Catégorie : Autres no-musique

  • La bagnole pousse la culture dehors

    Dîner au restaurant du Virgin des Champs Elysées. Le magasin est quasiment vide, l’espace réservé à la vente de disques a encore fondu. Le vendeur à qui l’on demande s’il a le dernier Cowboy Junkies vide son sac et explique qu’après la fermeture du Virgin Louvre, celui des Champs-Elysées doit fermer sous peu, il n’y a plus de vente ni de disques, ni de livres, ni de rien. C’est la faillite. L’immeuble a été racheté par un fonds qatari et sera transformé en showroom Volkswagen.

    La bagnole pousse la culture dehors, quelle tristesse !

  • Hooper au Grand-Palais

    Rétrospective Hooper au grand palais, les toiles habituelles connues de tous mais aussi des salles consacrées aux peintres qui ont inspiré l’artiste américain, ainsi que ses œuvres moins connues : dessins, gravures, affiches, aquarelles.

    On reste, comme toujours, confondu devant l’infinie tristesse qui émane des tableaux classiques et le rendu incroyable de leur lumière.

  • « Margin Call » de Jeffrey McDonald Chandor

    Margin Call : excellent film sur l’inanité et le cynisme de la finance spéculative. Une banque new-yorkaise se retrouve embarquée dans une position risquée de dizaines de milliards de dollars, sans que personne ne s’en soit aperçu sinon un petit junior adepte des modèles mathématique qui découvre par hasard le pot aux roses. Le jeu consiste donc à refourguer à d’autres spéculateurs ces contrats pourris pour sauver la banque. Ce sera fait avec rouerie et cynisme avant que les petits bras ne soient virés et qu’un moyen bras ne se fasse retourner par le patron de l’établissement magnifiquement joué par Jeremy Irons qui explique avec persuasion que le métier de la spéculation est bien d’escroquer sa contrepartie.

    L’histoire de passe à huit clos, une nuit durant, entre quatre ou cinq personnages clés enfermés dans deux pièces. C’est criant de vérité et alors que JP Morgan Chase est en train de valoriser provisoirement une nouvelle perte de trading dont l’addition s’élève pour le moment à 3 ou 4 milliards de dollars on mesure à quel point rien n’a changé depuis la grande crise d’incompétence des banques déclenchée en 2008 et dont ce film s’inspire plus ou moins !

  • « Les nouveaux chiens de garde » de Gilles Balbastre & Yannick Kergoat

    Les Nouveaux Chiens de Garde : un documentaire amer sur les liens unissant les organes de presse français au monde des affaires. C’est édifiant, sans doute très pessimiste puisque fondé sur l’affirmation que ces liens incontestables annihilent toute objectivité desdits journalistes. Des exemples précis sont livrés sur des journalistes et des experts pris en flagrant au mieux d’incompétence au pire de collusion.

    Hélas, les médias d’aujourd’hui n’arrivent plus à fonctionner de façon autonome et doivent faire la manche pour survivre, malgré les aides d’Etat consacrées à ce secteur. Alors ils se tournent vers les affaires qui elles ont de l’argent et l’envie d’utiliser la presse à leurs propres fins. Pas facile de concilier tous ces intérêts avec le devoir d’informer !

  • « Casanova » à la Bibliothèque de France

    Exposition Casanova, la passion de la liberté à la Bibliothèque de France qui a acheté en 2010 le manuscrit en dix tomes de l’Histoire de ma Vie de Giacomo Casanova. Le vénitien né en 1725 a connu une vie d’aventures à travers l’Europe du XVIIIème siècle et a consacré les dernières années de sa vie dans un château en Bohème à écrire ce monument dont une réédition à la Pléiade est en préparation. Le manuscrit original est bien sûr exposé dans les vitrines, l’écriture de Casanova est relativement lisible en lignes régulières penchées vers le haut. Les désormais irremplaçables techniques de numérisation permettent à chacun de feuilleter ce document sur des écrans ou à la maison sur internet.

  • Exposition Boris Vian à la Bibliothèque Nationale de France

    Expo Boris Vian à la bibliothèque François Mitterrand : la vie de cet artiste foisonnant passée en revue, ses multiples facettes dévoilées avec force documents, ses nombreuses facéties sur photos et vidéos ; un homme vraiment original dans le Saint-Germain des Prés de l’après-guerre, lorsque le jazz et la littérature animait un quartier désormais consacré aux boutiques de luxe à bobos ; toute une époque, révolue, hélas !

  • Exposition « Maori » au musée du quai Branly

    Exposition Maori au musée du quai Branly : comme souvent avec les arts premiers il s’agit plus de culture et de références que d’œuvres physiques. On y redécouvre les liens du peuple maori en Nouvelle-Zélande avec la terre, avec les ancêtres. On y apprend les espoirs déçus du traité de Waitangi, signé en 1840, acte fondateur de la nation de Nouvelle-Zélande Aotearoa, leurs combats pour rétablir leurs droits sur la terre, sur la langue. On y voit… pas grand-chose si ce n’est une pirogue en plastique pour illustrer les talents de charpentiers de marine, des outils divers et des symboles sacrés. Mais on y apprend beaucoup sur cette civilisation intéressante qui peut-être survivra à la modernité.

  • « Les Romanov, tsars collectionneurs » à la Pinacothèque

    Exposition Romanov collectionneur dans les nouveaux bâtiments de la Pinacothèque parisienne, musée agréable et plutôt peu fréquentée. Les collections impériales importées provisoirement du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg à la Madeleine ; accumulées de Pierre Le Grand à Nicolas 1er, comme quoi l’on peut être dictateur et amateur d’art éclairé, et vice-versa.

  • Musée des Arts de Sao Paulo (MASP),

    Visite au Musée des Arts de Sao Paulo (MASP), face au très joli parc du Trianon. Une exposition temporaire sur les portraits du XVIème siècle à nos jours et, dans les sous-sols, l’inévitable Yann-Arthus Bertrand qui vient sauver la planète jusqu’au Brésil avec une exposition censée nous faire partager la diversité du monde humain. Il est sympathique de Yann-Arthus, mais tout de même un peu trop omniprésent, même à 10 000 km de Paris il continue à nous envahir…

  • Le Voyage Imaginaire

    Exposition Le Voyage Imaginaire d’Hugo Pratt à la Pinacothèque. Du rêve, de la candeur, des horizons infinis, l’océan et le mystérieux Corto Maltese qui parcourt le vaste monde sur les aquarelles d’Hugo, artiste vénitien qui a enchanté notre belle jeunesse.

  • Miss Tic se dévoile

    Miss Tic est l’invitée spéciale du festival Art Rock de Saint-Brieuc avec Bryan Ferry, The Jon Spencer Blues Explosion, Lilly Wood et d’autres.

  • « Miro Sculpteur » au Musée Maillol

    Exposition Miro Sculpteur au sympathique Musée Maillol. Avec la troisième dimension il veut déconstruire la peinture. On découvre des bouts de ferraille affublés de définitions grandiloquentes par l’audio-guide du musée, mais aussi des amas de d’objets peinturlurés de couleurs primaires évocateurs de grande modernité et d’esprit torturé, des surfaces douces, des contacts rugueux, des idées à n’en plus finir. Mais aussi une vidéo sur l’improvisation par Duke Ellington de son Blues for Miro au milieu d’une exposition de plein air dans la pinède de Saint-Paul de Vence. Miro, légèrement appuyé sur l’une de ses statuts regarde et écoute le musicien légendaire créer au vent de l’inspiration que lui évoque ses propres œuvres. Un autre film nous montre Miro dans l’atelier de son fondeur, blouse et cheveux blancs, longuement méditer sur l’emplacement de la forme d’une chaussure à placer sur une chaise de bébé transformée en personnage grimaçant. Troublant et revigorant.

  • Exposition « American Prayer » de Richard Prince

    Exposition Richard Prince à la Bibliothèque nationale de France, mise en scène par l’artiste lui-même. L’expo est baptisée American prayer, hommage évident à la chanson éponyme des Doors. C’est un pêle-mêle d’images, d’objets et de références à la culture underground américaine : des exemplaires manuscrits de Sur la route de Kerouac, des poèmes de Jimi Hendrix barbouillé sur du papier à lettre d’hôtels londoniens, des numéros d’Actuel première mouture de Bizot, la célèbre photo de Brook Shields à 11 ans, des portraits des écrivains de la beat generation, l’exemplaire d’Ulysse détenu par Kerouac et annoté par celui-ci au crayon, le livre The man who sold the world illustré par la photo de Bowie du disque Low, la première édition acétate de Here she comes du Velvet Underground conservée par Moe Tucker…

    P… cette époque est en train de mourir, de se dissoudre dans un monde de clinquant et de décérébration.

  • « 1911-2011 Gallimard, un siècle d’édition »

    Exposition à la Bibliothèque nationale de France sur l’épopée Gallimard : un monde de lettres, d’esprit, de création, et un peu d’entreprise, où comment la famille Gallimard a créé une maison d’édition à l’initiative de Gide et sut la faire perdurer par devers le temps grâce à des relations subtiles avec les écrivains. A travers la présentation de manuscrits, de vidéos et de photos, on parcourt l’histoire de cette maison qui sut faire cohabiter la création et la loi des affaires pour diffuser depuis cent ans les œuvres du monde littéraire pas encore complètement phagocyté par celui de l’instantanéité et de la rentabilité qui ronge nos âmes.

  • Les manuscrits de Romain Gary

    Les manuscrits de Romain Gary

    Exposition Romain Gary au Musée des Lettres et Manuscrits. Un parcours via ses manuscrits à travers l’écrivain de mes 20 ans. Certains de ses livres ont enchanté notre jeunesse : Les Racines du Ciel, Adieu Garry Cooper. Romain Gary, un personnage… de roman, un destin exceptionnel à travers la guerre, l’engagement et la littérature. Un homme torturé et désabusé qui a mis fin à ses jours, l’écriture n’a pas réussi à le sauver.

  • Décès de Jean Lartéguy

    Jean Lartéguy est mort aujourd’hui. On se souvient de ses romans passionnés mêlant son histoire personnelle au cœur de l’Histoire coloniale française : La Nuit Africaine, Le Mal d’Indochine et la série des Mercenaires, Centurions, Prétoriens, etc. Des récits de soldats au cœur de la violence, de la passion et de l’exotisme de l’ancien empire.

    Engagé volontaire en 1939, il s’évade de France en 1942, rejoint l’Algérie et les commandos d’Afrique de l’Armée française de libération. Il reste sept ans dans l’armée, est blessé en Corée, avant de rejoindre la réserve avec le grade de capitaine. Grand reporter et romancier, il a ensuite suivi les grandes étapes de la décolonisation française, spécialement en Asie et en Algérie. Ses romans sont inspirés de ces drames sur lesquels il porte un regard lucide et un peu nostalgique. Evidemment comme nombre d’officiers de sa génération il a été traumatisé par l’abandon des populations et supplétifs locaux, à qui on avait fait croire que la présence française serait éternelle, une fois les indépendances acquises.

  • Décès de François Nourissier

    François Nourissier est mort le 15/02/2011. Ecrivain de romans et d’essais, il était un homme bien !

  • « Easy Rider » de Dennis Hopper

    Et l’on revisionne Easy Rider offert par le père-Noël cette année. Quel film formidable sur une époque, une atmosphère, un pays. Easy Rider est au cinéma américain (et mondial) ce que le Velvet Underground est à la musique américaine (et mondiale) : un pur joyau !

  • « La France de Raymond Depardon » à la Bibliothèque Nationale de France

    Très charmante exposition Depardon à la Bibliothèque nationale de France (BNF) : des photos de la France profonde, celle des villages, des églises, des petits commerces… Un pays que les Parisiens estiment en voie de disparition vue des bords de Seine au cœur de la mondialisation, mais une France qui heureusement continue d’exister.

    Deuxième bonne nouvelle, une foule d’étudiants s’entassent dans les couloirs de la BNF, un 30 décembre, pour travailler sur ordinateurs et cahiers à spirales car les salles de lectures sont archipleines. Certes, la position assis par terre dans un couloir n’est pas la meilleure pour étudier sereinement, mais c’est un vrai bonheur de voir ces hordes de jeunes profiter de ce temple du savoir et de la culture qu’est la BNF. Ils sont toujours mieux ici que dans un stade de fouteballe ou dans une manifestation anti-âge de la retraite.

  • « Le Président » d’Yves Jeuland

    Réjouissant documentaire : « Le Président » sur la dernière campagne électorale de Georges Frèche. Le trublion du Languedoc-Roussillon, depuis décédé, s’y montre comme un empereur à la trogne du terroir, à la provocation vindicative, à la démagogie sans borne, bref, un animal politique qui a mené, et le plus souvent gagné, 40 années de combats politiques.

    Documentaire malheureusement très affligeant sur le fond car mettant à nu le cynisme avec lequel ces politicards exploitent le gogo. En campagne électorale on peut raconter n’importe quoi du moment qu’on l’affirme avec aplomb, et le Frèche ne manque certes pas d’aplomb. Il s’agit surtout d’émouvoir la ménagère de 50 balais plutôt que de discourir sur les idées. Entouré d’une bande de forbans conseilleurs, communicateurs, pubeurs qui lui donne leurs consignes qu’il suit ou ne suit pas, ils parlent de tout sauf du fond, il n’est question que de tactique de café du commerce et de remarques populistes, mais jamais de développement économique ou d’avenir politique.

    Comme le dit l’impétrant : « J’ai fait 40 campagnes électorales dans ma vie : 3 sérieuses et 37 où j’ai raconté des conneries, j’ai perdu les 3 sérieuses. » Ce n’est pas très encourageant mais ainsi vont nos démocraties d’opinion.