Catégorie : Autres no-musique

  • « Shutter Island » de Martin Scorsese

    « Shutter Island » de Martin Scorsese

    La sympathique chaîne de cinémas parisiens indépendants Portail | Dulac Cinémas (dulaccinemas.com) propose une soirée cinéclub avec le film Shutter Island en « version 35 mm », c’est-à-dire visionné à partir d’une pellicule et non un support numérique. L’animateur qui introduit le film de Scorsese de 2010 présente cette technologie ancienne comme un joyau permettant une re-visitation de ce film de 2010. C’est une affaire de spécialistes car le spectateur moyen ne voit guère de différence entre les deux versions…

    Qu’importe, le film est passionnant et un peu terrifiant. Le thème en est la folie et la noirceur de l’âme. Un hôpital psychiatrique accueillant exclusivement des criminels psychiquement dérangés est installé sur une île au large de Boston et sur laquelle débarquent deux inspecteurs venus enquêter sur la disparition d’une patiente. Nous sommes dans les années 1950, Teddy (Leonardo DiCaprio) a fait partie des troupes américaines qui ont libéré le camp d’extermination nazi de Dachau et il en garde un profond traumatisme. Les deux policiers vont se trouver confrontés à l’équipe soignante et de surveillance dont les comportements sont étranges, notamment deux psychiatres dont l’un est allemands.

    Tout le scénario consiste à faire douter Teddy de son propre état mental. De manipulations en retours sur le passé (sa femme serait décédée dans l’incendie de leur maison), d’évasions en rencontres impromptues, de rêves en cauchemars, de soupçons en délires, le spectateur ne sait toujours pas à la fin du film si Teddy est l’un des patients de l’hôpital depuis deux ans ou un enquêteur de passage depuis deux jours, ni s’il est véritablement un meurtrier. L’histoire se déroule alors qu’une tempête se déchaîne et coupe l’île du reste du monde. Fascinant ! Les plus optimistes espèrent qu’un tel scénario dépasse les bornes de la réalité…

    Nous sommes au Cinéclub alors Florence Colombani qui a écrit un livre sur le jeu d’acteur de DiCaprio vient nous parler de sa performance et de son lien presque filial avec Scorcese. Un court métrage est également projeté en présence de son réalisateur et ses deux acteurs : « Ainsi commença le déclin d’Antoine » de Paul Rigoux, l’histoire d’un garçon qui épie les filles depuis sa table stratégique d’un café de la Place Clichy.

    Merci le cinéma !

  • « Félins » au Muséum d’Histoire naturelle

    « Félins » au Muséum d’Histoire naturelle

    Le Muséum d’Histoire naturelle du Jardin des Plantes présente une exposition consacrée aux félins, du tigre féroce au chat domestique, en passant par lynx, jaguars et autres panthères. Il y a plein de ces animaux naturalisés, des explications pédagogiques sur leur histoire qui remonte à plusieurs millénaires. Des vidéos également montrant leur incroyable talent de prédateur. Evidemment c’est plutôt une exposition à destination des enfants, d’ailleurs nous sommes mercredi et le musée en est envahi. Mais leurs aînés qui vénèrent ces félins y trouvent aussi leur compte.

  • « Néo-romantiques – Un moment oublié de l’art moderne 1926-1972 » au Musée Marmottan Monet

    « Néo-romantiques – Un moment oublié de l’art moderne 1926-1972 » au Musée Marmottan Monet

    Le mouvement du néo-romantisme est présenté par le musée Marmottan comme l’un des premiers mouvements post-modernes fondé sur la remise en cause de l’abstraction et sur le retour à la figure. L’exposition démarre sur un Picasso qui inspira les néo-romantiques qui cherchèrent aussi à s’en démarquer. Datant de la première moitié du XXème siècle les œuvres prennent parfois un aspect fantasmagorique pas toujours aisé à décrypter. Quelques paysages aux couleurs claires et naturelles paraissent un peu incongrus au milieu de tableaux sombres et excentriques. Ce sont encore les jamais sourire mais ils nous ramènent à leur époque.

    Ce petit monde parisien néo-romantique réunissait des artistes « russes blancs » émigrés de la révolution bolchévique, des anglo-saxons et tous semblaient beaucoup faire la fête où se retrouvaient Jean Cocteau, Gertrude Stein, Julien Green, Max Jacob.

    Comme nous sommes au musée Monet le visiteur descend ensuite au sous-sol où est exposée la superbe collection permanente de tableaux de Claude Monet, histoire de se réconcilier avec la couleur et la peinture plus classique produite par l’un des géants de l’impressionnisme.

  • « Chili 1976 » de Manuela Martelli

    « Chili 1976 » de Manuela Martelli

    Nous sommes au Chili en 1976, la dictature militaire est en place depuis deux ans, sous la férule du général Pinochet. Les institutions démocratiques sont mises au pas, la répression contre les opposants est féroce et les « gauchistes » sont pourchassés, torturés, assassinés à travers le pays, et même à l’étranger. Le film de l’actrice et réalisatrice chilienne Manuela Martelli suit la vie d’une bourgeoise de Santiago se rendant dans sa résidence secondaire au bord de l’océan pour y superviser des travaux de rénovation et qui, un peu malgré elle, va se trouver embringuer dans le soutien à un opposant révolutionnaire blessé.

    Digne et élégante, jeune grand-mère, Carmen est l’épouse d’un médecin de Santiago qui soigne aussi des dignitaires militaires, elle n’a entendu parler de la dictature que via ses deux fils adultes qui s’opposent sur le sujet lors des repas familiaux. Les gens de sa condition ne soutiennent pas forcément les méthodes de la dictature mais préfèrent regarder ailleurs, la destitution du précédent régime de gauche arrangeant globalement leurs affaires. Tout ce petit monde vaque à ses occupations et fréquentent assidûment les églises.

    C’est d’ailleurs à la demande du prêtre du coin que Carmen, ex-volontaire de la Croix Rouge va prodiguer des soins à ce révolutionnaire, jusqu’à rencontrer son réseau pour essayer de le faire exfiltrer une fois l’avoir remis sur pieds. Elle n’en dit rien dans sa famille bien entendu et vit cette intrusion dans la révolution avec angoisse et générosité. Cela se termine tragiquement pour l’opposant et pas trop mal pour elle qui, malgré ses maladresses de rebelle de pacotille, va être protégée par les siens sans le savoir.

    C’est aussi un film sur la difficulté de l’engagement politique lorsque celui-ci fait courir de véritables dangers à ceux qui le prennent. Un danger que n’ont pas hésité à affronter nombre de résistants à différentes époques sur la planète, et qu’affrontent toujours aujourd’hui des opposants en Russie, en Birmanie ou en Chine. Ils sont admirables et c’est souvent grâce à leur combat que des dictatures se sont transformées en démocraties, système où l’engagement politique ne fait plus courir grands risques à ceux qui s’y opposent. Le cas de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale est caractéristique de ces transitions à la fin du XXème siècle. Il n’est pas sûr qu’aujourd’hui les nouvelles dictatures se laissent abattre aussi « facilement »…

    Lire aussi : « Missing » de Costa-Gavras (1982)

  • « Thomas Demand – Le bégaiement de l’histoire » au Musée du Jeu de Paume

    « Thomas Demand – Le bégaiement de l’histoire » au Musée du Jeu de Paume

    Le musée du Jeu de Paume expose le photographe allemand Thomas Demand, né en 1954, dont le concept artistique consiste à prendre une photo d’un décor, choisi généralement pour une raison bien particulière, puis recréer celui-ci minutieusement en papier et en carton de couleurs, en grandeur réelle, pour rephotographier le décor fictif expurgé des personnages qui existaient éventuellement dans l’original réel et, enfin, détruire le décor en papier.

    Sculpteur de formation, Demand prend un soin infini à recréer le réel dans une parfaite illusion qui donne ensuite aux clichés de grandes dimensions un côté parfaitement clinique et déshumanisé, avec une impression d’immobilité irréelle. Un environnement de poupées Barbie sans les imperfections de la réalité. La préparation des décors est extraordinaire, pour une photo de la canopée il a fabriqué plus de 270 000 feuilles d’arbres en papier…

    Le « bégaiement de l’histoire » qui donne son titre à l’exposition se réfère aussi au choix des évènements tragiques objets des décors photographiés : la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Fukushima après le désastre nucléaire, la baignoire où fut retrouvé le corps d’un ministre allemand en 1997, la passerelle accrochée à l’avion qui amena le Pape Jean-Paul II à Berlin en 2001, un bureau dévasté de la Stasi (police secrète est-allemande) après la réunification…

    C’est une étrange démarche artistique que de rendre fictive la réalité pour photographier cette fiction mais le résultat est stupéfiant nous faisant voguer à travers le réel via des photos de décors reconstruits.

    Si vous voulez acheter certaines de ces œuvres, visitez aussi la galerie Esther Schipper place Vendôme.

  • « Toute la beauté et le sang versé » de Laura Poitras

    « Toute la beauté et le sang versé » de Laura Poitras

    C’est un documentaire émouvant de Laura Poitras qui sort en salle cette semaine, centré sur la photographe Nan Goldin. On y retrouve les combats de sa vie, dont le dernier via l’association P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now) créée pour ce faire, contre la famille Sackler, dont l’entreprise pharmaceutique Purdue Pharma produisait et diffusait l’OxyContin, un anti-douleur addictif participant à la « crise des opioïdes » qui continue de faire des dizaines de milliers de morts chaque année aux Etats-Unis.

    Née en 1953 à Washington, Nan Goldin est une rebelle qui s’est engagée dans toutes les luttes de sa génération, à titre personnel et à travers son œuvre. Elle a commencé par vivre les affres d’une famille psychorigide et bien-pensante dont la mère fut victime d’agressions sexuelles dans sa jeunesse de la part d’un membre de sa famille et qui fut terrorisée à la puberté de sa fille aînée, qui affichait des tendances lesbiennes, qu’elle ne subisse le même sort. Elle la plaça dans une espèce d’institution-orphelinat ce qui la mena à se suicider après plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Bien sûr, on ne parle de rien dans la famille et on laisse les non-dits dévaster l’atmosphère.

    Nan s’inscrit à une école de photographie à 15 ans et va plonger dans le monde underground. Elle se déclare bisexuelle, vit de près l’épidémie du Sida durant laquelle elle voit disparaître ses amis les uns après les autres, travaille dans un bordel (pour se payer des pellicules), s’installe dans un squat du Bowery à New York où la drogue et le sexe sont consommés à profusion sur une bande son de Klaus Nomi et du Velvet Underground. Bref, toute une époque d’excès et de carnage qui a vu l’émergence d’un courant artistique de choix dans la musique, la photographie, le graffiti, la poésie.

    Nan Goldin photographie en permanence les gens et les lieux de cette époque un peu morbide mais si bouillonnante. Ses clichés sont toujours en intérieur, sous des lumières violentes, dans un assemblage de couleurs percutantes, et qui ne cachent pas la misère matérielle de cet environnement créatif. Les photographies de l’agonie des malades du Sida sont plus souvent en noir-et-blanc et particulièrement douloureuses.

    Goldin est une rescapée de ce temps qui va encore affronter un nouveau défi dans les années 2010, celui de se désintoxiquer de l’OxyContin qui lui a été prescrit après une tendinite. Elle réussit et initie un combat contre le fabricant de ce produit, la famille Sackler. Avec ses camarades au sein de P.A.I.N. elle arrive à faire arrêter le « sponsoring » et le « naming » que cette famille pratiquait à grande échelle dans les plus grands musées du monde, où parfois Nan Golding, devenue une photographe célèbre, faisait aussi partie des collections permanentes. Le groupe de militants réussit à mettre fin à cette sorte de « art-washing » puis à pousser les Sackler à mettre leur firme Purdue Pharma en faillite (ce qu’ils firent après en avoir extrait toute la valeur: plus de 10 milliards de dollars), pour éviter les poursuites judiciaires et leur corolaire, l’indemnisation des victimes.

    Une transaction est conclue avec les Sackler dans laquelle la famille accepte de payer plus de 4 milliards de dollars contre son immunité et celle de ses descendants. Nan Goldin et les siens parviennent à imposer aussi dans l’accord que les Sackler assistent par vidéo à l’audition des témoins, la plupart victimes, ou parents de celles-ci lorsqu’elles sont décédées. Ils sont trois Sackler, une femme et un homme en vidéo, le troisième refusant la vidéo mais acceptant le son, et on assiste à une stupéfiante séquence où ils écoutent, impassibles, le défilé des témoins racontant l’horreur de cette drogue pharmaceutique si fortement addictive. Ils ne prononcent pas un mot, le deal stipulait juste qu’ils devaient écouter et voir les témoins. Ce fut fait.

    Le film est monté à base des photos de Nan pour le passé et de vidéos sur ses combats actuels. Il est commenté en off par la photographe qui déroule d’une voix blasée et un peu triste toutes les étapes de cette époque qui furent aussi celles de sa vie. La joie revient seulement lorsqu’elle raconte les victoires contre les Sackler.

    La fin du documentaire est bouleversante : Nan filme ses parents devenus âgés, qu’elle pousse à danser dans le salon avant de revenir sur le traumatisme fondateur du suicide de sa sœur Barbara. C’est alors qu’ils laissent transparaître leur peine au rappel de cette absence. La mère se lève pour retrouver la citation de Conrad recopiée par Barbara avant son suicide, où il est question de beauté du monde et de sang versé, extraite, bien sûr, du roman Au cœur des ténèbres… Cette épitaphe de la vie de Barbara pourrait aussi devenir celle de l’œuvre de Nan Goldin.

    C’est une drôle de chose que la vie, ce mystérieux arrangement d’une logique sans merci pour un dessein futile.
    Le plus qu’on puisse en espérer, c’est quelque connaissance de soi-même -qui vient trop tard- une moisson de regrets inextinguibles. 

    Joseph Conrad (Au coeur des ténèbres)

    Un magnifique documentaire qui mérite amplement son Lion d’or décerné en 2022 à la Mostra de Venise !

  • « Planère France » par Loïc Lagarde au Village de Bercy

    « Planère France » par Loïc Lagarde au Village de Bercy

    Le Village de Bercy expose en extérieur des photos du photographe Loïc Lagarde sur des paysages de France. Le coup d’œil du professionnel est impressionnant : les points de vues, les couleurs, les mises en scène… tous est parfait, un peu lisse certes, mais juste beau. Et puis ce photographe a de bonnes idées, le grand angle sur le plafond de la Sainte-Chapelle est un modèle du genre.

    Lire aussi : Loïc Lagarde – photographe
  • « The Fabelmans » de Steven Spielberg

    « The Fabelmans » de Steven Spielberg

    C’est un film doux et merveilleux que nous délivre Steven Spielberg, en partie autobiographique, en tout cas « le plus personnel » qu’il a produit de sa carrière comme il l’explique dans une courte interview diffusée en guise de générique dans laquelle il fait un petit clin d’œil à la France où ont été déjà comptés plus de 100 millions de spectateurs de ses films.

    Nous suivons l’histoire de Sammy-Steven, né à la fin des années 1940, passionné par la réalisation de films depuis que, tout jeune, il a vu avec ses parents un long métrage où se déroulait un accident de train. La carrière de son père ingénieur va promener la famille de l’Arizona à la Californie, Sammy reçoit en cadeau des caméras avec lesquelles il réalise des films amateurs de plus en plus sophistiqués, son père parle d’un hobby, sa mère, pianiste-amatrice très éclairée (Eric Satie baigne la bande-son), l’encourage à devenir réalisateur. Le gamin devient adolescent, se frotte à la vie qu’il découvre derrière sa caméra : la mort de sa grand-mère, le vieil oncle surgit de nulle part, les troubles entre ses parents, sa judéité que lui font découvrir brutalement ses « camarades » d’université, son premier amour, ses premiers contrats dans le cinéma, bref, la vie d’un jeune états-unien de l’après-guerre qui va vivre et réaliser le rêve américain. Il va même rencontrer John Ford dans un bureau de Hollywood qui lui délivrera un seul conseil : dans les images, l’horizon doit être en haut ou en bas, mais jamais au milieu.

    Débordant de tendresse ce film est aussi un hommage à sa famille, aimante, agitée, unie malgré les obstacles, qui accompagne la vocation de Sammy jusqu’au début d’une carrière dont la vie de Spielberg confirmera la suite brillante. La reconstitution de l’atmosphère de l’Amérique des années 1950 est parfaitement réalisée, une époque où tout était possible, et où l’optimisme et l’énergie des citoyens a permis de déplacer des montagnes !

  • « Les gardiennes de la planète » de Jean-Albert Lièvre

    « Les gardiennes de la planète » de Jean-Albert Lièvre

    Un film documentaire sur les baleines qui montre des images merveilleuses de ces géantes des mers de 150 tonnes qui se meuvent avec grâce et poésie dans la grande bleue, de l’Arctique à l’Antarctique. Les commentaires dits par Jean Dujardin sont un peu niais mais ne font pas de mal. On pourrait se contenter des images et des sons enregistrés des bulles et des chants de ces animaux fascinants.

  • « Les tribulations d’Erwin Blumenfeld 1930-1950 » au mahJ

    « Les tribulations d’Erwin Blumenfeld 1930-1950 » au mahJ

    Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) expose Erwin Blumenfeld (1897-1969), devenu photographe un peu par hasard à défaut d’avoir su faire propérer le business familial au décès de son père en 1918. Né à Berlin dans une famille bourgeoise juive il va être balloté en Europe au gré de la première guerre mondiale et de la montée du nazisme, avant de se réfugier aux Etats-Unis d’Amérique en 1941 avec sa femme et leurs trois enfants, échappant sans doute ainsi au sort funeste de nombre de ses coreligionnaires.

    C’est au début des années 1930 qu’il devient photographe. Il expérimente des procédés novateurs de solarisation, réticulation, surimpression. Avant son émigration outre-Atlantique il se spécialise dans le nu féminin. Avec l’avènement d’Hitler au pouvoir en 1933 il réalise quelques compositions marquantes du dictateur allemand ajoutant à son portrait des surimpressions de svastikas, de cranes ou de larmes de sang. En tant qu’étranger allemand, il est interné avec sa famille dans des camps par le régime français et il y réalisera des reportages marquants. De même lors de son voyage vers les États-Unis qui est interrompu par une longue escale au Maroc. Ses enfants restent ses sujets préférés au cours de cette errance et sa fille aînée deviendra même son assistante dans son studio de New York.

    Aussitôt installé dans cette ville refuge où il avait déjà travaillé entre les deux guerres, il devient le photographe fétiche des grands magazines de mode comme Vogue et Harper’s Bazaar et se lance dans la photographie en couleur. Son inventivité lui fait signer quelques couvertures devenues iconiques comme celle-ci datant de 1950 :

    Le mahJ, magnifiquement installé dans un vaste hôtel particulier de la rue du Temple, expose avec à-propos le parcours de Blumenfeld que les tragiques évènements des années 1930-1940 n’ont jamais éloigné de sa vocation de photographe, alternant des tirages accrochés par ordre chronologiques et des notices historiques des différentes étapes et créations de cet artiste-photographe de premier ordre.

  • « Le retour des hirondelles » de Li Ruijun

    « Le retour des hirondelles » de Li Ruijun

    Ce film du réalisateur chinois Li Ruijun nous montre la Chine rurale, plus proche du moyen-âge que de l’agriculture moderne, à travers le parcours émouvant d’un couple réuni par un mariage arrangé, tous deux méprisés par leurs familles respectives plus tournées vers la recherche de la prospérité que du bonheur conjugal de leurs enfants… Elle a été battue comme plâtre dans son enfance ce qui l’a rendue incontinente, lui est attaché à son âne qui l’aide de la cuture de son petit lopin de terre. Nous sommes au bout du monde, le village est entouré de dunes de sable et voit progressivement la ville arriver vers lui, celles des immeubles « modernes » où l’Etat veut reloger les paysans après avoir détruit leurs cahutes en terre séchée, celle des Chinois avides d’enrichissement qui souhaitent mettre fin au mode de vie ancestral des paysans. Comment les urbains peuvent-ils comprendre l’attention portée par le coupe aux nids d’hirondelles accrochés aux murs de leurs cabanes ?

    Il ne se passe pas grand-chose durant ce long métrage de deux heures quinze qui défile au gré des quatre saisons d’une année ponctuée par les semences, la plantation, la récolte, la vente de celle-ci et le remboursement des dettes. Pas grand-chose sinon l’apparition de la tendresse qui naît entre ces deux êtres rebus d’une société chinoise qui les abandonne. Tout ceci ne se termine pas très bien pour eux et l’on comprend mieux pourquoi la diffusion de ce film a été brutalement interrompue en Chine. Même si non officiellement censuré, il se dit que le pouvoir chinois n’a pas apprécié l’image qui lui est ainsi attribuée d’abandonner son peuple rural dans la misère.

    On peut imaginer que les situations décrites dans ce film sont réelles, au moins dans certaines régions du pays. Elles ont existé en Europe et la transition vers la modernité ne s’y est pas non plus faite sans douleur.

    Au-delà de la traditionnelle opposition villes/campagnes, ce film est émouvant en ce qu’il traite de la tendresse entre deux personnes défavorisées, qui leur apporte le réconfort dans une vie de labeur et de misère. Il faut être patient devant ce film lent et méditatif, mais la patience est récompensée.

  • « Senghor et les arts – réinventer l’universel » au Musée du Quai Branly

    « Senghor et les arts – réinventer l’universel » au Musée du Quai Branly

    Le musée du Quai Branly, ex-musée des Arts Premiers, produit une intéressante exposition sur Léopold Sédar Senghor (1906-2001), homme d’Etat, poète, d’abord Français sous la colonisation puis Sénégalais après l’indépendance de ce pays acquise en 1960. Comme un certain nombre de leaders africains pré-indépendance qui avaient accepté le principe de rester loyal à la France et d’entériner celui de l’Union française, il sera élu député de l’assemblée nationale à Paris puis nommé ministre sous la IVème République. Il mène en parallèle son œuvre de poète et d’écrivain engagé.

    Avec Aimé Césaire il définit le concept de négritude et œuvre pour la reconnaissance d’une culture « noire » et l’avènement d’une civilisation de l’universel aux valeurs métisses. Elu à la tête du nouvel Etat du Sénégal il est un président qui investit dans la culture, plus que tout autre Etat africain, comme source de l’émancipation de son peuple. Il lance nombre d’initiatives en ce sens : création du Musée Dynamique de Dakar, organisation du premier Festival mondial de l’Art nègre en 1966, ouverture de différentes écoles de formation dédiées à l’enseignement artistique au Sénégal. Dans le même temps il poursuit le dialogue des cultures avec l’Occident, et même avec l’ancienne puissance coloniale. Il fait notamment exposer et venir à Dakar Picasso et Soulages.

    Le musée Quai Branly retrace les nombreuses actions de cet humaniste qui a parié sur l’harmonie des cultures comme mode de gouvernement. Sont exposés également ses recueils de poèmes magnifiquement illustrés par Chagall. Il a fait de son pays un havre de paix et de démocratie au cœur d’une Afrique de l’ouest dont la plupart des pays nouvellement indépendants ont choisi des voies plus radicales, celle du communisme, de la dictature ou des deux à la fois. Depuis sa démission de la présidence du Sénégal en 1980, le pays est resté libre et l’influence du père fondateur y est certainement pour beaucoup. Il n’est pas sûr que la jeunesse sénégalaise lui en soit tellement gré aujourd’hui tant l’Afrique contemporaine a majoritairement opté pour la radicalité et le rejet de toute compromission avec l’ancienne puissance coloniale. Senghor était le parangon d’une décolonisation douce et d’une transition apaisée assise sur le partage des cultures. Il était un homme du XXème siècle, il a échoué à convaincre les autres puissances africaines d’adopter sa vision politique et poétique mais lorsqu’on voit l’état dans lequel se débattent aujourd’hui les pays d’Afrique de l’ouest, les jeunes Sénégalais pourraient lui être reconnaissants de vivre dans un pays relativement calme et démocratique.

  • « Tel Aviv Beyrouth » de Michale Boganim

    « Tel Aviv Beyrouth » de Michale Boganim

    De l’occupation du Sud-Liban par Israël entre 1985 et 2000, à la prise d’otages de soldats israéliens dans les années 2000, le film nous fait rencontrer deux familles entremêlées et déchirées par ces guerres : l’une libanaise-chrétienne, l’autre israélienne-juive. Des liens sont créés lors de la présence des l’armée au Sud-Liban qui est soutenue par les milices chrétiennes ayant le même objectif : vaincre le Hezbollah, milice musulmane. Ils vont perdre face à la puissance de leur ennemi commun. Au départ soudain de l’armée israélienne du Sud-Liban en 2000, une partie de la famille libanaise les suit un peu piteusement par crainte de l’épuration qui s’annonçait (et qui s’est effectivement produite).

    Et c’est par les yeux de la mère israélienne et de la fille libanaise que l’on vit l’après, au milieu des affrontement entre Israël et le Hezbollah qui perdurent plus ou moins sporadiquement. La première part à la recherche de son fils engagé dans l’armée israélienne alors que deux soldats israéliens viennent d’être pris en otage, la seconde, exilée depuis des années en Israël, sans espoir de retour, assiste à la lente déchéance de son père qui a combattu aux côtés du mari de sa compagne d’escapade. Sa sœur est restée au Liban et elles peuvent communiquer à travers le grillage de la frontière…

    Un lien étrange et, finalement, affectueux se tisse entre elles dans cet environnement de haine et de séparation, de mort et de destruction. La frontière entre leurs deux pays est hermétiquement fermée et seul le destin les a rassemblées du même côté de la barrière que seuls les cercueils ont le droit de franchir. La réalisatrice aborde le drame de ces guerres civiles avec leur cortège de choix sans retour, de règlements de compte, d’exil… On peur sans difficulté s’imaginer qu’il se passe la même chose dans la guerre d’Ukraine, envahie par la Russie comme Israël est entré au Liban, où les uns soutiennent la Russie et les autres la combattent. D’ailleurs, la réalisatrice Michale Boganim, est israélienne d’origine maroco-ukrainienne, ayant grandi en Israël jusqu’à l’âge de 7 ans avant de suivre sa famille émigrée en France. Elle avait réalisé un très intéressant documentaire sur son exil :

    Lire aussi : « Mizrahim, les oubliés de la terre promise » de Michale Boganim

    Cette histoire de quête du fils fait tristement penser au roman de David Grossman « Une femme fuyant l’annonce », le drame des fils qui partent faire leur devoir laissant leurs mères désemparée et seules face à un destin tragique.

  • La Collection de l’Art Brut de Lausanne

    La Collection de l’Art Brut de Lausanne

    Montée à partir de 1945 par le peintre Jean Dubuffet (1901-1985), cette collection est constituée d’œuvres réalisées généralement par des patients atteints de maladies psychiques, hospitalisées ou pas, sous forme de dessins, de peintures, de sculptures. Une partie de celles-ci sont exposées, complétées par l’exposition temporaire « Art Brut et Bande Dessinée » au rez-de-chaussée.

    Les œuvres retracent souvent les obsessions de leurs auteurs, mais n’est-ce pas le propre d’une création artistique ? Elles sont abordables et, le cas échéant, expliquées par une guide locale ou quelques lignes sur un présentoir. Un parcours intriguant !

  • La comédie « Jack Lang » continue

    La comédie « Jack Lang » continue

    Jack Lang, 83 ans, les cheveux noirs de teinture (sauf le bout de ses pattes où il laisse apparaître un peu de blanc…) envisagerait de représenter à la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) qu’il préside depuis plus de dix ans. Quelles que soient ses performances à la tête de cette institution, il est temps pour lui de passer la main compte tenu de son âge. Il existe des centaines de candidats tous aussi légitimes, et bien plus jeunes, qui feront aussi bien le job et permettraient de faire tourner la roue.

    Le fait que M. Lang s’accroche ainsi à son activité est, hélas, symptomatique de l’inertie de la République qui n’arrive pas à renouveler ses élites. On ne comprend d’ailleurs pas bien ce qui pourrait justifier un quatrième mandat qui maintiendrait cette personne âgée à la présidence de l’IMA. Outre la perte d’efficacité générée par l’âge, c’est aussi une injustice flagrante à l’encontre des générations suivantes qui aspirent elles-aussi à accéder au pouvoir. Il serait tout à l’honneur de ce vieux « Djack » de tirer sa révérence. Il serait certainement remplacé sans trop de difficultés par un candidat de valeur.

    Lire aussi : Jack Lang, 80 ans, accroché à son rocher & Il faut mettre ce vieux Jack à la retraire
  • « Retour à Séoul » de Davy Chou

    « Retour à Séoul » de Davy Chou

    Davy Chou est un réalisateur français d’origine cambodgienne dont la filmographie est orientée vers la recherche de l’histoire tourmentée du Cambodge et, plus généralement, celles de nos racines. Dans « Retour à Séoul » il traite l’histoire d’une jeune femme, Freddie, qui a été abandonnée encore bébé par ses parents sud-coréens et adoptée par un couple français. Un peu par hasard elle repasse à Séoul et part à la recherche de ses parents biologiques et de son pays.

    Le scénario la suit pendant plusieurs années de rapprochement avec cet environnement qu’elle voudrait se réapproprier. Le personnage de cette femme est plutôt agité et provocateur, multipliant les conquêtes qu’elle se vante de pouvoir « sortir de [sa] vie d’un claquement de doigt » et qu’elle utilise au hasard de ses besoins sexuels, affectifs ou professionnels.

    Les retrouvailles avec ses parents n’apparaissent pas forcément très positives mais au moins ont-elles le mérite de lever l’incertitude. Son père est un homme simple, qui boit, peut-être parce qu’il a abandonné son enfant, certainement parce qu’il est alcoolique, mais qui veut en tout cas s’en faire pardonner avec force démonstrations d’amour et d’attachement (et d’alcool) qui étouffent Freddie. Sa mère, qui ne vit plus depuis longtemps avec le père de sa fille, refuse de la rencontrer à plusieurs reprises avant, finalement, plusieurs années après son premier refus, de la serrer dans ses bras dans l‘institution coréenne qui gère les adoptions, entre larmes et caresses, seules voies de communication quand on ne partage pas les mêmes langues.

    Le film est inspiré librement d’une histoire vraie. Il narre de façon sensible le traumatisme que l’abandon peut faire peser sur ceux qui en sont l’objet. Ici, la réaction de Freddie est ambivalente, feignant l’indifférence mais attirée par la Corée où elle va attacher sa vie professionnelle et, en partie, personnelle. Cerise sur le gâteau, elle travaille chez un marchand d’armes et présente la vente de missiles aux Sud-coréens comme sa participation à la défense contre la Corée du Nord. Sans doute la métaphore de l’agressivité qu’elle développe à l’encontre de son père biologique…

  • « Professeur Yamamoto part à la retraite » de Kazuhiro Soda

    « Professeur Yamamoto part à la retraite » de Kazuhiro Soda

    Le documentariste japonais Kazuhiro Soda a produit en 2008 « Mental », suivant le dialogue du professeur Yamamoto, pionnier de psychiatrie au Japon. En 2022 il revient filmer le psychiatre qui, cette fois-ci, est en train de partir à la retraite. Le praticien consulte dans une clinique qui semble accueillir des pathologies psychiques graves et d’autres moins. On le voit avec ses derniers patients qui, tous, s’inquiètent de ce qu’ils vont devenir une fois leur thérapeute envolé. Avec l’un d’entre eux il tente de le convaincre de « réduire ses désirs à zéro » pour vaincre sa consommation compulsive. Il était, paraît-il, un adepte de cette théorie un peu bouddhiste.

    Mais le film est surtout centré sur ce vieux couple composé par Yamamoto et sa femme, Yoshiko, dont on comprend au milieu du film qu’elle est atteinte d’une maladie neurodégénérative. Son mari prend soin d’elle comme il s’est occupé de ses patients et il va lui être aussi indispensable qu’il l’était pour eux.

    Le documentaire est lent, comme les mouvements de ces deux personnes âgées et touchantes au crépuscule de leur vie. Il décrit plus le grand âge des Yamamoto, qu’il ne parle de psychiatrie. Mais ce métier auquel le professeur a consacré sa vie va certainement les aider à affronter ce destin qui nous attend tous et qui est rendu avec émotion dans un film où il ne se passe pas grand-chose.

  • Musée des Beaux-Arts de Rouen

    Musée des Beaux-Arts de Rouen

    Au Musée des Beaux-Arts, l’exposition permanente est constituée de tableaux datant de la renaissance italienne jusqu’au impressionnistes, beaucoup de peintres inconnus du néophyte, parfois rouannais, mais aussi Rubens, Delacroix, Caravage, Ingres.

    Une salle est dédiée aux impressionnistes qui ont tant aimé peindre les paysages autour de la Seine qui coule en Normandie. On y voit bien sûr l’un des tableaux de Monnet sur la cathédrale dont il peint 28 versions sous différentes saisons et luminosités. Le frère de Monnet dirigeait un business textile à Rouen et recevait régulièrement Claude. Pour peindre il se plaçait au premier étage de l’immeuble en face de l’édifice qui était à l’époque un grand magasin mais la fenêtre devant laquelle il plaçait son chevalet était celle du rayon lingerie féminine. Pour ne pas choquer la clientèle, l’équipe du magasin lui avait confectionné un paravent afin de préserver l’intimité des acheteuses…

    Une exposition temporaire détaille la Flagellation du Christ du Caravage avec force photos, scans et radiographies des détails de ce tableau imposant. Il avait été acheté par le musée en 1955 sans savoir qui en était vraiment l’auteur.

    Un joli musée de province qui anime la vie culturelle de cette ville intéressante sur les bords de Seine.

    Voir aussi : Rouen
  • Le musée Historial Jeanne d’Arc à Rouen

    Le musée Historial Jeanne d’Arc à Rouen

    Elle est partout dans la ville, sur les murs, dans les cœurs. Sur la place du Vieux-Marché subsiste le socle du bûcher où elle fut brulée vive et une église a été construite en son souvenir en 1979 et dénommée Sainte Jeanne d’Arc ! L’Historial Jeanne d’Arc retrace le parcours de cette héroïne française née vers 1412 et exécutée sur le bûcher en 1431.

    Le Royaume de France est en partie occupé par les Anglais et les Bourguignons ont pactisé avec l’envahisseur. Jeanne entend des voix lui demandant de bouter l’Anglais hors de France et d’aider à rétablir sur le trône le roi Charles VII. Contre toute attente, elle va réussir, habillée en homme, à libérer Orléans du joug anglais et à faire couronner Charles VII à Reims. Elle échoue devant Paris tenu par les Anglais et les félons Bourguignons. Elle tente de se battre à Compiègne, est capturée par les Bourguignons, vendue par ceux-ci à l’Anglais qui l’emmène à Rouen où elle est jugée par des religieux à la solde de l’Angleterre qui la torturent puis la condamnent pour hérésie, ses voix étant inspirées par le démon. Elle bénéficie d’une grâce lui permettant ne pas être exécutée sous réserve qu’elle s’engage à ne plus porter d’habits d’homme.

    De retour dans sa cellule elle enfile de nouveau des habits masculins. Elle est considérée comme récidiviste puis brûlée sur la place du Vœux Marché en 1431 et ses cendres dispersées dans la Seine pour que sa tombe ne se transforme pas en lieu de pèlerinage.

    25 ans plus tard, à l’initiative du roi Charles VII, le pape ordonne de réétudier les actes du procès de Jeanne. Celui-ci est annulé, mais un peu tard pour Jeanne d’Arc qui est tout de même « béatifiée » en 1922. Aujourd’hui on parlerait d’un schizophrène (les voix entendues), LGBTQIA+ (les habits d’homme), déconstruite (la lutte contre l’Anglais)…

    Le musée offre un parcours dans le sous-sol de l’évêché dans les pièces duquel sont diffusées des vidéos théâtralisant les scènes imaginées du procès en réhabilitation.

    Le 30/05/1964, sur le lieu du supplice de Jeanne, André Malraux proclamait :

    Ô Jeanne, sans sépulcre et sans portrait toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants !

    Voir aussi : Rouen
  • « Nostalgia » de Mario Martone

    « Nostalgia » de Mario Martone

    Un film sur la ville de Naples, où est né le réalisateur, et sur les destins croisés de deux personnages qui y étaient amis dans leur adolescence. Après un drame dont ils ont été les acteurs, l’un, Felice, le personnage principal du film, est parti faire sa vie en Egypte, l’autre est resté sur place et devenu un parrain de la mafia. 40 ans sont passés et le premier revient sur place pour accompagner les derniers jours de sa mère jamais revue depuis. Il va aussi avoir à cœur de solder ce drame vécu à l’époque avec son compagnon d’infortune. Mal lui en pris mais durant les quelques semaines passées à Naples à la recherche de son passé il croise un formidable jeune prêtre sur le « mode ouvrier », promenant sa soutane, son énergie et son espoir parmi les jeunes de son quartier pour leur faire choisir Dieu plutôt que la mafia. C’est lui qui pousse Felice à faire face à son histoire.

    On déambule avec le héros dans le vieux Naples tel l’on imagine, des ruelles étroites dans un décor vallonné, au milieu d’immeubles un peu délabrés entre lesquels pend du linge à sécher. Des petits bistrots avec trois chaises en extérieur où l’on sert pizzas et café, la ronde incessante des scooters ronflant conduits par des jeunes sans casque. Chacun épie tout le monde dans le joyeux chaos de l’Italie du sud sous la protection menaçante du Vésuve.

    Felice revient sur sa vie au cœur de cette ville qu’il a fui il y a quarante ans et où il veut maintenant se réinstaller. Le sort en décidera autrement car la violence sourd toujours dans cette cité, cela au moins n’a pas changé !