Sortie : 1952, Chez : Le Livre de Poche 32072. Correspondant de l’Etoile Rouge (le journal de l’armée soviétique) durant la deuxième guerre mondiale, Grossman s’y révèlera un écrivain de grande valeur. Dans ce roman (de 1 000 pages) il décrit la vie d’une famille modeste de Stalingrad alors que l’armée allemande s’approche de la ville et finalement, l’attaque. On y suit, surtout du coté russe, mais aussi un peu du coté ennemi, la destruction de Stalingrad et l’incroyable résistance de l’armée rouge face aux nazis. Certaines descriptions de combat sont hallucinantes comme l’attaque allemande contre la gare, à la fin de l’ouvrage, et font vivre l’horreur des combats urbains de Stalingrad qui ont marqué le tournant de cette guerre mondiale.
Grossman a vécu ces moments terribles et sait les transcrire sur le papier avec talent.
Catégorie : Histoire
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Grossman Vassili, ‘Pour une juste cause’.
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Exposition « La spoliation des juifs – une politique d’Etat 1940-1944 »

Exposition au Memorial de la Shoah sur le processus de spoliation des juifs de France de 1940 avec l’occupation allemande jusqu’à la libération en 1944. Sont exposés les textes définissant la qualité de « juif » et ceux légalisant la saisie de leurs biens, tous signés par le pouvoir français de l’époque. On y découvre le détail des procédures : recensement des hommes et de leurs biens, mise sous administration provisoire des biens détenus directement ou indirectement par des juifs, saisies, ventes aux enchères à des « bons français », versement des produits des ventes à la Caisse des dépôts et consignation pour 90% et le solde sur le compte de fonctionnement du Commissariat général aux questions juives, etc. La plupart des saisies portent sur de petites entreprises, des boutiques individuelles. On y lit des lettres de chefs de famille ruinés et spoliés adressées aux autorités françaises demandant une indulgence qui ne sera pas accordée. Et d’autres lettres d’administrateurs volontaires qui proposent leurs services pour la gestion des biens juifs… Tout ceci est quelque peu terrifiant ! -
Ils ont reçu la bombe
Comme chaque année, les commémorations japonaises de la capitulation nipponne d’août 1945, après deux bombes atomiques larguées sur l’empire du soleil levant, fait débat. Le gouvernement en place, de droite, ne présente pas de regrets comme la tradition diplomatique s’y était habitué, et rend hommage au sanctuaire des soldats morts à la guerre au rang desquels figure une quinzaine de criminels de la deuxième guerre mondiale.
En fait, des forces de l’Axe qui ont déclenché et mené la guerre de 1939/45 contre les alliés, seule l’Allemagne a réellement fait son aggiornamento devant la communauté internationale. Son peuple est d’ailleurs toujours plus ou moins traumatisé par son passé nazi que le reste de la planète de manque pas de régulièrement lui rappeler (cf. la Grèce accueillant l’an passé la chancelière allemande avec des drapeaux nazis, ou le candidat Sarkozy à la présidence française rappelant dans un discours officiel que « La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide « …). Cette culpabilité consentie par l’Allemagne post-1945 a d’ailleurs en partie expliqué la révolte de la génération suivante par l’intermédiaire, entre autres, de la Fraction Armée Rouge se révoltant contre la société capitaliste à eux léguée par leurs parents, coupables d’avoir accouché de la bête immonde du nazisme !
Les japonais restent le seul pays à avoir reçu la bombe atomique qui leur donne aussi un statut de victimes, c’est vrai, et explique sans doute aussi la difficulté à reconnaitre ses actes. Sans bombe atomique, la France a mis 50 ans à admettre que l’Etat français avait secondé la folie criminelle de l’occupant nazi (discours de Chirac de 1995 en commémoration de la rafle du Vel’d’Hiv de juillet 1942).
Pour régler élégamment ces sombres histoires de culpabilités guerrières, le mieux serait de ne pas faire de guerre…
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Anise Postel-Vinay
Le témoignage émouvant d’Anise Postel-Vinay, compagnon de camp de concentration de Germaine Tillon, interviewée ici par Laure Adler :
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Collectif d’historiens , ‘Le livre noir du communisme’.
Sortie : 1997, Chez : Robert Laffont. Après la chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement du communisme soviétique et est-européen, certaines archives de ces pays sont devenues disponibles et ont pu être étudiées par les historiens. Cet ouvrage de 1 000 pages retrace l’histoire du communisme tel qu’il a été mis en œuvre par la révolution bolchévique à partir de 1917 puis exporté avec quelques adaptations sur tous les autres continents, exceptée l’Australie.
On y redécouvre comment la « dictature du prolétariat » a été bâtie sur la guerre civile puis la grande terreur, comment Lénine, Trotski puis Staline ont systématiquement et idéologiquement monté un incroyable système de répression seul capable d’imposer une dictature dont l’effondrement en un temps record montre à quel point elle était inadaptée.
Les historiens reprennent nombre de discours, d’ordres signés de la main des leaders communistes (y compris français parfois), de citations du monde intellectuel, qui montrent le cheminement durant la plus grande partie du XXème siècle d’une illusion qui s’est transformée en barbarie. Passionnant !
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Guerre et savoir-vivre
Lu dans les mémoires de Churchill, la déclaration de guerre du Royaume-Uni au Japon au lendemain de l’attaque de Pearl-Harbor en décembre 1941 :
Ministère des Affaires étrangères, 8 décembre 1941
Le gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni a appris dans la soirée du 7 décembre que des forces japonaises ont tenté de débarquer sur la côte de Malaisie et ont bombardé Singapour et Hong Kong sans avertissement préalable, que ce soit sous forme de déclaration de guerre ou d’ultimatum avec déclaration de guerre conditionnelle.
Devant ces actes injustifiables d’agression non provoquée, commis en violation flagrante du Droit international et particulièrement de l’article 1er de la Troisième Convention de La Haye relative à l’ouverture des hostilités, convention à laquelle sont parties le Japon comme le Royaume-Uni, l’ambassadeur de Sa Majesté à Tokyo a reçu instruction d’informer le gouvernement impérial japonais, au nom du gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni, que nos deux pays sont désormais en état de guerre.
En vous exprimant mes sentiments de haute considération, j’ai l’honneur d’être, Monsieur l’Ambassadeur, votre dévoué serviteur.
Winston S. Churchill.A ceux qui lui reprochèrent ce style cérémonieux il répondit : « Après tout, quand vous devez tuer quelqu’un, rien ne coûte d’être poli. »
Aujourd’hui on ne déclare plus les guerres, on balance des avions dans des tours, on envoie des forces de paix faire la guerre ou on demande à des soldats d’aller construire des routes et des écoles. On fait couler moins de sang mais dans plus de confusion. Ainsi va la vie !
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Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1941-1945’.
Sortie : 2010, Chez : Tallandier. Depuis la bataille de l’Atlantique jusqu’à Hiroshima, la fin de la 2ème guerre mondiale et les prémices de la guerre froide si bien anticipée par Churchill qui est l’inventeur du terme « rideau de fer ». L’auteur nous emmène sur tous les théâtres d’opération : l’Europe occidentale, les Balkans, la Méditerranée, l’Afrique, l’extrême Orient ; nous fait partager les secrets des réunions des 3 alliés (Roosevelt [puis Truman], Staline et Churchill) menées à travers la planète pour diriger la guerre et préparer la paix, tout au long de ce conflit qui a véritablement embrasé la planète entière.
La traduction a été améliorée par rapport aux éditions originales, le texte sérieusement réduit et agrémenté de notes historiques tempérant l’enthousiasme de l’auteur ou rétablissant la vérité historique. -
Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1919-1941’.
Sortie : 2009, Chez : Tallandier. L’irrépressible montée du nazisme post-traité de Versailles dans l’entre deux-guerres mondiales, l’incroyable faiblesse de la politique européenne face à l’Allemagne re-conquérante, l’esprit de résistance du peuple britannique, le grignotage territorial et violent d’Hitler et finalement l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni ; une aventure insensée, celle du siècle de nos parents, racontée avec la verve et l’enthousiasme d’un dirigeant de légende : Churchill !
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Légiférer l’Histoire
N’ont-ils rien d’autre à faire nos parlementaires en fin d’année que de vouloir de nouveau légiférer l’Histoire ? Cette fois-ci ils s’attaquent à punir les négationnistes des génocides reconnus par la Loi française, en l’occurrence celui des juifs durant la deuxième guerre mondiale et celui des arméniens pendant la première. Le négationnisme de la shoah étant déjà pénalement condamné par la loi française, ce nouveau projet de loi est clairement dirigé contre les turcs qui le vivent plutôt mal.
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L’Occident imprécateur
Dans un dîner en ville le sujet de la bataille de Valmy est abordé. Un peu d’Histoire : 1792, Louis XVI et sa famille sont en prison, la révolution française bat son plein, la Prusse et l’Autriche lèvent des armées pour venir au secours de la monarchie française mais l’armée révolutionnaire et populaire remporte la bataille à Valmy (en fait juste une petite canonnade symbolique) face à l’invasion d’une coalition archéo-monarchique le 20 septembre 1792. Le lendemain la République est proclamée.
Quelques mois plus tard le roi sera guillotiné dans une orgie de sang et la terreur pourra vivre sa vie bien à l’abri des frontières nationales et loin de la réaction austro-prussienne.
Et soudain saute aux yeux la similitude historique : la retraite annoncée des troupes occidentales en Afghanistan c’est le Valmy des talibans, l’enlisement européen dans le désert du cinglé des Syrtes c’est le Valmy de la petite famille Kadhafi, et il n’est point besoin de remonter jusqu’à Alger ou Dien Bien Phu. La France autrefois pointilleuse sur son indépendance et exigeante sur sa liberté à pouvoir laisser sa terreur terroriser ses contre-révolutionnaires, cette même France donc se mêle sans vergogne des révolutions des autres et de dire le bon droit au nom de la mission civilisatrice d’un Occident toujours imprécateur dans des pays qui n’en ont pas la même perception.
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L’immobilisme des « gens du voyage »
La polémique fait rage sur le sort des roms en France. La presse, la politicaille, les autorités européennes et les bonnes âmes de toutes parts s’émeuvent contre l’arrogance française et laissent de côté les questions plus embarrassantes.
Sur la forme il est pour le moins regrettable que notre agité de l’Elysée ait comme toujours voulu tirer la couverture à lui sur ce sujet épineux et se soit exprimé avec le fracas que l’on sait. S’il voulait vraiment diffuser son message délétère, il aurait mieux fait de laisser ses porte-flingues habituels prendre la parole, voire agir et ne rien dire.
Sur le fond, le tintamarre actuel laisse quelques questions passées sous le tapis.
Les deux premières relèvent de l’Histoire des bohémiens. Il ne faudrait peut-être pas oublier que les tziganes ont fait partie des undermenschen que les nazis ont voulu passer par pertes et profits durant la dernière guerre mondiale, et se souvenir également de l’influence de la musique tzigane sur notre musique européenne depuis plusieurs siècles. Pour ces deux faits : respect !
La troisième est que la situation présente est l’une des conséquences qui était prévisible de l’adhésion à marche forcée à l’Union européenne (UE) de pays dont le niveau de développement social, économique et culturel était à mille lieux de la moyenne de l’époque de l’UE ; sans parler de l’existence de minorités en leurs seins très mal intégrées, voire maltraitées. Une fois leur adhésion réglée et la liberté de circulation acquise au sein de l’Union, très naturellement ces minorités (d’autant que dans le cas d’espèce, elles sont de nature nomade) ont pris la route vers une herbe qu’elles croyaient plus verte, soit vers l’ouest… On a fait adhérer à un club de démocraties riches d’anciens régimes totalitaires peu habitués à traiter de questions comme celles de leurs minorités. Ils sont donc venus avec leurs problèmes qui sont maintenant les nôtres. Accessoirement on pourra noter que les minorités en France, comme les Corses par exemple, se disent maltraités par la République mais n’envisagent pas de la quitter, ce qui est tout de même le gage d’un relatif bien-être.
Roumanie et Bulgarie sont désormais membres à part entière de l’UE, on ne va pas les en chasser mais plutôt essayer d’éteindre les incendies que ces adhésions politiques ont propagé un peu partout jusqu’à l’Atlantique. Il serait toutefois intéressant que cette expérience soit bien méditée par nos édiles alors que frappent à la porte les démembrements de l’ex-Yougoslavie ou la Turquie, où, entre autres problèmes, subsistent de lancinantes questions de minorités kurde, kosovar, albanaise, etc.
La dernière question qui est passée sous silence est celle plus fondamentale de ce que vont devenir les populations nomades dans nos économies modernes, et cette interrogation dépasse largement les frontières de l’Europe. Les gens du voyage en France font tout pour le moment pour se différencier des roms qui seraient les gens du voyage non français. Mais dans la vraie vie leur intégration est également problématique. Il suffit d’écouter les complaintes des uns et des autres : manque de terrains disponibles pour accueillir leurs pérégrinations, rejet plus ou moins affiché de leurs venues dans certaines communes, liens plus ou moins avérés avec la délinquance, difficultés à les imposer, les scolariser, doutes sur l’origine de leurs revenus, etc.
Plus les économies se modernisent plus dans doute elles se sédentarisent, rendant incongru le mode de vie nomade. Dans des régions moins développées comme l’Afrique, les heurts entre nomades et sédentaires sont ancestraux. Une économie pastorale subsiste encore mais se heurte de plus en plus aux autres modes de développement sédentaires (agriculture, industrie). Les populations touaregs, peuhls, tutsi, inuit et d’autres doivent se battre pour survivre et il est probable que leur combat sera vain, il est déjà en partie perdu pour les touaregs.
Alors bien sûr s’accrocher à des modes de vie traditionnels est éminemment sympathique, mais personne n’a la recette idéale sur le comment faire, tout simplement parce que personne n’y a réussi à travers le monde ! Il semble plus responsable d’accompagner l’évolution de ces populations vers un mode de vie auto-suffisant, durable pour reprendre un mot à la mode, dans un environnement qui est ce qu’il est. Il faut pour ça de la bonne volonté des deux côtés mais il doit quand même être possible d’y trouver des interlocuteurs censés capables de réfléchir à long terme.
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Tragique retour de l’Histoire
Quel tragique clin d’œil de l’Histoire ! L’état-major de l’armée polonaise décimé lors d’un accident d’avion dans la forêt de Katyn alors qu’il se rendait en compagnie du président de la République et autres notables, eux aussi décédés à cette occasion, à une cérémonie associant la Russie, successeur de l’Union Soviétique coupable du massacre de 20 000 officiers polonais dans cette forêt, et la Pologne en une espèce de réconciliation-vérité autour de cet épisode barbare de la deuxième guerre mondiale.
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Le Mur
20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Les anciennes puissances d’occupation de l’Allemagne se réunissent sous le parapluie d’Angela Merkel pour fêter le temps qui passe. Les médias français ressortent les émouvantes archives de l’époque, et d’autres un peu moins glamour où l’on redécouvre les aspects sinistres d’une dictature communiste qui fut parmi les plus « brillantes » de sa génération, un des meilleurs élèves du grand frère soviétique. Une police politique Stasi particulièrement retorse en lavage de cerveaux, délation, flicage généralisé, répression sanglante de mouvements populaires, recyclage de vieux nazis mal dénazifiés (mais l’Occident a su faire également dans ce domaine), vente à la République fédérale d’Allemagne d’opposants contre espèces sonnantes et trébuchantes, financement de mouvements terroristes antioccidentaux souvent meurtriers, promotion de taupes et espions à tous les étages et autres perversités propres à ces institutions. Le plus fascinant dans cette affaire est que toute cette tyrannie a été le fait d’une moitié du peuple allemand et que les comptes n’ont finalement jamais été vraiment soldés. Honecker a dû être vaguement condamné avant de mourir de son cancer du foie au Chili.
On peut rester sceptique sur la capacité des peuples à absorber de telles déchirures sans procès des responsables, même symbolique. Le cas se présente aujourd’hui au Cambodge. Nuremberg à cet égard fut exemplaire : une quarantaine de dignitaires nazis ont payé pour les dérives d’un peuple qu’il convenait de ramener dans le droit chemin. Les procès de Pétain et Laval, puis plus tard de Barbie, ont également permis de marquer le coup des compromissions de la France dans les années 40. L’Allemagne réunifiée semble avoir fait preuve de générosité alors qu’il s’agit sans doute de faiblesse. Le chapitre final de l’histoire d’une Allemagne divisée a été discrètement évacué par la porte mais risque un jour de revenir par la fenêtre.
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Beevor Antony, ‘La chute de Berlin’.
Sortie : 2002, Chez : . Dernier épisode de la 2ème guerre mondiale en Europe, la chute de la capitale du Reich narrée par l’historien vulgarisateur Beevor. On y voit la folie des derniers dirigeants nazis, Staline qui attise la compétition entre ses généraux pour aboutir au plus vite, l’Union Soviétique qui manipule les alliés occidentaux, les civils allemands écrasés sous les bombes et la vengeance de l’armée rouge, les militaires allemands décimés partagés entre le jusqu’auboutisme et la reddition, bref on y découvre l’ultime soubresaut d’une Europe défaite qui ne s’en remettra plus.
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« Katyn » d’Andrzej Wajda

« Katyn » de Wajda ce soir au cinéma : l’histoire sordide du massacre de 12 000 officiers polonais dans la forêt de Katyn en territoire soviétique, ou comment les barbaries nazie et soviétique se sont cumulées pour dépouiller la Pologne. Le film démarre sur la vision saisissante de populations civiles fuyant au milieu d’un même pont, les nazis arrivant d’un côté et les soviétiques de l’autre, se poursuit sur l’exécution des officiers et se termine sur l’après-guerre où la Pologne socialiste dénie la responsabilité du grand frère soviétique alors que la Pologne réelle sait bien qui est coupable. En suivant le parcours de quelques familles polonaises le film insiste sur le drame humain plus que sur l’analyse historique que le spectateur est censé connaître.

Ce drame est une conséquence du pacte Molotov-Ribbentrop signé ci-dessus sous l’œil goguenard de Staline (cf. photo, Molotov est en train de signer, Ribbentrop est en arrière-plan à droite de Staline). Pour Hitler les slaves sont des sous-hommes, pour Staline la Pologne est un non-sens historique et géographique, tous deux conviennent du dépeçage du pays toute affaire cessante. La gestapo et le NKVD collaborent allègrement et se livrent l’une à l’autre des Polonais suspects, des russes en cavale, afin d’émasculer le pays en le débarrassant de ses élites. Un peu par hasard, les 12 000 officiers polonais tomberont dans les mains soviétiques. Staline estime qu’ils représentent un obstacle à l’instauration du socialisme éclairé en Pologne, les fait exécuter d’une balle dans la nuque en 1940 et ensevelir dans les charniers de la forêt de Katyn. Le père de Wajda était l’un d’eux. Dans le même temps le NKVD exécute d’autres nationalistes et contre-révolutionnaires polonais, voire ukrainiens et biélorusses. On parle en tout de 15 à 22 000 exécutions relatives à la décision du politburo de mars 1940 (signée notamment par Staline, Beria, Molotov).
Alors que les Allemands attaquent l’URSS en 1941, ils découvrent les charniers et cherchent en s’en disculper en accusant les juifs et les bolchéviques. Au procès de Nuremberg, les soviétiques arrivent à faire inclure ce massacre dans l’acte d’accusation sans pour autant qu’il ne soit cité dans le jugement final. Il faudra attendre 1990 pour que Gorbatchev reconnaisse la responsabilité soviétique et présente ses excuses à la Pologne. Quel siècle !
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La chute de l’Allemagne

7 mai 1945, Jodl signe la reddition militaire de l’Allemagne à Reims. Les signataires conviennent de garder le secret jusqu’au 8 mai afin de laisser encore un peu de temps aux populations allemandes pour passer en zone alliée, de l’autre coté de ce qui sera bientôt le rideau de fer.
Le lendemain à Berlin l’acte définitif est signé au quartier général soviétique par Keitel et une brochette de militaires nazis.
Lire les actes : ici
C’est la fin d’un carnage qui aura fait plus de 50 millions de morts. C’est l’aboutissement d’une tragédie dans laquelle la vieille Europe s’est compromise d’une façon définitive et qui n’a pas fini de produire ses effets délétères.
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Hilberg Raul, ‘La destruction des juifs d’Europe’.
Sortie : 1985, Chez : .
2 400 pages de plongée dans le processus d’extermination des juifs par les nazis. Raul Hilberg, citoyen américain a consacré sa vie à étudier cette catastrophe et à rédiger cette somme. Ce sont 3 volumes qui détaillent les étapes du génocide avec une terrifiante précision : la définition des victimes, l’expropriation, la concentration, les opérations mobiles de tuerie, les déportations, les centres de mise à mort. La totalité du mécanisme de destruction est mise à nu, depuis ses fondements idéologiques jusqu’à sa mise en œuvre. Rien n’est laissé au hasard, on y découvre l’arsenal juridique mis en place pour légaliser le massacre, la bureaucratie obéissante qui déroule les étapes, les tueurs et leurs réactions face à leur « job », l’acharnement nazi contre les juifs jusqu’aux dernières heures précédent la reddition, la participation plus ou moins active, plus ou moins contrainte, d’une grande partie de l’Europe, les réactions parfois désarmantes des communautés juives au cœur des massacres comme à l’extérieur.
2 400 pages qui montrent froidement ce qui s’est passé, ceux qui ont poussé, ceux qui ont suivi, ceux qui ont subi. 3 volumes qui, jusqu’à la nausée, démontrent comment la vieille Europe, celle des lumières et de Brahms, a organisé l’un des pires massacres de l’Histoire de l’Humanité, au cœur d’une guerre qui a laissé un continent détruit, sur un charnier de 50 millions de morts. Une œuvre qui devrait ramener notre continent disqualifié a un peu plus d’humilité.
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Le conseil économique
En ces périodes d’incompétence des hommes politiques face aux phénomènes financiers qui les dépassent, on rappelle que Churchill disait : « quand je demande un conseil à 10 économistes, j’en reçois 11 car Keynes en donne 2 ! »
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Le bilan des bombardements de Dresde revu à la baisse
Une commission d’historiens allemands réévalue le nombre de morts des bombardements de Dresde en 1945 à 18 ou 20 000 au lieu de 150 ou 200 000 comme initialement vulgarisé. On avait quasiment accusé les alliés de crime contre l’humanité pour avoir lancé ces bombardements alors que la guerre était déjà presque gagnée. Il semble que les morts furent exclusivement civils. La ville a été anéantie par plusieurs vagues de bombardiers à coups de milliers de tonnes de bombes incendiaires. Il s’agissait de détruire le nœud de communication ferroviaire et d’empêcher l’armée allemande de se redéployer vers l’est. Finalement ce ne serait que 20 000 morts !
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Les origines du vivant
Le Jardin des Plantes a installé un chemin retraçant au coin des arbres les origines du vivant. L’étape -1 500 millions d’années indique que c’est le début de la reproduction sexuée qui remplace la reproduction par division cellulaire. Bonne nouvelle ! Hélas celle-ci s’accompagne de l’apparition de la mort car tant que les cellules ne faisaient que se diviser elle ne mourrait pas.
