Catégorie : Humeurs

  • Des contrefeux bienvenus

    Alors que le monde politicomédiatique français consacre sa belle intelligence à plus de 100% aux violences du match de fouteballe de samedi dernier, deux évènements importants viennent un peu dissiper leur concentration exclusive sur le foute, il s’agit du procès en violences conjugales opposant deux vedettes d’Hollywood (Johnny Depp et Amber Heard) et du jubilé des 70 ans de règne de la Reine Elisabeth II de Grande Bretagne. Les experts en ballon sont remplacés par des spécialistes en cancan.

    Et pendant ce temps on ne parle pas des vrais problèmes comme l’incapacité de la France à gérer ses finances publiques.

  • Le sens des priorités

    Le sens des priorités

    Les incidents constatés lors d’un match de fouteballe au Stade de France samedi dernier sont en train d’occuper la toute première place des grands titres de la presse et des sujets de polémiques. Tout ce qui faisait encore l’actualité la semaine dernière a été balayé : les élections législatives françaises, la guerre en Ukraine, la transition écologique, la dette qui va peser sur plusieurs générations de nos enfants,… tout ceci n’existe plus, seule subsiste « la honte de la France devant le monde » pour n’avoir pas su rétablir l’ordre dans le chaos d’une finale de fouteballe que bien imprudemment la France avait proposé d’organiser pour remplacer au pied levé la ville russe de Saint-Pétersbourg qui pâtissait des sanctions internationale suite à la guerre en Ukraine.

    Le Sénat français va entendre les responsables politiques, une commission d’enquête parlementaire formelle est envisagée, bref, le monde s’arrête de tourner pour se pencher sur des bagarres qui ont opposé des supporters avinés à des policiers débordés. Que la France soit championne du monde de la dépense publique ou incapable d’équilibrer ses dépenses et ses recettes depuis près de cinquante ans n’est pas une « honte » mais qu’une bande de décérébrés forcent des entrées du stade et dépouillent des fans brailleurs, alors la France s’arrête et se consacre à ce non-sujet dans un nombrilisme ravageur.

    L’information sur le déroulement exact de cette soirée commence à filtrer. On a sans doute assisté à un cocktail poivré mêlant des organisations fouteballistiques mafieuses qui ont émis, ou laissé émettre, des faux tickets d’entrée en masse, de fans avinés qui n’avaient pas de billets mais projetaient de forcer l’entrée pour voir leur match, de voyous profitant de la situation pour piller tout ce qu’ils peuvent, de forces de police débordées par les évènements, de grèves dans les transports en commun délibérément organisées ce jour de finale pour maximiser la perturbation et de l’influence délétère d’un sport abrutissant qui n’en est pas à ses premières dérives. D’ailleurs, le lendemain soir d’autres émeutes se déroulaient à Saint-Etienne où des supporters de fouteballe déçus de la contreperformance de leur équipe ont semé le chaos à l’intérieur et à l’extérieur du stade. Au-delà du Stade de France, des « fan-zones » avaient été mises en place samedi où était retransmis le match sur de grands écrans. Elles n’ont pas donné lieu à des incidents particuliers mais ont été laissées dans un état de dévastation avancé après avoir été occupées quelques heures par des milliers de fans mal élevés. Ce n’est pas grave, les contribuables payent pour le nettoyage…

    Tout ceci est l’image d’un pays décadent et d’un sport abrutissant. Oui la France est désormais en difficulté pour assurer le déroulement paisible de compétition de fouteballe. Oui le fouteballe déconnecte les neurones de ses amateurs. Le problème est assez simple à régler, il suffit de ne plus organiser de telles compétitions en France ce qui laissera aux dirigeants un peu plus de temps pour se consacrer à la résolution des vrais problèmes de la nation qui mettent notre avenir en péril : la dette du pays et la mauvaise gestion de ses finances publiques !

    Oui on peut raisonnablement s’inquiéter de voir la France organiser la coupe du monde de rugby en 2023 et les jeux olympiques en 2024 qui vont être des sources de dépenses publiques inutiles, d’octrois d’exonérations fiscales iniques aux organisateurs et de troubles importants dans la vie quotidienne des citoyens. Mais la seule question qui vaille reste de savoir qui prend ces décisions, et par quels processus, de dilapider l’argent public dans l’organisation de ces compétitions ? Il faut pouvoir les bloquer à l’avenir si de telles idées germaient encore dans l’imagination débridée des dirigeants français pour accroître sans fin la dépense publique.

  • Le chaos du fouteballe

    Le chaos du fouteballe

    La finale d’une compétition européenne de fouteballe s’est déroulée hier soir à Paris au Stade de France dans un chaos avivé par des supporters avinées dont certains d’entre se sont trouvés tout désappointés de constater que leurs billets étaient des faux. Comme nous sommes dans le peuple du fouteballe les impétrants sont passés à l’attaque, tenté de franchir les grilles, de forcer les portes tout en agressant les forces de l’ordre un peu dépassées semble-t-il. Il y a des blessés, des interpellations, du gaz lacrymogène poivré a volé… bref, le chaos.

    Comme nous sommes en France, les partis politiques se sont immédiatement emparés de ce non-sujet pour critiquer l’Etat (au lieu des supporters) et expliquer ce qu’il fallait faire. Mais personne ne pose la seule question vaille : qui a eu l’idée saugrenue de proposer Paris pour remplacer Saint-Pétersbourg, empêchée pour cause de sanctions internationales, comme lieu d’organisation de cette finale de foute ? Cela ne présentait strictement aucun intérêt pour la France sinon une croissance éphémère de ventes de bière et de vodka dans quelques bistrots du coin. En revanche il n’y avait que des coups à prendre et des dégradations à subir (et donc à rembourser).

    Comme nous sommes en Seine-Saint-Denis, quelques centaines des loulous du quartier sont venus essayer de se faufiler dans le stade et, au passage, de pick-pocker les foules en détresse. Bien entendu ils ont largement diffusé leurs exploits sur les réseaux dits « sociaux ». Le tableau fut complet.

    Bonne nouvelle tout de même dans ce chaos, les fédérations sportives et nombre de pays européens estiment désormais la France incapable d’organiser la coupe du monde de rugby de 2023 et les jeux olympiques de 2024. Ils ont raison mais il est sans doute trop tard pour que la France se retire de l’organisation de ces deux compétitions de musculeux qu’elle a voulu organiser sur son territoire en 2023 et en 2024 alors qu’elle n’en a pas les moyens.

    Il faudra un jour demander des comptes aux responsables politiques français qui dilapident ainsi l’argent de leurs contribuables sans parler des exonérations fiscales qui sont octroyées à des fédérations sportives ou olympiques mafieuses qui sont généralement installées dans des paradis fiscaux suisses.

    Lire aussi : La République se compromet avec les forbans du sport & L’escroquerie fouteballistique se poursuit !
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  • Saint Bolloré et ses apôtres veillent sur leurs téléspectateurs

    Saint Bolloré et ses apôtres veillent sur leurs téléspectateurs

    Les médias détenus par l’homme d’affaires breton Vincent Bolloré diffusent la bonne parole le dimanche. On connaît les convictions catholiques traditionnalistes du patron, alors elles sont déclinées le dimanche sur l’antenne. « En quête d’esprit » d’Aymeric Pourbaix le matin pour aborder « l’actualité d’un point de vue spirituel et philosophique », « Face à Rioufol » le soir. Véronique Jacquier, commentatrice pieuse et conservatrice, fait le lien entre les deux programmes auxquels elle participe.

    Yvan Rioufol est chroniqueur au Figaro et sur CNEWS, plutôt anti-gouvernement actuel sans que l’on sache vraiment quelle offre politique emporterait son agrément, plus que sceptique sur les politiques sanitaires et climatiques appliquées ou envisagées, se plaignant régulièrement de la « dictature sanitaire » dans laquelle le fait vivre le pouvoir français. Il recevait ce soir Laurent Toubiana, chercheur épidémiologiste qui s’est rendu célèbre par des positions anti-establishment lors de l’épidémie de Covid, et Christian Gerondeau (84 ans), que les anciens connaissent comme le Délégué à la sécurité routière dans les années 1970, et qui consacre sa retraite à développer des thèses climato-sceptiques.

    Lire aussi : Le Café du commerce sur CNews
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    Rioufol et Jacquier ont du mal à cacher leur jubilation en écoutant ces invités dont ils partagent les convictions. De la religion le matin à l’actualité post-scientifique le soir, la chaîne Bolloré surfe sur le dogme. C’est une orientation qui rencontre de plus en plus de téléspectateurs et de militants. CNEWS en est l’un des piliers.

    Le groupe Bolloré a récemment annoncé la vente de tout son business de logistique et de transport en Afrique, ce qui devrait lui rapporter quelques milliards d’euros. Vincent Bolloré (70 ans) que l’on qualifiait de « Mozart du cash-flow » à l’époque où il a construit son groupe risque d’investir ce nouveau trésor dans d’autres médias pour saturer le paysage audiovisuel de ses idées. Espérons que les médias plus orientés sur le journalisme que la croyance survivront pour pouvoir continuer à opposer la contradiction.

  • La déconvenue des traîtres à droite

    La déconvenue des traîtres à droite

    Lorsqu’Éric Zemmour, polémiste de plateaux télévisés, annonça sa candidature à l’élection présidentielle en novembre 2021 il remporta un franc succès dans les sondages, montant jusqu’à 15% des intentions de vote, à tel point que nombre d’élus aux convictions molles ont quitté les partis Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN) pour rejoindre Reconquête !, le parti créé par Zemmour pour soutenir sa conquête.

    Guillaume Peltier (vice-président LR), Gilbert Collard (74 ans, avocat médiatique), Jérôme Rivière (chef des eurodéputés RN), Philippe de Villiers (73 ans, retraité de la droite décomplexée), Christine Boutin (78 ans, ancienne ministre conservatrice et bigote), Patrick Buisson (73 ans, ancien conseiller conservateur du président Sarkozy, impliqué dans différentes affaires financières et qui enregistrait secrètement ses conversations avec le président) et surtout, Marion Maréchal ex-Le Pen, petite fille du parrain Jean-Marie Le Pen, qui a trahi sa cousine Marine Le Pen, candidate du partie RN.

    Tout ce petit monde devait croire en la victoire de son poulain polémiste de plateaux télévisés, espérer quelques postes en échange d’un soutien de dernière heure. Las, il a terminé avec un score peu glorieux de 7% au premier tour ce qui l’a empêché bien entendu de s’aligner pour le second. Ses afficionados de circonstance ont dû se mordre les doigts de leur félonie et doivent se promettre d’y réfléchir à deux fois avant une nouvelle trahison, car il va bien falloir qu’ils se recasent (sauf pour les plus âgés) : rester chez le perdant ou refranchir le Rubicon pour retrouver leurs anciens camarades ?

    Lire aussi : Le bal des traîtres en surchauffe
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    Changer de camp, en politique comme en privé, est toujours un risque à prendre et on ne gagne pas à tous les coups. Le moins dangereux est sans doute de rester fidèle à ses idées en essayant de convaincre ses amis plutôt que de fuir dans le camp d’à côté à la moindre alerte sondagière !

  • Afghanistan : le groupe Etat islamique n’aime pas les Talibans

    Des attentats continuent à se produire régulièrement en Afghanistan désormais gouverné par les religieux musulmans Talibans de tendance sunnite et qui se heurtent au groupe Etat Islamique (EI), lui aussi de tendance sunnite mais en plus extrémiste. Des attentats sanglants plus ou moins revendiqués par l’EI ont lieu avec régularité, visant plus particulièrement les écoles de la communauté afghane hazara de tendance chiite. Encore hier des bombes ont été jetées contre des gamins sortant de l’école dans un quartier hazara de Kaboul. Massacrer des enfants chiites pour troubler le pouvoir sunnite semble être le but de terrorisme de l’EI en Afghanistan.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/10/terrorisme-intra-religieux-en-afghanistan/
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    Cerise sur le gâteau, le Pakistan frontalier qui avait jusqu’ici toujours soutenu les Talibans semble maintenant se retourner contre eux car l’Afghanistan abrite d’autres groupes terroristes religieux qui s’en prennent au Pakistan qui a construit une clôture de 2 000 km pour protéger son territoire.

    Pas sûr que l’Afghanistan n’évolue rapidement vers une démocratie apaisée et un développement économique vigoureux à court terme…

  • Les médias toujours à leur limite d’incompétence

    Alors que le deuxième tour des élections présidentielles françaises doit se dérouler ce dimanche 24 avril, le traditionnel débat télévisé entre les deux candidats finalistes Marine Le Pen et le président actuel, Emmanuel Macron, est programmé demain mercredi. Les médias frétillent d’impatience et affichent une fébrilité sans borne face à cet affrontement de circonstance qu’ils chérissent car potentiellement porteur de petites phrases assassines, d’approximations à relever, voire de crises de nerfs des débatteurs, bref, d’une bonne audience garantie et donc d’un prix de la minute de publicité à la hausse pour cette soirée de duel.

    Du coup, ces médias se consacrent depuis quelques jours quasi exclusivement à déblatérer sur les aspects mineurs de la préparation du débat de mercredi : l’espacement entre les candidats, la température, qui commencera et qui clôturera, comment et où se préparent les belligérants, etc. Et tous ces mêmes médias de se référer aux débats similaires des élections précédentes en ressortant des placards les journalistes qui opéraient à l’époque.

    Plutôt que délayer sur des sujets annexes de peu d’importance, il serait plus utile pour leurs auditeurs et téléspectateurs qu’ils investissent dans l’analyse des programmes proposés qui vont régir la vie des Français pour les cinq années à venir. Mais cela nécessiterait qu’ils lisent et analysent lesdits programmes ce qu’ils n’ont manifestement ni l’envie ni le temps de le faire, préférant consacrer leurs talents à l’écume des choses.

    Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude alors qu’aujourd’hui le mélange entre divertissement et information est de plus pratiqué.

    On pourrait supprimer cette niche fiscale imméritée et en réorienter le produit au financement de l’amélioration de la qualité de la formation dans les écoles de journalisme. Ce serait juste et annonciateur d’un meilleur niveau de compréhension de la politique par Mme. Michu qui pratiquerait ainsi son droit de vote de façon plus éclairé.

  • L’Eglise orthodoxe russe dans la guerre

    La religion est aussi un point de divergence entre la Russie et l’Ukraine, deux pays majoritairement orthodoxes. L’organisation de l’église orthodoxe est particulièrement complexe et il faut être un spécialiste pour s’y retrouver dans l’organigramme et comprendre la sémantique propre à cette religion : l’autocéphalie, le primat, le métropolite, le tomos, etc. On comprend malgré tout qu’il s’agit d’une religion chrétienne au sein de laquelle le port de la barbe est signe de pouvoir.

    En 2018, à l’issue d’un processus un peu mystérieux pour les néophytes l’Eglise orthodoxe d’Ukraine devient la 15ème église autocéphale orthodoxe, c’est-à-dire indépendante de l’église de Moscou, sans que l’on sache vraiment ce que cela change pour les croyants sinon leur procurer un sentiment d’indépendance vis-à-vis du patriarcat la Russie. C’est le patriarche de Constantinople, le grand chef de tous les orthodoxes, qui a accordé ce nouveau statut.

    Le chef de l’église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, est plutôt proche du Kremlin ce qui ne manque pas de sel quand on sait que le président russe est un ancien officier du KGB de l’ère soviétique, période où la religion était considérée comme une idéologie « opium du peuple » incompatible avec le dogme marxiste… Aujourd’hui Monsieur Kirill apporte sa caution religieuse la guerre de la Russie contre l’Ukraine, contre « les forces du mal ». Il voit dans cette offensive la possibilité de rétablir « l’unité spirituelle » des Russes et des Ukrainiens qui seraient « un seul peuple ».

    Lire aussi : Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/02/le-president-russe-et-lhistoire/
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    Une église engagée dans une guerre c’est un peu le retour au Moyen-Age, comme d’ailleurs cet affrontement entre la Russie et l’Ukraine. Nous en sommes là !

  • Perruques et rumeurs

    Une rumeur persistante mais non encore certifiée voudrait que Brigitte Macron et Rachida Dati portent des perruques. Au vu des photos disponibles, c’est une hypothèse que l’on ne peut pas exclure. Une seule certitude, à leurs âges, leurs couleurs ne sont pas naturelles, pas plus que la tenue de leurs cheveux. A tout le moins, si ce ne sont pas des perruques, elles doivent passer au moins une heure tous les matins avec un coiffeur pour afficher une telle raideur.

    Si elles portent des perruques, est-ce à dire qu’elles ont rasé leurs vrais cheveux pour porter ce succédané de chevelure ? Cela relève du même processus que celui de la chirurgie esthétique, en moins définitif bien sûr : se mutiler pour des questions de paraître. Et lorsque le paraître à ce point privilégié, c’est souvent pour masquer l’insuffisance de l’être.

    L’élection en cours confirmera peut-être cette rumeur du déni de réalité qui frapperait également les deux femmes.

  • Les consommateurs face à leurs contradictions

    La compagnie pétrolière multinationale TotalEnergies, dont le siège social est en France, a beaucoup investi en Russie ces dernières décennies et fournit une partie de ses clients, multinationaux eux-aussi, à partir de ressources produites et achetées en Russie. Les bonnes âmes crient au scandale du fait que cette entreprise continue à opérer en Russie, tout en faisant le plein de leurs automobiles et en se plaignant du prix des carburants. TotalEnergies est accusée de « crimes de guerre » et autres joyeusetés sur les plateaux médiatiques et au Café du Commerce et personne ne se demande comment la cuve de fioul de Mme. Michu sera remplie, ou à quel prix, si Total coupe ses approvisionnements en Russie. La France ne produisant plus d’hydrocarbures il faut bien acheter ceux-ci à l’extérieur, si ce n’est pas en Russie, il faut les remplacer par une autre source ou alors réduire la consommation. Le problème est que la plupart des pays exportateurs d’hydrocarbures ne sont pas à proprement parler dirigés par des régimes en accord avec les valeurs démocratiques occidentales. C’est le dilemme auxquelles sont confrontées les compagnies comme TotalEnergies, elles vont le résoudre progressivement loin des indignations et des simplismes de plateaux télévisés.

    L’Etat français est par ailleurs lancé dans une vaste opération de transfert des coûts de l’énergie des consommateurs sur les contribuables pour atténuer la hausse des prix sur le pouvoir d’achat de Mme. Michu. L’une des solutions possibles serait de supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes et d’en réaffecter les effets pour absorber cette hausse des prix de l’énergie, ce ne serait qu’une goutte d’eau dans la mer, bien sûr, mais cela permettrait à la presse d’être plus à l’aise pour critiquer les politiques de l’Etat, sans donner l’impression continuelle de cracher dans la bonne soupe.

  • Résilience et poches profondes

    On ne dit plus un « plan de paiement par les contribuables des charges des entreprises » mais on dit un « plan de résilience » !

  • Le narratif de la propagande

    On ne dit plus « diffuser de la propagande » mais « construire un narratif et déconstruire le récit ».

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/03/trop-jouer-avec-les-mots-conduit-au-neant/
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  • Trop jouer avec les mots conduit au néant

    On ne dit plus « mentir comme un arracheur de dents » mais « construire un récit alternatif » !

  • Francis Lalanne toujours en pointe

    L’ineffable Francis Lalanne prend position dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine en confirmant une (dés)information diffusée côté russe comme quoi le président ukrainien aurait fui son pays et que les vidéos diffusées tous les jours par Kiev montrant son président ont été préenregistrées.

    On se souvient que ce chanteur de guinguette à la retraite avait déjà pris des positions complotistes contre la politique sanitaire française, appelant à la destitution du président-dictateur Macron, au besoin avec l’aide de l’armée.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/01/un-grand-moment-de-solitude/
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  • Lisons le Traité de l’Atlantique Nord

    Nombre de commentateurs trop paresseux pour s’informer à la source avancent que « l’article 5 » de la chartre de l’OTAN entraîne l’intervention immédiate de ses membres si l’un d’eux est attaqué, ce qui protègerait l’Ukraine si elle adhérait à cette alliance.

    Relisons cet article :

    Article 5

    Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord.

    Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

    https://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_17120.htm

    Ce qui frappe est qu’en cas d’attaque d’une partie, les autres les assisteront « en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties » les actions nécessaires. Il y donc quand même une discussion à avoir et un accord des membres de l’alliance. S’il fallait un jour déclarer la guerre à la Russie, que se passerait-il si l’Albanie ou le Monténégro n’était pas d’accord avec les « actions nécessaires » ?

  • Les vieilles badernes de plateaux télévisés

    L’un des dommages collatéraux de la résurgence des conflits comme celui d’aujourd’hui entre la Russie et l’Ukraine est que les médias ressortent de la poussière Bernard-Henry Lévy (BHL, 73 ans) et Bernard Kouchner (82 ans). Ces deux-là font un retour inutile sur les plateaux télévisés et l’on voit le plaisir qu’ils en éprouvent. Cabotins invétérés ils goûtent ce qui risque d’être, au moins pour le second, leur dernière apparition médiatique, alors ils ne s’en privent pas.

    BHL semble bien moins ramolli que Kouchner mais il a tendance à ressasser les mêmes vieilleries depuis des décennies. Dans le cas d’espèce il préconise de sanctionner la Russie et de se préparer à accueillir les réfugiés ukrainiens « que nous n’avons pas su protéger »… L’auteur de La barbarie à visage humain publié en 1977, ouvrage fondateur de la « nouvelle philosophie », se croit toujours investi de la mission d’ouvrir les yeux des peuples devant la barbarie des méchants dictateurs étrangers. Les choses ont un peu changé depuis 45 ans et la démocratie ne semble plus être l’unique modèle de société pour la planète, en tout cas, le prosélytisme pro-démocratique transfrontière n’est plus vraiment de mise et aboutit à bien des déceptions.

    Le mieux serait que MM. Kouchner et Lévy laissent les analyses à plus jeunes qu’eux. Leurs vies et leurs engagements ont été magnifiques dans leur contexte, nous sommes maintenant au XXIème siècle et il leur faut maintenant tourner la page, peut-être en continuant à écrire des ouvrages mais surtout, en laissant leurs places sur les plateaux télévisés à la génération d’intellectuels suivante.

  • Un ex-journaliste sportif qui s’accroche à son rocher

    Félix / Charlie Hebdo (20/01/2021)

    Jean-Claude Dassier (80 ans aux fraises) est l’archétype de ce que la presse produit de plus inexistant mais qui occupe les écrans sans discontinuer. Après avoir débuté comme journaliste en charge de la circulation routière dans les années 1960, il a beaucoup œuvré dans le commentaire sportif et a même été désigné chef du club de fouteballe de Marseille durant quelques années, le tristement célèbre « OM » qui lui a d’ailleurs valu quelques problèmes judiciaires. Le garçon a fait le boulot pour lequel il a été payé durant sa carrière, rien à signaler sinon qu’il était sans doute plus porté sur le fouteballe que sur la littérature, mais il faut de tout pour faire un monde.

    Le problème c’est qu’aujourd’hui, à 80 ans passé il continue à faire le pilier de plateaux télévisés quasiment toute la journée sur la chaîne CNEWS du groupe Bolloré. Habillé d’un éternel polo ras-du-cou sous une veste (comme cela devient d’ailleurs l’uniforme de nombre de journalistes, la chemise semble rangée au rang des accessoires d’un autre âge, la cravate, n’en parlons même pas) il est manifestement en surpoids ce qui devrait le pousser à la prudence en ces temps de coronavirus, surtout qu’il a tendance à s’emporter facilement faisant certainement monter ainsi sa tension artérielle. A force d’être assis il ne pratique plus l’exercice physique minimum nécessaire à son épanouissement. Et mange-t-il au moins cinq fruits et légumes par jour ?

    Surtout, sa plus-value dans l’analyse des sujets est inexistante, il ne prépare manifestement pas les émissions auxquelles il participe, assène au mieux des platitudes consternantes, au pire des contrevérités tellement flagrantes que ses camarades de plateaux télévisés se croient généralement obligés de le corriger amicalement et respectueusement. Il doit lire les gros titres du Parisien sur son smartphone le matin avec son café au bistrot en allant promener son chien ce qui lui sert de revue de presse. Cela fait bien longtemps qu’il n’interviewe plus personne ni ne lit les dépêches des agences de presse. Il passe tellement de temps sur Télé-Bolloré qu’il n’en a plus pour s’informer à la source. Peut-être profite-t-il des nombreux flashs de publicité de cette chaîne pour collecter quelques informations auprès de ses collègues encore actifs en dehors du domaine sportif ?

    Le garçon n’est pas fondamentalement mauvais, il est juste inutile pour le journalisme. Il ne sert même pas la cause conservatrice de son employeur. A 80 ans il n’a plus l’agilité intellectuelle qu’il déployait lorsqu’il était chef d’Eurosport. A priori personne n’ose le lui dire et lui suggérer de prendre une retraite bien méritée auprès de sa famille. Le groupe Bolloré lui laisse son porte-serviette sur CNEWS sans que l’on sache s’il est payé pour sa présence à l’écran (sans doute oui vu le temps qu’il y passe). Une solution serait de continuer à lui verser ce revenu à cumuler avec sa retraite pour le pousser gentiment à se retirer, sans doute le groupe Bolloré pourrait se permettre cette petite dépense pour la bonne cause : amener un peu plus d’intelligence sur ses plateaux et laisser la place aux jeunes journalistes qui largement aussi compétents.

    Mais qui osera pousser l’éléphant en dehors de son parc ?

  • Le bal des traîtres en surchauffe

    Dominic Cummings – Kiro/Le Canard Enchaîné (02/02/2022)

    Comme à chaque période électorale le ralliement des uns aux autres bat son plein. La création du nouveau parti politique « Reconquête ! » par le journaliste Éric Zemmour attise les convoitises avec à l’horizon des maroquins et des prébendes. Comme en 2017 lors de la création du parti « En Marche ! », une organisation partie de rien a besoin d’attirer à elle des militants qui soit viennent d’autres organisations qu’ils quittent, soit entrent dans l’action militante. « Reconquête ! » a aussi, et surtout, besoin d’attirer dans ses filets des dirigeants politiques connus qui, par définition s’ils sont déjà connus, appartiennent à d’autres partis ou organisations. C’est ce que l’on appelle pudiquement une « recomposition politique », en français dans le texte : le bal des traîtres !

    Ainsi va la vie politique, de convictions élastiques en comportements opportunistes, de fidélités à géométrie variable en amitiés de circonstance… C’est un rude et permanent combat.

    Dans un genre encore un peu plus extrême apparaît le cas du britannique Dominic Cummings qui explose tous les records de la fourberie politique. Il fut l’âme damnée de l’actuel premier ministre Boris Johnson dans sa campagne pour le Brexit, l’alimentant en désinformations diverses et mensonges variés avec un relatif succès puisque finalement le Royaume-Uni décida de quitter l’Union européenne par le fameux référendum de 2016. Parvenu quelques mois plus tard au pouvoir dans l’ombre de son prince il est son conseiller principal de juillet 2019 à novembre 2020 date à laquelle il est poussé vers la sortie pour avoir délivré des tombereaux d’outrances et d’avanies sur le monde politique londonien où il s’est créé tellement d’ennemis que son maintien auprès du premier ministre causait plus d’inconvénients que d’avantages.

    Débarqué du pouvoir officiel il continue de déverser son fiel sur la nomenklatura et particulièrement contre son ancien patron Boris Johnson. Il a quitté son bureau avec, a priori, une volumineuse documentation et il passe l’essentiel de ses journées à mettre le premier ministre dans la difficulté en feuilletonnant des révélations venant contredire les versions officielles de nombre d’évènements et décisions privées et politiques du premier ministre. La presse se rengorge de ce « Deep Throat » aux petits pieds dont le cas semble relever plus de la psychiatrie que de la science politique. Le garçon est malin et sait où il met les pieds, ce qu’il peut dévoiler et ce qu’il ne fait qu’évoquer. On peut être tranquille qu’il doit diffuser sous la table quantités d’autres délations qu’il n’a pas le droit de révéler officiellement.

    La France a connu le cas Patrick Buisson, ancien journaliste recyclé dans le conseil politique de l’ex-président Sarkozy entre 2007 et 2012 qui enregistrait en lousdé les conversations qu’il échangeait avec le président de la République. Des extraits de ces enregistrements ont été publiés par la presse, sans doute communiqués aimablement par M. Buisson. Le couple Bruni-Sarkozy a porté plainte contre lui pour « atteinte à la vie privée », Buisson a été condamné de ce chef d’accusation.

    Dans les deux cas, MM. Cummings et Buisson sont des gens intelligents et cultivés mais malfaisants, des forbans mettant leurs neurones au service de causes dont on ne sait d’ailleurs pas vraiment s’ils les endossent ou non, mais leur permettant de nuire dans l’ombre du pouvoir. C’est sans doute leur façon d’exister.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2017/03/le-bal-des-judas/

  • Une après-midi à la cour d’assises

    Riss (Charlie-Hebdo 01/06/2016)

    Le procès de cour d’assises contre les accusés des attentats religieux de Paris du 13/11/2015 se tient au palais de justice de l’Ile de la Cité depuis plusieurs mois et en principe jusqu’au mois de juin 2022. Il est ouvert aux citoyens qui peuvent suivre les débats en vidéo depuis une petite salle d’audience dans les sous-sols de ce palais tentaculaire, prévue pour une cinquantaine de personnes. Le palais de justice est cerné par des barrières et des forces de sécurité lourdement armées, l’entrée des visiteurs et auditeurs est contrôlée mais libre. Dans la salle vidéo ouverte au public, des gendarmes armés patrouillent pour rappeler poliment à l’ordre les contrevenants qu’il est interdit de filmer, d’enregistrer ou de photographier les débats. La justice doit rester sereine et équitable, le procès quant à lui est officiellement filmé compte tenu de sa spécificité comme l’ont été ceux du nazi Klaus Barbie ou des attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper-casher de janvier 2015.

    Ce 25 janvier après-midi est consacré à l’interrogatoire du pakistanais Muhammad Usman qui faisait partie de la « sélection » faite en Syrie de quatre religieux envoyés en France pour participer aux attentats du 13 novembre : deux iraquiens qui se feront exploser au Stade de France, Adel Haddadi, algérien qui a refusé de comparaître à l’audience d’aujourd’hui et M. Usman présent dans sa cage de verre devant la cour. Le crâne glabre, la barbe en partie couverte par le masque sanitaire, la cicatrice au front, caractéristique des musulmans qui se prosternent à terre depuis des années pour prier, il est habillé à l’européenne et est aidé par une traductrice mais répond parfois en français aux questions de la cour.

    La séance s’ouvre sur la contestation du versement récent au dossier de pièces à charge de l’accusé, établissant sa participation à la guerre djihadiste en Syrie, dont une vidéo fournie par les services de renseignement américains où l’on voit l’accusé porteur d’une « arme longue », quelques autres « preuves de guerre » et un renseignement collecté lors de sa détention en France par le renseignement pénitentiaire. Les avocats de la défense, et même certains des parties civiles, plaident pour le rejet de ces pièces délivrées bien après la fin de l’instruction et dans des conditions qui les rendent, d’après eux, peu compatibles avec le code de procédure pénale français.

    Evidemment l’avocate générale souhaite les retenir et cite les références juridiques qui les rendent acceptables. Nous parlons des zones de guerre irako-syriennes et ce n’est effectivement pas un officier de police judiciaire placé sous l’autorité d’un juge d’instruction qui a récupéré ces preuves à Raqqa, mais des soldats sous la mitraille. Ce n’est pas tout à fait pareil L’avocate générale explique également l’existence de cette vaste base de données destinée à centraliser les preuves de guerre récupérée sur le terrain afin de documenter ce qui s’y passe et de poursuivre les coupables le moment venu. D’origine américaine, cette base est accessible à une vingtaine de pays qui peuvent y piocher de la documentation nécessaire à leurs actions judiciaires. On ne condamne pas un accusé sur base de ces documents mais ils peuvent aider à comprendre. La cour se retire ensuite plus d’une heure pour statuer sur la recevabilité de ces pièces, qu’elle approuvera. L’accusation prend acte de la décision en précisant qu’en conséquence l’accusé ne répondra à aucune question concernant ces pièces.

    Le groupe Etat islamique se voulait un proto-Etat et a documenté son action de façon assez précise. Il a été retrouvé des feuilles d’enrôlement du personnel, de multiples vidéos d’exactions commises par ses membres et permettant ainsi de les identifier, des millions de messages sur les réseaux dits « sociaux » permettant d’impliquer les auteurs et les destinataires… Un matériel d’une grande utilité pour les procès en cours dans différents pays ayant été attaqués par le groupe terroriste.

    Au retour de la cour, démarre l’interrogatoire de l’accusé Usman mené par le président. Il s’agit de retracer son parcours et, surtout, de comprendre si la poursuite de sa route vers l’Europe, même après que les attentats de 13 novembre se soient déroulés, était motivée par une nouvelle mission terroriste ou pas. Ayant déjà subi 8 interrogatoires judiciaires en Autriche et en France, le président revient sur ses déclarations, souvent contradictoires, qu’il n’hésite d’ailleurs pas à contester de nouveau devant la cour. Il aurait étudié durant six ans dans une madrassa au Pakistan puis aurait été radicalisé et recruté par le groupe Etat islamique sur Internet.

    ­- Avez-vous étudié le Coran en langue arabe ?
    – Oui, mais je ne comprenais pas tout.

    Une entraide judiciaire avec le Pakistan a permis à la cour de recevoir des informations des services de renseignement locaux affirmant qu’Usman aurait fait partie d’un groupe islamiste violent pakistanais dans lequel il aurait été formé par des talibans. L’accusé conteste mais admet que son recruteur Internet l’avait persuadé que les musulmans devaient rejoindre le théâtre irako-syrien car c’est là que l’on pouvait vraiment vivre en accord avec le Coran. Pour ce faire il lui transmet des vidéos dans lesquelles on lapide les femmes adultères, on pousse les homosexuels depuis un sixième étage, on coupe les mains des voleurs…

    Avez-vous été choqué par ces images ?
    Non, mais à l’époque j’étais jeune. J’ai fait confiance à Abbou [le recruteur] et peut-être avait-il pris le contrôle de mon cerveau. J’étais un musulman normal, c’est lui qui m’a radicalisé.

    Il prend donc la route de l’Iran, puis de la Turquie pour atteindre Raqqa en Syrie, puis Falloujah en Iraq, avant de revenir à Raqqa, passant pour ce faire dans les mains de passeurs.

    Que faisiez-vous fait à Falloujah ?
    On ne m’a rien donné à faire alors je restais à la maison et j’allais à la mosquée.
    Pourtant vous avez déclaré que vous aviez participé à des combats !
    … je ne sais pas…
    Et qu’avez-vous fait à votre retour à Raqqa ?
    Je n’ai rien fait non plus, et jamais combattu.
    Vous voulez dire que vous avez fait tous ces voyages depuis le Pakistan, pris des risques, dépensé votre argent pour, finalement, lire le Coran dans un appartement ?
    … oui, je ne sais pas…

    A Raqqa les chefs du groupe Etat Islamique le sélectionne avec deux Iraquiens et un Algérien pour mener une mission en France.

    Saviez-vous où était située la France ?
    Non, je ne savais pas.
    Saviez-vous quelle était la nature de la mission ?
    Non, je ne savais rien mais je voulais juste une revanche contre la France qui bombardait des femmes et des enfants en Syrie.
    Avez-vous vu des blessés par des avions français ?
    Non, mais j’en ai vu sur des vidéos.

    Une fois l’équipe des quatre terroristes constituée, munie de faux passeports syriens, elle part à l’été 2015 vers la Turquie pour prendre une embarcation de fortune qui la mène sur l’ile grecque de Kos. Là, les autorités douanières grecques ont identifié qu’Usman ne parlait pas arabe bien que détenteur d’un [faux] passeport syrien et ne l’ont pas autorisé à poursuivre sa route. Son collègue algérien est également bloqué pendant que les deux Iraquiens peuvent continuer. Ils se feront exploser le 13 novembre au Stade de France. Sur quatre terroristes munis de faux passeports tentant de profiter des flux d’immigration vers l’Europe, deux ont été arrêtés et les deux autres ont réussi à rejoindre Paris pour participer aux attentats sanglants du 13 novembre. Ça aurait pu être pire…

    Usman est retenu un mois à Kos avant de pouvoir reprendre sa route avec son comparse Algérien, ils atteignent un camp de réfugiés en Autriche quelques jours avant le 13 novembre, puis :

    J’ai appris ce qui s’était passé en France et j’ai été choqué, si j’avais su j’aurais refusé de participer à la mission. Maintenant j’avais reçu des papiers autrichiens, je voulais travailler un peu pour retourner chez moi.
    Mais pourtant vous aviez reçu de l’Etat islamique un téléphone et de l’argent lorsque vous étiez en Grèce pour vous permettre de continuer la mission vers la France ?
    Oui mais je ne savais pas les détails. J’ai accepté lorsque j’étais en Grèce mais après avoir découvert ce qui avait été commis le 13 novembre, j’ai renoncé. Je ne savais que ce serait un aussi « grand attentat ».
    Jusqu’à combien de morts auriez-vous considéré qu’il s’agissait d’un « petit attentat » auquel vous auriez pu participer ?
    … je ne savais rien…

    Après un mois dans un camps de réfugiés, Usman est arrêté par la police autrichienne mi-décembre 2015, son téléphone est expertisé :

    On a trouvé des traces de consultation de sites pornographiques, de sourates du Coran et des communications avec le Pakistan qui ont été effacées !
    Ce n’est pas moi qui ai fait ces consultations, je prêtais aussi mon téléphone pour rendre service.

    Il est 20h, le président annonce une pause de 15 minutes.

    Manifestement la conviction de l’accusation est que le groupe Etat islamique avait missionné M. Usman pour continuer la route vers l’Europe et être disponible pour un autre attentat qui était peut-être déjà dans les cartons à Raqqa. L’accusé s’en défend, se présentant comme un pion dans un jeu dont il ne maîtrisait aucun des fils. Le hasard, et la police grecque, ont fait qu’il n’a pas formellement participé aux attentats du 13 novembre pour lequel il était probablement programmé. Il y a des doutes, bien sûr, mais en matière d’attentats terroristes islamiques, le doute ne profite que rarement aux accusés tant les comportements de ceux-ci ont maintenant été cernés et leur obsession de destruction de la civilisation occidentale est maintenant documentée.

    L’auditeur est frappé par le volume et la qualité du travail d’information qui a été mené depuis toutes ces années pour reconstituer les vies et les actions des acteurs de l’Etat islamique. Outre les opérations militaires menées par la coalition internationale dans la zone irako-syrienne pour réduire les forces islamiques, les systèmes judiciaires et les services de renseignement des pays attaqués ont œuvré avec efficacité pour comprendre et démonter cette menace religieuse et protéger ainsi leurs citoyens.

    Muhammad Usman est en détention préventive depuis juillet 2016, il connaîtra sa condamnation dans quelques mois. Une procédure d’appel lui sera également offerte, comme au parquet d’ailleurs, s’il l’estime nécessaire. Il a été interrogé toute cette après-midi par un président parfois un peu goguenard face à ses multiples revirements mais toujours avec courtoisie, prenant acte de ses contradictions et de ses silences.

    En parcourant vers la sortie les couloirs déserts du palais de justice en ce début de soirée, le citoyen auditeur se sent rassuré de vivre dans un pays capable d’abolir la peine de mort et de déployer de tels efforts judiciaires (financés par les contribuables) pour rendre la justice « au nom du peuple français », même face à la barbarie la plus extrême, et il médite cette maxime dont il n’arrive plus à se remémorer qui l’a prononcée ni à quelle occasion :

    Les crimes les plus extraordinaires doivent être jugés par la justice la plus ordinaire.

  • La démocratie française est bonne-mère

    La cour de justice de la République (CJR), juridiction d’exception chargée de juger les crimes et délits de membres du gouvernement a examiné puis rejeté près de 20 000 plaintes (oui, vous avez bien lu : VINGT MILLE) prérédigées par un avocat antivaccin (Fabrice Di Vizio) à l’encontre du premier ministre et de diverses de ses ministres pour « délit d’abstention de combattre un sinistre », « délit d’extorsion », « délit de publicité mensongère », « délit de non-respect des obligations ».

    Cet avocat, spécialistes des questions de santé, habitué des plateaux télévisés défendant des positions « antivax » et en faveur du professeur Raoult, commercialisait ses plaintes prérédigées. Il en aurait vendu 20 000. L’ordre des avocats a ouvert une enquête sur ses pratiques professionnelles. Il y aura éventuellement des sanctions à son encontre.

    Cet avocat fait partie de cette catégorie de personnes se levant tous les matins pour se demander : « mais qui je vais bien pouvoir emmerder ce matin ? » Au-delà des comptes qu’il aura éventuellement à rendre à son ordre professionnel, il faudrait créer dans le droit français un délit de « foutage de gueule » qui permette de pénaliser ces citoyens qui utilisent les moyens de la démocratie pour en saper les bases. La CJR a passé plusieurs mois à étudier ces plaintes pour pouvoir décider de les rejeter, du temps a été perdu, des salaires des fonctionnaires chargés de travailler sur ces 20 000 plaintes ont été versés… bref, les contribuables ont payé de leurs poches pour ces billevesées. C’est une perte d’argent, de temps, de crédibilité et l’avocat félon continue à pérorer sur les plateaux télévisés sans assumer le moins du monde sa responsabilité. Il faudrait à tout le moins lui faire financer tout ou partie de cette gabegie déclenchée par son action pour qu’il assume les conséquences de ses actes !

    Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour assurer la liberté de la majorité. Mais, hélas, c’est peut-être aussi le chemin qui la mènera à sa perte !