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  • Un ministre mal informé

    Juppé-le-raide-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville n’a pas la chance : à peine réintégré dans les ors des palais de la République le voilà rattrapé par l’affaire des sous-marins vendus au Pakistan et dont le contrat de vente aurait donné lieu à d’illégales rétro-commissions dont on ne sait pas encore bien à qui elles ont profité. Il se trouve que Juppé était l’époque ministre des affaires étrangères. Il a affirmé sans rire ce midi sur Canal+ qu’à ce poste il n’a pas du tout été impliqué dans ce contrat.

    On ne connait pas bien le fonctionnement de l’administration française mais sans très bien pourquoi on imagine toutefois que lorsque l’industrie publique française s’apprête à vendre des sous-marins à un pays comme le Pakistan, toujours entre deux guerres et trois actions terroristes, il y quelqu’un dans le dispositif qui s’avise tout de même de demander son avis au ministre des affaires étrangères !

  • Un homme dépassé par les siens

    Patrick Devedjian explique dans Le Monde comment il a été battu aux élections de la fédération UMP des Hauts de Seine, département dont il reste (pour le moment) président du conseil général : son récit montre des pratiques signes d’une république bananière, qui auraient été déployées contre lui à l’instigation de l’Elysée suite à son faible soutien au fiston Sarkozy lors de l’épisode déplorable de sa tentative de prise de l’EPAD, l’établissement public gérant le quartier de La Défense.

    Devedjian publie un post sur son blog :

    Election du nouveau président de la Fédération UMP des Hauts-de-Seine

    Ce soir, le comité départemental a élu Jean-Jacques Guillet à sa tête.

    Je remercie les 180 personnes qui ont voté pour moi, et je salue leur courage car je connais dans le détail les conditions dans lesquelles s’est déroulé ce scrutin. Jean-Jacques Guillet a proclamé son attachement à la démocratie. Je le suis également.

    D’autant plus que j’ai été élu à Antony contre la fraude communiste.

    Je remercie également tous ceux qui m’ont dit qu’ils voteraient pour moi mais qui ne l’ont pas fait. Je préfère avoir moins d’amis mais des amis valeureux, que beaucoup d’amis qui se couchent au premier coup de vent.

    Je félicite Jean-Jacques Guillet. Il a désormais la lourde tâche de conduire l’UMP départementale aux prochaines échéances électorales. Les cantonales dans moins de cinq mois : elles seront difficiles. Puis les sénatoriales. Enfin l’élection présidentielle.

    Quant à moi, je vais pouvoir me consacrer au Conseil général et à mon élection cantonale. Et profiter aussi de ma liberté retrouvée.

    Publié le lundi, 15 novembre 2010 à 23h26Catégorie : Pensées libres

    Le garçon est amer, on le comprend si ce qu’il dit est vrai, ce qui n’est pas sûr. Il est né en 1944 ce qui doit lui faire dans les 66 ans, il va falloir songer à décrocher.

  • L’étrange commerce des armes

    On apprend par deux anciens ministres, Millon et Galouzeau de Villepin, que pèsent de très forts soupçons de rétro-commissions dans les contrats de vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Comme ils étaient aux affaires à l’époque, ils doivent savoir de quoi ils parlent.

    Une rétro-commission cela signifie que les vendeurs (les entreprises françaises) versent des commissions à des bénéficiaires pakistanais liés aux acheteurs, qui en reversent ensuite une partie à des bénéficiaires français, généralement des partis politiques qui contournent ainsi les limitations légales sur le financement des partis en France. A la fin de l’histoire, des entreprises françaises versent donc des commissions à des bénéficiaires français, et comme l’argent vient du Pakistan ou d’ailleurs, ni vu ni connu et le tour est joué. Mais dans le cas d’espèce il y a eu des morts : des personnels français qui travaillaient sur place à la construction des sous-marins et qui ont explosé dans leur bus suite à une bombe qui aurait pu y être déposée du fait de l’arrêt du versement desdites commissions…

    Qu’il faille verser des commissions à des acheteurs étrangrs pour emporter des contrats de vente d’armes, ne n’est pas très gai et c’est illégal au terme des règles internationales (OCDE, ONU, etc.) mais soit, cela vient augmenter le prix de revient des matériels considérés. En revanche qu’une partie de ces commissions reviennent dans le pays vendeur, la France en l’occurrence, ça ce n’est pas bien du tout. Comment justifier que des partis politiques français (si ce sont bien des partis, mais encore pire si ce sont des individus) perçoivent des commissions sur des ventes d’armes à des pays en développement ? C’est illégal, immoral et doit donc être sanctionné. Que la justice passe !

  • Juppé ne sait pas se décider

    Juppé-le-raide-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville déserte son nouveau ministère parisien de la défense pour se rendre dans un hôpital de Bordeaux y visiter un gamin qui s’est immolé par le feu dans la cour de son lycée. Vu l’impact de cette visite sur la guérison du gamin n’importe quel adjoint au maire aurait sans doute fait aussi bien mais le narcissisme médiatique de la caste potiticarde est tel que, bien qu’ayant fui la mairie de Bordeaux pout endosser un costume de ministre, Juppé-le-raide-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville ne peut pas s’empêcher d’aller parader devant les médias bordelais à l’occasion de cet évènement dramatique.

    Pendant ce temps, ses dossiers urgents auront sans doute été traités par son administration qui aura fait aussi bien que s’il avait été présent.

  • Bruce for ever

    Bruce for ever

    Bruce Springsteen (The Boss) ressort In the darkness of the edge of town avec coffret, DVD et tout le tra-la-la. Mon Dieu, In the darkness…, l’un des enregistrements les plus fabuleux de toute l’histoire de l’Humanité, sans doute le disque le plus essentiel du Rock ‘n’Roll ! 1978, j’ai vu la tournée de Darkness à Boulogne si ma mémoire est bonne, une immense découverte pour les petits parisiens que nous étions, trois heures de show, l’Amérique qui débarque sur les bords de Seine avec son folk, son électricité et son désespoir, et un déchaînement d’énergie. Badlands, Candy’s room, Born to run… un souffle, un ouragan, une vision. Inoubliable.

    Talk about a dream, try to make it real
    You wake up in the night with a fear so real
    You spend your life waiting for a moment that just don’t come
    Well, don’t waste your time waiting
    Badlands, you gotta live it everyday
    Let the broken hearts stand as the price you’ve gotta pay
    We’ll keep pushin’ till it’s understood
    And these badlands start treating us good

  • Juppé change d’avis

    Juppé-le-raide (comme un passe-lacet) explique ce matin à ses administrés bordelais qu’il leur a menti il y a deux ans quand il a promis de se consacrer à 100% à leur ville dont il est maire, mais que le contexte a changé et patati et patata mais qu’il ne quitte pas Bordeaux dont il reste le maire. Et c’est bien ça le problème, c’est qu’il va continuer à porter les deux casquettes de maire et de ministre alors que l’on sait bien que ce n’est pas sérieux d’imaginer pouvoir bien faire les deux jobs en même temps.

    Comment ce garçon, plutôt sympathique par ailleurs bien qu’imbuvable pour la majorité des Français, assume-t-il une telle escroquerie intellectuelle ? Il pourrait au moins faire un effort, démissionner de son poste de maire et rester conseiller municipal par exemple ! Mais non, il s’estime irremplaçable et préfère se parjurer plutôt que de respecter ses engagements moraux. Pourtant, à 65 ans il aurait pu faire preuve d’un peu de noblesse, il n’a plus grand-chose à perdre, juste de la considération à gagner. Tant pis, il a laissé passer sa chance cette fois-ci encore.

  • Coup de balai et immobilisme

    Communiqué de la présidence de la République du 13/11/2010

    En application de l’article 8 de la Constitution, M. François FILLON a présenté au président de la République la démission du gouvernement.
    Le président de la République a accepté cette démission et a ainsi mis fin aux fonctions de M. François FILLON.

    Communiqué de la présidence de la République du 14/11/2010

    Nomination de M. François FILLON, Premier ministre

    En application de l’article 8 de la Constitution, le président de la République a nommé M. François FILLON, Premier ministre.
    Le président de la République a demandé au Premier ministre de lui proposer un nouveau gouvernement.

    Il semble donc que François Fillon remplace François Fillon !

    Le gouvernement est nommé à 20h15 après que les journalistes ont passé leur journée devant Matignon et l’Elysée à grands coups d’envoyés spéciaux et d’émissions politiques, à tirer des plans sur la comète pour anticiper ce gouvernement. Beaucoup de salive dépensée pour rien et nombre de questions imbéciles assénées par les plumitifs en mal de prévision. Il suffisait d’attendre 20h15, ce que d’ailleurs ont plus ou moins fait les Français globalement fort peu intéressés par ce battage médiatico-mondain.

    Le principal enseignement est que la coupe de cheveux influe peu sur les choix politiques (bonne nouvelle) : alors que le malheureux Borloo a dû passer des heures chez son coiffeur pour aplanir ses boucles rebelles, il n’est pas retenu comme premier ministre (et rejeté par les sondages où il apparaît comme peu sérieux, du coup il quitte le gouvernement), alors que Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP-aux-cheveux-longs-et-gras fait son entrée comme sous-ministre chargé du commerce et de deux-trois babioles additionnelles où il va mélanger sa chevelure filasse à ses dossiers.

    Deuxième leçon, Juppé-le-raide, 65 ans, nous joue le retour n°2 ou 3 après nous avoir fait à plusieurs reprises la tentation de Venise, dégoûté par la politique et découragé par son rejet par le peuple. Il faut dire que le garçon est brillant mais imbuvable, et aussi qu’il en a bavé des ronds de chapeaux en se faisant notamment condamner par la justice pénale pour des histoires de financement illégal du RPR en protégeant dignement et avec abnégation son patron Chirac, qui depuis s’est fait la belle et est sorti indemne de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris après transaction avec le maire actuel. Juju-le-raide, donc, découragé mais n’ayant toujours pas renoncé ne résiste pas une nouvelle fois à l’attrait des palais du pouvoir et se laisse encore bercer par ses illusions. Il doit tellement s’ennuyer sur son blog à la mairie de Bordeaux qu’il voit encore son destin national se profiler à l’horizon et saute dessus tel Bigeard sur Dien bien Phu : pas d’espoir, mais il faut en être quand on est un bon soldat et, qui sait, gagner quelques médailles. Mon Juju, tu vas encore trahir tes électeurs bordelais à qui tu as promis de te consacrer à 100% à votre bonne vieille ville de Bordeaux, pour te brûler les ailes sur la braise des élections nationales. Tu n’as jamais fait rêver les électeurs en leur racontant les bobards qu’ils veulent entendre, alors ils ne votent pas pour toi. C’est ainsi, ne croit pas une seconde que les choses aient changé.

    Troisième leçon, la MAM (Michèle Alliot-Marie) qui n’a toujours pas dégorgé le parapluie qu’elle a avalé il y a plusieurs décennies, se collète un nouveau ministère de prestige alors qu’on l’a trouvée plutôt inexistante sur les deux précédents. Mais quelle peut bien être la capacité de nuisance de cette femme pour qu’elle soit de tous les gouvernements depuis l’équipe Raffarin en 2002 ?

  • SMITH Patti, ‘Just Kids’.

    Sortie : 2010, Chez : Denoël.

    Patti Smith dont on connaît l’amour-amitié partagé tout une vie avec Robert Mapplethorpe (qui a composé quelques-unes des plus belles photos des pochettes des disques de Patti) lui a promis sur son lit de mort qu’un jour elle écrirait leur histoire. Ce jour est venu et le résultat est un livre émouvant écrit avec beaucoup de tendresse et de subtilité, retraçant leurs années new-yorkaises alors que jeunes artistes ils fondaient leur inspiration sur leur amour et traçaient leur vocation dans ce New-York des année 60-70 qui a enfanté une culture Rock’n’roll qui continue d’irriguer les veines des gens de ma génération.

    Patti est poète et dessinatrice, Robert compose des collages dessins-photos. Elle deviendra la rockeuse que l’on sait réussissant la fusion du rock et de la poésie, il deviendra un photographe mondialement connu. Le livre racontent comment à force d’inspiration et de conviction dans leur destin artistique ils ont ensemble vaincu les fins de mois difficiles, les partis-pris de l’establishment et accompli leur rêve : une vie consacrée à l’art et à la création.

    L’épisode Chelsea Hotel est foisonnant de rencontres (Janis Joplin, Jimmy Hendrix, Susan Sontag, Bob Dylan, Todd Rundgren, Lou Reed, Allen Ginsberg et bien d’autres) et vertigineux de tous les possibles. Patti raconte ses premiers concerts au CBGB et au Max’s Kansas. Mais toujours fidèles à leur romantique promesse des premières années de se suivre et s’aimer, même lorsque la vie et leurs choix les sépareront, ils resteront comme deux jumeaux. Robert va mourir du sida en 1989 et Patti l’accompagner dans son agonie. Il en reste une très bouleversante et productive relation artistique et amoureuse, et ce livre exceptionnel et nostalgique.

  • Production littéraire au PS

    Le Parti Socialiste sort un texte intitulé Convention pour l’égalité réelleinitié par Benoît Hamon, adopté par le conseil national du PS et présenté maintenant au vote des militants. Le document est un condensé d’idées généreuses, on y parle pêle-mêle d’un nouveau pacte éducatif, d’un service éducatif de la petite enfance, de protéger l’enfance en danger ou d’accompagner la parentalité, de faire de l’orientation un temps d’émancipation, d’un dispositif nouvelle chance, du droit pour tous à des mobilités sécurisées, d’un rendez-vous national annuel sur les salaires, etc. etc.

    Et pour financer tout ceci un grand impôt citoyen fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, le renforcement de la fiscalité sur le patrimoine et de l’impôt sur les sociétés qui versent les dividendes les plus élevés plutôt que de réinvestir.

    On s’attaque aussi au secteur du logement, à la revitalisation du monde rural, à l’égal accès à la civilisation numérique. Bien entendu on renforce l’égalité professionnelle, la pleine citoyenneté des femmes, on réinvestit le champ de l’accès à la vie de la cité, on rétablit l’égalité des Français face à la santé, on reconquiert une prise en charge solidaire des dépenses de santé,

    Ce n’est plus un programme politique du style demain on rase gratis, c’est le règlement intérieur du Paradis ! Du financement de ces actions il n’est point question au-delà de l’impôt fusionné. L’utopie de devrait pas exclure le sérieux à défaut d’intégrer le raisonnable.

  • Pauvre Italie

    L’Italie continue à vivre à l’ombre des perversions sexuelles et des clowneries de son premier ministre Berlusconi. C’est assez incroyable le niveau de bassesse et de vulgarité que cet homme inspire. A la tête d’un gouvernement de notre vieille Europe il s’affiche avec des prostituées mineures dans des soirées fines organisées chez lui, et s’en glorifie. On n’ose pas imaginer le cynisme qui doit l’animer lorsqu’il gère les affaires de l’Etat.

    Comment l’Italie pétrie de culture et d’Histoire peut-elle s’affubler d’un tel mauvais garçon comme dirigeant ? Et comment peut-il être réélu avec autant de régularité depuis des années. On a pour habitude ici de dire que l’on a les dirigeants que l’on mérite, et là, au pays de Casanova, on ne saurait mieux dire. Berlusconi ferait passer Sarkozy pour un garçon cultivé et bien élevé mais le peuple italien ne semble pas choqué par ses comportements et vantardises, et la cote de popularité reste au firmament. De blagues sexistes en nominations de pinups à des postes politiques, en passant par les télévisions trash propriété de l’impétrant, l’Italie poursuit sa route vers le néant. La décadence de nos anciennes puissances continentales ne connaît plus de limite… Jusqu’où irons-nous ?

  • Les pleureuses de la niche fiscale

    C’est toujours la même rengaine : tout le monde est d’accord pour supprimer les niches fiscales, mais surtout en commençant par celles dont bénéficient les voisins. Maintenant c’est l’avantage fiscal attribué aux jeunes mariés l’année de leur mariage qui est supprimé et aussitôt la cohorte des pleureuses se déchaîne pour expliquer que cette niche fiscale est vitale pour la politique de la famille en France, et patati et patata. On a tout de même en tête que l’institution du mariage en France n’est pas guidée uniquement par la fiscalité, mais peut-être se trompe-t-on ?

    Si nous ne sommes pas capables de raboter cet avantage fiscal, nous ne sommes pas sortis de l’auberge pour rembourser les 1 500 milliards d’euros de la dette que nous laissons à nos enfants. Donc sus aux jeunes mariés ; qu’ils payent l’impôt normalement l’année de leur union, ni plus mais ni moins que les autres citoyens et n’en parlons plus.

  • L’aveu

    Didier Le Reste, responsable CGT, section transports, qui « agrémente » tant la vie des usagers des transport en commun, admet devant la presse qu’il partira à la retraite à 55 ans avec une pension de 2 300 EUR nette. C’est intéressant car c’est sensiblement plus tôt et mieux que la moyenne française. Bien entendu ses adversaires se précipitent sur ce point pour crier contre les donneurs de leçons privilégiés. C’est facile et ça fait plaisir… mais cela ne règle pas les vrais problèmes. S’il avait fallu que tous les privilégiés en France se taisent il n’y aurait pas eu beaucoup de réformes, et tout particulièrement en 1968 d’ailleurs.

  • Haïti à Paris

    L’école de la rue de la Tombe Issoire redécorée des ruines d’Haïti pour rappeler la triste situation de ce pays martyrisé par l’Histoire et la nature.
  • La République n’a-t-elle rien de mieux à faire ?

    Des états généraux du fouteballe se sont tenus à Paris durant deux jours fin octobre. On va peut-être travailler plus longtemps avec un âge de la retraite repoussé mais au moins nous voilà rassurés sur le fait que la République se préoccupe du « … rôle social et citoyen du football » et que les travaux de cette assemblée ont « …donné lieu à des recommandations innovantes, concrètes, cohérentes. » comme l’indique le communiqué de la sous-ministre des sports Rama Yade.Ouf !

    Lire aussi : Etats généraux du football français

  • Une première étape nécessaire

    Le drapeau de la Nouvelle Calédonie flotte désormais à côté du drapeau français dans les communes de ces iles. C’est bien, une nouvelle marche vers l’incontournable indépendance de ce confetti de l’empire, qui s’y achemine avec une relative sérénité après des années sanglantes. Il y eut une paix des braves après les excès de deux parties, et bien des morts. Puissent les autres confettis s’inspirer de cette noble évolution.

  • Lloyd Cole – 2010/11/05 – Paris l’Alhambra

    Llyod Cole nous revient à Paris avec un nouveau disque Broken Record, mais toujours autant de subtilité, de brio, de talent et cette petite touche d’humour british qui fait tout passer avec douceur et élégance.

    Son disque a été produit avec l’aide financière des internautes visiteur de www.lloydcole.com et sans doute beaucoup de persévérance. Enregistré à New York, on y retrouve un groupe relativement classique et électrique, et toujours cette voix enchanteresse. Sur scène, alors que l’an passé il s’était présenté solitaire, il est cette fois-ci accompagné de son small ensemble, deux guitaristes folk qui encadrent Llyod avec beaucoup d’efficacité et de discrétion.

    Le concert est un monument de romantisme et de poésie, comme un thé Darjeeling partagé dans un manoir britannique au coin d’un feu violent brûlant dans une vaste cheminée aux armes de la Reine. C’est le résumé sur soixante minutes d’une vie consacrée à l’art et la musique : chaque année l’expérience s’approfondit et l’intensité poétique s’accroît. Tout n’est que tact et nostalgie, si bien résumé par If I were a song : What if I was just a song?/ Words on a page to sing – a song/ What if my essence was pure/ Pure mathematics no more/ Than a romance from a store?/ Would you still cry when I played?/ Would you still turn to me for the pain/ If I were just a song?

    Le show est ponctué d’une courte pose pour laquelle Lloyd recommande d’aller fumer une cigarette et d’acheter son disque à vendre à coté du bar, ce que nous ferons bien entendu avant de replonger avec délice dans cette broken musique : But we already sang that song/ and she’s already gone, gone, gone/ and we’re starting to sound like a broken record/ Broken promises/ Broken dreams/ Broken marriages/ Broken rings.

    Lloyd Cole nous brise le cœur mais de façon si charmante et légère ! Sa musique dépose subrepticement dans nos âmes une tristesse surannée qui nous fera attendre avec sérénité ses futures étapes. A l’année prochaine Mister Lloyd !

  • Amy Macdonald – 2010/11/04 – Paris le Zénith

    Amy Macdonald – 2010/11/04 – Paris le Zénith

    Amy Macdonald lance son European arena tour au Zénith de Paris. Le succès aidant, les choses sont conçues en un peu plus grand : la salle tout d’abord (pas complètement remplie il me semble), le groupe qui compte un sixième musicien (guitare et claviers) et le décorum en une espèce d’arche en milieu de scène encadrant le vaste écran du fond, sur l’une et l’un seront projetées des images peu originales. L’assemblée attend sagement son héroïne, l’âge moyen n’est pas bien élevé.

    Le groupe entre en scène pour démarrer An ordinary life avant qu’Amy ne rejoigne son petit monde, montée sur ses hauts talons, habillée d’une jolie robe à motifs bleus, nouvelle coiffure choucroutienne, toujours maquillée comme une voiture volée, des yeux bleus de glace, on pourrait croire à une présentatrice de TF1, mais dès qu’elle s’empare de sa guitare folk et se rapproche du micro, la magie se fait et le plomb se transforme en or.

    Une voix chaude à peine marquée par les pompes saccadées imprimées à sa guitare rythmique, elle emmène son groupe sur des compositions toujours délicates. Ils joueront les deux disques aujourd’hui disponibles : This is the life un vrai succès d’estime qui a lancé la Miss, et A curious Thing un succès commercial non démenti semble-t-il.

    Amy affiche toujours un peu de distance, mais laisse parler son cœur lorsqu’elle joue. Qu’elle s’époumone comme une cantatrice sur Run, qu’elle nous envoute de sa voix caressante sur les accords mineurs de Trouble soul ou qu’elle se retire du devant de la scène pour martyriser sa guitare, les lèvres pincées, légèrement penchée en arrière comme pour mieux laisser son bras droit mouliner ses cordes ; elle nous charme toujours par une touchante sincérité et des mélodies folk désarmantes de simplicité qui vont droit à l’âme.

    Et lorsqu’elle qu’elle introduit This is the life en nous rappelant qu’elle a écrit cette chanson à 17 ans sans jamais imaginer qu’elle serait un jour n°1 dans plus de dix pays, on est ému avec elle et on prend encore un immense plaisir à écouter une énième fois cette entraînante comptine : And you’re singing the songs/ Thinking this is the life/ And you wake up in the morning and your head feels twice the size/ Where you gonna go?

    Le rappel est démarré sur une très belle reprise de Born to run de Springsteen, manifestement l’un des inspirateur d’Amy qui jouait jusqu’ici Dancing in the dark et se termine sur le classique Let’s start a band.

    Tout ceci est bien sage et bien rangé. Même si Paul Weller (ex-The Jam) a participé au dernier disque, on y sent guère de révolte, mais plutôt les tourments d’une adolescente inspirée qui devient adulte et dont la musique est le viatique. On aurait tort de s’en priver, en espérant que ce talent déjà bien né puisse évoluer naturellement vers la maturité et encore nous surprendre.

  • Michel Rocard : une perpétuelle occasion manquée

    Michel Rocard sur France Culture ce matin pour parler de son livre Si ça vous amuse. Un homme d’Etat, modeste, mesuré, compétent, un de ceux que les Français ne savent pas élire au pouvoir suprême. Dommage !

  • Décadence et arrogance

    L’affaire Mamy Bettencourt continue d’étaler les compromis de la République et la collusion de son personnel rémunéré par le contribuable. Des services de police ont accès à des factures téléphoniques sans qu’une procédure judiciaire leur en donne le droit ; des journalistes sont cambriolés avec disparition d’ordinateurs ; un maître d’hôtel enregistre les conversations de Mamy et les passe à l’avocat de la fille ; un haut-fonctionnaire de la Justice balance à la presse ; un procureur s’écharpe avec une juge ; un avocat de circonstance (Kiejman) ancien ministre, accuse ses confrères de complot et se répand en insultes contre une juge :

    « On fait un contrôle régulier des chauffeurs routiers, pourquoi ne fait-on pas un contrôle psychologique des magistrats ? […] Le ministère de la Justice s’honorerait en lui offrant une année de congé sabbatique qui lui permettrait de se calmer. Quand vous la voyez maintenant avec son rouge à lèvres et son brushing… Elle a pris du poids, ce qui la rend plus humaine. Mme Prévost-Desprez, c’est l’ange exterminateur. »

    et bien sûr on a droit à un volet de financement de partis politique.

    Faux-jetonnerie, délinquance, copinage, cynisme, intimidation, fraude fiscale, relations incestueuses presse-politique : tous les ingrédients d’une affaire à la française. Tout ceci donne un arrière-goût de république bananière. Eh bien que la Justice passe !

  • Coe Jonathan, ‘La pluie avant qu’elle tombe’.

    Sortie : 2007, Chez : Folio 5050. Une vieille dame enregistre un dernier témoignage avant de se donner la mort. Elle parle pour décrire vingt photos, quarante années de vie, à une jeune femme aveugle afin qu’elle ne perde pas la mémoire visuelle de ces tranches de vie auxquelles elles ont été mêlées, douloureusement. Ces photos sont l’occasion de revenir sur des années où des destins se sont entremêlés, se sont combattus mais parfois retrouvés. Le style est émouvant, comme l’histoire, humaine, tout simplement.