Catégorie : Autres no-musique

  • Les catacombes de Paris


    Visite des Catacombes de Paris : les ossements de 6 millions de parisiens entassés dans d’anciennes carrières qui mitent les sous-sols de la ville. C’est impressionnant et un peu morbide. C’est en tout cas un must sur tous les guides touristiques vu le nombre d’étrangers prêts à faire la queue des heures pour y accéder.

  • Roy Lichtenstein au Centre Pompidou


    Derniers jours de l’exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou. Le pop-art qui éclate de couleurs sur tableaux et sculptures, toute une époque.

  • Hiroshima mon amour d’Alain Resnais

    Hiroshima mon Amour, film classique de 1959 ressort sur les écrans. Avec Alain Resnais (réalisation), Marguerite Duras (scénario et dialogues) et la ville d’Hiroshima (cadre du film) : évidemment ce n’est pas la franche rigolade ! Il s’agit d’amour, de guerre, et donc de mort. Si on ajoute le phrasé saccadé-surfait d’Emmanuelle Riva, on a un film moderne à l’époque, mais un film légendaire quand même.

  • Exposition « La spoliation des juifs – une politique d’Etat 1940-1944 »

     


    Exposition au Memorial de la Shoah sur le processus de spoliation des juifs de France de 1940 avec l’occupation allemande jusqu’à la libération en 1944. Sont exposés les textes définissant la qualité de « juif » et ceux légalisant la saisie de leurs biens, tous signés par le pouvoir français de l’époque. On y découvre le détail des procédures : recensement des hommes et de leurs biens, mise sous administration provisoire des biens détenus directement ou indirectement par des juifs, saisies, ventes aux enchères à des « bons français », versement des produits des ventes à la Caisse des dépôts et consignation pour 90% et le solde sur le compte de fonctionnement du Commissariat général aux questions juives, etc. La plupart des saisies portent sur de petites entreprises, des boutiques individuelles. On y lit des lettres de chefs de famille ruinés et spoliés adressées aux autorités françaises demandant une indulgence qui ne sera pas accordée. Et d’autres lettres d’administrateurs volontaires qui proposent leurs services pour la gestion des biens juifs… Tout ceci est quelque peu terrifiant !

  • « Oh Boy » de Jan Ole Gerster


    Un petit film intimiste, Oh Boy, qui pourrai être français mais qui est allemand, ou 24 heures à Berlin dans la vie d’un post-adolescent, génération bof, à qui pas grand-chose ne réussit ces derniers mois. Etudiant raté, amoureux dans le doute, en conflit avec son père qui le finance, etc. Touchant !

  • Hannah Arendt de Margarethe von Trotta

     

    Hannah Arendt, le film de Margarethe von Trotta sur la philosophe allemande et la polémique déclenchée par son célèbre reportage Eichmann à Jérusalem écrit à l’occasion du procès du responsable nazi retrouvé par Israël en Argentine, enlevé, jugé puis pendu dans ce pays pour sa participation active à la destruction des juifs d’Europe. La controverse fut déclenchée par la théorie d’Arendt sur « la banalité du mal » et son compte-rendu de la participation plus ou moins consciente, plus ou moins active, de certains judenrates (comités juifs) évoquée lors du procès.

    Sa théorie fut de dire que l’un des aspects les plus terrifiants de la barbarie nazie réside dans le fait qu’elle a été exercée par des hommes normaux, de bureaucrates, auxquels le régime avait ôté toute capacité de penser, et donc de différencier le bien et le mal. Le film de cette réalisatrice allemande est tout sauf hollywoodien, Dieu merci, mais évidemment d’un format insuffisant pour rendre compte de l’analyse de cette philosophe qui a théorisé le mal tout au long de sa vie et traité de la Shoah sous son aspect philosophique, sans affect mais avec détermination. Le mieux est encore de lire « Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal ».

  • Le Passé d’Asghar Farhadi

     


    Un film du réalisateur iranien Asghar Farhadi, sombre face-à-face familial en huis-clos, pas une note de musique sauf sur la dernière image, que des cris, des larmes ou des chuchotements pour accompagner de pesants secrets qui ne seront jamais complètement dévoilés. Prix d’interprétation féminine à Cannes 2013 pour l’actrice Bérénice Bejo. Comme il se doit pour un film intimiste, limite art-et-essai, il n’y a personne dans la salle.

  • Quadrophonia des Who

     


    Après le récent concert Quadrophonia des Who (ou plutôt de ce qu’il en reste) à Paris, voici le film de 1979 Quadrophonia qui ressort sur les écrans illustrant les luttes des bandes de jeunes refusant la société de leurs parents, entre Mods et Rockers, au Royaume-Uni dans les années 60. On y croise Sting peroxydé au milieu de la dérive du héros plus préoccupé par ses costumes, son scooter et ses amphétamines, que de satisfaire les ambitions de ses parents ou de son employeur ! Le film est vif et un peu désespéré. Il annonce Transpotting en 1996, encore plus noir et où les Punks ont remplacé les Mods. Le Monde s’est fait des révoltes de la jeunesse dont la plupart se sont terminées avec la compromission des révoltés !

  • Keith Haring au Musée d’art moderne de Paris

    Exposition Keith Haring  au musée d’art moderne de Paris : graphiste-tagueur américain fulgurant des années 80/90, il a pris part à de nombreux combats politiques, dont celui contre le sida, maladie dont il est mort à 33 ans. Ses petits personnages ont fait le tour du monde, souvent ils se battent contre un chien qui les dévore symbolisant le capitalisme. Il a décoré d’une vaste fresque extérieure une tour de l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris, toujours visible. Naïveté, couleurs et liberté de ton émanent des dessins si modernes de cet artiste touchant !

  • La vallée de Chateaubriand

    La vallée de Chateaubriand

    Déambulations dans la maison et le parc de Chateaubriand, c’est à Chatenay-Malabry, la Vallée aux Loups, un endroit un peu hors du temps que l‘écrivain a acquis au début du XIXème siècle et revendu une vingtaine d’années plus tard lors de ses ruptures diverses avec Napoléon et les pouvoirs en place. Dans ce grand parc on voit les arbres plantés par Chateaubriand et l’on sent l’âme du romantique qui volète au milieu des petits oiseaux dans un océan de verdure.

    Le rez-de-chaussée est une succession de pièces de vie arrangées en mobilier empire, aux murs entoilés de parures qui nous paraissent aujourd’hui désuètes. Le premier étage est consacré à une exposition du trésor du Saint Sépulcre, référence au voyage en Orient de l’écrivain. En méditation devant des toiles du XVIIème siècle ramenées de Jérusalem pour le temps de cette expositions, on entend deux gamines réfléchir à haute voix sur comment elles pourraient organiser une teuf dans cet environnement. Hum, hum…, ces deux miss n’ont sans doute pas encore lu les Mémoires d’Outre-Tombe.

  • Le Joli Mai de Chris Marker

    Un très joli documentaire sorti en 1962, remastérisé et présenté cette année au clinquant festival de Cannes. Tourné à Paris en mai 1962, il montre une ville sortant de la guerre d’Algérie qui ne semble d’ailleurs pas avoir fondamentalement traumatisé les populations, on y écoute des parisiens interviewés sur ce qu’ils sont et ce qu’ils pensent : descommerçants, des amoureux, des immigrés, des passants… C’est une autre époque, plus optimiste et moins complexe, bien rendue dans ce film léger et charmant.�

  • Les z’Arts

    C’est le retour du clinquant avec le festival du cinéma à Cannes : on a même vu DSK ce soir monter les marches avec une nouvelle conquête à son bras. Dans le genre bling-bling-mondain-superficiel il aurait été difficile de faire mieux.

    Rappelons que le cinéma est baptisé 7ème art dans une liste de 9 habituellement retenue :

    • 1er art : l’architecture ;
    • 2e art : la sculpture ;
    • 3e art : les « arts visuels » regroupe peinture, dessin ;
    • 4e art : la musique ;
    • 5e art : la littérature, dont la poésie ;
    • 6e art : les « arts de la scène » regroupe théâtre, danse, mime, et le cirque
    • 7e art : le cinéma ;
    • 8e art : les « arts médiatiques » regroupe radiodiffusion, télévision et photographie
    • 9e art : la bande-dessinée.

    On ne voit pas bien dans quelle rubrique classer DSK ?

  • L’occupation des mots

    Alors qu’un projet de loi proposerait d’introduire l’enseignement en anglais dans les universités, comme cela existe déjà dans certaines grandes écoles, Michel Serres note qu’il y a déjà plus de mots anglais affichés aujourd’hui dans nos villes que de mots allemands pendant l’occupation. On comprendra que le philosophe déplore ce projet de loi…

  • Exposition Dynamo au Grand Palais

    Exposition Dynamo au Grand Palais : « un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2014 ». Des néons, des mobiles, des couleurs, des miroirs, des effets d’optique ; Vasarely n’est jamais loin.

    Beaucoup de néons à la lumière violente ; je ne voudrais pas être rabat-joie mais le concept néons stroboscopiques, Bowie nous l’avait déjà inventé en 1975 pour sa légendaire tournée de Heroes. Je le sais, j’y étais !

  • Exposition Boudin au musée Jacquemart-André

    Exposition Boudin au musée Jacquemart-André

    Boudin au musée Jacquemart-André, le « roi des ciels » du XIXème siècle nous régale de ses paysages et marines où le ciel et la mer dévorent les tableaux. Le bleu est vraiment la couleur des rêves.

  • Free Angela

    Magnifique documentaire sur Angela Davis, icône américaine des années 70 qui lutta avec les Black Panthers et le parti communiste de son pays pour la défense des droits civiques de la population noire américaine.

    Accessoirement elle rendit célèbre la coupe afro en boule. Assistante à UCLA en philosophie européenne elle est d’abord exclue pour être communiste et révolutionnaire, Ronald Reagan est alors gouverneur de Californie et vote bien sûr pour cette décision. Cela ne la décourage pas dans son engagement en faveur des prisonniers politiques afro-américains et de la Révolution, elle est ensuite impliquée dans une sanglante évasion de prison, passe dans la clandestinité avant d’être arrêtée puis acquittée (par un jury de blancs) avec un soutien populaire dans le monde entier.

    Le documentaire mêle les programmes d’époque entrecoupés d’une longue interview d’Angela aujourd’hui et, hélas, des incontournables moments de fiction joués par des acteurs et que les réalisateurs de documentaires se croient désormais obligés d’incorporer dans ce genre qui n’en a vraiment pas besoin tant les informations d’époque sont percutantes.

    Chaque matin Angela entrait dans le tribunal le point levé à la Black Panthers, comme les sprinters américains aux jeux olympiques de Mexico en 1968, ou comme, vingt ans plus tard, Nelson Mandela au sortir de 30 années d’emprisonnement à Robben Island !

    Avec Free Angela c’est toute une tranche de vie qui repasse sous nos yeux, celle de l’Amérique violente et primaire qui n’avait pas encore vraiment admis sa diversité, celle des combats politiques majeurs pour les droits civiques, contre la guerre du Vietnam, mais aussi celle de l’Amérique et ses alliés occidentaux empêtrés dans une guerre froide contre le monde soviétique qu’ils vont finalement gagner avec des moyens pas toujours complètement légaux ni moraux. Dans cette lutte à mort entre les empires, ce n’est pas le plus mauvais qui a vaincu, mais combien les combats d’Angela et des siens paraissent à la fois dérisoires face aux enjeux mondiaux de l’époque. Mais eux aussi ont vaincu d’une certaine façon, même si la Révolution n’a jamais été instaurée aux Etats-Unis.

    Woodstock et les solos désespérés de Jimi Hendrix ne sont jamais loin !

  • Django Unchained de Quentin Tarantino

    Django Unchained,  le dernier film de Tarantino, violence et cynisme teinté d’humour noir, comme toujours avec ce réalisateur américain. On est tout de même un peu plus mal à l’aise qu’avec ses précédents films car il s’agit cette fois-ci du sujet de l’esclavage traité avec tout l’art de Tarantino qui nous ramène à des heures sombres de nos civilisations.

  • Hiroshige / Van Gogh à la Pinacothèque

    Les influences japonaises de Van Gogh expliquées à la Pinacothèque par la mise en regard de tableaux du peintre européen avec des toiles japonaises de Hiroshige. Van Gogh qui a priori n’est jamais allé au Japon, a cultivé un grand intérêt pour la peinture de ce pays. Il pensait que la lumière du midi de la France lui permettait d’approcher l’atmosphère japonaise et la plupart des toiles exposées remontent d’ailleurs à sa période arlésienne.

  • Sugar Man de Malik Bendjelloul

    Sugar Man, un émouvant documentaire sur l’histoire d’un musicien américain d’origine mexicaine, Sixto Rodriguez, qui a commis deux disques fulgurants à la fin des années 60, aux relents contestataires, invendus aux Etats-Unis. Vite retombé dans l’oubli il continue à travailler dans le bâtiment à Detroit où il vit avec sa famille. Pendant ce temps ses disques connaissent un franc succès, sans qu’il le sache, en Afrique du Sud, au sein de la communauté blanche libérale dont ils deviennent la bande son en cette période de début de contestation de l’apartheid.

    A la fin des années 90, Mandela a triomphé, deux journalistes sud-africains se mettent en quête de retrouver ce fameux Rodriguez dont les rythmes et les mots ont bercé une génération de jeunes blancs libéraux. Ils le ramènent en Afrique du Sud où il fera quelques tournées triomphales avant de retourner vivre sa vie anonyme à Detroit.

  • Vie d’exil au Musée de l’immigration

    Exposition au Musée national de l’Histoire de l’immigration : Vie d’exil 1954-1962 des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie, dont le commissariat est coassuré par Benjamin Stora. C’est l’histoire assez inextricable de la vie de plus de deux cent mille algériens travaillant dans le pays défendant les armes à la main sa présence coloniale contre la révolte pour l’indépendance de leur propre patrie. Les travailleurs algériens étaient venus s’engouffrer dans l’appel d’air post-deuxième guerre mondiale pour reconstruire une France manquant de bras, et dans le même temps la répression coloniale s’accentuait sur place.

    Et lorsque l’insurrection a été prononcée en 1956, les mouvements révolutionnaires algériens ont porté le combat également en métropole, organisant les immigrés sur qui était prélevé un impôt révolutionnaire pour soutenir l’indépendance, réglant leurs comptes entre mouvements rebelles, recueillant le soutien d’un certain nombre d’intellectuels français en faveur de l’indépendance et luttant contre les dérapages de l’armée française de l’autre coté de la Méditerranée.

    L’exposition raconte cette histoire étrange, assez unique en fait, avec des photos, des films d’actualité, des articles de Paris Match lorsque leurs journalistes éberlués découvraient la Goutte d’Or à la fin des années 50, un extrait de Cinq colonnes à la Une où Pierre Desgraupes enquête dans les bidonvilles de Gennevilliers en 1960 où les travailleurs algériens vivaient dans des conditions effroyables, les footballeurs algériens de l’équipe de France qui quittent les bleus, la répression contre les immigrés au fur et à mesure où la tension monte sur place et à la Goutte d’Or, le préfet Papon et la manifestation d’octobre 1961, des évocations aussi plus détendues de la culture algérienne (ou nord-africaines, la musique arabe dans les cafés, les écrivains…

    Et puis ce musée qui à son inauguration a donné lieu à une stupide polémique comme les français savent en créer, ce musée donc semble intéressant et offre des réflexions pertinentes sur le fait de l’immigration. Il faudra y retourner pour visiter l’exposition permanente.