Sortie : 2012, Chez : Le Mot et le Reste. L’histoire d’un groupe de légende mené par l’un des guitariste compositeur les plus prolifiques et original du monde du Rock : Robert Fripp. Depuis sa première apparition en 1969 jusqu’à sa nouvelle tournée annoncée pour septembre 2015, King Crimson a connu de multiples réincarnations en réunissant d’immenses musiciens (Greg Lake, Ian McDonalds, Adrian Belew, Tony Levin, Mel Collins, Pete Singfield,…). Il a considérablement influencé le courant du rock progressif même si Fripp a toujours rejeté cette appellation pour son groupe.
Une musique complexe et sophistiquée qui est passée en 40 ans des nappes de mellotrons aux déluges répétitifs de guitares électroniques, le groupe a constamment innové sans concession avec les modes des époques traversées. Il en reste un œuvre contemporaine de première ordre qui n’est pas forcément d’un abord très aisé.
Fripp organise par ailleurs la documentation de cette histoire musicale sur un site (www.dgmlive.com) sur lequel sont publiés tous les matériaux disponibles du groupe : son, images, vidéos, soit gratuitement soir à des prix très abordables. On y trouve également divers blogs d’une richesse infinie, de Fripp lui-même et d’autres membres des diverses formations et projets musicaux auxquels il a participé.
Aymeric Leroy est manifestement un fan de la première heure de King Crimson qui est de nouveau sur la route en cette année 2015, il va falloir prévoir une ré-édition augmentée !
Catégorie : Kronic musique
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Leroy Aymeric, ‘King Crimson’.
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Blum Bruno, ‘Lou Reed – Electric dandy’.
Sortie : 2014, Chez : Le Castor Astral.
L’histoire passionnée de Lou Reed par Bruno Blum, célèbre journaliste-écrivain du rock. Lou Reed co-fondateur du groupe de légende The Velvet Underground, Lou Reed colérique et exigeant, déprimé et créateur, drogué et inspiré, décédé fin 2013 à 72 ans alors que peu d’admirateurs auraient parié sur une mort paisible dans son lit.
Lou Reed a éclos dans l’entourage d’Andy Warhol en 1966 et initié un mouvement musical et poétique qui inspira nombre de groupes par la suite. Sombre et urbain, il raconte dans ses textes la dévastation des quartiers de New-York à cette époque où se croisent dealers et intellectuels de la beat generation.
Il crée un son brutal et sophistiqué, techno et contemporain, sans arrêt en recherche d’innovation n’hésitant pas provoquer la critique et ses fans pour l’emmener sur les chemins d’avant-garde qui sont ceux qu’il fréquente.
Une fois séparé du Velvet, fâché avec tous ses amis, il traversera des périodes désertiques avant de renaître dans les années 90 et d’être enfin reconnu comme l’artiste majeur de son temps. Il surfe alors de disques en opéra, de poèmes en créations littéraires, de concerts sublimes en comportements exécrables. Il terminera son œuvre avec Lulu, une histoire sordide mise en musique avec Metallica, un groupe de hard-rock, dernier clin d’œil à son public un an avant sa mort en octobre 2013.
Pas tout à fait une dernière œuvre car des kilomètres de bandes magnétiques inédites sont amenées à ressortir des tiroirs dans les années à venir.
Outre l’histoire musicale de Lou, Bruno Blum chronique par le menu détail un grand nombre d’enregistrements sous de multiples versions de l’œuvre de géant que fut Lou Reed, finalisant ainsi la troisième (et sans doute dernière) version de sa biographie reedienne. Une référence ! -
Pulp – le dernier concert
2001, le groupe britannique Pulp cesse de tourner après un dernier disque We Love Life créé sous tension. 2013, Jarvis Cocker leader-fondateur du groupe décide le reformer pour organiser une tournée d’adieu et mettre fin de façon élégante à cette aventure musicale. Le dernier concert sera pour Sheffield, ville dont est originaire Pulp. Ce documentaire retrace l’histoire du concert à travers des interviews de vieux fans du groupe, de jeunes groupies venues des Etats-Unis ou d’Australie pour ce show unique, du marchand de journaux du coin de la rue, des musiciens eux-mêmes qui ont connu des fortunes diverses depuis leur séparation. La claviériste raconte son arthrite déclarée lorsqu’elle était adolescente et qui ne l’a pas empêchée de jouer tout au long de ces années, et pour cette ultime tournée, malgré des doigts déformés. Nous sommes à Sheffield, alors bien sûr un autre régional de l’étape s’invite dans le film et sur scène : Richard Hawley. Et puis Jarvis bien sûr, le héros sympathique du groupe et auteur des principaux textes, ironiques et cinglants sur les choses de tous les jours, sur le sexe et l’amour, la politique, la lutte des classes…Un groupe marquant de cette période qualifiée de britpop, une espèce de nouvelle vague de la fin du XXème siècle, mélodique, plus maligne et moins violente que la new-vawe qui a succédé au punk vingt ans plus tôt. Ce film nous redonne à vivre un peu de la nostalgie de cette époque.
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La Musique et Dieu
Aldo Ciccolini, immense pianiste classique récemment décédé disait :
Je ne sais si Dieu existe mais en tout cas il n’est pas supérieur à la musique.
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David Bowie is…(2)
Et voici enfin cette fameuse exposition David Bowie is… dont le tout-Paris bruisse depuis quelques semaines. Elle est évidemment bondée, mais vaut le déplacement. Une exposition techno alliant documents écrits, vidéo, image et son, dans laquelle le visiteur se promène un casque hi-fi sur les oreilles qui se connecte automatiquement sur l’animation devant laquelle il déambule.Chaque pièce apporte une réponse différente à la question David Bowie is? en illustrant la réponse avec force médias ou objets. On y voit les costumes créés pour les différents personnages endossés par Bowie, des manuscrits originaux sur lesquels il écrivit certaines de ses chansons de légende, des guitares, le verbalizer un ordinateur dont il initia la création pour moderniser l’écriture automatique chère aux surréalistes, des photos, des affiches. Le tout est interactif, bouge avec les spectateurs, se rembobine quand on tourne le dos, est projeté sur tous les murs, le plafond… La voix du Maître est omniprésente : de Starman enregistré lors d’un cultissime émission de Top of the Pops en 1972, à Heroes en 2001 dans un concert hommage aux policiers new-yorkais de l’après 11 septembre, sur Golden Years par le Thin White Duke, avec Rock ‘n’ Roll Suicide lors de la destruction de Ziggy Stardust en 1973 (…not only it’s the last show of the tour, but… it’s the last show I will ever do), dans les écouteurs où il devise sur le chaos du Monde et le processus créatif.
Bowie est partout dans cet environnement féérique et sombre qu’il a créé de toute pièce, fruit de son incroyable imagination qui, alliée à un talent musical et littéraire hors pair, a engendré l’un des artistes qui a marqué le XXème siècle.
On craignait un simple étalement des oripeaux de la star, style fan-club de Claude François. On a beaucoup mieux avec un voyage au gré des étapes d’un parcours artistique éblouissant. Le public reconnaissant se presse démontrant si besoin en était l’influence que Bowie a eu sur bien des vies. L’aventure n’est d’ailleurs pas finie en ce nouveau siècle. Vu le nombre de visiteurs au m², le mieux est sans doute de repartir avec le catalogue de l’exposition pour être sûr que l’on a perdu aucun détail.
Voir aussi David Bowie is…(1)
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David Bowie is… (1)
David Bowie est à l’affiche dans tout Paris avec l’exposition David Bowie is de passage pour quelques mois à la Philharmonie de Paris et, autour, nombre d’évènements célébrant l’artiste et son influence : concerts, conférences, installations…, sans parler de nombre d’émissions médiatiques et de suppléments de journaux spécialisés à grand renfort de couvertures facilement composées à partir des multiples facettes jouées par le personnage tout au long de sa carrière.Il se dit que Bowie était venu anonymement visiter l’exposition lorsqu’elle est passée à Londres. On le verra peut-être à Paris d’ici le 31 mai fin de l’étape parisienne de la caravane David Bowie is.
Ce soir, la Philharmonie présente l’orchestre national d’Ile de France interprétant deux symphonies écrites par Philip Glass, compositeur américain de musique contemporaine, sur des variations des albums mythiques Low et Heroes. Durant Low un film noir et blanc est projeté sur un grand écran placé au-dessus de l’orchestre, on y voit un Berlin en friche, comme dévasté au milieu de ruines urbaines dans lesquelles erre un homme. A l’issue de cette symphonie l’orchestre se retire et l’homme errant entre (en vrai) sur scène où il récite le livret du disque Outside narrant les aventures du détective Nathan Adler spécialiste en crime mis en scène comme œuvre artistique, et enquêtant sur le meurtre de Baby Grace Blue. Deux musiciens l’accompagnent aux claviers et à la guitare. Les textes sont complètement surréalistes et délirants, fruit de l’imagination débordante de Bowie, et la beauté de la mise en scène est que le film précédent est repassé et le spectateur découvre que le journal de Nathan Adler en est en fait le scénario. La récitation se termine par l’interprétation très pure de Where are we now? morceau présent dans le dernier disque surprise de Bowie sorti en 2013 et se déroulant à… Berlin : Had to get the train/ From Potsdamer Platz/ You never knew that/ That I could do that/ Just walking the dead/ …/ Where are we now?/ The moment you know…
Après l’entracte, l’orchestre revient pour interpréter la Symphonie 4 « Heroes » avec en fond un film sur un couple de danseurs (dont la femme offre une frappante ressemblance avec Bowie) évoluant toujours dans des environnements en ruine et prestant une danse contemporaine un peu saccadée et répétitive, sans doute dans l’air de la modernité.
Tout ceci est bel et bien beau, inspiré par l’œuvre musicale majeure de Bowie, mais sans doute un peu trop intellectuel et contemporain, bobo-arty pour faire plus court… On perd un peu de la fulgurance bowienne. C’est bien que cela existe mais ne représente sans doute pas le format idéal pour les compositions de David Bowie, sans doute plus adaptées au concert rock ou au CD.
La représentation a lieu dans la nouvelle grande et polémique salle de concert de cet ensemble dédié à la musique inauguré en janvier 2015. Un peu tarabiscotée et kitsch, sans doute de bonne qualité acoustique pour les puristes, le spectateur-contribuable ne peut s’empêcher de se demander s’il était bien raisonnable de dépenser des fonds publics pour une nouvelle salle de concert à Paris qui en compte déjà bon nombre. Bien entendu cette Philharmonie n’est pas programmée pour être rentable et les contribuables vont bien entendu devoir en subventionner le fonctionnement que le prix des places à payer par les spectateurs ne suffira pas à équilibrer. C’est l’exception culturelle à la française.
Voir aussi David Bowie is…(2)
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Young Neil, ‘Une autobiographie’.
Sortie : 2012, Chez : Points P3111.
L’itinéraire d’un hippie canadien de génie : à presque 70 ans, Neil Young se décide à raconter sa vie. Musicien hors pair de sa génération, poète subtil de notre monde, il a bercé tant d’autres existences de ses mélodies et de ses mots ! Sa vie a été celle de la génération Woodstock avec un talent inégalé. Il a participé à de multiples projets musicaux depuis ses débuts, est resté fidèle à son groupe de base le Crazy Horse, a bricolé le son sa vie durant, traversé l’arrivée du numérique, composé des chefs d’œuvres, compromis ce qu’il fallait avec l’industrie, vécu l’utopie hippie sur la cote californienne et… rendu heureux des millions de fans.
On apprend aussi sa passion pour les vieilles voitures américaines qu’il veut transformer en véhicules électriques, son projet de révolutionner la qualité sonore des baladeurs, les épreuves de sa vie avec deux enfants handicapés.
Bien sûr il est question de beucoup de morts et de regrets dans ce livre. Des musiciens fauchés par la drogue à une époque elle était considérée comme favorisant la création, et puis des artistes atteints par la limite d’âge qui n’a pas encore frappé Neil, compositeur et guitariste de légende, déplaçant encore les foules comme à Paris en 2013 avec Crazy Horse.
Lire aussi : https://rehve2.fr/2013/06/neil-young-crazy-horses-20130606-paris-bercy/
~~~~~~~~Le journal d’un homme attachant.
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PJ Harvey innove
PJ Harvey réalise l’enregistrement de son prochain disque en public dans les sous-sols de la Somerset House à Londres. Plus exactement, quelques happy-few sont autorisés à assister pendant trente minutes au travail de l’artiste et son groupe en les regardant à travers une glace sans tain. Original, mais voyons le résultat musical et poétique lorsqu’il sortira. -
Lydon John, ‘La rage est mon énergie’.
Sortie : 2014, Chez : Seuil. L’autobiographie de « Johnny Rotten » leader-fondateur-chanteur du groupe punk Sex Pistols qui a dynamité la scène rock dans la deuxième moitié des années 70s. Il a survécu au mouvement punk, aussi fulgurant que nihiliste, et c’est déjà un signe qu’il fut plus malin que bien d’autres, notamment son pote « Sid Vicious », bassiste éphémère du groupe, mort à 21 ans emporté par l’héroïne et la folie.
Johnny raconte son enfance dans les quartiers populaires de Londres où dans les années 60 les gamins jouaient encore dans les ruines de la seconde mondiale non encore reconstruites…, son adolescence dans les squats, sa passion pour la musique (X-Ray Spex, Status Quo, New York Dolls, Ramones, David Bowie…), la baston dans les concerts et l’incroyable révolte punk qui a engendré un fantastique renouveau du rock post hippie-flower-power, puis la création des Sex Pistols, groupe d’un disque unique et d’exploits sociétaux d’un genre plutôt particulier.
Après l’explosion en vol des Pistols, le garçon continue une route musicale (un peu) plus calme avec son nouveau groupe PiL (Public Image Limited), s’installe aux Etats-Unis (New-York puis Los-Angeles) où il vit encore et a même obtenu la nationalité américaine.
Marié avec Nora dont la fille était la chanteuse du groupe punk féminin The Slits, il perd un peu de notre temps à narrer ses participation à des émissions de télé-réalité dont il aurait sans doute pu se passer, mais même la révolte a une fin !
Ce récit nous replonge dans le Royaume Uni thatchérien où une bande de gamins hirsutes aux cheveux verts et rouges ont secoué le cocotier culturel de la Couronne et diffusé sur le reste de la planète une formidable vague d’énergie rock… dont les effets se font encore ressentir. -
Morrissey, ‘Autobiography’.
Sortie : 2013, Chez : Pengui Classics.
L’autobiographie du chanteur-compositeur-co-fondateur des Smiths (avec le guitariste Johnny Marr), groupe météorite des années 80s post punk. Publié par les éditions très littéraires Penguin Classics, l’ouvrage semble écrit d’une traite, il n’y a pas de chapitres, à peine des sauts de paragraphe, on dirait du Proust ! Avec une belle énergie le rocker raconte son enfance et sa vie d’homme, tournées vers la musique comme un viatique. Réputé pour sa dépression permanente il n’en donne pas l’image dans ces pages vigoureuses où l’urgence de vivre emporte tout : « Life is Only Now ».
De Manchester à Los Angeles en passant par Rome, on suit les pérégrinations de l’artiste et son voyage intérieur dans la création, d’abord avec les Smiths, puis en solo. De la musique il est finalement assez peu question, comme si ses disques et ses paroles en disent assez. On passe du temps dans les méandres légaux qui ont suivi l’éclatement du groupe de Manchester, dans ses démêlés avec les maisons de disque, des musiciens qui vont et qui partent, parfois avec fracas, mais c’est aussi ça la vie d’artiste. Tout n’est pas rose ni facile mais l’équilibre de l’ensemble a permis à l’œuvre de naître, parfois au détriment de l’équilibre de l’artiste lui-même !
Il faut attendre les dernières pages pour lire les notes de ses dernières tournées : une succession d’impressions et de sentiments relevés au hasard de villes traversées l’espace de quelques heures. Beaucoup de feeling partagés avec ces foules qui l’acclament et reprennent ses vers aux quatre coins de la planète. Ce grand solitaire un peu perdu sait transmettre aux masses, n’est-ce pas le propre des vrais artistes ?
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« 20 000 jours sur terre » de Iain Forsyth & Jane Pollard
Une journée avec Nick Cave dans son exil britannique de Brighton filmée par de Iain Forsyth & Jane Pollard ! Le garçon enregistre son dernier disque, déjeune avec Warren Ellis (son fidèle musicien des Bas Seeds), passe du temps avec les archivistes qui classent les documents de sa vie, devise avec Kylie Minogue dans sa Jaguar, revient sur son passé punk, envisage son futur de créateur et le film se termine sur la prestation de Nick Cave & the Bad Seeds à l’Opéra de Sydney sur le superbe, très déjanté et lancinant Jubilee Street.
Un film pour initiés tout à la gloire d’un rockeur attachant.
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Citoyens ! Réjouissons-nous !
Le monde de la culture est déjà à feu et à sang pour la nouvelle salle philharmonique de musique classique construite à la Porte de Pantin sur financement du contribuable, et pas même encore inaugurée.L’Etat qui en est propriétaire de même que la salle Pleyel veut administrer cette nouvelle offre culturelle en concentrant la musique classique sur ce nouveau site et en réservant la salle Pleyel à d’autres genres musicaux. Et déjà le monde de la culture et Mme. Michu pétitionnent et contestent en chœur cette nouvelle organisation qui n’a pas encore vu le jour. Un adjoint à la culture de la mairie de Paris 17ème lance une pétition sur un site spécialisé en coups de gueule franchouillards :
À l’attention : de la Ministre de la Culture et de la Communication et du Directeur Général de la Cité de la Musique
Madame la Ministre, Monsieur le Directeur,
La Salle Pleyel fermera temporairement fin 2014 et son exploitation sera concédée à un prestataire dont le cahier des charges sera exclusivement centré sur les spectacles de musique (rock, pop, chanson…) et de divertissement.
Nous nous opposons à cette fin programmée de la musique classique à la Salle Pleyel, lieu mythique chargé d’histoire.
L’argument invoqué par les responsables de la Philarmonie [avec une belle fôte d’orthographe, NDLR], d’une éventuelle concurrence entre les deux salles, ne nous paraît pas suffisant pour décider arbitrairement d’une réduction drastique de la présence de la musique classique symphonique dans le centre de Paris.
De même que Bastille n’a jamais vidé Garnier, une complémentarité peut certainement être trouvée entre la Philarmonie et Pleyel, permettant à cette dernière de conserver tout ou partie de sa vocation classique.
Nous faisons donc appel à votre pragmatisme pour que le bon sens l’emporte et permette à la Salle Pleyel de continuer à accueillir des concerts de musique classique.
Les musiciens se sont plaints des années durant de l’absence de salle de musique classique digne de ce nom à Paris. Leurs vœux ont été exaucés aux frais du contribuable puisque bien entendu le secteur privé n’a pas semblé intéressé par un tel investissement. La salle existe désormais et doit être inaugurée dans les prochaines semaines. Croyez-vous que lesdits musiciens se réjouissent, remercient le contribuable de ses efforts et l’Etat d’avoir mené à bien ce chantier ? Que nenni, les quémandeurs sont déjà à leurs pétitions…
En l’occurrence l’Etat se propose d’administrer l’offre musicale parisienne plutôt que de laisser jouer la libre concurrence. Pourquoi pas en attendant de consolider la demande ? Une autre solution est effectivement de laisser agir les forces du marché (chères à Guillaume Roquette du FigMag) pour désigner le vainqueur et pleurer sur la défaite du vaincu. La logique libérale voudrait alors que l’on laisse fermer la salle qui ne drainerait pas assez de spectateurs. Dans une telle hypothèse on peut compter sur une nouvelle pétition des quémandeurs pour exiger que le contribuable paye les déficits de la salle moribonde plutôt que de la laisser mourir.
Nous sommes en France et nous connaissons cette tendance tenace à consacrer son énergie à la contestation de tout et son contraire plutôt qu’à avancer, mais celle-ci est parfois un peu déconcertante et peu productive. Laissons démarrer les choses doucement, les gestionnaires de cette offre culturelle nouvelle s’adapteront aux réalités de ce marché aux contours encore incertains au fur et à mesure de leur apparition. Et qui sait il y aura peut-être assez de spectateurs et de fonds publics pour faire vivre ces deux salles en plus de l’auditorium de Radio-France, du théâtre des Champs-Elysées, les salles Gaveau, du Chatelet et des deux opéras de la capitale.
Citoyens ! Réjouissons-nous ! Merci aux contribuables d’avoir financé cette belle salle et d’être déjà engagés à en payer une partie du fonctionnement pour les années à venir. Merci aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage d’avoir mené ce chantier. Merci aux artistes qui s’y produiront et aux spectateurs qui s’y rendront. Sourions, laissons-nous aller, cette nouvelle salle ce n’est que du plaisir et enfin une bonne nouvelle. Les pisse-froid ne nous feront pas perdre notre bel enthousiasme, les râleurs ne gagneront pas face aux gens heureux, Guillaume Roquette du FigMag n’appliquera pas ses théories libérales à l’exception culturelle française !
Accessoirement, l’exposition David Bowie is… y est programmée à partir du 3 mars.
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Patti Smith & John Cale à la Fondation Cartier
Patti Smith et John Cale en concert le 23 octobre 2014 à l’occasion du 30ème anniversaire de la Fondation Cartier. Ces deux-là ont commis Horses en 1975, l’un des disques fondateurs du rock du XXème siècle, puis ont vécu leurs destins musicaux aux hasards du monde du Rock ‘n’ Roll qui en a laissé plus d’un sur le carreau. Les voilà réunis de nouveau pour un concert privé, hélas réservé pour quelques privilégiés. Mais quel bonheur de les savoir toujours sur scène, eux qui furent l’avant-garde de la musique de notre temps.
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COBAIN Kurt ‘Journal, musiques & cie’.
Sortie : 2002, Chez : 10/18. Le journal décousu du leader du groupe grunge Nirvana, suicidé alors en pleine gloire après un nombre limité de disques météorites. L’idole d’une jeunesse désillusionnée, séduite par ce rock vigoureux et déprimant. Kurt écrit ce qui lui passe par la tête sur des bouts de papier éparts, dessine des esquisses qui se perdront, où deviendront les couvertures de ses disques les plus célèbres. Il y est question de musique bien sûr, mais aussi de sentiments un peu confus. L’œuvre est émouvante quand on sait ce qu’est devenu son auteur mais on préfère Nirvana sur scène plutôt qu’en librairie.
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Leonard Cohen « Popular Problems »

I saw some people starving
There was murder, there was rape
Their villages were burning
They were trying to escape
I couldn’t meet their glances
I was staring at my shoes
It was acid, it was tragic
It was almost like the bluesUn nouveau disque de Leonard Cohen qui va fêter ses 80 ans de déambulations poétiques et sombres, le compagnon de route de toute une génération qu’il continue d’inspirer. Une voix de plus en plus crépusculaire, un chanté-parlé doux et obsédant sur des textes mélancoliques.
La couverture le montre toujours d’une élégance raffinée, avec une canne désormais. Les photos du livret l’affichent en train de cirer ses chaussures, une modestie affirmée.
Quel étonnant parcours pour cet artiste canadien atteignant aujourd’hui le stade de la légende vivante !
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Kate Bush
Kate Bush revient sur scène pour un mois complet de concerts à Londres ce mois de septembre. Elle n’était plus apparue en public depuis 35 ans. C’est un évènement musical dont les premiers échos médiatiques sont plutôt favorables. C’est l’occasion de revenir sur son remarquable dernier disque : « 50 words for snow », piano-voix tout en douceur et en mélancolie.
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Bobby & Sue

Bobby & Sue aux Mercredis de Trébeurden. Duo jazz-blues breton charmant sur une petite scène près du port, une cinquantaine de spectateurs, un froid polaire, un comptoir qui délivre du cidre et des crêpes, un bon moment, simple et musical.
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Cats on Tree à Carcassone



Cats on Trees au festival off de Carcassonne (c’est-à-dire gratuit) : un duo français accompagné par un quatuor à cordes. Elle chante en joue du piano, il joue de la batterie et chante. Elle a une voix superbe, entraînante, des accords au piano, graves et romantiques. Une réincarnation d’Amy Macdonald en pianiste. En tout cas, une très sympathique découverte.
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Le festival de Carcassonne

C’est la saison des festivals : Massive Attack ce soir dans le théâtre de plein air de la cité fortifiée de Carcassonne ! Magnifique concert, John Baggott, clavier habituel des tournées n’est pas là et pas numériquement remplacé, les chansons sont traitées différemment et 3D ne chôme pas entre ses machines. Le résultat final est un peu plus brutal et encore plus sombre. Une superbe version de Angel qui mêle les trémolos d’Horace et la furie métallique des guitares, Splitting the Atom très réussi et émouvant, comme la performance de Martina chaussée d’incroyables bottes-cuissardes réfléchissantes, brillant de mille feux. En l’absence de claviers certains morceaux ne peuvent être repris et on regrette Atlas Air ou Karma Coma ! Mais d’autres apparaissent que l’on ne reconnaît pas, peut-être des nouveautés ?
Massive Attack revient en France pour la fête de l’Humanité en septembre.
Lire la chronic sur Massive Attack – Ete 2014


