St. Vincent (Anne Clark de son vrai nom, née au Texas en 1982) se produit à la Philharmonie dans le cadre du festival estival Days Off. Le show est plus classique que celui, en solo, donné en 2017. Un groupe : guitariste, bassiste, batteur et trois choristes entourent la diva vêtue de rose, short-veste-bottes, cheveux blonds-peroxydés. Lorsqu’elle minaude sur la scène il y a un peu de Madonna dans la performance scénique mais la musique est bien plus originale.
Le plus souvent débarrassée de sa guitare et bien épaulée par son guitariste, St. Vincent arpente la vaste scène en déboutonnant progressivement son chemisier. Elle commande à ses musiciens qui semblent parfois avoir du mal à suivre ses facéties. Mais elle s’empare parfois de ses guitares aux couleurs acidulées et on voit lors de ces instants qui est le boss. Elle joue alors en virtuose une espèce de funk-brouillon et déluré que l’on dit inspiré par son compatriote feu Prince. Ses textes sont débridés, surréalistes et, comme elle, débordent de toutes parts :
So I went to the park just to watch the little children The mothers saw my heels and they said I wasn’t welcome So I, I went back home, I was feelin’ kinda queasy But all the locks were changed, my baby wouldn’t see me Oh no, you’ve put your finger on it The stove is only gettin’ hotter The sun, it’s gotta, gotta melt it Stand up, sit down, hands up, break down
Pay Your Way in Pain
Multi-instrumentiste, guitariste virtuose, esthète du show, créatrice d’atmosphères fascinantes, St. Vincent aime surprendre et elle y réussit. Il ne faudrait pas toutefois que cette obsession de la nouveauté tourne à l’exercice de style quand sa voix et sa guitare suffisent à nous enchanter.
Warmup : Cate Le Bon
Setlist : Digital Witness/ Down/ Birth in Reverse/ Daddy’s Home/ New York/ …At the Holiday Party (not on setlist)/ Prince Johnny (solo version, not on setlist)/ Los Ageless/ Sugarboy/ Fast Slow Disco/ Pay Your Way in Pain/ Cheerleader/ Year of the Tiger/ Fear the Future
Encore : Your Lips Are Red/ The Melting of the Sun
Fidèles à la scène parisienne, les Dandy Warhols sont de retour après la pause liée au Covid pour un concert bien envoyé à l’Olympia. Pas de nouveauté depuis leur passage en 2016, toujours installés en ligne, les quatre musiciens jouent imperturbablement leur catalogue : Courtney (chant et guitare), Pete (guitare), Zia (key- bass) et Brent (batterie).
Zia en chemisier-jupette est resplendissante derrière ses claviers et ses tatouages. Peut-être un peu plus délicieusement dodue que la dernière fois elle jongle entre ses instruments au milieu de généreux éclats de rire. Ses trois compères sont plus sombres et détachés. Pete porte un pantalon argenté et sous son éternel chapeau, économe de ses gestes déchaîne les cordes de ses guitares. Courtney, grande bringue en cheveux longs nattés arrive sur la scène et en repart avec sa sacoche en cuir qu’il porte en bandoulière et dont on ne sait toujours pas ce qu’elle contient. Avec son habituelle économie de parole il commence par essayer de se rappeler la dernière fois que le groupe est passé par Paris… c’était en 2016 au Trianon.
Leur rock reste détonnant et réjouissant. Les sonorités garage et saturées qu’ils affectionnent font fureur chez un public convaincu. Les morceaux s’enchaînent sous la rhythmique inusable de Courtney jouée sur sa guitare tenue avec le manche presque vertical. Ce rythme régulier, plein, inébranlable ressemble à celui du train à vapeur des conquérants de l’Ouest. Au milieu des grands espaces, rien ne l’arrête. Et justement les Dandy sont de l’Ouest, Portland, Oregon sur les rives de la côte pacifique, elle aussi lieu des grandes houles de l’océan dont la force évoque leur musique. Sa voix rocailleuse et entrainante est diffusée alternativement via deux micros dont l’un la traite de façon métallique.
Sous son chapeau, regardant plutôt ses cordes que le public, Pete assure sa partie avec brio et larsen. Il triture ses guitares et ses pédales et renforce le côté rock psychédélique de l’ensemble. Ses doigts effleurent à peine son instrument qu’un son étourdissant en jaillit aussitôt. On le dirait sur un nuage déchainant l’éclair zébrant la mélodie.
Zia est toujours aussi sympathique, s’activant sur ses key-bass à grands renforts de moulinets lorsqu’elle bat le rythme avec son tambourin à main qu’elle frappe sur sa hanche. Sur Well They’re Gone elle souffle une petite ritournelle triste dans un clavier à vent. Comme à son habitude elle va se promener cinq minutes en coulisses au milieu du show pendant que Courtney improvise pour faire patienter le public en attendant son retour.
Tous les hits du groupe sont délivrés sans pause ni coup férir. Une machine bien huilée, chacun y trouve son bonheur.
La fin du concert s’annonce quand une nouvelle guitare est passée à Pete sur laquelle il joue les longs glissandos réverbérés introduisant Godless :
Hey, I said you were Godless then It seems like you're a soulless friend. As thoughtless as you were back then, I swear that you are Godless.
Et alors que résonne les derniers accords sur You’re Godless/ You’re Godless/ You’re Godless… Courtney remballe sa sacoche en cuir marron qu’il n’a toujours pas ouverte. Les hommes quittent la scène sur les derniers larsens laissant Zia manipuler ses machines. Elle nous gratifie de son habituelle chansonnette a cappella avant de rejoindre ses camarades et poursuivre route ordinaire d’un groupe de rock, hier à Bruxelles, demain à Zurich.
Il n’y a pas de rappel. C’était juste un concert en or des Dandy Warhols à Paris !
Set-list : Be-In/ Ride/ Crack Cocaine Rager/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ We Used to Be Friends/ STYGGO/ Arpeggio Adaggio/ I Love You/ Hard On for Jesus/ Well They’re Gone/ Nobody’s Diary (Yazoo cover)/ You Were the Last High/ Holding Me Up/ Catcher in the Rye/ Be Alright/ Bohemian Like You/ Horse Pills/ Get Off/ Godless/ Zia Outro/ Highlife (A cappella version)
La créativité sans borne de Thom Yorke leader-fondateur du groupe britannique Radiohead fondé en 1985, l’amène à décliner son imagination musicale via un nouveau groupe, The Smile, monté avec son compère Jonny Greenwood par ailleurs guitariste de Radiohead, non dépourvu d’inspiration créative lui non plus, c’est le moins que l’on puisse dire, et Tom Skinner,batteur du groupe de jazz Sons of Kemet. Ce nouveau groupe est produit par Nigel Godrich, l’indéboulonnable producteur, et membre caché, de Radiohead. Le trio et ses machines passe pour deux soirées à la Philharmonie de Paris dans le cadre du festival Days Off.
Avec de pareils calibres réunis dans une nouvelle formation, autant dire que les deux soirées sont complètes et la Philharmonie est pleine des admirateurs de ces musiciens qui déclinent leur inventivité sous la forme d’un groupe restreint monté à l’occasion de la crise sanitaire qui a réduit leurs interactions sociales et musicales. Le quatrième membre de ce supergroupe est évidemment le fatras de machines électroniques qui parsèment la scène de la grande salle Pierre Boulez sur lesquelles Thom et Jonny vont s’escrimer lorsqu’ils lâchent les cordes des bass et des guitares dont ils se saisissent selon les morceaux joués. Quelques problèmes techniques sur le lancement de Waving a White Flag obligent Yorke à faire quelques aller-retours entre les machines capricieuses afin de faire rentrer les récalcitrantes dans le rang.
On aurait pu craindre un Radiohead au rabais, que nenni ! ces trois-là s’expriment d’une manière originale sous l’aile protectrice de leur producteur historique Nigel Goodrich. Jonny et Thom alternent les instruments (guitares, bass, claviers, machines) et la voix de ce dernier plane loin au-dessus de l’âme des spectateurs, éthérée dans les morceaux mystiques, saccadée lors des parties plus électro, elle est l’instrument principal de ce combo impromptu. Les morceaux se déroulent avec harmonie, du romantique au mécanique, dans un dépouillement sophistiqué qui tend à la pureté.
Les instruments forment le cadre harmonieux où se pose la voix de Yorke qui vrille les âmes et touche vraiment au sublime. Qu’elle soit plaintive ou vigoureuse, décrochée et solitaire dans les aigus ou rythmée par le beat des machines, de Radiohead à The Smile, en passant par les performances solos de cet artiste britannique si inspiré, cette évolution vers plus electro était déjà sensible dans l’évolution de la production discographique du groupe Radiohead, dans celle aussi de Thom Yorke qui a sorti plusieurs disques sous sa seule signature, plus « DJ », que rock, d’ailleurs également joués à la Philharmonie en 2019, où les boucles synthétiques remplacent les guitares. The Smile assure une harmonieuse synthèse entre les deux.
Au sortir de ce show intriguant et fascinant, les fans historiques de Radiohead attendent toujours la prochaine production du groupe qui seul, jusqu’ici, les enthousiasme complètement, leur âge moyen les rendant tout de même moins réceptifs à l’électronique…
Setlist : The Smile (William Blake song) (Read by Cillian Murphy)/ The Same/ The Opposite/ You Will Never Work in Television Again (with Robert Stillman)/ Pana-Vision/ The Smoke/ Speech Bubbles/ Thin Thing/ Bodies Laughing/ Open the Floodgates/ Free in the Knowledge/ A Hairdryer/ Waving a White Flag (Started again due to sequencer difficulties)/ We Don’t Know What Tomorrow Brings/ Skrting on the le publicSurface
Encore : Just Eyes and Mouth/ Feeling Pulled Apart by Horses (Thom Yorke song)
Le groupe américain Clap Your Hands Say Yeah (CYHSY), emmené par son fondateur-guitariste-chanteur Alec Ounsworth, se produit à la Maroquinerie. En première partie, une jeune femme solitaire à la voix douce s’accompagne aux claviers ou à la guitare. Sa dernière chanson voit les CYHSY monter sur scène pour l’occasion. Un prêté pour un rendu, elle assure ensuite les claviers pour le show du groupe phare de la soirée.
Coiffé de son inévitable casquette-bonnet, Alec Ounsworth emmène son groupe indépendant new-yorkais avec énergie et bonhommie pour un agréable concert dans cette petite salle parisienne. Fondé en 2004, CYHSY rassemble une bande de musiciens de Brooklyn qui se sont connus dans les collèges arty de New York et ont monté ce groupe « indépendant » sous la houlette de son créateur, Alec, guitariste virtuose et compositeur élégant.
Les musiciens enthousiastes déroulent leur musique joyeusement électrique pour le plus grand bonheur d’un public initié. La voix haut perchée d’Ounworth posée sur son jeu de guitare débridé réchauffe l’atmosphère d’une fin de printemps parisien déjà caniculaire. Mais c’est de la bonne chaleur, celle de musiciens heureux et créatifs.
Lloyd Cole, né en 1961 au Royaume-Uni, toujours fidèle, pose ses guitares au Bataclan pour une soirée musicale délicieuse au milieu d’une courte tournée de petites salles de grandes villes européennes. Une carrière qui paraît sans fin et une discographie qui continue à s’enrichir, des formations à géométrie variable, majoritairement solo ces dernières années après un démarrage rock tonitruant avec les Commotions au début les années 1980 post-punk, près de 25 disques caractérisant ces époques dont une incursion dans l’électronique (Plastic Wood en 2001, Electronics en 2013), la richesse de cet artiste évidemment est sa voix de velours, posée sur des compositions subtiles et des textes tellement british, empreint de références littéraires et d’humour, alors il la promène depuis des années sur la scène pop-folk avec ses guitares électroacoustiques et son élégance naturelle tous les deux ou trois ans. Le passage par Paris est de rigueur !
Ce soir son ancien compère des Commotions, le guitariste Neil Clarck, est présent pour la deuxième partie de la soirée après un cours break que Llyod introduit en suggérant que les gens de « son âge », comme lui, feront ce qu’ils ont à faire durant cette pause… Neil joue une guitare électroacoustique et retrouve son rôle de guitariste-solo des Commotions. Il est également apparu sur certains des disques solos de Cole, dont le dernier, Guesswork (2109).
Ces deux musiciens complices, blanchis sous le harnais, se connaissent sur le bout des doigts, et les voir ensemble sur la même scène offre un régal des sens. Les jeunes spectateurs qui pensaient retrouver la période rock des Commotions à laquelle ils n’étaient pas nés, restent un peu dubitatifs face au romantisme qui émane de ce concert et dont les reprises de Rattlesnakes, Jennifer, Perfect Skin confirment tout l’intérêt. Les plus anciens continueront à suivre avec bonheur et sans nostalgie le parcours de cet artiste original qui a opté pour la douceur après avoir délaissé l’électricité de ses premières années.
C’est ainsi, le punk est mort, vive le crooner !
Setlist : Past Imperfect (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Kids Today/ Rattlesnakes (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Music in a Foreign Language/ My Bag (Lloyd Cole and the Commotions song)/ The Afterlife/ Moments and Whatnot/ Patience (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Vin Ordinaire (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Late Night, Early Town/ Are You Ready to Be Heartbroken? (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Women’s Studies/ The Over Under/ Sentimental Fool/ Why I Love Country Music (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Like a Broken Record/ Weeping Wine/ Jennifer She Said (Lloyd Cole and the Commotions song)/ 2cv (Lloyd Cole and the Commotions song)/Period Piece/ Woman in a Bar/ Ice Cream Girl/ Myrtle and Rose/ Night Sweats/ Violins/ Hey Rusty (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Perfect Skin (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Lost Weekend (Lloyd Cole and the Commotions song)
Encore : No Blue Skies/ Forest Fire (Lloyd Cole and the Commotions song)
Après quelques reports dus à la situation sanitaire, Suzanne Vega nous revient à Paris à la Cigale (avant un autre concert à l’Olympia le 22 juin) pour un show intimiste, accompagnée de son fidèle guitariste irlandais Gerry Leonard. Elle n’a pas produit beaucoup de nouvelle musique malgré la pause Covid mais a rassemblé dans un disque live d’anciennes compositions plus ou moins liées à New-York, sa ville d’adoption (elle est née en Californie à Santa-Monica). Enregistré au Café Carlyle le 11 septembre 2020, le disque s’appelle An Evening of New York Songs and Stories, et c’est d’ailleurs le nom de sa tournée actuelle.
Pas vraiment de nouveauté donc, ni dans les morceaux choisis ni dans leur interprétation ; si tout de même, une reprise de Blondie, autre égérie new-yorkaise, en plus trash, des années punk 1970-1980. Qu’importe, car on ne se lasse pas du charme tranquille de cette artiste intemporelle qui envoute son public de sa musique folk chantée avec une si jolie voix. Evidemment elle nous raconte toujours un peu les mêmes histoires dont celle de son premier amoureux de Liverpool : In Liverpool/ On Sunday/ No reason to even remember you now…
Mais le charme opère dès qu’elle entre en scène, et encore plus lorsqu’elle ouvre le show avec Marlene on the Wall :
Even if I am in love with you All this to say, what’s it to you? Observe the blood, the rose tattoo Of the fingerprints on me from you
Elle s’accompagne merveilleusement bien à la guitare électro-acoustique et Gerry apporte sa touche électrique énergisante à un show poétique et parfait. Nous sommes à New-York, peut-on entrer dans l’univers musical de cette ville dans évoquer son enfant terrible : Lou Reed ? Bien sûr que non alors elle interprète Walk on the Wild Side qu’elle a déjà à son catalogue depuis quelques années.
An Evening of New York Songs and Stories : un concert dispensable, mais pourquoi faudrait-il s’en passer ?
Setlist : Marlene on the Wall/ Freeze Tag/ Caramel/ Gypsy/ In Liverpool/ The Queen and the Soldier/ Frank & Ava/New York Is My Destination/ New York Is a Woman/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Left of Center/ I Never Wear White/ Some Journey/ Luka/ Tom’s Diner
Encore : Dreaming (Blondie cover)/ Tombstone/ Rosemary
Alors que le monde était confiné, Nick Cave et son compère Warren Ellis ont composé et enregistré Carnage. A Nick les textes et à eux deux la musique. Le résultat est joué pour deux soirées Salle Pleyel en formation réduite : Nick et son piano à queue, Warren avec un mini-clavier, son violon et sa flute (une guitare est positionnée derrière lui mais ne sera pas utilisée), un bassiste-batteur-DJ et trois choristes.
Les trois hommes portent costume gris, chemises blanches pour Nick et Warren, boots en croco pour ce dernier, chemise noire à poids blancs pour le troisième. Bel hidalgo longiligne, la voix de plus en plus grave, le cheveux noir-geais permanenté vers l’arrière, Nick Cave délivre son chanté-parlé comme une longue thérapie musicale face au tragique des thèmes qui l’assaillent : Dieu, le temps, le chaos du monde, et, bien sûr, la perte de son fils qui plane au-dessus de certains morceaux.
Plutôt guilleret sur scène, Cave se tourne vers Ellis pour traduire ses propos, esquisse quelques acrobaties et retourne vers son piano et une musique si sombre pour des mots poétiques et éthérés. Un très beau concert, deux rappels et un immense bonheur répandu sur cette sympathique Salle Pleyel.
Seule faute de goût, le prix du billet à 93 euros !
A reindeer frozen in the footlights steps back into the woods My heart it is an open road where we ran away for good
Look over there, look over there
The sun, a barefoot child with fire in his hair
And then a sudden sun explodes
It was you, it was you and only you
And it's only love driving through the rain
Rolling down the mountains like a train
(Carnage)
Setlist
Spinning Song (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Bright Horses (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Night Raid (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Carnage/ White Elephant/ Ghosteen (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Lavender Fields/ Waiting for You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ I Need You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Cosmic Dancer (T. Rex cover)/ God Is In The House (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Hand of God/ Shattered Ground/ Galleon Ship (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Leviathan (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Balcony Man
Encore : Hollywood/ (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Henry Lee (Nick Cave & the Bad Seeds cover)
Après 2h30 de retard sur l’horaire annoncé sur les billets, une bande préenregistrée est diffusée dans le Grand Rex par laquelle la voix de la Madone annonce le début du show et se conclut par un mystérieux : « Don’t forget: nothing of this is real! » et la star apparait au milieu d’un groupe de danseuses toutes grimées à l’identique en espions façon guerre froide pour chanter Vogue. S’en est suivi un concert presque sans musiciens mais avec des danseurs/danseuses et la voix toujours superbe de Madonna.
Cette tournée assure la promotion de son dernier disque « Madame X » sorti en juin de l’an dernier et passe dans des salles de taille modeste. Elle fait le choix de rester en « résidence » une semaine ou deux dans les villes qu’elle traverse pour assure suffisamment de concerts pour ses fans. Par suite d’une blessure aux Etats-Unis elle a dû annuler quelques shows pour éviter de travailler tous les soirs. Elle a expliqué à ses suiveurs des réseaux dits sociaux (15 millions d’abonnés sur Instagram tout de même) qu’elle a dû modifier les parties les plus difficiles de son show pour gérer ses douleurs. Celui de ce soir est maintenu, celui d’hier a été annulé… Les affres du pré-confinement entraîneront aussi l’annulation des soirées parisiennes début mars… Un peu tourneboulée cette tournée !
Tous les concerts parisiens débutent avec deux à trois heures de retard, on se demande bien pourquoi. Ce soir l’attente sera en partie occupée par quatre musiciens installés devant le rideau, dont une trompettiste, venus réinterpréter en instrumental les tubes madonnesques.
Les danseuses en Vogue, perruques blondes, impers mastic et lunettes noires poursuivent leur chorégraphie devant deux escaliers monumentaux posés au milieu de la scène, empruntés par les espionnes. A un moment Madonna titube et semble louper une chaise sur laquelle elle est censée retomber mais emportée par le mouvement la défaillance passe presque inaperçue.
Pour chaque acte les escaliers sont démontés et remontés comme des Lego pour composer de nouvelles scènes. A l’issue du premier acte Madonna marque le pas, demande une chaise et, seule sur la scène, s’y assoit un moment pour parler au public et, sans doute, se reposer. Elle semble pleurnicher, est-ce de l’ivresse ou la souffrance éprouvée ? Puis le show reprend dans des décors recomposés. Au milieu des bellâtres-danseurs de sa bande Madonna a repris sa ronde dans un foisonnement de costumes superbes.
A 61 ans elle a un peu perdu de son énergie, ses blessures ne l’aident pas. Elle est très (trop) bavarde, peut-être pour reprendre son souffle, mais elle chante toujours magnifiquement. Le concert est aussi une occasion de présenter ses engagements : en faveur du Malawi, « ils n’ont rien et ils sont heureux, nous avons tout et nous sommes malheureux. », et d’un groupe de chanteuse cap-verdiennes découvertes à Lisbonne qui font plusieurs apparitions durant le concert en y apportant une touche africaine. Icone queer depuis toujours, Madonna réjouit les nombreux membres de la communauté LGBT présents à cette soirée avec en apothéose l’affichage du drapeau arc-en-ciel sur le final qui déclenche un hourvari frénétique alors que la star quitte la scène.
Madonna vieillit comme tout le monde. Les performances de ses shows d’antan ne sont plus de mise, il va falloir s’y résigner. Pour les prochaines tournées pourquoi ne pas en revoir le format avec un plus classique « chanteuse et musiciens » pour réinterpréter avec plus de dépouillement le fantastique catalogue de cette artiste originale ? Car ne l’oublions pas, au-delà de ses falbalas, Madonna est d’abord une superbe musicienne dont la voix et les compositions peuvent se passer allègrement des chorégraphies, surtout si elle n’est plus en mesure de les mener.
Setlist : Act I
Madame X Manifesto (Video Introduction)/ Vogue/ I Don’t Search I Find/ American Life
Act II
Coffin (Video Interlude)/ Batuka/ Fado Pechincha (Isabel De Oliveira cover)/ Killers Who Are Partying/ Crazy/ La Isla Bonita (with excerpts of « Welcome to My Fado Club »)/ Medellín/ La vie en rose (Édith Piaf cover)/ Extreme Occident
Act III
Rescue Me (Dance Interlude)/ Frozen/ Come Alive/ Future/ Like a Prayer Encore : I Rise
Devendra Banhart est un artiste américain qui a vécu une partie de son enfance au Venezuela d’où une influence latinos dans ses chansons dont certaines sont chantées en langue espagnole. Ce prénom peu commun viendrait d’un mystique indien qui intéressait ses parents. D’ailleurs, les photos prises de lui il y a quelques années le montrent affublé d’une barbe et de cheveux longs en Rabindranath Tagore californien.
Désormais relooké sur un mode plus « classique » Devendra Banhart est en concert à la salle Pleyel ce soir pour y présenter sa musique d’un genre folk-psychédélique, étrange et original. Une voix profonde de crooner, un look de bel hidalgo, un jeu de guitare délicat par des doigts effilés ; une partie du show est délivrée par l’artiste seul assis sur une chaise, le reste avec un groupe sympathique. Les compositions alternent entre le folk pur et dépouillé et un rock latinos sautillant.
Même le site web de l’artiste est particulièrement simple et soigné. Devendra Banhart, une découverte musicale pleine d’élégance et de subtilité.
Dweezil
Zappa rejoue Hot Rats. Ce fut le second album de Frank Zappa après la
dissolution des Mothers of Invention. Sorti en 1969, il était dédicacé à
Dweezil, son fils né la même année qui aujourd’hui continue à faire vivre l’âme
de son père à travers ce disque instrumental d’inspiration jazz.
Comme les
musiciens qui accompagnaient Franck, ceux qui entourent Dweezil, au nombre de
cinq, sont du genre virtuose et déjanté, à l’exemple de Sheila Gonzales au
saxophone, claviers et chants. Tout ce petit monde est multi-instrumentiste,
inspiré et détendu. Dweezil se contente de jouer de la guitare et quelques très
rares vocaux. Propret et discret, il n’est pas d’un charisme exceptionnel mais quel
doigté. Et puis la musique l’emporte sur le reste. Dweezil c’est un peu le
« papa-m’a-dit » du rock, mais pourquoi s’en priver puisque son père
était une légende.
Ceux qui
ne connaissent pas bien la discographie zappaienne découvrent ce disque
marquant que fut Hot Rats, notamment du fait de ses innovations
technologiques avancées pour l’époque mises en œuvre lors de son enregistrement
par un Franck Zappa qui ne manquait pas d’inventivité musicale comme technique.
Alors on se laisse porter par ce rock-jazzy puissant qui sera complété après
l’entracte par un retour sur d’autres classiques de Franck. Une joyeuse bande
américaine, inspirée et musicienne, rend un hommage mérité à l’immense Franck Zappa.
1985 : Frank et Dweezil Zappa (Photo by Hulton/Getty Images)
Et hop ! Un nouveau concert des Stranglers à l’Olympia,
toujours en noir, toujours flamboyants, plus de 40 ans de rock éperdu, des
souvenirs à en revendre et beaucoup de bonne humeur ce soir avec ces quatre
indestructibles lascars !
Un concert des Stranglers en 2019 c’est propre et
bien envoyé, vitaminé et élégant. Ils n’ont rien abdiqué de leur (notre)
jeunesse mais juste adouci les angles, la musique reste le phare qui les (nous)
guide, ils mourront sur scène avec le sourire et notre reconnaissance infinie.
Sur l’affiche de la tournée, Jet Black, le batteur
historique, est définitivement remplacé par Jim Macaulay. JJ-Burnel,
bassiste-chanteur, nous a souvent expliqué sur scène que Jet a consommé tellement
de cocaïne dans sa vie qu’on l’a surnommé « l’aspirateur ». A 81 ans,
sa santé fragile l’empêche de tourner avec le reste du groupe depuis déjà
plusieurs années.
Sur scène les Stranglers font les Stranglers et nous
emmènent avec enthousiasme et ironie dans une setlist de cœur menée tambour
battant. JJ remercie les agriculteurs français de leur avoir permis de
découvrir longuement le périphérique… A défaut de nouveau disque, le dernier, Giants,
remonte à 2016, le groupe nous gratifie d’une dispensable décoration scénique
faite de ventilateurs multicolore ventilant devant la vaste photo d’une cave-égout
délabrée et pleine de détritus avec le logo des Stranglers de
couleur blanche inscrit dessus.
La machine infernale délivre des interprétations vigoureuses
des classiques post-punk du groupe. Midnight Summer Dream est merveilleusement
interprétée par Baz sur fond d’accords de guitare acoustique. Don’t bring Harry est
chantée en français par JJ.
Tout est sous contrôle avec ces quatre musiciens
qui volent en formation serrée depuis si longtemps :
Fly straight with perfection Find me a new direction You never realized the things they said We’ll never realize until we’re dead
The fires they burned along the coast of triumphs The ebony embittered souls of children We’ll seek another way before too long But will you stop my wind before I’m gone
And when you find me all alone Your world has never been my own
The Raven
La
colonie britannique à Paris est bien sûr à l’Olympia ce soir, le reste de l’assemblée
est composés des quinqua/sexa, avec parfois quelques pièces rapportées, qui
vivent encore dans le son des Strangler. Quel bonheur !
Setlist : Waltzinblack/ The Raven/ I’ve Been Wild/ (Get a) Grip (on Yourself)/ Midnight Summer Dream/ Time To Die/ Nice ‘n’ Sleazy/ Norfolk Coast/ 5 Minutes/ Unbroken/ Golden Brown/ Always the Sun/ Don’t Bring Harry/ Nuclear Device (The Wizard of Aus)/ Peaches/ Toiler on the Sea/ Freedom Is Insane/ Walk On By (Dionne Warwick cover)/ Something Better Change/ Relentless/ Hanging Around/ Tank
Zazie à l’Olympia : un concert agréable, un peu variétoche mais qui essaye d’être rock. Zazie (Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes de son vrai nom, 55 ans) est plutôt en forme et vient de sortir son dixième album : Essentiel, et a entamé la tournée qui va avec. Elle déboule sur scène en pantalon taille-basse-cuir-noir coiffée d’une espèce de chapeau Borsalino également noir. Grande bringue élancée, elle est sympatoche Zazie, même quand elle se dandine un peu trop. Zazie est entourée sur scène de deux guitaristes femmes : l’indestructible Edith Fambuena (ex-Les Valentins, et marraine du rock français pour avoir collaboré avec Daho, Bashung, Higelin et d’autres…) et une jeune femme, Marie Lalonde, déjà sur les traces de son aînée. Il y a également deux claviéristes et une rythmique bass/batterie classique.
Tout ceci est bien
sympathique, les spectateurs sont en places assises et plutôt ravis. Zazie est
trop bavarde et ne peut s’empêcher de les faire battre la mesure en tapant dans
leurs mains, cela doit lui donner de l’énergie. Elle est bien plus séduisante
et efficace lorsqu’elle chante plutôt que lorsqu’elle minaude. Quelques
« fayots » quittent leurs sièges pour aller danser dans les couloirs,
l’ambiance est populaire et familiale.
Le chroniqueur essaye de se
souvenir à quand remonte le dernier concert de Zazie auquel il a assisté… ce
devait être le « Tour des anges » (qui a donné le disque « Made
in Live ») au début des années 2000, déjà à l’Olympia, elle chantait sous
de grandes éoliennes tournoyantes, habillée en tenue légère d’un blanc
immaculé. C’était plus… rock.
Aujourd’hui la voilà recyclée
en noir mais dans la douceur, l’âge sans doute… D’ailleurs elle ouvre le show
sur 20
ans : « D’accord/ J’ai menti/ J’suis pas vip/ Je sors/ Tant pis/ J’ai
20ans jusqu’au bout de la nuit// Et quand le silence est trop lourd/ Je prends
mes talons haut et je cours, je cours,/ Je fuis l’ombre qui me suit/ Quand
l’étau se resserre je sors/ Changer la poussière en or »
Elle est sympa Zazie, elle
joue avec les mots et les sentiments sur de jolies mélodies, elle est un peu
notre Daho féminine.
Setlist : 20 ans/ Garde
la pose/ Waterloo/ I Love You All/ Zen/ Encore heureux/ Tout/ Nos âmes sont/ Larsen/
L’addition/ Je suis un homme/ Veilleurs amis/ J’étais là/ Cyclo/ Des rails/ Rue
de la Paix/ Toc toc toc/ Rodéo
Aldous Harding à la Cigale ce soir : une folkeuse
néo-zélandaise mystique et étrange, d’une minceur diaphane que son ample tenue
de Pierrot lunaire rend encore plus impressionnante, jouant de la guitare,
effleurant les cordes de ses doigts infinis, chantant assise sur un pouf, ses
longues jambes emberlificotées devant elle, comme autour d’un feu de bois dans
la nature. Parfois elle pose son front sur le bois de la guitare un long moment
durant, comme pour s’évader sur les notes que diffusent doucement ses
compagnons de musique. Parfois elle rejoint la claviériste-choriste sur son
banc pour jouer avec elle à quatre mains et chanter à deux voix dans un
délicieux duo.
Son dernier disque Designer
est produit par John Parish, musicien proche de PJ Harvey, et l’on
sent d’ailleurs une proximité musicale diffuse entre ces deux compositrices, et
même physique d’ailleurs. Les morceaux de Designer
sont entrecoupés d’autres classiques d’Aldous qui déroule son show par
petites touches, pleines de subtilité. Ses mots sont aussi délicats et brumeux que ses notes : Honey, your face is folding up/ As the memory kisses you goodby/ Better
to live with melody and have an honest time/ Isn’t that rihght?/ There’s a
definitive vibe/ You cant’t be pure and in love/ In the corner in blue is my
name/ In the corner/ Fixture, Picture/ Iv’e got it. I’m on it.You’re in it. I’m
honoured/ Fixture, Picture…
Une très belle voix éthérée, à l’image du personnage, des
textes mystérieux, beaucoup de douceur pour une soirée apaisante.
Superbe concert de New Order à Paris ce soir, débuté sur Wagner et clôt sur Gainsbourg ! Il reste trois des musiciens historiques, Barney bien sûr, principal auteur-compositeur, musicien et chanteur (Bernard Sumner de son vrai nom), Stephen Morris à la batterie, Gillian Gilbert aux claviers. Peter Hook (dit Hooky), bassiste fondateur du groupe les a quittés en plutôt mauvais termes il y a dix ans (voir ses mémoires « Substance – New Order vu de l’intérieur ») et est remplacé par Tom Chapman. Phil Cunningham fait le deuxième guitariste depuis bientôt quinze ans.
Et tout ce petit monde nous fait replonger avec bonheur dans
le son des années 80’ que nous avons tant aimé. Au commencement de cette
décennie était le groupe post-punk Joy Division qui explosa en plein vol
après le suicide de son charismatique chanteur Ian Curtis en mai 1980 :
guitares brutes, voix profonde, rythmique hallucinée parfois adoucie par une petite
ritournelle de clavier. Les textes de Curtis était glaçant de désespoir, son
langage corporel sur scène, épileptique. Le groupe joue immédiatement dans la
cour des grands et est reconnu pour son influence majeur dans ce qui deviendra
la new wave et la cold wave. Il n’a sorti que deux disques
(Unknown Pleasures et Closer), oui, mais du Joy Division. Leur nom fait référence
aux divisions de la joie qui désignaient l’exploitation sexuelle des détenues
par l’armée allemande dans les camps de concentration. Ambiance…
Lorsqu’ils reprirent le flambeau du groupe, les New Order transformèrent le son en le modernisant : plus
électronique et dansant, sans doute moins gothique. Ils firent preuve d’ingéniosité
et de curiosité dans la science du bidouillage électronique, toujours à la
pointe du son à une époque où le matériel était moins performant. Ce soir ils
passent largement en revue ces périodes et font tressauter le Grand Rex
lorsqu’ils entament les classiques électro. Les puristes, sans doute aussi les
plus âgés, s’émeuvent sur les retours à l’époque Joy Division, d’ailleurs
Barney porte sur son T-shirt noir le célèbre logo du disque Unknown
Pleasure, premier des deux disques que produira Joy Division.
Le light show coloré et animé ajoute une note de gaîté dépouillée sur
la musique plutôt sombre de ce groupe qui fut un peu la tête chercheuse du rock
de la fin du siècle dernier. A plus ou moins 60 ans d’âge moyen, les cinq musiciens
sont professionnels et détendus, plutôt inondés de sérénité. Ils traînent
derrière eux le passé d’une vie de rockers brûlée par les deux bouts (voir les
mémoires de Hooky…) mais n’en semblent pas si marqués que ça.
New Order a continué d’écrire des disques et de les jouer sur scène dans les
années 2000, le dernier, Music Complete, est sortien 2015. Après diverses interruptions
consacrées à des projets alternatifs des uns et des autres, le groupe est
toujours sur les planches et tout le monde s’en félicite. Le résultat musical est
enthousiasmant.
Setlist :
Intro Das Rheingold Vorspiel (Richard Wagner song)
Age of
Consent/ Restless/ She’s Lost Control (Joy Division song)/ Disorder (Joy
Division song)/ Academic/ Your Silent Face/ World/ Tutti Frutti/ Subculture/ Bizarre
Love Triangle/ Fine Time/ Plastic/ True Faith/ Blue Monday/ Temptation
Encore :
Decades (Joy Division song)/ Love Will Tear Us Apart (Joy Division song)
Outro : Je t’aime… moi
non plus (Jane Birkin & Serge Gainsbourg song)
Après Thom Yorke le 7 juillet et l’exposition « ELECTRO
– De Kraftwerk à Daft Punk », la Philharmonie de Paris reçoit ce soir dans sa
grande salle Pierre Boulez l’un des groupes historiques du monde musical
électro : les allemands de Kraftwerk. Créé en 1970 à Düsseldorf par Florian
Schneider et Ralf Hütter le groupe a joué dès les années 70’ sur la proximité,
la fusion, entre homme et machine avec une musique synthétique, des paroles
minimalistes et un visuel robotique. Ils ont développé cette thématique avec
succès jusqu’à la fin des années 80’, puis sorti deux disques au tout début des
années 2000’. Ils organisent depuis des tournées sous différentes formations.
Kraftwerk avait été notamment invité pour le concert inaugural de la salle audio
de la fondation Louis Vuitton au bois de Boulogne en 2014
Leur retour ce soir dans la salle Pierre Boulez de la
Philharmonie de Paris tient un peu de l’évènement mondain. Les vieux fans se
bousculent néanmoins au portillon et le second marché explose pour ceux qui
n’ont pas eu de places officielles pour l’une des trois soirées. Le groupe
allemand qui a vulgarisé la musique électronique il y a 40 ans et
considérablement influencé le rock du XXème siècle. La prestation ce soir est à
leur image : industrielle et technologique, minimaliste et glaçante,
dansante et sereine. Kraftwerk
signifie « centrale électrique », leur label s’appelle « kling-klang » ;
on est au cœur de la modernité vous dit-on !
Parmi les “historiques” seul Ralf Hütter est présent ce
soir. Il est accompagné des trois musiciens : Henning Schmitz, Fritz
Hilpert et Falk Grieffenhagen. Ils sont quatre habillés d’une combinaison sur
laquelle est dessinée une sorte de structure fluorescente en squelette et
installés derrière quatre blocs, style pupitre, disposés en ligne. Seul celui
de Ralf affiche un clavier avec des touches, les autres sont un embrouillamini
de boutons, de fils et de machines.
Nos quatre compères déclinent leur musique devant un vaste
écran sur lequel sont projetés de superbes images numériques, aux formes
modernes et aux couleurs vives, rappelant les thèmes de morceaux joués. Evidement
il n’y a pas vraiment de nouveauté musicale ce soir, la plupart de ces mélodies
ont été crées il y a deux ou trois décennies mais on est pris par l’aspect globalisant
de la performance. Cette musique finalement n’a guère pris de rides avec la
même recette : une rythmique en boîtes à rythmes, des ritournelles-boucles
répétitives et obsédantes et la voix transformée de Ralph, transitant
probablement par moulte filtres et vocodeurs avant d’être déversées dans les
enceintes. Les thématiques sont définitivement industrielles : radioactivity, autobahn, robots, metal…
Sur The Robots les
musiciens repartent en coulisse, un rideau s’ouvre et apparaissent sur une
scène surélevée quatre robots qui dansent de façon saccadée sur la musique et
dont les spectateurs ne sont toujours pas bien sûrs d’avoir identifiés de vrais
robots ou, plus probablement, les quatre membres du groupe singeant les robots ?
Ils semblent plus jeunes que les vrais musiciens mais une simple perruque peut
masquer les calvities naissantes… La fusion hommes-machines est tellement à l’image
du groupe que cette incertitude qui plane sur la vraie réalité des acteurs est
plutôt bienvenue !
We’re charging our battery And now we’re full of energy
We are the robots, we are the robots We are the robots, we are the robots
We’re functioning automatic And we are dancing mechanic
We are the robots, we are the robots We are the robots, we are the robots
Ja tvoi sluga, Ja tvoi rabotnik Ja tvoi sluga, Ja tvoi rabotnik
We are programmed just to do Anything you want us to
Probablement les ordinateurs musicaux et les techniques de
projection utilisées aujourd’hui ne sont plus celles des années 80’ mais le
spectacle n’en est que plus techno et parfait pour aboutir à une œuvre d’art multimédia
totale et sublime. Leur vision de l’avenir n’a guère changé depuis la création
du groupe mais leur capacité d’anticipation à l’époque était certaine : il
n’y a pas besoin de beaucoup d’imagination pour insuffler un peu d’intelligence
artificielle dans cette construction robotique et en faire l’actualisation de
ce que nous vivons aujourd’hui.
Ce groupe allemand novateur a influencé nombre de musiciens
de la fin de XXème siècle. David Bowie leur a dédié la chanson V-2 Schneider de son album Heroes (faisant aussi probablement
référence aux fusées allemandes V-2 ayant ravagé la capitale britannique durant
la IIème guerre mondiale). Kraftwerk peut
légitimement revendiquer une part de paternité de la musique électronique d’aujourd’hui.
Leur capacité d’innovation, leurs recherches musicales et une inspiration
industrielle leur ont permis de créer une musique assez unique et
exceptionnelle. Quel bonheur de les avoir toujours sur la route.
Sur le final Music Non
Stop, les musiciens, l’un après l’autre, se présentent sur la partie droite
de la scène, saluent et rejoignent la coulisse. Ralph emporte un tonnerre d’applaudissements.
Pendant ce temps, les machines continuent à diffuser. Un rappel n’a pas été programmé.
En sortant les jeunes d’aujourd’hui constatent que Daft Punk n’a finalement rien inventé :
retour à la réalité !
Setlist :
Numbers / Computer World – It’s More Fun to Compute / Home Computer – Computer
Love – The Man-Machine – Spacelab – The Model – Neon Lights – Autobahn – Geiger
Counter / Radioactivity – Electric Café – Tour de France / Prologue / Étape 1 /
Chrono / Étape 2 – Trans-Europe Express / Metal on Metal / Abzug – The Robots –
Metropolis – Aéro Dynamik – Planet of Visions – Boing Boom Tschak / Techno Pop
/ Music Non Stop
Thom Yorke se produit avec Niger Godrich et Tarik Barri, animateur
lumière et vidéo, sur la scène de la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de
Paris. Ils viennent de jouer au Festival Jazz de Montreux, Thom a composé la
musique du film Suspiria de Luca Guadagnino, une variation d’un film de Dario
Argento… Bref, l’artiste désormais cinquantenaire est en pleine ébullition,
toujours à l’affut d’innovation musicale, sautant d’un genre à l’autre, féru de
musique contemporaine (Stockhausen, Pierre Henri) il remixe ces inspirations en
mode électro sur les scènes du monde : Tomorrow’s
Modern Boxes en est le dernier avatar
Délaissant pour un temps ses compères de Radiohead, l’un des groupes phares de
notre temps, il a (ils ont) depuis longtemps abandonné le format
guitares-batterie pour investir d’autres univers, celui de l’électro notamment,
mais sur un mode sophistiqué, et même intellectualisé. Ce soir sur la scène
ordinateurs et machines composent trois blocs blancs, pour chacun des
musiciens-ingénieurs, répartis devant un grand écran. Thom est habillé de noir
avec un pantacourt baggy et des baskets blanches, des cheveux en chignon et une
barbe blanchissante de trois jours qui le font ressembler à un pêcheur de
perles japonais. Il y a une bass et une guitare posées dans un coin, ainsi
qu’un petit piano électrique, ils en joueront à l’occasion mais l’essentiel
vient ce soir des machines et du chant de Yorke.
Les sons électroniques sont alternativement éthérés et rythmés, contrairement à la norme électro on n’est pas écrasés par un beat sourd mais au contraire portés par l’inspiration d’une musique hors du temps, illustrée par des images intergalactiques où les symphonies de couleurs le disputent à l’ordonnancement de dessins géométriques ou au contraire à la confusion des images ! Ordre-désordre, voilà qui pourrait caractériser cette musique étrange faite pour le rêve vers lequel nous porte la personnalité charismatique de Thom Yorke à la voix si particulière, planant vers le haut, réverbérée/répétée à l’infini par la technologie autant que nous guidant vers les graves profonds. Le son s’enroule autour de nous comme des volutes de fumée. Thom est souvent sur le devant de la scène dansant, vivant, transmettant cette musique avec passion. L’atmosphère dans le public est plutôt recueillie alors que la musique est supposée être dansante mais l’audience se concentre pour se laisser pénétrer par la musique et la voix de ce petit lutin fantastique, apôtre du chaos, créateur envoutant, à l’incroyable inspiration de notes et de mots. Jusqu’où ira-t-il ? Deux rappels ne suffiront pas à étancher notre soif de nouveauté et le trio repart sous un tonnerre d’applaudissements. Il se dit qu’un nouveau CD des Radiohead est sous presse.
Cette longue mélopée technoïde audiovisuelle laisse les
spectateurs dans les limbes étoilées. Il leur faudra se diriger prudemment vers
la sortie pour retrouver leurs esprits sur les marches de la Philharmonie
de Paris ; l’impression d’avoir vogué à travers les astres dans un
enchantement des sens. Les fans d’origine de Radiohead espèrent quand même que Thom Yorke ne va pas tuer Radiohead
car la synthèse réalisée par ces cinq musiciens et leur producteur Nigel Godrich
reste irremplaçable et les voir sur scène est l’un des grands moments dans la
vie des habitués des salles de concert.
Eh oui, voilà donc quatre décennies que Joe Jackson et sa bande animent notre bande-son. Look Sharp est sorti en 1979, son dernier disque Fool en 2019 et la tournée actuelle s’appelle Four decade tour ! Depuis quarante ans Joe est sur le pont d’où il a produit quelques disques miracles de la New Wave du XXème siècle, mais aussi des divagations jazz et classique reposant sur son talent hors pair au piano et claviers. Alors ce soir qu’il a reformé le Joe Jackson Band de ses débuts, sorti Fool qui montre que tout ce petit monde blanchi sous le harnais des scènes du monde entier se tient toujours à la pointe de la musique : nous sommes évidemment à la Cigale avec eux !
Joe passera le show sagement assis derrière ses claviers, habillés d’un costume bleu électrique à pochette, ses cheveux sont maintenant blancs peroxydés ! Il démarre sur le très beau et mystérieux Alchemy qui clôt le disque Fool de ses mélancoliques mélodies
…Close up on the lips Shiny shiny red Whispering What was that she said? A lightning flash A sudden silhouette « Who’s there? » – « A friend » A glowing cigarette…
Et puis entre les nouveautés 2019, le groupe retourne vers le passé, alors l’audience émue rembobine l’histoire de ce quatuor de légende qui fut aussi la sienne : One More Time, I’m the Man et bien d’autres extraits de cette flamboyante aventure du Joe Jackson Band. Sa voix n’a pas changé, enthousiaste et vertigineuse, qui monte et qui rompt, si caractéristique ! Evidemment il n’atteint plus certains aigus qui sont maintenant remplacés par des solos de guitare de son guitariste, bonhomme, embonpoint-costume-cravate-casquette et qui n’a rien perdu de son brio. Le bassiste Graham Mabe continue ce soir de marquer cette musique de son beat caractéristique. Tout ce petit monde est rayonnant.
Nous aurons même en rappel la sublime version originelle de Steppin’ Out rejouée avec la boîte à rythme historique que l’on reconnaît d’ailleurs sur la photo intérieure de l’album de l’époque. Joe nous la montre comme une relique avant de la confier à son batteur qui la connecte et lance le morceau. Sur le disque Night and Day Joe explique qu’il avait joué tous les instruments de ce morceau alors ce soir il répartit quelques instrumentaux de figuration à ses musiciens mais l’essentiel est assuré par sa voix, ses claviers et… la boîte à rythmes :
…You Can dress in pink and blue just like a child And in a yellow taxi turn to me and smile We’ll be there in just a while If you follow me Me babe, steppin’ out Into the night…
Magnifique et émouvant concert de Joe Jackson ce soir qui promène son élégance toute britannique, son art musical, sa virtuosité aux claviers et une énergie jamais démentie. Il affiche toujours ce brin de folie musicale (Fool désigne le bouffon du roi). Quel talent de compositeur, quel sens de la mélodie et quel homme délicieux.
Lenny Kravitz fait
le spectacle à Bercy : deux heures et demie de concert pour notre hippie funky
sous sa chevelure choucroute-rasta et ses Ray Ban foncées, qui se dépense pour
nous avec une bande de musicos bariolés au sein de laquelle Gail-Ann Dorsey joue
de la basse, revêtue d’un boubou africain. Tout ce petit monde joue une pop
enlevée, avec un manifeste plaisir.
Cela tourna parfois
au défilé de mode où Lenny aime montrer ses biscottos (plutôt bien entretenus)
à travers un débardeur filet, une fois enlevé le cuir fauve porté à son entrée
sur scène. Mais il ne ménage pas sa peine, y compris pour faire tressaillir les
admiratrices. Celles-ci ont vieilli, comme lui, mais restent sensibles à l’idole
de leur jeunesse…La tournée s’appelle Raise Vibrations Tour comme son dernier disque. Sûr que nombre de
donzelles ont vibrionné face aux grimaces de Lenny derrière ses verres noirs.
Beaucoup de look, un peu de musique dont on ne peut pas dire qu’elle soit d’une subtilité bouleversante. Le garçon s’y entend à la guitare rythmique en laissant les solos à son comparse chevelu. Et lorsque qu’il enfourche sa célèbre flying guitar, celle qu’il tient sur l’affiche du show (qui a meublé nombre de chambres d’adolescentes ; qui sait, il en reste peut-être encore quelques-unes, jaunies mais toujours en place) en faisant tournoyer ses locks, les hurlements tournent à l’hystérie.
La soirée fut
bonne, clôturée par les paroles lénifiantes de Lenny sur l’amour et la vie, à
mi-chemin entre Jésus et le flower power.
Setlist : We Can Get It All Together/ Fly Away/ Dig In/ Bring It On/ American Woman (The Guess Who cover) (with “Get up , Stand up » tag)/ Fields of Joy/ Freedom Train/ Who Really Are the Monsters?/ Stillness of Heart/ It Ain’t Over ‘Til It’s/ Can’t Get You Off My Mind/ Low/ I Belong to You/ 5 More Days ‘Til Summer/ Mr. Cab Driver/ Bank Robber Man/ Where Are We Runnin’?/ Are You Gonna Go My Way/ Love Revolution Encore : Here to Love/ Let Love Rule (Lenny walks arround the whole arena)/ Play
Archive fête ses 25 années d’existence musicale avec
un concert à la Seine Musicale de l’Ile Seguin. Rien de neuf mais toujours
beaucoup de bonheur à écouter cette belle musique. 3h30 de concert interrompu
par 15mn d’entracte, une setlist de… 25 ans ; tous les musiciens qui ont
participé à l’aventure de ce combo à géométrie variable ne sont pas présents
mais les historiques sont là, sauf Rosko le rappeur. Le light-show est minimal
et la scène reste presqu’en permanence dans l’ombre, tout est pour la musique,
le déroulement du show est un peu convenu mais le succès est total. Ne boudons
pas notre plaisir !
Archive est d’abord la création du duo londonien Darius
Keeler et Danny Griffiths qui fondèrent le groupe en 1994 et l’animèrent
ensuite sur un mode à dimension variable où les musiciens, chanteurs et
chanteuses se sont succédés puis retrouvés au gré des évolutions de la bande. A
l’origine fut le disque Londinium sorti en 1996 avec la chanteuse Roya
Arab et la rappeur Rosko John, dans la lignée des groupes de Trip Hop de
Bristol, Massive Attack et Portishead, devenu une référence du genre : crépusculaire,
rythmé et obsédant. S’en suit une période plus pop à partir de 2000 avec au
chant Craig Walker, Dave Pen, Pollar Berrier et l’inestimable Maria Q à la voix
bouleversante. La musique évolue sur des chemins toujours très sombres mais aussi
plus classiques, fleurtant avec le rock progressif, des morceaux parfois
déchirants pouvant durer dix minutes de longues mises en tension jusqu’à l’explosion
instrumentale finale (Light), sans
oublier des chansons courtes et tranchantes marquées du sceau d’un rock nerveux
(Fuck U, Numb).
En 2009 paraît le premier opus de la série de deux albums Controlling Crown qui marque le retour
de Rosko avec son rap chaloupé sur fonds d’instrumentaux répétitifs et planants.
Le groupe s’essaiera à jouer avec un orchestre classique, ce qui ne fut pas
particulièrement marquant.
2011, c’est le retour à l’électronique et l’arrivée de la
chanteuse Holly Martin, avec With Us
Until You’re Dead, suivi en 2015 de Restriction
et Kings of the False Foundation en
2016. On est dans le rythme endiablé et le son débridé d’une époque, le show
live s’adapte à cette nouvelle étape avec un concert jouissif Salle Pleyel en
2016. Cette nouvelle orientation ébouriffante n’empêche pas quelques pièces
posées de nous ramener vers la grâce : Holly interprète Black and Blue avec une fraicheur et une
tendresse à vous tirer des larmes d’émotion.
Ce soir Maria et Holly sont présentes ensemble et lancent d’ailleurs
le show avec You Make me Feel chantées
à deux, la voie est tracée pour cette soirée emblématique d’un groupe pressé et
productif qui a su rester sur un chemin de traverse où l’a rejoint un public
français particulièrement fidèle qui a vibré à l’unisson des reprises de toutes
les grandes créations du groupe, picorées dans un catalogue impressionnant. Again compose le rappel, cela fait
longtemps que l’on n’avait plus entendu cette chanson d’amour fétiche des
années 2000, généralement jouée en clôture de show. Alors ce soir quel plus
beau symbole de ces 25 années de carrière. Lancée sur le son aigrelet d’un
harmonica amorçant des arpèges de guitare en mode mineur, la voix plaintive de
Dave se déploie dans le volume de cette Seine
Musicale en forme de planétarium : You’re
killing me again/ Am I still in your head?/ You used to light me
up/ Now you shut me down/ If I/ Was to walk away/ From you my love/ Could I
laugh again?
Fin du
chapitre.
Setlist
Chapter one
: You Make Me Feel/ Fuck U/ Pills/Bullets/ Kings of Speed/ Noise/ Kid Corner/ Violently/
System/ Wiped Out (extended Intro)/ Shiver/ Collapse/Collide/ Splinters/ Remains
of Nothing (with Band of Skulls)/ End of Our Days/ The Empty Bottle (Stripped
down version with only Dave on vocals, Mike on guitar and Danny
on synth)/ Dangervisit
Chapter two
: Lights/ Nothing Else/ Erase/ Finding It So Hard/ The Hell Scared Out of Me/ Controlling
Crowds/ Numb (With Russell Marsden and Emma Richardson on additional Guitar and
Bass)
Encore
: Again (With Mike Peters from The Alarm on Harmonica)
Sophie Hunger revient à Paris au cœur d’une large tournée
qui suit la sortie de son dernier CD : Molecules.
L’une et l’autre débordent de l’enthousiasme dont ne dépare jamais cette
artiste helvétique.
Habillée de noir, elle est accompagnée d’une bassiste
manipulant aussi de l’électronique, d’un batteur, d’un claviériste (parisien et
fidèle au groupe) et d’un choriste intermittent également second guitariste.
Le concert débute sur I opened a bar, parfait résumé
de cette nouvelle direction musicale plus techno, des paroles chantées-parlées
mais toujours pleines de bienveillance et d’une douce nostalgie à peine
couverte par ces rythmes plus entraînants : I opened a bar for my
boyfriend/ The one who always held my hand/ in publics places where we drank/
To him to wonderfully spend the night/ with his new lover…
Lorsqu’elle prend la parole après avoir joué quelques-unes
de ses nouvelles compositions, elle rappelle, dans son français souriant à
l’accent alémanique, que nous nous fréquentons depuis 12 ans maintenant ce qui
est une période bien plus longue que celle des couples d’aujourd’hui qui sont
généralement déjà en thérapie à ce stade, alors qu’entre nous, tout va de mieux
en mieux… Elle s’en réjouit et nous avec.
Le concert se déroule dans l’harmonie de compositions fluides
et agréables à entendre. Les passages électriques à deux guitares se font dansants
et fébriles. Les chœurs chantés par les musiciens encadrent délicieusement la voix
de Sophie tout en lui maintenant son côté brumeux, élégant et enfantin.
Sophie Hunger : une musicienne originale qui ne se prend pas au sérieux. La couverture de son disque la montre tout habillée dans une baignoire remplie d’eau. Sur scène, alors que ses coreligionnaires guitaristes utilisent des pédales pour gérer leurs effets sonores, elle a placé celles-ci sur une tablette devant elle et tape dessus avec le poing pour faire ses réglages.
Un sourire, une guitare (électrique ou acoustique), une
voix, de l’inspiration et de l’enthousiasme, sans oublier un groupe de potes
d’excellent niveau, et voilà de quoi remplir une soirée folk-pop pleine de
charme et de grande qualité.
Setlist :
I Opened a Bar/ The Actress/ Let It Come Down/ Supermoon/ Die ganze Welt/ Sliver
Lane/ Liquid Air/ Tricks/ There Is Still Pain Left/ Coucou/ Das Neue/ Freiheitsstatue/
Hanghanghang/
Encore : That Man/ Le vent nous portera (Noir Désir cover)