Catégorie : Humeurs

  • Le fouteballe encore à la une

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    Un match de fouteballe à sensations la semaine dernière entre Lyon (l’OL) et Marseille (l’OM) où le public marseillais s’en est pris à Valbuena coupable d’avoir quitté le club de Marseille pour rejoindre celui de Lyon. Pour les supporters de l’OM cette traîtrise est insupportable et ils le font savoir en balançant des bouteilles de bière sur les joueurs, en pavoisant des banderoles dénonçant le collabo et même en montant dans les tribunes un gibet sur lequel est pendu un mannequin représentant le traître. Le match est interrompu, puis repris et terminé sur on ne sait quel score.

    Valbuena est un petit teigneux surpayé qui n’a guère d’importance dans cette affaire. On se souvient de l’un de ses exploits lorsqu’il insulta un gamin énamouré qui voulait un autographe en frappant à la vitre de son automobile bling-bling au risque d’en salir la carrosserie immaculée :

    Non, le plus édifiant dans cette affaire n’est pas ce personnage assez insignifiant finalement (à la différence de son salaire) mais le niveau d’abêtissement d’une bande de supporters exprimant bruyamment toutes les pathologies attisées par ce sport où se côtoient des pousseurs de balle dopés aux anabolisants et aux salaires démesurés, avec des supporters frustrés et ivrognes, les deux parties partageant généralement le même niveau de mauvaise éducation. Les autorités en charge de ce sport s’émeuvent de ces dérapages et ils ont raison. Une première série de condamnations à de la prison ferme a été prononcée contre ceux de ces trublions qui ont pu être arrêtés par la police. La ligue de fouteballe a par ailleurs fermé « les virages Nord et Sud » du stade marseillais :

    Au vu de la gravité des faits, la Commission a décidé de placer le dossier en instruction. Après ouverture du dossier et désignation de l’instructeur, la Commission convoque les dirigeants de l’Olympique de Marseille pour la séance du jeudi 15 octobre dans le respect des dispositions des règlements disciplinaires et du Code du Sport imposant 15 jours de délai minimum. A l’issue de cette réunion au cours de laquelle l’instructeur rendra ses conclusions, la Commission rendra sa décision. En attendant, au regard de la gravité des faits, la Commission décide de fermer à titre conservatoire les virages Nord et Sud du Stade Vélodrome.

    On se demande bien si une telle mesure est capable de reconnecter les neurones de supporters qui pourront toujours aller dans les lignes droites puisque les virages sont fermés. La question de fond est plutôt comment faire remonter le niveau d’intelligence dans et sur les stades de fouteballe ? Ce sera le combat de plusieurs générations en admettant qu’elles y arrivent…

    Dans le même temps les combats sont engagés par les dirigeants du fouteballe mondial et national :

    • En France pour une sombre histoire d’investisseurs, de droits télévisés et de montée ou descente d’une division vers l’autre, à laquelle personne ne comprend rien, des clubs créent une énième organisation fouteballistique qui va venir encore un peu plus agiter le marigot nauséabond de ces consommateurs d’argent public,
    • A l’international la succession à la tête de la fédération internationale de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption, bat son plein et les coups bas pleuvent. Platini qui est candidat doit affronter une affaire de paiement déloyal de 1,8 MEUR qu’il aurait encaissé de ladite fédération pour un travail effectué… Il va falloir qu’il se justifie s’il espère vaincre, ou alors sortir un dossier encore plus puant sur ses adversaires, ce qu’il doit être en train d’essayer de rechercher.

    Un certain Ali ben Al Hussein (40 ans), prince jordanien, demi-frère de l’actuel roi Abdallah II est candidat au remplacement de Blatter, vieux (80 ans) et convaincu de corruption. Le mieux serait à n’en pas douter de laisser le Moyen-Orient prendre en main l’organisation du fouteballe mondial pour en sortir nos tacticiens occidentaux qui ont montré si souvent leur défaillance, voire pire. Les pays pétroliers de ce Moyen-Orient sont plutôt riches, ont acquis une bonne expérience dans la construction de stades climatisés au milieu du désert et à l’organisation d’évènements sportifs mondiaux.

    Platini (60 ans) a mangé toutes les écuelles du fouteballe mondial depuis les années 70’, gagné beaucoup de compétitions, montré qu’un fils de migrant italien pouvait réussir, casé son propre fiston Laurent dans le business fouteballistique en lien avec le Moyen-Orient riche, bref, il a bien mérité sa retraite.

    Laissons l’organisation du fouteballe mondial au Qatar et à la Jordanie, au passage délocalisons le PSG audit Qatar et que la France se consacre à tenter de relever le niveau d’éducation de ses enfants, particulièrement ceux fréquentant les stades. La tâche sera longue et couteuse. Elle mérite toutes nos énergies et nos ressources.

    La simple image des stades transformés en arènes où doit intervenir la force publique pour contenir la bêtise est une vision d’horreur et d’argent public dilapidé. Notons au passage qu’il y a régulièrement des blessés, parfois des morts…

    Fouteballe-201509_Valbuena-b

  • Guillaume Roquette déverse sa haine

    Et hop, encore un éditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, récupéré dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Il est daté de mars 2015, après les élections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifié de télévangéliste de Matignon), la droite qui n’a pas su empêcher l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais représente manifestement un traumatisme jamais digéré par M. Roquette)…

    Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insécurité qui devrait représenter la mère de toutes les batailles.

    On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le déficit criant de pédagogie dont font preuve les élus et dirigeants de tous bords qui confondent démocratie participative avec explication de la politique menée ou proposée, ou qui s’imaginent pouvoir décliner le budget de la République dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement à ce représentant teigneux de la presse française que l’un des rôles de celle-ci est aussi de pallier à cette défaillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relâche à ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accès aux citoyens à l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financés par l’impôt, car la République, bonne et généreuse mère considère en quelque sorte cette tâche pédagogique comme une mission de service publique qu’elle délègue en partie à la presse écrite. Il n’est pas sûr qu’elle s’en acquitte parfaitement, préférant souvent la polémique simpliste à la pédagogie apaisée et intelligente.

    Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

  • Les aides du contribuable à la presse

    La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versées par le contribuable pour aider à sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impôt sur le revenu que le commun des mortels.

    Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

    • En 2014 > 227 millions d’euros
    • En 2013 > 289 millions d’euros
    • En 2012 > 306 millions d’euros

    Le Figaro et Le Monde trustent les deux premières places depuis quelques années. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dépense publique qu’il voue aux gémonies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française…

    Evidemment tous les journaux émargent à ce guichet et on y rencontre en 2014 également, par exemple, Paris-Match (14ème rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22ème rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53ème rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidés !

    Subventionner la presse peut être considéré comme une dépense nécessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors évidemment on se tourne vers le contribuable pour équilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privées. Et l’on critique à longueur de colonnes les impôts de la République. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risqué.

  • Tics verbaux dans l’armée

    Depuis la généralisation des interventions armées aériennes occidentales ou onusiennes au Moyen-Orient on parle moins de bombardements que de « frappes ». Cette subtilité sémantique est destinée à être moins effrayante sur l’acte lui-même qui consiste, quelle que soit son appellation, à balancer une ou des bombes depuis un avion sur des cibles humaines et matérielles comme le rappelle Wikipedia :

    Le bombardement (mot dérivé de bombarde) est une opération consistant à attaquer un objectif à l’aide d’éléments d’artillerie, qu’il s’agisse de boulets ou de toute variété de bombe.

    Les bombardements ont généralement pour objectif la destruction des défenses ou des ressources de l’adversaire, ayant un intérêt stratégique, tactique ou psychologique. Ils peuvent être terrestres (bombardement d’artillerie), maritimes (bombardement côtier) ou aériens (lâcher de bombes par des avions).

    Appelons les choses par leur nom : un bombardement est un bombardement ! La frappe devrait être réservée à la monnaie, à la machine à écrire ou aux joues des enfants mal élevés.

  • Désastre à l’OL

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    Cette courbe ne représente pas l’évolution de la popularité du président de la République mais le cours de bourse du club de fouteballe Olympique Lyonnais : un franc succès financier !

    Au cours de son exercice 2013/14 cette société cotée en bourse a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 121 MEUR et une perte de -26 MEUR soient 22 centimes perdus sur chaque euro facturé. La dette est de 105 MEUR et les capitaux propres restent positifs pour un montant équivalent à la dette. Ils sont consommés au fur et à mesure des pertes annuelles.

    On voit ainsi qu’un club de fouteballe est non seulement une défaite de l’esprit mais aussi un désastre financier.

  • En lutte contre les tics verbaux compulsifs

    En parallèle à l’envahissant « on va dire » on déplore l’utilisation compulsive des termes « voilà » et « instrumentaliser ».

    Le premier ponctue les phrases de ceux qui ne savent pas comment les poursuivre ou les terminer, alors lorsque l’on cherche un mot que l’on ne trouve pas on le remplace par « voilà ».

    Le verbe « instrumentaliser » est utilisé à tort et à travers et donne un aspect un peu techno au vocabulaire. C’est mieux de dire instrumentaliser qu’utiliser, alors on s’en donne à cœur joie.

  • Anonyme, ‘La Bible – Genèse’.

    Anonyme, ‘La Bible – Genèse’.

    Une édition de la Bible datant de 1910 dans laquelle comme il se doit la Genèse est le premier livret, en principe commun aux religions monothéistes. On y lit ou relit l’histoire de la création. Celle du monde et de l’Homme avec Adam et Eve. On suit ensuite les aventures agitées de la descendance de ce couple fondateur dont le mâle a vécu 930 ans et fut à l’origine d’une nombreuse progéniture qui commença avec Caïn et Abel. Noé arriva plusieurs générations après et emmena sa femme et leurs fils ainsi que des spécimens d’animaux sur son arche pour sauver la vie alors que l’Eternel déclencha le déluge pour punir la corruption du genre humain qu’il avait pourtant créé :

    #6.6. « L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. »

    Après le déluge, Noé et les survivants reboot la vie sur terre et s’en suivent les pérégrinations de sa descendance dont celle d’Abraham à qui l’Eternel va donner le pays de Canaan et sauver son fils de l’égorgement infanticide. Tout ce petit monde voyage, se bat, se reproduit, échange avec l’Eternel, assiste à la destruction de Sodome et Gomorrhe. Il y a des meurtres, des sacrifices, de l’inceste, de la vente d’êtres humains, des négociations entre peuples, des récoltes, des famines, des jeunes et des vieillards, bref, la vie dans une antiquité pas vraiment datée.

    On ne sait pas trop qui a écrit ces textes, ni en combien d’épisodes, ni d’ailleurs exactement quand. Tout le monde religieux a trouvé son inspiration dans ces légendes : les juifs comme les catholiques, les protestants ou les musulmans. Chacun y voyant d’ailleurs midi à sa porte. On est tellement dans le symbolique que l’on peut en déduire ce que l’on veut.

    Le plus étonnant est sans doute que cette Genèse et les livrets qui l’ont suivi aient pu ainsi traverser les millénaires et encore continuer à fonder tant de politiques (voire de guerres) dans les pays qui mélangent le pouvoir temporel avec le spirituel. A l’heure de la science moderne, tout ceci laisse un peu rêveur…

  • Une bonne nouvelle

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    Wauquiez le cornecul affiche son souhait de ne pas devenir ministre si les conservateurs reviennent au pouvoir en 2017. Voilà au moins une bonne nouvelle mais gageons que l’impétrant se laissera convaincre par le sens du devoir si jamais il était appelé.

  • Attaque dans le Thalys

    Un citoyen marocain de 26 ans sort des toilettes d’un train Amsterdam-Paris ce 21 août, torse nu, armé d’une kalachnikov, d’un pistolet, de nombreuses munitions et d’un cutter. Des passagers s’interposent et le neutralisent. Il blesse deux des hommes qui tentaient de l’arrêter dont l’un en lui tirant une balle qui lui traverse le poumon. On peut imaginer que s’il n’avait pas été interrompu dans sa besogne il aurait fait usage de son arsenal avec des résultats potentiellement terrifiants.

    Les premières informations laisse apparaître un profil d’islamiste radical mais l’intéressé plaide pour le moment qu’il a « trouvé les armes dans un parc à Bruxelles » et qu’il s’apprêtait à rançonner les passagers. Des informations judiciaires sont ouvertes en France et en Belgique, le suspect est en garde à vue à Paris.

    Depuis les attaques contre Charlie-Hebdo et l’Hypercasher en janvier dernier, la France a été soumise à un attentat (ou une tentative de) religieux à peu près tous les mois, commis par des citoyens français pour la majorité. Il faut désormais vivre avec cette menace dont la résolution va prendre des décennies, si on y arrive. La lutte de la raison contre la religion, dont l’issue n’est plus si sûre !

  • La faiblesse des démocraties

    Entendu un peu partout :

    « Mais comment les armées occidentales n’arrivent-elles pas à réduire les combattants du groupe Etat Islamique ? »

    Les peuples ont la mémoire courte… Ils ont oublié comment Ho-Chi-Min et ses Viêt-Cong va-nu-pieds ont poussé la France hors d’Indochine en portant les canons de Diem-Bien-Phu en pièces détachées sur des vélos et sur des centaines de kilomètres, comment le FLN a fait de même en Algérie, comment le Vietminh a chassé piteusement la grande Amérique du Vietnam, comment les Talibans ont vaincu l’Armée rouge en Afghanistan, comment Al-Qaida a pu balancer des avions contre des tours de New-York, comment des mouvements islamiques ont transformé en cauchemars les interventions occidentales en Irak ou en Afghanistan, etc. etc.

    Les scénarios ont chaque fois été relativement similaires : une armée en campagne envoyée par des démocraties occidentales sur un terrain de bataille lointain se frotte à des mouvements locaux de « libération nationale ». Des soldats des pays développés, biberonnés depuis des générations à la démocratie de Tocqueville, se retrouvent embarqués à des milliers de kilomètres de chez eux pour lutter pour une cause à laquelle ils ne croient pas vraiment et la comprennent encore moins : maintien d’une présence coloniale, lutte contre le communisme, combat d’une insurrection religieuse, etc. Ces soldats dépaysés se retrouvent à chaque fois face à des mouvements nationalistes sûrs de leur droit, dirigés d’une main de fer et ne se sentant pas bêtement limités par des conventions de Genève ou autres billevesées constitutionnelles ou légales. Dans tous les cas l’armement moderne occidental n’a pas suppléé des buts de guerre incertains ni un manque de foi des combattants servant cet armement ! Qu’on le veuille ou non, un soldat français, quelle que soit sa loyauté, mettra plus de cœur à l’ouvrage pour récupérer l’Alsace et la Lorraine que pour maintenir ou rétablir au pouvoir des dirigeants douteux en Afghanistan ou en Irak.

    En 2014, le groupe Etat islamique déclenche des attentats terroristes dans Mossoul, deuxième ville irakienne. Des kamikazes se faufilent pour se faire exploser à des endroits stratégiques, puis, après quelques jours d’accrochages, des massacres ciblés et un peu de guerre psychologique, l’armée officielle irakienne fuit la ville sans vraiment avoir combattu, abandonnant au passage un important matériel militaire financé à grands frais par les contribuables occidentaux. Il y a 40 ans en 1975 Saigon tombait comme un fruit mûr dans l’escarcelle du Nord communiste : face à une armée Nord-Vietnamienne motivée, l’armée du Sud-Vietnam ne combat quasiment pas malgré ses instructeurs américains, malgré un matériel moderne laissé sur place par les Etats-Unis… il leur manquait simplement la motivation et l’envie de se battre. Cherchez l’erreur !

    Dans le cas du groupe Etat Islamique les bombardements aériens d’une coalition improbable menée par les Etats-Unis ne suffisent pas à réduire la rébellion. On imagine l’efficacité des réunions d’état-major où se retrouvent des représentants américains, européens, saoudiens, qataris, jordaniens, bahreïnis, émiratis, canadiens et australiens… La moindre décision doit prendre une semaine ! Avant que le bombardement d’une cible ne soit autorisé, celle-ci doit avoir été reconnue et filmée par des drones pour s’assurer que les risques de dommages collatéraux sont faibles, une fois sur la ciblé identifiée l’avion bombardier doit communiquer avec son commandement pour obtenir le permis de tirer et une fois détruite il faut de nouveau drones et films pour pouvoir se justifier le cas échéant.

    On peut imaginer que si de telles règles d’engagement avaient existé en 1945 à Dresde ou Tokyo la guerre contre les forces de l’Axe aurait duré un peu plus longtemps… La terreur générée par l’explosion de la bombe d’Hiroshima a probablement précipité la capitulation de l’empereur du Japon. Aujourd’hui les démocraties occidentales hésitent à déclencher la terreur, c’est tout à leur honneur. Restons toutefois optimistes et pensons à ce que serait la situation du Moyen-Orient si cette coalition ne combattait pas depuis un an ; le groupe Etat islamique serait sans doute déjà douillettement installé à Damas et à Bagdad.

    Personne n’a envie d’engager une guerre totale contre cette rébellion guidée par des motifs religieux. Qui plus est, les interventions étrangères récentes en Irak, en Afghanistan, en Libye se sont toutes terminées par un tel chaos que l’on peut raisonnablement se demander s’il a été opportun de les mener. Autant ne pas recommencer.

    Les problèmes locaux se régleront localement par des pouvoirs locaux qui devront négocier ou faire la guerre. C’est seulement quand une majorité des populations actuellement sous le joug de ces organisations religieuses se rebellera qu’il y aura une chance de les voir vaincues, avec éventuellement un coup de main occidental de temps à autres. Les interventions étrangères lourdes des uns chez les autres ne fonctionnent pas.

    En attendant, les puissances occidentales doivent maintenant gérer le terrorisme religieux sur leurs propres territoires, pratiqué dans bien des cas par leurs propres citoyens et assumer par ailleurs un afflux massif de réfugiés provoqué notamment par ces conflits. L’agenda est assez chargé pour le moment…

    Il faut se rendre à l’évidence, le groupe Etat islamique, après Al-Qaida, a élevé son organisation au niveau de force combattante redoutable, usant de toutes les ficelles de la guerre moderne et suppléant largement un manque d’armes lourdes par des actions de terreur maniées avec sans doute plus de résultats qu’un porte-avions dans le Golfe persique. Il faut s’y résoudre, la mondialisation qui a fait émerger de nouvelles puissances économiques fait aussi émerger de nouvelles forces militaires. L’Occident tout puissant qui régentait la planète sur les marchés financiers comme sur les terrains militaires relève d’une époque révolue. N’en déplaise à Mme. Michu il faut affronter cette nouvelle situation et compromettre en attendant, peut-être de rétablir la puissance perdue, qui sait ?

  • L’abominable Guillaume Roquette tout en finesse

    On ne se lasse pas des chroniques de l’abominable Guillaume Roquette et de son infinie capacité à utiliser tout et n’importe quoi pour déverser sa bile sur tout ce qui ressemble à un socialiste. Dernier sujet en date dans le Fig-Mag du 12 juillet 2015 : Au revoir la Grèce. Cette chronique, écrite après que le référendum grec se fut prononcé pour un non au programme d’aide européen, prend clairement le parti d’en tirer les conséquences en montrant la porte de sortie de la zone euro à ce pays en déconfiture financière. C’est une opinion tout à fait légitime d’autant plus qu’elle n’est pas loin d’être partagée par votre serviteur, non point par souci de vengeance comme l’exprime Guillaume Roquette, mais parce qu’elle permettrait de revenir à une monnaie grecque autorisant ainsi une dévaluation par rapport à l’euro et à un ajustement structurel de l’économie locale moins violent. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la France durant les trois dernières décennies du Franc français en dévaluant celui-ci régulièrement face au Deutsche Mark.

    Bref, à peine après avoir rappelé les errements grecs en matière de finances publiques et déclamé son choix pour une sortie de ce pays de la zone euro, Guillaume Roquette en profite immédiatement pour crier haro sur François Hollande et la France « de gauche », qui sont bien entendu responsables de tous les péchés d’Athènes et qui auraient opté pour le maintien de la zone monétaire commune en l’état est : « une martingale qui permet à François Hollande d’échapper à toute politique d’austérité (surtout à moins de deux ans de l’échéance présidentielle) en continuant à nous endetter à des taux incroyablement bas. »

    Le lien est osé et il fallait le faire. On ne peut pas complètement l’exclure même s’il est plus probable que le saut dans l’inconnu qu’aurait représenté l’exclusion de fait d’un pays-membre de la zone euro a sans doute largement autant compté dans la décision communautaire de faire payer les contribuables européens plutôt que de risquer un nouveau cataclysme financier. Le problème est repoussé à un peu plus tard et reviendra sur le tapis.

    Le plus caractéristique dans cette chronique du Fig-Mag est la réaction pavlovienne de ce journal et de ses employés à rejeter sur la « France de gauche » la responsabilité de tous les malheurs de notre pays. Rien ne trouve grâce à leurs yeux, tout le passé conservateur de la France est oublié, des décisions et stratégies de la majorité précédente sont portées au débit de la gauche quand elles échouent, bref, on en reste au niveau zéro de la pensée, à la bataille de cour de récréation. Les slogans de Guillaume Roquette sont ensuite ressassés par Mme. Michu et ses congénères. Plus grave, ils sont tweetés par les dirigeants de l’opposition en mal d’idées pour leurs programmes et en constituent l’ossature dans le cadre de la démocratie médiatique.

    Le cas de la Grèce est emblématique de la responsabilité collective politique française : le traité d’adhésion a été signé en mai 1979 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion en janvier 1981 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion à la zone euro en janvier 2001 (présidence Mitterrand, gouvernement Jospin), premier plan d’aide international en mai 2010 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), second plan d’aide international en février 2012 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), troisième plan d’aide international en août 2015 (présidence Hollande, gouvernement Valls).

    On voit que la France dans sa diversité politique, comme les autres membres de l’Union européenne, n’a jamais su dire « non » à la Grèce au sein des institutions de Bruxelles. Cette succession d’accords signés par les dirigeants de notre pays (et de financements assurés par les contribuables communautaires) a échappé à Guillaume Roquette. Il aurait pu essayer de comprendre ce qui explique et motive cette faiblesse européenne qui tend au dysfonctionnement. En réalité chaque pays a ses intérêts et objectifs et il faut bien trouver des positions acceptées par l’ensemble : grandeur et décadence de la négociation européenne. Le troisième plan de sauvetage européen de la Grèce a d’ailleurs été voté à l’unanimité. M. Roquette aurait certainement voté « non » s’il s’était trouvé au pouvoir. C’était une solution. Ce n’est pas celle qui a été retenue par les dirigeants de l’Union européenne élus démocratiquement.

    Ce réflexe pavlovien du Fig-Mag d’imputer à la France de gauche de tous les maux de la planète relève sans doute de la psychanalyse et certainement pas des compétences que l’on s’attend à trouver chez des titulaires de cartes de presse.

    Accessoirement on rappellera à Monsieur Roquette que l’endettement public français à des taux incroyablement bas permet notamment à la République de verser des subventions au journal qui l’emploie (16,3 millions d’euros en 2014).

  • L’ineffable Guillaume Roquette

    On connaît déjà les exploits journalistiques de Guillaume Roquette, patron du Fig-Mag, mais il faut bien avouer qu’il nous surprend toujours plus au gré de ses chroniques polémiques à courte vue. Celle du 12 juin dernier, sobrement intitulée : Inconséquence d’Etat, traite du sujet délicat de l’immigration. Face au phénomène de l’immigration Guillaume Roquette saute comme un cabri sur son fauteuil Louis XV en criant : « répression, répression, répression » sans autre forme de procès. Laissons-le s’égosiller mais regrettons que Le Figaro, un des plus anciens journaux français qui a connu tant de grandes plumes, laisse publier un pareil néant de la réflexion dans ses colonnes.

    L’immigration qu’elle soit légale ou illégale est un sujet qui hante le débat politique français et même mondial d’ailleurs, tout en créant son lot de nuisances et de bienfaits. Que ce soient des mexicains qui rentrent aux Etats-Unis, des syriens en Italie, des roumains en France, des maliens au Gabon ou des français en Suisse, quand il s’agit de pauvres qui émigrent vers un pays plus riche que celui d’origine (tout est dans la différence de richesse, pas dans son niveau) cela crée un phénomène de rejet sur le thème « on n’est plus chez soi, renvoyons donc ces va-nu-pieds d’où ils viennent ». Par contre, quand un magnat russe milliardaire migre vers Londres, ou un joueur de tennis surpayé vers Lausanne, son intégration se déroule en principe sur un mode relativement apaisé, surtout quand il achète au passage un club de fouteballe local. Il y a parfois des exceptions et quelques monarques du Golfe persique ne sont plus forcément accueillis avec le sourire dans la vieille Europe, mais leur rejet reste rare.

    Aujourd’hui notre monde globalisé a considérablement facilité le transport et les flux de population. C’est ainsi. Tous les continents ont suivi le mouvement, qu’ils soient riches ou pauvres, gouvernés par des conservateurs, des centristes ou des socialistes ; voire même des communistes, on peut maintenant faire facilement du tourisme en Chine ou au Vietnam, où très certainement se vend le Fig-Mag. D’ailleurs les enfants de Guillaume Roquette profitent sans doute de ces facilités d’émigration/immigration pour aller faire des stages Erasmus dans des pays européens, voire même travailler et vivre dans des contrées plus lointaines où certainement leur papa ira les visiter.

    A cela se greffent les situations politiques de pays d’émigration où règnent guerre, impéritie ou dictature, ou les trois à la fois, poussant encore plus de monde vers la sortie en direction des démocraties qui, en plus d’être riches, présentent l’avantage attractif d’à peu près respecter les droits de l’Homme.

    Une fois répétées ces évidences il reste à constater que l’on arrivera sans doute pas à endiguer le flux d’une partie des citoyens des pays pauvres et en guerre vers les pays plus riches et démocratiques. Comme disait Snoopy dans les années 30’ : « il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ». Mais que Guillaume Roquette se rassure, seule une partie infinitésimale de ces va-nu-pieds cherche à rentrer dans l’Europe forteresse. Il propose d’endiguer le flux « avec des mesures répressives fortes » sans vraiment donner plus de détails mais faisant référence à la politique australienne en la matière.

    Guillaume Roquette n’ayant pas eu le temps de s’informer sur le régime australien de l’immigration, ni sur les conditions de son éventuelle réplication en France, nous allons donc le faire ici. Il est vrai que Monsieur Roquette n’a pas pour habitude de documenter ses saillies il se contente seulement de les utiliser pour démolir tout ce qui ressemble à un dirigeant un peu plus à gauche que le courant de la droite forte de Les Républicains. Et que Mme. Michu s’y retrouve dans son galimatias immature.

    L’Australie fait face (comme bien d’autres démocraties) à des afflux de réfugiés venant des zones de guerre du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Syrie, etc. le plus souvent de confession musulmane. Elle a passé des accords diplomatiques avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui, contre financements des contribuables australiens, réserve une de ses iles (Manus Island) à l’accueil des boat-people que la marine australienne intercepte en mer et reconduit donc sur cette ile sous souveraineté papoue. De cette façon les immigrants ne mettent pas le pied sur le territoire australien et ils ne peuvent pas se targuer de la protection de la loi australienne. On imagine aisément que la loi papoue est moins protectrice et avantageuse… C’est de là que les candidats font leur demande d’immigration. S’il est acceptée ils peuvent se rendre en Australie, dans le cas contraire c’est l’affaire des papous de les garder ou de les expulser dans un autre pays. Le processus d’immigration est sous-traité, externalisé à une autre nation. Manus Island c’est une espèce de Sangate délocalisé en dehors des frontières.

    Le gouvernement australien est relativement discret vis-à-vis de sa population sur les méthodes employées pour refouler les bateaux car il y a sans doute de la violence au moins de temps en temps pour empêcher les rafiots de passer les barrages de sa marine de guerre. Il y a en tout cas régulièrement des émeutes dans les centres de tri de Manus Island. On jette un voile pudique sur le sujet à Cambera et on espère que personne ne posera trop de questions.

    L’Australie dispose d’un territoire à Christmas Island, une ile dans l’océan indien au sud de l’Indonésie, très éloignée du pays continent, une sorte de DOM-TOM australien. Evidemment, étant proche de l’Indonésie, l’une des plus grands pays musulmans de la planète, et très loin de l’Australie, Christmas Island est l’un des points d’entrée préférés des migrants illégaux. Afin la aussi de les décourager, le parlement australien a exclu Christmas Island de la zone d’immigration australienne ce qui veut dire que les immigrants touchant l’Australie à Christmas Island ne peuvent pas faire de demande d’immigration. C’est un peu comme si le parlement français accordait un statut d’extraterritorialité à Nice pour que les immigrants en provenance de Vintimille ne puissent arguer de leur présence à Nice pour y déposer une demande officielle d’immigration.

    L’Australie diffuse par ailleurs des campagnes de publicité dans les pays d’émigration sur le thème : « ce n’est pas la peine de tenter le voyage vers l’Australie car vous serez systématiquement refoulés sur Manus Island ».

    Malgré tout quelques bateaux d’immigrants passent quand même les barrages et échouent sur le sol australien, certains obtiennent un statut leur permettant de rester, les autres sont a priori destinés à être renvoyés d’où ils viennent mais dans le cadre de la loi qui n’autorise pas à faire n’importe quoi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la stratégie numéro 1 est d’abord de les empêcher de mettre le pied en Australie.

    Voilà comment se passent les choses en Australie monsieur Guillaume Roquette. Il eut été intéressant que vous les exposassiez dans votre chronique afin de donner à vos lecteurs une présentation complète du sujet. Il aurait même été encore plus productif que vous expliquassiez comment les répliquer en France ! Car le plus affligeant dans cette histoire c’est que les pays du Sud de l’Europe s’inspiraient d’assez près de cette tactique il y a encore quelques années quand des accords étaient passés (contre espèces sonnantes et trébuchantes) avec les dictatures en Lybie et en Tunisie notamment pour qu’elles bloquent les réfugiés africains à leurs frontières. Mais les printemps arabes sont passés par là, et parfois avec l’aide des armées occidentales dans le cas de la Lybie, pour bouter les dictateurs hors du pouvoir. Il semble même nous souvenir qu’à l’époque de la guerre contre la Lybie la gauche française honnie par le Fig-Mag n’était pas au pouvoir… Depuis le chaos règne dans ces territoires qui ne sont plus capables de maintenir les accords passés. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment la volonté compte tenu du moyen de pression que cela représente sur les démocraties européennes. Entre temps le nombre des réfugiés a cru de façon considérable avec les conflits en Syrie, en Irak et depuis peu en Turquie.

    Bref, la situation est complexe et ne se résoudra pas facilement. Elle reste quand même assez marginale quand on la compare aux flux de millions de migrants apparus après la deuxième guerre mondiale alors que le découpage de l’Europe se mettait en place (le partage dit de Yalta), ou, plus récemment lors de la crise des boat-people vietnamiens et cambodgiens fuyant le communisme en Asie du Sud-est. A long terme, seuls l’apaisement et l’enrichissement des pays d’émigration permettra de réduire le flux de candidats au départ. Cela va prendre du temps… En attendant il va sans doute falloir se résoudre à ce que le monde occidental accueille et finance chaque année quelques dizaines de milliers de ces migrants.

    On peut être pour, on peut être contre, le principe de réalité va devoir primer. Aucun pouvoir en France, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a réussi à bloquer cette immigration. On se souvient des charters Pasqua que le corse gouailleur alors ministre de l’intérieur sous la présidence Chirac avait tenté de mettre en place (une mesure répressive forte comme les aime Guillaume Roquette) : les immigrés clandestins que, déjà, même Pasqua le matamore, n’arrivait pas à empêcher de rentrer en France, étaient censés être reconduits dans leurs pays. Dans un premier temps par vols réguliers avant que les compagnies aériennes ne s’y opposent compte tenu du grabuge provoqué par ces opérations (auxquelles votre serviteur a assisté à de nombreuses reprises). Puis la République a affrété des vols charters qui ont connus le même sort. Et enfin des avions officiels ont été utilisés jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mis à sac sur l’aéroport de Bamako par la population locale sans doute largement inspirée par ses dirigeants… Et on a plus parlé des charters Pasqua… c’était il y a 35 ans !

    Guillaume Roquette, la solution forte est sans doute possible, probablement moins facilement qu’en Australie qui est… une ile, mais si un pouvoir démocratiquement élu la décide, eh bien allons-y. Mais que diable Guillaume Roquette : investiguez, informez, fouillez, analysez, faites votre métier de journaliste avant de lancer des slogans comme de la bouillie pour chat. Vous avez des neurones en état de fonctionnement, vous avez fait des études supérieures, vous travaillez dans un journal qui a des moyens : faites le pari de l’intelligence Monsieur Roquette, c’est aussi votre devoir d’informer.

    Rappelons que l’Etat inconséquent vilipendé par Guillaume Roquette à longueur de colonnes verse au nom de ses contribuables, lecteurs ou pas du Fig-Mag, des subventions annuelles pour aider la presse. Le Figaro a perçu 16 millions d’euros en 2014.

  • Les avis de Mme. Michu sur la fraude à Pôle Emploi

    Conversation de machine à café au bureau :

    – Ce ministre de l’emploi ne vaut rien, il n’est pas même capable de lutter contre la fraude des faux chômeurs.

    – Ah, tu as des informations particulières sur le sujet, les chiffres montrent une aggravation de la situation s’aggrave ?

    – Pas besoin de chiffres, c’est évident, tout le monde sait que ce ministre ne fait rien contre les fraudeurs à Pôle Emploi !

    En fait, les personnes voulant aller plus loin sur ce sujet et se faire une idée documentée de l’action de leur ministère du travail peuvent cliquer sur le site de Pôle-Emploi et trouver assez rapidement le document disponible ici. S’ils veulent aller encore un peu plus avant, un deuxième click les mènera sur un rapport de la cour des comptes référencé dans le premier document et disponible là.

    Qu’apprend-t-on dans ces documents, rien de bien révolutionnaire sinon que Pôle-Emploi dispose d’une équipe de 150 auditeurs qui font leur possible pour détecter et analyser les processus de fraude. La cour des comptes explique que 32 milliards d’euros d’allocations d’assurance et de solidarité chômage ont été versés en 2012 et qu’un total de 76 millions d’euros de préjudices ont été détectés ou évités cette même année. Est-ce assez ? Certainement pas. Est-ce insignifiant ? Non plus. Faut-il faire encore plus et mieux ? Bien sûr. Les auditeurs de Pôle-Emploi sont-ils efficaces ? On ne le sait pas bien mais on peut imaginer qu’ils le sont au moins autant que les auditeurs de la Société Générale qui ont laissé un de leurs traders-fraudeurs engager cette banque à hauteur de 50 milliards d’euros sans que personne ne s’en rende compte !

    On peut bien sûr penser ce que l’on veut de ces analyses et il doit en exister bien d’autres, à charge et à décharge, mais à tout le moins existent elles et méritent d’être prises en compte pour fonder un jugement. Ce qui est clair c’est que les machines à café et les bistrots sont des endroits peu propices à la réflexion. On y entend des cadres supérieurs, diplômés des meilleures écoles de la République, y assener des slogans partisans qui relèvent plus de la propagande que de l’information. Il ne faut pas abandonner l’espoir de l’intelligence pour autant et un petit coup d’œil sur ces deux documents nous rendra plus avisés.

  • Religion en Israël

    Des extrémistes religieux, colons israéliens, mettent le feu à une maison palestinienne : un nourrisson de 18 mois meurt brûlé vif, ses deux parents sont gravement blessés. Les colons agissent au nom de Dieu et de la recomposition du Grand Israël tel que prévu dans la bible. Comme souvent lorsque la religion prend le pas sur la raison, il ne reste qu’un océan de ruines. Il n’y a guère moyen de parler avec ces religieux qui sont inspirés par Dieu et imperméables au discours des Hommes. Quand on leur avance le droit et l’humanité ils répondent avec la bible et le message du tout-puissant…

  • Tournée générale au Café du commerce

    Mme. Michu est inénarrable et la rubrique Café du commerce reste inépuisable. Alors que sortent les chiffres mensuels du chômage tout ce que la République compte de commentateurs à courte vue, de politicards malveillants, de journalistes incompétents et de citoyens bougons, bref toute une population abrutie par les journaux télévisés de TF1 et les matchs de fouteballe crie haro sur le baudet socialiste accusé de tous les maux dont souffre la France.

    En fait il suffit à n’importe quel citoyen de cliquer sur le site de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) pour confirmer que le chômage en France est un mal profond dont notre pays souffre depuis des décennies. Hélas, les courbes du chômage sont assez indépendantes de la couleur politique de la majorité en place mais répondent plutôt à des cycles économiques, à l’inertie et la rigidité de notre société engourdie par son cholestérol.

    INSEE_Chomage

    On voit que la hausse récente du taux de chômage date de début 2008 et n’a quasiment pas cessé depuis, que ce soit avant ou après le changement de majorité en 2012. De la même façon il a baissé sur la durée entre 1999 et 2001, gouvernement socialiste Jospin sous la présidence conservatrice de Chirac, puis entre 2006 et 2008, gouvernement conservateur de Villepin puis Fillon, sous présidences du même bord, Chirac puis Sarkozy.

    On souhaiterait que nos dirigeants passent un peu plus de temps à travailler sur ces sujets de long terme plutôt que de chercher sur quelle tête faire porter la responsabilité de cette situation qui de toute évidence est collective plus que partisane. Ensuite, que Mme. Michu surfe sur les sites web de recettes de cuisine que sur celui de l’Insee on peut le comprendre, par contre on pourrait s’attendre à ce que Guillaume Roquette (patron du FigMag) fasse preuve d’un peu d’analyse, bref, qu’il fasse le boulot pour lequel il est payé (et son journal subventionné par les contribuables) et consulte, lui, les statistiques économiques pour en édifier ses lecteurs qui, à défaut, répètent en les ânonnant les slogans dont il ponctue ses éditoriaux, notamment celui voulant que le chômage serait arrivé en France avec le gouvernement socialiste en 2012.

    La même désinformation est de rigueur avec le déficit des finances de la République et sa dette conséquente : l’un et donc l’autre sont en accroissement constant depuis des décennies quelle que soit la majorité politique.

     

    INSEE_Deficit_EURINSEE_Deficit_PIB

    Le dernier exercice budgétaire équilibré date de 1974… une époque où Sarkozy avait 20 ans.

    INSEE_Dette

    La courbe de la dette montre évidemment une hausse constante puisqu’il a fallu financer des déficits tout aussi constants. La série actuelle commence en 1995 mais la précédente a la même allure.

    La vérité c’est que personne n’a encore réussi à inverser les tendances perverses de notre économie depuis les années 70 car nous, les citoyens, sommes résistants au changement en attendant désespérément un leader éclairé qui sera capable de diminuer les déficits de la République tout en continuant à augmenter les dépenses publiques. La venue d’un tel magicien étant improbable à court terme il convient d’investir sur l’intelligence et le bon sens.

    Voyez-vous souvent les trois courbes ci-dessus dans les journées télévisés ou les chroniques de Guillaume Roquette ? Non, évidemment, elles sont pourtant emblématiques des défaillances de notre économie. Elles sont pourtant simples et parlantes, il faudrait les montrer et de les commenter aux citoyens avec un peu de pédagogie et ce serait la première étape vers une prise de conscience salvatrice propice à un nouveau départ. Les gens intelligents devraient se faire un devoir de mettre leurs neurones au service de la pédagogie plutôt qu’à les perdre dans la divulgation d’argumentaires de bas étage bons à semer le désordre dans le bon sens populaire. Guillaume Roquette a choisi le parti des bonimenteurs, ne le suivons pas sur cette pente glissante, faisons preuve de sens de l’intérêt général : censurons la désinformation et diffusons la connaissance.

     

  • Des journalistes de rencontre

    Vendredi dernier le chroniqueur a été retenu 4 heures dans un wagon de la SNCF à Bordeaux suite à un accident ayant endommagé la voie vers Angoulême. A son retour à Paris il entendit les chaînes d’information en continue délayer en long et en large cet incident de transport tout en précisant que les voyageurs seraient remboursés à 100% du prix de leur billet. Rassuré le chroniqueur s’est couché serein pour une bonne nuit de réparation de ses émotions.

    Quelques jours plus tard quelle ne fut pas sa surprise de recevoir un courrier de la SNCF lui adressant des bons de voyage correspondant à 75% du prix de son voyage initial, valables un an. Le remboursement n’est donc pas de 100%, pas en cash, pas illimité, contrairement à ce que des journalistes de rencontre ont affirmé des heures durant le soir et le week-end suivant l’accident.

    Les conditions de remboursement sont contractualisées dans la « garantie voyage » issue par le transporteur et elles prévoient effectivement un plafond de 75% du prix du billet en cas de retard supérieur à trois heures. Il aurait sans doute été trop demandé à ces journalistes de faire le métier pour lequel ils sont payés et de lire les termes de cette garantie avant de diffuser en boucle de fausses informations. Une bonne partie de la presse française pourtant subventionnée par les contribuables fait mal son travail. Ce n’est pas bien.

  • Les mains sales

    Avez-vous remarqué à la cantine de votre bureau ou la sandwicherie du coin de la rue le regard haineux du consommateur reprochant à la serveuse de ne pas porter de gants en latex alors qu’elle touche les aliments qu’elle lui délivre ?

    Les normes d’hygiène se sont renforcées au cours des années : lorsque votre chroniqueur était jeune le latex était réservé à des usages plus récréatifs que le service des croissants en boulangerie. Le barman du bistrot nous composait un « sec-beurre ballon-de-rouge » à la mimine et si des épidémies avaient ravagé la population des piliers de bar cela ce serait su.

    Autre temps, autre époque, on a aujourd’hui peur de son ombre, le principe de précaution est désormais introduit dans la Loi de la République et la France est congestionnée dans son immobilisme avec des jambon-beurre servis en latex pour préserver la flore intestinale de Mme. Michu devenue bien fragile avec le temps !

  • Religion dans l’Isère et ailleurs

    Le citoyen français islamiste radical soupçonné du meurtre et de la décapitation de son patron dans l’Isère qui envoie des selfies de sa bobine avec la tête de sa victime aurait avoué sa culpabilité. Il chercherait à se faire passer pour un criminel plutôt qu’un djihadiste. Même si la différence est assez ténue, ses actes semblent démentir cette tactique : envoi de photos morbides en Syrie, mise en scène macabre de son crime, radicalisation dans des mosquées, tentative d’attentat suicide raté ; on semble tout de même assez éloigné du crime passionnel mais la justice se prononcer puisque l’assassin présumé passera devant les tribunaux.

    Sans remonter au-delà du XXème siècle le décompte macabre des crimes dus à la folie des hommes est particulièrement effrayant : l’idéologie raciale a fait 60 millions de morts durant la deuxième guerre mondiale, le stalinisme à peu près autant, on ignore exactement le nombre de morts sous la dictature maoïste mais l’unité de compte est la dizaine de millions de morts et elle bat sans doute le record toutes catégories des morts dans un pays en temps de paix.

    L’idéologie islamique est encore loin de ces chiffres gigantesques, on a statistiquement un risque infinitésimal de mourir en occident d’un attentat terroriste, beaucoup moins que d’un accident de voiture ou d’un excès de cholestérol. Mais cette idéologie a un effet pernicieux en venant terroriser l’Occident repu avec des méthodes d’assassinat moyenâgeuses qu’il croyait révolues pour toujours depuis l’apparition des armes modernes. Elle réussit aussi la performance de provoquer la trahison de citoyens nationaux privilégiant leur religion au détriment de leur patrie ou de leurs familles. Bien sûr il eut aussi des collaborateurs français avec l’occupant allemand durant la dernière guerre choisissant leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la République, voire même endossant l’idéologie nazie. Mais dans la situation qui nous occupe on fait face à la déraison de la religion, encore plus effrayante car reposant sur des croyances en un pouvoir divinatoire et incompréhensible.

  • Religion dans l’Isère

    Suite à l’assassinat et la décapitation d’un homme dans l’Isère par un extrémiste religieux islamiste, les associations diverses craignent que cette action, a priori terroriste, menée par un citoyen national sur le sol français, après bien d’autres depuis 1995, entraîne des amalgames antimusulmans… Elles n’ont pas tort. Et c’est d’ailleurs sans doute l’un des buts des stratèges islamistes qui inspirent ces actes. Ils appliquent simplement l’une des tactiques maoïstes : action (une minorité agissante mène une attaque ciblée), réaction (le pouvoir renforce la répression pour lutter contre cette minorité et du coup monte la population contre le régime), révolution (le peuple se révolte contre trop de répression et la minorité devient majorité) et généralement la dictature arrive.

    Les premiers éléments de l’enquête française montre que l’extrémiste religieux soupçonné de la décapitation a pris un selfie avec la tête de sa victime et l’a envoyé à un correspondant en Syrie. Tout un programme…

    La religion prend le pas sur la raison, comme souvent. Cela relève sans doute aussi de la psychiatrie.