Catégorie : Kronic concerts-rock

  • The Dandy Warhols – 2012/11/29 – Paris le Trianon

    Les Dandy Warhols ne quittent plus la France ; après l’Olympia en avril, Rock en Seine en août les revoici au Trianon en cette fin d’année. C’aurait été frustrant de retourner dans l’Oregon sans une dernière petite resucée de leur rock underground sur une scène parisienne. Ils furent plus que bienvenus ce soir au Trianon, complet depuis plusieurs semaines !

    Un concert bonus pour préparer Noël dans de bonnes conditions. Un concert en prime pour ne pas oublier que ces quatre diables, au cœur de notre univers musical, sont un groupe de performers à voir sur scène pour mieux goûter leurs disques.

    Ils commettent ce soir un show endiablé et sans rappel, pas fondamentalement différent des précédents de cette année 2012, mais leur production discographique est maintenant largement suffisante pour varier les set-lists d’une soirée à l’autre, et puis nous n’aimons rien de mieux que les bons standards du groupe alors lorsqu’ils démarrent sur Be In, We Used to be Friends et Shakin’ l’enthousiasme saisit le théâtre, la ferveur agite les fans. Les plongées dans le dernier disque This Machine (référence au slogan This machine kills facists écrit par Woody Guthrie sur sa guitare) sont bienvenues, les nouvelles compositions sont de la même veine : sombres et obsessionnelles. Le show se termine sur Boys Better, un morceau tonitruant du Black Album au terme d’une longue introduction de machines relayée par des riffs de guitare incestueux frappés à grands moulinets de Pete (à la Townshend des Who) et que Zia termine en faisant larséner ses claviers à l’infini alors que ses boys ont déjà quitté la scène.

    Set-list : Be-In/ We Used to Be Friends/ Shakin’/ Enjoy Yourself/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ The Last High/ The Autumn Carnival/ Godless/ Holding Me Up/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday (Acoustic Courtney solo)/ (You Come In) Burned/ Sad Vacation/ Solid/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Pete International Airport/ Boys Better
    Encore : Zia en solo pour finir « Daisy On My Toe »

  • Amy Macdonald – 2012/11/27 – Paris le Trianon

    Amy Macdonald – 2012/11/27 – Paris le Trianon

    Amy Macdonald est au Trianon pour présenter son dernier disque : Life In a Beautiful Light. Rien de bien neuf ni renversant depuis ses dernières apparitions. La même formation qu’au Zénith il y a deux ans et une inspiration qui à tendance à se ternir. Amy, toujours proprette et maquillée, ouvre ses grands yeux bleus sur un public adolescent, souvent accompagné de parents post-ado, venus écouter son folk électrifié.

    Mais Amy c’est toujours cette voix puissante et portée par l’émotion, une voix sincère, celle d’une musicienne qui laisse parler son cœur et qui touche par cette vérité et cette proximité. Les mélodies restent bien calibrées ; une musique simple et juste, enluminée par des fioritures pas toujours nécessaires, qui font un peu nouveau riche de la production. On la préfère sur les mélodies simplement portées par ses guitares et sa voix, dans la formation initiale où elle nous avait surpris en 2008 lors de la sortie de This Is the Life ! D’ailleurs les bonus de Life In a Beautiful Light offrent des versions purement acoustiques de certaines chansons, qui sont souvent plus plaisantes que les originaux.

    Qu’importe, Amy et son groupe déroulent ce soir leur set-list avec l’enthousiasme de leur belle jeunesse et la fureur de l’électricité de leurs instruments. Personne ne se plaint de cette bande de gamins émouvants qui sont sortis des bars de Glasgow pour jouer leur musique sur les scènes d’Europe. Ne soyons pas chiens, Amy Macdonald est toujours sur scène où elle rencontre un franc succès et draine un public pas encore découragé par sa panne d’inspiration, mais qu’il va falloir tout de même remotiver à court terme. Alors retour au folk d’origine ou nouveaux horizons, surprendre pour durer, mettre en valeur cette voix si remarquable et quitter la route un peu clinquante des deux derniers disques.

    Setlist : 4th Of July/ Poison Prince/ L.A./ Spark/ The Game/ Mr. Rock & Roll/ Slow It Down/ Love Love/ Give It All Up/ This Pretty Face/ Higher And Higher (Jackie Wilson cover)/ Don’t Tell Me That It’s Over/ The Green And The Blue/ No Roots/ Pride/ Run/ This Is The Life/ Life In A Beautiful Light
    Encore : The Furthest Star/ Barrowland Ballroom/ Let’s Start a Band

  • Arno – 2012/11/26 – Paris le Café de la Danse

    Arno au Café de la Danse ; Arno : une trogne, un clodo inspiré, un SDF relocalisé sous la tente du rock ; Arno est un belge d’Ostende, il est à Paris ce soir pour nous présenter son dernier disque : Future Vintage, produit par John Parish, compagnon de route de PJ. Harvey. Le concert est complet depuis longtemps, et d’ailleurs un Olympia est prévu en avril 2013 mais nous on le préfère dans l’intimité du Café de la Danse, comme s’il était dans notre salon !

    Tignasse de cheveux blancs filasses, costume noir, bidon en avant, la voix rocailleuse, et l’assurance du vieux bluesman qui a usé son cuir sur la route et toutes les scènes des clubs de basse-fosse, douteuses et enfumées. Il est entouré ce soir d’un redoutable combo de musiciens : son alter-égo aux claviers (« celui-là je le connais depuis 40 ans et je n’ai jamais vu son zizi » nous dira-t-il lors des présentations), un longiligne et jeune guitariste barbu, bass et batterie. Le groupe pulse sous la baguette du chef, en vieux routiers du rock habitués aux facéties de leur leader.

    Arno ne joue pas d’un instrument, il compose et chante, l’intendance suit, et c’est déjà magnifique. Il parle aussi, beaucoup, il n’arrête pas de nous raconter sa vie, dans ses chansons et entre les morceaux, avec un accent flamand à couper au couteau.

    Arno c’est un Buddy Guy d’outre-Liévin : une gueule cassée, un cœur brisé, la voix d’outre-tombe qui dévide des insanités et des tendresses, Arno c’est la majesté du Mississipi traversant Ostende et réchauffant l’atmosphère comme le Gulf Stream dans la Mer du Nord. C’est l’énergie féconde d’un punk de 18 ans réincarnée d’un l’âme d’un vieux flamand qui a tant vécu dans le plat pays sous les nuages bas et gris d’un ciel toujours entre deux pluies. Mais cette énergie teintée de dérision, cet humour perclus de nostalgie fait toute la majesté du bonhomme qui nous emmène deux heures durant tout au bout de la furie de son verbe et de ses notes.
    Il est déchaîné en scandant Putain d’putain/ C’est vachement bien/ Nous sommes quand même/ tous des européens. Il est bouleversant lorsqu’il évoque : Ma mère a quelque chose/ Quelque chose dangereuse/ Quelque chose d’une allumeuse/ Quelque chose d’une emmerdeuse/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère.

    Arno, bien plus qu’un copain de beuverie, bien plus qu’un musicien de rencontre, Arno, un vrai pote inspiré, un poète éraillé comme un vieux faitout dans lequel a mijoté le vieux jus d’une vie d’artiste, finalement pas si mauvaise malgré les apparences !

  • Garbage – 2012/11/22 – Paris le Zénith

    Garbage – 2012/11/22 – Paris le Zénith

    Avez-vous une idée de ce que pouvait donner les bombardements des canons Grosse Bertha qui tirèrent sur Paris en 1918 ? Non, c’est normal, c’est un peu ancien. Mais assister à un concert de Garbage peut vous en donner une petite idée, la terreur en moins.

    Les Garbage sont de retour avec un nouveau disque Not Your Kind of People. On ne les avait plus vus ni entendus depuis sept ans, rien n’a vraiment changé, ni sur scène pas plus que dans leur musique : du rock à l’état brut, ébouriffant et assourdissant. C’est la marque de fabrique du groupe, et on ne voit pas trop de raisons d’en changer.

    Les années sont passées mais Shirley Manson est toujours pimpante. Elle entre en scène avec un body en côte de maille, culotte en plexiglass noir, châle noir vaporeux sur les épaules, ses cheveux roux dressés en chignon raide-droit sur le crâne. Elle est entourée de sa bande habituelle de guitaristes, Duke Erikson, en costume-gilet-cravate-chemise rayures, Steve Marker, ensemble noir et casquette de base-ball, et derrière batteur et bassiste tatoué.

    Une bande de terroristes du rock, accrochés à leurs guitares, bustes en avant, torturant leurs cordes sur des rythmes primaires, ils entourent leur madone aux yeux verts qui tourne comme une lionne en cage sur un grand cercle tracé fictivement devant la batterie.

    Micro en main ou arcboutée à son pied de micro, Shirley délivre un chant primal d’une voix puissante, souvent traitée à la sauce électronique. Elle jette un sourire carnassier à un public enthousiaste et déroule son show avec la morgue des vieux professionnels.

    Les nouveaux morceaux se mêlent aux anciens sans déroger à la ligne du groupe, celle d’un rock-pop sans prétention mais d’une redoutable efficacité. On ne se fatigue pas les neurones avec les Garbage, il faut juste se laisser porter par leur brutalité finalement plutôt civilisée.

    Une écossaise et quatre américains forment ce combo des grands espaces où s’engouffre leur musique brûlante. Les tubes s’enchaînent : Control, Shut Your Mouth, Queer, Stupid Girl. Quelques moments de rémission avec Cup of Cofee ou le mélancolique You Look so Fine qui clôt le premier set : accords mineurs et longs hululements de guitares, histoires de rupture déclamées d’une voix plaintive et Shirley chausse une guitare rose pour le final : I’m falling over/ Over and over/ …Let me know let it show/ Ending with letting go/ Let’s pretend, happy end!

    Setlist

    Control/ I Think I’m Paranoid/ Shut Your Mouth/ Why Do You Love Me/ Hammering in My Head/ Queer/ Stupid Girl/ Automatic Systematic Habit/ #1 Crush/ The One/ Special/ Blood for Poppies/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Battle in Me/ Cup of Coffee/ Push It/ Vow/ You Look So Fine/

    Encore : When I Grow Up/ The World Is Not Enough/ Only Happy When It Rains

    Encore 2 : Thanks a Million (Duke solo)

    Warmup : Poni Hoax

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  • Archive – 2012/11/16-17 – Paris le Zénith


    Un peu plus de douze mois après la sortie des deux CD’s « Controlling Crowds » et les tournées conséquentes, dont le final de Rock en Seine 2011 avec orchestre symphonique, un DVD enregistré live à Athènes, les revoici avec un nouveau disque « With Us Until You’re Dead », nouvelle tournée, nouvelle chanteuse, showcase à la FNAC et déjà des clips et des tubes. On peut dire que la bande ne manque pas d’énergie ni de projets. Ils sont pour deux soirs au Zénith de Paris.

    La musique est renouvelée, plus rock : des batteries en pagaille et des rythmes de cogneur à tout va. Holly Martin est la nouvelle chanteuse du groupe, un peu lisse, des cheveux blonds lui tombant sur les reins, une belle voix, forcée parfois dans les aigues, elle remplace numériquement Rosko-les-dreadlocks (au moins pour le moment) et y va parfois de ses refrains rappés (Hatchet).

    Alors que les lumières tombent une bande joue à plein volume une farandole de cloches, on se croirait sur la place Saint-Pierre de Rome un jour de Pâques, qui se fondent progressivement dans l’ouverture martelée de Wiped Out, une longue envolée romantique de Pollard sur la destruction de l’amour, dont la voix qui monte comme celle d’un soprano impubère ne suffit à masquer l’effroi. C’est la première plage du disque, le show est lancé ! Et se poursuit sur You Make Me Feel chanté en duo par Maria et Holly notre nouvelle recrue, qui a d’ailleurs un tout petit peu de mal à placer sa voix sur ce morceau emblématique du groupe datant de 1999. Après un passage par Sane, retour vers la nouveauté avec l’enchaînement de trois longues pièces aux accords de guitare bien gras appuyés par une rythmique bien lourde, à peine adoucies par la voix éthérée de Pollard et les boucles de claviers. C’est la nouvelle marque des Archive, un son plus urbain, plus urgent, des lumières agressives et saccadées. On est éblouis, martyrisés, écrasés par ce mur de son et lumière, et on adore.

    Puis vient l’heure du repos avec un merveilleux et inédit morceau chanté par Maria accompagnée par le piano seul : Build and Construct enchaîné sur Again en acoustique ; sortez vos mouchoirs, les Archive savent toujours vous tournebouler les tripes. Maria continuera à nous renverser sur le récent Silent, une valse dédiée à l’amour : It feels impossible/ Not this time/ I could die/ Silently I love.

    La suite et fin du show est tonitruante : Hatchet en premier rappel où Holly scande ce morceau rappé et enlevé, sanglant et amoureux : If I gave you an army/ It would be your command/ Kick me in the ground break both my hands/ Every time you hurt me/ I want you even more/ I’ll never win the battle and I’ll never win the war/ If I had an army/ It would be yours to have/ No amount of pain would ever stop me coming back/ To you… Elle apparaît bien plus à l’aise sur ce genre qu’en voix d’appoint de Maria sur des thèmes plus romantiques, question d’âge et de cœur sans doute.

    Et puis Bullets, rythmes effrénés et roucoulades de claviers, Kings of Speed : Time isn’t slowin/ just speed/ it’s all we’re knowing…, et le deuxième soir une chanson de plus et le final sur Waste pour clôturer en beauté cette étape parisienne avec en prime une déclaration d’amour de Dave : « We fucking love you Guys ! Merci beaucoup ! »

    Archive rechargé en adrénaline, relooké avec la Miss Holly (qui ne laissera sans doute pas un souvenir impérissable dans l’histoire du groupe), mais Archive toujours créatif et surprenant, « Just speed/ It’s all we’re knowing! » on ne saurait mieux dire

    Set list 16 novembre :

    Wiped Out/ You Make Me Feel/ Sane/ Interlace/ Stick Me in My Heart/ Conflict/ Violently/ Build and Construct/ Again (Acoustic Version)/ Fuck U/ Pills/ Black and Blue/ Dangervisit/ Damage

    Encore: Rise/ Silent/ Hatchet/ Controlling Crowds

    Encore 2: Twisting/ Bullets/ Kings of Speed

    Set list 17 novembre :

    Wiped Out/ You Make Me Feel/ Sane/ Interlace/ Stick Me in My Heart/ Conflict/ Violently/ Build and Construct/ Again (Acoustic Version)/ Fuck U/ Pills/ Black and Blue/ Dangervisit/ Damage

    Encore: Rise/ Silent/ Hatchet/ Controlling Crowds

    Encore 2: Twisting/ Bullets/ Kings of Speed/ Waste

  • Sophie Hunger – 2012/11/12 – Paris le Café de la Danse

    Sophie Hunger : nouveau disque The Danger of Light, nouveau groupe, nouvelle atmosphère plus jazzy, et toujours autant d’émotion au Café de la Danse avec cette artiste suisse habitée, assez inclassable, aux textes troublants.

    Il y a plus de claviers, Sophie joue beaucoup de piano et un musicien français l’accompagne sur l’orgue Hammond et différents autres claviers, lui et le bassiste jouent aussi de la trompette et de la clarinette, une violoncelliste est là et Sophie n’oublie pas non plus ses guitares. Plus beaucoup de place sur la petite scène où tout ce petit monde multi-instrumentiste renouvelle agréablement l’environnement musical foisonnant de cette créatrice à part pour laquelle la musique semble couler de source, de délicatesse et de souffrance.

    Habillée de noir, elle démarre le show à la guitare acoustique devant son pied de micro enguirlandé d’ampoules avec une chanson douce de son nouvel album : Can You See Me? sur laquelle déjà planent des interrogations existentielles :

    I will never be sure that I committed no crime./ Is it true. Is it true that we’re turning?/ And when you are turning so am I?/ So tell me when you see me, can you see yourself? How much do we share?/ And how much do I really care?

    Le concert est centré sur le dernier disque avec quelques retours sur les compositions plus anciennes. L’incontournable Le Vent nous Portera qu’elle présentait autrefois comme : « une très belle chanson de quelqu’un qui n’est pas bien » [Bertrand Cantat de Noir Désir]. Habituée à la traduire en anglais pour un public anglo-saxon, elle nous la traduit cette fois-ci en suisse-allemand avant de l’interpréter avec une guitare électrique qu’elle laisse réverbérer sur ce parfum de nos années mortes…

    Sophie et ses musiciens déroulent une set-list pleine d’enthousiasme. Lorsqu’elle joue de la guitare ou du piano, c’est avec détachement et brio sans altérer le moins du monde un chant de toute beauté qui porte si haut la majesté et l’élévation de sa poésie. Qu’elle bavarde entre les chansons, qu’elle déclame ses doutes avec violence sur ses notes ou qu’elle susurre sur une trompette en sourdine toute les idées qui se bousculent dans son âme, la simplicité avec laquelle elle s’exprime laisse le public attendri et touché au cœur.

    Le show se termine avec l’énergique Speech, une chanson des tous débuts qui nous rappelle si besoin en était qu’il y a bien du Rock au-dessus de tout ceci !

    Sophie Hunger née pour écrire et composer, nous fait mourir de plaisir à chacune de ses apparitions.

    Set list : 01: Can You See Me?/ 02: Manhattan/ 03: Holy Hells/ 04: The Fallen/ 05: Heharun/ 06: Take A Turn/ 07: Protest Song/ 08: Le Vent Nous Portera (Noir Désir)/ 09: Das Neue/ 10: Personal Religion/ 11: Citylights/ 12: Souldier/ 13: Z’Lied Vor Freiheitsstatue/ 14: Hotel Belfort/ 15: Like Like Like/ 16: Broken English/ 17: Rerrerrevolution/ 18: Train People/ 19: Speech (Fisher)

  • Chris Isaak – 2012/10/12 – Paris le Grand Rex

    Chris Isaak – 2012/10/12 – Paris le Grand Rex

    Chris Isaak toujours vivant et de nouveau sur la route ! Les nostalgiques de Blue Hotel et autres Wicked Game sont au Grand Rex ce soir, et ne furent pas déçus.

    Belle gueule, voix de velours, banane bien laquée, guitare romantique, costume west-coast noir avec fleurs imprimées, Chris n’a pas pris une ride ni perdu un pouce de son talent ! Son groupe est à peu près celui d’origine avec un peu d’embonpoint mais toujours ces glissandos déchirant sur les guitares réverbérées ; oh l’intro de Wicked Game :

    The world was on fire and no one could save me but you.
    It’s strange what desire will make foolish people do.
    I never dreamed that I’d meet somebody like you.
    And I never dreamed that I’d lose somebody like you.
    No, I don’t want to fall in love
    (This world is only gonna break your heart)
    With you…

    Et nos cœurs se brisent comme la vague échoue sur la plage de San Francisco. Laissez le charme agir, nous voici transportés en Californie un soir de coucher de soleil sur la côte sauvage de Big Sur, autour d’un grand feu de bois crépitant… Bon, revenons sur terre pour constater que Chris a tout pour plaire mais n’a guère profité de ces dernières années pour renouveler le genre ni l’inspiration. Mais ne soyons pas chiens, c’est un bain de jouvence que nous offre le beau gosse et sa guitare, et un peu d’originalité tout de même lorsque la fin du show est entièrement acoustique et consacrée à des reprises d’Elvis, Johnny Cash…, et un inoubliable Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis pour terminer avec orgue Hammond B3 prenant feu et tout le tra-la-la. Chris charmeur vampirisé en Chris rockabily, il ne nous en fallait guère plus pour être heureux dans le skaï élimé du Grand Rex.

    Setlist : (Instrumental I)/ American Boy/ Pretty Girls Don’t Cry/ Blue Hotel/ We’ve Got Tomorrow/ I Want Your Love/ San Francisco Days/ I’m Not Waiting/ Somebody’s Crying/ Wicked Game/ Best I Ever Had/ Dancin’/ Notice the Ring/ Baby Did a Bad Bad Thing/ Doin’ the Best I Can (Elvis Presley cover)/ Ring of Fire (Johnny Cash cover)/ Dixie Fried (Carl Perkins cover)/ Can’t Help Falling in Love (Elvis Presley cover)/ It’s Now or Never (Elvis Presley cover)/ She’s Not You (Elvis Presley cover)/ That Lucky Old Sun (Ray Charles cover)/ Live It Up/ Miss Pearl (Jimmy Wages cover)/ Great Balls of Fire (Jerry Lee Lewis cover)
    Encore : (Instrumental II)/ Oh, Pretty Woman (Roy Orbison cover)/ Big Wide Wonderful World/ Worked It Out Wrong
    Warmup : Auren

  • Radiohead – 2012/10/11 – Paris Bercy

    Radiohead – 2012/10/11 – Paris Bercy

    Après les festivals de l’été les Radiohead sont à Paris pour deux Bercy et nous offrir une vraie féérie en sons, lumières et sommets musicaux. Le cadre de cette cathédrale parisienne leur permet d’y redéployer le light show d’origine de la tournée dont nous n’avions bénéficié que d’une version allégée pour les arènes de Nîmes.

    Modestes et déterminés, ils allongent ce premier show parisien avec toutes les certitudes du groupe progressiste qui plane bien au-dessus de la planète rock depuis plus d’une décennie. Ils sont à Bercy comme chez eux, face au public français qui leur voue une passion méritée et une adoration croissante, quelques soient les chemins parfois tortueux où ils l’emmènent.

    Musicalement le concert est similaire à celui de Nîmes en juillet, avec une set list un peu renouvelée mais dans laquelle on retrouve tout ce qu’il faut pour un fan de la première heure. L’espace de Bercy et le gigantisme du light show donne une allure scintillante à ce spectacle. Petits personnages aux pieds de fontaines de couleurs, on les croit tantôt nageant dans les lueurs bleuissantes d’un aquarium, tantôt sur les charbons ardents d’un fleuve de laves rougeoyantes. Les douze écrans mobiles se positionnent différemment pour chaque morceau, composant un puzzle magique sur les pièces duquel défilent de façon aléatoire et saccadée les images du groupe à l’œuvre, et quelle Œuvre !

    Les Radiohead déploient toute leur science du rock moderne avec une sensibilité qui n’a d’égal que leur professionnalisme. Les guitares se superposent aux machines pour mener le dialogue de l’électronique sur lequel plane la voix éthérée et irréel de Thom. La double-batterie marque le beat, les rythmes se bousculent, les sons se brisent, Thom danse à sa façon de pantin désarticulé et mène Bercy à sa baguette, chantant les yeux fermés, balançant la tête devant le micro tel un lion derrière ses barreaux. Le show est un concentré de pure énergie dont l’inventivité laisse, comme toujours, pantois d’admiration. Paranoid Android termine le premier set et assène l’uppercut presque final à un public épuisé de bonheur :

    Rain down, rain down/ Come on rain down on me/ That’s it, sir/ You’re leaving/ The crackle of pigskin/ The dust and the screaming/ The yuppies networking/ The panic, the vomit/ The panic, the vomit/ God loves his children, God loves his children, yeah!

    Trois rappels prolongent l’expérience d’une heure supplémentaire jusqu’à Idiotheque qui pousse les spectateurs vers la sortie.

    Setlist : Lotus Flower/ Airbag/ Bloom/ Kid A/ Myxomatosis/ Bodysnatchers/ The Gloaming/ Separator/ Meeting in the Aisle/ Nude/ Pyramid Song/ Reckoner/ There There/ The National Anthem/ Feral/ Paranoid Android
    Encore : Give Up the Ghost/ Supercollider/ Lucky/ Morning Mr. Magpie/ Street Spirit (Fade Out)
    Encore 2 : Staircase/Everything in Its Right Place (w/ Björk’s « Unravel » intro)
    Encore 3 : Idiotheque
    Warm up : Caribou

  • Richard Hawley – 2012/10/10 – Paris la Cigale

    Richard Hawley à la Cigale ce soir pour la sortie de son nouveau disque Standing At The Sky’s Edge. Grimmé façon Teddy-boy, jeans et cuir, mèche rebelle et gominée, mais toujours une voix de velours qui emporte tout sur son passage.

    Quatre musiciens (bass, guitare, clavier & batterie) l’entourent, un pupitre devant lui, l’homme est serein et une réverbération dantesque nous donne l’impression d’assister à un office dans une cathédrale.

    Le dernier disque est plutôt rock-énergique dans ses rythmes, mais passablement sombre dans ses textes qui racontent nos temps hallucinés. Le show démarre sur Standing at the Sky’s Edge, l’histoire morbide d’un Joseph qui tue sa femme et ses enfants, d’une Mary qui vend son corps pour se payer des chaussures avant de finir en prison…

    They were standing at the sky’s edge/ And out there, there’s dangerous thinking/ They were standing at the river’s edge/ And watched their lives, slowly sinking away, away, away.

    On se croirait dans Berlin de Lou Reed.

    Le reste du disque est à l’avenant, il n’y est question que de solitude, d’amour mal embringués et d’âmes dévastées. Mais ces histoires sordides sont déclinées avec une voix formatée pour envoûter, et elle n’y manque pas. Sur scène les chansons sont étendues à l’infini et parsemées de solos de guitare réverbérés, de glissandos dégoulinants évoquant de la musique hawaïenne, mais aussi de sévères attaques sur les cordes, à réveiller les morts.

    The Ocean termine le concert, une merveille de douceur tragique qui nous emporte. Richard Hawley extirpe sa musique du fond de son cœur et triture ses guitares pour nous dévoiler ses tourments. Guitariste hors pair, charmeur déprimant, poète maudit, un grand musicien qui rencontre un succès d’estime et fait vibrer d’émotion les salles où il se produit.

    Setlist : Standing at the Sky’s Edge/ Don’t Stare at the Sun/ Hotel Room/ Tonight the Streets Are Ours/ Seek It/ Soldier On/ Leave Your Body Behind You/ Before/ Open Up Your Door/ Remorse Code/ Time Will Bring You Winter/ Down in the Woods/
    Encore : Lady Solitude/ The Ocean

  • Leonard Cohen – 2012/09/29et30 – Paris l’Olympia

    Gentleman Leonard est de retour à Paris pour le Old Ideas Tour : A lazy bastard/ leaving in a suit, comme il se qualifie lui-même dans Going Home, un délicieux poète qui n’en finit pas de nous enchanter dans une tournée sans fin.

    Il était passé en France en 2008 et 2009, et le voici qui repasse en 2012 après la sortie de Old Ideas en début d’année. Peu de changements sur scène sinon un violoniste moldave qui remplace le souffleur d’instruments à vent, apportant une tonalité encore un peu plus déchirante aux arrangements. Le reste de l’équipe est le même, avec Sharon Robinson et les sublimes Webb sisters aux chœurs apportant voix cristallines et sensibilité féminine à une musique déjà hautement chargée en tendresse. Le groupe est attentif, tout entier dédié à la prestation de son Maestro qui le leur rend bien d’ailleurs avec force saluts dé-chapeautés et humbles génuflexions.

    Costume gris de clergyman et borsalino de même teinte, il confesse nos années d’illusions et nous prépare au pire. Les dernières compositions sont habilement mélangées à la set-list de toute une vie de subtilité musicale et poétique. Le public reste en vénération du début à la fin… trois heures trente plus tard. L’homme approche maintenant les 80 ans, sa voix s’est faite encore plus sépulcrale, ses mots plus dépouillés et sereins.

    Le show mène sa route devant un Olympia subjugué par tant de grâce. Le poète semble hors du temps, flottant dans la galaxie comme dans son costume sombre, dégageant une nostalgique sérénité qui se faufile dans nos âmes : Tell me again : When I ‘ve seen through the horror/ Tell me again/ Tell me over and over/ Tell me you want me then/ Amen.

    Les classiques déclenchent l’enthousiasme surtout quand Leonard les appuie de son phrasé de guitare si doux: Suzanne, The Partisan. Nombreux sont les cœurs qui se serrent sur Alexandra Leaving (merveilleusement interprété par Sharon), sur Hallelujah, So Long Marianne… les yeux qui se plissent de bonheur sur First We Take Manhattan, I’m Your Man… les larmes furtives qu’on écrase sur Anthem, Bird on the Wire…

    Les setlists des deux soirées seront quasiment identiques, la dernière sera clôturée dans la joie de toute l’équipe technique montée sur scène pour le troisième rappel après le toujours bouleversant If It Be Your Will interprété par les Webb sisters.

    C’en est fini pour cette nouvelle étape, Gentleman Leonard quitte la scène en sautillant sur les tapis persans qui la nappent, troubadour d’une génération qui va vers sa fin, Amen. Mais heureusement quelques jeunes gens sont là ce soir qui feront perdurer cette tradition, celle de l’élégance et de la beauté :

    Like a bird on the wire,/ Like a drunk in a midnight choir/ I have tried in my way to be free./ Like a worm on a hook,/ Like a knight from some old fashioned book/ I have saved all my ribbons for thee./ If I, if I have been unkind,/ I hope that you can just let it go by./ If I, if I have been untrue/ I hope you know it was never to you.

     

    Set list 29 septembre : First set

    Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

    Second Set

    Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

    Encore

    So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

    Encore 2: Famous Blue Raincoat/ Different Sides/Closing Time

    Encore 3: I Tried to Leave You

    Set list 30 septembre : First set

    Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

    Second Set

    Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

    Encore

    So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

    Encore 2: Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will (performed by the Webb sisters)/ Closing Time

    Encore 3: I Tried to Leave You/ Save the Last Dance for Me (The Drifters cover)

  • The Asteroids Galaxy Tour – 2012/08/24 – Paris le Parc de Saint-Cloud

    The Asteroids Galaxy Tour continue son petit bonhomme de chemin et ouvre le festival Rock en Seine 2012 sur la grande scène. Les danois diffusent leur pop échevelée sous les nuages pluvieux de Saint-Cloud.

    Mette et ses mecs présentent un deuxième disque plutôt sympathique Out Of Frequency. Evidemment on aurait pu se passer du clip du single Heart Attack sur lequel notre héroïne joue une France Gall sucre d’orge minaudant sur une musique entraînante qui vaut mieux que ça.

    En cette après-midi parisienne notre joyeuse bande tressaute aux rythmes d’une musique mélangée et légère. Un nouveau musicien, manifestement asiatique, saute avec allégresse de ses claviers à ses guitares, caché sous ses lunettes noires. Les cuivres chevelus vont et viennent des sax aux percussions en passant par les bassons et les boites à rythme.

    Et Mette arpente la scène dans son short à paillettes réchauffant un public déjà inondé par les rafales de pluie. Les Asteroids ne s’aperçoivent de rien, jouent et dansent comme si de rien n’était. Un délicieux son pop/reggae/funk met les festivaliers d’humeur guillerette. Le minois pollisson de Mette achève de les convaincre :

    Head over heels you raise your flag/ Come on bang bang bang give me Heart attack/ Heart attack/ Burning down the wheels tonight/ Hey! Are you ready.

    Bien sûr que nous sommes prêts pour suivre l’aventure de ces astéroïdes dans notre galaxie musicale.

  • Radiohead – 2012/07/11 – Nîmes les Arènes

    C’est enfin l’été et le soleil tape sur Nimes où les Radiohead se produisent depuis hier soir dans les arènes de la ville. Ils ont repris en France leur tournée interrompue au Canada par un effondrement de superstructure durant un sound-check ayant tué un roadie et blessé quelques autres. Le concert d’hier soir a été dédié au disparu.

    Depuis la gare de Nîmes et tout au long du chemin vers les arènes, les T-shirts Radiohead ont envahi la ville écrasée de chaleur. Vers 18h un court sound-check anime le centre-ville avant l’ouverture des portes.
    Après une sympathique première partie électro-pop canadienne : Caribou, les Radiohead entrent en scène alors que le jour décline, sur une bande mixée de superpositions samplées couches de la voix de Thom ; Ed en chapeau melon et applaudissant, Thom, barbe et catogan, chemise bleue pâle bien proprette, Jonny caché sous un vaste T-shirt siglé d’un énigmatique « 3 », Colin calé entre les deux batteurs, dont Clive Deamer qui officie habituellement avec Portishead et venu en renfort de Phil pour cette tournée. Le light show reconstruit à la hâte après l’accident de Toronto affiche 12 écrans sur lesquels diffusent des images brouillées et saccadés des musiciens et de leurs instruments.

    Le show démarre sur le résolument moderne et complexe Bloom qui inaugure leur dernier disque The King of Limbs et marque le ton de ce concert hors norme :

    Open your mouth wide/ A universal sigh/ And while the ocean blooms/ It’s what keeps me alive/ So why does this still hurt/ Don’t blow your mind with why.

    Le groupe enchaîne sur du plus classique et reposé avec Kid A où Thom se débarrasse de sa guitare et entre deux pas de danse alterne entre clavier et micro vocodé. Sur 15 Steps la nuit est presque tombée et l’on retrouve la mystérieuse légèreté de Radiohead qui nous emmène si loin dans nos rêves. Puis vient The National Anthem sur un déluge de rythme et de lumières qui font vibrer tous les sens d’une audience attentive. Et s’en suit une set-list épuisante, sans un instant de répit, où l’oreille est constamment accrochée par cassures et dissonances sur lesquels plane l’incroyable voix de Thom, à la fois apaisante et furieuse.
    Cette voix contrôle l’aspect volcanique de la musique, canalisant son énergie ou déclenchant le feu. Mais elle est parfois aussi, intimiste, éthérée, chaude, nous faisant nous retirer profondément en nous-mêmes, sur Exit Music, Nude ou Codex : Jump off the end/ The water’s clear/ And innocent… Cette voix n’est que pureté et émotion, de loin l’instrument clé du groupe au service de compositions exceptionnelles.

    Les autres musiciens ne sont pas en reste, jonglant entre les instruments, avec une palme d’or pour Jonny souvent perdu dans ses ordinateurs ou accroché au bout d’un transistor qu’il répercute dans la sono, toujours caché derrière les mèches rebelles de ses cheveux noirs lorsqu’il extirpe d’incroyables sonorités de ses guitares.

    Après deux heures de passion, le show s’achève sur de surpuissantes montées d’adrénaline avec Feral et Bodysnatchers, des morceaux emblématiques de leurs deux derniers disques et de leur complexité musicale.

    Mais deux rappels nous donneront une heure supplémentaire de musique et la soirée s’achèvera définitivement sur Street Spirit, retour aux sources de l’album The Bends en 1993, une chanson triste et simple :

    I can feel death can see it’s beady eyes/ All these things into position/ All these things we’ll one day swallow whole/ And fade out again and fade out again/ Immerse yourself in love/ Immerse yourself in love.

    Voir Radiohead et mourir, ou en tout cas voir Radiohead dans le somptueux site des arènes de Nimes c’est s’endormir intellectuellement plus riche que l’on ne s’est éveillé. Chacun s’égaye alors dans les rue de Nimes avec la conscience d’avoir vécu un moment musical d’exception avec ce groupe qui n’en finit pas d’étonner. Les cinq d’Oxford aux allures de post-adolescents romantiques développent une créativité musicale rarement égalée, un sens de l’innovation technique redoutable qui leur permet de mettre en valeur leur musique d’une façon toujours plus excitante et renouvelée. Le public ne s’y trompe pas qui voue à ce groupe une dévotion éternelle. Radiohead, les Dieux du Rock seront à Paris en octobre prochain ; soyons-y !

    Set list: Bloom/ Kid A/ 15 Step/ Morning Mr. Magpie/ The National Anthem/ The Gloaming/ Supercollider/ Codex/ Airbag/ Climbing Up the Walls/ Nude/ Exit Music (for a Film)/ Lotus Flower/ There There/ Feral/ Bodysnatchers
    Encore: Treefingers/ Give Up the Ghost/ House of Cards/ Reckoner/ Myxomatosis/ Everything In Its Right Place (True Love Waits intro)/ Idioteque
    Encore 2: Street Spirit (Fade Out)
    Warm-up: Caribou

  • Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2012/07/04 – Paris Bercy

    Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2012/07/04 – Paris Bercy

    Il y a 33 ans Bruce Springsteen débarquait en Europe avec son E-Street Band après avoir été érigé en nouveau messie de la jeunesse occidentale. Il faisait à l’époque les couvertures de Newsweek et de Times qui le qualifiaient de successeur génial de Dylan et voyaient en lui l’avenir du monde. The Boss incarnait (et incarne toujours) le conteur de l’Amérique profonde, le père spirituel d’une société post-guerre du Vietnam, le héraut d’un prolétariat américain alors que démarrait la décrépitude industrielle. Des concerts fleuves de plus de trois heures, la sortie de Darkness of the edge of town salué comme le chef d’œuvre du siècle, c’est peu dire que Paris attendait son héros, et Paris ne fut pas déçu avec le concert de Puteaux de 1978 (ou 79 ?) : ébahis et irrémédiablement marqués, les spectateurs qui assistèrent à cet incroyable show s’en souviennent encore.

    Beaucoup sont revenus à Bercy ce soir 4 juillet 2012, fête nationale américaine, pour le Wrecking Ball Tour, ils ne seront pas plus déçus qu’il y a 33 ans… De l’eau a coulé sous les ponts du New Jersey depuis Darkness, beaucoup de musique a été produite, des kilomètres parcourus et des décibels délivrés à travers la planète, des disparitions dans le groupe (Clarence Clemons et Danny Frederici), des engagements politiques, des dissolutions et des reformations du E-Street Band, des explosions commerciales et des succès d’estime, mais Bruce est toujours là, rocker pur et tendre, chic type de premier ordre.

    16 musiciens en plus du Boss sont sur scène. Clarence, irremplaçable, a été remplacé par une section cuivre de 5 personnes (dont son neveu Jake Clemons), c’est mieux ainsi et évite les comparaisons forcément douloureuses. 4 percussionnistes-choristes, 1 violoniste, Steve Van Zandt et Nils Lofgren aux guitares, Garry Talent à la basse, Max Weinberg à la batterie, et Patty Scialfa bien sûr, la femme du patron, guitare et chœur. Tout ce petit monde est habillé de jeans et chemises noirs, chaussé de cuir de la même couleur. Ce sont les cow-boys d’Il était une fois dans l’Ouest descendu dans l’arène de Bercy !

    Lumières allumées l’intro est lancée à deux accordéons qui jouent les premières notes de La vie en rose de Piaf, sympathique coup d’œil à l’escale française de cette tournée, les musiciens s’installent sur la vieille ritournelle et après le One-Two/ One-Two-Three-Four de circonstance repris par 15 000 fans, lancent le show avec deux nouveaux titres avant d’asséner un Badlands d’anthologie. Bercy est déjà en flamme. Debout sur leurs sièges, des gamins nés 25 ans après la sortie de Darkness scandent cette chanson de légende avec le Maître de l’univers rock :

    Lights out tonight, trouble in the heartland./ Got a head-on collision, smashin in my guts man./ Im caught in a crossfire that I don’t understand./ But there’s one thing I know for sure girl: Talk about a dream; try to make it real./ You wake up in the night with a fear so real./ You spend your life waiting for a moment that just don’t come./ Well don’t waste your time waiting/
    Badlands you gotta live it every day/ Let the broken hearts stand/ As the price youve gotta pay/ Well keep pushin till it’s understood/ And these badlands start treating us good.
    Badlands…

    6 guitares sur le front de scène, le Boss nous gratifie du solo grinçant d’origine, reprend le refrain avec Steve sur le même micro et termine l’interminable final d’un tonitruant « bonsoir Pariiiiiiiiiiis ! ».

    Et c’est parti pour 3h30 du rock et de sueur, des allers retours joyeux entre le passé glorieux et les créations récentes, 17 musiciens explosifs et joyeux à l’assaut d’un des plus fantastiques répertoires de l’Histoire. La citadelle de Bercy ploie sous la charge et les coups de boutoir de l’électricité. Les mots virevoltent dans l’atmosphère sur-vitaminée, ils n’ont plus guère d’importance dans cette fureur de jouer, mais on sait qu’ils sont là et donnent du sens à cette débauche de notes et ce déluge d’énergie. C’est une éruption solaire, une explosion nucléaire, sous la botte en cuir du Boss !
    Tout y passe : Because the Night, Sandy, The River, City of Ruins, Johnny 99, Darkness… Sur Waiting on a Sunny Day il fait monter sur scène une jeune fille à peine nubile, lui passe le micro et lui fait reprendre le refrain dans l’allégresse, qu’elle termine en chantant « I don’t remenber the words… Bruce je t’aiiiiiiiiiiiiime », il la prend alors dans ses bras et la redépose délicatement dans la foule dont il l’a extraite. Sur Dancing in the Dark, guitare en bandoulière, il danse la valse avec la mère de la pré-nubile.

    Il joue seul au piano Independance Day. Même les plus vieux fans ne l’avaient jamais vu au piano sur scène, mais en cette soirée du 4 juillet il a décidé « something special for today. »

    Bien sûr les sections cuivres et percussion donne à ce show une allure un peu plus soul que le E-Street Band d’origine plus ramassé et rock, mais qu’importe, le groupe trace sa route.

    Un rappel flamboyant de 60 minutes est lancé sur l’enchaînement miraculeux Born in the USA/ Born to Run. Les premiers rangs défaillent. Entre deux riffs ravageurs Bruce fait le porteur d’eau et vient arroser le public. Et puis sur Tenth Avenue, démarré debout sur le piano de Roy, une longue interruption, les deux bras levés il rend hommage à Clarence dont les images défilent sur les écrans.

    Tout le monde jubile, pleure, hurle, trépigne, hoquette et rend les armes devant une telle gigantesque performance. Le feeling de ce musicien avec son public est quelque chose d’indicible, ses shows sont une tranche de vie inoubliable dans le monde du rock qui en a pourtant vu d’autres.

    Bruce Springsteen : une légende !

    Set-list : Intro (La Vie en Rose)/ 1. We Take Care Of Our Own/ 2. Wrecking Ball/ 3. Badlands/ 4. Death to My Hometown/ 5. My City of Ruins/ 6. Spirit in the Night/ 7. The E Street Shuffle/ 8. 4th of July, Asbury Park (Sandy)/ 9. Jack of All Trades/ 10. Because the Night/ 11. Darkness on the Edge of Town/ 12. Johnny 99/ 13. Darlington County/ 14. Easy Money/ 15. Waitin’ on a Sunny Day/ 16. The Promised Land/ 17. Apollo Medley/ 18. Independence Day/ 19. The River/ 20. The Rising/ 21. Out in the Street/ 22. Land of Hope and Dreams/
    Encore : 23. We Are Alive/ 24. Born in the U.S.A./ 25. Born to Run/ 26. Bobby Jean/ 27. Dancing in the Dark/ 28. Tenth Avenue Freeze-Out/ 29. American Land

  • Portishead – 2012/06/25 – Vienne Théâtre antique

    Portishead – 2012/06/25 – Vienne Théâtre antique

    Vienne, petite ville française de l’Isère, encaissée entre ses collines allobroges, pavoisée de drapeaux espagnols en hommage à une récente défaite de la France contre l’Espagne de fouteballe, traîne paresseusement sa misère industrielle entre les rives du Rhône et du Gère. Vienne reçoit ce soir les Portishead dans son théâtre romain avant Joan Baez demain, le festival annuel Jazz à Vienne qui ouvre le 28 juin, Simple Minds, Selah Sue et quelques autres artistes en juillet.

    Vienne, dans la moiteur d’un été, s’apprête à accueillir les messies du Trip-Hop dans le cadre somptueux de son théâtre antique. Leur rareté ajoute encore à leur talent : seulement trois disques en 25 années de carrière, peu de tournées, quasiment pas d’interview, mais les Portishead sont ici ce soir, venus de Bristol, patrie de ce genre musical, où ils cohabitent avec Massive Attack, Tricky et bien d’autres. Le trio fondateur Geoff Barrow-Beth Gibbons -Adrian Utley est renforcé sur scène par John Baggott (clavier de Massive Attack), Clive Deamer (batteur de Radiohead) et un bassiste.

    A la nuit tombante le logo du groupe se déploie lentement sur l’écran du fond de la scène sur le beat lent d’une bass, puis démarre l’intro brésilienne de Silence sur laquelle entrent les musiciens qui nous ouvrent les portes de leur univers pour 90 minutes.

    Beth est habillée en T-shirt noir et pantalon vert-de-gris, dos au public elle regarde ses musiciens s’échauffer avant de se retourner en lançant sa voix si troublante se perdre dans le ciel étoilé de Vienne.

    Derrière le groupe sont projetées les visions de la scène et des gros plans de Beth, les images sont comme brouillées par une mauvaise réception, la frimousse de la chanteuse accrochée à son pied de micro se déploie à l’infini laissant le spectateur plonger, planer, voguer dans l’atmosphère brumeuse qui émane des mots et des notes de ce groupe inventif.

    Les musiciens sont attentionnés et parfaitement posés pour entourer leur chanteuse, Adrian tire des miracles aériens et mélancoliques de ses guitares, Geoff manipule des machines et des percussions avec à-propos, John œuvre sur des claviers tout en subtilité.

    Et cette voix, surtout cette voix, marque l’âme de la musique des Portishead. Le théâtre chavire lorsque Beth entame Wandering Star seulement accompagnée par Adrian et Geoff (à la basse). Assise sur un tabouret, elle chante, noyée sous ses cheveux roux une bouleversante version de cette chanson extraite de leur premier album :

    Please could you stay awhile to share my grief/ For its such a lovely day/ To have to always feel this way/ And the time that I will suffer less/ Is when I never have to wake/ Wandering stars, for whom it is reserved/ The blackness of darkness forever…

    et de terminer cet instant de pure poésie par une vocalise qui n’en finit pas de monter dans les aigus, transperçant le cœur de tous les spectateurs.
    Une bonne partie de leur catalogue nous est servie sur le site unique de ce théâtre si approprié à un parcours musical introspectif : Hunter, The RIP, Mysterons, Magic Doors… ce n’est qu’émotion, douceur et douleur. Sur Glory Box elle alterne une voix nasillarde pour l’intro :

    I’m so tired of playing/ Playing with this bow and arrow/ Gonna give my heart away/ Leave it to the other girls to play/ For I’ve been a temptress too long…

    avant de laisser ses musiciens donner libre cours à des solos dissonants et déchirants puis de reprendre inlassablement :

    Give me a reason to love you/ Give me a reason to be a woman/ I just wanna be a woman.

    Mais le groupe sait aussi s’aventurer dans sur les chemins du beat et nous servir des versions enlevées de Machine Gun, Chase The Tears et un extraodinaire We Carry On en final à la fin duquel Beth descend dans la foule puis, une Corona en main, laisse ses musiciens achever le spectacle sur le rythme obsédant de ce morceau. Un petit « thank you », le seul mot prononcé du spectacle, et le quintet nous laisse méditer sur ce moment de grâce partagée.

    Portishead, le groupe sans doute le plus achevé du Trip-Hop, définitivement le plus réfléchi et émouvant ; Portishead, le son tragique de son époque !

    Set list : 1. Silence/ 2. Hunter/ 3. Nylon Smile/ 4. Mysterons/ 5. The Rip/ 6. Sour Times/ 7. Magic Doors/ 8. Wandering Star/ 9. Machine Gun/ 10. Over/ 11. Glory Box/ 12. Chase the Tear/ 13. Cowboys/ 14. Threads
    Encore : 15. Roads/ 16. We Carry On

  • Ayo – 2012/06/13 – Paris le Café de la Danse

    Ayo – 2012/06/13 – Paris le Café de la Danse


    Ayo en acoustique” annonçait le programme, pas si acoustique que cela finalement, et pour notre plus grande joie. Au moins le show ce soir est en petit comité dans cette salle intimiste du quartier de la Bastille.

    Elle est sympa Ayo, elle est cool mais très bavarde, métisse nigériane, elle développe l’enthousiasme de sa belle jeunesse, l’inspiration soul de ses origines africaines, et elle est nature Ayo, tellement nature avec son sourire éclatant. Sur scène elle est accompagnée d’un pianiste, d’un bassiste et d’un batteur. Elle accueille deux rappeurs français (Sly Johnson et Leeroy) le temps d’une chanson. Elle monte dans les gradins pour fêter l’anniversaire d’un spectateur qu’elle prend dans ses bras, alors tout le monde se découvre né un 13 juin pour l’attirer de son coté.

    Et puis elle est vive Ayo, et elle est surtout musicienne. Elle joue de la guitare rythmique comme une déesse de ses longues mains aux doigts infinis, elle a le beat dans la peau Ayo avec ses locks qui lui tombent dans le dos, elle compose de jolies chansons multiculturelles dans lesquelles on retrouve toutes les influences du reggae, de la soul et du rock.

    Mais Ayo, c’est aussi une voix magnifique, une voix de gamine, au vibrato délicieux, aux envolées stridentes dans les aigues lorsqu’elle crie sa joie ou son désespoir, à la sincérité désarmante.

    Elle est sympa Ayo, elle raconte en musique les histoires de tout le monde, elle met des notes sur l’ordinaire, mais si elle était un peu moins bavarde Ayo, elle pourrait faire un rappel un peu plus long avant le couvre-feu…

    Warmup : franco-australienne Emilie Gassin

  • Suzanne Vega – 2012/06/11 – Paris la Cigale

    Suzanne Vega – 2012/06/11 – Paris la Cigale

    Suzanne Vega poursuit son projet solo de réédition en acoustique de tout son catalogue : la série Close-Up déjà riche de trois disques. Solo ou presque, le fidèle Gerry Leonard est aux guitares sur ces enregistrements comme sur scène ce soir.

    Suzanne Vega est toujours un délice de subtilité musicale et d’élégance féminine. Pour l’intro de Marlene on the Wall elle chausse un chapeau-claque pour annoncer le show, pour le reste elle est habillée de noir et de rouge à lèvres, avec une longue veste et un foulard bohème autour du cou.

    Guitariste de talent, son instrument électro-acoustique sonne clair comme sa voix est brumeuse et feutrée. Gerry l’accompagne avec talent et électricité, ne négligeant pas à l’occasion quelques charges électroniques. Plus souvent qu’à son habitude Suzanne abandonne sa guitare et entame quelques discrets pas de danse sur ses ballerines en chantant.

    Quelques nouvelles chansons tout de même, notamment celles écrites pour le livret d’une pièce de théâtre de Carson McCullers, écrivaine américaine du XXème siècle dont elle évoque la vie dissolue. Instant of the Hour After raconte une fin de soirée alcoolisée entre Carson et son amour :

    On your cheek, that sweet/ shadow falling./ The pulse in your neck, how I’ll/ know it, right to the end./ How I love you/ How I loathe you./ All you can say is:/ “Reverberating acuity”/ “Lousy simile”/ “Vacant majesty.”/ In the instant of the hour after.

    Une soirée avec Suzanne c’est une ballade en musique sur le chemin escarpé d’un folk urbain nuageux. Sa voix est une caresse, une direction ; ses compositions sont une mélancolie, une raison de vivre ; son personnage est une élégance sans égal. La douceur exsude de tous ses gestes, l’intelligence marque ses créations et New York rôde au-dessus de ses chansons.

    Ce même soir un autre new-yorkais se produit à Paris, entre Lou Reed et Suzanne il a fallu choisir, il n’y a pas à regretter.

    Cette reconstitution de toute son œuvre en acoustique est la meilleure des idées (même si assortie semble-t-il de quelques considérations mercantiles de récupération de droits), on a déjà oublié la période où elle était accompagnée d’un groupe. Cette évolution vers plus de simplicité et de sérénité est salutaire, elle nous laisse l’image d’une artiste accomplie en pleine possession de ses moyens, diffusant une pureté sans égale !

    Warm up : James Walsh

  • The Two – 2012/06/01 – Paris le Café de la Danse

    The Two au Café de la Danse, un grand escogriffe à la guitare (David, fils de Jean-Michel Jarre), une petite délicieuse au chant (Ara, peintre, fille de Philippe Stark) qui susurre suavement :

    I’m 22 and I’m feeling blue/ I’m 22 don’t know what to do.

    Accompagnés d’un bassiste et d’un batteur, ces deux là se lancent dans le grand bain de la scène pop-rock. Cela sent les débuts, cela fleure la naïveté, mais il faut bien commencer ! Et il y a derrière cette timidité musicale des années de répétition et de compositions sur cahiers à spirale. Les mélodies sont malignes, les textes un peu amers, les deux voix se complètent harmonieusement, le résultat est agréable d’autant plus que David s’y entend aux guitares, ils nous offriront même une reprise de Michael Jackson (They don’t really care about us), sympathique diversion, et une prestation avec le chanteur de No One is Innocent. L’ambiance est pop-légère, la soirée bobo-bastille. On peut certainement acheter leur premier disque.

    Bonne surprise en première partie avec FM Laeti, chanteuse black à la voix soul, accompagnée d’un guitariste : de la joie, de la gaucherie mais du talent, et une voix incontestable.

  • Elvis Costello & the Imposters – 2012/05/29 – Paris l’Olympia

    Elvis Costello à l’Olympia ce soir : Elvis et ses Imposters c’est un peu une cure de jouvence pour les quinquas+, dont quelques VIP, qui s’installent sur les fauteuils rouges du théâtre parisien. Les Imposters ont en partie remplacé les Attractions, en partie seulement car Steve Nieve (claviers) et Pete Thomas (batterie) sont du groupe actuel comme ils furent de l’ancien (Davey Faragher est le novice de la soirée à la bass). Et avant les Attractions il y eu le gang de The Rumour, parti ensuite sur la route de Graham Parker, puis celle de Garland Geffreys plus apte que Graham à leur assurer un salaire en fin de mois… Toute cette bande du petit monde intello-krypto-punk de la fin des années 70’s est toujours là : Garland vient de sortir un disque, Graham est exilé aux Etats-Unis où il donne des concerts solo, et Elvis est face à nous ce soir.

    Après une introduction de quatre chansons Elvis coiffe un chapeau-claque, s’empare d’une baguette de magicien et nous explique la suite du déroulement du show, c’est-à-dire principalement la désignation par une hôtesse de spectateurs volontaires pour monter sur scène et faire tourner la grande roue à chansons qui permettra de choisir les morceaux à interpréter. Il y a là un large échantillon de 35 années de carrière et lorsque par hasard la roue semble s’arrêter sur un titre déjà joué, Elvis la pousse un peu vers la suivante.

    A gauche de la scène se trouve une cabine a go-go-dancing, une table de bar et deux chaises où s’assoient les volontaires après leur choix, avec un cocktail multicolore, le temps de l’exécution des morceaux désignés par la chance et pendant qu’une beauté black se déhanche dans la cabine. Antoine de Caunes sera l’un de ces volontaires et ira même rejoindre la danseuse dans sa cabine pour se déhancher à l’unisson, et tout ceci pendant qu’Elvis et ses imposteurs travaillent !

    Au-delà de cette mise en scène un peu tape-à-l’œil mais finalement sympathique, le plus formidable est surtout de retrouver Elvis dans une forme olympique avec une voix qui n’a pas changé d’un iota depuis tout ce temps, avec ce même timbre un peu brumeux-métallique et capable d’acrobaties rythmiques et harmoniques assez incroyables. Et il y a la guitare rythmique dont il joue toujours avec brio et détachement. Et il y a surtout les claviers de Steve qui enrobent cette musique originale de leurs nappes énergiques et joyeuses.

    La recette Costello ce sont des morceaux concis et percutants, marqués par de fréquentes ruptures de rythmes et de tons, le tout sur des textes narquois. Cette recette fait encore fureur à l’Olympia ce soir, des tubes légendaires passent en trombe au milieu d’items du répertoire moins connus : Accident Will Happen, Watching the Detectives, Veronica

    C’est ce qui avait permis à ce desperado de transcender l’énergie primale des groupes punks de son époque pour accoucher d’une musique tout de même sacrément plus évoluée et jouissive. Une débauche de disques est furieusement déversée sur le marché depuis les années 70’s par ce créateur hors pair et infatigable, avalant toutes les inspirations, du rythme & blues au reggae, en passant par la country et même des incursions dans la musique classique et le jazz, pour synthétiser le tout dans une musique à part, difficile à ranger dans une case, faite de notes et de mots pétillants, riches et joyeux, servis par un groupe de vieux requins de la scène rock qui jouent de leurs instruments avec un brio et un naturel exceptionnels.
    Elvis Costello : un grand musicien, un créateur ambitieux !

    Et lorsqu’il rechausse le chapeau claque, la fin approche. Le meneur de jeux a beaucoup donné, avec un enthousiasme de jeune homme, alors avec ses trois potes ils vont jouer Pump it Up en finale : …Out in the fashion show,/ Down in the bargain bin,/ You put your passion out/ Under the pressure pin./ Fall into submission,/ Hit-and-run transmission./ No use wishing now for any other sin./ Pump it up until you can feel it./ Pump it up when you don’t really need it.

    Et I Want You pour terminer, un monument !

    Set list :
    Overture – featuring the former Mother Superior of Our Lady of Perpetual Torment, Dixie De La Fontaine
    I Hope You’re Happy Now/ Heart Of The City/ Mystery Dance/ Radio Radio
    The Spectacular Spinning Songbook
    Motel Matches – Spin 1/ Accidents Will Happen – Spin 2
    « Joanna » Jackpot – Spin 3
    I Still Have/ That Other Girl/ She/ Talking In The Dark
    « Numbers » Jackpot – Spin 4
    Less Than Zero/ 45/ One Bell Ringing/ Watching The Detectives/Help Me – Spin 5/ Oliver’s Army – Spin 6/ Bedlam – Spin 7 – M. Antoine de Caunes’ Spin
    Chelsea – Featuring The Crazy Go-Go Stylings Of M. Antoine de Caunes – IMPROMPTU
    Interlude
    A Slow Drag With Josephine – Napoleon Solo/ Jimmie Standing In The Rain – Napoleon Solo/ Who’s The Meanest Girl In Town, Josephine – Napoleon « Ukulele » Solo/ Veronica – with the Imposters/ Shipbuilding/ National Ransom No.9
    The Hammer Of Songs
    So Like Candy/Don’t Let Me Be Misunderstood/ Everyday I Write The Book – IMPROMPTU/ Alison/The Wind Cries Mary
    Finale
    « Happy » Jackpot – Napoleon’s Choice
    I Can’t Stand Up For Falling Down/ High Fidelity/ Pump It Up/ Peace, Love And Understanding/
    Poor Napoleon – Pour Sofia et Thomas/ I Want You

  • Jeanne Added / Laetitia Shériff / Lisa Portelli – 2012/05/14 – Paris le Café de la Danse

    Jolies (presque) découvertes au Café de la Danse où se produisent en trois shows, courts et enlevés : Jeanne Added, Latetia Shériff et Lisa Portelli.

    Jeanne, bassiste-chanteuse, une réincarnation de Marlène Dietrich électronique, le cheveu hirsute, chemisier frou-frou, une voix trouble portée par la bass sacadée, une atmosphère froide et contemporaine.

    Laetitia, abonnée aux premières parties avec sa guitare baryton et ses samples. Elle mériterait les feux de la rampe, elle devrait les retrouver avec la reconstitution annoncée de son groupe. En attendant, elle continue à nous charmer de sa voix sombre posées sur ses arpèges répétitifs et obsédants.

    Lisa, un petit brin de femme blonde en chaussure blanche, montée sur ressorts, accrochée à sa guitare, virevoltante et agile, accompagnée d’un guitariste-grande-bringue et d’un batteur-sympathique, chantant en français d’une voix sucrée des textes charmants, elle est tout simplement exquise.

    Plaquant des riffs automatiques sur sa guitare en dialogue avec les six cordes de l’escogriffe, ils font monter la tension et terminent les morceaux dans des paroxysmes de rythmes électriques sens dessus dessous, et des vagues de cheveux blonds fouettant les airs. Un petit air de Vanessa Paradis mais ne nous y trompons pas, c’est une rockeuse… au cœur tendre.

  • The Dandy Warhols – 2012/04/29 – Paris l’Olympia


    The Dandy Warhols à l’Olympia, on ne se refuse rien, les quatre de Portland restent fidèles à leur musique et leurs habitudes : un disque tous les 2 ou 3 ans et une tournée dans la foulée ; évidemment ils sortent peu à peu du ghetto underground dans lequel ils se complaisaient et jouent maintenant dans le music hall chic de Paris. Tant mieux, ils le méritent très largement !

    Un nouveau disque : This Machine vient de sortir, on ne l’a pas encore écouté mais qu’importe, d’ailleurs le show commence par un triptyque fameux et classique : Mohammed, Used to be Friends & Last Junkie. Nos quatre cow-boys & girl sont alignés sur le devant de la grande scène, des étendards à tête de mort recouvrent les amplis, sur le fond de la salle une immense bannière à leurs couleurs, Courtney arrive en marinière, Zia coiffée d’un sombrero un chinchilla autour du cou, Brent bien droit derrière ses futs, Pete se cache dans les brumes bleutées diffusées par le light-show et étire à l’infini les longues plaintes aigues de sa guitare sur Mohammed annonçant les riffs cinglants de Courtney sur ce morceau emblématique : Again and again/ I get up and say/ I only want to get it right/ I only want to do the right thing/ But all these demons, harass my soul.

    Zia tambourine derrière ses claviers, chinchilla au vent et marque le beat sur lequel se placent les cordes glaçantes de Courtney, le show est lancé et s’en suivra un melting-pot de vieux tubes et de nouveautés menés tambour battant. Ces quatre-là tracent leur sillon rock depuis des décennies à travers le labour de nos âmes, ils jouent avec nonchalance de longues ballades, électriques, dures et tristes. C’est l’Amérique qui s’exprime à travers leurs notes, celle des grands espaces ; la réverbération des guitares évoque les plaines du Middle-West, les routes rectilignes de la Death-Valley, mais la rythmique nous ramène aux bars interlopes où on imagine les Warhols se sont tannés le cuir et qui d’ailleurs fixent souvent l’environnement des clips officiels du groupe.

    Sur Sad Vacation, une chanson de This Machine, Zia joue d’une vraie bass, à cordes, et Pete utilise un archet sur sa guitare, on n’y voit pas une grande différence, mais qu’importe, les tubes s’enchaînent Bohemian, Get Off, Godless, Horse Pills… l’Olympia pogotte, explose, transpire, exulte et finalement dépose les armes devant ces troubadours de l’enfer !

    On croyait devoir quitter la salle sans rappel lorsque Zia, hilare sous son sombrero, revient sur scène pour scander un appel au retour de ses hommes qui… reviennent pour une exceptionnelle montée d’adrénaline sur un Boys Better d’anthologie à la rythmique basique et obsédante assaisonnée d’une petite ritournelle aux claviers. La machine folle s’emballe, semble ne jamais pouvoir s’arrêter mais finalement expire dans le sifflement des larsens, laissant public et musiciens épuisés et rassasiés.

    The Dandy Warhols ! Que les Dieux du rock nous gardent encore longtemps sur la route ces desperados de la 6 cordes. On va tout de même aller acheter This Machine histoire d’y découvrir une perle ou deux qui n’apparaissaient pas évidentes sur scène, mais c’est ainsi, les disques des Warhols ont leur place dans toute discothèque qui se respecte.

    Setlist: Mohammed/ We Used To Be Friends/ Not If You Were The Last Junkie On Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ Good Morning/ You Were The Last High/ I Am Free/ Holding me up/ Enjoy Yourself/ Sad Vacation/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday/ The Autumn Carnival/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Wasp In The Lotus/ Godless/ Country Leaver
    Encore: Pete International Airport/ Boys Better