Catégorie : Autres no-musique

  • Saint-John Perse malmené

    Saint-John Perse malmené

    Libé chronique une biographie de Saint John Perse, par Renaud Meltz, qui démonte le personnage et le présente comme un manipulateur ambitieux. Qu’importe, il a été l’un des très grands poètes du XXème siècle (prix Nobel de littérature 1960) et c’est ce qui compte.

  • Le Clézio reçoit son prix Nobel de littérature

    Le Clézio reçoit son prix Nobel de littérature

    Le discours de J.M.G. Le Clézio à Stockolm aujourd’hui pour la réception de son prix Nobel de littérature. Un peu de poésie dans notre monde de brutes.

  • « Picasso et les maîtres » au Grand-Palais

    « Picasso et les maîtres » au Grand-Palais

    Picasso et les Maîtres au Grand Palais : passionnante exposition qui retrace l’inspiration tirée par Picasso des maîtres de la peinture classique. C’est un pêle-mêle de toiles de Le Nain, Ingres, Velasquez, Delacroix et d’autres, avec celles de Picasso qui les a démontées et reconstruites en de multiples déclinaisons au hasard de ses périodes. Etonnante inspiration et créativité de cet artiste dont la peinture a envahi toute la vie et l’âme dès le plus jeune âge et qui a fut le père d’une production phénoménale en nombre et originalité.

  • « Van Dyck » au musée Jaquemart-André

    « Van Dyck » au musée Jaquemart-André

    Exposition Van Dyck au Musée Jaquemart-André : un portraitiste du XVIIème siècle qui nous fait plonger dans son époque grâce à une peinture d’une incroyable vérité. Cheminant dans les salles drapées de tissu vert sombre, on rentre dans l’intimité des personnages et des intérieurs.

  • Le Clézio : prix Nobel de littérature

    Le Clézio : prix Nobel de littérature

    Une immense bonne nouvelle : le prix Nobel de littérature attribué à Le Clézio. On n’aurait pas cru qu’il disposa d’une aura internationale suffisante pour lui procurer une reconnaissance Nobelisée, mais tant mieux pour lui. On a été ébloui par Désert en 1980 et restons toujours touchés à entendre cet homme s’exprimer avec tant de retenue, de délicatesse et de gêne. Il est vraiment l’image de l’Albatros de Baudelaire, ses ailes de géant l’empêchent de marcher :

    Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d’eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
    Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
    L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l’empêchent de marcher

  • « César, Anthologie par Jean Nouvel » à la fondation Cartier

    « César, Anthologie par Jean Nouvel » à la fondation Cartier

    Exposition César à la Fondation Cartier, une anthologie réalisée par Jean Nouvel, ami de l’artiste. Etonnante expression de ce sculpteur à travers des matériaux modernes qu’il compresse, étend ou répand avec originalité.

  • « Abysse » au muséum national d’Histoire naturelle

    « Abysse » au muséum national d’Histoire naturelle

    Une belle exposition consacrée aux abysses, insondables et magiques.

  • « Let’s Get Lost » de Bruce Weber

    « Let’s Get Lost » de Bruce Weber

    Un beau film sur Chet Baker tourné il y a une vingtaine d’années, à la fin de la vie de cet artiste de jazz. Il parle de lui par onomatopées peu intelligibles. Les femmes de sa vie dissertent sur lui avec beaucoup plus d’emphase, explique sa douceur et ses perversités. On y revoit des prestations de son début de carrière, découvre des enregistrements en studio plus récents ; une voix si douce et charnelle, toute en rondeur, qui monte dans les aigus sans le moindre effort, qui passe le relai à une trompette du même registre, fragile et délicate. Il chante une très émouvante version jazzy d’Almost Blue d’Elvis Costello, au festival de Cannes, au milieu des starlettes. Un grand musicien, rongé, beaucoup par la drogue, sans doute un peu aussi par ses utopies.

  • Les rencontres photographiques d’Arles

    Les rencontres photographiques d’Arles

    Arles c’était aussi les rencontres photographie, comme chaque année. Le directeur artistique du cru 2008 est Christian Lacroix, natif de la ville qui invite pour deux mois ½ des photographes en tous genres dont les œuvres sont réparties au hasard des salles d’exposition. Peter Lindberh est exposédans le cloître de l’église des frères prêcheurs avec une série de mannequins photographiées en noir et blanc sur une plage de Camargue (le photographe allemand avait fait il y a quelques années une superbe série de Keith Richards prise sur les toits de New York), et dans les anciens ateliers de la SNCF (à l’abandon) : Tim Walker (photos sophistiquées de femmes de rêve dans des décors bucoliques ou des intérieurs surréalistes), Charles Frégier (photos des gardes d’honneur traditionnelles des grands de ce monde), Françoise Huguier (appartements communautaires de Saint-Pétersbourg), Jean-Christian Bourcart (photos perdues de mariages anonymes). Des choses originales, on y passe plus ou moins de temps selon l’intérêt que l’on porte au sujet traité mais il y en a pour tous les goûts à travers la vielle, et toujours entre deux expos une terrasse ombragée pour boire un petit coup sous des platanes centenaires.

  • Peter Doig au MAM de Paris

    Peter Doig au MAM de Paris

    Expo Peter Doig au Musée d’art moderne de Paris : artiste écossais vivant à Trinidad dont on a vu l’annonce de son expo sur le cul des bus parisien avec d’attirantes couleurs. En réalité ses tableaux sont moins colorés et plus fantasmagoriques. On y découvre d’étranges mélanges de jungles et de traces humaines, de grands espaces désertés souvent noyés derrière des rideaux de neige ou de lianes. Intéressant, et précédé d’un agréable déjeuner au soleil de la terrasse du musée.

  • Street-art ?

    C’est drôle comme l’environnement ferroviaire attire le tagueur fou. Que ce soit la ligne de RER de Roissy ou les wagons en stationnement à la gare de Rennes, les murs SNCF dégoulinent de peinture, dégueulent de représentations graphiques fruits de la « créativité » pour le moins débridée des artistes de la bombe peinturlurante.

  • Sophie Calle revient

    Sophie Calle est l’invitée de Frédéric Mitterrand sur France-Culture cette après-midi. Elle raconte ses œuvres aux incroyables scénarii. Elle revient sur l’épisode où elle a organisé sa propre filature, en principe anonyme. En fait elle avait identifié rapidement le détective qui la suivait et du coup organisé la filature du filateur. A l’issue de cet imbroglio elle a réuni les trois rapports, le sien et ceux des deux détectives. Elle parle bien sûr de son exposition Prenez soin de vous à la biennale de Venise, vue à Paris à la Bibliothèque nationale de France le 30 mars dernier. Elle parle des 11 minutes de la fin de sa mère, transformée en œuvre présentée à la biennale de Venise car lors du même appel où elle apprenait la maladie de sa mère, un double-appel l’informait de sa sélection pour Venise, reprenant alors la ligne de sa mère, elle le lui dit et l’entend répondre « quel dommage car je n’y serai pas. » Sophie a voulu qu’elle soit présente quand même d’où cette vidéo controversée présentée à coté de Prenez soin de vous. Elle évoque Hervé Guibert dont elle a attendu, avec lui, la mort à Paris avant qu’il lui dise : « Sophie, c’est ridicule, repars aux Etats-Unis. » et Guibert de s’éteindre alors qu’elle était dans son avion transatlantique.

    Elle parle d’elle avec un sens de l’auto-analyse, froid et tendre, de sa capacité à transformer sa propre vie en fiction. Elle raconte son désir de contrôler sa vie plutôt que d’en laisser des traces. Elle diffuse aussi une grande émotivité derrière un cynisme de façade. Ses admirateurs interviennent, Paul Auster bien sûr qui s’est inspiré de son personnage pour l’un de ses romans, en y ajoutant quelques couches supplémentaires qu’elle a à son tour intégré dans sa vie. Quelle étonnante et fascinante personnalité que cette Sophie !

  • « Vlaminck, un instinct fauve » au Musée du Luxembourg

    « Vlaminck, un instinct fauve » au Musée du Luxembourg

    Exposition « Vlaminck, un instinct fauve » au Musée du Luxembourg, d’ailleurs en pleine agitation politico-administrative avec une sombre histoire d’agence de communication en bisbille avec la directrice du Musée. Le vieux Poncelet (80 ans et le projet de se représenter à la présidence du Sénat en 2008) lance un audit sénatorial pour y voir clair, cela risque de prendre une allure de sénateur vers l’éclaircie… En attendant l’exposition est superbe, une excellente introduction à ce peintre fauviste des bords de Seine, où comment l’œil de l’artiste et sa vision des couleurs transforme une réalité tristounette en une explosion chromatique d’exception.

  • Au musée des Arts premiers

    Au musée des Arts premiers

    Visite, enfin, du Musée des Arts Premiers : le bâtiment conçu par Jean Nouvel est original à l’extérieur, mystérieux à l’intérieur, tout entier tourné vers des œuvres exposées dans la pénombre. On erre de l’Océanie, à l’Afrique en passant par l’Asie et les Amériques. Une somme d’objets, de cultures, de traditions, d’histoires.

    On y croise des groupes de gamins de maternelle qui écoutent ébahis une guide leur mimant et chantant des danses maories, des groupes de préretraités qui organisaient leur inactivité avec gourmandise. Une magnifique réalisation où flâner lorsque l’on a besoin de sortir du quotidien.

  • Au musée Guimet

    Au musée Guimet

    Passionnante visite guidée du musée Guimet, nous apprenons comment reconnaître Shiva de Vishnu, identifier la perfection des porcelaines chinoises, partager le cycle répétitif de la mort et de la réincarnation avant le nirvana et sa félicité éternelle, comprendre les échanges de ces populations inventives depuis tellement de siècles avant « notre » ère. Une visite avec un passionné de ce musée fréquenté par beaucoup de couples mixtes franco-asiatiques.

  • « Prenez soin de vous » de Sophie Calle

    « Prenez soin de vous » de Sophie Calle

    Exposition Sophie Calle à la Bibliothèque nationale de France rue Richelieu. Un site superbe que cette gigantesque salle de lecture d’un autre temps. Calle avait présenté à la Biennale de Venise 2007 l’actuelle exposition plus le film de la mort de sa mère, les quinze dernières minutes de la vie d’une mère aimée. On n’a pas vu cette vidéo controversée qui est parait-il un acte d’amour presque doux et serein.

    Le sujet du jour est un email de rupture reçue par Sophie de « X », une rupture qui ne lui plaît, ni sur le fond ni dans la forme :

    « J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre.
    C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots : “Prenez soin de vous”.
    J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
    J’ai demandé à 107 femmes, choisies pour leur métier, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel.
    L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L’épuiser. Comprendre pour moi. Répondre à ma place.
    Une façon de prendre le temps de rompre. À mon rythme.
    Prendre soin de moi. »

    Sophie Calle

    Elle présente ce message à 107 femmes qui y réagissent. Des professionnelles (comptables, juristes), des psy et assimilés, des artistes (Feist, Laurie Anderson, Camille, Peaches, Mazarine Pingeot), et chacune tombe à bras raccourci sur « X », à coup de vidéos, de contre-lettres ou de photos. Ces 107 femmes sont photographiées lisant la lettre.

    Sophie Calle, artiste contemporaine toujours aussi déjantée, se met en scène dans son intimité avec un culot éclatant et inégalable. C’est son fonds de commerce. J’aime beaucoup. On ne sait pas si la lettre a vraiment existé. On le croit en tout cas et on imagine la tête de son expéditeur visitant l’exposition…

  • Jonathan Littell traduit en allemand

    La version en allemand du prix Goncourt 2007, Les Bienveillantes de Jonathan Littell est en cours de publication. Cela déclenche quelques polémiques semble-t-il. C’est un roman terrifiant sur la banalité du fait génocidaire. On peut imaginer la réaction du peuple de Goethe et de Brahms devant cette nouvelle et terrible évocation de son passé.

  • « Abysses » au Muséum d’histoire naturelle

    « Abysses » au Muséum d’histoire naturelle

    Très intéressante exposition Abysses au Muséum d’histoire naturelle du Jardin des Plantes. Des photos incroyables de mystère et de beauté de la faune et la flore dans grands fonds marins. Des explications vulgarisées à la portée de tous sur ce foisonnement de vie que la recherche est en train de découvrir dans ces immenses profondeurs où tout n’est que pression insupportable, noir absolu, oxygène à peu près inexistant, absence de nourriture, mais malgré cela des créatures aux formes étranges y survivent en faisant preuve d’une capacité d’adaptation à ce milieu hostile.

  • « On The Edge » de Robert Adams

    « On The Edge » de Robert Adams

    Belle exposition de Robert Adams à la Fondation Cartier : photographe américain qui a consacré sa vie (40 ans de carrière et ce n’est pas fini) dans le Nord-Ouest de son pays à étudier les ravages de la civilisation moderne sur les modes de vie de ses concitoyens, l’habitat, les forêts primaires, etc. le tout avec des photos en noir et blanc très simples et émouvantes, sans personnage. On y découvre des paysages maritimes sereins et mélancoliques, et des forêts dévastées violentes et inquiétantes. Adams a publié de nombreux livres pour y montrer ses photos et développer ses idées.

    La Fondation annonce une expo. Patti Smith en mars prochain.

  • Adieu à Julien Gracq

    Julien Gracq est mort hier. Il est l’auteur du Rivage des Syrtes, un très grand roman sur l’attente et la solitude.