Françoise Hardy (1944-2024) est morte ce 11 juin, des suites d’une longue maladie, à 80 ans. Elle a été l’égérie des années yéyé 1960 et bien au-delà. Son beauté androgyne et longiligne, ajoutée à une froideur affichée, a aussi séduit quelques rockers qui se sont affichés avec elle : Bob Dylan, David Bowie, Mick Jagger, Etienne Daho. D’une voix susurrée elle chantait ses propres textes, mélancoliques, tournés vers les amours perdus et la séparation. Elle était sympa Françoise Hardy. Que la terre lui soit légère !
Catégorie : Kronic musique
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« Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Adam Kałduński, piano)
C’est Adam Kałduński qui clôture cette quinzième édition du mini-festival « Chopin au Jardin » qui, comme chaque année, se poursuivra en août dans un parc de Varsovie. C’est sa première venue à Paris et son premier récital dans la capitale. Ce jeune pianiste porte queue de cheval sur costume noir, virtuose et inspiré, il déroule un joli programme, dont les 24 préludes en deuxième partie. Le public sous le soleil ne veut plus le laisser partir et il ne se fait pas trop prier pour enchaîner trois bis.

CHOPIN au jardin_Adam Kałduński_IP_PARIS_mm Mais le vrai héros de ce festival est évidemment Frédéric Chopin (1810-1849) : quel compositeur de génie ! Des Valses aux Nocturnes il a su capter la légèreté et le tragique de la vie. Qui ne rêve, au soir venu, d’imaginer que son âme s’envolera vers l’autre monde au gré d’une Nocturne de Chopin ?
Programme
- Grande valse en la bémol majeur, op. 42
- Nocturne en mi majeur, op. 62 n° 2
- Ballade n° 1 en sol mineur, op. 23
- Vingt-quatre préludes, op. 28

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Les Rolling Stones à Chicago
Un fidèle lecteur nous envoie des nouvelles des Rolling Stones en concert hier à Chicago : ils vont bien !
SET LIST
- Start Me Up
- Get Off Of My Cloud
- It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)
- Angry
- She’s A Rainbow
- Wild Horses
- Mess It Up
- Tumbling Dice
- You Can’t Always Get What You Want
- Tell Me Straight
- Little T&A
- Happy
- Sympathy For the Devil
- Honky Tonk Women
- Midnight Rambler
- Gimme Shelter
- Paint It Black
- Jumpin’ Jack Flash
- Sweet Sounds of Heaven
- (I Can’t Get No) Satisfaction
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« Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Wojciech Kruczek, piano)
Nouveau dimanche du festival « Chopin au jardin » au parc Montsouris. Il fait grand beau temps aujourd’hui. C’est au tour de Wojciech Kruczek de se produire. Jeune pianiste polonais virtuose, multi-primé dans différents concours. Il joue pour la première fois à Paris dans une atmosphère estivale bon-enfant. Coiffure années 1930, grosses lunettes, il porte beau son nœud-papillon sur un costume claire à pochette et il nous emballe avec des pièces de Chopin (jouées sans partition) et leurs cascades de notes si dynamiques. Lors des passages primesautiers de cette musique de cœur il suit le rythme presque jazzy avec de légers mouvements des épaules. Il salue les quatre côtés du kiosque avec un large sourire entre chacune des pièces. Il est l’air heureux et détendu, nous aussi.
Le Nocturne op. 48 amène un peu de tragique dans l’atmosphère avant le final éclatant et joyeux de la Polonaise op. 53. Quel plaisir que ce festival et ces pianistes invités de si grand talent.

CHOPIN au jardin, Wojciech KRUCZEK (23/06/2024) Programme
- Polonaise en sol bémol majeur, op. posthume
- Fantaisie sur des airs polonais en la majeur, op. 13
- Quatre Mazurkas, op. 30
- n° 1 en do mineur
- n° 2 en si mineur
- n° 3 en ré bémol majeur
- n° 4 en do dièse mineur
- Étude en ut mineur, op. 10 n° 12 (Révolutionnaire)
- Grande Valse brillante en mi bémol majeur, op. 18
- Nocturne en do mineur, op. 48 n° 1
- Polonaise en la bémol majeur, op. 53 (Héroïque)
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« Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Aleksandra Bobrowska, piano)
Les villes de Varsovie et de Paris s’unissent chaque veille d’été pour organiser un festival Chopin sous le kiosque du parc Montsouris. C’est le quinzième anniversaire cette année, chaque dimanche après-midi du mois de juin se succèdent des pianistes, généralement polonais si l’on en juge par leurs noms pleins de consonnes. Aujourd’hui c’est Aleksandra Bobrowska qui se produit sur un piano à queue abrité des intempéries sous l’abri. A défaut d’acoustique appropriée de ce lieu en plein air, l’instrument est légèrement sonorisé pour que les spectateurs dispersés autour du kiosque soient dans les meilleures conditions possibles. Le résultat est techniquement parfait. Et il est artistiquement époustouflant. La musique de Chopin se prête magnifiquement à cet environnement champêtre et guilleret. Les cris des enfants qui jouent au manège pas loin et ceux des perruches vertes qui volètent entre les arbres au-dessus s’accordent bien avec l’atmosphère joyeuse et le déluge de notes. Valses et mazurkas jouées de mains de maître nous emportent bien loin dans toute la profusion et la légèreté de cette musique et nous font oublier les quelques gouttes de pluie qui font sortir les parapluies des spectateurs.

CHOPIN au jardin, Aleksandra BOBROWSKA (16/06/2024) Programme
Contredanse en sol bémol majeur, op. posthume
Galop en la bémol majeur, op. posthume (Galop Marquis)
Trois écossaises, op. 72 n° 3
Polonaise en la majeur, op. 40 n° 1 (Militaire)
Valse en la mineur, op. posthume
Valse en mi mineur, op. posthume
Valse en do dièse mineur, op. 64 n° 2
Valse en ré bémol majeur, op. 64 n° 1 (Minute)
Grande Valse brillante en mi bémol majeur, op. 18
Polonaise en ré mineur, op. 71 n° 1
Mazurka en si bémol majeur, op. 7 n° 1
Mazurka en la mineur, op. 17 n° 4
Mazurka en do majeur, op. 24 n° 2
Mazurka en ré majeur, op. 33 n° 3
Mazurka en do dièse mineur, op. 63 n° 3
Polonaise en la bémol majeur, op. 53 (Héroïque)
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« Love is a losing game »
Le documentaire « Amy » est rediffusé ce soir sur la télévision numérique. Quelle tristesse de revoir l’effondrement d’Amy Winehouse (1983-2011), une artiste à la voix exceptionnelle mais aussi une auteur-compositrice de grand talent. Sa carrière fulgurante a pris fin dans un déluge d’excès et de substances destructrices.
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DEMÊTRE & CHAUVARD Jacques & Marcel, ‘ Voyage au pays du blues’
Sortie : 1959, Chez : Le mot et le reste (2022).
1959, deux journalistes passionnés de blues, Jacques Demêtre et Marcel Chauvard, voyagent aux Etats-Unis, le cœur battant de cette musique. Ils passent par New York, Detroit et Chicago. Leur revue de ce voyage sera publiée en plusieurs articles dans le journal « Jazz Hot ». Ce livre réédite ces articles qui firent beaucoup pour la découverte du blues en France qui est alors un genre musical quasiment inconnu en Europe.
Nos deux compères qui en ont déjà une solide connaissance, et un sérieux carnet d’adresses, font le tour des clubs, des maisons de disque, des ghettos ou des logements plus ou moins miteux où résident leurs musiciens de cœur. Il n’est question que de musique dans ce voyage itinérant à une époque où la communauté noire américaine (on dirait aujourd’hui « afro-américaine ») explose dans le jazz et le blues avec des talents extraordinaires dont la plupart ne quitteront jamais leurs quartiers de Harlem ou du South Side de Chicago. Mais on croise aussi de futures vedettes : B.B. King, Muddy Waters, Budy Guy, Howlin’Wolf, John Lee Hooker… La plupart des noms d’artistes ou de groupes sont inconnus des non initiés, et le resteront.
Les deux auteurs manifestement fascinés par la découverte du monde du blues virevoltent entre les concerts et les interviews de tous ces musiciens, parfois dans des conditions un peu scabreuses à une époque où l’émancipation de la communauté n’est pas vraiment de mise, mais où le blues et la danse servent un peu de soupape de sécurité. Hélas, quelques années plus tard, les émeutes remplaceront les concerts dans le combat pour les droits civiques. Des photos magnifiques illustrent ce périple dans le monde du blues dont les auteurs parlent des « Noirs » dans des termes qui feraient frémir les « décolonialistes » d’aujourd’hui, même si empreints de bienveillance et d’admiration.
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Fauré, Debussy et Szymanowski à l’Eglise de la Sainte-Trinité (Paris)
Les très brillants « Chœur & Orchestre symphonique de Paris » dirigés par Xavier Ricour ont investi ce soir l’Eglise de la Sainte-Trinité, place d’Estienne d’Orves dans le XIXe arrondissement parisien, pour une représentation du requiem de Gabriel Fauré (1845-1924), composé dans les dernières années du XIXe siècle, pièce intemporelle pour les défunts, jouée ici avec orchestre et deux solistes, dans une église entièrement rénovée à l’intérieur alors que les échafaudages défigurent toujours la façade.
La seconde œuvre est chantée en polonais puisque son compositeur, Karol Szymanowski (1882-1937) est polonais, né dans l’empire russe. C’est un Stabat Mater, écrit en 1925-1926. Une musique plus contemporaine, qui titille parfois les oreilles. L’un des solistes est un contre-ténor qui remplace la soprano pour laquelle la pièce a été écrite. Impressionnant !
D’un requiem au stabat-mater, l’ambiance est plutôt morbide ce soir. Heureusement, la « danse sacrée » et la « danse profane » de Debussy viennent égayer l’atmosphère avec un magnifique jeu de harpe.
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« Madame Butterfly » à l’Escurial
The Royal Opera House de Londres organise régulièrement la diffusion en direct dans des salles de cinéma partenaires des concerts et opéras montés dans la salle anglaise. Aujourd’hui c’est le célèbre opéra de Giacomo Puccini, Madama Butterfly, qui est présenté au cinéma parisien L’Escurial avec quelques semaines de différé par rapport à la diffusion en direct.
L’histoire d’amour de Mme. Butterfly est éternelle : au début du XXe siècle, une jeune japonaise de 15 ans, Cio-Cio-San, dans les mains d’un marieur cynique, épouse un officier de marine américain de passage dans le port de Nagasaki, le lieutenant Pinkerton. C’est un mufle, elle est un ange. Il déserte Nagasaki peu après le mariage, disparaît pour trois ans avant d’y revenir avec… sa femme américaine. Il découvre alors que Cio-Cio-San a eu un fils de leur union. Le premier acte se termine sur le trio Butterfly, son fils endormi et Suzuki (la servante) immobile sous le ciel étoilé pendant que le chœur murmure, bouches fermées, une émouvante mélodie marquant l’attente, triste mais pleine d’espoir, de Pinkerton
Deux actes plus tard, dans une fin tragique, elle lui demande d’emmener son fils en Amérique puis se fait hara-kiri dans un chant désespéré adressé à son fils :
Pour toi,
Traduction de l’italien
Pour tes yeux
Si purs,
Meurt Butterfly… !
Afin que, tout là-bas,
Ton destin change !…
Et sans qu’à ton jeune âge,
Soit fait l’outrage
D’avoir quitté ta mère !…Mais au dernier moment s’élève la voix de Pinkerton au loin qui grimpe la colline en appelant « Butterfly ! Butterfly ! ». Vient-il essayer de racheter sa félonie au dernier moment ? Trop tard, le traître a gagné, la morale est perdante !
L’opéra a été composé en 1900 à partir d’une pièce de théâtre éponyme. Puccini qui n’était jamais allé au Japon s’est beaucoup documenté sur le pays et sa culture pour l’écriture. Ce soir la mise en scène est sobre à base de grands panneaux coulissants japonisants ouvrant sur le port de la ville ou sur la nuit. Le spectateur se concentre sur les personnages et les mélodies bouleversantes de Puccini. Les retraités qui composent la majorité de l’assistance clairsemée écrasent une larme sur l’image finale du petit garçon blondinet agitant son drapeau américain pour guider son père qui, finalement, vient le chercher pendant que Butterfly expire.
L’opéra au cinéma a des avantages, surtout quand il est bien filmé comme ce soir, on voit mieux les artistes et les sous-titres et, pour faire oublier les fauteuils de la salle veillotte qu’il faudrait un jour rénover, la direction offre un verre de vin blanc à l’entracte.
Distribution
- Cio-Cio-San, Asmik Grigorian
- Pinkerton, Joshua Guerrero
- Suzuki, Hongni Wu
- Orchestre et chœur du Royal Opera House dirigé par Kevin John Edusai
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« METAL Diabolus in musica » à la Philharmonie
On s’amuse à la Philharmonie avec une exposition « Metal » au rez-de-chaussée de l’immeuble futuriste de la Porte de Pantin qui accueille les plus grands orchestres classiques de la planète. L’ambiance est dédiée au diabe aujourd’hui et on revient sur l’histoire du hard-rock lancé il y a cinquante ans par les groupes britanniques Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, suivis jusqu’à aujourd’hui par de nombreux groupes et fans qui s’expriment dans les décibels et la bière lors de nombreux festivals métalleux estivaux à travers la planète.
La Philharmonie nous emmène à travers la multitude de sous-genres créés dans l’univers du Metal avec une excellente sonorisation, des images live réjouissantes et tous les totems de ces groupes. Beaucoup de guitares bien entendu car la virtuosité des guitaristes est l’un des fondements du genre, mais aussi toute la quincaillerie plus ou moins diaboliques popularisée par ces groupes (costumes, masques, croix, chaînes…) dont certains ont flirté avec des rites initiatiques pas toujours très rassurants. L’alcool et les drogues ont laminé une partie de ces musiciens mais le genre se renouvelle et de nouveaux groupes métalleux fleurissent pour remplacer ceux qui disparaissent.
L’intérêt majeur de l’exposition réside dans le choix et la qualité des vidéos de concert montrées dans les différentes salles, de Black Sabbath dans les années 1970 à Rage against the machine aujourd’hui.

La guitare bass du leader de Motörhead, Lemmy Kilmister (1945-2015) -

Cale & Bockris, ‘Une autobiographie – John Cale’.
Sortie en 1999, Chez : Editions Au diable vauvert.
John Cale est un britannique né au Pays de Galles en 1942, d’un père mineur et d’une mère enseignante qui jouait du piano. Il a fondé à New York le légendaire groupe de rock The Velvet Underground avec Lou Reed, né une semaine avant lui, et sous l’impulsion d’Andy Warhol. Dans cette autobiographie coécrite avec Victor Bockris il revient sur son passé et sa vie musicale jusqu’en 1999. Car, musicien dans l’âme, il ne s’est jamais détourné de cet art malgré des excès et des dérives qui ont valu de mourir à bien de ses coreligionnaires.
Mauvais élève, il s’oriente rapidement vers des études musicales classiques pour lesquelles il affiche de bonnes dispositions. Il adopte l’alto comme instrument de cœur mais sera multiinstrumentiste toute sa vie. Il émigre assez rapidement aux Etats-Unis en 1963, alors le pays de tous les possibles. Il y rencontre le gratin de la musique contemporaine : John Cage, La Monte Young, Aaron Copland…, participe à des œuvres improbables comme la création d’une pièce d’Erik Satie qui consiste à jouer pendant 18 heures 840 fois le même morceau du compositeur, et, il rencontre Lou Reed dans le monde du rock. Avec Maureen Tucker (batterie), Sterling Morisson (guitare) et Nico (chant) ils créent en 1965 l’un des groupes les plus fulgurants de l’époque dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui.
John Cale vs. Lou Reed, c’est un choc de géants, le musicien associé au magicien des mots, dans l’ambiance déglingue des années 1960 d’un New York envahi par la drogue, les « expériences » culturelles et les personnalités les plus ravagées de ce monde artistique contemporain qui sera désigné assez rapidement sous le qualificatif « underground ». Rapidement ces deux caractères se heurtent violemment et Reed qui revendique la direction du Velvet pousse Cale dehors, le tout dans un déluge d’héroïne, de querelles d’égos, de rentrées financières et de périodes de vaches (très) maigres, mais toujours avec la musique comme seul guide.
Très prolifique, John Cale sort ses disques solo, au moins une quarantaine depuis son départ du Velvet Underground, fait des tournées et produit des artistes. Il a notamment produit Horses de Patti Smith, The Stooges, le premier disque d’Iggy Pop et des Stooges, et bien sûr aussi les disques de Nico dont il fut le compagnon et pour laquelle il écrivit un ballet. On croise dans ce livre d’autres musiciens remarquables : David Byrne, Brian Eno, U2, Philip Glass et bien d’autres.
En hommage à Andy Warhol, il se réunit en 1990 avec Lou Reed pour écrire Songs for Drella, disque qui donne lieu à de nouvelles et sordides querelles entre les deux artistes. En 1993 le Velvet Underground se reforme, sans Nico décédée accidentellement en 1988 pour une tournée rapidement avortée par suite des comportements caractériels de Lou. Trois shows furent donnés à l’Olympia à Paris, donnant lieu à la sortie d’un disque live exceptionnel : Live MCMXCIII.

Cette autobiographie revient sur des années de dérives, de violence et d’excès, sur une vie privée aussi quelque peu agitée. L’un des pères du punk, aujourd’hui plus apaisé, John Cale, 82 ans, continue à sortir des disques et faire des tournées. Il est le dernier survivant du Velvet avec Maureen (79 ans). Sterling, à qui est dédié ce livre, est mort de maladie en 1995 à 53 ans, Lou est mort en 2013 à 71 ans et Andy est mort en 1987 à 58 ans.
On passait une année et demie presque complètement dans une voiture ou un camion, on allait dans ces petites villes, c’était marrant, j’avais un immense respect pour lui, comme tous ceux qui jouaient avec lui , et on avait sans arrêt un nouveau groupe, il virait toujours tout le monde.
Sur la route ou à New York, John pouvait être très effrayant. Mais j’ai toujours pensé que Lou l’était encore plus. Il était totalement glacé, presque inhumain, alors que John avait une certaine humanité en lui, et un fantastique sens de l’humour, et en plus il était vraiment doué, au-delà de ce qu’on peut dire de lui, il était brillant.
John pouvait prendre la guitare ou la basse et jouer et chanter, il n’a réellement besoin de personne, on était là mais on se demandait pourquoi, peut-être juste pour le distraire, ou parce que toute cette histoire avec Lou Reed l’énervait et qu’il était furieux. Mon vieux il était furieux, furieux, furieux. Mais en même temps, c’était le plus drôle et le plus exubérant des mecs.
Deerfrance (choriste sur les tournées solo de Cale 1978-1980)La composition du livre en grand format est aussi déjantée que le personnage : illustrations baroques dans tous les sens, photos confuses en filigrane, paragraphes imbriqués les uns dans les autres, marges courbes et variables, bienvenue dans le monde underground…
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« Bruch & Brahms » à la Philharmonie de Paris
L’Orchestre de Paris joue ce soir sous la direction de Christoph Eschenbach, son ancien directeur musical entre 2000 et 2010, pianiste émérite reconnu mondialement. A 84 ans, démarche hésitante, habillé de noir, le crâne toujours éternellement poli émergeant de son col Mao, malgré la rigidité toute germanique dont il ne se départ pas (on a un peu envie de claquer des talons en le saluant…), il est capable d’emmener son orchestre au bout de sa baguette vers les sommets de la musique romantique allemande.
Il s’agit aujourd’hui du double concerto pour clarinette et alto op. 88 de Max Bruch (1838-1920) et du quatuor avec piano n°1 op. 25 de Johannes Brahms (1833-1897) transcrit en version orchestrale par Arnold Schönberg (1874-1951). Musique romantique certes, mais enlevée et dynamique, fort peu larmoyante. Le quatuor réorchestré, en particulier, est même guilleret comme une cavalcade dans un champ de coquelicots un jour de printemps en Bavière. Le maestro est tellement imprégné de la musique de Brahms qu’il le dirige sans partition.
Une très jolie soirée musicale portée par le talent de tous ces musiciens dédiés à des compositeurs de génie.
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« Le Belvédère – maison de Maurice Ravel » à Monfort l’Amaury
Maurice Ravel (1875-1937), immense compositeur français, a passé les quinze dernières années de sa vie dans cette maison de Monfort l’Amaury acquise en 1921 grâce à un héritage. Il y composa certaines de ses grandes œuvres comme le Concerto pour piano en Sol, celui « Pour la main gauche » ainsi que le célèbre Boléro. La maison est de dimensions modestes, en dénivelé à mi-hauteur d’une colline. Elle est de forme triangulaire, faisant l’angle d’une allée qui descend en la contournant et d’une rue qui monte en serpentant autour du parc qui occupe le sommet de la colline. La façade ouest domine une vaste vallée de verdure et, au fond, on nous dit que se trouve Paris ; la nuit le faisceau lumineux de la Tour Eiffel se voit depuis Montfort. Ravel vivait ici avec ses deux chats siamois
L’ensemble de la maison a été décoré par le compositeur qui avait des idées assez précises en la matière. Également tourné vers la technologie de l’époque, il y fit installer le téléphone, le chauffage central et un chauffe-eau à gaz, luxes assez rares dans les années 1920. Il avait un électrophone pour écouter ses disques de jazz. La demeure est un peu conçue comme une maison de poupée. Tout est étroit et restreint, sans doute aussi dimensionné pour les tailles et corpulences plus petites il y a un siècle qu’aujourd’hui. Mais Ravel aime aussi le lilliputien, les meubles et étagères sont méticuleusement décorés de multiples petits bibelots et porcelaines, de minuscules jeux mécaniques dont le compositeur raffolait. Chaque pièce a ses propres thèmes et couleurs. Ravel avait une fidèle servante et les menus servis étaient toujours les mêmes avec systématiquement en entrée des maquereaux au vin blanc. Il recevait ses amis, ses interprètes, Colette qui n’habitait pas loin et qui avait écrit le livret de L’Enfant et les Sortilèges. Régulièrement il faisait des allers-retours sur Paris pour fumer ses Caporal dans les clubs de jazz de la capitale.
On arrive enfin dans la pièce où Ravel composait sur son piano à queue.

C’est le vrai piano ! Un des visiteurs, musicien, portant religieusement sa propre partition du Tombeau de Couperin comme s’il avait voulu l’imprégner de l’esprit ravélien qui hante cette demeure, demande très timidement s’il peut au moins poser un doigt sur une touche pour en jouer une note, une seule, voit sa requête rejetée poliment par la guide. C’est sur ce piano que Ravel a tenté de jouer la partition du Concerto en Sol qu’il avait lui-même écrite mais dont la difficulté technique était telle qu’il dû y renoncer et faire appel à Marguerite Long pour créer l’œuvre. Il avait dédié la Toccata du Tombeau de Couperin à Joseph de Marliave, mari de Marguerite, lui-même pianiste, mort au champ d’honneur en 1914. La reproduction en plâtre de la main de Marguerite Long est exposée en bonne place dans la vitrine de l’entrée, à côté de ses gilets et vestons, car Ravel était très élégant, presque dandy. A gauche du piano, le portrait de sa mère, en face le sien enfant et, à droite, celui de son père. Il y a là l’essentiel et on ressent une forte émotion et du respect devant ce piano qui permit à Ravel de composer parmi les plus belles pages de la musique du XXe siècle. A défaut des touches en ivoire du clavier, on se permet d’effleurer le dessus du piano en partant…
Aux pieds du petit escalier se trouve la chambre de Maurice avec sa salle de bains dans laquelle sont minutieusement ordonnés son matériel de rasage sur une étagère haute et ses instruments de manucure disposés sur une serviette dessinée en touches de piano sur celle du dessous. La pièce donne de pleins pieds sur une terrasse et le jardin japonais en contrebas, également aménagé par Ravel. A l’horizon, bien loin, il y a l’agitation parisienne.
En quittant Monfort l’Amaury, le visiteur découvre que le comté de Monfort était lié au duché de Bretagne depuis le XIIIe siècle, d’où la profusion de références à Anne de Bretagne qui ramena ce compté à la couronne de France lors de la réunion définitive de la Bretagne à la France au XVIe. L’église de Monfort l’Amaury organise toujours un pardon breton autour de l’Ascension.
C’était juste une petite heure dans le monde hors de portée d’un géant de la musique !

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« Concerto pour violon et orchestre n°1 de Dimitri Chostakovitch » par l’orchestre philharmonique de Radio France
Sur le programme de cette soirée de l’orchestre philharmonique de Radio-France à l’auditorium de la Maison de la Radio c’est Petrouchka d’Igor Stravinsky qui est mis en avant alors que le sommet de ce concert fut le concerto pour violon et orchestre n°1 de Chostakovitch joué avant l’entracte. La violoniste norvégienne Vilde Frang, 38 ans, le joua magnifiquement sous la direction du chef finlandais Mikko Frank directeur musical de l’orchestre de Radio-France depuis 2015.
En introduction est donné le sextuor à cordes en ré mineur de Borodine, composé en 1860, joué par deux violons, deux altos et deux violoncelles. Une œuvre courte et délicieuse pour nous mettre en condition.
Puis vient le concerto de Chostakovitch, écrit en 1948, en plein cœur des dérives staliniennes du régime soviétique qui sévissait contre son peuple mais aussi contre ses artistes dont certains musiciens sont accusés de ne pas écrire de la musique suffisamment « patriotique » et en accord avec le « réalisme socialiste ». Nombre de ces artistes seront exécutés. Chostakovitch, accusé de « formalisme » est au cœur de ces polémiques idéologiques. Il a des comptes à rendre pour « déviance » à la police politique NKVD, des articles de la Pravda l’attaquent, il est obligé de retirer certaines de ses œuvres et doit faire son auto-critique en public, concéder des concessions artistiques dans son style d’écriture pour survivre…
On ne sait pas bien si ce concerto pour violon a été écrit, ou amendé, pour correspondre au « réalisme socialiste », il semble en tout cas restituer une atmosphère sombre et torturée. Le violon solo et l’orchestre jouent en parallèle sur leurs propres lignes, se rejoignant parfois, évoluant souvent vers des accents dissonants et complexes. A un moment la soliste se lance seule dans une envolée un peu grinçante, un temps que le chef lui laisse diriger, avant d’être rejointe par les autres instruments. Vilde Frang joue debout durant tout le concert, sans partition et avec une virtuosité heureuse pour cette musique parfois terrifiante, faisant appel aux sentiments les plus poignants des auditeurs. Une œuvre tragique et importante, au diapason d’une époque trouble de la Russie soviétique qui a martyrisé ses artistes.
Après l’entracte arrive Petrouchka de Stravinsky, qui se révèle une œuvre primesautière sur une musique printanière. Composé en 1911 sous la Russie tsariste, Petrouchka devint ensuite un ballet. On est loin des abymes de noirceurs dans lesquels nous plonge Chostakovitch mais c’est aussi une bonne façon de terminer un samedi soir à Paris.
Ces trois compositeurs russes joués ce soir avec brio par l’orchestre de Radio-France nous rappellent avec tristesse combien les artistes de ce pays ont participé à l’édification de la culture européenne alors que les orientations politiques et militaires de ce pays-continent n’ont cessé de l’en éloigner !
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“I’m waiting for the man”, l’hommage de Keith Richards à Lou Reed
Dix ans après la mort de Lou Reed (1942-2013), un disque hommage est en préparation, intitulé à ce stade The power of the heart. Keith Richards a déjà diffusé sa participation, une reprise de I’m waiting for the man, écrit au temps du Velvet Underground, référence au dealer que l’on attend dans les rues sordides et mal famées du New York des années 1960-1970. Bowie (1947-2016) a également régulièrement repris ce morceau sur scène. Il n’est plus là pour participer à l’hommage
Keith Richards qui reprend Lou Reed sur une histoire de dealer…. Tout un programme, une bonne interprétation d’ailleurs. On attend la sortie du triple-CD pour bientôt !
Voir aussi :
– Adieu Lou Reed
– L’hommage de Laurie Anderson à Lou Reed -

DYLAN Bob, ‘Philosophie de la chanson moderne’.
Sortie : 2022, Chez : Fayard.
Alors que l’on attend toujours le volume II des « Chroniques » dont le premier est sorti en 2005, c’est un nouvel ouvrage surprise qui est publié en 2022, un livre superbe à l’iconographie séduisante et très soignée. L’auteur de 82 ans, nobélisé en 2016, mène ici une brillante analyse des chansons qui ont marqué sa vie et inspiré ses créations. Un chapitre est consacré à chacune.
Chaque chanson est d’abord introduite d’une page ou deux qui révèlent des sentiments qu’éprouve Dylan pour celle-ci. Il s’adresse au lecteur pour qui il retrace avec un humour percutant le contexte de la chanson ou de ses auteurs et interprètes. Ou parfois simplement de l’époque évoquée par la chanson. Il s’agit généralement de morceaux datant du mitan du XXe siècle, Johny Cash, The Platters, Dean Martin, Little Richard, Nina Simone ou Elvis Presley, et toute une série de chanteurs parfaitement inconnus des non spécialistes européens. Plus récents, on retrouve aussi The gratefull dead ou The Clash !
Pour certains chapitre Dylan ajoute une note plus personnelle, souvent consacrée à sa propre interprétation du texte de l’auteur, complété de digressions dylanesques. Les morceaux sont tous illustrés par plusieurs photos en rapport avec l’époque leurs sorties, ou concernant les auteurs, compositeurs et interprètes, ou parfois sans lien évident avec ce dont il s’agit. Ce sont de toutes façons les clichés d’une époque de l’Amérique, un peu perdue, mais tellement positive et dynamique.
Le chapitre 66 (« Where or when », une chanson d’amour de Dio) clôt le livre, peut-être en référence à la route « 66 » qui traversait les Etats Unis d’Amérique, de Chicago à Santa-Monica, sur les traces de la « Ruée vers l’Ouest » du XIXe siècle :
« Il en va ainsi de la musique. Elle appartient à une époque, tout en restant intemporelle ; elle aide à bâtir des souvenirs et elle-même en est un. C’est un aspect auquel nous pensons rarement, cependant elle se construit dans le temps aussi sûrement que le sculpteur et le soudeur travaillent dans l’espace physique. La musique transcende le temps du fait qu’elle l’habite, tout comme la réincarnation nous permet de transcender l’existence en nous menant vers d’autres vies. »
Ce livre est un régal, un retour jouissif sur l’Amérique musicale et sur Bob Dylan, cet auteur-compositeur-interprète de génie dont l’écriture, qu’elle s’applique à des refrains, des poèmes, des récits, des mémoires ou tout simplement sur la vie qui passe, est exceptionnelle.
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« Les lavandières de la nuit » par le chœur de chambre Melisme(s) au Sémaphore de Trébeurden
Le chœur de chambre Melisme(s) présente un charmant spectacle musical mêlant les traditions bretonnes avec la musique classique (Verdi, Berlioz…). Sous la direction de Jérôme Pungier qui joue de la clarinette, un quatuor de chanteur, un accordéoniste et une diseuse-soprano chantent et racontent les « Lavandières de la nuit » qui battent leur linge sous les étoiles en prédisant la mort qui rôde autour de tous.
C’est bien emmené, bien joué, bien chanté, parfois en breton, parfois dans des harmonies un peu modernistes pour une oreille classique. La soirée est douce.
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Dvorak et Bernstein à Saint-Etienne du Mont
Sur cette bonne vieille Montagne Sainte-Geneviève, le cœur du quartier étudiant et intellectuel de Paris durant des siècles, l’église Saint-Etienne du Mont accueille le Chœur Symphonique de Paris, dirigé par Xavier Ricour, qui chante la messe en ré de Dvorak (1841-1904) et les Chichester Psalms de Leonard Bernstein (1918-1990). Il n’y a pas d’orchestre mais une organiste, Mélodie Michel, perchée dans les hauteurs, suivant la baguette du chef sur un écran vidéo face aux imposants tuyaux d’orgue de l’église.
Autant Dvorak est d’une pure facture très classique autant le Bernstein chahute un peu l’oreille. Une batterie et une harpe ont été ajoutée marquant aussi la modernité de l’œuvre inspirée du Livre de psaumes de la Bible hébraïque et chantée en hébreu. Le chœur est renforcé par un jeune contre-ténor, Arnaud Gluck, dont la voix de tête monte bien haut dans les arches de l’église et le cœur de l’assistance. Bernstein, chef d’orchestre, pianiste et brillant compositeur a vogué sur tous les courants musicaux de son siècle avec un égal bonheur, de la comédie musicale au dodécaphonisme en passant par le blues. Le concert ce soir remporte un franc succès et donne l’envie de découvrir ces psaumes plus avant.

Dans la file pour d’attente pour accéder à l’église, deux vieilles dames à la peau parcheminée par le temps et le bronzage artificiel, très 6ème arrondissement, parlent du coronavirus. L’une affirme à l’autre : « ne te fais surtout pas vacciner car tu es ainsi sûre de l’attraper ». On a beau venir partager de la musique sacrée, on n’en reste pas moins concerné par les tracas du quotidien…
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Le guitariste de Massive Attack est mort
Angelo Bruschini, le guitariste de Massive Attack depuis les années 1990 est mort ce 23 octobre à 62 ans des suites d’un cancer du poumon qu’il avait rendu public depuis déjà plusieurs mois. C’était un musicien brillant qui avait réussi à donner une place de choix à la guitare dans un groupe plutôt tourné sur l’électronique. Il était parfaitement dans le ton des Massive Attack avec des riffs glacés et métalliques qu’il posait merveilleusement sur les rythmes d’outre-tombe produits par le collectif de Bristol dont il était aussi originaire. Seule sa chevelure peroxydée marquait une touche de fantaisie sur scène. Il va manquer.

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Maustetytöt : groupe finnois
A l’occasion du visionnage du film « Les feuilles mortes » du réalisateur finnois Aki Kaurismäki on découvre un groupe très intéressant : Maustetytöt (traduit par Spice Girls). Il s’agit de deux sœurs, Anna et Kaisa Karjalainen, l’une chanteuse & claviers, l’autre guitare & chant, toutes deux blondes comme il se doit. Une musique électro qui porte les très belles voix du duo sur de jolies mélodies. Evidemment elles chantent en finnois, ce qui n’est pas des plus aisé à comprendre…
Elles jouent leurs propres rôles dans le film où elles interprètent Syntynyt suruun ja puettu pettymyksin (Né avec tristesse et vêtu de déception) de leur dernier disque EIVÄT ENKELITKÄÄN ILMAN SIIPIÄ LENNÄ (MÊME LES ANGES SANS AILES NE VOLENT PAS). On trouve une traduction en anglais de ce morceau sur Youtube :
C’est une chanson pas très gaie pour un film qui ne l’est guère plus. Cela semble d’ailleurs être le concept du groupe, une musique glaçante et répétitive, des voix éthérées, des visages fermés qui ne sourient jamais, un océan de blondeur… On se croirait sur la banquise d’un fjord en plein hiver. Les mots sont semble-t-il à l’image de cette ambiance. Mais quel choc !
Lire aussi : « Les feuilles mortes » de Aki Kaurismäki
Voir le site web de Maustetytöt



