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  • L’Italie à la dérive

    Berlusconi sauve sa tête de vieillard paillard ! Quelle décadence ! L’Italie avait l’occasion de se débarrasser de son clown pervers, elle l’a laissé passer. On a les dirigeants que l’on mérite.

  • Le suivisme d’une presse en mal d’analyse

    Après avoir décrété que le nouveau gouvernement français a été formé pour préparer les élections présidentielles de 2012 derrière Sarkozy, sans que l’on comprenne bien ce que cela veut dire, les journalistes assènent à tout instant que chaque parole, chaque décision d’un ministre est faite pour préparer les élections. Fillon dit ceci : c’est pour marquer son terrain pour 2012, Sarko fait cela : c’est pour marquer sa prééminence pour 2012, Copé critique untel : c’est pour préparer sa campagne, etc.

    L’unité de la presse pour ce genre de jugement à l’emporte-pièce et vide de sens, est émouvante mais pathétique au sens où elle dénote un suivisme panurgien et déplorable, symbole d’un déprimant manque d’imagination et de sens du jugement de tous ces plumitifs de circonstance.

  • Journaliste ou concierge, il faut choisir

    Les informations aujourd’hui à 12h30 sur France Culture et à 13h00 sur France Inter ont instructives. Cette dernière ouvre son journal sur la prise d’otage dans une école et délaye le sujet en long et en large avec les questions habituelles aux témoins, du genre : « et que ressentez-vous ? » posées à des personnes plus ou moins liées à la dizaine de gamins de cinq ans pris en otage par un cinglé. On imagine aisément leurs sentiments… France Culture aborde ce point en deux phrases informatives à la fin de son journal, sans faire de mélo.

    L’incident s’est finalement bien terminé et les enfants ont été libérés. Son traitement illustre encore une fois la différence entre un média esclave de son audienceet un journalisme d’information.

  • BRMC – 2010/12 – Paris & Londres

    BRMC – 2010/12 – Paris & Londres

    Paris l’Elysée Montmartre – 1er décembre 2010

    Les Black poursuivent une tournée triomphale des salles européennes de taille moyenne. Après leurs deux prestations parisiennes cette année en mai au Bataclan et en août à Rock en Seine, le voici de retour le 1er décembre à l’Elysée Montmartre où ils avaient déjà commis un irréparable show en 2007. Et on en redemande ! Les héros sont un peu fatigués, sono et lumières un peu bricolées, mais qu’importe le cœur est toujours vivace et ils nous assènent de nouveau 90 minutes d’âme blues-rock, martelée sur cordes et peaux, de la plus pure inspiration.

    Dedans la température explose et dehors la neige fond, les Black sont encore à l’œuvre devant une audience conquise. Des concerts quasiment tous les jours depuis la sortie de Beat the Devil’s Tattoo ; ils terminent celui-ci sur le classique Open Invitation après le déluge de feu de Shadow’s Keeper. Demain Porthmouth, après-demain Nottingham, …et samedi 11 à Londres-Brixton, nous y serons !

    Londres Brixton Academy – 11 décembre 2010

    En arrivant ce samedi soir à la Brixton Academy le chroniqueur émoustillé chantonne évidemment le Guns of Brixton de feu le Clash en guettant the black Maria qui pourrait l’emmener au poste de police. Mais tout est calme… pour le moment, sauf la Brixton Academy qui chauffe la foule avec le warm up de…

    La salle ressemble un peu au Grand Rex de Paris avec un décor kitch façon château fort et un très agréable floor en pente qui offre une vue impeccable sur la scène. Deux bars au fond servent la bière à gogo, tout se passe pour le mieux lorsque débarque le Black : Robert, perfecto noir et capuche, Peter, cuir noir et Lea, Tshirt noir ; et le show démarre sur un torride Love Burns joué en clair obscur avec déchaînement de stroboscopes sur le refrain. Le ton est donné et il n’y a pas à dire lorsqu’un concert démarre par un « Good evening London! » on se sent tout de suite naturellement là où il faut être : au cœur de la patrie du Rock.

    S’en suit un Red Eyes and Tears très sombre, plein de guitares miaulantes et larsénisantes sur fond de violents éclairages dirigés vers un public qui n’en peut mais, les mirettes et les ouïes déjà débordantes, et encaisse ensuite un Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll endiablé qui place la barre très haut pour le reste du show « … 1…2…3…4… I fell in love with the sweet sensation/ I gave my heart to a simple chord/ I gave my soul to a new religion/ Whatever happened to you?/ Whatever happened to our rock’n’roll?  » Les britishs en perdraient leur flegme !

    Le trio est à l’aise sur cette grande scène dédiée aux Dieux du Rock sous les auspices de la Couronne d’Angleterre, le public est simplement heureux sous les déluges soniques, lumineux et la bière fraiche qui elle aussi coule à flot.

    Le concert se déroule de façon fantastique : deux heures trente de blues-rock à l’état chimiquement pur, tout est parfait. Au milieu de la noirceur de la furie, un moment d’émotion avec un hommage à Michael Been, père de Robert, décédé d’une crise cardiaque en août cette année alors qu’il opérait comme ingénieur du son sur la tournée des Black après avoir lui-même tourné comme leader de quelques groupes rocks américains. L’hommage est rendu par Iggy Pop via une bande enregistrée diffusée sur scène en intro d’une furieuse reprise de Real Wild Child (Wild One), elle-même reprise de l’australien Johnny O’Keefe popularisée par l’iguane. Sur scène un guitariste de The Call l’ex-groupe de Michael vient épauler Robert assis au piano pour ce touchant témoignage à un père désormais installé au paradis des rockers pour suivre le parcours gagnant de son fiston !

    Le concert de ce soir est aussi le 1 000ème show du groupe alors tout est bon pour se laisser aller aux joies du Rock. Voilà dix ans qu’ils sont sur la route. Ils ont sorti six albums et su développer leur vision de la musique, pure et américaine, violente et inspirée. Une formation à trois qui se marie parfaitement avec un jeu de scène dépouillé. Des allures de cow-boys déjantés, le bon, la brute et le truand, passés d’un saloon du Grand Ouest aux salles de concert de notre ère post-punk.

    Robert en commandeur dégingandé se contorsionne sur ses bass que l’on croirait sorties d’un magasin d’antiquité. Il assure le spectacle avec brio et modestie. Peter est la base du groupe, tout en discrétion et technique, chemise de bucheron trouée aux manches, caché sous cheveux et rouflaquettes que l’on dirait n’avoir plus vu de peigne depuis des lustres. Il est un exceptionnel guitariste, en principe toujours entre deux cigarettes, mais pour une fois, discipline britannique sans doute, on ne le verra pas fumer sur scène. Lea martelle ses fûts avec autant d’énergie qu’elle dégage de charme. Elle a trouvé la place parfaire dans cet univers de rockers.

    Leur Rock est de la musique vraie qui se déroule comme une évidence, frottée à toutes les influences black-blues de la planète, usée par les scènes du monde entier, inspirée par l’âme lugubres de ses créateurs. Ils passent ensemble de l’électricité la plus puissante à une acoustique délicate (sur Suffle your Feets, Lea vient faire les chœurs avec Robert et un tambourin). Ils ont développé maintenant un vrai succès d’estime auprès d’un public croissant.

    Robert débute le rappel seul avec une guitare acoustique et s’essaye avec le sourire, à la demande du public, à une reprise de Cyndi Lauper : Girls Just Wanna Have Fun, abandonnée au milieu car il ne sait plus les paroles. Et le concert se termine après le foudroyant Shadow’s Keeper qui se termine comme il se doit par le délire des guitares mêlées à l’électronique, que l’on diraient en roue libre dans un monde sans fin de répétition, de larsen et de gargouillis ; lumières tamisées et lasers perçant permettent de découvrir Robert à genoux entonnant les notes de Open Invitation qui clôture un show de presque trois heures.

    Gode save the queen et les BRMC, invités d’honneur du Royaume Uni de Grande Bretagne et du Rock ‘n’ Roll !

    Dehors on attend un peu si jamais les héros venaient nous jouer un petit set acoustique comme ils en ont l’habitude, mais il fait trop froid ce soir au cœur de Londres, les lumières de l’Academy s’éteignent et le chroniqueur s’en retourne baguenauder dans Brixton : « When they kick at your front door/ How you gonna come?/ With your hands on your head/ Or on the trigger of your gun. »

    Mais le chroniqueur ébahi et rasséréné ne craint plus rien, se disant que finalement une année 2010 qui se termine sur un quatrième concert des Black ne pourra pas être une mauvaise année.

    Set list Paris : 666 Conducer/ Mama Taught Me Better/ Red Eyes and Tears/ Awake/ Martyr/ Beat the Devil’s Tattoo/ Ain’t No Easy Way/ Bad Blood/ Berlin/ Weapon of Choice/ Long Way Down/ Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)/ Dirty Old Town @Cover[The Pogues]/ Devil’s Waitin’/ Salvation/ Howl/ Conscience Killer/ Six Barrel Shotgun/ Spread Your Love

    Encore: In Like the Rose/ Shadow’s Keeper/ Open Invitation

    Set list Londres : Love Burns/ Red Eyes and Tears/ Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)/ Spread Your Love/ Stop/ Six Barrel Shotgun/ We’re All in Love/ Heart + Soul/ Devil’s Waitin’/ Shuffle Your Feet @Info[Acoustic]/ Ain’t No Easy Way/ Weight of the World/ Took Out a Loan/ Berlin/ Weapon of Choice/ Windows @Info[Tribute to Michael Been, with Tom Ferrier]

    Encore : Girls Just Wanna Have Fun/ Dirty Old Town @Cover[The Pogues]/ Real Wild Child (Wild One) @Info[Johnny O’ Keefe / Iggy Pop cover, with recorded message from Iggy Pop]/ Beat the Devil’s Tattoo/ Bad Blood/ Half State/ Conscience Killer/ Shadow’s Keeper/ Open Invitation

  • Sophie Hunger – 2010/12/06 – Paris le Théâtre de l’Atelier

    © Philippe Pache

    Sophie Hunger pour un dernier concert parisien de cette année finissante, au théâtre de l’Atelier cette fois-ci. Il neige et il fait froid mais nous courrons le cœur vaillant, infuser toute la chaleur humaine que dégage cette artiste. Ce théâtre n’est pas à proprement parler une salle de concert, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivraie…, Sophie et les siens sauraient transformer un bunker en champ de roses. La formation est la même qu’à la Cigale cet été.

    Elle entre seule en scène pour une intro a capella dans une langue alémanique rugueuse et incompréhensible, avant d’être rejointe par les musiciens pour dérouler un concert de rêve. Ce groupe, leurs mots, leurs notes, leur empathie, fondent à chaque fois un nouveau partage avec le public. On croit entendre des titres inconnus mais peut-être ne sont-ce simplement que le réarrangement de morceaux anciens. Chacun attend les sommets que sont 1983, Shape, Your Personal Religion, Le Vent l’Emportera. Ils nous seront servis bien entendu dans l’enthousiasme général.

    Sophie passe des guitares acoustique à l’électrique, du piano au micro pour de gentils petits blabla partagés comme au coin du feu, toujours avec une égale grâce. Elle chante avec une énergie insondable, déclenchant un ouragan d’émotion sur un public ébahi. Sophie se livre intégralement avec une grande subtilité musicale et un immense talent. Elle se dépense sans compter pour faire partager son univers mystérieux qui nous attire comme au bord d’un gouffre. Elle rayonne tel un astre au fond de la galaxie, attirant et hors de portée :

    With the sounds of my city/ In the blowing of the wind/ In the silence of our children sleep/ Are my continuance day/ In the pushing of the river/ In the falling of the rain/ In the dust in the street/ Are you singing and singing again?/ It’s never gonna die/ It’s never gonna die/ Oh no/ We’re always gonna die/ We’re always gonna die

    Trois rappels seront nécessaires dont le dernier est une chanson populaire a capella à cinq, issue sans doute de ses montagnes helvétiques. Alors que les applaudissements ne veulent plus s’arrêter elle nous dit avec son délicieux accent alémanique : « c’est tellement que je ne vais pas pouvoir dormir cette nuit, alors j’en prends seulement un peu que je garderai pour quand le ne pourrai pas jouer pour vous. »

  • Compromission française

    Le député socialiste Guy Labertit a assisté à l’investiture discutée de Laurent Gbagbo à la présidence de la Côte d’Ivoire. Il a été délégué à l’Afrique du Parti Socialiste des années durant et semble particulièrement proche de Gbagbo. Pas sûr que sa présence à une investiture faisant suite à une élection pour le moins discutée ne soit bien appropriée !

  • Confusion en Côte d’Ivoire

    Ça y est, Gbagbo a franchi le rubicond. Il s’est fait investir président de la République de Côte d’Ivoire après que le conseil constitutionnel a invalidé les votes de plusieurs régions du nord du pays. De ce fait il devient majoritaire alors qu’en décomptant toutes les voix, Alassane l’emportait. L’ONU, la commission électorale locale et quelques Etats, dont la France, ont reconnu Alassane.

    Le site web de Gbagbo diffuse des messages haineux (et ponctués de fautes d’ortographe) :

    La sévère mise en garde des autorités ivoiriennes à Young Jin Choi

    Sem Alcide DJÉDJÉ, ambassadeur de la Côte d’Ivoire auprès des nations unies et conseiller diplomatique du président de la république, était hier soir sur les antennes de la télévision nationale. Le diplomate ivoirien que la présentatrice du journal télévisé, Awa Tabitha recevait sur son plateau, est venu protester énergiquement contre les (déclarations tonitruantes ), les ( dérives graves) auxquelles s’adonnerait le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire.

    En effet, il est reproché au patron de l’organisation des nations unies pour la cote d’ivoire (Onuci) d’avoir déclaré sur la chaine onusienne (onuci-fm= qu’il reconnaissait uniquement comme président de la république de cote d’ivoire (en sa qualité de certificateur du processus électoral), le candidat que selon lui , la commission électorale indépendante aurait annoncé comme vainqueur provisoire du second tour de la présidentielle ivoirienne.

    Une telle déclaration, dans le contexte post électoral ivoirien, très surchauffé, ressemble fort à une invite faite aux partisans de l’adversaire du chef de l’Etat Laurent Gbagbo, à contester dans la rue, par des méthodes non légale, le verdict des élections que vient de donner le conseil constitutionnel ivoirien.

    Choi serait allé très loin, (il est en pleine dérive), il traite certains observateurs qui ont suivi l’élection présidentielle sur le territoire national, notamment les africains de peu crédibles, contrairement aux observateurs occidentaux.

    En se positionnant par ailleurs comme le dernier recours au niveau des institutions républicaines ivoiriennes, après la Cei et le conseil constitutionnel, Choi outre passe ses prérogatives et devient, aux dires de Sem alcide DJEDJE, un (agent de déstabilisation).

    Car dans son entendement de ce fonctionnement onusien, il peut casser la décision prise par le professeur agrégé de droit, Paul Yao N’dré, président du conseil Constitutionnel de cote d’ivoire. Evidemment, les attitudes et comportements de ce fonctionnaire onusien, en charge d’accompagner le processus de paix en cote d’Ivoire, heurtent les consciences en cote d’Ivoire.

    Au point ou l’ambassadeur alcide DJEDJE, d’un ton ferme , à déclaré que , « si Choi continue d’agir comme il est en train de le faire actuellement, nous serons obligés de demander son départ de la cote d’ivoire », qui faut-il le rappeler , est un État membre à part entière de l’organisation des nations unies. Un État souverain qui ne saurait s’encombrer des maladresses d’un fonctionnaire onusien qui devient un problème pour le pays.

    Dépêche – 04/12/2010 | 12:13

    S’autoproclamant président de la république de Côte d’Ivoire, en méconnaissance totale des lois ivoiriennes qui régissent les élections, Alassane Ouattara, pour sa première déclaration médiatique en cette qualité (surfaite) aurait déclaré ceci sur des médias étrangers : « …je demande aux fds de libérer la radio diffusion télévision ivoirienne….je demande au conseil constitutionnel de revenir sur sa décision…. » Comme c’est pitoyable et risible de la part de ce mauvais perdant.

    Les dés sont jetés et on peut craindre que les prochaines semaines ne soient sanglantes. Ce coup de force va laisser des traces. L’acharnement d’un clan à refuser l’alternance risque de mener au pire. Pauvre Côte d’Ivoire.

  • La Côte d’Ivoire à la dérive

    La Côte d’Ivoire au bord du gouffre : quelle tristesse ! Laurent Gbagbo, un dictateur d’opérette refuse de laisser le pouvoir à l’issue de la victoire électorale de son opposant n°1 qui ne vaut sans doute guère mieux mais à qui on attribue une compétence en matière de gestion suite à de nombreuses années passée au Fonds monétaire internationale. Laissons le bénéfice du doute à Alassane Ouattara et espérons qu’une alternance sera possible sans trop de morts !

    Gbagbo et ses affidés s’accrochent au pouvoir car il est très probable qu’il y aura des règlements de comptes sanglants entre le nord et le sud du pays, et ils craignent pour leur peau. Espérons qu’Alassane saura retenir ses troupes. Mais comme tout ceci est regrettable.

  • Un fouteux recyclé dans l’agitprop

    Cantonna, un ex-fouteux qui a l’air un peu plus intelligent que la moyenne des tapeurs de ballons, sympathiquement recyclé dans l’humanitaire après les stades, appelle le peuple à retirer son argent des banques le 7 décembre. Ce n’est pas idiot mais sans doute un peu excessif car si cela fonctionnait cela provoquerait l’effondrement du système et le peuple serait le premier à en payer les conséquences.

    Il surfe sur l’agacement des gens devant l’incompétence et la gabegie du secteur financier qui non seulement nous a mené à la crise de 2008 mais qui de plus, après avoir été renfloué par les contribuables, se remet maintenant à attaquer des pays comme la Grèce, l’Irlande et bientôt la France. Même si quelque peu simpliste, cet énervement n’est pas complètement infondé.

    Une tactique alternative serait non pas d’attaquer tout le système financier mais de se faire une petite banque, juste pour faire sentir le vent du boulet aux autres banquiers. Mais tout ceci n’est qu’un rêve, le peuple a surtout des crédits dans les banques et donc pas beaucoup de dépôts à en retirer ?

  • Parker Graham, ‘Pêche à la carpe sous Valium’.

    Sortie : 2000, Chez : Points P2400. Graham Parker, légendaire héraut du rock britannique qui n’a jamais connu qu’un succès d’estime auprès des initiés, se commet aussi à l’écriture. Dans ce petit livre déjanté chaque chapitre est comme une nouvelle mais il y a un lien entre chaque, un lien qui pourrait être le fil de vie de Graham. De l’enfance dans les zones industrielles à chômage de l’Angleterre aux tournées de fin de carrière devant des salles de province américaines à moitié vides, en passant par la rencontre avec Keith qui lui propose de remplacer Mick Jagger récemment écrasé bar un bus. Et chaque ligne est truffée de références au monde du rock, ses visions comme ses violences.

  • SMITH Patti, ‘Babel’.

    Sortie : 1981, Chez : .

    Après son retrait de la scène rock à la fin des années 70’s, Patti Smith a passé une dizaine d’années « à la campagne », histoire de faire deux enfants et de vivre d’autres histoires loin de la frénésie du rock marquée par son disque de légende « Horses ». Elle est revenue, Dieu merci, a déjà commis quelques nouvelles perles discographiques, photographiques et littéraires. Babel est un long monologue poétique peuplé des phantasmes et visions de Patti. C’est ardu et porteur, délirant et réjouissant. Le bonheur de ce genre de texte c’est la liberté de leur écriture, un déluge de mots dévalant la pente raide de l’esprit d’un créateur !

  • Tricky – 2010/11/30 – Paris le Trianon

    Noir c’est Noir : Tricky au Trianon ce soir nous a délivré un très beau et troublant concert. You don’t wanna est joué instrumental comme intro (on dirait un arrangement de Sweet dreams… des Eurythmics). Aussitôt arrivé sur scène il dévoile ses abdominaux sculpturaux. Puis il se réfugie, dos au public, sur l’estrade de son clavier. Il passera une bonne partie du concert dans cette position à fumer des clopes (ou pire ?), pendant que son groupe trace sa route, irradiant le lieu de sa seule présence.

    Sur scène : une chanteuse et une guitariste métisses, une bassiste blanche, un batteur et un clavier, et Tricky bien sûr, inspirateur de cette musique si sombre qu’il semble dominer et diriger mentalement. Lorsque parfois l’aigle descend de son refuge pour se mêler physiquement à son groupe, il s’accroche à son micro comme si sa vie en dépendait et s’agite avec ce tressautement caractéristique pour décliner son trip-hop mâtiné de rap. Parfois il place son micro sur son cœur et continuant à chanter, une voix d’outre-tombe excavée de sa poitrine enfumée. A d’autres occasions il lève le bras pour demander à son groupe de jouer en sourdine avant de le relancer dans de furieux moulinets et laisser parler une rythmique guerrière.

    Le combat est mené vaillamment par les trois filles dont cette remarquable chanteuse, toute de noir vêtue, aux déhanchements torrides. Elle fait l’essentiel des vocaux sur les nappes de claviers qui s’empilent en une vertigineuse pyramide de sons électroniques. Les rythmes sourds et violents envahissent l’espace kitch du Trianon et résonnent dans nos cerveaux conquis par cette noirceur.

    A deux occasions l’aigle se mêle aux terriens et fait monter sur la scène une foule de spectateurs qui n’en croient pas leurs yeux. Les filles musiciennes se réfugient alors que les estrades et laissent Tricky au milieu de ses fans et de sa musique. Quelques incontournables pétasses sortent leur iphone pour marquer ce moment sur les pixels et interrompent la transe du maître, qui s’y prête avec bonhommie, pour une vulgaire photo.

    Et puis la scène est de nouveau rendue au groupe, Tricky remonte fumer ses clopes sur son nid et les filles reprennent le pouvoir des cordes en nous assénant un best of Tricky plus quelques reprises. Les morceaux sont rendus avec l’énergie décuplée de cet excellent groupe dévoué à son mystique leader.

    Hakim est invité à jouer un titre éponyme et un son arabisant vient nous ramener au titre de son dernier disque : Mixed Race !

    Le rappel est fait sur Past Mistake et pendant que la batterie assourdissante martèle son beat sur la voix bouleversante de la chanteuse et cette obsédante ritournelle de piano, Tricky descend au milieu du public et traverse lentement le floor, étreignant chacun avec tranquillité et sincérité alors que se déroule ce superbe morceau :

    I know I paid, that’s why I’m alone today/ Just me myself, no mental health/ My mistake overtakes/ Your love’s overgrown my love/ My love, my love, my love for you/ My love, my love, my love for you…/ Till it burns my soul/ Burns my soul/ Burns a hole…

    et Tricky disparaît dans les coulisses nous laissant ébahis.

    Vu de près lors de son passage dans la fosse, Tricky a caché ses tatouages sous un sweet rose, son bon sourire, son crâne lisse et le temps qu’il passe à saluer ses fans le font prendre pour un bon père de famille plutôt qu’un mauvais garçon. C’est juste un superbe musicien qui a su intégrer les couleurs de son époques, collaborer avec nombre de ses pairs (Massive Attack dont il fut un membre fondateur, Björk, Goldfrapp,…) et synthétiser l’ensemble dans une musique mystérieuse qui prend vraiment tout son sens sur scène.

    Et d’ailleurs, ce même soir Horace Andy, le pilier reggae de Massive Attack, jouait à la Cigale à 50 mètres du Trianon. Se sont-ils parlé ? On ne le sait, mais leur âmes trip-hop / reggae a longtemps plané encore sur le boulevard Rochechouart après la fermeture des portes.

  • Indices de masse corporelle et pousseurs de baballe

    Fernand_Duchaussoy

    Encore on ne sais quelle agitation au sein de la fédération française de fouteballe. Un dirigeant démissionne pour de sombres histoires de pouvoir ou de corruption. Ce n’est pas bien grave car il ne doit pas être compliqué de remplacer un dirigeant démissionnaire de fédération de fouteballe par n’importe quel gestionnaire trouvé au coin de la rue. Il suffit de shooter sur un lampadaire et on a dix dirigeants potentiels qui tombent en grappe. Mais avez-vous remarqué comme tous ces dirigeants du fouteballe français sont grassouillets et boudinés dans leurs costumes ? Comment peut-on être un patron de fédération sportive et se laisser aller ainsi ?

    Après sa récente victoire contre le Luxembourg, le prochain objectif de l’équipe de France de fouteballe sera de faire maigrir ses dirigeants pour lutter contre leur cholestérol : première étape on réduit leurs salaires, deuxième étape on leur fait faire vingt tours du stade de France tous les matins (au moins durant ce temps ils ne feront pas de c…), troisième étape on se revoit dans trois mois pour une pesée générale du conseil fédéral, si jamais la perte de poids est inférieure à 20%, on recommence pour un trimestre, et ainsi de suite.

  • « Lénine, Staline et la musique » à la Cité de la Musique

    Passionnante exposition à la Cité de la musique sur la musique du temps des soviets, ou comment l’idéologie communiste a tenté, avec un certain succès, d’asservir l’art musical à la glorieuse épopée de la dictature du prolétariat. Prokofiev, Chostakovitch, et bien d’autres…, exilé après la révolution d’octobre sont finalement revenus en Union Soviétique, et pour ce faire, ont du compromettre quelque peu avec le système, c’était une question de survie. Alors Prokofiev a écrit des opéras rendant hommage aux ouvriers et aux kolkhozes : Le pas d’acier, Cantate pour le vingtième anniversaire d’Octobre, Chosta est d’abord condamné comme ennemi du peuple suite à la création de son opéra Lady Macbeth en 1936 (La Pravda publie un article Le chaos remplace la musique), en réchappe de peu, compromet lui aussi pour survivre et reçoit le prix Staline en 1941 après avoir commis quelques œuvres plus dans la ligne du parti (Le Boulon), écrit sa 7ème symphonie en 1941 sous les bombes allemandes à Leningrad, après la mort de Staline (une heure après celle de Prokofiev) laisse de nouveau libre cours à sa créativité démesurée et une inspiration désespérée, compose et compose encore, voit tomber Khrouchtchev, n’a plus la force de lutter, adhère au Parti, voit arriver Brejnev et meurt épuisé en 1975 laissant un œuvre colossale qu’aucune idéologie ne sera parvenue à briser.

    De Staline et ses successeurs il ne reste déjà presque plus rien, même plus le souvenir de la terreur, seulement la mémoire de l’immense sacrifice de la grande guerre patriotique. L’armée rouge créée par Trotski n’effraie plus grand monde, la jeunesse russe ne sait déjà plus ce que fut le goulag, mais l’âme russe a survécu et l’andante du 2ème concerto pour piano de Chostakovitch (dédié à son fils) fait vibrer nos sens comme mugit la bise dans les grands bois de bouleaux de la taïga sans fin. L’essentiel est préservé, un peuple s’effondre, mais son génie musical le fera se régénérer. La Russie est éternelle !

  • Hugh Cornwell – 2010/11/27 – Paris la Java

    Le Hugh Cornwell Band est de retour à la Java dans les odeurs de merguez de Belleville. Cette année il y a environ 200 personnes dans ce petit club en sous-sol, soit quatre fois plus que l’an passé, mais le barman n’est pas trop bousculé pour servir ses pressions avec olives en sus.

    Hugh reste le même. Il porte le même pantalon/T-shirt noir que l’an passé, quelques mèches de cheveux en moins et toujours une maigreur ascétique. Son groupe a changé : en lieu et place de sa virtuose et pulpeuse bassiste il nous a sorti un quinqua joufflu à rouflaquettes et un chevelu à la batterie.

    Il joue de la même Fender noire et éraillée, et avec une identique énergie crypto-punk dont il a su garder la pureté originelle. Il est toujours aussi sympathique une fois passée ses grimaces de mauvais garçon. Connaissez-vous beaucoup d’artistes qui autorisent le téléchargement gratuit de leurs albums sur leur site web ? Et qui publient tout aussi gratuitement les tablatures de leurs chansons ? Et bien Hugh, l’homme en noir le fait pour nos beaux yeux. Même la construction de son site est sympa et multilingue avec options pour le grec, turc, arabe et chinois…

    Mais sur scène c’est une autre histoire et le show démarre avec un pêle-mêle de morceaux Hugh Cornwell et The Stranglers qui regonfle l’assistance, pas assez tout de même pour relever les plus moroses qui ont osé amener des tabourets aux pieds des musiciens et s’y asseoir. Les compositions d’Hugh se mêlent parfaitement avec les retours sur le passé. La formation « 3 musiciens » permet cette unité, sans les fioritures si typiques des claviers Stranglers. In the City enchaîné avec Always the Sun, ça passe comme dans un rêve. Alors que l’excitation monte-monte-monte avec la musique et le feedback sur nos jeunes années, les vieux assis du devant résisteront jusqu’à No More Heroes qui clôture le premier set et déclenche un véritable houri-vari, l’entrechoquement des gobelets de bière, la valse des tabourets, le pogo des quinqua.

    On croit le show terminé mais Hugh nous annonce qu’ils reviennent après un petit break pour nous jouer Rattus Norvegicus. On croit avoir mal entendu et on file vers le bar pour attendre une possible surprise.

    Et ils reviennent, et nous avions bien compris, et ils jouent l’intégrale de Rattus Norvegicus, le premier album des Stranglers, datant de 1977. 33 ans et pas une ride : Hanging Around, Sometimes… C’est le délire à la Java, il n’est plus question de places assises, les quinquas se retrouvent au milieu des musiciens (il n’y a pas de séparation entre la scène et le public), Hugh et son producteur leur demandent de rester un peu en arrière car le groupe ne peut plus jouer, c’est presque peine perdue tant plus personne n’écoute lorsque démarre Peaches.

    Tant bien que mal Hugh place sa rythmique ravageuse, assène des refrains légendaires : Walking on the beaches/ Looking at the peaches…, rejoue les solos de claviers sur sa Fender pendant que rouflaquettes bombarde ses basses et que chevelu sur ses fûts en ferait presqu’oublier Jet Black.

    Hugh Cornwell mâtiné The Stranglers : une soirée inoubliable ! Pas de nostalgie, juste du Rock vrai et sincère joué par une bande de durs assagis qui dédient leur âme à la musique, quoiqu’il arrive. Après les années de galère, les aléas de violence, les disques à la pelle, ils sont toujours là, et nous aussi. A l’année prochaine.

  • Ventes d’armes, rétro-commissions et dénonciations d’Etat

    Galouzeau de Villepin se précipite chez le juge pour baver sur l’affaire des ventes d’armes au Pakistan. A l’époque des faits il était secrétaire général de la présidence de la République. Très bien, il va sans doute faire avancer la justice avec toute l’objectivité qu’on lui connaît, mais que n’a-t-il déjà dit ce qu’il savait depuis 1995 sur ces illégalités soupçonnées d’avoir été commises dans le cadre de ventes d’armes par l’Etat français ? Il a fallu attendre 10 morts, la perspicacité de juges d’instruction et la voracité de la presse, pour que les acteurs de l’époque se souviennent soudainement 15 ans après des détails de l’affaire. Cela vaut pour Galouzeau comme pour les autres d’ailleurs !

    Ce n’est pas bien. Si des actes illégaux ont été commis, que la Justice passe.

  • Juppé fait dans le pathétique

    Juppé-le-raide-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville essaye de justifier ses mensonges en publiant un plaidoyer pro domo pathétique sur son blog www.al1jup.com :

    22 novembre 2010 11:33
    Bonjour ! Bordeaux

    Je voudrais d’abord vous dire, chers Bordelaises et Bordelais, ma gratitude. Depuis la semaine dernière, la plupart de ceux d’entre vous que j’ai rencontrés m’ont assuré de leur compréhension et de leur soutien, et cela m’a fait chaud au cœur.

    Mon impression a été confirmée par les résultats du sondage que vient de publier Sud-Ouest. J’en retiens deux chiffres : 90% d’entre vous apprécient positivement le travail de l’équipe municipale; et les 2/3  comprennent ma décision d’entrer au gouvernement.  

    Bien sûr, il n’y a jamais unanimité dans la vie publique et c’est tant mieux pour la démocratie. Je comprends les inquiétudes ou les réserves de certains d’entre vous. Quant à l’opposition, elle fait son travail critique, ce qui est normal… même si certains ou certaine en rajoutent dans la méchanceté. Mais c’est leur nature !

    Il nous faut maintenant réussir ensemble les projets que je vous ai proposés de mettre en œuvre: le projet urbain pour construire les logements dont la ville a besoin afin de mieux répondre aux attentes de tous; et en même temps attirer de nouveaux emplois. Ensuite l’agenda 21 pour faire de Bordeaux un exemple de développement urbain durable. Enfin le projet social pour faire reculer les inégalités et l’exclusion, faire progresser la justice et la fraternité. Nous en parlerons samedi, lors du Forum social qui se tiendra au Hangar 14.

    Pour atteindre ces objectifs, une seule méthode : travailler ensemble dans la confiance.

    C’est ce que nous faisons dans l’équipe municipale, plus soudée que jamais autour de son maire.

    C’est ce que nous faisons à la CU, malgré l’accroc que la majorité vient de faire à notre accord de coopération en refusant de respecter la clause qui prévoit 18 vice-présidents pour la majorité et autant pour la minorité. Mais j’ai avec Vincent Feltesse une relation de travail efficace. Nous avons assez le sens de nos responsabilités pour comprendre que c’est par notre entente que nous faisons avancer le mieux les projets qui peuvent améliorer la vie des habitants de notre communauté urbaine. Pour ma part je suis déterminé à continuer dans le même esprit.

    Travailler ensemble surtout avec vous tous, en accentuant encore toutes les initiatives qui favorisent la concertation et la co-élaboration des projets. Ce travail de proximité marche très bien dans les quartiers. Il faut le développer encore sur les grands projets, comme celui de Bordeaux Euratlantique qui est majeur pour notre ville, son agglomération mais aussi pour la région tout entière.

    C’est en renforçant entre nous ce lien direct que Bordeaux continuera à aller de l’avant. 

    Quant à moi, je continuerai à agir, avec tout mon enthousiasme, au service de l’ensemble des Bordelais, quelles que soient leurs préférences politiques.

    Et il remet ça le 25 novembre

    25 novembre 2010 08:59
    Feuille de route

    En lisant, hier, au Sénat, le discours de politique générale du Premier Ministre, je me disais que notre gouvernement avait une feuille de route claire et ambitieuse: priorité à l’emploi, ce qui implique à la fois d’investir massivement pour l’avenir et de rétablir l’équilibre de nos comptes publics; volonté de poursuivre les réformes, notamment celle de notre fiscalité qui doit être rendue plus juste et doit mieux contribuer à la compétitivité de notre économie ; réponse au défi de la dépendance en complétant notre système de protection sociale. Voilà pour l’essentiel.

    Quant à l’équipe gouvernementale, elle est professionnelle et soudée autour du Premier Ministre, sous la houlette du Président de la République.

    Je suis convaincu que nous allons faire du bon travail.

    Aujourd’hui, à Bordeaux : comité des grands projets de l’agglomération. Je mettrai l’accent sur Bordeaux Euratlantique bien sûr, mais aussi sur la mise à deux fois trois voies de la rocade et sur le grand contournement ferroviaire de Bordeaux.

    Mais aussi la Journée internationale de la lutte contre la violence faite aux femmes. Il faut faire cesser ce scandale.

    Il donne vraiment l’impression du petit garçon pris les doigts dans le pot de confiture et qui cherche à se justifier, c’est touchant. Ceci dit il est bien gentil mais il a déjà deux casquettes incompatibles à porter, alors par pitié qu’il évite de perdre trop de temps sur son blog pour y écrire des enfantillages pareils.

    …Mais aussi la Journée internationale de la lutte contre la violence faite aux femmes. Il faut faire cesser ce scandale.

    Et bla-bla-bla…

  • Jargonnage médiatique

    Les journalistes et soi-disant analystes politiques qualifient le nouveau gouvernement d’équipe de campagne pour les élections de 2012. On ne sait pas trop bien ce que cela veut dire mais l’expression présente bien alors elle est reprise par tous. Connaît-on beaucoup de gouvernements de la Vème République qui ne cherche pas à gagner les prochaines élections ?

  • La Corée du nord s’amuse

    Le cinglé de Pyongyang s’amuse et se paye un carton sur une ile contesté à la Corée du Sud. Un petit barrage d’artillerie de nuit qui fait quatre morts et il retourne se consacrer à sa succession dynastique. Il serait capable de nous déclencher une guerre mondiale juste pour s’amuser celui-là.

  • Goldfrapp – 2010/11/22 – Paris le Trianon

    Goldfrapp au Trianon ce soir, ambiance disco pour musique électro. Une grande coupole argentée est posée debout en fond de scène par laquelle les artistes entrent sur scène, une espèce de pupille géante stylée James Bond. Les musiciens sont habillés façon Abba année 70’s et accueillent Alysson, un ouragan de blondeur, vêtue d’un blouson à fanfreluches synthétiques noires dont elle jouera le show durant devant ses ventilateurs.

    La musique est définitivement électro et binaire, dansante et rétro, mais on aime. Goldfrapp recyclé disco s’en donne à cœur joie, froufrous et nylon, brillant et doré. Une batteuse costaud frappe sur ses caisses à faire trembler la salle, la claviériste manipule ses machines et chante pour accompagner Alysson qui se lance dans de délirantes vocalises retraitées par l’électronique, qui rebondissent sur les balcons du Trianon tout en joie. Un multi-instrumentiste à tête de Jésus exfiltré d’une communauté de babas à Goa, assure les arrières avec un redoutable bassiste.

    C’est simple, propret et bien enlevé ; le show défile sans heurt. Grimée en Marlène bionique Alysson assure le devant de la scène et nous offre un retour vers le passé avec une musique calibrée danse. Chaque nouveau disque de ce groupe (en fait un duo Alysson Goldfrapp et Will Gregory [qui ne se produit plus sur scène]) est surprenant et d’une ambiance changeant du tout ou tout. C’est leur marque de fabrique.

    Pour le rappel Alysson a remplacé son blouson nylon par un improbable vêtement en gaze blanche qui se rapproche plus de l’abat-jour que du costume… Elle interprète Lovely Head (extrait de son premier disque, 10 ans déjà) pour lequel deux micros sont disposés sur scène dont l’un utilisé pour d’incroyables déchaînements vocaux pour les refrains, dignes d’une La Callas synthétique. C’est Goldfrapp, une voix, de l’originalité et un look, les parfaits ingrédients pour une bonne soirée parisienne, délicieusement désuète, adorablement démodée, joyeusement inutile mais immanquablement tendance.

    Set list : Voicething @Tape[intro]/ Crystalline Green/ You Never Know/ Dreaming/ Head First/ Number 1/ Alive/ Rocket/ Believer/ Shiny and Warm/ Train/ Ride a White Horse/ Ooh La La

    Encore : Black Cherry/ Little Bird/ Lovely Head/ Strict Machine