À la suite des meurtres de quatre fonctionnaires de police commis à la préfecture de police de Paris le 3 octobre par un terroriste religieux (lui-même tué par un autre policier) il s’est trouvé au moins une personne en France pour soutenir le meurtrier. Hadama Traoré, activiste-créateur du mouvement La Révolution Est En Marche (LREEM, à ne pas confondre avec LREM le parti actuellement majoritaire au parlement La République En Marche) a appelé à manifester le 10 octobre en faveur du meurtrier, également fonctionnaire de la préfecture de police et qui, souffrant d’un handicap de surdité partielle, aurait été discriminé au travail d’où ses crimes. Celui-ci ne serait en aucun cas un terroriste mais un travailleur discriminé.
La manifestation a été interdite et M. Traoré placé en garde à vue. Il s’était déjà fait connaître fin 2017 pour avoir porté plainte contre le préfet de Seine-Saint-Denis à la suite de sa révocation d’un poste qu’il occupait à la mairie d’Aulnay-sous-Bois comme responsable d’antenne jeunesse à la suite d’insultes qu’il aurait proférées par divers canaux à des élus et des fonctionnaires. Début 2018 la CGT organise une manifestation pour protester contre sa révocation et publie la lettre que M. Traoré adressa au président de la République.
Bref, la manifestation qu’il proposait d’organiser en faveur du meurtrier de la préfecture a été interdite. On ne sait pas où en est sa plainte contre le préfet.
Impayable : hier
soir la police de Glasgow annonce avoir arrêté un homme qui pourrait être
Xavier Dupont de Ligonnès qui est soupçonné du meurtre de sa femme et de leurs
quatre enfants à Nantes et qui a disparu de la circulation depuis 10 ans. On a
retrouvé les corps des cinq premiers mais jamais le sien, laissant supposer toutes
sortes d’hypothèses pour ce qui le concerne. La presse et ses acteurs qui adorent
ce genre d’histoires ont produit depuis nombre d’articles, de livres et de documentaires
retraçant ce que l’on sait des meurtres et ce que l’on imagine de la fuite de
celui qui en est le principal accusé.
Alors quand la nouvelle de l’arrestation possible de celui qui est soupçonné d’avoir commis cette tuerie est rendue publique, les radios et télévisions d’information continue se jettent sur l’affaire comme un nuage de crickets sur un champ de sorgho. Les ridicules logo « Edition spéciale » fleurissent comme des fleurs sur un tas de fumier et leurs soirées sont consacrées à répéter en boucle ce qu’ils ne savent pas. Tous et toutes s’y mettent avec un enthousiasme désarmant.
Les empreintes digitales de
la personne seraient comparables avec celles de l’accusé alors on s’en lèche
les babines sur les plateaux médias où sont convoqués avec concupiscence tous
les soi-disant experts de cette affaire criminelle mystérieuse. Une équipe de
police française serait en route vers l’Ecosse pour réaliser des tests ADN. En
attendant les envoyés spéciaux des chaînes font le pied de grue devant l’aéroport
de Glasgow à répéter qu’ils ne peuvent pas en dire plus à ce stade. Tous les
journaux parus ce matin ont titré sur cette arrestation.
Las, les tests ADN réalisés
ce matin ont montré que la personne arrêtée n’est pas le soupçonné. Elle est
donc relâchée à Glasgow sans autre forme de procès. Depuis ce soir ce sont
encore des « éditions spéciales » à tous les étages pour répondre à
la question existentielle « Affaire Ligonnès : y-a-t-il eu
défaillance [de la police] ? ». On croit rêver ! Les
journalistes font tout de même, du bout des lèvres, amende honorable mais
cherchent maintenant les coupables de leur déroute en dehors de leur profession.
En réalité, pour douloureuse que soit cette affaire criminelle pour les familles qui y sont impliquées, elle n’est qu’un fait divers qui ne justifie en rien tout ce tapage médiatique, que l’on ait ou pas retrouvé le principal accusé. Au mieux cela peut générer trois lignes d’information en dernière page de l’édition du journal une fois le fait établi. Mais non ! Des journalistes de circonstance, unanimes, ont fait leurs choux gras d’une rumeur de caniveau sans aucun intérêt, montrant le peu de cas qu’ils font de leur mission de vérification et d’analyse de l’information qu’ils diffusent, décrédibilisant encore un peu plus leur profession. Au moins auraient-ils pu employer un peu plus le conditionnel, mais ce doit être une conjugaison que l’on n’enseigne plus dans les écoles de journalisme. Pas plus que la hiérarchie de l’information d’ailleurs, comme s’il n’y avait rien de plus approprié à publier hier soir et ce matin qu’une rumeur de commissariat de police concernant un obscur dérangé du 22 long rifle alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que l’économie mondiale ralentit, que le parlement français traite de la loi bioéthique et de l’immigration, etc. ?
Ainsi va la presse de nos
jours : hystérie, précipitation et incompétence. Tous les risques se
justifient pour un scoop de caniveau.
Entendu au sujet des difficultés croissantes de la fin de
vie dans notre société vieillissante et en proie à différentes épidémies :
cancer, maladies neuro-dégénératives…
– Mme. Michu : on ne fait rien en France pour légaliser le suicide assisté, c’est pas normal !
– Son contradicteur : comme de nombreux pays occidentaux, notre vieille démocratie réfléchit sur ce sujet intime et sensible. Un comité consultatif national d’éthique (CCNE) a été créé en 1983 et travaille sur toutes ces questions si délicates : la fin de vie, l’utilisation des nouvelles techniques liées à la biologie, les tests génétiques… Ce comité donne des avis mesurés et documentés qui aident à la réflexion des parlementaires légiférant sur les lois en la matière.
– MM : oui mais la société française devrait autoriser le suicide assisté !
– SC : pour le moment, le parlement élu par les citoyens, dans sa grande sagesse, n’a pas retenu cette option mais a préféré toiletter par touches progressives la loi dite « Leonetti » qui régit la fin de vie mais sans inclure l’option du suicide assisté. La société ne t’interdit pas de te suicider en te jetant sous un bus, en revanche elle estime qu’elle n’a pas à légiférer sur ce sujet. Si cela ne te plaît pas, soit tu vas t’installer dans un pays qui l’autorise, soit tu montes un parti politique pro-suicide assisté et tu cherches à emporter la majorité au parlement pour imposer tes vues.
Nous sommes en France et le citoyen demande et s’attend à ce
que l’Etat intervienne partout, même dans la mort. Les avis du CCNE sont un
modèle de subtilité et de profondeur sur les sujets fondamentaux de notre
société, dont la mort. Peut-être un jour recommandera-t-il le suicide assisté.
Ce n’est pas le cas pour le moment et il est estimé qu’il ne faut pas bousculer
la société. Dans ce domaine plus que tout autre, le simplisme de Café du Commerce
n’est pas de mise. C’est une bonne chose. La loi « Leonetti » a déjà fait
évoluer significativement le corpus légal mis à disposition des familles et du
corps médical pour éviter l’acharnement thérapeutique. Appliqué par des gens
intelligents et mesurés, elle a produit des effets favorables. Nous verrons les
évolutions ultérieures, en la matière il convient de se hâter lentement.
Un citoyen français,
converti à l’Islam, travaillant à la préfecture de Paris, a tué quatre de ses
collègues à coups de couteau dans les locaux mêmes de la préfecture ce jeudi
3 octobre. Il a ensuite été abattu par un gardien de la paix. L’administration
française de la police est ébranlée de découvrir qu’un terroriste ait pu
prospérer au cœur même d’un de ses lieux de pouvoir emblématiques. Les
commentateurs de circonstance et élus de l’opposition s’égosillent sur les
plateaux médias en appelant à la démission du ministre de l’intérieur, en déplorant
le « laxisme du pouvoir qui ne protège pas les français » et
bla-bla-bla… Les journalistes en rajoutent comme à leur habitude en produisant
des sondages de pacotille interrogeant Mme. Michu pour savoir si elle a
confiance ou pas dans ses dirigeants pour la protéger.
Au-delà de cette
agitation médiatique désormais rituelle, hélas, force est de constater une
nouvelle fois que le mal terroriste religieux est niché au cœur de la société
française et qu’aucune couche n’y échappe. Aujourd’hui c’est donc un service de
police spécialisé dans la lutte anti-terrorisme qui est atteint en son sein par…
un terroriste. C’est une version différente mais tout aussi pernicieuse des
agents doubles du temps de la guerre froide. Le combat sera sans fin !
– Tout va mal, les hôpitaux s’effondrent, les professeurs se suicident, qu’allons-nous devenir ?
– N’as-tu pas l’impression de très légèrement dramatiser la situation ? Qui autour de cette table n’a jamais rencontré une difficulté pour se faire soigner, pour soi-même ou ses enfants ? Certes, nous avons tous eu à passer un jour ou l’autre 4 ou 6 heures, voire une nuit complète, dans un service d’urgence, mais est-ce un drame puisqu’à la fin nous avons été soignés ? Où est-il écrit que tout patient doit être pris en charge dans les 5 mn de son arrivée aux Urgences ?
– Ah oui, c’est vrai mais ce n’est pas pareil, nous, nous sommes favorisés en tant que catégorie socio-professionnelle ++ et je connais quelqu’un qui m’a dit qu’il connaissait quelqu’un qui avait rencontré quelqu’un qui lui a raconté que son cousin avait été mal soigné et bla-bla-bla…
– Certainement il y a des erreurs médicales, des médecins surchargés, des patients mal pris en charge mais on peut raisonnablement penser que l’espérance de vie de la population française augmentant, ladite population doit plutôt être globalement soignée correctement. Ensuite, la République adapte son système de santé avec l’évolution des besoins et des moyens, ce n’est jamais assez, jamais à temps, mais cela se fait. Après, si l’on veut doubler les salaires des infirmières, par exemple, il suffit de le décider et de payer en augmentant ou en optimisant les cotisations sociales ce qui posent d’autres problèmes puisque les français sont opposés à un accroissement de leurs impôts (sauf pour « les riches ») ou de leurs cotisations sociales (sauf s’il s’agit de celles du voisin). L’enceinte pour ce genre de débat s’appelle le Parlement qui arbitre entre les affectations, vote et contrôle les dépenses publiques et sociales. Idem pour l’enseignement, certes une professeure vient de se suicider, débordée par ses mauvaises conditions de travail. C’est un drame humain incontestable mais pour savoir si c’est un problème généralisé il faudrait à tout le moins comparer le taux de suicide de cette profession avec le taux moyen de suicide dans la population. Quel qu’en soit le résultat, il n’y a sans doute pas tout à jeter dans le système éducationnel français, il doit bien subsister quelques îlots dans l’enseignement public où l’on apprend aux enfants le minimum de savoir et de comportements et où l’on ne deal pas de la cocaïne dans la cour ?
Comme souvent en France,
les citoyens, largement épaulés par les médias et le populisme envahissants,
ont tendance à généraliser tout ce qui va mal. Bien sûr, ceux qui bénéficient
de situations positives n’en parlent pas car ils considèrent ceci comme une
situation normale. On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure… Les français
sont réputés être les plus pessimistes en Europe ; les dîners en ville le
confirment largement. Un peu de raison devrait permettre de mettre les choses
en perspective et ne découragerait en rien de s’attaquer aux choses qui vont
moins bien.
Pantoufles et café long
ce matin, plus de bureau ni d’obligations conséquentes. Ce matin c’est vraiment
le premier jour du reste de ma vie. Jusqu’ici tout va bien !
Dernière journée de
travail chez mon employeur : des réunions techniques quand même, puis il
faut rendre son ordinateur, son téléphone et son badge, et c’est fini. Demain matin
ma boîte email professionnelle sera clôturée. On ne perd pas de temps, les
processus d’offboarding sont bien
huilés désormais. En attendant on écluse quelques bières au bistrot portugais
du coin de la rue avec quelques potes et puis c’est fini.
Un championnat du monde d’athlétisme
se déroule actuellement au Qatar. Les sportifs qui y concourent se plaignent de…
la chaleur. Un stade est climatisé mais les épreuves qui se déroulent en dehors
de celui-ci. Il fait effectivement plus de 40° la nuit avec un taux d’humidité
de 70%. Ce qui est étonnant est que les autorités sportives responsables de l’organisation
de tels évènements n’anticipent pas que dans le golfe persique… il fait chaud,
même la nuit, même à l’automne !
Les footeux ont mis
quelques années à se rendre compte qu’une coupe du monde de fouteballe
organisée également au Qatar en 2022 en été est annonciatrice de grosse chaleur…
Dans un grand accès de clairvoyance il a finalement été décidé de déplacer
cette compétition d’été en hiver.
Il faudrait sans doute
prévoir une petite formation aux bases de la météorologie pour les patrons de
fédérations sportives. En attendant les sportifs se plaignent et le stade de
Doha où de déroule la compétition d’athlétisme est plutôt déserté par les
spectateurs.
Vingt années se terminent au cœur d’un mastodonte du CAC40 avec une belle photo de Keith Richards offerte par mes collègues reconnaissants qui ne pouvaient mieux tomber :
après avoir passé plusieurs
années avec une photo de Mick Jagger accrochée à la paroi de mon bureau du
temps où nous avions des places attribuées :
On ne dit plus une « réunion
sur les violences conjugales » mais le « Grenelle sur les violences
conjugales ».
Le terme « Grenelle »
fait référence à la réunion qui eut lieu au ministère du travail rue de Grenelle
à Paris en 1968 entre les syndicats ouvriers et patronats, et le gouvernement
pour mettre fin aux émeutes de cette année 1968. Désormais, chaque fois qu’un
grand raout politico-social est organisé on parle de « Grenelle de ceci ou
de cela » : le Grenelle de l’environnement en 2007, le Grenelle des
violences conjugales cette année, etc.
Cela pose son homme de se
référer à Grenelle. Cela fait sans doute aussi plus cultivé ! C’est le
propre du tic verbal de remplacer un mot par un autre, sans véritable rationnel
autre que « c’est plus joli ».
A plusieurs reprises ces
dernières semaines, des supporters de fouteballe avinés ont chanté des slogans
homophobes en déployant des banderoles dans les tribunes pour appuyer leurs attaques.
Une nouvelle réglementation dans ce sport autorise les arbitres à interrompre
voire mettre fin aux matchs en cas de manifestations homophobes, ce qui fut
fait ces derniers jours, provoquant même l’ouverture d’enquêtes judiciaires.
C’est devenu maintenant
un jeu pour ces supporters décérébrés qui composent une minorité agissante s’asseyant
sur l’intérêt de la majorité. Alors que les matchs soient arrêtés ou poursuivis
leur importe peu du moment qu’ils peuvent exprimer leur capacité de nuisance.
Il est des situations où devant une telle accumulation d’abrutissement la
puissance publique est un peu impuissante à redresser les choses. Il faudrait
arriver à élever le niveau socio-culturel de ces supporters pour les sortir de
tels comportements. Vaste tâche… En attendant l’arrêt voire l’interdiction des
matchs ne peut avoir que des effets favorables sur le niveau intellectuel de l’ensemble
de la population.
Un feuilleton financiaro- footeux déroule ses épisodes depuis quelques semaines. Le pousseur de baballe Naymard, acheté plusieurs centaines de millions d’euros par un club parisien en 2017 (222 millions a priori), a des états d’âme et est annoncé dans un autre club. Cette somme de 222 M est versée par le club acheteur au club vendeur, c’est un investissement. Le salaire versé au joueur est une autre histoire. Il s’agit en fait d’un achat d’actif, un peu comme si une société achetait un bâtiment ou une usine, mais il s’agit d’un pousseur de baballe avec deux jambes et quelques neurones.
Comptablement les
222 millions sont inscrits au bilan du club et sont amortis sur la durée
du contrat du joueur, exactement comme une machine est amortie sur sa durée de
vie estimée. Si le joueur est revendu avant le terme de son contrat et que la somme
convenue pour le transfert est inférieure à la valeur nette inscrite au bilan,
eh bien il faudra comptabiliser une perte, ou un gain dans le cas contraire. Et
même si la transaction n’est pas conclue mais que la valeur de marché du joueur
est inférieure à sa valeur nette comptable le club devra déprécier son bilan et
enregistrer une perte.
Le cas actuel de Naymard est
caractéristique de cette situation. Le garçon souvent blessé ne joue plus
beaucoup et ne semble plus intéresser grand monde au prix proposé. Son club
voudrait s’en débarrasser mais sans devoir enregistrer de perte comptable. En
face du coté des acheteurs, peu semblent intéressés par payer un tel prix pour
un pousseur de baballe qui ne tient pas ses promesses. C’est un cas d’investissement
assez classique, ce qui est plus inhabituel est qu’il porte sur un humain mais
la logique comptable est la même. Ainsi va la fouteballe aujourd’hui !
A quoi peut donc bien
servir un jus « d’eau de riz blanc et noisettes » ? Sans doute à
pas grand-chose sinon à donner bonne conscience aux « bobos écolo-responsables ».
Le kroniqueur n’a pas osé goûter ce breuvage bizarre dont pourtant le contenant
affiche fièrement :
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Un match de fouteballe a opposé en Egypte les équipes nationales d’Algérie et du Sénégal. La première a gagné et c’est un non-évènement pour la France mais des supporters de l’équipe gagnante d’Evreux, tout à leur joie, en ont profité pour sortir dans la rue et dégrader une statue de MonGénéral sur la place du Général de Gaulle, déclenchant un peu d’émotion dans cette municipalité. Outre la confirmation que le fouteballe additionné à la bière dissout les neurones, se confirme également la tolérance parfois suicidaire de la démocratie car on peut facilement imaginer la réaction des autorités égyptiennes si les supporters s’en étaient pris sur place à une statue de Nasser ou de Sadate…
A la suite de la victoire
de leur équipe de fouteballe dans une compétition internationale de baballe des
supporters se répandent dans Paris, bloquent le périphérique, détruisent et
pillent des magasins de moto sur l’avenue de la Grande Armée. Cela devient
désormais un rituel, pour exister il faut casser quelque chose chez le voisin,
le piller au passage lorsque cela se présente. L’intérêt particulier des uns
n’est considéré comme comblé que si celui de la majorité des autres est dévasté.
C’est devenu un mode de fonctionnement dans la République.
Elément de contexte, la
compétition de foute en question est une coupe d’Afrique, l’équipe fêtée est
celle d’Algérie et c’est là que les choses s’enveniment. Première (bonne)
nouvelle : un supporter de l’équipe d’Algérie est une personne ni plus ni
moins navrante que son alter-ego de l’équipe de France, un être décérébré dont
la joie ou la peine ne peuvent s’exprimer qu’au détriment de son prochain. Deuxième
nouvelle (moins bonne) : le syndrome franco-algérien toujours présent aggrave
les effets de l’incivisme. Les supporters hooligans se drapent dans… des
drapeaux algériens ce qui a tendance à provoquer un léger agacement chez une
partie de la population, sans parler des partis politiques conservateurs. Ces
comportements communautaires sont à tout le moins maladroits, chaque drapeau
algérien agité provoque à coup sûr des votes supplémentaires en faveur de
l’extrême droite et de ses messages simplistes.
Du bon sens et de la modération
devraient amener ces supporters à un peu plus de discrétion, peut-être en
déployant un peu moins de drapeaux algériens ? Ces qualités sont, hélas,
assez peu partagées dans le monde de la baballe, la relation franco-algérienne à
fleur de peau fait le reste en jetant du sel sur des plaies jamais complètement
cicatrisées de la guerre coloniale qui a opposé ces deux pays. Les descendants
de ces combattants qui ont vaincu leur puissance coloniale se croient beaucoup permis
dans ladite puissance qui, le plus souvent, a octroyé sa nationalité à leurs
parents. Et c’est là toute l’ambiguïté de la relation entre ces deux
nations : des millions de français d’origine algérienne vivent dans le
pays qui a asservi leurs ancêtres. Il y a pour certains la volonté plus ou
moins consciente d’une revanche à prendre, d’une dette à faire payer, même
après tout ce temps passé. La génération qui a fait et vécu cette guerre est en
train de s’éteindre doucement des deux côtés ; gageons qu’une fois
complètement disparue les tensions diminueront peu à peu. Les gouvernements algérien
et français ne réussissent toujours pas à partager une relation politique
apaisée, les prises de bec sont fréquentes, souvent sur des détails de protocole,
même si la coopération sur le fond est excellente. Comment imaginer alors qu’il
puisse en être autrement pour les citoyens ?
Une partie significative
de la population française a des origines au Sud de la Méditerranée alors
chaque évènement dans ces pays riverains d’Afrique du Nord, heureux ou
malheureux, a des répercussions dans l’hexagone. L’enthousiasme méditerranéen ajoute
l’exubérance et l’excès que l’on voit dans les rues ces jours-ci. Une
génération plus tôt, la réconciliation franco-allemande s’est faite sur un mode
plus froid, propre aux pays du Nord. Elle ne s’est pas traduite non plus par l’émigration
significative d’une population vers le pays de l’autre. Après la dernière
guerre chacun a repris son développement de son côté, mené par deux dirigeants
visionnaires : le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer. Peut-être l’Algérie
et la France ont-elles manqué de visionnaires ces dernières décennies ?
Encore un débat
franchouillard inutile : la République prévoit des modifications dans la
gestion de ses actifs comme le fait très normalement tout détenteur d’un
patrimoine. Un projet déclenche un hourvari général de l’opposition, de
l’extrême gauche à son pendant d’extrême droite, en passant par les partis
républicains placés au milieu : la poursuite de la privatisation
d’Aéroports de Paris (ADP), société déjà détenue à 49,4% par des acteurs privés
qui possèdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la
forme il s’agit d’un mécanisme compliqué qui permettra à l’Etat de récupérer la
pleine propriété des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur
la gestion de l’ensemble à confier à un nouvel opérateur ou à réintégrer dans
le domaine public.
Tous les arguments et
leurs contraires sont débités par les opposants professionnels qui s’agitent
dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place.
On voit même la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle
a de tous temps promu les privatisations après s’être opposée aux
nationalisations « idéologiques » réalisées à différentes reprises
par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les Républicains, après avoir soutenu récemment les émeutiers en
gilet jaune, s’être opposé à la baisse des emplois aidés décidée au début du quinquennat
actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en déclarant « …on
brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgétaires ». Oui, c’est
tout à fait et il faut effectivement boucher l’abysse du déficit budgétaire
alors la République, comme tout ménage qui serait dans la même situation, va,
non pas « brader », mais monétariser quelques-uns de ses actifs pour
essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette
opération, à laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française
des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un
fonds pour l’innovation.
Peut-être que le parti Les Républicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores électoraux. Il arrive un moment où les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance à perdre l’électeur, voir à le faire fuir !
L’élément nouveau dans
cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposés (du parti
communiste à Les Républicains) pour déclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) tel
que prévu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la
première fois qu’un tel référendum serait ainsi mis en œuvre à l’initiative du
parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps électoral en signe la
demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la démarche réussit, cela
démontrerait par l’absurde que finalement cette procédure de RIP peut être
déclenchée si « le peuple » en manifeste la volonté et qu’elle n’a
pas vraiment besoin d’être réformée comme le réclame à cor et à cri. Pour le
moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration,
ensuite il faudra tout de même se déplacer physiquement et voter pour ou contre.
D’ici là, le processus de
privatisation de cette société est bloqué en attendant (i) de savoir si 4
millions d’électeurs veulent l’organiser le référendum et (ii), en cas de réponse
est positive, ce que votera in fine le corps électoral dans son ensemble. Ainsi
va le cheminement tortueux de notre vieille démocratie.
Comme annoncé, la France
rapatrie au compte-goutte certains enfants mineurs de terroristes français
partis participer à aux guerres religieuses du Proche et Moyen-Orient. Ces
gamins, parfois orphelins, de nationalité française (même si pour ceux nés sur
les champs de combat on peut imaginer qu’ils n’aient pas été déclarés au consulat
de France…), sont exfiltrés de camps de prisonniers tenus par des forces kurdes
en Syrie. Une dizaine sont arrivés ces jours-ci dans un avion de l’armée
française et immédiatement placés dans des structures chargées d’abord de les
soigner puis de les encadrer pour tenter de les remettre dans la société civile
que leurs parents avaient voulu fuir pour rejoindre celle de leur Dieu. Ce
n’est pas la première vague de retour et ce ne sera pas la dernière. Dans
certains cas, leurs parents toujours vivants ont donné leur accord pour ce
rapatriement, eux devant maintenant rendre compte de leurs actes aux justices
locales dont ils dépendent.
Cette politique du
cas-par-cas appliquée par la République est sans doute la moins mauvaise de
toute la palette disponible. La discrétion dans laquelle elle est menée est
indispensable. Est-elle risquée ? Oui, certainement, une partie de ces
gamins a dû être programmée par une éducation religieuse extrémiste et on
imagine sans peine le niveau de traumatisme vécu par ceux qui ont vu, voire
participé, aux actes de guerres ainsi qu’aux massacres barbares d’un autre âge
commis par leurs parents. Des vidéos ont été diffusées montrant des assassinats
d’otages commis par des enfants. Certains ne sortiront sans doute jamais de cet
embrigadement intellectuel et feront sans doute encore parler d’eux dans le
futur.
Leur retour en France ou
leur maintien en exil ne change finalement pas grand-chose au problème, ne l’aggrave
véritablement ni ne le résous. L’interrogation reste la même : comment nos
sociétés capitalistes occidentales ont pu générer une telle dérive de ses
enfants prêts à retourner leurs âmes et leurs armes contre leur patrie, souvent
en faisant preuve d’une barbarie rarement égalée depuis les camps nazis, le
tout au nom d’un Dieu !
La politicaillerie
franchouillarde s’empare évidemment du sujet avec son simplisme habituel,
attisant les bas instincts de Café du commerce, toujours à fleur de peau sur
ces sujets traumatisants. Chacun y va de sa solution entre les déchoir de leur
nationalité française, les laisser où ils sont et les rapatrier automatiquement.
Ces gamins sont de toutes façons une mine de problèmes présents et futurs, où
qu’ils soient ou seront. Il faut bien faire avec, les solutions extrêmes
proposées par certains n’étant pas une option. Il est des circonstances où un
Etat doit savoir aller contre l’avis de sa population, un pouvoir socialiste l’a
fait en 1981 en abolissant la peine de mort contre l’avis de Mme. Michu, les
dirigeants actuels le pratique en reprenant, au compte-goutte, ces mômes égarés
par la folie de leurs parents. C’est l’honneur de la République !
A la suite des mauvais
résultats enregistrés aux dernières élections européennes par les partis de
gouvernement français traditionnels, le bal des traîtres a débuté. Les plus emblématiques
dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans
conteste chez Les Républicains. Après la démission de leur chef Laurent Wauquiez dont
le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace à l’occasion
de cette élection, Valérie Pécresse, toujours un pied dedans un pied dehors
depuis des mois, a finalement franchi le pas et sauté à pieds joints en dehors
du parti pour une destination assez floue pour le moment.
Voilà qu’aujourd’hui 72
élus Les Républicains publient une
tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au président de la
République. A gauche ce n’est guère plus brillant et La France
Insoumise affronte également une
vague de départs et de contestations répandue sur la place publique et dans les
réseaux dits sociaux.
C’est la débâcle !
Comme la banquise qui se désagrège au printemps dans le golfe du Saint-Laurent,
les élus déboussolés se noient, se percutent et se déchirent, cherchant vers
quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relève dans ce comportement de convictions
mollassonnes ou, plus prosaïquement, de la volonté de se rapprocher d’une
écurie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines échéances.
Après tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants à
la fin du mois on hésite moins à tourner sa veste.
Ce que semble entériner
ces fuites en rase campagne c’est la congélation du débat dans ces partis et le
renoncement des impétrants à pouvoir le changer de l’intérieur. Les dinosaures
continuent à phagocyter le pouvoir et les idées sans volonté de partage. Les jeunes
générations politiques n’arrivent pas à les pousser dehors et on a vu avec
consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux être élus députés
européens la semaine dernière. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait
pas encore sur quel bateau ils vont déposer leurs paquetages.
Ces partis contestés ont
encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs
basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un
peu d’intelligence et d’humilité, survivre à la tempête. Qui sait si dans dix
ans la République n’aura pas un président Les Républicains ? En attendant, le radeau
de la méduse dérive un peu pour trouver un abri !