Catégorie : Religion

  • Un saint des réseaux dits « sociaux »

    Un saint des réseaux dits « sociaux »

    Le Pape a canonisé aujourd’hui un gamin italien (1991-2006) mort d’une leucémie à 15 ans. Il fut très engagé sa vie durant dans les bonnes œuvres catholiques. Il assurait la promotion de l’Eglise via les réseaux dits « sociaux » dont il était expert au point qu’il était appelé « cyber-apôtre ».

    Comme il est de rigueur en la circonstance, deux miracles lui sont attribués :

    • La guérison en 2010 d’un jeune brésilien atteint d’un cancer du pancréas après que ses parents eurent prié l’impétrant
    • La guérison en 2022 d’une jeune costaricaine qui souffrait d’un traumatisme crânien par suite d’un accident de vélo à Florence et dont la mère fit un pèlerinage sur la tombe du sanctifié

    Le saint a été embaumé et son corps est exposé dans une tombe vitrée à Assise.

    Lire aussi : Un bienheureux pas encore sanctifié

  • Changement de boss au Vatican

    Changement de boss au Vatican

    Le nouveau boss du Vatican nommé aujourd’hui, juste avant les journaux télévisés de 20h, a choisi comme nom de scène le prénom de Trotski ce qui en fera à coup sûr un pape « progressiste » !

  • Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    La cathédrale Notre-Dame de Paris est rouverte au public et rencontre un franc succès. Ceux qui n’ont pas réservé en ligne font la queue dehors et ceux qui sont entrés dans l’édifice mènent une longue procession dans le sens des aiguilles d’une montre autour de la nef telle une longue colonne de chenilles processionnaires bardée d’aïe-phones.

    Une partie de cette nef située près du chœur est clôturée et réservée aux fidèles assistant à la messe de midi. Des sacristains informent ceux-ci qu’il est interdit de prendre des photos depuis cet enclos. Bien entendu les fidèles n’écoutent pas et une forêt d’aïe-phones poussent au-dessus de leurs têtes. Les clergymen portant fièrement une polaire sans manches siglée « Notre-Dame de Paris » font la chasse aux photographes-pécheurs pour les rappeler aux règles de la cathédrale mais rien n’y fait et les pauvres pécheurs continuent à suivre les tentations inspirées par le Malin et à accumuler des milliers de photos ratées dans la mémoire de leurs téléphones.

    Après trois « Je vous salue Marie » successifs prononcés par le prêtre officiant face à la statue de la Vierge à l’enfant du XIVe siècle, la messe débute, mise en musique avec le petit orgue et un chantre plutôt harmonieux. Pour la quête, les sacristains déploient des paniers munis de lecteur de cartes bleues et pour la communion, un sacristain supplémentaire en jogging-sweat-capuche-baskets gris vient renforcer l’équipe pour distribuer les hosties, même aux photographes-compulsifs-impénitents. Peut-être seront-ils pardonnés !

    Après la messe, relativement courte, les fidèles se joignent aux chenilles processionnaires. Ils ont ainsi l’occasion d’admirer les petites chapelles situées dans les collatéraux du vaisseau central de la nef, toutes remises à neuf après l’incendie de 2019. Le tour de chœur et ses magnifiques sculptures en bois retracent les scènes de la vie du Christ. Clou du spectacle, une immense roue d’or dont le centre contient des reliques : un morceau de la croix du Christ et de sa couronne d’épines sauvés des feux de l’enfer en 2019 grâce à la virtuosité des pompiers de Paris. Un vrai miracle !

    Vue de l’intérieur la cathédrale a été remise à neuf et bien ravalée. La voute a tenu durant la messe ce qui laisse imaginer que la charpente qui la surplombe a été correctement reconstruite. Du bel-œuvre. A l’extérieur les travaux sont loin d’être terminés si l’on en juge les nombreux échafaudages et barraques de chantier qui subsistent, ainsi que les renforts en bois posés après l’incendie pour soutenir les arcs-boutants de pierre.

    Le chantier a avancé plus rapidement que celui de l’assainissement des finances publiques françaises. Une espèce d’unanimité, plutôt exceptionnelle, a émergé de l’opinion publique pour reconstruire cette cathédrale après l’incendie destructeur de 2019. En France on est souvent unanime dès qu’il s’agit de dépenser de l’argent public, des jeux olympiques à la cathédrale de Paris. Peut-être un miracle similaire se produira pour définir l’âge légal de la retraite ?

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    Christine Boutin, 75 ans, le retour

  • LENOIR Frédéric, ‘L’Odyssée du sacré’.

    LENOIR Frédéric, ‘L’Odyssée du sacré’.

    Sortie : 2023, Chez : Editions Albin Michel.

    Frédéric Lenoir, philosophe français né en 1962, un peu mondain sur les bords, a beaucoup travaillé et vulgarisé le sujet de la religion. Il fut même directeur de la rédaction du magazine Le Monde des Religions entre 2004 et 2013. Avec cet ouvrage grand public, « L’Odyssée du sacré » il revient sur l’émergence chez l’homme du besoin de religion. On a identifié au paléolithique les traces des premiers rites funéraires (-350 000 ans avant notre ère), puis le néolithique voit apparaître le culte des anciens avec la sédentarisation progressive des humains et leur maîtrise de la nature. Ils en viennent à concevoir un pouvoir supérieur qui domine cette nature. Au IVe siècle avant JC, les Grecs inventent leur panthéon des Dieux de l’Olympe, et le clergé qui va avec.

    Le monothéisme caractérisé d’abord par le judaïsme est apparu et l’Homme a commencé à se pencher sur son bonheur, y compris post-mortem. La Genèse, premier chapitre de la Bible aurait été écrite vers le VIe siècle avant JC. Confucius, Lao Tseu, Bouddha et bien d’autres diffusent également leur spiritualité en Asie plusieurs siècles avant notre ère. Puis la mort de Jésus, le catholicisme, l’arrivée des différents courants de l’islam, le schisme entre catholicisme et orthodoxie, celui entre catholicisme et protestantisme.

    L’arrivée de la modernité puis du « siècle des lumières » dans l’Europe du XVIIIe siècle vient apporter un peu de raison et d’esprit critique dans des idéologies religieuses plus gouvernées par des fables que par la réalité scientifique. Aux XIXe et XXe siècles émerge la critique matérialiste essentiellement incarnée par le marxisme qui prône « l’athéisme philosophique », ou Freud qui défend l’idée que « toute idée d’un monde divin est une croyance superstitieuse ». Les philosophes du XXe s’ils peuvent mettre en doute l’existence d’un Dieu ne rejettent pas pour autant « l’expérience spirituelle », qui peut être athée comme religieuse.

    Ce parcours historique de la religion et de la spiritualité à travers les millénaires se termine sur l’émergence du transhumanisme de nos jours qui imagine l’homme bionique à l’intelligence boostée par les microprocesseurs et touchant à l’éternité.

    Cette présentation du fait religieux dans le temps est intéressante en ce qu’elle retrace ce besoin de croire en une puissance supérieure qui pourrait répondre à la question existentielle du sens de la vie de l’origine de l’Homme sur terre. Hélas, aucune religion ni philosophie n’a pu apporter une réponse rationnelle à création de la vie ou de l’univers. Frédéric Lenoir en convient et, avec un bon sens apaisant, recommande de se satisfaire de « Prendre le temps d’aimer, de nous émerveiller, de vivre. Expérimenter le sacré en contemplant la beauté du monde ou d’un visage. » et regarder la mort « comme faisant pleinement partie de la vie, et, pour certains, espérer qu’elle ne sera qu’un passage vers un nouvel état d’être et de conscience. »

    On ne saurait mieux dire !

  • Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

    Syrie : un barbu pour remplacer une canaille

    La famille Assad trustait le pouvoir en Syrie depuis 1971 et le coup d’Etat mené par Hafez el-Assad (1930-2000). Son fils Bachar, 59 ans, a succédé à Hafez après sa mort en 2000, ce qui a été validé par un référendum. L’opposition islamique vient de renverser Bachar el-Assad qui a fui le pays et se serait réfugié en Russie. Le père et le fils ont globalement utilisé les mêmes méthodes pour asservir le peuple syrien et servir leurs intérêts familiaux. Le pays est une dictature d’un modèle sévère. Père et fils ont utilisé des armes chimiques contre leur propre peuple, ce qui est assez unique et dénote une absence totale de scrupules de cette famille. Les prisons syriennes sont réputées parmi les plus barbares de la planète. L’un et l’autre ont placé leur famille à la tête des intérêts économiques du pays où la corruption est érigée en mode de fonctionnement depuis des décennies. Les frères de ces présidents père et fils sont soit affairistes de haut vol, soit à la tête de gardes prétoriennes protégeant le pouvoir de la famille. Dans un domaine comme dans l’autre, ils ont agi sans pitié ni aucune humanité.

    Lire aussi : « Les âmes perdues » de Stéphane Malterre et Garance Le Caisne

    Ils font partie de la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme musulman dans un pays qui est majoritairement sunnite. Mais il apparaît que les alaouites qui occupent les postes clés dans l’armée n’ont que très peu combattu contre les rebelles qui viennent de conquérir le pays en une dizaine de jours. Sans doute ont-ils été démotivés par la fuite peu glorieuse vers Moscou de leur président ces jours derniers.

    Tous deux n’ont négligé aucune méthode pour renforcer leur pouvoir. Hafez a accueilli et protégé à Damas le nazi Aloïs Brunner qui a été un des artisans de l’extermination des juifs sous le régime nazi. Brunner deviendra le conseiller de Hafez el-Assad en matière de sécurité et aurait formé les responsables des redoutables services secrets syriens. Bachar lui accepte le renforcement significatif de la présence militaire russe en Syrie qui était directement engagée contre les différentes rebellions qui agitent le pays depuis le début de la guerre civile en 2011 et qui aurait fait environ un demi-million de morts ainsi que des millions de déplacés, dans et en-dehors du pays.

    Bachar el-Assad reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy en juillet 2008

    La France qui fut la puissance mandataire du Liban et de la Syrie jusqu’à la fin des années 1940 continue à vouloir s’ingérer dans la vie politique de ces deux pays en cherchant aveuglément à vouloir se rapprocher de cette famille sanguinaire. Le Président Jacques Chirac fut le seul président occidental à assister sur place aux obsèques d’Hafez en 2000. En 2008, Bachar fut reçu à l’Elysée par le président Nicolas Sarkozy. Et toutes ces amabilités ont été déployées malgré l’implication de la Syrie dans nombre d’opérations de terrorisme international ayant touché directement citoyens et intérêts français, dont l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban Louis Delamarre en 1981, ce qui n’empêcha pas Paris d’accueillir les membres de la famille Assad qui étaient déclarés persona non grata par Damas et se sont installés à Paris des années durant…

    Les rebelles qui ont chassé le président Assad se réclament de l’islamisme. Leur chef est un ancien affilié du mouvement Al-Qaida responsable des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis qui a consisté à détourner et jeter quatre avions de ligne plein de passagers sur différents sites, dont les Twin towers de New York qui se sont effondrées causant environ 2 600 morts. Le groupe terroriste religieux s’est aussi particulièrement distingué par sa barbarie hors norme Le garçon qui aurait quitté Al-Qaida taille sa barbe d’un peu plus près désormais, mais on peut douter qu’il soit soudain devenu poète et démocrate. Il serait opportun que Paris attende un peu avant de le recevoir avec les fastes de la République. Il n’est d’ailleurs pas écrit que la famille Assad soit à passer définitivement par pertes et profits. Il reste la génération suivante. Qui sait si elle ne réapparaîtra pas un jour ?

    Il est sans doute un peu prématuré pour se réjouir pour l’avenir de la Syrie. La « libération » est certes une première étape mais il est peu probable que le pays se remette avant plusieurs générations des dictatures et des guerres qui le déchirent depuis des décennies. Il est encore moins probable que si redressement il y avait il puisse être menée sous la direction d’islamistes.

    La Syrie va devoir encore attendre pour retrouver la liberté, si elle y arrive un jour. Ce pays est le fruit d’une histoire millénaire, après tout c’est là que l’histoire occidentale a commencé il y a plus de 2000 ans. On parlerait encore l’araméen, la langue de Jésus, dans certaines parties du pays. Les Syriens ont su traverser l’Histoire et survivre à ses à-coups tragiques. Gageons qu’ils arriveront aussi à absorber ces 50 années de férule Assad.

  • Bondieuseries à la Closerie des Lilas

    Bondieuseries à la Closerie des Lilas

    Depuis plusieurs années la petite place située devant la Closerie des Lilas à côté du Jardin du Luxembourg dans le Vie arrondissement de Paris sert de rendez-vous réguliers à des catholiques traditionalistes en lutte contre l’avortement. Cet après-midi encore, une petite dizaine de manifestants prient, agenouillés au pied de la statue de Maréchal Ney, sous une banderole et un hautparleur qui diffuse un rosaire « de réparation en raison des avortements volontaires ». Au feu rouge une militante distribue un tract rappelant que « Ste Mère Teresa de Calcutta » était opposée au « crime commis contre l’innocent enfant à naître ».

    Le tract est signé « SOS TOUT-PETITS ». Le site Internet de l’association https://sos-tout-petits.org/ est généralement bloqué par les anti-virus et qualifié de « page suspecte ». Si l’on force le barrage numérique on aboutit sur un site religieux militant parsemé de prières diverses, d’un guide pour les femmes enceintes, d’archives variées et de l’agenda des prochaines manifestations anti-avortement sur la voie publique. On se souvient que lors des discussions parlementaires sur la légalisation du mariage homosexuel en 2013 des militants religieux se retrouvaient tous les soirs devant l’entrée de l’assemblée nationale, place du Palais-Bourbon, pour prier à genoux contre ce projet de loi félon.

    Mais aujourd’hui Dieu n’intervient plus beaucoup dans les affaires des démocraties. La France a même intégré le droit à l’avortement dans sa constitution contre l’avis de son clergé. La persévérance de ces militants opposés à l’avortement comme au mariage homosexuel en est presque touchante. Contre vents et marées ils n’abandonnent pas leur combat même si plus grand monde ne les soutient comme cet après-midi sous la statue de Ney. C’est sans doute ce qu’on appelle la foi ! Mais qui peut savoir si la France, soi-disant « fille aînée de l’Eglise », ne se replacera pas un jour sous les fourches caudines de la religion toute puissante ? Les militants de SOS Tout-petits y croient certainement et attendent ce moment avec patience.

  • Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin (80 ans), ex-députée, ex-ministre, ex-maire, ex-soutien de Mme. Le Pen aux élections présidentielles 2017 pour « faire barrage » à M. Macron, puis soutien de M. Zemmour à l’élection suivante en 2022, catholique radicale, occupe sa retraite à diffuser ses idées sur le réseau « X » où elle affiche tout de même 94 800 followers.

    La lecture de son fil sur « X » permet de cerner ses sujets favoris :

    • La nocivité des vaccins contre la Covid19
    • La haine du président de la République Macron et de l’Europe
    • Et toutes une série de bondieuseries sans grand intérêt

    Depuis les révélations sur la sexualité débridée de l’abbé Pierre, elle défend ce curé qu’elle admire malgré ses déviances. A priori elle était au courant de « son attirance pour les seins » et précise que « tout le monde le savait ». Le pardon étant l’un des piliers de sa foi, Mme. Boutin pardonne à son grand homme au regard de ses réalisations.

    Le problème est surtout de savoir jusqu’à quand Christine Boutin va continuer à s’exprimer sur les sujets qui lui passent par la tête. Ne ferait-elle pas mieux de s’occuper de ses enfants et petits-enfants ? Encore un drame de l’addiction aux réseaux dits « sociaux ». Quand on pense qu’elle a exercé des responsabilités ministérielles on en frémit a posteriori.

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  • Le pardon de Saint-Yves à Tréguier

    Le pardon de Saint-Yves à Tréguier

    Saint Yves (Erwan en breton) est le saint catholique breton par excellence, patron des hommes de loi, défenseur des pauvres et des orphelins. Il est né et mort à Minihy-Tréguier (1253-1303), commune contiguë à Tréguier, et enterré dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier. Tous les ans un grand pardon y est organisé qui réunit de nombreux Bretons et des représentants des avocats, des magistrats, des juristes qui défilent dans le froufrou de leurs robes noires ou rouges.

    Puisqu’aujourd’hui, c’est votre pardon, saint Yves béni
    Priez pour vos compatriotes, priez pour les Bretons.
    Aujourd’hui les vrais Bretons, vous prient de bon cœur
    Donnez-leur, monsieur Saint Yves, donnez-leur à tous ce qu’ils désirent.

    Aujourd’hui, une grand-messe est célébrée par l’évêque auxiliaire de Rennes dans la cathédrale, avec grandes orgues et bombarde. Dans une aile du cœur s’entassent les voiturettes des personnes à mobilité réduite. Le reste de l’église est bondé, les retardataires suivront la cérémonie de l’extérieur. Quelques drapeaux bretons dépassent de la foule. A l’issue de la messe, la procession se met en route derrière les bannières de toutes les paroisses des alentours et les reliques du saint (son crâne notamment) dans un coffret de verre porté sur un brancard entre quatre drapeaux blancs à croix rouge, les drapeaux de procession qu’il y a dans toutes les paroisses. Sur le chemin les maisons et les haies sont parsemées d’arums et de genets, la foule avance doucement en murmurant des invocations religieuses et des chants bretons.

    Saint Yves, notre père.
    Saint Yves, notre père.
    Toi que nous implorons,
    Reçois notre prière
    Et bénis les Bretons.

    Arrivé à l’église Saint-Yves de Minihy, la relique entre dans la nef pour une courte cérémonie avant d’en ressortir et d’être respectueusement saluée par les bannières qui s’inclinent trois fois devant son passage. Le retour est toujours joyeux et se termine au son des binious dans Saint-Tugdual où les reliques sont replacées sur leur piédestal.

    Ferveur, tradition et émotion ; et un peu de communautarisme breton, font le sel de cette belle célébration qui remporte toujours un franc succès populaire.

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  • L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    Les espaces numériques de travail sont définis sur le site web de de l’éducation nationale :

    Un espace numérique de travail (ENT) désigne un ensemble intégré de services numériques choisis et mis à disposition de tous les acteurs de la communauté éducative d’une ou plusieurs écoles ou d’un ou plusieurs établissements scolaires dans un cadre de confiance défini par un schéma directeur des ENT et par ses annexes.

    Il constitue un point d’entrée unifié permettant à l’utilisateur d’accéder, selon son profil et son niveau d’habilitation, à ses services et contenus numériques. Il offre un lieu d’échange et de collaboration entre ses usagers, et avec d’autres communautés en relation avec l’école ou l’établissement.

    https://eduscol.education.fr/1050/espaces-numeriques-de-travail

    Les ENT offrent, notamment, un service de courriel ouvert à tous les utilisateurs, y compris les élèves. C’est par le biais de ces boîtes email que des établissements ont fait l’objet de cyberattaques ces derniers jours. Des élèves ont reçu des courriels contenant des menaces de faire exploser leurs établissements, certains messages étant accompagnés de vidéos de décapitation. Jusqu’ici il s’est agi de « canulards ». Charmant !

    Différentes personnes ont été arrêtées et soupçonnées d’être à l’origine de certains de ces « canulards », dont un adolescent de 17 ans déjà mis en examen et placé en détention provisoire. La presse précise que ce garçon est français mais n’indique pas sa religion. Il aurait reconnu une partie des faits. On se demande ce qui peut bien passer par la tête d’un adolescent pour diffuser des vidéos de décapitation à ses camarades et rêver de mettre des bombes dans leurs salles de classes ? C’est probablement un drame de la bêtise de la part de gamins abrutis par la publicité envahissant tous les médias, les matchs de fouteballe et les émissions de Cyrille Hanouna. Cela relèverait dans ce cas du chahut lycéen avec fort peu de subtilité mais reste néanmoins pénalement puni par la loi, comme vont le constater les mis en examen si la justice confirme leur culpabilité.

    Mais pour d’autres il s’agit d’actes véritablement dirigés par leur embrigadement religieux même si les auteurs de ces menaces récentes ne semblent pas être en mesure de les mettre en œuvre, pour cette fois-ci. Le danger est le risque de passage à l’acte. Le récent assassinat du professeur de français Dominique Bernard à Arras en octobre 2023 est là pour montrer ce que cette idéologie islamiste peut déclencher dans l’esprit perturbé d’un apprenti terroriste.

    Nous en sommes là, une partie de la jeunesse française, ou étrangère mais vivant en France, adhère à l’islamisme et à ses théories violentes, et est prête à les mettre en œuvre. Encore plus pernicieux, bien que moins dangereux, des potaches s’emparent des messages religieux pour « s’amuser » à faire peur. Face à cette situation inextricable et dangereuse, la classe médiatique et politique s’égosille en réclamant des « mesures fortes » et un « changement de logiciel » mais sans proposer le moindre début d’idées réalisables. La loi a été considérablement renforcée pour lutter contre ce phénomène mortifère, qu’il s’agisse d’actes ou de menaces, tangentant les limites de l’Etat de droit démocratique. Mais nécessité fait loi et elle est appliquée. Au-delà de la répression, la question à laquelle personne ne sait répondre est comment extirper du cerveau de ces personnes leur certitude religieuses et leur volonté farouche de vouloir nuire à leur pays et ses citoyens en détruisant et en tuant ? Comment les persuader qu’il y a mieux à faire dans un cadre laïque et démocratique ? C’est l’un des défis de notre temps.

  • Le pape est contre l’avortement

    Le pape est contre l’avortement

    Pour des raisons pas forcément très claires, des dirigeants et élus français envisagent de modifier la constitution pour y inclure le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG, en d’autres termes l’avortement) et l’Eglise catholique rappelle à ceux qui l’ignoreraient encore qu’elle reste opposée au principe de l’avortement, et encore plus à son inscription dans le texte fondamental d’un Etat.

    Sur le média en ligne Vatican News, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique de la Conférence des évêques de France, déclare les doutes de l’Eglise française sur le sujet :

    …c’est un sujet trop sérieux, trop grave et qui mérite beaucoup de réflexion et d’humilité pour pouvoir discerner quel serait le mieux dans un cadre législatif, et d’autant plus si on choisit le cadre constitutionnel. Cela mérite une grande prudence. …

    à quoi sert la Constitution si on y met des libertés de ceci ou de cela qui sont affichées comme des droits quand il s’agit de problématiques sociétales ? Au lieu de servir la vie de la société et son débat, elle devient un instrument pour clore le débat !

    https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-10/france-ivg-constitution-eglise-mgr-dornellas-interview.html

    Il n’est pas particulièrement étonnant de voir confirmée la position anti-avortement de l’Eglise et sa crainte de la constitutionalisation de ce droit qui risque ainsi d’être un peu plus définitif, sans l’être complètement d’ailleurs.

    Il est plus intriguant de voir le président français vouloir se lancer dans une réforme constitutionnelle qui n’a que peu de chances d’aboutir sur ce sujet. Il faudrait effectivement une majorité des 2/3 du parlement sur un texte pour que celui-ci puisse être présenté au vote, soit du congrès, soit des électeurs dans le cadre d’un référendum.

    Ce sujet sociétal concerne certes nombre de citoyens mais à ce stade le droit à l’IVG qui relève de la loi n’est pas remis en cause et on peut véritablement se demander si le président de la République (sans majorité absolue) et le parlement n’ont rien de mieux à faire par les temps qui courent que d’ouvrir un nouveau combat, sans doute perdu d’avance, qui va générer insultes, postures, crispations et, surtout, perte de temps considérable pour les élus qui sont payés avec les impôts des contribuables ? En termes d’efficacité de la dépense publique il serait bien préférable qu’ils s’occupent de remplumer l’armée française ou d’équilibrer les finances publiques !

  • L’église catholique face à l’homosexualité

    L’église catholique face à l’homosexualité

    Malgré des efforts méritoires, le pape n’arrive pas à faire passer dans ses troupes l’idée que l’Eglise puisse bénir les couples homosexuels le désirant. Dans un document alambiqué intitulé « DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions » publié le 18/12/2023 par le Vatican la papauté s’emberlificote dans dix pages pour expliquer que la bénédiction des « couples en situation irrégulière et des couples de même sexe » n’est pas un mariage et que « la bénédiction exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les enseignements de l’Église. »

    Le document qui explique la position du pape François 1er confirme :

    …il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui-même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint. Ces formes de bénédiction expriment une supplication à Dieu pour qu’il accorde les aides qui proviennent des impulsions de son Esprit – que la théologie classique appelle « grâces actuelles » – afin que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Évangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités et s’exprimer dans la dimension toujours plus grande de l’amour divin.

    (https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html#)

    Et c’est ainsi que :

    L’Église est ainsi le sacrement de l’amour infini de Dieu. C’est pourquoi, même lorsque la relation avec Dieu est obscurcie par le péché, il est toujours possible de demander une bénédiction, en lui tendant la main, comme l’a fait Pierre dans la tempête lorsqu’il a crié à Jésus : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14, 30).

    Le problème de l’Eglise romaine et que cette argumentation en dix pages ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde dans les arcanes catholiques à travers le monde à commencer par les évêques français qui, dans leur déclaration du 10/01/2024, rappellent que :

    …le Christ Seigneur » (n° 11), comprend le mariage comme « union exclusive, stable et indissoluble, entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants » (n° 4). C’est ce que nous recevons de Jésus lui-même sur le mariage et son indissolubilité (cf. Mt 19, 3-9).

    https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2024/01/20240110-CP-Conseil-Permanent-Declaration-Fiducia-Supplicans.pdf

    Avant de jouer sur les mots et préciser leur engagement à « bénir » les personnes sans parler des couples.

    Plus radicaux, les évêques d’Afrique se cachent derrière les lois de leurs pays pour expliquer que les couples homosexuels sont interdits dans nombre d’entre eux et que, dans ces conditions, il n’est pas question de les bénir (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-12/fiducia-supplicans-des-reactions-des-eveques-d-afrique.html).

    Bref, le statut de couple homosexuel ou divorcé est considéré comme « irrégulier » par l’église catholique. Malgré le progressisme affiché par le pape argentin en poste, ses troupes ne semblent pas vouloir le suivre sur le simple détail de pouvoir bénir ces couples qui le souhaitent. Le rejet de l’homosexualité et du divorce reste un élément fondamental de la religion catholique. C’est ainsi. Vouloir aller contre aujourd’hui c’est un peu comme attendre d’un stalinien qu’il tresse des louanges à Trotski, c’est juste peine perdue. Il reste à conseiller aux couples « irréguliers » qui ont vraiment le besoin de se marier, de se contenter du mariage généreusement offert par la République, au moins en France, ou de changer de religion, il semble que les protestants ou les bouddhistes soient plus souples à ce sujet.

  • Des Palestiniens au Congo ?

    Des Palestiniens au Congo ?

    La guerre entre Israël et le Hamas dure maintenant depuis plus trois mois avec son cortège de destruction et de barbarie et quelque chose entre 10 et 20 000 morts des deux côtés, très majoritairement palestinien. Après la libération d’une centaine de citoyens qui avaient été pris en otage et emprisonnés à Gaza, il resterait environ 130 israéliens toujours « disparus » depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre. Une partie est probablement gardée en otage par le Hamas et ses groupes affiliés. Il est en effet traditionnel que ces groupes se revendent leurs otages entre eux. On ne sait pas bien le nombre de ces « disparus » qui seraient encore vivants, sans doute pas la totalité.

    En attendant, l’armée israélienne continue à bombarder méthodiquement cette enclave au bord de la Méditerranée avec le but de guerre affiché de « détruire le Hamas ». Trois mois plus tard ledit Hamas continue à envoyer des missiles sur Israël et ses membres à se battre contre l’armée israélienne sur le terrain. Le mouvement doit certes être affaibli, on le serait à moins, mais il est toujours là. Il est probable que quelle que soit l’étendue des destructions effectuées dans la bande de Gaza, l’idée anti-israélienne subsistera et survivra sous une forme ou sous une autre à l’issue de la guerre, voire renaîtra renforcée tant la haine entre les deux peuples, ravivée par ces évènements, est féroce.

    Hélas, il n’y avait sans doute pas d’autre issues envisageables que de laisser parler les armes après le pogrom lancé par les Palestiniens ce 7 octobre tant ses réminiscences de Shoah parlent aux juifs israéliens. La simple question « qui a commencé ? » est impossible à poser et à trancher puisque chacun se relance la balle sans vouloir compromettre le moins du monde avec la parie adverse. La force brute d’Israël a les moyens de détruire les infrastructures gazaouis, ce qui est effectivement en cours en ce moment, de tuer un certain nombre de dirigeants du Hamas, mais elle ne suffira pas à éliminer l’idée de la résistance palestinienne à son encontre, pas plus qu’elle n’a réussi à neutraliser l’OLP ou le Hezbollah au cours des décennies passées malgré tous les efforts du peuple israélien en guerre quasi-permanente depuis sa création.

    Anticipant justement l’inefficacité de la guerre actuelle sur le long terme, certains des ministres religieux de la droite dure du gouvernement israélien prônent la recolonisation de Gaza par Israël et la déportation de la majorité de ses 2,2 millions d’habitants vers un autre pays. Les pays arabes avoisinants, Egypte ou Jordanie, n’envisageant pas une seconde d’accueillir un nouveau flux de réfugiés palestiniens, des négociations seraient menées entre Israël et… le Congo à ce sujet, c’est du moins ce qu’affirment les ministres en question. On a du mal à croire à la réalité d’une telle négociation avec le Congo (il semble s’agir de la République populaire du Congo, ex-Zaïre, pas du Congo Brazzaville), on voit mal un pays africain, ni quelque pays que ce soit d’ailleurs, s’engager dans un tel marchandage d’êtres humains au XXIème siècle, parfaitement irréalisable, sans compter la volonté des Gazaouis qui n’est sûrement pas de s’exiler où que ce soit ce qui ne serait pas sans rappeler la « Nakba », le grand exil des Palestiniens en 1948 après la création de l’Etat d’Israël et la guerre qui s’ensuivit. On ignore comment les promoteurs de cette idée saugrenue feraient pour transporter de force 2 millions de personnes sur un autre continent ?

    Tout ceci est parfaitement incongru et même nauséabond venant d’Israël. On se souvient que dans les années 1940, l’un des projets allemands, avant d’adopter la « solution finale » (l’extermination), était de déporter les juifs sur l’île de Madagascar pour les éloigner des territoires « aryens »… Mais aujourd’hui, l’idée d’une négociation avec le Congo, dont on ne sait même pas si elle a connu un début de réalisation (Kinshasa ne semble pas avoir démenti une telle hypothèse), confirme que la frange dure et religieuse de la politique israélienne n’a plus aucune volonté d’aller vers une solution politique et pacifique du conflit et n’envisage que la force pour régler ses problèmes de cohabitation avec ses voisins. Ces gens aux idées guerrières sont élus lors d’élections démocratiques et reflètent sans doute les idées d’une partie de la population ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’avenir de cette région qui empoisonne la planète depuis plus de 70 ans, ainsi que leurs propres populations. Cette croyance aveugle en la force pour régler un problème de territoire se heurte à la vraie vie. Depuis 70 ans, malgré les guerres, les actions antiterroristes, les assassinats ciblés, les résolutions des Nations Unies, les murs construits, la technologie mise en œuvre pour parquer les Palestiniens derrière des barrières électroniques, et même malgré les accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie, il y a toujours des terroristes palestiniens pour se lever un matin comme celui du 7 octobre et aller massacrer 1 200 juifs. La simple recherche d’efficacité devrait pousser à chercher une solution politique à ce conflit qui va bientôt devenir centenaire. Des pistes avaient pourtant été initiées avec les accords d’Oslo de 1983 mais jamais suivis d’effets, emportés par les errements des extrémistes des deux bords, Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien signataire de l’accord fut même assassiné en 1995 par un étudiant juif israélien extrémiste.

    Le pogrom anti-israélien qui s’est passé le 7 octobre, et ce qui se déroule depuis, a rechargé la haine entre Israéliens et Palestiniens pour plusieurs générations. Difficile de rester optimiste sur le court terme, la mésentente entre ces deux peuples va continuer à polluer la planète pour encore longtemps !

  • Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Voici un nouveau venu sur la scène actuellement très active de la communication d’états-majors : Yahya as-Saree, sanglé dans un uniforme rutilant, le verbe haut, fort et saccadé, il est le porte-parole de « l’armée Houthi », la rébellion yéménite pro-iranienne qui contrôle la moitié du Yémen, y compris sa capitale officielle Saana. Le Yémen fut un terrain de conquêtes coloniales menées par les empires Ottoman et Britannique jusqu’au XXème siècle et sur lequel l’Arabie-Saoudite frontalière au nord a toujours gardé un œil attentif. Après les décolonisations le pays est resté divisé en deux. Il y avait un Yémen du sud, constitué en République populaire et démocratique du Yémen autour du port d’Aden, pro-soviétique, et la République arabe du Yémen, mieux intégrée dans la région arabe environnante.

    De guerres civiles en rébellions, de tribus en protectorats, de prébendes en famines, les deux Yémen n’ont cessé de se chamailler, parfois par les armes, situation largement attisée par les puissances environnantes dont l’Arabie-Saoudite pas vraiment raccord avec l’idéologie « révolutionnaire » prônée à Aden. C’est la raison pour laquelle Ryad a pris la tête d’une coalition arabe-sunnite en 2015 pour « libérer » le Yémen de l’emprise houthi à grand renfort d’armes achetées à l’Occident. Ce fut un échec comme l’illustre les actions encours des Houthis contre Israël.

    Les deux Yémen se réunissent pour fonder la République du Yémen en 1990 mais la paix ne dure que quelques années et dès 1994 la bataille reprend entre les marxistes et les unionistes et n’a quasiment pas cessé depuis. La rébellion Houthi est largement soutenue par la République islamique d’Iran. Les Houthi sont plus ou moins musulman-chiite, comme leur protecteur, mais il semble que ce soit une version particulière de cette tendance. Ils ont en tout cas pris le parti de la cause palestinienne dans la nouvelle guerre qui oppose Israël au Hamas depuis le pogrom commis par ce dernier mouvement le 07/10/2023 (plus de 1 200 morts israéliens, dont beaucoup de civils assassinés dans la plus grande barbarie). Leurs moyens d’action sont le lancer de missiles en direction d’Israël et de bateaux militaires ou commerciaux occidentaux navigant en Mer Rouge en direction du canal de Suez. Ils ont même réussi à prendre des navires en otage en déposant des commandos amenés en hélicoptère sur le pont.

    Cette tactique porte ses fruits puisque le trafic vers le, et en provenance du, canal de Suez est perturbé ce qui oblige les navires à faire le tour de l’Afrique. Les armateurs expliquent que l’augmentation des coûts de transport générée par cette route plus longue est à peu près compensée par l’économie des droits de passage sur le canal. Les à-coups sur la fluidité de la chaîne internationale de transport sont néanmoins patents ce qui réjouit les Houthis.

    Le problème du jour est que ces milices Houthi que l’on assimilait jusqu’il y a peu à une bande de va-nu-pieds dépenaillés sont maintenant organisées en armée presque nationale (la prise du pouvoir et de la capitale par cette rébellion n’est pas officiellement reconnue par les Nations Unies) et capable d’envoyer des missiles balistiques vers Israël ou l’Arabie-Saoudite, ce qu’elles ne se privent pas de faire. Si les guerres claniques internes sont millénaires, les armes utilisées ont évolué… Pour bien comprendre ce pays, il est recommandé de relire « Fortune carrée » de Joseph Kessel, écrit en 1932 ; rien n’a vraiment changé sur le fond si ce n’est la portée des missiles.

    Selon Wikipédia, la traduction de la devise du mouvement est :

    Dieu est le plus grand, Mort à l’Amérique, Mort à Israël, Maudits soient les juifs, Victoire à l’islam.

    Vaste programme ; il y a encore quelques progrès à faire pour ramener la paix dans la région semble-t-il…

    L’ambassade de France au Yémen est fermée, comme celle au Niger, ce qui apparaît comme une mesure raisonnable. Il semble en revanche que l’ambassade du Yémen en France soit toujours opérationnelle dans le XVIème arrondissement parisien. On peut se demander si elle est bien utile, voire opportune ?

  • La mort du dernier chef du groupe Etat Islamique

    La mort du dernier chef du groupe Etat Islamique

    On ne sait pas bien comment mais le dernier chef du groupe Etat islamique (EI) est mort, sans doute dans le nord de la Syrie. Soit il se serait suicidé lors d’une attaque des services secrets turcs, soit il serait mort au cours de combats contre un autre groupe religieux-terroriste, potentiellement aidé par la Turquie. L’évènement n’est pas daté mais remonterait au mois d’avril dernier ou de mai. L’EI a officiellement annoncé son décès et dévoilé le nom de son successeur.

    Le peu de retentissement donné à cette nouvelle illustre la perte de puissance de l’EI qui avait été à l’origine de nombre d’attentats terroristes en Occident tout en étant très actif dans la guerre civile syrienne contre le pouvoir. C’est une bonne nouvelle tant cette organisation a déployé une terrifiante inventivité en termes de barbarie pour effrayer et lutter contre ses ennemis et imposer sa vision de l’Islam. Mais il ne faut sans doute pas l’enterrer pour autant, l’EI a semé les graines de la terreur religieuse partout à travers le monde, des semences qui peuvent germer de nouveau à tous moments. En attendant le groupe continue à mener sa guerre en Syrie et dans quelques autres territoires annexes où elle déclenche des attentats meurtriers de façon régulière, en Afghanistan notamment.

    Quel que soit l’avenir du terrorisme islamique, l’EI aura marqué le début du XXIème siècle dans un monde qui ne s’attendait pas à un tel déchaînement de violence mondialisée.

  • Dérive religieuse en Inde

    Dérive religieuse en Inde

    Comme l’ont fait certains Etas américains, notamment sous l’impulsion du vice-président de Donald Trump entre 2017 et 2021, Mike Pence, l’Inde est en train de retirer de certains programmes scolaires la théorie de l’évolution de Darwin, après avoir déjà expurgés des manuels de nombre d’autres théories scientifiques qui ne correspondent pas aux vues obscurantistes du parti hindouiste actuellement au pouvoir.

    Emporté par leur religiosité et une lecture à la lettre de textes millénaires, des pays importants révisent leurs manuels scolaires pour en retirer le savoir scientifique. Dans le cas de l’Inde, cela se double d’un sentiment antioccidental puisque globalement les grandes découvertes scientifiques et technologiques sont « blanches ». Religion plus idéologie, ou comment des pays qui sortaient progressivement de la masse du sous-développement et participaient à leur tour à la progression du savoir humain sont en train de s’en éloigner. La communauté scientifique indienne s’émeut de cette régression mais n’y peut pas grand-chose sinon opposer la rationalité à une politique religieuse, c’est dire si le combat est perdu d’avance.

    Lorsque l’on déambule sur l’île d’Elephanta dans la mer d’Arabie, au large de Bombay, on visite de fascinantes grottes millénaires dédiées à Shiva et que l’on aperçoit au loin les dômes des centrales nucléaires qui alimentent Bombay, on se dit que ce pays a su assimiler la science tout en respectant ses traditions. C’était l’héritage de Nehru.

    Lire aussi : https://breakthroughindia.org/seminar-on-darwins-theory-of-evolution-indian-knowledge-system/

    Narendra Modi – Kiro / Charlie Hebdo (10/05/2023)

    Aujourd’hui son lointain successeur Modi revient sur ces avancées et privilégie Ganesh à Darwin. Pas sûr que cela mène le pays à un futur radieux mais seul l’avenir le dira. Modi est un président nationaliste élu à peu près démocratiquement, son peuple l’a donc choisi et réélu, lui et ses idées. Si jamais le résultat ne satisfait pas les électeurs ils pourront toujours s’en prendre à eux-mêmes !

    Lire aussi : L’inde : sa citoyenneté, son immigration et ses religions

    La philosophe Simone Weil écrivait en 1943 :

    Chez les chrétiens, l’incompatibilité absolue entre l’esprit de la religion et l’esprit de la science, qui ont l’un et l’autre leur adhésion, loge dans l’âme en permanence un malaise sourd et inavoué.

    Il empêche la cohésion intérieure. Il s’oppose à ce que la lumière chrétienne imprègne toutes les pensées. Par un effet direct de sa présence continuelle, les chrétiens les plus fervents portent à chaque heure de leur vie des jugements, des opinions, où se trouvent appliqués à leur insu des critères contraires à l’esprit de christianisme. Mais la conséquence la plus funeste de ce malaise est de rendre impossible que s’exerce dans sa plénitude la vertu de probité intellectuelle.

    Simone Weil – « L’enracinement » (1943)

    Cette analyse s’applique, hélas, à toute religion ou idéologie. Remplacez « chrétiens » par « hindous » ou « musulmans » et la « conséquence funeste » est la même !

  • Anonyme, ‘La Bible – l’Exode’.

    Anonyme, ‘La Bible – l’Exode’.

    Le deuxième chapitre de l’ancien testament de la Bible raconte l’exode du peuple juif, chassé d’Egypte, traversant la Mer Rouge dont les eaux sont ouvertes par les bras de Moïse avant d’atteindre la terre promise, celle d’Israël. L’histoire est connue, les méchants égyptiens craignent l’expansion des « enfants d’Israël » et les transforment en esclaves. Le roi instruit les accoucheuses de tuer les fils de ce peuple en ne laissant survivre que les filles. Moïse est issu de ce peuple va être le messager de Dieu-Yahvé, d’abord auprès de Pharaon (le roi d’Egypte) pour qu’il laisse partir les enfants d’Israël avec force miracles menaçants générant diverses calamités pour le convaincre. Yahvé déclenche les 10 plaies d’Egypte : la grêle, les moustiques, la mort des nouveau-nés… pour persuader le pharaon de libérer son peuple d’Egypte. Et il y parvient tout en veillant à ce que les Egyptiens soient auparavant dépouillés par les enfants d’Israël qui se font « prêter » bijoux et vêtements qu’ils ne rendront pas avant la fuite.

    Ce sont ensuite les pérégrinations à travers la mer et le désert puis l’arrivée au Sinaï où Yahvé prononcera le décalogue : « tu ne tueras point, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, etc. » Dieu en profite pour établir les bases d’un droit concernant les esclaves, les homicides, le « viol d’une vierge », la morale, etc. Moïse monte sur la montagne où trône Yahvé et en redescend avec « les tables de pierre – la Loi et les commandements ». Viennent ensuite les règlements régissant la vie courante, dont l’impôt ou le repos sabbatique. Une fois réglé ce cadre juridique par Dieu, tout ce petit monde se remet en route pour gagner le « pays où ruisselle le lait et le miel » après avoir pris soin de construire un sanctuaire dont toutes les caractéristiques architecturales sont détaillées dans le texte. Moïse fait son possible pour tenir son peuple sous la coupe de Yahvé en lui évitant de retomber dans ses errements et autres adorations d’idoles. Il brise d’ailleurs les Tables de la Loi sur le veau d’or que ce peuple indiscipliné s’était mis à adorer pendant que Moïse recueillait les instructions de Dieu sur la montagne…

    Le Livre de l’Exode est sans doute l’une des premières traces écrites de la nécessité d’instaurer et de respecter des règles minimales pour vivre en société. Evidemment elles sont aujourd’hui plutôt le fruit de parlements et de systèmes législatifs que de Dieu, au moins dans les démocraties, mais sans règle le peuple revient rapidement à l’anarchie (le veau d’or). Malgré tout, les Etats religieux continuent à adorer Dieu et à mettre en œuvre l’intégralité de ces textes millénaires, un peu dépassés, qui n’ont pas été écrits par Dieu, semble-t-il, mais par des hommes. Dans les régimes démocratiques certaines de ces règles bibliques subsistent encore aujourd’hui sous une forme ou sous une autre, celles qui relèvent du bon sens.

  • A Chartres

    A Chartres

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    Voir aussi : Chartres
  • « Décolonialisme » au Rijks Museum d’Amsterdam

    « Décolonialisme » au Rijks Museum d’Amsterdam

    Le visiteur chemine au deuxième étage du Rijs Museum au milieu des tableaux classiques hollandais (1600-1700) : Rembrant, Vermeer… qui souvent représentent des nobles hollandais, habillés de noir avec collerette blanche, à la rigueur toute protestante, assis avec discrétion sur la richesse et le pouvoir de cette caste qui fut à l’origine du capitalisme occidental.

    Afin d’éclairer aussi l’origine de la philosophie de ces capitaines d’industrie, des petits panneaux ont été ajoutés autour des tableaux pour rappeler les compromissions de la religion qui les a inspirés et fut aussi à l’origine de leur fortune.

  • Lourdes : des marchands du temple d’un autre âge

    Lourdes : des marchands du temple d’un autre âge

    Lourdes, aux pieds des Pyrénées, une foule bigarrée d’infirmes, de mendiants, de touristes, de religieux, de bénévoles et de marchands de toute un bimbeloterie « dérivée » se masse autour de la grotte sainte pour attendre on ne sait quel miracle. Période de sécheresse oblige, les fontaines d’eau bénite sont coupées et les festivaliers ne peuvent pas la recueillir dans leurs bouteilles plastiques en forme de Vierge Marie. Où va le monde ?

  • Le couvent Saint-François à Paris 14ème

    Le couvent Saint-François à Paris 14ème

    Ce sont les journées européennes du patrimoine, le couvent Saint-François ouvre ses portes à Paris 14ème. Un frère franciscain en aube marron, serrée par une corde à nœuds, et sandales fait visiter les lieux. Outre la chapelle ouverte au public, l’immeuble en briques rouges (façon HLM mais en fait inspiré par l’architecture de St. Sernin à Toulouse) abrite aussi l’administration de la « province des frères mineurs de France et de Belgique ». Le nombre fortement décroissant des frères franciscains qui ne sont plus que 110 à travers le monde a amené cette fusion entre France et Belgique, sans doute pour créer ces synergies propres aux fusions-acquisitions si chères au CAC40. Le couvent de Paris exerce aussi l’administration des frères en mission à l’étranger, il en reste.

    Dans le cloître ensoleillé le frère guide raconte l’histoire de St. François (1181-1226) qui consacra sa deuxième vie au « Très Haut », à l’Evangile et à la contemplation après avoir vécu sa jeunesse dans une grande famille bourgeoise d’Assise avant sa conversion.

    Dans le XIVème arrondissement, la chapelle qui accueille les frères, très lumineuse, expose ses vitraux illustrant le Cantique des Créatures de St. François d’Assise :

    Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
    spécialement messire frère Soleil,
    par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
    il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
    et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
    dans le ciel tu les as formées,
    claires, précieuses et belles.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
    et pour l’air et pour les nuages,
    pour l’azur calme et tous les temps :
    grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
    et très humble précieuse et chaste.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
    par qui tu éclaires la nuit :
    il est beau et joyeux,
    indomptable et fort.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
    qui nous porte et nous nourrit,
    qui produit la diversité des fruits,
    avec les fleurs diaprées et les herbes.

    Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
    qui pardonnent par amour pour toi ;
    qui supportent épreuves et maladies :
    Heureux s’ils conservent la paix,
    car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.

    Loué sois tu, mon Seigneur,
    pour notre sœur la Mort corporelle,
    à qui nul homme vivant ne peut échapper.

    Cantique des créatures

    Lire aussi : https://franciscains.fr/