour le système de santé qu’ils soient au travail dans leurs cabinets et hôpitaux plutôt qu’à bavasser sur les plateaux ? Ensuite on a des décisions politiques liées à cette crise sanitaire qui sont prises tous les jours, elles-mêmes basées sur un « conseil scientifique » plutôt transparent qui publie désormais ses analyses via des communiqués lisibles par Mme. Michu. Alors Messieurs les professeurs de plateaux télévisés, le mieux est que vous alliez travailler pour appliquer les instructions politiques, aider vos collègues surchargés, ou que vous vous reposiez de vos efforts, mais votre envahissement des ondes est juste du temps perdu et détourné de la juste cause.

  • Elections et discipline

    Dans un petit bureau de vote parisien c’est le désert pour ce premier tour des élections municipales. Pendant ce temps, le jardin public contigüe est plein de familles prenant le soleil, allongées sur les pelouses ou faisant la queue devant la bicoque à confiseries. La veille au soir le premier ministre avait appelé les citoyens à rester chez eux pour cause de virus baladeur, sauf pour faire leurs courses alimentaires et voter… Il y a encore un peu de travail à faire pour améliorer le sens civique de la population.

  • Le goût de la polémique

    Les journalistes et commentateurs mondains, piliers de plateaux télévisés de chaînes d’information en continu, se sont érigés en experts épidémiologiques depuis que l’Europe, et tout particulièrement la France, est attaquée par un virus contre lequel il n’existe à ce stade ni traitement ni vaccin. Les mêmes qui ricanaient en 2009 face à la commande de vaccins faite par souci de prudence par l’Etat contre la grippe H1N1, puis finalement annulée, raillent aujourd’hui les autorités de santé de n’être pas assez prudentes en maintenant pour demain le premier tour d’élections municipales alors que le pays s’enfonce dans la crise sanitaire et les mesures de confinement.

    Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

    Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à la recherche pour un vaccin contre le coronavirus actuel. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.