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  • DĂ©labrement Ă©conomique et politique en Nouvelle CalĂ©donie

    Délabrement économique et politique en Nouvelle Calédonie

    A NoumĂ©a le pays fait ses comptes, et ils semblent salĂ©s. Outre les dix morts qui sont Ă  dĂ©plorer, les destructions matĂ©rielles rĂ©sultant des rĂ©centes Ă©meutes sont Ă©valuĂ©es par le gouvernement local Ă  plus de deux milliards d’euros. Plus grave encore, l’économie est Ă  l’arrĂȘt sur fond de crise mondiale du nickel dont la Nouvelle CalĂ©donie est riche. Au vu de l’atmosphĂšre politique rĂ©gnant dans l‘archipel on peut comprendre les inquiĂ©tudes des investisseurs Ă  remettre des sous dans une telle Ă©conomie. C’est sans doute, une fois de plus, le contribuable mĂ©tropolitain qui va ĂȘtre mis Ă  contribution pour payer les additions.

    Lire aussi : Un chemin heurtĂ© vers l’inĂ©vitable indĂ©pendance de la Nouvelle-CalĂ©donie

    Selon le correspondant local du journal Le Monde (13/07/2024) un certain nombre d’opĂ©rateurs Ă©conomiques envisageraient d’attaquer l’Etat français pour qu’il assume les responsabilitĂ©s financiĂšres des destructions puisqu’il n’a pas su maintenir l’ordre. S’il y a une chose certaine dans l’ocĂ©an d’incertitude qui entoure la Nouvelle CalĂ©donie c’est que les contribuables nationaux vont devoir payer les dĂ©gĂąts occasionnĂ©s par les Ă©meutiers indĂ©pendantistes ainsi que pour la crise Ă©conomique qui s’en suit et s’annonce durable.

    C’est une raison de plus pour reprendre le processus vers l’indĂ©pendance afin de pouvoir dĂ©coloniser au plus vite la Nouvelle CalĂ©donie.

  • Septembre 1966, Ă  bord du croiseur De Grasse

    Septembre 1966, Ă  bord du croiseur De Grasse

    A une suggestion que lui fait Alain Peyrefitte de dissoudre l’assemblĂ©e nationale, de Gaulle rĂ©pond :

    Quelle idĂ©e ! Les Français ne comprendraient pas. Nous ne sommes pas l’Angleterre. Il n’y a vraiment pas de raison d’écourter le mandat. La dissolution est une arme prĂ©cieuse qu’il ne faut pas Ă©mousser. Pourquoi renvoyer une AssemblĂ©e oĂč il y a une majoritĂ© et essayer de la remplacer par une AssemblĂ©e oĂč il n’y en aurait peut-ĂȘtre pas ? L’opposition ferait sa campagne contre cette dĂ©cision injustifiĂ©e. Elle pourrait bien entraĂźner la conviction des Ă©lecteurs. Ensuite, je serais privĂ© pendant un an de la capacitĂ© de dissoudre la nouvelle AssemblĂ©e. La Ve RĂ©publique, c’est la stabilitĂ©. La dissolution n’est faite que pour rĂ©soudre des crises.
    

    Cette Constitution a été faite pour gouverner sans majorité. Je ferais appel, comme en 1958, à des hommes nouveaux, des techniciens, des spécialistes qui ne se soient pas compromis dans les luttes politiques, mais qui soient respectés pour leur compétence.
    

    Vous me voyez choisir comme Premier ministre un chef de l’opposition ? Vous me voyez installer Mitterrand Ă  Matignon ? Ça voudrait dire que la lĂ©gitimitĂ© du gouvernement reposerait non sur celle du PrĂ©sident de la RĂ©publique, mais sur celle de l’AssemblĂ©e ! Ça voudrait dire qu’on retournerait Ă  la IVe ! Non, non !


    In « C’était de Gaulle Â» tome III, Alain Peyrefitte

    Transmis au prĂ©sident Macron qui vient de dissoudre l’assemblĂ©e nationale dont la nouvelle composition est nettement moins favorable au parti prĂ©sidentiel.

  • McEWAN Ian, ‘OpĂ©ration Sweet Tooth’.

    McEWAN Ian, ‘OpĂ©ration Sweet Tooth’.

    Sortie : 2012, Chez : Gallimard / folio n°6013

    Une histoire d’espionnage durant les annĂ©es 1970 de la guerre froide oĂč se mĂȘle amour et manipulation. Tous les ingrĂ©dients pour un roman haletant. Serena est recrutĂ©e par la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure britannique, le MI5, au bas de l’Ă©chelle aprĂšs son diplĂŽme de mathĂ©matique et une liaison avec un de ses professeurs, lui-mĂȘme affiliĂ© au MI5 et soupçonnĂ© d’y ĂȘtre un agent double.

    Pour sa premiĂšre opĂ©ration elle est associĂ©e Ă  « Sweet Tooth » et chargĂ©e de manipuler un Ă©crivain a priori plutĂŽt pro-occidental. Elle va Ă©videmment en tomber amoureuse, ce qui ne se fait en principe pas dans ce genre d’activitĂ©s. ConfrontĂ©e au secret et Ă  la trahison elle va dĂ©couvrir plus malin qu’elle !

    McEwan est un écrivain et dramaturge britannique né en 1948.

  • Au Proche-Orient rien de nouveau

    Au Proche-Orient rien de nouveau

    La guerre entre IsraĂ«l et le mouvement palestinien Hamas continue sans que personne n’en voit vraiment la fin. Elle avait Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e par suite de l’attaque menĂ©e par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’IsraĂ«l depuis la bande de Gaza « gouvernĂ©e Â» par ce mouvement. Le bilan a Ă©tĂ© de plus de 1 200 morts cĂŽtĂ© israĂ©lien, souvent dans des conditions barbares par la branche armĂ©e du Hamas mais aussi semble-t-il par des civils gazaouis qui se sont mĂȘlĂ©s Ă  la curĂ©e. Environ 250 otages israĂ©liens avaient Ă©tĂ© ramenĂ©s Ă  Gaza par le Hamas, une centaine ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s Ă  l’occasion d’une trĂȘve, une trentaine seraient morts, il reste donc autour de 120 otages toujours disparus dont on ne sait pas trop combien sont encore vivants.

    La guerre fait rage depuis le mois d’octobre dernier. Les autoritĂ©s palestiniennes parlent de 40 000 morts depuis le dĂ©but du conflit et sans doute encore bien plus de blessĂ©s. L’objectif de Tel Aviv est de « dĂ©truire Â» le Hamas mais il peine manifestement Ă  l’atteindre malgrĂ© une supĂ©rioritĂ© militaire Ă©vidente. La force des bombardements de l’Etat hĂ©breux Ă  entraĂźnĂ© des destructions considĂ©rables, des mouvements de population dĂ©sespĂ©rĂ©s pour fuir la violence et l’on a peine Ă  imaginer quel pourrait ĂȘtre le futur Ă  Gaza. Le plus stupĂ©fiant est qu’aprĂšs presque 10 mois d’une guerre fĂ©roce et trĂšs manifestement asymĂ©trique du point de vue de la force militaire en faveur d’IsraĂ«l, les combats durent toujours, des roquettes continuent Ă  ĂȘtre tirĂ©es depuis Gaza vers le Nord, des soldats israĂ©liens Ă  se faire tuer et la centaine d’otages est toujours dĂ©tenue par le Hamas, dans ces fameux tunnels ou ailleurs, sans avoir Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e par la force ou la nĂ©gociation.

    Certes le Hamas doit ĂȘtre significativement affaibli sur le plan militaire, mais sans doute assez peu au niveau politique, voire renforcĂ©, puisqu’il continue Ă  refuser les conditions d’une nouvelle trĂȘve. On apprend dans la presse que des dĂ©lĂ©gations israĂ©liennes et palestiniennes nĂ©gocient par l’intermĂ©diaire du Qatar, de l’Egypte, ou d’autres, sans trouver les bases d’un accord pour cesser les combats. Cela en dit long sur la prĂ©tention d’un but de guerre qui est de vouloir « dĂ©truire une idĂ©e Â». TrĂšs probablement le Hamas, soit ne sera pas dĂ©truit, soit renaĂźtra de ses cendres sous une forme ou sous une autre pour continuer Ă  combattre IsraĂ«l, comme les Palestiniens le font depuis 1948, date de la crĂ©ation de l’Etat d’IsraĂ«l.

    A Tel Aviv les oppositions entre partis politiques vont Ă©galement bon train sur ce qu’il faudra faire aprĂšs la guerre : occuper Gaza, l’annexer, envisager une administration provisoire sous contrĂŽle israĂ©lien, arabe, international ? Dans le reste du monde, le « Sud global Â» et leurs soutiens russes et chinois regardent avec plus ou moins de satisfaction l’Occident menĂ© par les Etats-Unis d’AmĂ©rique s’enferrer dans le piĂšge du soutien inconditionnel Ă  Tel Aviv. En Occident mĂȘme on s’écharpe sur la sĂ©mantique, le Hamas est-il « terroriste Â» ou « rĂ©sistant Â» ? Les universitĂ©s s’enflamment pour soutenir la Palestine, de Sciences-Po Ă  Paris Ă  Colombia Ă  New-York. En France la gauche radicale a axĂ© toute sa campagne des Ă©lections europĂ©ennes du 9 juin sur le soutien Ă  la cause palestinienne, parlant trĂšs peu de l’Europe ou de la France. La France insoumise (LFI) mit en avant et fit Ă©lire Rima Hassan, une avocate nĂ©e en 1992 dans un camp palestinien en Syrie puis naturalisĂ©e française en 2010. TrĂšs mĂ©diatisĂ©e, toujours affublĂ©e d’un keffieh et auteure de tweets tonitruants sur les rĂ©seaux dits « sociaux Â» elle a choisi de mener son combat en faveur de la Palestine depuis la France et se sert de son appartenance politique Ă  LFI comme tremplin pour le poursuivre, le renforcer et le populariser auprĂšs de la frange de l’électorat français plus intĂ©ressĂ©e par ce qui se passe au Proche-Orient que par les dĂ©ficits des finances publiques de la France.

    Personne ne sait bien oĂč tout cela mĂšnera, mais ce qui semble Ă  peu prĂšs certain c’est que l’on ne sortira pas de ce chaos qui dure depuis 1948 avec son cortĂšge d’horreurs, de guerres terribles et d’actes de terrorisme sanglants. Avec un sens aigu de la propagande, le Hamas a rĂ©ussi Ă  exporter sa cause dans les pays occidentaux et mĂȘme Ă  jeter le trouble au sein de la classe politique israĂ©lienne. C’est un moyen comme un autre de ne pas tomber dans les oubliettes de l’histoire mĂȘme si cela n’apportera pas de solution Ă  court terme mais peut-ĂȘtre faut-il admettre que certains problĂšmes sont insolubles ?

    Lire aussi : Le Proche-Orient toujours à feu et à sang – Total Blam Blam (rehve.fr)

  • Les Ă©lecteurs français ont votĂ©

    Les électeurs français ont voté

    Les Français ont votĂ© et le rĂ©sultat de leurs suffrages est une assemblĂ©e nationale divisĂ©e en trois tiers plus ou moins d’égale puissance en nombre de dĂ©putĂ©s : la droite radicale composĂ©e majoritairement du Rassemblement National (RN), la gauche radicale, quatre ou cinq partis rĂ©unis dans l’alliance Ă©lectorale Nouveau front populaire (NFP) dominĂ©e par sa composante propalestinienne et le centre droit. Aucune de ces trois tendances ne peut Ă  elle-seule emporter la majoritĂ© absolue et donc faire appliquer son programme. L’assemblĂ©e est donc condamnĂ©e soit Ă  l’immobilisme, soit Ă  des alliances. Les partis ont dĂ©jĂ  affichĂ© leur dĂ©fiance les uns envers les autres et expliquent qu’ils sont d’accord pour une alliance Ă  condition que ce soit sur leur programme. Autant dire que la nĂ©gociation s’annonce mal. Comme souvent, des dirigeants de rencontre Ă©lus par les Français privilĂ©gient leurs intĂ©rĂȘts particuliers au dĂ©triment de l’intĂ©rĂȘt du pays.

    La solution de l’immobilisme ne serait finalement peut-ĂȘtre pas la pire des solutions. Elle entraĂźnerait de fait une stabilitĂ© lĂ©gislative par l’impossibilitĂ© de faire voter de nouvelles rĂ©formes. Est-ce vraiment un problĂšme ? Sans doute pas, prĂ©occupons-nous dĂ©jĂ  de faire appliquer les lois existantes. Le corpus lĂ©gislatif prĂ©existant dĂ©jĂ  trĂšs fourni suffit Ă  occuper l’administration d’autant plus qu’un certain nombre de dĂ©cisions ne relĂšvent pas d’un vote au parlement mais plus simplement de circulaires ou dĂ©crets qui pourront ĂȘtre pris par un gouvernement Ă  mettre en place, quelle que soit sa couleur politique. On pourra attendre quelques temps pour envisager de nouvelles rĂ©formes lĂ©gislatives. En attendant, respirons un peu. MĂȘme la Loi de finances annuelle qui est le texte majeur de toute lĂ©gislature qui doit en principe ĂȘtre votĂ© avant le 31 dĂ©cembre de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, s’il ne peut pas ĂȘtre votĂ© du fait de l’irresponsabilitĂ© de partis incapables de s’entendre sur un texte commun, peut ĂȘtre mis en vigueur sans vote par renouvellement par douziĂšmes mensuels du budget prĂ©cĂ©dent. La constitution de la Ve RĂ©publique a tout prĂ©vu.

    Et si les Ă©lecteurs sont insatisfaits de devoir renoncer, au moins provisoirement, aux rĂ©formes tonitruantes annoncĂ©es par les partis sur lesquels ils ont portĂ© leurs suffrages, il leur suffira la prochaine fois de voter autrement. C’est ce qu’on appelle la responsabilitĂ© des citoyens.

  • DEBORD Guy, ‘La SociĂ©tĂ© du Spectacle’.

    DEBORD Guy, ‘La SociĂ©tĂ© du Spectacle’.

    Sortie : 1967, Chez: folio essais n°644 (1992).

    Cet essai de Guy Debord (1931-1994) paru en 1967 s’attaque, dans la filiation de Marx, Ă  la marchandisation de la sociĂ©tĂ©. Il connut un Ă©cho certain dans les annĂ©es qui ont suivi le mouvement de contestation de 1968 dans le monde occidental. La marchandisation de la sociĂ©tĂ© est prĂ©sentĂ©e comme « le spectacle » qui asservit le peuple. Le livre est Ă©crit en courts chapitres numĂ©rotĂ©s (certains ne font qu’un paragraphe) et s’avĂšre assez abscond pour le lecteur nĂ©ophyte, voire mĂȘme incomprĂ©hensible pour le commun des mortels.

    N°148 – Le temps gĂ©nĂ©ral du non-dĂ©veloppement humain existe aussi sous l’aspect complĂ©mentaire d’un temps consommable qui retourne vers la vie quotidienne de la sociĂ©tĂ©, Ă  partir de cette production dĂ©terminĂ©e, comme un temps pseudo-cyclique.

    On a parfois l’impression que l’auteur se fait plaisir en jouant avec les mots. Il s’amuse en particulier avec les inversions sĂ©mantiques qui peuplent son texte : « [le spectacle] ne rĂ©alise pas la philosophie, il philosophe la rĂ©alité », « la conscience du dĂ©sir et le dĂ©sir de la conscience », « la division montrĂ©e est unitaire alors que l’unitĂ© montrĂ©e est divisĂ©e », etc.

    Quand il a refermĂ© le livre, le lecteur se demande ce qu’il en reste en se disant que Marx est probablement plus facilement lisible que son disciple. Debord a participĂ© Ă  ce monde intellectuel de XXe siĂšcle, cette espĂšce « d’avant-garde » artistique fondatrice de revues et de concepts Ă  qui le capitalisme tant dĂ©criĂ© a permis d’exister.

  • Garbage – 2024/07/06 – Paris Grand Rex

    Garbage – 2024/07/06 – Paris Grand Rex

    Et hop, encore un concert de Garbage Ă  Paris. C’est propre, bien enlevĂ© et oh combien rĂ©jouissant ! Shirley, les cheveux blonds peroxydĂ©s est engoncĂ©e dans un Ă©trange costume de plumes qui la fait ressembler au Bowie dĂ©guisĂ© en clown sur le clip de Ashes to Ashes. Steve le premier guitariste est toujours habillĂ© d’un costume-cravate surmontĂ© de son Ă©ternel chapeau. Duke, son alter-ego Ă  la guitare, a dĂ©sormais l’allure d’un ZZ Top, le crĂąne glabre et une longue barbe blanche. Butch assure fidĂšlement la batterie. La nouveautĂ© du jour est le remplacement du bassiste intĂ©rimaire de ces derniĂšres annĂ©es Eric Avery, qui a rejoint Jane’s Addiction, par Ginger, une femme, blonde patine qui assure aussi certains chƓurs.

    Le groupe est arrivĂ© ce matin de Cologne en car et Shirley nous raconte son Ă©merveillement devant le lever du jour sur la ville lumiĂšre et la dĂ©couverte de la salle de théùtre du Grand Rex. Pour l’occasion, ils sont venus en famille et elle embrasse les siens depuis son micro.

    La scĂšne est largement dĂ©gagĂ©e sur le devant, les quatre musiciens regroupĂ©s en formation autour de la batterie. Dans sa jeunesse Shirley avait l’habitude de continuellement parcourir la scĂšne durant le show en tournant en rond comme une lionne en cage. L’ñge venant (elle a 58 ans) et son nouveau costume du genre encombrant l’ont apaisĂ©e, elle est moins fĂ©brile et, du coup, la scĂšne paraĂźt un peu vide. Rien de grave, seule la musique compte.

    En l’absence de nouveau disque, la setlist reprend les trente annĂ©es de la flamboyante carriĂšre des Garbage en picorant dans leurs sept albums enregistrĂ©s en studio et c’est un bonheur pour les fans de parcourir ainsi leur passĂ© rock. Petite faute de goĂ»t, une fan « enthousiaste Â» balance son gobelet de biĂšre sur Shirley qui accuse le coup, menace la coupable d’un vigoureux doigt d’honneur avant de lui faire la morale Ă  la fin du morceau, se plaignant de puer l’alcool, pendant que son mari (encore un clone de ZZ Top) passe la serpillĂšre


    Garbage c’est un groupe de guitaristes posĂ©s sur la personnalitĂ© adente de sa chanteuse Ă  la voix dĂ©finitivement rock. VoilĂ  trente ans qu’ils animent la scĂšne du monde entier avec leur musique post-punk matinĂ©e de grunge, simple de de bon goĂ»t. Ça dĂ©pote et on reste admiratif de cette Ă©nergie qu’ils dĂ©ploient sans compter au service de ce rock enflammĂ© et jouissif. Shirley dĂ©die mĂȘme une chanson Ă  M’BappĂ© et prĂ©sente une reprise Siouxsie and the Banshees, une autre Ă©gĂ©rie du rock, des annĂ©es 1970-80 cette fois-ci, et dans sa version new-wave.

    Le concert se termine sur le lĂ©gendaire Only Happy When It Rains :

    I’m only happy when it rains
    I feel good when things are going wrong
    I only listen to the sad, sad songs
    I’m only happy when it rains

    Mais ce soir nous avons tous Ă©tĂ© trĂšs heureux sous le beau temps de cette soirĂ©e d’étĂ© au Grand Rex !

    Setlist

    Happy Home (Instrumental – Partial)/ #1 Crush/ Godhead/ I Think I’m Paranoid/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Special/ The Men Who Rule the World/ Metal Heart/ Run Baby Run/ Hammering in My Head/ The Creeps/ The Trick Is to Keep Breathing/ Bleed Like Me/ Stupid Girl/ Wolves/ No Gods No Masters/ Cities in Dust (Siouxsie and the Banshees cover)/ Vow/ When I Grow Up/ Why Do You Love Me/ Push It

    Encore : Milk/ Only Happy When It Rains

    Warmup

    Lucia & the Best boys

    Un sympathique groupe écossais indie, qui joue sous la houlette inspirée de sa chanteuse longiligne Lucia Fairfull

    Lire aussi

  • Des mots qui changent pour une mĂȘme rĂ©alitĂ©

    Des mots qui changent pour une mĂȘme rĂ©alitĂ©

    On ne dit plus « la victoire du RN » mais « la dynamique du RN » !

  • Panique dans les partis politiques non-RN

    Panique dans les partis politiques non-RN

    Les rĂ©sultats du premier tour des Ă©lections lĂ©gislatives tenues dimanche dernier sont en train de dĂ©clencher une fĂ©brilitĂ© inĂ©dite en France. Le Rassemblement National (RN) emporte 33% des suffrages exprimĂ©s y compris ceux en faveur de la partie de Les RĂ©publicains (LR) qui a migrĂ© vers le RN. Le vote pour ce parti est bien rĂ©parti sur tout le territoire, dont les dĂ©partements d’outre-mer, sauf quelques grandes villes qui restent inspirĂ©es par les idĂ©es progressistes. Les jeunes, les cadres, mĂȘme les retraitĂ©s, toutes les catĂ©gories socio-professionnelles se dirigent petit Ă  petit vers le RN et le vote pour ce parti est maintenant dĂ©complexĂ©.

    Le Nouveau Front Populaire (NFP), qui est le pendant du FN à gauche, est crédité de 28% des votes. La majorité présidentielle est en troisiÚme position avec 20%.

    DĂšs que ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© avĂ©rĂ©s, l’ensemble des partis politiques non-RN s’est mis Ă  tenter de reconstruire le fameux « front rĂ©publicain » pour « faire barrage à l’extrĂȘme droite » ce qui consiste Ă  monter des accords en catastrophe entre les deux tours pour faire capoter la candidature FN, mĂȘme lorsque celle-ci est arrivĂ©e en tĂȘte du premier tour. Pour ce faire ces partis anti-RN fusionnent leurs candidatures pour n’en prĂ©senter qu’une seule face Ă  celle du RN et ainsi limiter l’éparpillement des voix. Cela revient aussi Ă  forcer la main de l’électeur qui, s’il ne vote pas RN devra apporter sa voix au candidat unique anti-RN. Celui-ci peut toujours voter « blanc » ou aller Ă  la pĂȘche le jour du vote si le cƓur lui en dit.

    Le Rassemblement National continue Ă  effrayer le microcosme malgrĂ© ses efforts de « normalisation Â» lancĂ©s depuis plus de dix ans mais il n’effraie plus un Ă©lecteur sur trois qui a mis trĂšs sereinement un bulletin dans l’urne en sa faveur dimanche dernier. C’est le dilemme auquel est confrontĂ© le microcosme : doit-il continuer Ă  contester ce vote en menant des alliances improbables avec pour seul objectif « tout sauf le RN Â», au risque de braquer encore plus les Ă©lecteurs concernĂ©s, ou peut-il considĂ©rer que le RN est devenu un parti frĂ©quentable, comme les autres, et envisager qu’il puisse gouverner comme c’est d’ailleurs le cas dans des conditions assez similaires dans d’autres pays europĂ©ens, ou mĂȘme aux Etats-Unis sous l’ùre Trump, passĂ©e ou Ă  venir.

    C’est clairement la premiĂšre option qui est Ă  l’Ɠuvre aujourd’hui oĂč l’on voit des caciques de la droite et du centre appeler Ă  voter dimanche prochain pour des candidats de La France Insoumise (LFI, extrĂȘme gauche propalestinienne) dans des circonscriptions oĂč le RN est arrivĂ© en ballotage favorable au premier tour. Choisir la seconde option, celle de la normalisation du RN, prĂ©sente un risque que le microcosme ne veut pas prendre : celui de la rĂ©surgence des tendances d’extrĂȘme droite du RN une fois qu’il serait arrivĂ© au pouvoir. Au-delĂ  de cette agitation d’appareils, l’électeur choisira en fonction de ses convictions qui risquent de n’ĂȘtre pas forcĂ©ment en accord avec celles du microcosme.

    Dans tous les cas, une France gouvernĂ©e par des extrĂȘmes d’un bord ou de l’autre risque de se rabougrir un peu plus. C’est le principal Ă©chec du pouvoir actuel : n’avoir pas su convaincre le pays de rester dans la raison sous une gouvernance apaisĂ©e.

  • « Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Adam KaƂduƄski, piano)

    « Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Adam KaƂduƄski, piano)

    C’est Adam KaƂduƄski qui clĂŽture cette quinziĂšme Ă©dition du mini-festival « Chopin au Jardin » qui, comme chaque annĂ©e, se poursuivra en aoĂ»t dans un parc de Varsovie. C’est sa premiĂšre venue Ă  Paris et son premier rĂ©cital dans la capitale. Ce jeune pianiste porte queue de cheval sur costume noir, virtuose et inspirĂ©, il dĂ©roule un joli programme, dont les 24 prĂ©ludes en deuxiĂšme partie. Le public sous le soleil ne veut plus le laisser partir et il ne se fait pas trop prier pour enchaĂźner trois bis.

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    Mais le vrai hĂ©ros de ce festival est Ă©videmment FrĂ©dĂ©ric Chopin (1810-1849) : quel compositeur de gĂ©nie ! Des Valses aux Nocturnes il a su capter la lĂ©gĂšretĂ© et le tragique de la vie. Qui ne rĂȘve, au soir venu, d’imaginer que son Ăąme s’envolera vers l’autre monde au grĂ© d’une Nocturne de Chopin ?

    Programme

    • Grande valse en la bĂ©mol majeur, op. 42
    • Nocturne en mi majeur, op. 62 n° 2
    • Ballade n° 1 en sol mineur, op. 23
    • Vingt-quatre prĂ©ludes, op. 28
  • « Olympisme, une histoire du monde » au musĂ©e de l’histoire de l’immigration

    « Olympisme, une histoire du monde » au musĂ©e de l’histoire de l’immigration

    Le palais de la Porte DorĂ© qui hĂ©berge le musĂ©e de l’histoire de l’immigration retrace aujourd’hui l’histoire des jeux olympiques d’étĂ© modernes, depuis leur relance en GrĂšce en 1896 jusqu’à leur organisation Ă  Paris en ce mois de juillet 2024. Les nombreuses photos et vidĂ©os sont agrĂ©mentĂ©es d’explications sur le contexte politique qui prĂ©valait pour chacune de ces olympiades. On traverse ainsi les Ă©vĂšnements politiques qui ont marquĂ© ces 130 annĂ©es : le statut de la reprĂ©sentation de l’Allemagne divisĂ©e, les jeux de 1956 Ă  Melbourne, 10 jours aprĂšs l’invasion de la Hongrie par les chars soviĂ©tiques, qui donnĂšrent lieu Ă  des bagarres entre les sportifs soviĂ©tiques et hongrois (dont un certain nombre demandĂšrent l’asile politique en Australie), l’arrivĂ©e d’équipes nationales envoyĂ©es par les nouveaux pays dĂ©colonisĂ©s dans les annĂ©es 1960, la lutte olympique contre l’apartheid en Afrique du sud, les JO de 1968 et la cĂ©lĂšbre protestation des sprinters amĂ©ricains en faveur des droits civiques, celle, plus discrĂšte, d’une sportive tchĂ©coslovaque protestant contre le « printemps de Prague » (l’invasion soviĂ©tique, encore, de la TchĂ©coslovaquie), les attentats propalestiniens qui endeuillĂšrent les jeux de Munich en 1972, les boycotts respectifs des Etats-Unis et de l’Union soviĂ©tique aux olympiades de Moscou par les occidentaux (aprĂšs l’invasion de l’Afghanistan par les troupes de Moscou) puis de Los Angeles par les pays communistes en reprĂ©sailles, mais aussi par crainte des potentielles dĂ©fections de sportifs soviĂ©tiques, les tentatives d’organisations de jeux parallĂšles, pour les homosexuels en 1982, pour les « travailleurs » en 1933, la faillite de la GrĂšce initiĂ©e par les dĂ©penses colossales lancĂ©es pour les olympiades de 2004
 Mais aussi les JO annulĂ©s durant les pĂ©riodes de conflits mondiaux.

    Un trĂšs intĂ©ressant parcours au cƓur de l’histoire agitĂ©e du XXe siĂšcle vue sous le prisme du sport, qui marque, lĂ  aussi, la puissance des Etats-Unis d’AmĂ©rique qui ont multipliĂ© les records de mĂ©dailles accumulĂ©es.

    Spartakiade 1933
  • Les Rolling Stones Ă  Chicago

    Les Rolling Stones Ă  Chicago

    Un fidÚle lecteur nous envoie des nouvelles des Rolling Stones en concert hier à Chicago : ils vont bien !

    SET LIST

    • Start Me Up
    • Get Off Of My Cloud
    • It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)
    • Angry
    • She’s A Rainbow
    • Wild Horses
    • Mess It Up
    • Tumbling Dice
    • You Can’t Always Get What You Want
    • Tell Me Straight
    • Little T&A
    • Happy
    • Sympathy For the Devil
    • Honky Tonk Women
    • Midnight Rambler
    • Gimme Shelter
    • Paint It Black
    • Jumpin’ Jack Flash
    • Sweet Sounds of Heaven
    • (I Can’t Get No) Satisfaction
  • Anohni & the Johnsons – 2024/06/27 – Paris Philharmonie

    Anohni & the Johnsons – 2024/06/27 – Paris Philharmonie

    Antony Hegarty, nĂ© au Royaume Uni en 1971 s’est d’abord fait connaĂźtre comme leader du groupe Antony & the Johnsons qui sort un premier CD en 2000. Il a souvent fait allusion dans sa crĂ©ation Ă  des questionnements sur son identitĂ© « de genre Â» au travers de ses textes, de ses rĂ©fĂ©rences musicales et artistiques, de ses attitudes. Au dĂ©but de sa carriĂšre il s’est produit dans des groupes de drag-queens. On se souvient qu’il avait jouĂ© son concert de 2009 Ă  la Salle Pleyel habillĂ© en femme. Il a suivi depuis sa transformation en femme trans. Elle se fait appeler dĂ©sormais Anohni depuis 2015. Elle a continuĂ© Ă  signer des disques sous ce seul nom ou celui de Anohni & the Johnsons comme la formation de ce soir qui se produit Ă  la Philharmonie de Paris dans le cadre du festival Days Off.

    Son dernier CD, My Back Was a Bridge For You To Cross, affiche sur sa couverture un portrait de Marta Johnson, cĂ©lĂšbre militante drag-queen afro-amĂ©ricaine qui s’est battue en faveur des droits homosexuels en participant notamment aux Ă©meutes Stonewall uprising en 1969 lorsque la police new-yorkaise harcelait la communautĂ© dans cette boĂźte gay trĂšs connue Ă  Greenwich Village. Sur le premier disque d’Anthony figurait le portrait sur son lit de mort de Candy Darling, une autre icĂŽne trans qui paraissait Ă  la fin des annĂ©es 1960 dans l’univers d’Andy Warhol. Lou Reed, lui aussi proche d’Andy Warhol, lui rendit hommage Ă  travers ses chansons Take a Walk on the Wild Side (1971) et Candy Says (1969). Lors de sa tournĂ©e Berlin de 2006, Antony assurait les chƓurs sur la partie amĂ©ricaine de celle-ci, mise en image par Julian Schnabel qui a donnĂ© lieu Ă  l’édition d’un DVD d’une grande beautĂ© ; le rappel du concert Ă©tait Candy Says chantĂ© en duo par Lou et Anthony qui en livrent une bouleversante interprĂ©tation.

    Lou Reed a toujours Ă©tĂ© un fervent soutien d’Anohni et a chantĂ© sur son deuxiĂšme disque avec les Jonhsons. I’m a bird now (2005), Anohni a chantĂ© une trĂšs belle interprĂ©tation de Perfect Days sur l’un des derniers CD de Reed : The Raven (2003). Une courte histoire d’amitiĂ© (Lou Reed est mort en 2013) et de musique transgĂ©nĂ©rationnelle entre ces deux artistes.

    Les Johnsons entrent en piste Ă  l’extinction des lumiĂšres, ils sont neuf, tout de blanc vĂȘtus et s’assoient sagement sur leurs chaises en arc de cercle sous un grand Ă©cran. Ils sont emmenĂ©s par le guitariste britannique Jimmy Hogarth, auteur-compositeur-producteur qui a collaborĂ© avec de nombreux artistes, co-Ă©crit et produit le dernier disque d’Anohni & the Johnsons. Une section de cordes (un violoncelle et deux violons) amĂšne sa touche de classicisme lancinant bien Ă  propos sur la musique ce soir.

    Une danseuse apparaĂźt sur la scĂšne, enveloppĂ©e d’un voile blanc vaporeux, la tĂȘte surmontĂ©e de bois de cerf, collaboratrice d’Anohni depuis de nombreuses annĂ©es. La danse et le corps sont au centre de leur inspiration commune et c’est une excellente façon d’introduire ce show dont on sait qu’il sera Ă©trange. La mĂȘme clĂŽturera la soirĂ©e, cette fois-ci habillĂ©e de noir.

    Anohni, vĂȘtue d’une robe et d’un chĂąle blancs, les cheveux longs, blonds peroxydĂ©s, vient ensuite dĂ©marrer le concert sur Why Am I Alive Now? susurrĂ© sur les accords lĂ©gers de guitare et une batterie juste effleurĂ©e. Un morceau presque guilleret ne seraient-ce les paroles d’inquiĂ©tude Ă©cologique devant la nature qui s’effondre alors que nous sommes toujours en vie. Le morceau suivant, 4 Degrees, extrait de son disque solo HOPELESSNESS, sur une rythmique plus violente et dĂ©sespĂ©rĂ©e, enfonce le clou du dĂ©sastre Ă©cologique qui dĂ©jĂ  nous cerne.

    L’univers d’Anohni est des plus sombres. Et lorsqu’il ne s’agit pas de la planĂšte chancelante c’est de son Ăąme et de son cƓur dont il est question, et ce n’est guĂšre plus positif. L’auditeur pourrait ĂȘtre trompĂ© par une voix de tĂȘte, agile dans les aigus, parfois plongeant dans les graves avec Ă©lĂ©gance, donnant une impression de lĂ©gĂšretĂ©. La lecture de quelques textes suffit Ă  nous ramener Ă  la rĂ©alitĂ© de l’artiste qui est un bloc de souffrance. MĂȘme sa façon de se tenir exsude la douleur, lorsqu’elle chante ses mains s’imbriquent et se tordent l’une avec l’autre, ses lĂšvres tremblent sur ses vibratos singuliers, comme si elle allait s’effondrer en pleurs


    The way you talk to me, it must change
    The things you do to me
    The way you leave me
    The seeds you give to me, it must change
    It must change
    The death inside you
    That you pass into me
    The truth is that I always
    Thought you were beautiful
    In your own way

    That’s why this is so sad
    That’s why this is so sad

    (It Must Change)

    You are my sister marque le retour à Antony. Elle est chantée sur le disque sorti en 2005 en duo avec Boy George, autre égérie du monde trans, accompagnée à la guitare par Devendra Benhart. Un trÚs beau moment au mitan de cette soirée.

    You are my sister, we were born
    So innocent, so full of need
    There were times we were friends but times I was so cruel
    Each night I’d ask for you to watch me as I sleep
    I was so afraid of the night
    You seemed to move through the places that I feared
    You lived inside my world so softly
    Protected only by the kindness of your nature

    You are my sister
    And I love you

    (You Are My Sister)

    Le concert s’écoule dans la douceur, tout en subtilitĂ©. Le groupe est soudĂ© autour d’Anohni, l’encadre sans s’imposer, comme s’il voulait s’effacer derriĂšre sa voix exceptionnelle et Ă©mouvante. L’ensemble est parfait.

    Anohni nous parle un long moment de son association Future Feminism pour la dĂ©fense des droits des femmes, qui organise un festival pour la cause, pendant que dĂ©filent sur l’écran les images de femmes martyrisĂ©es du fait de leur condition, trans ou pas. Dans la salle, nombre de reprĂ©sentants du monde queer, bien visibles, manifestent leur soutien en applaudissant Ă  tout rompre.

    En rappel, Anohni, assise au piano, interprĂšte Hope There’s Someone, le second retour Ă  Antony, qui clĂŽt merveilleusement bien cette soirĂ©e musicale bien mĂ©lancolique mais tellement belle, transcendĂ©e par la dĂ©licatesse des compositions portĂ©es par la voix d’Anohni.

    Hope there’s someone who’ll take care of me
    When I die, will I go?
    Hope there’s someone who’ll set my heart free
    Nice to hold when I’m tired

    (Hope There’s Someone)

    Un final plein d’émotion de la part de cet artiste inclassable, Ă  la sensibilitĂ© Ă  fleur de peau, dont les rĂ©cents changements de genre ne semblent pas avoir vĂ©ritablement solutionnĂ© le mal-ĂȘtre, mais ce sont sans doute eux qui fondent aussi une part de cette inspiration si singuliĂšre.

    Setlist

    Why Am I Alive Now? (Preceded by performance by Johanna Constantine dressed in white with deer antlers)/ 4 Degrees(ANOHNI song)/ Manta Ray (ANOHNI song)/ Cut the World/ Breaking (Marsha P. Johnson interview video short)/ Hopelessness (ANOHNI song)/ It Must Change/ You Are My Sister (Interpolation of spoken speech)/Sometimes I Feel Like a Motherless Child (Cover traditional song)/ Can’t/ Everglade/ Another World (New arrangement)/ Drone Bomb Me (ANOHNI song)/ Man Is the Baby (Followed by performance by Johanna Constantine dressed in black with deer antlers)/ Her Eyes Are Underneath the Ground (Was performed wearing a veil)

    Encore : Hope There’s Someone (performed with Anohni on piano)

    Le groupe

    • ANOHNI
    • Jimmy Hogarth, guitare
    • Leo Abrahams, guitare
    • Chris Vatalaro, batterie
    • Gael Rakotondrabe, piano, percussions
    • Sam Dixon, basse
    • Julia Kent, violoncelle
    • Max Moston, violon
    • Doug Wieselman, multi-instrumentiste
    • Mazz Swift, violon
    • Johanna Constantine, danse

    Vidéos

    Les vidĂ©os d’Anohni sont disponibles sur son site web :

    Video — Anohni and the Johnsons

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  • La France face Ă  l’aventure

    La France face à l’aventure

    Lors des derniĂšres Ă©lections europĂ©ennes du 9 juin les Ă©lecteurs français, du moins ceux qui s’expriment dans les urnes, ont mis un pied dans la porte en donnant le leadership Ă  la droite populiste. Ils comptent transformer l’essai lors des scrutins lĂ©gislatifs des 30 juin et 7 juillet des Ă©lections lĂ©gislatives provoquĂ©es par la dissolution de l’assemblĂ©e nationale prononcĂ©e ce 9 juin au soir par le prĂ©sident de la RĂ©publique.

    La perspective d’une arrivĂ©e au pouvoir du parti Rassemblement National (RN, ex-Front National) n’étant plus Ă  exclure, la France est fĂ©brile. La gauche a bricolĂ© rapidement une alliance Ă©lectorale baptisĂ©e « Nouveau Front Populaire Â» (NFP) qui va de LFI d’inspiration trotskiste (son premier responsable, M. MĂ©lanchon, est entrĂ© en politique via l’Organisation communiste internationale [OCI]), aux socialistes de la gauche-caviar, en passant par un Parti communiste longtemps stalinien. On a mĂȘme vu rĂ©cemment Dominique Strauss-Kahn (75 ans) et Lionnel Jospin (86 ans), des vieilles ganaches du Parti Socialiste (PS), sortir de leur retraite pour apporter leur soutien au NFP. Un programme a Ă©tĂ© conclu sur le papier insistant sur les obsessions habituelles de la gauche : faire payer les riches, augmenter les salaires des autres, revenir Ă  la retraite Ă  60 ans et reconnaĂźtre l’Etat de Palestine.

    Une seule prioritĂ© pour le gouvernement du Nouveau Front Populaire dĂšs son installation : rĂ©pondre aux urgences qui abĂźment la vie et la confiance du peuple français. Nous en finirons avec la brutalisation et la maltraitance des annĂ©es Macron. Nous adopterons immĂ©diatement 20 actes de rupture pour rĂ©pondre Ă  l’urgence sociale, au dĂ©fi climatique, Ă  la rĂ©paration des services publics, Ă  un chemin d’apaisement en France et dans le monde. Pour que la vie change dĂšs l’étĂ© 2024.

    Programme NFP « Contrat de lĂ©gislature Â»

    A l’autre bout de l’échiquier politique, la droite populiste RN alliĂ©e avec quelques membres de Les RĂ©publicains (LR) propose ses objectifs usuels : mettre fin Ă  la « submersion migratoire Â», baisser les prix de l’énergie pour tout le monde et endiguer « le laxisme judiciaire Â» pour faire baisser dĂ©linquance et criminalitĂ© dans le pays.

    DĂšs ma nomination comme Premier ministre, j’apporterai des rĂ©ponses concrĂštes aux prĂ©occupations de nos concitoyens en matiĂšre de qualitĂ© de vie, de sĂ©curitĂ© et d’immigration.

    Programme 2024-06 « Bardella premier ministre

    Cette droite a plus de mal Ă  cacher ses origines extrĂȘmes, que Jean-Luc MĂ©lanchon ses origines trotskystes, car elles sont plus rĂ©centes et pas encore passĂ©es complĂštement aux oubliettes de l’histoire, pour ceux qui la suivent. Le patriarche Le Pen qui assumait ses blagues antisĂ©mites graveleuses et son rĂ©visionnisme est encore vivant, mĂȘme sous tutelle, alors que Lambert ou Benny LĂ©vy sont morts et enterrĂ©s depuis longtemps et que l’assassinat de Trotski par les tueurs communistes de Staline, ou le dĂ©chaĂźnement de barbarie de l’armĂ©e rouge créée par Trotski durant la guerre civile russe au dĂ©but du XXe siĂšcle sont oubliĂ©s depuis trĂšs longtemps. Le peuple a la mĂ©moire courte, c’est d’ailleurs une de ses caractĂ©ristiques principales.

    Au centre, le parti prĂ©sidentiel qui a rĂ©ussi Ă  se mettre beaucoup de monde Ă  dos, semble un peu dĂ©passĂ© par les Ă©vĂšnements pourtant provoquĂ©s par son inspirateur. Ce mouvement et les LR se sont tellement haĂŻs depuis quelques annĂ©es, alors que leurs programmes Ă©taient largement compatibles pour peu qu’ils mettent leurs Ă©gos sous le tapis de l’intĂ©rĂȘt de la France, qu’ils n’arrivent pas Ă  faire programme commun et laissent les populistes cavaler en tĂȘte.

    Pour le « peuple de gauche Â», largement soutenu par le monde intellectuel et artistique, l’horreur serait l’arrivĂ©e du FN au pouvoir. Pour « le peuple conservateur Â», l’abomination serait une majoritĂ© large ou absolue gagnĂ©e par le NFP. « Entre la peste et le cholĂ©ra Â»â€Š Alors ces formations politiques rivalisent d’assauts verbaux sur leurs stratĂ©gies Ă©lectorales respectives : qui se dĂ©sistera pour « faire barrage à
 Â», qui donnera des consignes de vote pour empĂȘcher « la catastrophe Â», etc. ? En rĂ©alitĂ© ces tactiques relĂšvent d’un autre Ăąge dĂ©sormais. Il est assez peu probable que les Ă©lecteurs suivent aujourd’hui des consignes de vote qui seraient contraires Ă  leurs propres convictions. Ils risquent mĂȘme d’ĂȘtre agacĂ©s par d’éventuels dĂ©sistements pour « faire barrage à
 Â» qui reviennent Ă  vouloir leur forcer la main pour voter dans un sens dĂ©cidĂ© par les appareils politiques mais pas par forcĂ©ment par eux-mĂȘmes.

    En cas de choix manichĂ©en Ă  faire entre « la peste ou le cholĂ©ra » le mieux est de laisser choisir l’électeur par lui-mĂȘme ce qui encore la meilleure solution pour qu’il assume ensuite la responsabilitĂ© de son vote. Et pour ceux qui ne veulent pas choisir les extrĂȘmes il reste toujours le vote blanc. L’avenir sera ce qui se dĂ©cidera dans les urnes. Les plus optimistes considĂšrent que les institutions de la RĂ©publique rĂ©sisteront Ă  la tempĂȘte le cas Ă©chĂ©ant et offriront aux Ă©lecteurs la possibilitĂ© de revenir en arriĂšre s’ils le veulent. Les pessimistes craignent le contraire. Ce qui semble sĂ»r c’est que sauter sur son canapĂ© en criant « tout sauf le RN, tout sauf le RN, tout sauf le RN !!! », ou accumuler des tribunes dans le journal Le Monde ne sert plus Ă  grand-chose au point oĂč nous en sommes. Pour calmer ses angoisses sur l’avenir politique du pays il faut voter et, Ă©ventuellement, militer si l’on souhaite inverser un rĂ©sultat « non satisfaisant » pour la prochaine fois.

  • Vous avez aimĂ© Abdelkader ? Vous allez adorer Christian Tein !

    Vous avez aimé Abdelkader ? Vous allez adorer Christian Tein !

    Alors que l’hexagone se noie dans les campagnes Ă©lectorales et va devoir sans doute affronter l’arrivĂ©e des extrĂȘmes au pouvoir, ça continue Ă  dĂ©fourailler en Nouvelle-CalĂ©donie. Nous en sommes maintenant Ă  9 morts dans cet archipel depuis le dĂ©clenchement des Ă©meutes au mois de mai dernier. Les troubles, blocages et barrages se poursuivent malgrĂ© le renforcement trĂšs significatif des forces de sĂ©curitĂ© venues de la mĂ©tropole.

    Une petite dizaine des meneurs identifiĂ©s ont Ă©tĂ© mis en examen et la justice a dĂ©cidĂ© de les incarcĂ©rer en France et non pas sur le territoire. Il s’agit notamment de Christian Tein, un chef kanak indĂ©pendantiste considĂ©rĂ© comme le responsable de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), cellule qui semble avoir dirigĂ© les Ă©meutes et les exactions sur place.

    Bien Ă©videment les Ă©meutes sont reparties dĂšs que leur incarcĂ©ration « en France Â» a Ă©tĂ© rendue publique. Ils ont aussitĂŽt Ă©tĂ© qualifiĂ©s de « prisonniers politiques Â» et leur libĂ©ration immĂ©diate est exigĂ©e par les Ă©meutiers pour qu’ils quittent leurs barricades.

    Cette situation inextricable montre une nouvelle fois l’impasse dans laquelle se trouve la RĂ©publique française face Ă  cette colonie. Il y a tout de mĂȘme eu 9 morts Ă  ce jour dans la guĂ©rilla urbaine qui a durĂ© deux semaines et Ă  laquelle il n’a jamais complĂštement Ă©tĂ© mis fin. Si l’Etat français n’avait rien fait il aurait violĂ© ses propres lois. S’il agit comme il l’a fait il est accusĂ© de colonialisme.

    L’histoire nous rappelle l’imbroglio provoquĂ© dans l’AlgĂ©rie colonisĂ©e par l’arrestation et la dĂ©portation en France de l’émir Abdelkader (1808-1883), chef religieux et militaire algĂ©rien qui a fomentĂ© la rĂ©sistance contre l’envahisseur, remportĂ© quelques victoires avant de rendre les armes en 1847. TransfĂ©rĂ© en France oĂč il bĂ©nĂ©ficia tout de mĂȘme d’un statut de prisonnier privilĂ©giĂ© il est ensuite autorisĂ© Ă  Ă©migrer Ă  Damas en Ă©change de l’engagement de ne plus fomenter de troubles en AlgĂ©rie. En rĂ©sidence surveillĂ© Ă  Toulon, Pau puis Amboise, il devint la coqueluche de l’intelligentsia française et europĂ©enne qui se bousculait pour le visiter dans les annĂ©es 1850. Il dĂ©cĂ©da en 1883 aprĂšs ĂȘtre presque devenu un ami de la France
 Il a depuis des rues et des places Ă  son nom dans des communes de l’hexagone.

    Il n’est pas sĂ»r qu’en ce XXIe siĂšcle de tous les excĂšs l’indĂ©pendantiste Christian Tein soit aussi conciliant avec la puissance coloniale que ne le fut Abdelkader Ă  la fin de sa vie. L’intransigeance de ses troupes sur le terrain qui sont en train de relancer la guĂ©rilla en Nouvelle-CalĂ©donie ne va pas faiblir non plus. La RĂ©publique est dans une impasse dont la seule voie de sortie est l’indĂ©pendance de ce territoire le plus vite possible en offrant aux non-kanaks la possibilitĂ© de venir s’installer en France.

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  • « Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Wojciech Kruczek, piano)

    « Chopin au Jardin – 2024 » au Parc Montsouris (Wojciech Kruczek, piano)

    Nouveau dimanche du festival « Chopin au jardin Â» au parc Montsouris. Il fait grand beau temps aujourd’hui. C’est au tour de Wojciech Kruczek de se produire. Jeune pianiste polonais virtuose, multi-primĂ© dans diffĂ©rents concours. Il joue pour la premiĂšre fois Ă  Paris dans une atmosphĂšre estivale bon-enfant. Coiffure annĂ©es 1930, grosses lunettes, il porte beau son nƓud-papillon sur un costume claire Ă  pochette et il nous emballe avec des piĂšces de Chopin (jouĂ©es sans partition) et leurs cascades de notes si dynamiques. Lors des passages primesautiers de cette musique de cƓur il suit le rythme presque jazzy avec de lĂ©gers mouvements des Ă©paules. Il salue les quatre cĂŽtĂ©s du kiosque avec un large sourire entre chacune des piĂšces. Il est l’air heureux et dĂ©tendu, nous aussi.

    Le Nocturne op. 48 amĂšne un peu de tragique dans l’atmosphĂšre avant le final Ă©clatant et joyeux de la Polonaise op. 53. Quel plaisir que ce festival et ces pianistes invitĂ©s de si grand talent.

    CHOPIN au jardin, Wojciech KRUCZEK (23/06/2024)

    Programme

    • Polonaise en sol bĂ©mol majeur, op. posthume
    • Fantaisie sur des airs polonais en la majeur, op. 13
    • Quatre Mazurkas, op. 30
    • n° 1 en do mineur
    • n° 2 en si mineur
    • n° 3 en rĂ© bĂ©mol majeur
    • n° 4 en do diĂšse mineur
    • Étude en ut mineur, op. 10 n° 12 (RĂ©volutionnaire)
    • Grande Valse brillante en mi bĂ©mol majeur, op. 18
    • Nocturne en do mineur, op. 48 n° 1
    • Polonaise en la bĂ©mol majeur, op. 53 (HĂ©roĂŻque)
  • Au musĂ©e Rodin de Paris

    Au musée Rodin de Paris

    Un dimanche d’étĂ© Ă  l’hĂŽtel Biron qui abrite un musĂ©e Rodin rĂ©novĂ© en 2016. Le bĂątiment de XVIIIe est imposant, le jardin Ă  la française charmant, nous sommes dans le VIIe arrondissement, en face des Invalides. C’est le poĂšte Rainer Maria Rilke qui a prĂ©sentĂ© ce vaste hĂŽtel particulier Ă  Rodin qui en a fait son atelier en 1908 avant d’en faire don Ă  l’Etat aprĂšs sa mort en 1917, avec un grand nombre de ses Ɠuvres.

    On parcourt les 18 grandes salles pleines de lumiĂšres et de boiseries Ă  la poursuite du gĂ©nie de Rodin, ses influences, dont sa collaboration avec Camille Claudel bien sĂ»r, des grandes Ɠuvres Ă  ses petits bijoux et toujours le mĂȘme Ă©merveillement devant la douceur et la sensualitĂ© des corps rendues dans le bronze, le marbre ou le plĂątre.

    Je donne Ă  l’État toute mon Ɠuvre en plĂątre, marbre, bronze, pierre, et mes dessins ainsi que la collection d’antiques que j’ai Ă©tĂ© heureux de rĂ©unir pour l’apprentissage et l’Ă©ducation des artistes et des travailleurs – Je demande Ă  l’État de garder en l’hĂŽtel Biron qui sera le musĂ©e Rodin toutes ses collections, me rĂ©servant d’y rĂ©sider toute ma vie.

    Auguste Rodin, 1909

    En sortant rue de Varenne on jette un Ɠil sur la terrasse arborĂ©e du dernier Ă©tage de l’immeuble qui nous fait face, face au musĂ©e et aux Invalides. Un quartier plutĂŽt chic.

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    Exposition Rodin au Grand Palais
    Balzac par Rodin

  • Des obsessions politiques qui polluent la campagne Ă©lectorale

    Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    La campagne Ă©lectorale pour les Ă©lections europĂ©ennes du 9 juin dernier avait Ă©tĂ© centrĂ©e sur la guerre Ă  Gaza, largement attisĂ©e par le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI). Cela n’a pas empĂȘchĂ© le Rassemblement national d’arriver en tĂȘte avec 31,4% des suffrages exprimĂ©s. La campagne en cours pour les Ă©lections lĂ©gislatives des 30 juin et 7 juillet, provoquĂ©es par la dissolution de l’assemblĂ©e nationale le 9 juin au soir, est centrĂ©e sur l’antisĂ©mitisme. Ces deux sujets sont certes importants pour la bonne marche du monde mais devraient l’ĂȘtre un peu moins dans le cadre de campagnes Ă©lectorales françaises.

    Qu’importe, les partis qui font la course en tĂȘte, le Nouveau Front populaire (NFP dont LFI est le principal membre) et le Rassemblement National (RN, droite radicale) ont trouvĂ© lĂ  des os Ă  ronger et des motifs d’attaquer l’adversaire. Et ils s’en donnent Ă  cƓur joie, ressassant les mĂȘmes slogans rageurs qui, sans doute, n’intĂ©ressent pas considĂ©rablement leurs Ă©lecteurs et, surtout, n’orienteront probablement pas le vote des indĂ©cis, s’il en reste encore Ă  ce jour.

    La droite, et ceux qui s’en rĂ©clament sur les plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s, cherche par tous les moyens Ă  faire dire Ă  LFI que le Hamas (mouvement qui gouverne la bande Gaza et dont la branche armĂ©e a lancĂ© et exĂ©cutĂ© les massacres du 07/10/2023 en IsraĂ«l) est un mouvement terroriste. Les membres de LFI s’y refusent car ils considĂšrent que ce mouvement s’est dĂ©fendu le 7 octobre et ne peut pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme terroriste. Ils le croient sans doute trĂšs sincĂšrement et restent sur cette position en refusant de prononcer ce qualificatif de « terroriste Â». Ils ont le droit de prendre cette position et de l’afficher, accessoirement ce sentiment doit ĂȘtre partagĂ© par une partie de leur Ă©lectorat. Il est improductif de perdre du temps Ă  essayer de les faire changer d’avis, d’autant plus que c’est une position historique de l’extrĂȘme gauche française qui n’est pas nouvelle. Le parti LFI est transparent sur ce point et leurs Ă©lecteurs se positionnent en consĂ©quence.

    Lire aussi : L’extrĂȘme gauche française est extrĂȘme

    La droite radicale du RN saisit cette occasion pour se refaire une virginitĂ© et passer sous le tapis son histoire antisĂ©mite. On se souvient des sorties tonitruantes et des plaisanteries nausĂ©abondes de Jean-Marie Le Pen le fondateur du Front National qui s’est transformĂ© en Rassemblement National aprĂšs un coup de balai donnĂ© pour rompre les liens avec les membres du parti les plus voyants dans leur antisĂ©mitisme, y compris le patriarche. Les plus anciens qui ont frĂ©quentĂ© les universitĂ©s françaises dans les annĂ©es 1970 se souviennent des combats extrĂȘmement violents menĂ©s entre les milices du GUD (Groupement Union DĂ©fense d’extrĂȘme droite) et celle du BETAR (mouvement de jeunesse juif sioniste radical, que l’on peut aussi qualifier d’extrĂȘme droite) qui en ont laissĂ© plus d’un sur le carreau. L’antisĂ©mitisme est une vieille histoire en France, comme d’ailleurs dans une partie de l’Europe. C’est surtout un drame de la bĂȘtise rendu encore plus aigĂŒe par les nouvelles religiositĂ©s qui s’emparent des masses. L’exploit est qu’aujourd’hui le RN arrive Ă  se prĂ©senter comme le dĂ©fenseur des Français de confession juive. Quel retournement ! C’est, au moins, une rĂ©ussite marketing.

    Ce dĂ©bat qui pollue le processus Ă©lectoral en cours est vain. Bien entendu il doit rester quelques nazillons au RN et quelques staliniens au NFP, comme dans le reste de la sociĂ©tĂ© française d’ailleurs. On n’arrivera jamais Ă  Ă©liminer complĂštement ces idĂ©ologies mortifĂšres. L’essentiel est de s’assurer que les institutions de notre vieille RĂ©publique restent suffisamment solides pour maintenir les digues empĂȘchant leur gĂ©nĂ©ralisation, c’est ce qu’on appelle l’Etat de droit, notion tellement contestĂ©e par les extrĂȘmes du moment qui privilĂ©gient le populisme. Cela reste le cas pour le moment. Mais les barriĂšres contre l’abrutissement des masses restent fragiles et doivent ĂȘtre constamment consolidĂ©es.

    Et, pour revenir au sujet des Ă©lections lĂ©gislatives françaises, le mieux est de laisser les Ă©lecteurs se prononcer en leurs Ăąmes et consciences et ils auront ce pour quoi ils voteront, les extrĂȘmes, le centre ou la chienlit.