Catégorie : Kronic musique

  • David Bowie – Heathen

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    J’ai su qu’elle arrivait pour me retrouver par avion spécial dans l’après-midi.  A peine l’aéroplane atterri j’étais déjà fébrile dans le hall d’arrivée à l’idée de l’apercevoir se profiler dans la file des passagers. Elle est sortie, rayonnante et déjà troublante. Je l’ai tendrement enlacée. Plus tard, dans la voiture, je la sentais à mes cotés, sereine ; je l’ai effleurée de mes mains avides alors que nous faisions route vers la maison. Mais alors que quelques rendez-vous m’empêchaient de me consacrer tout entier à elle, c’est dans un coin de mon bureau qu’elle m’a sagement attendu, offrant ses atours aux regards de mes invités, toujours calme et patiente tandis que l’excitation me gagnait. Quand enfin l’heure est venue de nous retrouver seuls face à face, après un instant de recueillement partagé pour goûter ce lien si fort qui déjà nous unissait, cette attirance irrépressible qui nous menait l’un vers l’autre, j’ai voulu doucement, tout doucement, la découvrir et elle s’est abandonnée à moi, enfin !
    Ce fut une nuit de délices et d’engagement où quelque chose s’est passé au-delà du plaisir éphémère d’une première rencontre. Ce furent les prémices d’un amour fort et intense qui nous emmènera loin. J’ai senti de l’inspiration et de la profondeur dans ses paroles, un rythme de braise dans la musique qu’elle m’a jouée cette nuit. J’ai vécu le début de quelque chose de sublime. Et lorsqu’au petit matin, épuisé et heureux, j’ai senti le sommeil me gagner, j’ai jeté un ultime regard attendri sur la dernière œuvre de David Bowie qui venait de m’offrir une nuit de résurrection.

  • Velvet

    Velvet toujours

    J’ai divagué une heure durant avec Étienne Daho devant ma télévision. Il y a quelques années, ED est parti en Amérique sur les traces de Kerouac, accompagnée d’Édith Fabuenna du groupe Les Valentins, sa guitariste fétiche, et d’un cameraman pour marquer ces moments étranges sur une pellicule noire et blanche. Il en est ressorti un film troublant où l’on voit alternativement notre petit monde au Chelsea Hotel de NYC, déprimer sur les traces de Nico et d’Andy Warhol, faire un « boeuf » avec Chris Isaak à la Nouvelle Orléans, rouler dans une décapotable rose sur les routes rectilignes de la vallée de la mort entourées de sable blanc, découvrir émus la grandeur de l’Amérique en gratouillant sur une guitare dans un motel au milieu de nulle part.

    J’ai communié avec l’ambiance de ce film « On the road », avec cette attirance morbide pour l’underground new-yorkais, avec l’image de cette époque révolue où les junkies hantaient le Village à la place des boutiques fashion d’aujourd’hui. L’hiver dernier, alors que terré à New York je courrais après mes illusions (« Pale blue eyes »), j’ai moi aussi divagué en écoutant le Velvet, fumant cigarette sur cigarette, repassant en boucle sur un baladeur Sweet Jane et Heroin dans les rues aseptisées de Soho, essayant d’imaginer une époque jamais vécue, des héros à peine entrevus. Depuis, je suis saisi d’une loureedite aigue et il ne peut s’écouler plus de 24 heures sans que la voix chevrotante du poète américain n’irrigue mon cerveau assoiffé de musique.

    Velvet encore

    Poursuivi par le Velvet et ses démons, je fus pendu à la tv devant un troublant docu John Cale, l’âme damnée du quatuor warholien. Et de revoir nos compères apprendre à jouer dans la Factory d’Andy dédiée à l’Art underground, Lou se déchirer avec John avant de le virer. Lou et John s’arracher Nico pleurant sur la vie dans un désastre de blondeur et de drogue. Cale faire sa vie après le Velvet, produisant « Horses » de Patti Smith et goûtant la fascination du précipice. Découvrant Iggy et les Stooges. Puis se marie et procrée. Puis affronte la mort de Nico et de Warhol. Retrouve Reed pour les funérailles d’Andy à la cathédrale St-Patrick de New York. Ils ne se sont pas parlé depuis vingt ans, ils vont lire ensemble le journal intime de Warhol sur un fond musical qu’ils improvisent avec guitare et harmonium devant l’underground new-yorkais, survivant de ces années de braise. Et ils vont écrire Songs for Drella, hommage à Andy.

    Il parle de Nico de façon bouleversante et écrit un ballet pour elle : Nico, mélange de danses corporelles bizarroïdes sur fond de son moderne sur orchestre classique et guitares électrifiées. 1993, reformation du Velvet Underground pour une tournée européenne et un enregistrement live à l’Olympia. Moe Tucker ressortie de sa retraite aux baguettes, riant de ces querelles d’hommes. Et puis nouvelle fâcherie Reed/Cale sur la route du retour vers New York où leur projet de disque studio avorte. Toujours cette étrange tristesse sereine qui émane de ces survivants quand ils se penchent sur leur passé avec de longs plans rapprochés sur les visages fatigués de Reed et Cale parlant sans relâche l’un de l’autre et de leurs aventures des années 60. Quelles vies !

    Il faut réécouter les disques solos de Cale et bien sûr posséder le « Velvet Live ».

  • Mick For Ever

    Le chroniqueur vient de passer 1h avec Mick sur C+. Dans ce monde de sigles ce furent 60 minutes d’allégresse. Loin du foot et du loft, un peu de noblesse et une dose d’ego : Mick à Miami chez Lenny Kravitz, Mick dans des jets privés au-dessus de nulle part, Mick et Jade, Mick à Los, Mick et Jerry (au fait, je croyais que ces deux-là étaient broken in two), Mick à la guitare, Mick avec Elisabeth et le Prince Charles. Mick et le BLUUUUUUUES.

    Bref : « Mick… déroulant le tapis rouge de quarante ans de Rock’n Roll sur lequel galopent les chevaux sauvages de tous nos fantasmes de gloire et de destinée. »