Catégorie : Kronic concerts-rock

  • Buzzcoks & Frustration – 2013/10/24 – Paris Cité de la Musique

    Buzzcoks & Frustration – 2013/10/24 – Paris Cité de la Musique

    La Cité de la Musique rend hommage au mouvement punk dans le cadre d’une belle exposition Europunk et, comme à son habitude, organise des concerts thématiques. Ce soir les Buzzcoks sont de retour. Groupe emblématique de ces années, fondé en 1975, il allie vitesse, énergie décapante et inspiration nerveuse. Pete Shelley (chant et guitare) et Steve Diggle (guitare) sont toujours sur le devant de la scène, le temps a fait son œuvre mais les garçons tiennent la route, épaulés par deux gamins à la basse et la batterie.

    Les guitares sont tranchantes et aigues, Pete a pris un peu d’embonpoint mais sa voix est toujours aussi claire, Pete est sec et déchainé, et notre joyeuse bande déclenche toujours cette éternelle pagaille musicale, ébouriffante et énergisante. Les tubes s’enchaînent et un peu de nostalgie plane dans l’atmosphère, rapidement emporté par l’ouragan Buzzcocks.

    L’affiche est partagée ce soir avec le groupe français Frustration fondé en 2002, qui fait bien plus que chauffer la salle avec un punk sombre virant vers la new-wave. Un chanteur charismatique et un guitariste virtuose, le groupe est monté sur ressorts dans une inspiration noire et obsessionnelle. Seule sa rythmique sur-vitaminée permet d’éviter la dépression.

    Setlist Buzzcocks : Boredom/ Fast Cars/ I Don’t Mind/ Autonomy/ Get On Our Own/ Whatever Happened To?/ When Love Turns Around You/ Why She’s A Girl From The Chainstore/ Sick City/ Fiction Romance/ Pulsebeat/ Nothing Left/ Noise Annoys/ Breakdown/ You Say You Don’t Love Me/ Promises/ Love You More/ What Do I Get?

    Encore : Harmony In My Head/ Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn’t’ve)/ Orgasm Addict/ Oh Shit!

    Setlist Frustration : Worries/ Around/ For them no premises/ As they say/ Midlife crisis/ It’s gonna be the same/ Premeditation/ Just wanna hide/ Uncivilized/ We miss you/ No trouble/ Assassination/ Angle grinder/ Too many questions/ Cos you ran away/ Blind/ Dying city

  • Texas – 2013/10/21 – Paris le Zénith

    Texas – 2013/10/21 – Paris le Zénith

    Texas au Zénith ce soir pour un revival de Sharleen Spiteri et de son groupe que l’on avait un peu oubliés.  Un nouveau disque The Conversation et une tournée avec six musiciens et un light show un peu clinquant. Habillée en costume noir avec gilet et chemise blanche, Sharleen attire les spots généreusement concentrés sur elle et sa guitare… noire et blanche.

    Energique et détendue, elle parcourt la scène de long en large, assène quelques petits déhanchements sexy et dirige une musique sympathique à la tête de son groupe tout entier dédié à sa charmante leader.

    Après Detroit City, le tube du dernier disque elle replonge de suite dans le Texas d’antan, celui que l’on préfère, avec Halo et In our Lifetime. Une voix puissante et chaude, un sourire éclatant et une musique qui pulse, bref, une soirée qui passe sans que l’on ne s’en aperçoive.

    On sent Texas plus inspiré sur les morceaux bluesy anciens que par l’ambiance popy insufflée dans les dernières compositions, mais le show roule, mené par une bande de pro roulant leur bosse depuis 25 ans sur la scène rock mondiale. Ça manque parfois un peu de profondeur mais qu’importe on se laisse volontiers emporter par la houle de cette voix si superbe pour un concert qui se termine avec une reprise de Ike & Tina Turner.

    Setlist : Detroit City/ Halo/ In Our Lifetime/ If This isn’t Real/ I Need Time/ When We Are Together/ Big World/ Dry Your Eyes/ In Demand/ So Called Friend/ Everyday Now/ I Don’t Want a Lover/ Summer Son/ Black Eyed Boy/ Say What You Want

    Encore: The Conversation/ Inner Smile

    Encore2 : River Deep, Mountain High (cover Ike et Tina Turner)

  • Lloyd Cole – 2013/10/06 – Paris la Maroquinerie

    C’est toujours aux frimas de l’automne que Llyod Cole passe par Paris et c’est aussi bien ainsi tant les feuilles mortes volant dans la brise conviennent pour illustrer l’atmosphère musicale de l’artiste britannique. Il vient de sortir l’album Standards aux accents électriques, retour vers les Commotions, et un album instrumental électronique.

    Mais ce soir il apparaît seul avec sa guitare acoustique et sa voix si chaleureuse. Deux sets entrecoupés d’une pause, des chansons anciennes et nouvelles, des histoires négligemment narrées entre les morceaux en accordant sa guitare, une crinière blanche qui illustre les temps passé, mais toujours la musique comme sa raison de vivre. Le public est conquis d’avance, à la recherche de ses jeunes années et de la douce sérénité qui émane des compositions de cet artiste intemporel.

    Fermez les yeux, laissez-vous aller, cela agit comme une thérapie douce, un caisson d’isolation sensorielle, juste nous et cette voix profonde et envoutante. L’interprétation en solo d’anciens standards électrique rend encore la performance plus touchante et brillante.

    Lloyd prendra le temps de remercier le magazine Magic qui a publié un article élogieux sur sa musique, et de nous informer qu’il a oublié de venir à Paris avec un lot de son dernier disque qu’il nous faudra donc acquérir par d’autres voies.

    Le show se termine sur le classique Forest Fire qui fait frissonner l’assistance : I believe in love, I’ll believe in anything/ That’s gonna get me what I want and get me off my knees/ Then we’ll burn your house down, don’t it feel so good/ There’s a forest fire every time we get together… et Llyod nous rappelled que nos baby-sitters doivent nous attendre à la maison…

    Setlist : Past Imperfect / Rattlesnakes/ To the Church/ Kids Today/ Cut Me Down/ Why I Love Country Music/ No Truck/ Like a Broken Record/ Baby/ Butterfly/ Period Piece/ Perfect Blue/ Diminished Ex/ Are You Ready To Be Heartbroken?/ Music in a Foreign Language/ It’s Late/ Chelsea Hotel (Leonard Cohen cover)/ Pay for It/ Blue Like Mars/ No Blue Skies/ Don’t Look Back/ Myrtle and Rose/ Hey Rusty/ I’m Gone/ Brand New Friend/ The Young Idealists/ Perfect Skin/ Unhappy Song/ Lost Weekend

    Encore : Four Flights Up/ Forest Fire

    Voir aussi : Les photos de Roberto

  • Babyshambles – 2013/10/03 – Paris le Zénith


    Les Babyshambles au Zénith ce soir : un excellent concert, la décadence britannique dans toute sa créativité musicale ; Pete sur scène c’est un peu l’Union Jack flottant sur un champ de ruines ! Les anglais restent les Dieux du rock « Fuck Forever »…

    Les photos de Robert Gil

  • Graham Parker – 2013/09/24 – Paris le New Morning

    Ce vieux chenapan de Graham Parker revient parmi nous. Il vient de reformer The Rumour avec la sortie de Three Chords Good et une tournée au Royaume-Uni. On aurait aim voir la petite bande à Paris, mais c’est Graham seul qui se produit au New Morning, dans l’intimité de peut-être 100 ou 150 spectateurs de cette petite salle habituellement plutôt dédiée au jazz.

    Quel bonheur de voir ce fameux rocker, en chair et en os, avec nous pour ce show, petit nerveux encore aujourd’hui du haut de ses 63 ans, ses éternelles et énormes lunettes de soleil sur le nez. Il est né avec une guitare en bandoulière et une très jolie inspiration pour décrire le monde autour de lui, pas toujours très gai. Mais surtout avec une incroyable énergie que lui et sa Rumour ont répandu sur les salles de concert des années 70’s. Ils auraient dû dynamiter la scène rock mais hélas, ils n’ont rencontré qu’un succès d’estime auprès des initiés. A tel point que la Rumour, sans doute un peu fatiguée de la galère a trahi le maître au début des années 80 pour aller jouer avec Garland Jeffreys. L’histoire ne dit pas s’ils ont regretté ou non ce choix délicat, mais toujours est-il que les voici revenus au bercail pour cette mini-tournée britannique de Graham Parker & The Rumour.

    Depuis les années 80’s, Graham tournait seul, sortait des disques avec des collaborations diverses, y compris celle de Brinsley Schwarz, guitariste de la Rumeur ! Exilé aux Etats-Unis le garçon a continué à faire la seule chose qui le motive : produire et jouer de la musique. Accessoirement il écrit et publie des romans bien déjantés et maintient un site web décapant !

    Tout ça fait vivre le bonhomme qui nous avoue quand même : « getting old, sucks », ce que la majorité des quinquas/sexas présents savent déjà, hélas.

    Mais qu’importe, ce soir est un moment de musique et chacun retrouve sa jeunesse avec Graham Parker qui lui contrairement à la majorité d’entre nous, continue à être productif.

    A la guitare acoustique ou avec sa Pinkie rose (une guitare électrique fabriquée sur ses indications et siglées GP, en vente chez tous les bons luthiers) il nous charme de sa voix rocailleuse et nous ballade dans son univers : White Honey, Howling’ Wind, Heat Treatment, mais aussi des extraits de Three Chords Good : Long Emotional Ride, au sens plus introspectif et moins colérique qu’à ses débuts: I thought I was a cold cold man/ As a writer you have to be/ Got to observe everything from a distance recorded for posterity/ But lately I’ve been hearing things/ That I never have before/ Maybe I’m just getting older someday but somethings broken my Resistance and opened the door/ Cuz’ its a long long emotional ride/ Long long long emotional ride…

    Ironique et bavard, il nous raconte sa vie longuement entre les morceaux, se moque gentiment de lui-même et du Monde, mais toujours pour revenir à la musique qui est la meilleure forme d’expression qu’il connaît, qu’il maîtrise et… que nous partageons. Sa voix si particulière serait les suites d’une maladie infantile mal soignée, elle est depuis sa marque de fabrique et se coule au mieux avec ses rythmes rock et reggae. Certaines de ses ballades sont bouleversantes : Squeezing Out Sparks, une chanson sur l’avortement qu’il ne chantera pas ce soir. Bruce Springsteen fait les vocaux avec lui sur la chanson Up Escalator de l’album éponyme et leur duo est enthousiasmant. L’homme est reconnu par les plus grands, il a su mener une carrière musicale magnifique même si trop discrète aux yeux de ses vrais fans.

    L’inévitable Eric Nauleau est présent ce soir, cultureux télévisuel, le chroniqueur médiatique soutient Graham Parker et l’édite depuis des années. Il a même commis un livre : Parkeromane sur son héros. On ne va pas lui reprocher. Par contre, il ne peut s’empêcher de vouloir briller et monte sur scène pour introduire le rappel sur Hey Lord Dont Ask Me Question, un célèbre tube de… 1978. Mis à part la prestation du mondain Nauleau dont on aurait pu se passer, le show est touchant, même légèrement nostalgique : Graham Parker seul devant seulement 100 parisiens, un peu tristoune quand même vu la dimension du personnage. Mais notre héros est toujours là, écrivant et jouant de la musique comme jamais, alors prenons cet instant de bonheur sans penser au reste.

  • Festival Rock en Seine – 2013/08/23>25 – Paris Parc de Saint-Cloud

    Festival Rock en Seine – 2013/08/23>25 – Paris Parc de Saint-Cloud

    Vendredi 23 août 2013

    Savages

    4 filles en noir, l’air renfrogné et pas un sourire, une forte inspiration Siouxsie, The Cure et Joy Division. Un excès de réverbération, des effets de guitare miaulante, du rythme sombre et une chanteuse charismatique ; on se retrouve dans les 90’s, les misses n’ont rien inventé mais jouent avec l’énergie du désespoir ; cette époque musicale fut grandiose alors pourquoi se priver à l’heure où ces jeunes femmes s’y replongent ?

    Setlist : I Am Here/ City’s Full/ Shut Up/ Give Me a Gun/ I Need Something New/ Strife/ Flying to Berlin/ No Face/ She Will/ Hit Me/ Husbands

    Belle and Sebastian

    Une joyeuse bande de potes écossais(es), folkeux électrifiés des Highlands, habillés en marinière, sautillants et proprets, mélancoliques et bien coiffés, de jolies voix et des rythmes enjoués, leur musique s’écoule comme dans une veillée scout, ou sur une autoroute un jour grisonnant.

    Setlist: Judy Is a Dick Slap/ I’m a Cuckoo/ Le Pastie De La Bourgeoisie/ The Stars of Track and Field/ I Want the World to Stop/To Be Myself Completely/ Your Cover’s Blown/ We Are the Sleepyheads/ I Didn’t See It Coming/ The Boy with the Arab Strap/ Legal Man/ Judy and the Dream of Horses

    Johnny Marr

    Ex-membre du groupe légendaire The Smiths et guitariste du duo qu’il composait avec Morrissey. Chacun vaque à ses occupations depuis la séparation à la fin des 80’s, mais aucun ne fait oublier quelques-uns des disques qu’ils ont produits ensemble, parmi les plus mythiques du rock.
    Johnny entre en scène mordant une rose rouge, toujours mince et nerveux, le voilà reparti pour nous charmer d’un jeu de guitare virtuose. Il s’est mis au chant, il faut bien, et nous ressert quelques classiques des Smiths, cela tombe très bien puisque le public est venu pour ça.

    Setlist : The Right Thing Right/ Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before/ Upstarts/ Sun & Moon/The Messenger/ Generate! Generate!/ Bigmouth Strikes Again/ New Town Velocity/ I Fought the Law/How Soon Is Now?/ There Is a Light That Never Goes Out

    Alt J

    Le groupe dont on parle, un quatuor de jeunes britanniques tout en subtilité et créativité. Un guitariste chanteur accompagné par un claviériste, un deuxième guitariste et un batteur. L’âge moyen de ce petit monde doit tourner dans les 23 ans, et leur inventivité est stupéfiante.
    Visuellement tout d’abord : la scène est d’un dépouillement ultime, il n’y a même pas un ampli qui est visible, les 4 sont en ligne horizontale sur le devant de la scène, le clavier et sa casquette-à-l’envers qui chante en contre-point, le chanteur barbu qui pizzicate sa guitare et place sa voix nasillarde dans les aigus pour des mélodies désarmantes, le second guitariste/bassiste noyé sous une mèche de cheveux peroxydés et le batteur aux caisses étranges.

    Et cette musique si pure s’infiltre dans nos méninges comme une rivière de miel, tout est délicat et inattendu, tout est harmonie et originalité. On comprend comment ce groupe venu de Leeds aura créé le buzz cette année sur la scène rock. Que peut-il bien se passer dans la tête des garçons si sages pour produire une musique d’une telle douce intensité ?

    Setlist: Intro/ ❦ (Ripe & Ruin)/ Tessellate/ Something Good/ Buffalo/ Warm Foothills/ Dissolve Me/ Fitzpleasure/ Matilda/ ❦ (Guitar)/ Bloodflood/ Ms/ Breezblocks/ A Real Hero/ Taro

    Frantz Ferdinand

    Encore des écossais proprets mais ces 4 la sont largement plus délurés que Belle and Sebastian, ce n’est rien que de le dire et c’est la raison pour laquelle ils font la fin de soirée sur la grande scène !

    Chemises chamarrées, tressautant, sympatoches et un peu têtes-à-claques, ils mènent bien leur barque et remportent un franc succès. Des guitares saccadées, des riffs rageurs, des voix bien placées, des morceaux courts et bien tournés, la recette sans surprise pour emporter la foule sur des nuages, dans lesquels on ne reste pas si longtemps, le plaisir étant aussi éphémère que les compositions.

    Setlist : No You Girls/ Right Action/ The Dark of the Matinée/ Evil Eye/ Do You Want To/ Walk Away/ Stand on the Horizon/ Can’t Stop Feeling/ The Fallen/ Bullet/ Michael/This Fire

    Samedi 24 août 2013

    Black Rebel Motorcycle Club

    He-he ! Les Black sont sur la grande scène pour ce début de soirée, de mieux en mieux. Leur blues électrifié se porte mieux dans des petites salles enfumées, mais ils font bonne figure à Saint-Cloud, ils n’ont peur de rien.

    Lea bat le rythme qui se perd un peu dans les nuages et ses deux boys assurent le devant de la scène. Certains blues grinçants des Blacks ne sont pas forcément formatés pour grands espaces mais les classiques réveillent les spectateurs en cette fin d’après-midi.

    Nine Inch Nails

    C’est le clou du week-end et la foule est venue s’installer en masse aux pieds de la grande scène déjà bien avant le début du show.

    Et le spectacle fut terrifiant, halluciné, à la mise en scène définitivement moderniste, frisant l’art contemporain. Trent Reznor et les siens ont su monter un jeu d’installations fantomatiques et explosives s’alliant si bien avec ce rock industriel dont ils sont les chantres. Une série de panneaux électroniques coulissants sur lesquels sont projetées des images incertaines allant de visions d’échographies aux spectres radiologisés des musiciens qui vont et viennent devant et derrière ces panneaux infernaux. C’est l’odyssée de l’espace atterrissant sur la planète rock.

    Comme toujours Reznor affiche une présence charismatique et athlétique qui foudroie l’atmosphère. Une boule de nerfs émergeant d’un paquet de muscles : qu’il manipule fébrilement ses claviers, extirpe d’incroyables déchaînements soniques de sa guitare ou vocifère accroché à son pied de micro comme si sa vie en dépendait, il mène à la baguette un groupe et un show uniques pour l’accomplissement d’une débauche de rock tendance (très) dure, de technologies et de lumières.

    La musique, puisqu’il s’agit tout de même d’elle, est assez indicible, à la fois primaire et sophistiquée, bruitiste et complexe, parfois douce mais toujours pour mieux préparer l’arrivée de la violence sonique. Le tout est dantesque.

    Un concert des Nine Inch Nails c’est une expérience sensorielle écrasante… et inoubliable.

    Setlist: Somewhat Damaged/ The Beginning of the End/ Terrible Lie/ 1,000,000/ March of the Pigs/ Piggy/ Closer/ Gave Up/ Help Me I Am in Hell/ Me, I’m Not/ Find My Way/ The Way Out Is Through/ Wish/ Only/ The Hand That Feeds/ Head Like a Hole/ Hurt

    Valerie June

    Un petit passage chez Valerie June, pas d’un grand intérêt et a encore du chemin à faire ; mais on peut aussi admettre que le festivalier au sortir d’un show de Nine Inch Nails a des sens un peu perturbé…

    Dimanche 25 août 2013

    Tricky

    Et Tricky clôture le festival sur la scène Pression Live avec en intro un instrumental remake de Sweet Dreams are made of this. Toujours félin et évoluant dans une autre galaxie dont il nous entrouvre quelque voies d’accès vers sa planète trip-hop. Comme à son habitude il joue avec un groupe mixte (sexes et origines), et notamment une remarquable chanteuse qui chante au moins autant que son leader… Tout ce petit monde doit anticiper et suivre les indications de l’imprévisible Tricky capable de quitter la scène de longues minutes ou de faire durer un morceau plus de 15 minutes, à grands moulinets de bras dans le vide pour guider l’intensité du jeu.

    C’est de l’improvisation inspirée qui réjouit les spectateurs mais désespère la sécurité. Le concert prévu pour 45 minutes va durer 1h30… malgré les demandes pressantes des organisateurs. Qu’importe, Tricky a déjà éjecté un cameramen qui le gênait, allumé une quantité incroyable de joints, fait monter à 3 ou 4 reprises 100 ou 150 spectateurs pour danser sur la scène avec lui, avec eux, alors rien ne l’arrête et il terminera le concert quand bon lui semblera

    Le micro sur le cœur pour nous faire partager les battements vitaux, ils nous emmènent très haut dans sa mystique musicale. On craint la coupure de la sono pour dépassement du temps réglementaire mais ils iront au bout de notre rêve ce soir, au crépuscule de cet excellent Rock-en-Seine 2013 dont nous fêtions le dixième anniversaire !

    Setlist: You Don’t Wanna/ I Live Alone/ Nothing’s Changed/ Ace of Spades/ Parenthesis/ Tribal Drums/ Puppy Toy/ Black Steel/ I Sing For The Joker/ Bonnie & Clyde/ Do You Love Me Now?/ Nothing Matters/ Vent/ Feel the Same

  • Cat Power – 2013/07/17 – Paris l’Olympia

    Cat Power à l’Olympia, Chan Marshall de son vrai nom, folkeuse américaine tristoune à ses débuts à la fin des années 90, une voix lancinante sur des arpèges simplistes de guitare ou de piano, recyclée un peu plus pop ces dernières années. Elle a commis de beaux albums comme You Are Free ou The Greatest, emprunts de mélancolie. Elle a annulé une tournée l’an passé pour raisons « de santé » a-t-on entendu.

    Ce soir elle apparaît relookée blonde, un peu déglingue, un peu joyeuse, devant une salle pas complètement remplie, qu’importe. Une guitariste et trois musiciens l’entourent, les lumières sont bleutées comme le blouson de la Miss. Ils jouent Sun, le dernier album aux sonorités plus électro, et des retours sur le passé. La voix de Cat est douce et métallique, elle semble porter toute la misère du monde sur les épaules, mais cette souffrance est créatrice.

    On retient de ce concert vaporeux mais pesant, introspectif, une chanteuse un peu perdue dans son monde mais habitée par sa musique. Elle termine sur Ruin : I’ve seen gypsies who made it all the way/ And kept going, kept rolling with nowhere to go/ Nowhere to go./ What are we doing?/ We’re sitting on a ruin/ What are we doing?/ We’re sitting on a ruin… C’est un peu ça!

    Setlist : The Greatest/ Cherokee/ Silent Machine/ Manhattan/ Human Being/ King Rides By/ Bully/ Angelitos Negros/ Always On My Own/ 3,6,9/ Nothin’ But Time/ I Don’t Blame You/ Metal Heart/ Shivers/ Peace & Love/ Ruin

  • Morcheeba – 2013/07/09 – Paris le Trianon

    Morcheeba pour une soirée au Trianon pleine de douceur. Un prochain disque est annoncé pour la fin d’année avec un concert à l’Olympia en novembre. On est un peu en répétition aujourd’hui ; l’été arrive, l’atmosphère se détend, rien de mieux qu’un concert de Morcheeba sur la route des vacances. Les Morcheeba rencontrent un franc succès en France, le retour de Sky n’y est pas pour rien.

    Alors que le groupe démarre The Sea, elle arrive montée sur d’incroyables talons aiguilles, une robe vaporeuse noire et un haut de cosmonaute métallique argenté, et puis ce désarmant sourire qui fait chavirer la salle dès qu’elle se tourne vers le public. Et enfin elle chante et déroulant cette voix si chaude et envoutante qui fait roucouler l’audience de plaisir. Elle chante et elle se déhanche, pendant que Ross tire de merveilleux solos aériens de sa guitare.

    Le concert coule comme une fontaine jouvence, les vibratos torrides de Sky posés sur les instruments éthérés du groupe. Ces six anglais ont le trip-hop aussi joyeux et communicatif que les Massive Attack l’ont sombre et déprimé. Les titres s’enchaînent, présentés par les bavardages de Sky ponctués comme toujours de grands éclats de rire.

    Elle chante et elle danse, s’essaye au français et à la batterie, Ross boit sa bière entre les morceaux, ils placent quelques nouveaux titres, beaucoup d’anciens et une reprise d’Arlo Guthrie (le fils de Woodie), la chaleur dans la salle atteint des niveaux tropicaux… et puis Sky revient pour le rappel intégralement revêtue maintenant en métallique-argenté, la foule défaille, encaisse Rome Wasn’t Built In A Day et repart follement amoureuse des Morcheeba.

    Un show détendu, une musique optimiste portée par des musiciens enthousiastes. Une mise ne jambe d’une petite heure et demie qui annonce un retour incandescent pour novembre prochain après la sortie du dernier disque.

    Setlist : The Sea/ Friction/ Otherwise/ Never an Easy Way/ ID/ Part of the Process/ Coming into Los Angeles (Arlo Guthrie cover)/ Slow Down/ Crimson/ Trigger Hippie/ Blindfold

    Encore: I’ll Fall Apart/ Rome Wasn’t Built in a Day/ Face of Danger

  • Dead Can Dance – 2013/06/30 – Paris le Zénith

    Dead Can Dance revient avec un nouveau disque Anastasis (résurrection en grec… et dont la couverture est illustrée d’un champ d’opium en noir et blanc) et une tournée mondiale passant par Paris ce soir. Ce groupe australo-britannique a fait le bonheur de la cold music des années 1980/90’s avec l’association improbable de deux chanteurs classiques (Brendan Perry baryton et Lisa Gerrard contralto) avec l’électricité de la pop. Ils sont accompagnés sur scène de deux claviéristes et deux percussionnistes.

    Elle est habillée comme une reine médiévale, il est vêtu d’un costume sombre, crâne lisse et barbichette blanche. Ils jouent parfois d’une espèce de petite harpe horizontale frappée avec des baguettes produisant des sons pizzicato métalliques

    A la fois un peu datée mais aussi hors du temps, cette musique étrange et sombre mêle toutes sortes d’influences orientales et intergalactiques, avec celles de Klaus Schulze et Tangerine Dream. Le résultat est un empilement de nappes de sons sur lesquelles voguent sans fin les voix tristes et magnifiques de ce duo de chanteurs.

    Rien ne se passe durant ces concerts, sinon la diffusion d’une atmosphère de méditation et de trouble intérieur, de la beauté et de la pureté qui permettent de marquer une pause dans notre Monde à la dérive : Sometimes/ I fell like I wanna leave/ Behind all these memories/ And walk through that door/ Outside/ The black night calls my name/ But all roads look the same/ They lead nowhere… [Opium].

    Dead Can Dance encore appelé « DCD », à la sinistre consonance française, a charmé ce soir une assemblée de fans déjà conquises venus communier à cette grande messe de la Résurrection.

    Setlist: Children of the Sun/ Agape/ Rakim/ Kiko/ Amnesia/ Sanvean/ Black Sun/ Nierika/ Opium/ The Host of Seraphim/ Ime Prezakias/ Cantara/ All in Good Time/ The Ubiquitous Mr. Lovegrove/ Dreams Made Flesh/ Song to the Siren 
(This Mortal Coil cover)/ Return of the She-King

  • Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2013/06/29 – Paris le Stade de France

    Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2013/06/29 – Paris le Stade de France


    Nous avons aimé Bruce Springsteen & the E-Sreet band à Bercy l’an dernier ; nous l’avons adoré ce soir au Stade de France !

    La joyeuse bande de musiciens américains est la même mais il y a ce soir 80 000 spectateurs alors pour les faire patienter le Boss viendra leur jouer un pré-show acoustique de trois morceaux vers 18h histoire que tout le monde se mette en place dans la joie et la bonne humeur.

    Cette fois-ci le concert démarre avec le tonitruant Badlands et le même frisson parcourt l’assemblée… et c’est parti.

    3 heures ¼ plus tard le groupe a joué 30 morceaux, dont la reprise intégrale de l’album Born in the USA, le Boss a animé la scène comme jamais, fait monter une fan pour danser avec lui sur Dancing in the Dark, donné une guitare à une autre fan qui grattera les cordes en rythme sur un final bruyant, pris une gamine sur ses épaules et chanté avec elle sur Waitin’ on a Sunny Day, accepté sur scène un fan qui voulait danser avec la violoniste le temps d’une chanson, bien sûr improvisé des morceaux à la demande du public, chanté-joué-transpiré comme si sa vie en dépendait, rendu hommage à Clarence et Danny, enchanté le stade par sa vision d’une Amérique populaire plutôt peu connue de ce coté de l’Atlantique et finalement si proche de nous, déployé une gentillesse et une proximité hors normes pour un artiste de cette trempe, salué un à un ses musiciens à la fin du premier rappel pour nous en offrir un second, en solo à la guitare acoustique avec le bouleversant Thunder Road.

    Bruce Springsteen : une légende, toujours !

    Set list: 1. Badlands/ 2. Out in the Street/ 3. Lucille (Little Richard cover) (Sign request, tour premiere)/4. Wrecking Ball/ 5.Death to My Hometown/6. Cadillac Ranch (Sign request)/7. Spirit in the Night/
    Born in the U.S.A./ 8. Born in the U.S.A./ 9. Cover Me/ 10. Darlington County/ 11. Working on the Highway/ 12. Downbound Train/ 13. I’m on Fire/ 14. No Surrender/ 15. Bobby Jean/ 16. I’m Goin’ Down/ 17. Glory Days/ 18. Dancing in the Dark/ 19. My Hometown/ 20. Pay Me My Money Down (The Weavers cover)/ 21. Shackled and Drawn/ 22. Waitin’ on a Sunny Day/ 23. The Rising/ 24. Land of Hope and Dreams
    Encore: 25. We Are Alive/ 26. Born to Run (with Elliott Murphy)/ 27. Ramrod/ 28. Tenth Avenue Freeze-Out/ 29. American Land
    Encore 2: 30. Thunder Road (Solo acoustic)

    Pre show: This Hard Land/ Burning Love (Arthur Alexander cover) (Sign Request)/ Growin’ Up

  • Depeche Mode – 2013/06/15 – Paris le Stade de France

    Depeche Mode au Stade de France, un boulot bien fait pour un concert sans surprise. Les trois compères viennent de sortir leur dernier disque : Delta Machine. Sur scène ils sont renforcés par le duo habituel claviériste et batteur. La scène est gigantesque et dépouillée, les images projetées sur les vastes écrans frappent et font apparaître les musiciens tels de petits nains qui commandent la Machine Delta telle la sixième flotte US dans l’océan.

    Cette bande se connaît sur le bout des doigts depuis des années, Just Can’t Get Enough date de 1981… Archétype de la musique new wave des années 1980/90 ils ont survécu à tout et continuent de diffuser leur pop synthétique et glaçante avec un bonheur plus ou moins égal. Ils sont quasiment les seuls à avoir traversé ces décennies sans vraiment changer d’inspiration.

    Tout est réglé au millimètre sur scène, jusqu’au déshabillé de Dave au bout du troisième morceau, qui tombe la veste pour laisser apparaître ses muscles tatoués sous son éternel gilet. Le garçon tient la route malgré certaines années d’excès et anime l’ensemble avec talent. Il a tenté une incursion solo il y a quelques années avec deux disques pas inoubliables (Paper Monsters et Hourglass) mais c’est au cœur de Depeche Mode qu’il est le meilleur. Sa voix profonde n’est jamais mieux portée que par les sombres harmonies de Martin Gore, la tête pensante du trio. Dave réussit de loin en loin à caser quelques compositions dans les disques du groupe mais elles sont rarement aussi réussies que celles de Martin.

    Ces deux-là semblent faits pour créer ensemble et quand chacun s’essaye à la spécialité de l’autre le résultat n’est pas bouleversant. Les shows réservent toujours une ou deux pauses où Martin vient chanter sur le devant de la scène (un peu comme l’instant Keith Richard au milieu des concerts des Rolling Stones), ce soir ce sera pour une belle reprise de Higher Love.

    Delta Machine n’est pas encore très connu des fans et d’un abord un peu complexe, alors le retour sur les classiques déclenche l’enthousiasme. Trente ans plus tard Depeche Mode continue à faire danser les stades avec la même ferveur sur A Question of Time, Black Celebration et autres comètes tubesques de la galaxie synthpop.

    Performance sympathique, voix définitivement marquante de Dave sur une musique oh combien efficace ; c’est le cocktail gagnant des Depeche Mode depuis tout ce temps, de quoi passer une excellente soirée du mois de juin à Paris.

    Setlist : Intro/ Welcome to My World/ Angel/ Walking in My Shoes/ Precious/ Black Celebration/ Policy of Truth/ Should Be Higher/ Barrel of a Gun/ Higher Love (Sung by Martin)/ Judas (Acoustic)/ Heaven/ Soothe My Soul/ A Pain That I’m Used To (‘Jacques Lu Cont’s Remix’ version)/ A Question of Time/ Secret to the End/ Enjoy the Silence/ Personal Jesus/ Goodbye

    Encore : Home (Acoustic)/ Halo (‘Goldfrapp Remix’ version)/ Just Can’t Get Enough/ I Feel You/ Never Let Me Down Again

  • Neil Young & Crazy Horses – 2013/06/06 – Paris Bercy

    Neil Young & Crazy Horses – 2013/06/06 – Paris Bercy

    Neil Young & Crazy Horses à Bercy ce soir : un fantastique concert pour un musicien d’exception ! La foule des grands soirs est venue en procession pour se délecter de la musique et des textes intemporels de cet artiste de légende.

    La scène est décorée avec de gigantesques amplis Fender factices de cinq à six mètres de haut. D’étranges roadies barbichus s’agitent en blouses blanches et s’exclament autour de ces monuments en toc quand retentit la Marseillaise qui accompagne l’entrée des quatre musiciens, Neil tout de noir vêtu, chapeau y compris, ses acolytes en jeans et T-shirts blancs (à l’effigie d’Hendrix pour le guitariste Franck Sampedro). Les cheveux sont blancs également, tout ce petit monde tourne autour des 65 ans mais s’accroche aux manches. Ce soir il s’agit de Neil Young & Crazy Horses, mais il s’agit aussi et surtout de guitares.

    Pour le chroniqueur qui avait laissé Neil Young en 1972 à l’époque folkeuse de Harvest (Old man, look at my life/ I’m a lot like you were/ Live alone in a paradise/ That’s make me think of two…) la surprise est explosive quand il découvre halluciné un vrai groupe de rock brut, à l’inspiration grunge, jouant des morceaux de plus de quinze minutes dans un déluge de sons saturés, agrémenté de larsen stridents et d’effets des plus bizarres pour ajouter à la fusion sonore qui envahit Bercy.

    Neil Young déroule sa poésie de sa petite voix aigüe et nasillarde si caractéristique, sur cette musique psychédélique. Son dernier disque s’appelle d’ailleurs Psychadelic Pill, ce n’est rien que de le dire. Ce concert vaut à lui seul toutes les pilules de la terre. Le groupe assène son rock avec enthousiasme à une audience multi-générations aux anges.

    Un petit intermède folkeux sous le signe de l’oiseau de Woodstock projeté en fond de scène avec Neil seul à la guitare et harmonica pour Heart of Gold et Blowin’ in the Wind  de Dylan et la cavalcade reprend dans un déchaînement de guitares endiablées, agrémenté de solos magistraux pour nous amener sur les riffs saturés de Hey Hey, My My, chanson phare du groupe reprise en chœur par l’assistance éperdue d’admiration et d’affection pour son héros : My my, hey hey/ Rock and roll is here to stay/ It’s better to burn out/ Than to fade away/  My my, hey hey.

    Avec de tels monstres sacré, effectivement le Rock & Roll n’est pas près de mourir, Dieu merci.

    Set list : Love and Only Love/ Powderfinger/ Psychedelic Pill/ Walk Like a Giant/ Hole in the Sky (Unreleased song)/ Heart of Gold (Solo acoustic)/ Blowin’ in the Wind (Bob Dylan cover, Solo acoustic)/ Singer Without a Song (Unreleased song)/ Ramada Inn/ Cinnamon Girl/ Fuckin’ Up/ Mr. Soul (Buffalo Springfield song)/ Hey Hey, My My (Into the Black)

    Encore : Rockin’ in the Free World

  • Rachid Taha – 2013/05/16 – Paris le Trianon

    Rachid Taha nous met un joyeux boxon ce soir dans un Trianon qui n’est pas plein. Petit bonhomme nerveux qui a défrayé la chronique avec son premier groupe Carte de Séjour, il est définitivement engagé en faveur de meilleurs comportements de la France vis-à-vis de ses immigrés. Il a collaboré avec quelques grands du rock : Eno, Mick Jones, Steve Hillage… sans doute touchés par sa capacité à orientaliser tout ce qu’il touche et commis une inoubliable reprise de Rock in the Casbah des Clash !

    Mal fagoté dans un costume noir-cravate rouge-et-chapeau hauteforme, mais qu’importe, il anime sa joyeuse bande avec un entrain tout méditerranéen. Guitaristes, claviériste, batteur et un musicien qui joue d’une sorte de bouzouki électrifié sous un chapeau cuir et en tire des sons qui marquent le coté arabe de cette musique.

    Rachid court et se déchaîne, chante alternativement en anglais, en arabe, en français, mais quel que soit le langage choisi, l’enthousiasme des rythmes fait onduler l’assistance. Il mêle le Raï et le Punk, Oum Kalsoum et l’électronique, la France avec Pigalle où il joue ce soir, et accueille toute une bande de potes pour marquer son message de musicien engagé du monde.

    L’arrivée de Mick Jones, co-fondateur du mythique The Clash fait frémir d’émotion les quinquas présents qui se souviennent de leurs grandes heures de rockers rebelles. Il passera la moitié du concert sur scène, nouera nos tripes sur les riffs de Rock in the Casbah et cassera ses cordes sur Should I Stay or Should I go. Rachid fait venir tous ses potes sur la scène pour partager sa musique : Jeanne Added qui assure aussi la première partie, pour une reprise d’Elvis Presley, Rodolphe Burger grand gaillard guitariste présent sur la scène française depuis des années, l’ex-leader des Têtes Raides, et d’autres.

    Il rend hommage aux grands disparus : Alain Bashung, Joe Strummer, Daniel Darc… Il sait d’où il vient et ce qu’il leur doit. Exilé, écorché, il reprend Voilà, Voilà (pamphlet anti-FN) comme un hymne avec l’assistance, au cœur de Barbès. Il s’agite, il bout, il pulse, il se révolte et il se marre, la musique et le rythme collés à la peau, et laisse le Trianon épuisé par tant d’énergie communicative.

  • The Raveonettes – 2013/05/12 – Paris la Maroquinerie

    The Raveonettes @ la Maroquinerie, Paris, 12/05/2013

    The Raveonettes à la Maroquinerie : un duo nerveux et séduisant venu du Danemark. Deux guitaristes/chanteurs : lui Sune Rose Wagner, elle Sharin Foo, et un batteur. Leur ancienne batteuse Leah Shapiro a rejoint le Black Rebel Motorcycle Cub depuis quelques années et quitté Copenhague pour Los Angeles !

    Le fond de la scène est tendu d’un simple drap blanc, Sharin blouse jaune et dégoulinante de blondeur, Sune casquette sur frisures brunes ; tous les deux armés de guitares redoutables, sur-saturées d’effets électroniques, l’ambiance est électrique.

    La musique est ambigüe, d’apparence un peu pop-sucrée (effet cheveux blonds sans doute) mais résolument moderne et undergroud. Il y a du Blondie dans ce duo danois inspiré Velvet Underground ! La miss joue parfois de la bass mais reste le plus souvent à la guitare et le jeu des deux instruments superposant leurs distorsions sur la batterie abusant des cymbales avec éclairage stroboscopique, donne un rendu suraigu plutôt hystérique.

    Des chansons courtes, un format qui fuse, une ambiance urgente, un climat urbain. Une de leur chanson récente s’appelle War in Heaven, on ne saurait mieux les qualifier. Comment se fait-il que ce groupe de soit pas plus apprécié ?

  • Jean-Louis Murat – 2013/04/05 – Paris le Trianon

    Une merveilleuse surprise que ce concert de Jean-Louis Murat au Trianon ce soir. Accompagné d’un batteur, il joue presqu’en solitaire sur une scène obscure. Costumé-cravaté, sombre et lumineux, il y a du Bryan Ferry dans cet artiste élégant et ténébreux.

    Trois écrans sont tendus sur le fond de la scène où sont projetés des films et animations en clair-obscur, souvent sur les artistes eux-mêmes, les fondant ainsi dans le décor. C’est peu dire qu’ils ne se mettent pas en avant, laissant parler la musique et les mots.

    Murat joue de la guitare dobro majestueusement et avec brio. Il n’y a pas de bass, la rythmique obsédante est marquée par les riffs et la batterie sur lesquels se pose une voix caverneuse récitant des textes poétiques. Ne délaissant pas quelques effets sur sa guitare, il dégage un son saturé et enveloppant, marque de fabrique pour sa musique mélancolique.

    Over and over/ Comme après un mariage/ N’aurais tu plus le courage/ Qui sauvait de ce naufrage/ Quand la dernière chose au monde/ N’a plus rien de Dieu…

    Jean-Louis Murat c’est quarante années de chanson, avec des hauts et des bas, peu de succès commerciaux mais beaucoup de poésie sur accords mineurs. Des tournées sans relâche, quelques éclats sur les plateaux de télévision, le retour régulier dans son Auvergne régénératrice, et la musique vrillée au cœur !

    Il joue ce soir son dernier disque Tobbogan, électrifié pour la scène et qui défile comme les images étranges sur les écrans. Retour vers plus d’intimisme parfois comme sur Le Chat Noir introduit sur une mélodie sifflotée et distordue par l’électronique, un croissant de lune mouvant sur l’écran noir : Le chat noir pris dans le vent/ Passe son âme passe son âme/ Le chat noir pris dans le vent/ Passe sa vie en cabriolant…

    Murat, romantique impénitent, guitariste talentueux, arrangeur original, nous a enchanté ce soir en nous faisant partager son univers musical et poétique si personnel, et finalement assez peu reconnu dans notre monde où la parure prime sur les compositions : le Trianon n’était pas plein ce soir !

  • An Pierlé – 2013/04/02 – Paris le Café de la Danse

    An Pierlé  en solo ce soir au Café de la Danse, sans son White Velvet donc mais toujours en duo avec son piano. Elle vient de sortir un disque Strange Days, des compositions intimistes ainsi qu’une belle reprise de Such a Shame, tube des 80’s de Talk Talk.

    Assise sur son ballon devant son piano noir, nattes blondes et bottes en cuir, An virevolte, plaisante, prend la pose pour quelques photos de l’ami Robert, chante et nous enchante. Elle sort d’une pneumonie nous dit-elle, alors les aigus sont un peu poussifs sur Strange Days : Please believe in what you do/ Don’t let them change you/ Don’t let them touch your soul/ Because you’re beautiful/ They won’t let you know/… /Strange days/ Why let them lead the way/ Choose again/ Got stuck inside the day/ Just don’t let them think they saved the day/ Don’t let them think instead of you/ Don’t let them change you/ Don’t let them frighten you

    Mais l’enthousiasme n’a pas changé, simplicité et légèreté, une voix délicieuse qui se fait forte et pleine, douce et romantique, sur un accompagnement de piano naturel et libéré.

    An Pierlé, une artiste épanouie et talentueuse, qui a décidé de faire une petite pose sans son parcours musical. C’est plutôt réussi, une parenthèse frivole qui ne nous fait pas oublier la profondeur de la tournée qui a suivi la sortie du disque An Pierlé & White Velvet, avec un vrai groupe de rock !

    Les photos de Roberto Gil

  • BRMC – 2013/03/16 – Paris le Trianon

    BRMC – 2013/03/16 – Paris le Trianon

    Les Black sont de retour, toujours fringants, légèrement embourgeoisés dans ce Trianon bon chic bon genre, théâtre dédié au Rock & Roll depuis peu. La veille 15 mars ils ont commis « a fantastic night » comme nous le dira Rob, laissant les spectateurs de la soirée dépités de n’être là que… le 16. Mais le concert fut malgré tout largement à la hauteur des attentes.

    Les héros sont (un peu) fatigués et on leur pardonne. Leur dernier album Specter At The Feast n’est pas encore disponible dans les bacs. Ils en joueront presque l’intégralité sur scène ce soir et il semble de bonne facture : Rock & Blues harassant, rythmes pesants, voix éraillées, trio toujours soudé par cette énergie vitale du blues que transcendent des générations de guitaristes depuis les champs de coton du Sud des Etats-Unis au XIXème siècle, de Robert Jonhson à B.B. King en passant par Keith Richard.

    Ce soir les trois Black perpétuent cette tradition, électrique ou acoustique ; ils jouent sans compter, sur des guitares éraflées, mixant vibrato, larsen et rythmes syncopés ; les deux garçons se passent les vocaux sur la batterie de Lea et enchaînent les solos sur des sons gras. Formés sur la route, inspirés par le Blues, virtuoses du Rock, showmen en noir, accrochés à leurs instruments comme à une bouée de sauvetage on se plonge toujours avec bonheur dans leur univers sombre et intense.

    Le retour sur les classiques déclenche hourvari et hystérie : Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll, Spread Your Love… sont reprises par une salle en délire ; désormais des classiques du Rock ! On retrouve bientôt les Black sur la grande scène de Rock-en-Seine le samedi 24 août.

    Set-list : Fire Walker/ Let the Day Begin (The Call cover)/ Rival/ Hate the Taste/ Beat the Devil’s Tattoo/ Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)/ Ain’t No Easy Way/ Berlin/Rifles/ Returning/Conscience Killer/ Windows/ Visions of Johanna (Bob Dylan cover, Rob alone on acoustic)/Lullaby/ Shade of Blue/ Funny Games/Stop/ Awake/ Red Eyes and Tears/ Six Barrel Shotgun/ Spread Your Love

    Encore: Sell It/ Lose Yourself

  • Björk – 2013/03/05 – Paris le Zénith

    Björk repart en tournée après la sortie de son disque Biophilia. Encore plus arty et expérimentale, peut-être moins compréhensible, l’artiste islandaise continue ses recherches musicales. La tournée Biophilia est thématique et pédagogique, s’accompagne pour chaque ville d’une résidence de quelques jours dans de petites salles avant un ou deux concerts dans de plus grands endroits. A Paris Björk et sa troupe passent sur cirque de Boulogne sur l’ile Seguin avant deux shows au Zénith.

    A Boulogne des ateliers sont organisés à destination des enfants pour leur apprendre la musique via leurs outils électroniques habituels de communications. Et c’est ainsi que sont utilisés des tablettes et I-phones divers et variés. Une appli par chanson Biophilia développe le concept du morceau (la lune, la foudre, …) et offre différentes options de programmation musicale, le tout expliqué par les musiciens à des gamins de 10/12 ans, encadrés par professeurs et animateurs. Il s’agit de musique mais aussi de nature matinée de science (l’un des ateliers se déroule dans l’espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes).

    La scène du Zénith est adaptée à cette tournée d’un genre particulier et à la scénographie pour le moins originale. Les tribunes cernent le rond central surmonté de vastes écrans tournés vers le public. D’imposants et improbables instruments sont déposés sur la scène :

    dont des Harpes gravitationnelles, une Bobine Tesla, l’habituelle Reactable, mais aussi un simple clavecin électrifié, bref tout un incroyable fatras produisant sons et rythmes qui ne manqueront pas de nous surprendre tout au long du show.

    A l’extinction des lumières un bande son déclamée par une douce voix mâle parle de …musique, nature et technologie… d’écouter, apprendre et créer… de voyager à travers le cosmos et toucher les galaxies… de l’humain porte d’entrée entre l’universel et le microscopique…

    Une vingtaine de vestales blondes habillées en soie brillante bleu et jaune (la chorale islandaise Graduale Nobili) s’installe sur la scène pour accueillir notre diva à l’issue d’une introduction vocale aux harmonies étranges. Björk est vêtue d’une robe à boudins façon diva du Cinquième élément, coiffée afro à reflets roux et beige, très à l’aise :

    Et nous plongeons alors dans 90 minutes de mystère musical et visuel, à un niveau encore rarement imposé par cette artiste pourtant peu avare en innovations. Des tornades sonores sont déclenchées par des instruments dont le modernisme le dispute aux formes de brontosaures. A cet égard les harpes gravitationnelles sont un modèle du genre : sorte de pendule cosmique dont les balanciers gigantesques pincent des cordes ; la Bobine Tesla s’avère également redoutable, descendue du plafond sur la scène lorsque de besoin, elle produit de réels arcs électriques au son accordé sur les harmonies du morceau joué.

    Les écrans diffusent des images virtuelles, intergalactiques ou microscopiques, s’unissant à la musique. L’atmosphère générale est plutôt douce au regard des précédentes productions et tournées ; on baigne dans une ambiance écolo-techno-responsable où se succèdent les vestales et la diva, les instruments technologiques et les mélodies a cappella de la plus émouvante simplicité.

    La voix de Björk reste toujours extraordinaire, tendue comme un fil prêt à craquer, capable d’incroyables contrastes, enfantine et vertigineuse, mise au service d’un projet délirant et fascinant : Biophilia ! Quelques pièces au clavecin nous ramènent dans un univers un peu plus réel et le show se termine sur un Declare of Independance, saccadé, hypnotique, nous laissant sur une note plus classique de son répertoire mais oh combien vigoureuse et entraînante.

    Björk est-elle allée trop loin avec ce spectacle inattendu où la musique n’est plus qu’un élément parmi les autres ? Oui sans doute pour ses fans musiciens, non certainement pour les admirateurs de son statut d’artiste complète. Sa foi, sa sincérité, son indépendance à mener sa barque vers des rivages escarpés de la création sont touchants. Alors parfois nos âmes de musiciens sont touchées au cœur, mais à d’autres occasions, comme pour ce concept Biophilia, c’est à nos neurones que Björk fait appel, le résultat est plus cérébral et tout aussi respectable.

    https://www.bjork.fr/-Biophilia-Educational-

    https://biophiliaeducational.org/

    Set list : 01. Óskasteinar/ 02. Thunderbolt/ 03. Moon/ 04. Crystalline/ 05. Hollow/ 06. Dark Matter/ 07. Jóga/ 08. Heirloom/ 09. Virus/ 10. Sacrifice/ 11. Vertebrae by Vertebrae/ 12. Where is The Line/ 13. Pagan Poetry/ 14. Mutual Core/ 15. Cosmogony/ 16. Solstice Rappel : 17. Possibly Maybe/ 18. Nattura/ 19. Declare Independence
  • Sigur Ros – 2013/02/27 – Paris le Zénith

    Sigur Rós en démonstration devant un Zénith plein à craquer, complet depuis des lustres : une fois encore les islandais éblouissent l’assistance par leur poésie et la magie de leur musique, pourtant plutôt complexe. Mais parfois le lyrisme et l’absolu savent tracer leur chemin jusqu’aux âmes de spectateurs pas encore complètement pervertis par la simili-civilisation de l’aïe-phone !

    Le quatuor islandais est accompagné d’une section de cordes et d’une autre de cuivres. Jónsi son charismatique leader guide ce groupe avec une incontestable présence. Le show démarre alors que toute la scène est empaquetée derrière un voile vaporeux sur lequel de reflète des effets de lumière en aurores boréale. Le ton est donné ! Après une longue introduction (tous les morceaux sont sur format de 10 mn…) le voilage tombe et l’on croit que disparaîtra ainsi le flou artistique visuel, mais toute la scénographie du concert continuera de reposer sur des atmosphères en demi-teintes, en lumières tamisées, en projections d’images sur les musiciens eux-mêmes, les mêlant merveilleusement, mais en arrière-plan, à leur musique galactique. Jónsi comme à son habitude joue de la guitare électrique avec un archet, produisant ainsi un son sans attaque, difficile à identifier dans l’unité sonique du groupe, mais bien présent.

    Leur nouveau disque s’appelle Kveikur et est annoncé pour juin prochain. Certains morceaux en seront joués ce soir, mais pour les non spécialistes il n’est pas toujours aisé de reconnaître les chansons tant la musique de ce groupe est plus une question d’ambiance, chantée en islandais ou en « hopelandic », un langage inventé, et parfois en anglais. Musique d’atmosphère ne veut pas dire superficialité ni ambiance de hall d’aéroport. Bien au contraire, et c’est la qualité exceptionnelle des Sigur Rós de produire un son magique et bouleversant, porté par la voix de castra de Jónsi et les plaintes de sa guitare. Les compositions envoutantes du groupe poussent au rêve et l’assistance se laisse divaguer au gré de ces mélodies incertaines, servies dans le flou des projections de films sur la nature, sur l’espace, sur tout ce que chacun veut bien y trouver en fonction de son vécu intérieur. Et parfois les morceaux prennent une pente incandescente qui monte en tension jusqu’à une explosion finale de notes, de couleurs, d’images et de sons. Dans ces moments le Zénith est pénétré d’émotion, imprégné de l’énergie diffusée par ces musiciens si originaux, et se laisse porter par la déferlante soulevée par les islandais.

    A l’issue de ce concert hors norme, toute la bande des Sigur Rós reviendra sur scène pour applaudir longuement les spectateurs avec lesquels ils ont partagé ce moment culturel d’exception.

    Ce groupe inclassable à la créativité vibrionnante commet également de très beaux films où se mêlent leur musique et le monde. Après le remarquable Heima sur une tournée dans des villages islandais aux sublimes paysages, Valtari est sorti l’an passé pour accompagner le disque du même nom. On en trouve 16 vidéos extraites sur leur site (https://www.sigur-ros.co.uk/valtari/videos), troublantes, esthétiques, désarmantes, en un mot, très Sigur Rós !

    Set-list : Yfirborð/ Í Gær/ Ný Batterí/ Vaka/ Sæglópur/ Brennisteinn/ Olsen Olsen/ E-bow/ Varúð/ Hoppípolla/ Með Blóðnasir/ Glósóli/ Kveikur

    Encore: Svefn-g-englar/ Hrafntinna/ Popplagið

    Les photos de Roberto

  • Aimee Mann – 2013/01/26 – Paris le Bataclan


    Nouveau disque, Charmer, nouvelle tournée, Aimee Mann fidèle à elle-même poursuit sa route folk à travers le Monde. Habillée d’un jean et blouson de cuir fin, chaussée d’une paire de lunette sous une avalanche de cheveux blonds, l’air malicieux, elle est accompagnée d’un groupe bigarré et costumé années 60 : bassiste-batteur, deux claviers dont l’un joue aussi de la guitare, tout ce petit monde démarre au quart de tour pour entourer Aimee qui ne se sépare par de sa guitare acoustique.

    Musique légère, atmosphère détendue, parlotte entre les chansons, une intro complètement loupée qui se termine dans un grand éclat de rire ; la soirée est douce et plaisante. Les claviers sont réglés sur un son vintage qui se marie au mieux avec la voix d’Aimee, mélancolique et dynamique. Comme toujours ses textes plongent au cour de la comédie humaine, avec détachement et clairvoyance. Son dernier disque parle du père qui renonce (Gumby), de l’amoureuse qui n’arrive pas à se détacher (Labrador), du séducteur invétéré (Charmer), bref, de la vie qui passe avec ses douleurs et ses bassesses, notre vie. Sur Living a Lie elle fait revenir Ted Leo qui assurait la première partie pour un duo : I’m living a lie/ you’re living it too/ cause I live it with you/ I’m living a lie/ a lie I can’t tell/ so we wait for a crack in the shell.

    Bohémienne sans répit d’un folk-rock inspiré cette américaine de Virginie dégage charme et classe. Musicienne subtile elle nous porte sur sa vague depuis les années 90, laissez-vous juste envahir par le plaisir !

    Setlist: Disappeared/ Gumby/ Labrador/ You Could Make a Killing/ Lost in Space/ Living a Lie (with Ted Leo)/ Charmer/ That’s Just What You Are/ Ray/ Save Me/ Wise Up/ One (Harry Nilsson cover)/ Slip & Roll/ Soon Enough/ Goodbye Caroline/ It’s Not Safe
    Encore: 4th of July/ Honesty Is No Excuse (Thin Lizzy cover) (with Ted Leo)
    Encore 2: Video/ I’ve Had It (with Ted Leo)/ Deathly