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  • Guerre Ă©conomique

    Guerre économique

    Depuis la prise de fonction de leur nouveau prĂ©sident les Etats-Unis d’AmĂ©rique ont initiĂ© une guerre mondiale Ă©conomique en rehaussant, souvent de façon significative, les droits de douanes imposĂ©s aux pays tiers exportateurs. Cela va renchĂ©rir le coĂ»t des produits importĂ©s par les Etats-Unis, qu’il s’agisse de produits finis, semi-finis ou de matiĂšres premiĂšres. Les chaĂźnes de valeur commencent dĂ©jĂ  Ă  en ĂȘtre dĂ©sorganisĂ©es et, in fine, le consommateur final, notamment amĂ©ricain, devrait avoir Ă  payer ces surcoĂ»ts.

    Selon les cas, ces hausses de droits de douane auraient Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es pour forcer les pays exportateurs Ă  prendre des mesures pour lutter contre les immigrĂ©s illĂ©gaux, l’exportation de Fentanyl ou d’autres motifs plus ou moins rĂ©els. C’est ainsi que les Etats-Unis accusent l’Europe d’un excĂ©dent commercial indĂ©cent qu’il faut rĂ©duire, avançant Ă  l’appui de cette assertion des chiffres qui sont contestĂ©s par Bruxelles car ne prendraient en compte que la balance commerciale, effectivement excĂ©dentaire pour l’Europe, « oubliant Â» la balance des services qui, elle, est excĂ©dentaire en faveur des Etats-Unis. Les pays touchĂ©s par ces hausses de droits ont dĂ©jĂ  pris des mesures de rĂ©torsion Ă  l’encontre de Washington.

    On suppose que si les pays « accusĂ©s Â» venaient Ă  rĂ©gler les dysfonctionnements dont les accusent les Etats-Unis, la hausse des droits de douane qui leur sont imposĂ©es seraient rĂ©duites, voir supprimĂ©es, mais l’histoire ne le dit pas. On peut d’ailleurs s’étonner que le prĂ©sident amĂ©ricain puisse dĂ©cider de ces bouleversements Ă©conomiques, qui touchent le monde entier, seul dans son bureau ovale. Mais autant certaines dĂ©cisions intempestives du prĂ©sident amĂ©ricain sont actuellement contestĂ©es en justice, autant celles concernant les droits de douanes ne semblent pas discutĂ©es et elles s’appliquent actuellement. Quant aux rĂšgles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui sont clairement violĂ©es par ces mĂ©thodes, plus personne n’en parle, sauf peut-ĂȘtre la Chine qui vient de dĂ©poser plainte auprĂšs de cette organisation multilatĂ©rale honnie par le nouveau pouvoir amĂ©ricain qui en perturbe le fonctionnement.

    La thĂ©orie Ă©conomique Ă©tablit qu’une telle guerre commerciale aboutit immanquablement Ă  une rĂ©cession Ă©conomique. Mais la thĂ©orie Ă©conomique s’est dĂ©jĂ  beaucoup trompĂ©e dans l’histoire. L’avenir devrait dire assez rapidement si, cette fois-ci, elle est confirmĂ©e, ou pas, dans cette nouvelle pĂ©riode de chaos Ă©conomique.

    Et pendant ce temps la France regarde comment abaisser l’ñge lĂ©gal de la retraite


  • La libertĂ© d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    La libertĂ© d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    Alors que les conservateurs français, sans doute inspirĂ©s par le courant libertarien amĂ©ricain, se lamentent dans les nombreux organes de presse qu’ils dĂ©tiennent, ou qui leur ouvrent leurs colonnes, des « attaques contre la libertĂ© d’expression » dont ils seraient victimes, on apprend que suite Ă  la rĂ©attribution de la frĂ©quence publique de la TĂ©lĂ©vision numĂ©rique terrestre (TNT) de C8 Ă  Ouest-France TV, Cyril Hanouna, le hĂ©rault des mĂ©dias du groupe BollorĂ© continue Ă  diffuser son Ă©mission Touche pas Ă  mon poste (TPMP) sur des rĂ©seaux dits « sociaux » et via diverses « box » fournies lar des opĂ©rateurs Internet. La chaĂźne CNEWS, autre mĂ©dia du groupe BollorĂ©, s’en fĂ©licite d’ailleurs Ă  longueur d’antenne en ajoutant que l’audience de M. Hanouna sort d’ailleurs renforcĂ©e de cet Ă©pisode.

    On se rassure donc en constatant que la « censure Â» de l’Etat n’empĂȘche pas TPMP de remporter un succĂšs d’audience sur les nouveaux canaux utilisĂ©s par l’animateur. Ce n’était donc peut-ĂȘtre pas peine de brailler sur partout que la « mort Â» de C8 est une atteinte inqualifiable Ă  la libertĂ© d’expression. La publicitĂ© que les spectateurs subissent dĂ©sormais sur Youtube et assimilĂ© n’est pas moins abrutissante que celle qui Ă©tait diffusĂ©e par C8 sur son canal TNT. La vulgaritĂ© et la bĂȘtise crasse de Cyril Hanouna sont toujours disponibles pour les tĂ©lĂ©spectateurs intĂ©ressĂ©s et c’est bien ainsi.

    Les mĂ©dias du groupe BollorĂ© se posent en victime de la censure d’Etat, inspirĂ©e par une idĂ©ologie « de gauche Â», en dĂ©pit de la rĂ©alitĂ© : la plupart des magazines d’information sont dĂ©tenus par des hommes d’affaires du CAC40, et affichent une ligne Ă©ditoriale que l’on peut difficilement qualifier de bolchĂ©vique. Le quotidien Le Figaro reste l’un des grands journaux français et son propriĂ©taire est le groupe Dassault pas non plus en faveur d’une ligne gauchisante, ce qui n’empĂȘche pas de maintenir une Ă©quipe de journalistes compĂ©tents. Il en est de mĂȘme avec les quatre chaĂźnes d’information en continu de la TNT. Il reste quelques journaux comme LibĂ©ration, toujours Ă  gauche mais avec une trĂšs faible diffusion. L’offre des mĂ©dias français est diverse, de la gauche Ă  la droite.

    Sur CNEWS, l’autre mĂ©dia phare du groupe BollorĂ©, Pascal Praud, ancien commentateur de fouteballe et animateur d’un plateau style « CafĂ© du Commerce Â» matin et soir rĂ©unissant un quarteron de polĂ©mistes Ă  la retraire, affiche tous les jours son obsession contre les mĂ©dias publics qui seraient « de gauche Â» en vivant de l’argent public et que seule CNEWS, et tout particuliĂšrement son plateau « L’heure des pros Â», parlerait des sujets qui intĂ©ressent les Français.

    Charlie Hebdo (23/12/2020)

    Lesdits Français peuvent choisir librement les mĂ©dias qu’ils dĂ©cident de suivre. Le problĂšme n’est pas tant les sujets abordĂ©s par les diffĂ©rents mĂ©dias, oĂč les tendances politiques affichĂ©es, que la maniĂšre dont ils sont traitĂ©s. CNEWS et C8 prennent le parti de la courte vue et du racolage populiste de bas Ă©tage pour profĂ©rer des jugements Ă  l’emporte-piĂšce, attisant la contestation systĂ©matique de toute action publique ou intellectuelle auprĂšs de leur auditoire. Le Figaro et France-Culture optent pour l’analyse et la rĂ©flexion menĂ©es par des journalistes professionnels.

    Pour Ă©lever le niveau de la France qui, rappelons-le une nouvelle fois, rĂ©pertorie prĂšs de 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram (le fouteballeur M’BappĂ© en affiche 123 millions
) il faudrait pouvoir censurer non pas le soi-disant manque de pluralisme, mais plutĂŽt l’absence d’intelligence. Vaste tĂąche !

  • La fin des New York Dolls

    La fin des New York Dolls

    La mort de David Johansen (1950-2025) ce 28 fĂ©vrier marque la fin du groupe de rock New York Dolls dont il Ă©tait le chanteur et l’un des fondateurs. FormĂ© en 1971 le groupe fut le phare amĂ©ricain du punk avec Iggy Pop et ses Stooges ainsi que le Velvet Underground et les Ramones bien sĂ»r. Outranciers et provocateurs, grimĂ©s façon glam rock ils ont effrayĂ©s la mĂ©nagĂšre de moins de 50 ans et participĂ© Ă  la rĂ©novation du rock Ă  cette pĂ©riode. Le groupe s’est dissout, reformĂ© et redissout mais c’est au cours de la pĂ©riode 1971-1977 qu’il laisse une trace indĂ©lĂ©bile dans le rock amĂ©ricain. Johansen a aussi menĂ© une carriĂšre solo et sorti Ă©galement une demi-douzaine de disques en son nom propre.

  • Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Le prĂ©sident des Etats-Unis d’AmĂ©rique affiche vigoureusement son objectif d’annexer le Canada pour en faire le 51e Ă©tat amĂ©ricain. On a du mal Ă  y croire tant l’outrance apparaĂźt farfelue mais ce n’est pas une hallucination, l’objectif est rĂ©pĂ©tĂ© par le prĂ©sident Ă  toutes sortes d’occasions. En attendant « mieux Â», une guerre commerciale a plus ou moins Ă©tĂ© ouverte par Washington pour tenter de forcer la Canada Ă  « demander Â» lui-mĂȘme ce rapprochement et sa disparition en tant qu’Etat indĂ©pendant.

    Ce nouvel impĂ©rialisme ressemble Ă  bien des Ă©gards Ă  celui de la Russie qui dĂ©nie Ă  l’Ukraine son droit d’exister comme Etat indĂ©pendant et a donc envoyĂ© ses chars en fĂ©vrier 2022 pour atteindre son objectif. Dans un premier temps, la Russie a annexĂ© sans autre forme de procĂšs les provinces du Donbass sur lesquelles se dĂ©roulent encore des combats. Cette annexion, comme celle de la CrimĂ©e en 2014, n’est reconnue que par les amis de Moscou.

    On a du mal Ă  imaginer que Washington puisse faire de mĂȘme en faisant parler les armes contre le voisin canadien, mais dans cette pĂ©riode de chaos international causĂ© par la remise en cause de l’organisation du monde, et particuliĂšrement des frontiĂšres, issue de l’aprĂšs-seconde guerre mondiale, on se dit que tout est possible. AprĂšs tout les Etats-Unis revendiquent Ă©galement le Groenland qu’ils veulent racheter au Danemark et le retour Ă  leur souverainetĂ© sur le canal de Panama !

    Ces revendications inattendues brisent les certitudes des gĂ©nĂ©rations europĂ©ennes post-seconde guerre mondiale qui croyaient « l’alliĂ© Â» amĂ©ricain solide comme le roc et menĂ© par des dirigeants visionnaires, dĂ©fenseurs de la dĂ©mocratie et du libĂ©ralisme Ă©conomique. Les choses changent !

    Juin / Charlie Hebdo (09/03/2016)
  • « Ravel BolĂ©ro » Ă  la Philharmonie de Paris

    « Ravel Boléro » à la Philharmonie de Paris

    C’est le cent-cinquantiĂšme anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, le 7 mars 1875 Ă  Cibourne (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques). Ce grand compositeur français est cĂ©lĂ©brĂ© un peu partout cette annĂ©e dont Ă  la Philharmonie de Paris qui organise une exposition centrĂ©e sur le BolĂ©ro, sa crĂ©ation la plus emblĂ©matique. Que les ravĂ©liens se rassurent on y dĂ©couvre aussi beaucoup d’élĂ©ments liĂ©s Ă  la personnalitĂ© et au gĂ©nie de Ravel, au-delĂ  du « simple » BolĂ©ro.

    L’exposition dĂ©bute par un film de l’Ɠuvre jouĂ©e en version orchestrale (sans danseur). Plus loin on dĂ©couvre une section dĂ©diĂ©e Ă  des vidĂ©os de diffĂ©rentes exĂ©cutions du BolĂ©ro dans le temps et aux films qui se sont inspirĂ©s du BolĂ©ro ou l’ont tout simplement utilisĂ© comme musique. Il a Ă©tĂ© composĂ© en 1928 comme une Ɠuvre de ballet Ă  la demande de l’amie de Ravel, Ida Rubinstein, danseuse et mĂ©cĂšne du musicien, qui commande une piĂšce de « caractĂšre espagnol ». Natif du sud-ouest, il connait bien la culture hispanique mais par suite d’un embrouillamini de droits sur des Ɠuvres espagnoles qu’il comptait orchestrer il dĂ©cide de se lancer dans une Ɠuvre radicalement moderne et originale.

    BĂąti sur une trĂšs simple et obsĂ©dante rhythmique Ă  deux mesures, le BolĂ©ro n’est fait que d’un seul mouvement composĂ© de deux mĂ©lodies qui se succĂšdent et se rĂ©pĂštent avec des instruments de plus en plus nombreux, progressivement surajoutĂ©s les uns aux les autres, amenant jusqu’au paroxysme final. La construction est mathĂ©matique et retranscrite sur un schĂ©ma Ă©lectronique prĂ©sentĂ© sur un Ă©cran. L’inspiration est exceptionnelle d’inventivitĂ© et de puissance.

    Dans un commentaire facĂ©tieux l’auteur dira :

    Mon chef-d’Ɠuvre ? Le BolĂ©ro, bien sĂ»r ! Malheureusement, il est vide de musique.

    Ravel – 1928

    Le BolĂ©ro est créé en novembre 1928 au Palais Garnier sur une chorĂ©graphie d’Ida Rubinstein. Il rencontre un franc succĂšs auprĂšs de la critique et il reste aujourd’hui mondialement connu et rĂ©vĂ©rĂ©. En 1928 Ravel rencontre dĂ©jĂ  un succĂšs international et il peut se permettre des expĂ©rimentations. Celle-ci est de toute grandeur. Elle a Ă©tĂ© composĂ©e dans sa maison de Montfort-l’Amaury, C’est dans cette mĂȘme demeure, l’annĂ©e suivante, qu’il composera ses deux sublimes concertos pour piano avant que ses troubles neurologiques ne finissent par l’emporter le 28 dĂ©cembre 1937 aprĂšs quatre annĂ©es de quasi-silence musicale dues Ă  la maladie.

    De nombreuses photos et quelques vidĂ©os montrent le compositeur dans ses jours heureux, visitant ses rĂ©gions de prĂ©dilection. Ses voyages musicaux, aux Etats-Unis notamment oĂč il dirigea ses Ɠuvres, rencontra George Gershwin et Bessie Smith. Ses inspirations et ses amitiĂ©s musicales. De nombreuses photos nous montrent cet homme de petite taille, toujours tirĂ© Ă  quatre Ă©pingles, plutĂŽt souriant, souvent fumant une cigarette. Des bibelots exposĂ©s dans sa maison de Montfort-l’Amaury sont prĂ©sentĂ©s Ă  la Philharmonie revenant ainsi sur sa passion pour les petits mĂ©canismes et l’extrĂȘme souci du dĂ©tail avec le lequel il les collectionne et les expose. MĂȘme son nĂ©cessaire de rasage est soigneusement dĂ©posĂ© sur un tissu noir-et-blanc rappelant le clavier d’un piano. Ce maniĂ©risme prĂȘte Ă  sourire lorsqu’il s’applique Ă  la dĂ©coration de sa salle-de-bains mais il provoque l’admiration quand il concerne le strict ordonnancement des thĂšmes musicaux du BolĂ©ro.

    Comme toujours, la Philharmonie est Ă  la hauteur des artistes qu’elle expose : visites-guidĂ©es, atelier-exposition pour familles, bibliographie spĂ©cialisĂ©e, concerts. Tout est fait pour faciliter la dĂ©couverte de ce grand compositeur.

    Et mĂȘme un podcast en cinq Ă©pisodes produit avec France Musique : Ravel, le BolĂ©ro de la vie.

  • Continuons d’endetter joyeusement les pays europĂ©ens

    Continuons d’endetter joyeusement les pays europĂ©ens

    Alors que des bruits de bottes retentissent en Europe et que les Etats-Unis d’AmĂ©rique semblent tourner casaque et revoir leurs alliances en faisant ami-ami avec la Russie, l’Europe gĂ©ographique commence Ă  se demander s’il ne lui faudrait pas envisager de disposer d’une dĂ©fense autonome plutĂŽt que de dĂ©pendre de l’alliĂ© amĂ©ricain aux humeurs changeantes. Mais le constat montre que les pays du vieux continent ont considĂ©rablement baissĂ© la garde depuis les annĂ©es 1990 et la chute de l’URSS. Les mauvaises langues galonnĂ©es avancent qu’en cas de guerre de « haute intensitĂ© Â», l’armĂ©e française ne disposerait aujourd’hui que de quelques semaines de munition pour lutter contre un potentiel envahisseur.

    La nouvelle Russie apparaissant largement aussi nuisible et impĂ©rialiste que sa prĂ©dĂ©cesseuse soviĂ©tique l’Europe s’inquiĂšte pour sa protection en cas d’attaque russe sur son territoire. C’est une saine rĂ©action, certes un peu tardive mais salutaire. Le rĂ©armement est sans doute la seule option raisonnable face Ă  des puissances hostiles et de plus en plus agressives. Le problĂšme est que tout ceci coĂ»te beaucoup de sous et prend du temps. Les finances publiques de la France sont Ă  la dĂ©rive depuis plusieurs dĂ©cennies. Le pays est le mauvais Ă©lĂšve de l’Union europĂ©enne. Heureusement certains autres sont en meilleure santĂ© financiĂšre mais mĂȘme en les additionnant, les financements nĂ©cessaires pour Ă©lever de nouveau l’Europe au rang de puissance sont considĂ©rables et d’un montant carrĂ©ment vertigineux.

    En France, aprĂšs un embrouillamini budgĂ©taire de premiĂšre catĂ©gorie pour l’annĂ©e 2025 l’un des sujets actuels majeurs est de revenir sur la rĂ©forme des retraites pour en rabaisser l’ñge lĂ©gal de dĂ©part. L’accumulation des dĂ©ficits publics depuis 1974 a gĂ©nĂ©rĂ© une dette de 105% du produit intĂ©rieur brut. Les rĂšgles basiques de bonne gestion, comme celles que nous suivons Ă  la maison, voudraient que l’on baisse certaines catĂ©gories de dĂ©penses si l’on veut augmenter celles rĂ©servĂ©e aux armĂ©es. Mais comme ce message est dĂ©sagrĂ©able Ă  apprĂ©hender par les citoyens Ă©lecteurs qui ont totalement perdu l’habitude de l’entendre, on parle aujourd’hui d’un « grand emprunt europĂ©en Â» Ă  lancer pour financer la remise Ă  niveau militaire. C’est une nouvelle version du « quoi qu’il en coĂ»te Â» qui Ă©vite de se serrer la ceinture. Nos enfants rembourseront nos dettes, ce n’est pas grave.

    Personne n’a le courage d’annoncer « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » tels que Churchill les promit Ă  son peuple en 1940. Maintenant on dit « on va s’endetter » et tout ira bien. C’est aussi le signe de la dĂ©cadence europĂ©enne, particuliĂšrement française d’ailleurs. Un pays ou Nabilla affiche 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram et oĂč Cyril Hanouna est potentiellement annoncĂ© comme candidat aux Ă©lections prĂ©sidentielles 2027 ne peut ĂȘtre un pays qui fait face Ă  la rĂ©alitĂ© de ses nouveaux adversaires.

  • MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs de Strasbourg

    Musée des Arts Décoratifs de Strasbourg

    Le Palais Rohan est situĂ© sur la place de la cathĂ©drale de Strasbourg. InspirĂ© du chĂąteau de Versailles, en plus petit, il a Ă©tĂ© construit au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle pour hĂ©berger l’épiscopat et la demeure du prince-Ă©vĂȘque dont le premier, catholique, Ă©tait un Rohan. Il devait aussi ĂȘtre dimensionnĂ© pour pouvoir accueillir le Roi de France. C’est sous Louis XIV que l’Alsace est devenue française. Les Ă©tapes suivantes la verront devenir germanique, puis de nouveau française. Elle adoptera la RĂ©forme tout en maintenant l’une des plus majestueuse cathĂ©drale catholique du Royaume.

    Le palais abrite aujourd’hui trois musĂ©es dont celui des arts dĂ©coratifs oĂč le visiteur dĂ©ambule dans les appartements somptueux oĂč recevaient et Ă©voluaient ces notables : salons de rĂ©ception, antichambres, bibliothĂšques, boiseries, peintures, mobilier
 tout n’est que luxe et flamboyance. Les rĂ©volutionnaires de 1789 ont remplacĂ© certaines peintures comme ils ont coupĂ© quelques tĂȘtes des statues de la cathĂ©drale. Les Prussiens, puis les Allemands, ont bombardĂ© Strasbourg, la Palais Rohan a un peu souffert puis tout ceci a Ă©tĂ© rĂ©parĂ©, et mĂȘme rĂ©novĂ© par la suite.

    La chambre royale a accueilli Louis XV et Marie-Antoinette, séparément bien sûr !

    En sortant de toute cette magnificence le visiteur flùne sous les 140 mÚtres de la flÚche de la cathédrale de Strasbourg. Quelle ville, quelle histoire.

    Palais Rohan – Strasbourg
  • La cathĂ©drale de Strasbourg

    La cathédrale de Strasbourg

    La cathĂ©drale gothique Notre-Dame de Strasbourg a fĂȘtĂ© son millĂ©naire en 2015. Elle est toujours solidement et merveilleusement en place au centre de la capitale alsacienne avec son clocher unique, laissant l’une de ses deux tours orpheline de clocher. Au cƓur d’une rĂ©gion qui appartint au Saint Empire germanique et d’une culture protestante depuis la rĂ©forme au XVIe siĂšcle elle a accueilli le culte protestant avant de redevenir complĂštement catholique aprĂšs l’annexion de Strasbourg par Louis XIV en 1681. Elle affronta aussi les affres de la RĂ©volution française et de ses fanatiques, les canons prussiens en 1870, la visite d’Hitler aprĂšs la nouvelle annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1940, puis les bombes alliĂ©es en 1944. Heureusement ses vitraux avaient Ă©tĂ© mis Ă  l’abri au dĂ©but de la seconde guerre mondiale et ont pu ĂȘtre remis en place aprĂšs celle-ci.

    Elle est restĂ©e debout face Ă  ces avanies et a mĂȘme Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment clĂ© de la rĂ©conciliation franco-allemande. En 1941 le colonel Philippe Leclerc et ses troupes emportent la bataille de Koufra contre les Italiens dans le dĂ©sert de Libye. Ils prĂȘtent ensuite serment au milieu des sables de poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale, soit la libĂ©ration de Strasbourg.

    Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.

    serment de Koufra

    Ce sera chose faĂźte le 23/11/1944 lorsque les « saphis Â» de Leclerc hisseront le drapeau tricolore au sommet de la flĂšche de la cathĂ©drale. La France est libĂ©rĂ©e de l’occupant allemand. La guerre va se terminer quelques mois plus tard et Leclerc poursuivra jusqu’à Berlin Ă  la tĂȘte de la 2e division blindĂ©e au cƓur du dispositif alliĂ© sous commandement amĂ©ricain.

    En 1967, le GĂ©nĂ©ral de Gaulle cĂ©lĂšbre en grande pompe le 17e anniversaire de la libĂ©ration de la ville. Il est entourĂ© d’une ribambelle de ministres et prononce un discours cĂ©lĂšbre devant un parterre de militaires servant pour la plupart dans la guerre d’AlgĂ©rie qui fait rage et Ă  laquelle il fait aussi rĂ©fĂ©rence :

    Il est en France, des lieux oĂč la conscience nationale parle plus haut qu’ailleurs. D’aprĂšs une sorte de dĂ©cret de la nature et de l’histoire, Strasbourg est un de ces lieux-lĂ , pour deux motifs qui s’appellent l’Alsace et le Rhin.

    Gn de Gaulle – 23/11/1961

    Il assiste également en grand uniforme à une messe dans la cathédrale à cette occasion.

    Plus lĂ©ger, la pimpante guide de l’office du tourisme nous apprend que des cigognes alsaciennes de la lĂ©gende, porteuses des bĂ©bĂ©s, viennent chercher leur « chargement Â» dans la crypte de la cathĂ©drale oĂč les Ăąmes des enfants attendaient de venir au monde. Elle nous dĂ©taille ensuite l’horloge astronomique et son mĂ©canisme extrĂȘmement sophistiquĂ© datant du XVIe qui dĂ©clenche une ronde de personnages animĂ©s tous les quarts d’heure, ainsi que le Grand orgue flamboyant qui subit de multiples destructions et rĂ©novations dont l’une menĂ©e au XVIIIe par l’alsacien AndrĂ© Silbermann, facteur d’orgue internationalement connu Ă  l’époque.

    La cathĂ©drale est enchĂąssĂ©e dans une place de dimensions modestes entourĂ©e de bĂątisses alsaciennes typiques, dont celle de la Maison Kammerzell, spĂ©cialiste renommĂ© de la choucroute alsacienne. On est au cƓur de la Grande Ile, entourĂ©e du fleuve L’Ill et du canal du Faux-Rempart : une belle image de la ville

  • Cyril Hanouna toujours vivant

    Cyril Hanouna toujours vivant

    Ce soir Ă  minuit la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision C8 voit son autorisation d’émettre sur la frĂ©quence publique gratuite de la TĂ©lĂ©vision numĂ©rique terrestre (TNT) s’éteindre. La nouvelle chaĂźne Ă  qui a Ă©tĂ© octroyĂ© cette frĂ©quence n°8 est Ouest-France TV qui devrait commencer Ă  Ă©mettre Ă  partir du 1er septembre.

    La chaĂźne C8 a diffusĂ© hier des Ă©missions larmoyantes se lamentant sur la « censure Â» que l’Etat fait peser sur elle ; Dans le mĂȘme temps la vedette de C8, Cyril Hanouna, a annoncĂ© que son Ă©mission TPMP (Touche pas Ă  mon poste) continuera dĂšs lundi pour la fin de saison et sera diffusĂ©e en direct sur d’autres canaux privĂ©s, certains gratuits, d’autres pas : Youtube, Canal+, etc.

    Message « X » du 28/02/2025

    La veille, le mĂȘme annoncait que pour la saison prochaine son Ă©mission TPMP serait diffusĂ©e par le groupe M6 sur la chaĂźne gratuite de la TNT : W9.

    Message « X » du 27/02/2025

    De son cĂŽtĂ© le groupe BollorĂ© continuera d’exercer sa libertĂ© Ă©ditoriale sur ses autres mĂ©dias : les chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision Canal+ (en partie payante), CNEWS et CSTAR (gratuites sur la TNT) ; la radio Europe1 ; les journaux le JDD, Paris-Match, GEO, Ca m’intĂ©resse ; la plateforme DAILYMOTION et bien d’autres mĂ©dias qui font du groupe BollorĂ© le plus puissant acteur mĂ©diatique français du moment, un peu ce que fut le groupe Hersant dans les annĂ©es 1970-1980

    On a donc vu pire comme censure
 On peut mĂȘme se demander si la famille BollorĂ© n’aurait pas profitĂ© des circonstances pour se dĂ©barrasse Ă  bon compte de l’animateur Hanouna dont la vulgaritĂ© et le racolage commencaient Ă  devenir un peu envahissants et, sans doute, trĂšs couteux, tout en se victimisant sous le poids de la « censute Ă©tatique Â».

    Cerise sur le gĂąteau, le journal Le Monde rapporte ce matin que Hanouna aurait rĂ©pondu par la nĂ©gative « pour le moment Â» sur l’hypothĂšse de sa candidature aux Ă©lections prĂ©sidentielles de 2027

    L’élection prĂ©sidentielle de 2027, pour l’instant, bien sĂ»r, c’est non [
] je le ferai que si un jour on a une chance de sauver la France.

    Nous voilà rassurés.

    Depuis le 28/02/2025 le canal 8 de la TNT affiche Ă©cran noir :

    Ecran C8 aprĂšs le 28/02/2025

    Calme et voluptĂ© !

  • Le camp du Struthof en Alsace

    Le camp du Struthof en Alsace

    Le camp du Struthof (KL Natzweiler) a Ă©tĂ© Ă©tabli en mai 1941 dans la commune de Natzweiler Ă  60km de Strasbourg dans le Bas-Rhin. C’était Ă  l’époque dans l’Alsace (de nouveau) annexĂ©e par le Reich allemand. C’était un camp de concentration pour le travail, pas un camp d’extermination, mais la vie n’y Ă©tait pas rose. SituĂ© dans les prĂ©-montagnes Ă  800 m d’altitude, il a Ă©tĂ© installĂ© Ă  cet endroit pour pouvoir exploiter la carriĂšre de granit rose situĂ©e juste Ă  cĂŽtĂ©. Les conditions de travail y Ă©taient trĂšs dures ce qui, additionnĂ©es au traitement sauvage des prisonniers, entraĂźnait un taux de mortalitĂ© trĂšs Ă©levĂ© de 40%. Environ 52 000 prisonniers sont passĂ©s au Struthof et dans ses camps annexes, originaires de toute l’Europe, y compris d’Allemagne, et d’une trentaine de nationalitĂ© dont plus de 7 000 Français.

    Les baraques ont Ă©tĂ© construites sur un terrain en pente de 4,5 ha amĂ©nagĂ©s en terrasses. Cet environnement permettait une surveillance facilitĂ©e depuis les miradors et baraquements des SS situĂ©s en haut de la pente. C’est par lĂ  que se faisait l’accĂšs des prisonniers hier, et, encore aujourd’hui, celui des visiteurs. Seules deux baraques de prisonniers sont toujours debout sur la terrasse du haut. Ils sont en cours de rĂ©novation pour ĂȘtre rouverts Ă  la visite le moment venu. A cĂŽtĂ©, la potence destinĂ©e aux exĂ©cutions a Ă©tĂ© maintenue en place et diffuse son image morbide pour rappeler oĂč nous nous trouvons
 En bas de la pente, deux baraques subsistent et sont visitables, l’une contenant le four crĂ©matoire et « l’infirmerie Â», ces deux fonctions Ă©tant complĂ©mentaires pour les Nazis qui menaient des expĂ©riences mĂ©dicales sur certains dĂ©tenus, l’autre Ă©tant rĂ©servĂ©e au bloc cellulaire. A cĂŽtĂ©, la fosse oĂč Ă©tait jetĂ©es les cendres des cadavres incinĂ©rĂ©s, transformĂ©e aujourd’hui en espace mĂ©moriel et de recueillement.

    Entre le sommet de la pente et le bas, reste uniquement l’étagement des terrasses et les escaliers de pierres qui Ă©taient montĂ©s et descendus en permanence par les dĂ©portĂ©s dans un Ă©tat de faiblesse avancĂ©e. Il y avait Ă  l’époque 14 baraques de dĂ©tenus qui n’ont pas Ă©tĂ© conservĂ©es.

    En 1943 arrivent des dĂ©portĂ©s Nacht und Nebel (NN), les opposants au Reich au sein des pays occupĂ©s et de l’Allemagne, souvent des rĂ©sistants Ă  l’occupant, sorte de prisonniers politiques. Ils sont isolĂ©s des autres et connaissent un sort encore plus funeste. Beaucoup de ceux qui survĂ©curent aux conditions de travail effroyables seront purement et simplement exĂ©cutĂ©s. Himmler avait demandĂ© que tous les « NN Â» d’Europe de sexe masculin soient transfĂ©rĂ©s au « KL Natzweiler Â», un ordre qui fut plus ou moins suivi.

    A deux kilomĂštres en aval de l’enceinte du camp subsistent deux bĂątiments, l’un Ă©tait un « L’Auberge du Struthof Â» qui accueillait avant la guerre les habitants de la rĂ©gion venus faire du ski l’hiver et profiter du bon air de la montagne l’étĂ©. Les Allemands y ont installĂ© leur quartier gĂ©nĂ©ral durant la construction du camp. A cĂŽtĂ©, l’annexe de l’auberge dont une piĂšce fut utilisĂ©e comme chambre Ă  gaz expĂ©rimentale. Les effets de gaz de combat y furent testĂ©s sur des dĂ©portĂ©s tsiganes dont peu survĂ©curent. Des tests de vaccin contre le typhus furent Ă©galement effectuĂ©s sur des cobayes humains. A cĂŽtĂ© de la chambre Ă  gaz se trouvent encore les installations oĂč les rĂ©sidents de l’auberge dĂ©posaient leurs skis


    A la fin de la guerre, face Ă  l’avancĂ©e des troupes alliĂ©es, la fĂ©brilitĂ© des Allemands les pousse Ă  assassiner en masse les occupants du camp et ceux, nombreux, qui y arrivent. Les AmĂ©ricains le dĂ©couvrent un peu par hasard le 25 novembre 1944, deux jours aprĂšs la libĂ©ration de Strasbourg. Il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vidĂ© de ses occupants partis vers d’autres camps Ă  l’Est au cours des sinistres « marches de la mort Â» oĂč beaucoup des dĂ©portĂ©s pĂ©rirent.

    AprĂšs la guerre le camp fut rĂ©utilisĂ© quelques temps comme camp d’internement oĂč furent enfermĂ©s des collaborateurs. Le sinistre commandant du camp, Joseph Kramer, avait Ă©tĂ© mutĂ© Ă  Bergen-Belsen qu’il commandait en 1944. Il est fait prisonnier par les Britanniques, condamnĂ© Ă  mort et pendu en fin 1945. D’autres dirigeants du camp, moins emblĂ©matiques que Kramer, connurent un sort similaire. En revanche, les mĂ©decins allemands ayant dirigĂ© les expĂ©riences mĂ©dicales sur les dĂ©tenus ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  de la prison, libĂ©rĂ©s avant le terme de leurs peines en 1955. Ils retournent alors en Allemagne oĂč ils reprennent leurs activitĂ©s mĂ©dicales !

    En 1960 un MĂ©morial national de la dĂ©portation a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© au-dessus de l’enceinte du camp, vaste monument de 40 mĂštres de haut inaugurĂ© par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle et autour duquel a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©e une nĂ©cropole regroupant plus de 1 000 tombes de dĂ©portĂ©s dont les corps ont Ă©tĂ© ramenĂ©s de diffĂ©rents camps europĂ©ens.

    Des investissements significatifs sont rĂ©alisĂ©s dans ce lieu d’Histoire pour maintenir et transmettre la sinistre mĂ©moire des lieux de dĂ©portation. Un Centre europĂ©en du rĂ©sistant dĂ©portĂ© a Ă©tĂ© instituĂ© qui offre l’accĂšs Ă  des archives nombreuses aux chercheurs. En plus de visites guidĂ©es trĂšs intĂ©ressantes et bien menĂ©es, des expositions permanentes et temporaires sont organisĂ©es dans le grand bĂątiment d’accueil des visiteurs.

    Aujourd’hui, alors qu’une tempĂȘte de neige souffle Ă  l’extĂ©rieur les visiteurs se retrouvent dans la cafĂ©taria oĂč une joyeuse bande de collĂ©giens pique-niquent un peu bruyamment au point que leur responsable leur rappelle le lieu de mĂ©moire oĂč ils se trouvent pour leur demander un peu plus de calme, qu’il obtient d’ailleurs sans difficultĂ©s. En dĂ©pit de cette barbarie symbolisĂ©e ici au Struthof, la vie continue malgrĂ© tout, et heureusement ! Il est bien que cette jeunesse en baskets-casquettes et tĂ©lĂ©phones mobiles soit amenĂ©e ici pour, peut-ĂȘtre, prendre conscience de la noirceur du monde qu’elle pourra chercher Ă  adoucir pour son propre avenir.

    Voir aussi : https://www.struthof.fr/

  • L’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    L’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    Ce soir l’Orchestre philharmonique de Strasbourg (OPS) dirigĂ© par Aziz Shokhakimov (nĂ© en 1988 en OuzbĂ©kistan) depuis 2021 accueille le jeune pianiste Alexandre Kantorow (nĂ© en 1997 d’un pĂšre français d’origine russe, lui-mĂȘme chef d’orchestre) pour interprĂ©ter le concerto pour piano n°4 de Beethoven. Une piĂšce de Nina Senk, compositrice contemporaine slovĂšne prĂ©cĂšde Beethoven et la symphonie n°4 de Brahms conclut la soirĂ©e aprĂšs l’entracte.

    On est un peu Ă©crasĂ© par ces Ɠuvres et fascinĂ© par le brio des interprĂštes. Le spectateur nĂ©ophyte se sent peu qualifiĂ© pour porter un jugement sur ce concert, sinon pour faire partager l’intense plaisir ressenti en laissant porter par ces mĂ©lodies pour cette soirĂ©e musicale agrĂ©ablement pimentĂ©e par la piĂšce contemporaine de Senk jouĂ©e en ouverture.

  • Au salon de l’agriculture

    Au salon de l’agriculture

    On n’était pas retournĂ© au Salon de l’Agriculture depuis des dĂ©cennies. Pas beaucoup de changements depuis la derniĂšre visite, il s’agit toujours d’un vaste troquet consacrĂ© Ă  la boustifaille et on a l’impression que les surfaces dĂ©diĂ©es Ă  la restauration dominent tout le reste. Au moins peut-on supposer que les aliments servis sont bons et issus du terroir. Le visiteur dĂ©ambule au milieu des saucissons, des jambons et
 des animaux, de loin les stands les plus frĂ©quentĂ©s. Les adultes sont aussi Ă©merveillĂ©s que les enfants devant veaux, vaches et cochons ruminant dans la paille fraĂźche. Les bestiaux aux poils brillants sont briquĂ©s Ă  tous instants et l’on voit mĂȘme des Ă©leveurs utiliser un sceau pour recueillir leurs excrĂ©ments avant qu’ils ne polluent leurs litiĂšres
 De vastes enclos intĂ©rieurs accueillent les concours de beautĂ© pour primer les animaux les plus pimpants dont les maĂźtres repartent avec de majestueuses mĂ©dailles.

    On aurait espĂ©rĂ© assister Ă  quelques dĂ©bats entre spĂ©cialistes sur les enjeux et dĂ©fis Ă©conomiques de l’agriculture en France mais, s’ils existent dans cette enceinte, ils ne semblent pas ouverts au public. Il y a tout de mĂȘme un stand McDonald qui attire les petits enfants avec des jeux pĂ©dagogiques. De leur cĂŽtĂ©, les producteurs de produits phytosanitaires se cachent derriĂšre des appellations racoleuses et « biologisĂ©es Â» Ă©vitant de trop mettre en avant leurs spĂ©cialitĂ©s chimiques. Une nouveautĂ© cette annĂ©e : l’opĂ©ration « ZĂ©ro enfant perdu Â» qui consiste Ă  badger (pas encore pucer) les enfants avec un bracelet mentionnant leurs noms et un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone pour les retrouver lorsqu’ils s’impatientent et filent vers les stands Ă  bestiaux alors que leurs parents s’attardent devant leurs biĂšres.

    Le Maroc est mis Ă  l’honneur dans ce salon 2025. Certes ses tomates et autres fruits et lĂ©gumes concurrencent sĂ©vĂšrement l’agriculture française mais ce pays envoie Ă©galement des bataillons de travailleurs marocains dans les champs français pour aider aux rĂ©coltes. Alors vive le Maroc !

  • SCHWARTZMANN Jacky, ‘Demain c’est loin’.

    SCHWARTZMANN Jacky, ‘Demain c’est loin’.

    Sortie : 2017, Chez : Editions du Seuil.

    Un polar rĂ©jouissant qui narre la rencontre improbable entre un « jeune de banlieue » qui cherche Ă  s’en sortir via une micro-entreprise de vente de T-shirts et la commerciale d’une agence bancaire qui fait du bĂ©nĂ©volat dans « les quartiers » (les Buers Ă  Villeurbanne en l’occurrencee) pour se dĂ©culpabiliser. Il y a des morts, des dealers, des fuites, du business et
 de l’amour. L’auteur croque la vie des banlieues lyonnaises un peu mal famĂ©es de façon hilarante, entre les petits et les gros dealers, le coiffeur tunisien, les « rebeus » et les « français. On imagine que tout ceci est basĂ© sur la rĂ©alitĂ© ce qui rend les choses moins drĂŽles et plus amĂšres, mais le talent de l’auteur pousse Ă  la franche rigolade en lisant ces horreurs.

  • Les mĂ©dias du groupe BollorĂ© derriĂšre C8

    Les médias du groupe Bolloré derriÚre C8

    Le groupe BollorĂ© a dĂ©clenchĂ© un tir de barrage trĂšs nourri pour accompagner les derniers jours de l’autorisation d’émission de sa chaĂźne C8 sur la TĂ©lĂ©vision numĂ©rique terrestre (TNT) gratuite. Tous les salariĂ©s des mĂ©dias du groupe se lamentent Ă  l’unisson contre « cette atteinte intolĂ©rable Ă  la libertĂ© d’expression et Ă  leur devoir d’informer Â». Ils sont appuyĂ©s par nombre de commentateurs conservateurs anti-Macron qui en profitent pour se laisser aller contre ce prĂ©sident qu’ils ne sont pas arrivĂ©s Ă  empĂȘcher d’ĂȘtre Ă©lu pour deux mandats successifs.

    L’argumentation est que l’Etat « a tuĂ© Â» la premiĂšre chaĂźne de la TNT « au mĂ©pris du peuple Â». En rĂ©alitĂ© ce n’est pas la chaĂźne C8 qui est fermĂ©e, c’est son autorisation d’émettre sur une frĂ©quence gratuite Ă  laquelle il est mis fin. C8 peut tout Ă  fait Ă©mettre via les box et les bouquets satellites payants comme des dizaines d’autres chaĂźnes. Rien ne l’empĂȘche, et surtout pas l’Etat qui est le propriĂ©taire des frĂ©quences de la TNT et a dĂ©cidĂ© d’attribuer celle jusqu’alors utilisĂ©e gratuitement par C8 Ă  une nouvelle chaĂźne qui ne fait pas (encore ?) partie du groupe BollorĂ©. MĂȘme s’il dĂ©cide de « fermer Â» C8, ce dernier continue Ă  contrĂŽler de nombreux autres mĂ©dias, dont la chaĂźne CNEWS sur la TNT, qui pourront continuer Ă  diffuser sa « ligne Ă©ditoriale Â». On a vu pire comme « atteinte inqualifiable Ă  la libertĂ© d’expressions Â».

    Et puis, qui sait, peut-ĂȘtre que les deux nouveaux bĂ©nĂ©ficiaires de frĂ©quences TNT, Ouest-France TV et RĂ©els TV, vont-elles recruter Cyril Hanouna pour se reconnecter « avec le peuple Â» ?

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  • Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    Le Hamas et Rima Hassan en pleine forme

    L’accord de cessez-le-feu entre IsraĂ«l et le Hamas sur la bande de Gaza continue Ă  dĂ©rouler les diffĂ©rentes Ă©tapes convenues pour les libĂ©rations rĂ©ciproques d’otages israĂ©liens contre dĂ©tenus palestiniens. Ce jeudi ce sont des cercueils qui ont Ă©tĂ© rendus par les Palestiniens Ă  IsraĂ«l, ceux de deux enfants et de leur mĂšre, la famille Bibas, dont le pĂšre, lui aussi otage, a Ă©tĂ© Ă©changĂ©, vivant, il y a dĂ©jĂ  quelques jours.

    Le Hamas et ses groupes assimilĂ©s ont utilisĂ© la mĂȘme mise en scĂšne pour restituer les morts que pour les vivants : foule populaire rassemblĂ©e sur le lieu de remise des cercueils noirs Ă  la Croix Rouge, soldatesque armĂ©e en uniformes rutilants, exposition des cercueils sous une grande affiche reprĂ©sentant le premier ministre israĂ©lien transformĂ© en vampire. Et, bien sĂ»r, une multitude de vidĂ©astes officiels filmant la scĂšne sous tous ses angles.

    Quelques heures plus tard on apprenait des autoritĂ©s israĂ©liennes que les corps des deux enfants avaient bien Ă©tĂ© identifiĂ©s mais que celui devant ĂȘtre leur mĂšre Ă©tait celui d’une femme inconnue. Le Hamas reconnaĂźt rapidement une possible confusion dans les corps. On ignore pour le moment s’il s’agit d’une vĂ©ritable erreur ou d’un acte rĂ©flĂ©chi du groupe terroriste religieux. Un nouveau cercueil est ensuite remis Ă  la Croix Rouge qui, cette fois-ci, contient bien le corps de Mme. Bibas.

    Les pays occidentaux, et mĂȘme l’ONU, sont rĂ©vulsĂ©s par ce théùtre mĂ©diatisĂ© des Ă©changes, appliquĂ© aux morts comme aux vivants. Les non-occidentaux sont plutĂŽt silencieux sur le sujet. De son cĂŽtĂ©, IsraĂ«l qui libĂšre des centaines de dĂ©tenus palestiniens en application de ses engagements ne se rĂ©sout pas Ă  appliquer la mĂȘme mĂ©thode audiovisuelle et il n’y a pas d’images diffusĂ©es de leur sortie d’IsraĂ«l. Il y en a cependant de nombreuses de leurs arrivĂ©es en bus Ă  Gaza. En revanche, les tĂ©lĂ©visions israĂ©liennes diffusent des images des retrouvailles des otages avec leurs familles sans que l’on sache si lesdites familles sont d’accord pour cette publicitĂ©. On pourrait se passer de ces reportages un peu racoleurs et un peu plus de discrĂ©tion serait bienvenue sur ces moments d’intimité !

    La mort de ces trois otages, dont deux enfants enlevĂ©s alors qu’ils avaient 8 mois et 4 ans, est attribuĂ©e Ă  l’une ou l’autre partie selon les cas. La Palestine qui a enlevĂ© cette famille le 7 octobre 2023 accuse un bombardement israĂ©lien qui aurait atteint cette famille. IsraĂ«l accuse le Hamas de les avoir assassinĂ©s. La dĂ©putĂ©e française au parlement europĂ©en Rima Hassan a en tout cas tranchĂ© la question dans l’un des trĂšs nombreux messages propalestiniens diffusĂ©s sur son compte « X Â».

    Rima Hassan sur « X » (19/02/2025)

    De nouvelles nĂ©gociations seraient en cours pour arrĂȘter les prochaines Ă©tapes de ce cessez-le-feu. Si elles Ă©chouent on peut imaginer la reprise de la guerre qui, probablement, n’atteindrait pas plus qu’avant le cessez-le-feu actuel son objectif de « la destruction du Hamas Â». Entre temps, le nouveau prĂ©sident des Etats-Unis a proposĂ© sa solution : dĂ©placement des 2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza en Egypte et en Jordanie, sans droit au retour, « prise de contrĂŽle Â» de l’enclave par les Etats-Unis (?) et transformation de celle-ci en « riviera Â». A ce stade les pays arabes ont manifestĂ© leur opposition Ă  ce projet.

    Il est Ă  craindre que les gĂ©nĂ©rations futures aient encore Ă  entendre parler longtemps du conflit israĂ©lo-palestinien et Ă  payer pour la Ă©niĂšme reconstruction de Gaza !

    Lire aussi : Le Hamas toujours lĂ 

  • Archive – 2025/02/14 et 15 – Paris Le ZĂ©nith

    Archive – 2025/02/14 et 15 – Paris Le ZĂ©nith

    Pour fĂȘter la réédition de ses albums « classiques Â» Archive est en tournĂ©e en Europe et prĂ©sente deux soirĂ©es au ZĂ©nith de Paris, la premiĂšre consacrĂ©e Ă  You All Look The Same For Me (2002) et Noise (2004), la seconde aux deux disques Controlling Crown – parts I-IV parus en 2009.

    L’équipe est au complet sous la direction du duo fondateur Darius Keeler et Danny Griffith. Lisa Mottram est seule au chant fĂ©minin ce soir. Elle est apparue dans le groupe lors de la tournĂ©e 2023et a parfois cohabitĂ© avec Maria Q. Les albums « classiques Â» comportaient des morceaux rappĂ©s par Rosko John, il est remplacĂ© ce soir par Jimmy Collins, petit rappeur blanc, sec et nerveux. Le reste des musiciens est Ă  l’identique des tournĂ©es prĂ©cĂ©dentes.

    Les deux soirĂ©es enchaĂźnent des extraits emblĂ©matiques des quatre albums, dans un ordre diffĂ©rent de celui des disques. Le vendredi est consacrĂ© au passĂ© des annĂ©es 2002 et 2004 et le samedi Ă  celui plus rĂ©cent de 2009. Toutes les chansons ne sont pas reprises, il aurait fallu pour ce faire quatre concerts au lieu de deux, mais celles qui sont jouĂ©es le sont de façon flamboyante avec de longues pĂ©riodes instrumentales prises dans le feu des lumiĂšres et la lave en fusion des rythmes rĂ©pĂ©titifs. L’atmosphĂšre est survoltĂ©e, la maĂźtrise des musiciens parfaite, le son immense, les lumiĂšres simples (il n’y a pas d’écran ni de projections-vidĂ©o), synchronisĂ©es sur le son.

    Le dĂ©chirant Again qui dĂ©marre le disque You All Look The Same For Me est servi en version longue pour le rappel de cette premiĂšre soirĂ©e. Un must !

    Quel superbe ensemble ont formĂ© ces quatre disques reprĂ©sentatifs de l’inspiration du groupe et de ses deux leaders-compositeurs principaux au cours des annĂ©es 2000, mĂȘlant la modernitĂ© de la musique au classicisme des claviers et des guitares utilisĂ©s, les rythmes trip-hop Ă  la mĂ©lancolie des intonations, la folie de la rĂ©pĂ©tition frĂŽlant parfois l’hystĂ©rie au romantisme de certains passages voix et guitare. Bien sĂ»r il y a de l’électronique dans tout ça, mais point trop envahissante. Une Ă©lectronique de bon goĂ»t en somme.

    La soirĂ©e suivante est dĂ©diĂ©e aux deux albums publiĂ©s sous la banniĂšre Controlling Crown. La petite ritournelle obsĂ©dante qui ouvre la Part I retentit pendant que les musiciens prennent place. Ils vont progressivement se substituer Ă  la musique enregistrĂ©e et laisser la place Ă  la formidable machine live de ce groupe qui tourne sur les scĂšnes rock du monde entier depuis 30 ans. Et c’est un enchaĂźnement de leurs plus belles compositions, regonflĂ©es et rallongĂ©es pour l’occasion de ce show anniversaire. Le public conquis compte les tubes tous basĂ©s sur le mĂȘme concept, des nappes de claviers qui se superposent en mode mineur, inspirĂ©es du mellotron du King Crimson des annĂ©es 1970, sur lesquelles se greffe une courte mĂ©lodie rĂ©pĂ©titive, souvent introduite au piano puis progressivement reprise par des machines Ă©lectroniques au fur et Ă  mesure que les rythmes s’emballent et que le son monte pour finir dans une explosion de dĂ©cibels, d’instruments et de flashs de lumiĂšre stroboscopique hallucinants. Les finals sont atomiques et durent de longues minutes : 3 guitares sur le devant de la scĂšne, celles des deux chanteurs Dave et Pollard renforcent celle du guitariste en titre, Mickey Hurcombe, Darius et Danny dĂ©clenchent sur leur claviers leurs symphonies de rythmes Ă©lectroniques en mode super-presto, en deuxiĂšme ligne, guitare-bass et batterie assĂšnent le beat convulsif, le tout servi avec un light-show qui transforme l’arĂšne du ZĂ©nith en un chaudron volcanique, Ă©blouissant des spectateurs dont tous les sens sont sur le point d’imploser.

    La prestation du rappeur est impressionnante : vĂȘtu de noir, sweat-capuche de circonstance, nerveux, court sur pattes, cheveux blonds peroxydĂ©s, il lĂąche son flot de phrases d’une voix mĂ©tallique, projetant ses bras et ses mains en avant dans une chorĂ©graphie de mouvements saccadĂ©s, au rythme d’une logorrhĂ©e de mots dont on se demande comment il arrive Ă  contrĂŽler en la gardant harmonieuse sur la musique qui l’accompagne. Ce chanter-parler nous emporte sous les arches du ZĂ©nith, il n’y a plus de sens, que du rythme et la voix obsĂ©dante du rappeur.

    All hailstorms in to die for my sins,
    why am I accursed and not believing,
    death to damnation both forced arrest,
    enforced interrogation duress fire question,
    pressure point temple brainwashed disciple,
    shooting at me with a holy water pistol,
    I am not a heathen I’ll give you the reason,
    ten commandments and ten counts of treason,
    they can pass judgements while I plead,
    ignorance self defense dollars pounds and pence,
    because we live inside the age feelings hard to gauge,
    I just open up the book and keep turning the page,

    Bastardised Ink

    Le rappel de la soirĂ©e est en fait la Part IV du Controlling Crown qui dĂ©bute avec l’obsĂ©dant Pills. Une sombre divagation oĂč il est question de jours qui tirent vers l’abime et de pilules pour y sombrer, de souffrance noyĂ©e dans la foule, et de l’Autre, source de toutes les douleurs. Mais la cadence forcenĂ©e qui anime cette musique emporte sa mĂ©lancolie dans une fusion urbaine redoutablement efficace, et mĂȘme extatique pour son public.

    Pas vraiment gai mais ce Pills nous emmĂšne vers l’apothĂ©ose de Dangervisit qui clĂŽture deux soirĂ©es de rĂȘve dĂ©livrĂ©es les Archive au sommet de leur art, pour notre plus grand bonheur musical.

    Setlist

    14/02/2025

    Intro/ Get Out/ Numb/ Sleep/ Noise/ Love Song/ Meon/ Now and Then/ Finding It So Hard (full version)/ Fool/ Conscience/ Waste/ Pulse

    Encore : Goodbye/ Again (full version)/ Hate/ Fuck U

    15/02/2025

    Controlling Crowds/ Bullets/ Kings of Speed/ The Feeling of Losing Everything/ Blood in Numbers/ Quiet Time/ Bastardised Ink/ Collapse/Collide/ Clones/ Words on Signs/ Whore/ Come On Get High/ Chaos/ Razed to the Ground/ Funeral

    Encore : Pills/ Lines/ The Empty Bottle/ Remove/ Dangervisit

    Warmup

    Black Doldrums

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  • « Personne n’y comprend rien » de Yannick Kergoat

    « Personne n’y comprend rien » de Yannick Kergoat

    Le journal en ligne Mediapart s’est spĂ©cialisĂ© dans les enquĂȘtes d’investigation concernant gĂ©nĂ©ralement le personnel politique français. Il a ainsi notamment dĂ©voilĂ© les scandales Cahuzac et Bettencourt-Worth. Depuis plusieurs annĂ©es il s’est attaquĂ© Ă  l’hypothĂšse de fonds en provenance de Libye pour financer la campagne prĂ©sidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Mediapart a dĂ©cidĂ© d’en faire un documentaire diffusĂ© dans les salles de cinĂ©ma et, ce n’est sans doute pas un hasard, au moment oĂč s’est ouvert le procĂšs de l’ancien prĂ©sident de la RĂ©publique et certains de ses proches pour, notamment, corruption et association de malfaiteurs.

    Mediapart et Fabrice Arfi, son principal en quĂȘteur, sont sans doute persuadĂ©s qu’il a eu un « pacte de corruption Â» entre le candidat aux Ă©lections françaises et le clan Kadhafi qui gouvernait alors la Libye, mais le documentaire est relativement factuel, la plupart des faits Ă©tant d’ailleurs reconnus par les accusĂ©s en ce moment au tribunal, sauf bien entendu le fait que des fonds libyens auraient Ă©tĂ© reçus par l’équipe de campagne Sarkozy.

    L’un des personnages centraux cĂŽtĂ© libyen est Abdallah Senoussi, beau-frĂšre du dictateur, chargĂ© de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure du pays. A ce titre, la justice française l’a jugĂ© coupable d’avoir organisĂ© avec quelques comparses l’attentat contre le DC10 de la compagnie française UTA en 1989 qui a fait 170 morts. Ils ont Ă©tĂ© condamnĂ©s par contumace avec Ă©mission d’un mandat de recherche international.

    PrĂšs de vingt ans plus tard, un certain nombre de proches de Sarkozy (Brice Hortefeux, Claude GuĂ©ant, notamment) font le voyage de Tripoli et rencontrent
 Senoussi. Ils se sont dĂ©fendus ces derniers jours devant les juges qu’ils n’étaient pas au courant que le repris de justice Ă©tait invitĂ© au dĂźner auquel ils participaient, et qu’ils n’ont pas voulu claquer la porte de la soirĂ©e pour Ă©viter un « incident diplomatique Â». La thĂšse du film est que la Libye monnayait un Ă©ventuel financement contre un Ă©largissement du personnage par la justice française.

    Et on ne parle mĂȘme pas ici de tout le petit monde interlope d’intermĂ©diaires affairistes ou dĂ©linquants, Ă©voquĂ© dans le film, qui rĂŽdent et servent d’intermĂ©diaires douteux entre ces dictatures et des reprĂ©sentants de l’Etat français


    La justice se prononcera bientĂŽt mais quelle que soit la dĂ©cision elle sera probablement contestĂ©e par la partie en dĂ©faveur de laquelle elle sera rendue. Quoi qu’il en soit on voit avec effarement, dans le documentaire et dans la vraie vie au tribunal, les petits arrangements que la France a menĂ© avec le dictateur libyen initiateur d’actions de terrorisme international, sans parler de la gestion sanguinaire de son propre pays. Tout aussi consternant, dans le cadre de la rĂ©habilitation du dirigeant libyen, la France a envisagĂ© de lui vendre des centrales nuclĂ©aires civiles


    La France s’est cassĂ© les dents Ă  plusieurs reprises en essayant de rĂ©habiliter d’anciens dictateurs, probablement avec naĂŻvetĂ© et bonne foi mais que ce soient Bachar El-Assad ou Mouammar Kadhafi, ces dirigeants ont Ă  chaque fois renouĂ© avec leurs mauvaises habitudes. Dictateur un jour, dictateur toujours !

    Paris devrait s’en souvenir alors que le nouveau dirigeant syrien est issu des mouvements terroristes islamiques et se tourne vers l’Occident, ou que le prĂ©sident russe, une fois la guerre d’Ukraine terminĂ©e, cherchera lui aussi Ă  renouer. On doit pouvoir continuer les relations diplomatiques et commerciales avec les dictatures, mais le faire modestement, et sans leur vendre des centrales nuclĂ©aires ou les recevoir sur les Champs ElysĂ©es, ni bien sĂ»r leur faire financer la politique intĂ©rieure française. C’est au moins une conclusion que l’on peut tirer de ce documentaire avant mĂȘme toute dĂ©cision judiciaire.

  • VĂ©DRINE Huberts (sous la direction de), ‘Grands Diplomates – Les maĂźtres des relations internationales de Mazarin Ă  nos jours’.

    VĂ©DRINE Huberts (sous la direction de), ‘Grands Diplomates – Les maĂźtres des relations internationales de Mazarin Ă  nos jours’.

    Sortie : 2024, Chez : PERRIN.

    Hubert VĂ©drine, ex-conseiller diplomatique, puis porte-parole, puis secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ElysĂ©e sous la prĂ©sidence Mitterrand de 1981 Ă  1995 et ex-ministre des affaires Ă©trangĂšres dans le gouvernement Jospin sous la prĂ©sidence Chirac de 1997 Ă  2002, a rĂ©unit une vingtaine de plumes, diplomates, journalistes ou historiens, pour dresser les portraits de grands diplomates, de Mazarin (XVIIe siĂšcle) Ă  SergueĂŻ Lavrov (toujours en activitĂ© en Russie), en passant par Talleyrand, Kissinger, Molotov, Zhou Enlai ou Bismarck.

    C’est une traversĂ©e Ă  travers l’histoire et le monde des nĂ©gociations diplomatiques qui ont toujours existĂ© car l’humanitĂ© a toujours eu besoin de la diplomatie pour mettre fin aux conflits qui ont Ă©tĂ© le carburant de son dĂ©veloppement au cours des siĂšcles. Les relations internationales nĂ©cessitent de faire parler des pays qui ont des ambitions souvent incompatibles. Des millions de morts ont Ă©tĂ© les victimes de guerres se dĂ©clenchant pour des revendications territoriales, pour des questions d’honneur, pour des volontĂ©s de domination. Dans l’histoire plus rĂ©cente des guerres ont Ă©galement Ă©tĂ© justifiĂ©es pour des raisons idĂ©ologiques. D’autres s’annoncent


    Les diplomates ont cherchĂ© non seulement Ă  Ă©viter les guerres, voire Ă  les rĂ©gler lorsqu’elles furent dĂ©clenchĂ©es, mais aussi Ă  organiser les relations internationales et Ă  façonner le monde en fonction des objectifs des rois et des prĂ©sidents qui les nomment. La hauteur de vue de certains d’entre eux laissent pensifs lorsqu’on observe le niveau des relations diplomatiques de nos jours.

    Ainsi, aprĂšs la dĂ©faite de Waterloo et les ravages que NapolĂ©on 1er avait gĂ©nĂ©rĂ© en Europe par ses guerres de conquĂȘte, le congrĂšs de Vienne en 1814-1815 a tentĂ© de pacifier l’Europe. Metternich qui y reprĂ©sentait l’empire d’Autriche dĂ©clarait :

    Ou bien la paix sera dictĂ© par le dĂ©sir de se venger de la France ou bien elle sera inspirĂ©e par le dĂ©sir d’Ă©tablir un Ă©quilibre aussi parfait que possible entre les puissances.

    Et c’est ainsi que la France se tira relativement bien de ce congrĂšs, aidĂ©e en cela par la redoutable malice de Talleyrand, son reprĂ©sentant.

    La seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle a vu l’Ă©dification d’un systĂšme multilatĂ©ral et l’Ă©mergence de la Chine comme puissance mondiale, le tout censĂ© apporter paix et dĂ©veloppement Ă  un monde dĂ©vastĂ© par la seconde guerre mondiale. Ce fut le grand-Ɠuvre du monde diplomatique, hĂ©las en cours de dĂ©tricotage ces derniĂšres annĂ©es avec le retour des nationalismes.

    Henry Kissinger, qui fut en charge de la diplomatie des Etats-Unis sous la présidence Nixon déclarait :

    Les empires n’ont aucun intĂ©rĂȘt Ă  opĂ©rer au sein d’un systĂšme international ; ils aspirent Ă  ĂȘtre le systĂšme international.

    Le livre rend hommage avec talent Ă  ces diplomates de hautes volĂ©e. Ils furent des hommes de « l’ancien monde » et l’univers dans lequel ils ont exercĂ© leur intelligence est en train de disparaĂźtre. Le XXIe siĂšcle dĂ©rive aujourd’hui vers les nationalismes et la diplomatie se rĂšgle plus Ă  coups de messages de 140 signes sur les rĂ©seaux dits « sociaux » que dans les enceintes onusiennes. Peut-ĂȘtre le futur rĂ©vĂšlera ces nouveaux « grands diplomates » qui manquent cruellement aujourd’hui pour Ă©viter une nouvelle catastrophe planĂ©taire.

  • L’analyse du prĂ©sident amĂ©ricain sur un accident d’avion

    L’analyse du prĂ©sident amĂ©ricain sur un accident d’avion

    Quelques jours aprĂšs l’intronisation du nouveau prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, un crash s’est produit le 30 janvier entre un avion civil et un hĂ©licoptĂšre militaire Ă  Washington. Les deux aĂ©ronefs ont plongĂ© dans le Potomac. Il n’y a eu aucun survivant parmi les 67 personnes, passagers et membres des Ă©quipages. A peine 24 h aprĂšs le crash, le prĂ©sident Trump a fait part de son analyse technique de ce drame sur le rĂ©seau Truth Social :

    Truth Social – message de Donald Trump

    Bonne nouvelle : ce message n’a reçu que 53 000 « likes » ce qui, pour une population de 350 millions de personnes, est finalement assez peu.

    Il a Ă©galement accusĂ© l’administration en charge du contrĂŽle aĂ©rien d’avoir recrutĂ© des agents incompĂ©tents en ouvrant le recrutement Ă  la « diversitĂ© Â». Au-delĂ  de ce diagnostic prĂ©sidentiel, les enquĂȘtes techniques habituels en ce genre de circonstances pour comprendre ce qui s’est passĂ© et en tirer les leçons nĂ©cessaires.