Catégorie : Autres no-musique

  • « Lost Istambul, années 50-60 » à la Maison européenne de la photographie

    Exposition Ara Güler à la Maison Européenne de la Photographie : « Lost Istanbul, années 50-60 ». Photographe turque, Güler a documenté l’Istanbul des années 50/60 en images, noires et blancs, nostalgiques et vivantes. On y décèle l’activité fébrile qui caractérise cette ville tournée vers la mer, on y voit les gens, on découvre les bateaux qui sans arrêt relient l’Asie à l’Europe, on y ressent l’ambiance de l’Istanbul de la fin du XIXème siècle, celle qui était fréquentée par Franz Liszt, Georges Sand et Pierre Loti.

  • « Little New York » de James de Monaco

    Une histoire de gangsters à la petite semaine dans Staten Island. Leur patron italien a la folie des grandeurs mais aime trop sa maman. La réalisation de James de Monaco est intéressante avec 4 ou 5 chapitres qui se chevauchent dans le temps où l’on revoit les mêmes scènes mais vues par différents personnages.

  • « L’important c’est de rester vivant » de Roshane Saidnattar

    Le génocide pratiqué par les khmers rouges au Cambodge vu par une réalisatrice, Roshane Saidnattar, métisse indienne-khmère qui avait 4 ou 5 ans à l’époque et a été exilée avec sa famille vers la campagne pour y travailler pour l’Ankgar, l’organisation maoïste dirigée par Pol-Pot. 35 ans plus tard elle revient sur place avec sa mère et retrouve le village où elle a exercé ses travaux forcés sous la surveillance sanguinaire des paysans locaux qui représentait le « bon » peuple quand les urbains étaient les « mauvais », corrompus par le capitalisme et l’Occident qui devaient expier leurs fautes dans les champs. Un tiers de la population a été exterminée, entre 2 et 3 millions de morts. Le chef de l’Etat de l’époque était Kieuh Sampan, qui a fait ses études à Paris (à la Sorbonne à la fin des années 50, Sartre rôdait encore au quartier latin) comme beaucoup des chefs khmers rouges. Il est interviewé dans le film, retrouvé au fin fond du pays dans une petite ferme où il élève des canards. Il revient sur ces années de folie et affirme qu’il n’était pas au courant des massacres et que son poste était honorifique. Le président du Cambodge ne se serait pas aperçu du massacre d’un tiers du peuple khmer durant les quatre années de son règne ! Il croyait (et croit encore) que le retour aux champs de toute la population était la bonne solution pour relancer l’économie du pays, et un tremplin pour créer une industrie.

    Une séquence intéressante est le retour de Roshane et sa mère dans le village où elles ont été « détenues » et les retrouvailles avec leurs « geôliers », qui continuent à travailler dans leurs mêmes rizières. Ces massacres « civils » (Algérie, Rwanda, Cambodge, …), une fois stoppés, entraînent souvent le retour des assassins dans leur milieu d’origine et un hallucinant face-à-face avec les survivants. C’est ici le cas, une fois encore.

    Les scènes de reconstitution (dernière mode médiatique des émissions historiques) sont inutiles. Avant la sortie du film, Kieuh Sampan sera arrêté pour être traduit le moment venu devant un tribunal mi-local, mi-international, mais qui a bien du mal à prendre son élan.

    Voir le très intéressant compte-rendu de l’historien Raoul Marc Jennar qui a déposé le 14 septembre 2009 comme expert devant ce simili tribunal international.

  • « Vivez libre » de Christophe Honoré

    Charmante comédie autour de Chiara Mastroianni (le portrait de son père), une emmerdeuse patentée, en cours de divorce avec deux enfants, sympathiquement déprimée et agréablement délurée, qui retrouve sa famille dans un petit village breton pour d’énergiques mais affectueuses confrontations avec parents, frères et sœurs. Chacun/chacune se regarde (beaucoup) le nombril et gère son quotidien comme il le peut. Bref, les problèmes des gens qui n’ont pas de problème. Quelques longueurs avec une évocation de folklore breton mais un film doux où les anciens sont encore les plus équilibrés.

  • « Un prophète » de Jacques Audiard

    Un Prophète, film terrifiant sur l’univers carcéral ou le cheminement d’un gamin de banlieue d’origine arabe dans le monde interlope de la prison. Malik entre là-dedans à 19 ans, sert puis affronte et finalement vainc un parrain corse qui manage son business depuis sa taule. Il utilise les services sociaux pour se former et mieux développer ainsi ses différents trafics. On y découvre les conflits entre « barbus » et bandes corses, la compromission de certains gardiens, l’état déplorable des locaux, l’engagement ambigu de certains « humanitaires », etc. Le film est sans espoir sur la rééducation carcérale, hélas. Même si le spectateur n’a pas forcément dans son entourage proche des repris de justice ou des parrains corse, il imagine que ces personnages sont interprétés avec une stupéfiante vérité, une vérité qui n’est pas bien belle à voir.

  • « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar

    Un beau film d’Almodovar : drame d’amour et de jalousie dans l’industrie… du cinéma. Des couleurs sublimes, de l’émotion et de l’imagination.

  • Humour et intelligence

    Michel Serres ce matin sur France Culture expose ses analyses sur la guerre comme fait social de l’Humanité avec la hauteur de vue et le sens de la pédagogie qu’on lui connaît, quand le présentateur l’arrête en plein élan pour une page de musique. Avec le sourire il demande : « Est-ce que lorsque vous recevez un chanteur vous l’interrompez pour lui passer du Michel Serres ? » Comme quoi on peut-êtreun immense philosophe et garder le sens de l’humour ! C’est l’été, alors même France Culture se croit obligée de faire un peu populaire.

  • « PLANÈTE PARR – La collection de Martin Parr » au musée du Jeu de Paume

    Expo Planète Parr au musée du Jeu de paume. La nocturne de ce mardi soir est manifestement l’endroit où il faut être : file d’attente branchouille dans le jardin des tuileries, aïe-phones clignotant et godasses à bout pointus recouvertes de poussière. Photographe britannique né en 1952, Parr expose sa collection de photos personnelles prises par d’autres, un bric-à-brac d’objet accumulés tous plus kitchs les uns que les autres et présente Luxury, une intéressante vision des riches de notre siècle : des britanniques aux courses en chapeaux  melons, des russes chargés de diamants et de cigares dans des expositions de bijoux, des émiratis dans des clubs huppés sur la Golf persique, des allemands à la fête de la bière, bref des riches sous toutes les coutures, débordants d’opulence et d’absence de complexe. C’est de la photo sociale au même titre que celles des corons présentés quelques pièces auparavant.

  • « Les vacances de Monsieur Hulot » de Jacques Tati

    Les Vacances de Monsieur Hulot, en version restaurée, de Tati : le chef d’œuvre (1951) d’un cinéaste à une époque où le regard du metteur en scène pesait plus que les effets techniques.

  • Exposition « Le grand monde d’Andy Warhol » au Grand Palais

    Expo Andy Warhol au Grand Palais : une galerie de ces portraits si chers à l’artiste. Un monde de couleurs éblouissantes et de superficialité new-yorkaise. Un artiste captivant qui entre autres exploits a initié le Velvet Undergound qui rôde au-dessus de cette exposition.

  • Miss Tic

    Miss Tic expose à Saint-Germain-des-Près : Go Homme, galerie Lélia Murdich. Il s’agit de couples cette fois-ci et non plus de pinups rêveuses. Les pensées sont toujours percutantes, les prix très… Saint-Germain-des-Près.

  • « Katyn » d’Andrzej Wajda

    « Katyn » de Wajda ce soir au cinéma : l’histoire sordide du massacre de 12 000 officiers polonais dans la forêt de Katyn en territoire soviétique, ou comment les barbaries nazie et soviétique se sont cumulées pour dépouiller la Pologne. Le film démarre sur la vision saisissante de populations civiles fuyant au milieu d’un même pont, les nazis arrivant d’un côté et les soviétiques de l’autre, se poursuit sur l’exécution des officiers et se termine sur l’après-guerre où la Pologne socialiste dénie la responsabilité du grand frère soviétique alors que la Pologne réelle sait bien qui est coupable. En suivant le parcours de quelques familles polonaises le film insiste sur le drame humain plus que sur l’analyse historique que le spectateur est censé connaître.

    Ce drame est une conséquence du pacte Molotov-Ribbentrop signé ci-dessus sous l’œil goguenard de Staline (cf. photo, Molotov est en train de signer, Ribbentrop est en arrière-plan à droite de Staline). Pour Hitler les slaves sont des sous-hommes, pour Staline la Pologne est un non-sens historique et géographique, tous deux conviennent du dépeçage du pays toute affaire cessante. La gestapo et le NKVD collaborent allègrement et se livrent l’une à l’autre des Polonais suspects, des russes en cavale, afin d’émasculer le pays en le débarrassant de ses élites. Un peu par hasard, les 12 000 officiers polonais tomberont dans les mains soviétiques. Staline estime qu’ils représentent un obstacle à l’instauration du socialisme éclairé en Pologne, les fait exécuter d’une balle dans la nuque en 1940 et ensevelir dans les charniers de la forêt de Katyn. Le père de Wajda était l’un d’eux. Dans le même temps le NKVD exécute d’autres nationalistes et contre-révolutionnaires polonais, voire ukrainiens et biélorusses. On parle en tout de 15 à 22 000 exécutions relatives à la décision du politburo de mars 1940 (signée notamment par Staline, Beria, Molotov).

    Alors que les Allemands attaquent l’URSS en 1941, ils découvrent les charniers et cherchent en s’en disculper en accusant les juifs et les bolchéviques. Au procès de Nuremberg, les soviétiques arrivent à faire inclure ce massacre dans l’acte d’accusation sans pour autant qu’il ne soit cité dans le jugement final. Il faudra attendre 1990 pour que Gorbatchev reconnaisse la responsabilité soviétique et présente ses excuses à la Pologne. Quel siècle !

  • « Tati : deux temps trois mouvements… » à la Cinémathèque

    Délicieuse expo Tati à la Cinémathèque où l’on revient sur le regard perçant que portait le cinéaste sur les illusions de notre société et les défauts de nos compatriotes. Tout ceci est terriblement actuel, malheureusement !

  • « William Blake – Le génie visionnaire du romantisme anglais » au Petit Palais

    Exposition William Blake au Petit Palais : le poète britannique était aussi peintre et graphiste. On découvre des poèmes enluminés sur papier parchemin, les lithographies, des divagations romantico-religieuses, des gravures sur bois, des dessins. On passe de formes et de couleurs dignes de bandes-dessinées psychédéliques à la précision monacale de motifs grands comme un timbre-poste. Tout l’art pictural d’un maître des mots.

  • Décès de Maurice Druon

    Maurice Druon qui vient nous a quitté hier avait dit à l’Assemblé nationale en 1973, du temps où il était ministre de la culture :

    « ceux qui viennent au ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov devront choisir ! »

    Bien entendu toute l’intelligentsia parisienne s’était immédiatement levée contre cette atteinte insupportable à sa liberté d’expression. Malgré tout cette remarque était plutôt bien vue, surtout à l’époque…

    Résistant durant la seconde guerre mondiale, écrivain après, gaulliste toujours, il n’était pas particulièrement progressiste et fut l’un des derniers représentants d’une époque désormais révolue.

  • « Warhol TV » à la Maison Rouge

    Exposition Warhol TV à la Maison Rouge ou les pérégrinations télévisuelles du pape du pop art. On y voit entremêlés des rock stars (Courtney Love, Blondie, Rick Ocasek), des pubs, des mannequins, et Andy sous toutes ses coutures, bref, la jet set new-yorkaise d’une époque révolue, celle du New-York underground tristement remplacé par celui des traders diva, lui-même en bonne voie de décomposition. Quel dommage que cet artiste ait disparu si précocement (des suites d’une bénigne opération en 1987). Grands absents le Velvet Underground et ses membres flamboyants, Lou Reed et John Cale se sont réconciliés à la messe d’enterrement d’Andy et ont produit le disque Songs for Drella en hommage à leur égérie.

  • A Lisbonne : Fernando Pessoa bien sûr

  • « De Miro à Warhol – La Collection Berardo à Paris » au Musée du Luxembourg

    Berardo, riche homme d’affaires portugais a dépensé (une partie de) ses sous en accumulant des œuvres d’art du XXème siècle, de Miro à Warhol, titre de l’exposition organisée par le Musée du Luxembourg. En ces périodes d’affairisme débridé sur fonds de crise financière, quel bonheur qu’il reste quelques hommes riches encore préoccupés par autres chose que la concession Ferrari ou les séminaires de Davos.

  • « Denis Hopper & le nouvel Hollywood » à la Cinémathèque

    « Denis Hopper & le nouvel Hollywood » à la Cinémathèque

    Belle rétrospective Dennis Hopper (74 ans) à la Cinémathèque : héraut de la contreculture américaine il a percuté dans Easy Rider et Apocalypse Now, mais on découvre aussi ses œuvres picturales et photographiques, les films qu’il a réalisés, ceux où il a joué, ses amitiés (Andy Warhol, Julian Schnabel, James Dean), son influence sur la révolution du cinéma Hollywoodien dans les années 60/70, ses engagements. Ce matin sur France-Inter, tout au long d’une longue interview d’une heure pleine, il est revenu sur ces années de délire (une lourde période alcool et drogues terminée depuis 25 ans « je ne fume plus qu’un petit joint de temps en temps, et le cigare qui est inoffensif ! ») et de création débridée dans une Amérique alors en folie. Il termine son interview avec une lecture en anglais de Rilke, Lettres à Un Jeune Poète :

    …Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d’écrire ; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre cœur ; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s’il vous était interdit d’écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit ; me faut-il écrire ? Creusez-en vous-mêmes à la recherche d’une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s’il vous était donné d’aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple « il le faut », alors bâtissez votre vie selon cette nécessité ; votre vie, jusqu’en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion.

    et il endosse ce commandement poétique au titre de sa propre vie créatrice.

  • “Burn After Reading” des frères Cohen

    “Burn After Reading” des frères Cohen

    Superbe film des frères Cohen qui allient avec toujours autant d’à-propos humour, cynisme et absurde. L’histoire d’un bureaucrate de la CIA qui se collette avec deux employés d’un club de gym en quête de financement pour une opération de chirurgie esthétique ; ou le machiavélisme sans scrupule confronté à la bêtise humaine. On ne sait trop qui sort vainqueur.