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  • Sophie Calle « Rachel, Monique » au Palais de Tokyo

    Sophie Calle exposée dans un Palais de Tokyo en plein travaux, au milieu des gravats et des fers à béton : toujours aussi déjantée elle a installé une caméra dans la chambre d’agonie de sa mère pour être là au moment ultime si jamais elle n’y était pas. Lorsqu’elle a monté son installation, sa mère qui lui avait toujours reproché de ne pas être présente dans son œuvre a dit « enfin ! »

    Une maman qui avait l’air également sacrément originale et qui a organisé ses derniers jours en écoutant Mozart, en écrivant un dernier poème, en allant voir la mer une dernière fois avec Sophie, en inventant son épitaphe : « je m’ennuie déjà » tout en constatant « c’est la première fois que je ne suis pas impatiente. » Ses derniers mots furent « ne vous faites pas de souci. » Alors Sophie brode sur le mot souci recréé sous toutes ses formes sous le béton gris du Palais.

    Le film de ses derniers instants est montré : gros plan sur une bonne tête de Maman aux cheveux gris sur un oreiller à fleurs. La dernière seconde est insaisissable après un dernier sourire, mais le pitch du film nous indique ce calendrier mortifère alors on le croit, sans être bien sûr de reconnaître ni le sourire qui affleure, ni la vie qui s’en va.

    Sa mère voulait voir le pôle alors Sophie, plus tard, y enfouira sous la neige sa bague en diamant, un collier et une photo, sujet d’une nouvelle mise en scène filmée exposée un peu plus loin.

    Sophie Calle poursuit son étrange parcours fondé sur l’observation d’elle-même au milieu du Monde et tente de répondre à des questions la concernant que les gens « normaux » ne se posent pas sur eux-mêmes. Le résultat en est une œuvre qui se déroule étape par étape aux yeux de tous. Fascinante !

  • L’agitation comme mode de fonctionnement

    La presse et les mondains du microcosme bruissent de pronostics sur les futurs élus et bannis du prochain remaniement ministériel annoncé avec tambours et trompettes par Sarkozy l’agité il y a déjà plusieurs mois. Comme dans l’entreprise, les jobs au gouvernement deviennent précaires. Afin de motiver les foules, on leur annonce quelques mois à l’avance l’arrivée d’un plan social, ça ramène un peu d’humilité au sein de la classe et permet de rappeler que personne n’est indispensable.

    On annonce Borloo comme premier ministre, ou un autre. On ne sait pas bien ce qu’il fera de mieux ou de pire que l’actuel tenancier de l’hôtel de Matignon. D’ailleurs on ne dit pas pourquoi on change le gouvernement ni la politique qu’il sera demandé d’appliquer au suivant, mais on change. C’est comme dans l’entreprise vous dis-je : l’agitation est érigée en mode de fonctionnement !

  • Gorges Frèche à Shanghai

    Je suis à Shanghai, Nanjing Road, une espèce de rue de la Paix en buildings peuplée de boutiques de luxe dédiées à toutes les marques bling-bling de la planète (surtout occidentales d’ailleurs). Devant les devantures Rolex, de vieux chinois vendent des fausses Piaget.

    Le Shanghai Daily célèbre le 60ème anniversaire de la guerre de Corée où l’indéfectible amitié entre les peuples chinois et coréen a permis la victoire contre l’envahisseur américain… Hum, hum, je ne sais pas bien si l’on peut vraiment parler de victoire mais un général chinois trône fièrement sur la photo entre Kim Jong-Il (le Cher Dirigeant) et son fiston Kim Jung-Un promis également à un grand avenir.

    On y découvre aussi une interview de Georges Frèche qui était en Chine encore quelques jours avant sa crise cardiaque fatale, où il visitait sa fille qui y fait ses études. Sinophile et sans doute, comme bien d’autres, ex-Mao reconverti au PS avec le fracas que l’on sait, Frèche y détaille son projet d’ajouter les statuts de Mao et Deng Xiaoping aux cinq statuts de bronze « des grands hommes du XXème siècle » où se côtoient déjà sur une place de Montpellier Jaurès, Lénine, de Gaulle, Churchill et Roosevelt. Il n’est pas bien sûr que ce projet survive à son bruyant initiateur…

  • L’abrutissement des masses par la publicité

    L’abrutissement des masses par la publicité

    Avez-vous entendu la pub institutionnelle qui envahit les ondes publiques comme commerciales, ânonnant « merci pour votre don ça nous aide vraiment » trois fois de suite comme sur un disque rayé ? Cette réclame est hautement urticante bien qu’éminemment sympathique dans le fond. Pourrait-on tester un jour une campagne qui s’adresserait à des gens normalement intelligents et non des débiles mentaux ? Il n’est pas sûr qu’elle ait moins de retentissement. Mais il faudrait au moins que les soi-disant créatifs des agences de communication fassent l’essai ce qui ne semble pas très bien parti si l’on en juge le retour des deux crétins de la MatMut qui sont également revenus pour leur campagne de l’hiver 2010 terriblement débilitante. Charlie Hebdo de cette semaine propose d’échanger ces deux demeurés contre nos otages en Afghanistan ! Encore un bon point pour Charlie.

  • Lady Gaga renonce

    Lady Gaga annule son concert ce soir, en principe reporté à décembre, pour cause de grèves en France qui pourraient gêner sa logistique. Elle publie sur son site :

    As a result of the logistical difficulties due to the strikes in France, Live Nation today announced that the Lady Gaga performances in Paris at Bercy previously scheduled for this Friday and Saturday 22 & 23 October are postponed until 19 & 20 December, 2010.
    Unfortunately, as there is no certainty that the trucks can make it to the Bercy for this weekend’s shows, the Lady Gaga performances are now postponed.  The December 19th concert will replace the 22-October show and December 20th concert will replace the 23-October performance.
    Fans with tickets to the rescheduled shows must exchange their tickets or claim for refund from now through November 14th at their point of purchase. Tickets dated October 22 and 23 will not be valid at the new dates.
    Lady Gaga apologizes to her fans for any inconvenience.

    Nous devrions pouvoir attendre son retour en décembre sans trop d’impatience.

  • Bla-bla-bla marketing consumérist

    La caissière chez Simply Market m’explique que ma carte de fidélité n’est plus valable car un nouveau concept est désormais en vigueur : le concept Happy !

    – Ah, bien, et quel est le changement ?
    – Au lieu de vous déduire votre remise sur chaque achat, vous cumulez des Happy sur votre carte et on vous reverse un chèque au bout de 750 Happy.
    – Ah bon, intéressant, et comment procède-t-on ?
    – Vous devez valider votre nouvelle carte, reçue par courrier, sur le site web de Simply Market.

    Inutile de préciser que ce changement concept s’est accompagné d’un bouleversement dans le rangement des produits, qui eux bien entendus sont restés identiques. Ah oui j’oubliais, la couleur des T-shirts des caissières a également changé. On pourra noter que le cumul des points en lieu et place de leur déduction immédiate sur les achats favorisera la trésorerie du marchand.

    Je me rends donc sur le site Internet pour y valider ma nouvelle carte de fidélité. Au passage on me demande bien sûr de m’enregistrer et me voici fiché chez Simply Market…

    Le niveau d’abrutissement de ce site est significatif, peuplé de slogans dont je ne peux m’empêcher de restituer ici un florilège :

    – Soyons tous développement durable (c’est pas si dur)
    – Les + beaux fruits, les + beaux légumes, vous êtes dans le frais !
    – Un magasin sympa avec de l’espace et des couleurs
    – Une équipe vraiment à votre écoute
    – Le choix sans l’embarras du choix si, si ça existe !
    – Des prix bas, oui mais toute l’année !

    Les soi-disant créatifs de l’agence de publicité du coin ont dû lourdement facturer leur créativité sans fin pour créer ce nouveau concept. Depuis le consommateur un peu perdu cherche désespérément devant le stand des lessives, où est désormais rangé son fromage habituel. Mon Dieu, jusqu’où faut-il aller pour inciter à la consommation ?

  • Laetitia Shériff – 2010/10/12 – Paris le Batophar

    Soirée musique française au Batofar (pour 50 spectateurs) avec et dans l’ordre : les Stoned Popes, une bande de joyeux drilles qui jouent et s’amusent avec un groupe à la Kusturica, et We Only Said, un excellent groupe rennais alternatif de trois guitaristes et un batteur, rejoints par Laetitia Shériff qui les accompagnera pour quelques morceaux à la bass et un déchaînement de cordes et de boucles.

    Et puis Laetitia revient sur scène en solo avec une guitare baryton et quelques machines. Habillée d’un jean et d’une chemise à carreaux beiges, elle affiche toujours autant de subtilité et d’intériorisation pour l’expression de sa musique. La tonalité grave de sa guitare baryton donne l’ambiance : sombre et dépouillée. Les coups de médiator sonnent sur les cordes qui diffusent un son sec et cassant, le jeu est simple et marque le rythme dont le caractère obsédant est parfois accentué par des machines répétantes. Dans cet univers toujours troublant Laetitia pose une voix douce et assurée, elle sourit, les yeux fermés, et chante subrepticement. La fusion avec le rythme de la guitare est parfaite, c’est un mélange aigre-doux, une saveur sucrée-salée, la patte de Laetitia.

    En rappel, les We Only Said viennent lui rendre son invitation en montant sur scène. Et puis  pour une dernière apparition et retour sur une guitare électrique classique elle joue Baby Man, un petit joyau : Baby man/ In my arms/ Sleep tight/ You are allowed to cry/ I’m only a woman but I can cry/… I’m able to cry.

    Cette prestation solo était inattendue, elle est réussie. Le talent déborde quelque soit l’environnement dans lequel il s’exprime. Celui de Laetitia est incontestable

    Un concert pour 50 personnes, longue vie à ces artistes qui se battent pour survivre dans notre monde de brutes !

  • Morcheeba – 2010/10/11 – Paris le Bataclan

    Concert vanille, musique chair de poule, rythmes chaloupés : Morcheeba, ressuscité avec le retour de sa chanteuse fétiche Sye Edwards, a ébloui le Bataclan. Ce soir il n’était plus question de grève ou de retraite à 60 ans mais de vie éternelle à la lumière du romantisme soul des Morcheeba !

    Skye est revenue après huit années d’absence insuffler un charme à couper le souffle à la formation britannique. Elégante comme une Sade trip-hop, vêtue d’une de mousseline rouge avec une longue traîne finement attachée à ses poignets, elle en joue devant un ventilateur lorsqu’elle chante et se transforme en princesse du désert, en ondine des sables.

    Des frères Godfrey, créateurs du groupe, il ne reste que Ross aux guitares (mais Paul cosigne toujours les morceaux et figure sur la pochette). On dirait le marchand de journaux du coin de la rue, sous barbe et embonpoint, mais que l’on ne s’y trompe pas, c’est un guitariste d’exception et un mélodiste hors pair. Il jongle avec le manche de ses guitares avec virtuosité et à propos, heureux, comme le reste du groupe, d’offrir pour Skye l’écrin brillant où poser sa voix d’émeraude.

    Toute à ses vocalises et effets de mousseline, Skye fait sérieusement monter la température dans le public. Elle est troublante et joue avec habilité de son charme surnaturel. Elle chante avec un naturel désarmant et un talent qui semble inné. Elle est belle, puissante, libérée, elle développe une voix chaude, douce et violente, sur les saccades du trip-hop ou les mélopées du blues. On avait aimé Manda dans la formation 2008 mais Skye ajoute ici son âme black ce qui, pour chanter le blues, révèle d’insoupçonnés trésors de sensibilité.

    Ross délivre quelques solos de guitare redoutables et occupe le devant de la scène avec sa chanteuse. Il partage largement avec elle le succès d’estime et l’applaudimètre des spectateurs esbaudis par tant de talent.

    Entre les chansons, Skye papote beaucoup, partage son bonheur d’être sur scène, le shopping qu’elle a fait à Paris et, humant des vapeurs de marijuana, déclame que par décret des Morcheeba l’herbe est autorisée pour leurs concerts…

    Pour le rappel, le thermomètre et le taux d’humidité sont au plus haut, Skye oriente son ventilo vers le public et entame I Am The Spring avec Ross seul à la guitare folk : I am the spring/ Love is blossoming/ You take the fall/ And sacrifice/ I’ll cheer you u/. Fill your empty cup/ A weekend song/ On summer skies.

    Le concert est un triomphe. Un deuxième est prévu demain soir, déjà complet bien entendu.

    Set list : The Sea/ Friction/ Otherwise/ Never an Easy Way/ Even Though/ Part of the Process/ Blood Like Lemonade/ Slow Down/ Crimson/ Trigger Hippy/ Beat of the Drum/ Blindfold

    Encore : I Am The Spring/ Over & Over/ Be Yourself/ Rome Wasn’t Built In A Day

  • Rubens, Poussin et les peintres du XVIIème siècle au musée Jacquemart-André

    Rubens, Poussin et les peintres du XVIIème siècle au musée Jacquemart-André : des angelots grassouillets, des Vénus dodues, des paysages antiques, la Médicis entourée de pouvoir et de noirceur, des allégories à tous les étages ; la peinture de la vieille Europe qui s’influence et se concurrence au cœur des cours royales, de la France vers la Flandre en passant par l’Italie. Toute une époque !

  • Petit cours de fiscalité

    La condamnation judiciaire de Kerviel le trader-fraudeur permet à sa banque de déduire la perte réalisée de ses revenus imposables, ce qui lui évite de payer de l’impôt sur une perte. C’est une des bases de la fiscalité, il y a des revenus imposables et des dépenses déductibles, on paye l’impôt sur la différence. C’est le b-a-ba des déclarations fiscales, pour les particuliers comme les sociétés.

    M° Metzner, avocat du trader-fraudeur, justicier mondain des puissants, s’émeut de cette situation et accuse la Société Générale d’escroquerie au jugement parce que son préjudice n’aurait pas été de 4,9 milliards (le montant de la perte) mais de 4,9 milliards moins l’économie d’impôt dû à la déductibilité de cette perte. On se demande si ce pénaliste distingué ne devrait pas prendre quelques cours de comptabilité ? Quand M° Metzner défend un client, émet ses factures et que in-fine, le client ne le paye pas, il passe une perte dans son compte de résultat et cette perte sera déductible si ledit client a fait faillite. C’est ainsi. Qu’est-ce que propose M° Metzner : ne pas déduire les pertes des revenus imposables ? Pas de problème, il suffit de modifier la loi en ce sens.

  • Anarchie pas morte !

    Ploum, ploum, tra-la-la… anarchie vaincra
  • L’évolution du TOC

    Avez-vous noté de nouveau tic verbal qui envahit les écrans et les conversations ? Après le « On va dire… », on a maintenant le « Allez ! [silence] On va dire… »  qui se diffuse tel un virus informatique.

  • Les affaires de la République

    Eurostar qui assure la liaison vers Londres par le tunnel sous la manche choisit d’acheter ses prochaines rames chez Siemens plutôt que chez Alstom. Le gouvernement français s’émeut, oubliant au passage que la SNCF (compagnie publique détenue par l’Etat) détient 51% d’Eurostar et a donc approuvé ce changement de fournisseur, le gouvernement donc, explique que Siemens ne respecterait pas les règles de sécurité. Bon, la France qui fait des leçons de morale et de technique à l’industrie allemande il faut oser mais on a trouvé quelques ministres de la République pour le faire !

  • TF1 au banc des accusés

    Montebourg s’agite contre TF1 et accuse l’écran Bouygues d’être : « …une chaîne à tradition délinquante par rapport à ses obligations réglementaires. » S’en suit un échange de lettres plutôt acide entre le pédégé de TF1 et le député médiatique dont la dernière datée du 30 septembre où, grandiloquent comme souvent, il demande audit pédégé de présenter ses excuses « …à la France. »

    Lire aussi : la lettre de Montebourg.

    Les hommes politiques ne sont pas les derniers à utiliser le clientélisme avilissant des écrans cathodiques, mais dans le cas de TF1 on peut effectivement parler de délinquance pour atteinte grave et définitive à l’intelligence.

  • Les jeunes et les vieux

    Des lycéens manifestent contre la réforme des retraites en cours d’adoption par le Parlement. Ce sont ces enfants qui vont travailler pour payer les retraités des générations actives qui elles-mêmes travaillent pour leurs parents. C’est ce qu’on appelle la retraite par répartition.

    Il n’est pas bien certain que ces lycéens aient lu les rapports du Comité d’orientation des retraites (COR) mais on peut leur recommander très vivement d’y jeter un œil. Ils verront ainsi les charges que les générations actuellement en activité, impécunieuses et incapables de maîtriser la dépense publique, sont en train de transférer sur le dos de leurs enfants pour maintenir artificiellement leur niveau de vie d’aujourd’hui…  On s’attendrait plutôt à ce que ces gamins lancent des contre-manifestations pour exiger le plus tôt possible l’augmentation de l’âge de départ en retraite des actifs d’aujourd’hui pour limiter ce qu’ils auront à financer eux-mêmes le jour où ils seront sur le marché du travail.

  • Les aventures du trader-fraudeur

    Kerviel, le trader-fraudeur qui a fait perdre 5 milliards d’euro à son employeur banquier, a été reconnu coupable, condamné à 5 ans de prison dont 3 fermes et à 5 milliards de dommages et intérêts. Il est qualifié d’ « …unique concepteur, initiateur et réalisateur du système de fraude… Par son action délibérée, il a mis en péril la solvabilité de la banque, qui employait 140 000 personnes… » etc. La banque est blanchie et beaucoup s’en émeuvent autour des machines à café et sur les médias.

    Kerviel voudrait passer pour un Robin des Bois alors que la Justice lui a taillé un costard d’escroc. Il continue à bénéficier d’une incompréhensible indulgence des citoyens qui auraient voulu voir tomber Goliath face à David. La banque a été au pire complice, mais si tel est le cas, suffisamment maligne pour ne pas se laisser prendre, au mieux et plus probablement incompétente pour avoir laissé commettre une telle fraude par un employé, fut-il trader. L’incompétence n’est pas pénalement punissable, et heureusement car les prisons seraient encore plus surchargées qu’elles ne le sont aujourd’hui s’il fallait embastiller les incompétents. Donc la banque s’en sort.

    La Justice a-t-elle voulu faire un exemple ? Très certainement, et elle a pensé que la sanction ferait réfléchir les candidats traders-fraudeurs avant de commettre l’irréparable. Les 5 milliards de préjudice ne seront jamais payés certes. La Loi prévoit que tout salaire contient une partie non cessible, nombre de condamnés à des petits bidouillages divers le savent qui ne pourront jamais non plus s’acquitter de leurs dettes vis-à-vis de la société. Il s’agit ensuite d’organiser son insolvabilité pour limiter les prélèvements ; Bernard Tapie a pratiqué longtemps ce sport avant de se refaire sur le dos du contribuable.

    Donc Kerviel ne s’acquittera jamais de ces 5 milliards mais il conviendrait à tout le moins que s’il revient un jour à meilleure fortune il reverse une partie de ses gains.

  • L’Eglise toujours rebelle à la science

    La Vatican via son Académie pontificale pour la vie, (tout un programme), critique vertement l’attribution du prix Nobel de médecine au britannique Edwards, père de la fécondation in vitro. Evidemment, au-delà de la réelle querelle sur la marchandisation des embryons commercialisés dans certains pays comme les flacons d’eau bénite à Lourdes, l’Eglise voit s’atténuer le domaine du mystère de la vie sous les avancées de la science et perd ainsi une partie de son fonds de commerce. Comme il est peu probable qu’aucun prix Nobel ne remonte jusqu’à l’instant ultime où la vie est apparue, et encore moins n’arrive à en recréer les conditions, le Saint-Siège a encore quelques siècles tranquilles devant lui pour diffuser sa bonne parole sans risque d’être contredit.

  • Savoir compter

    Une réforme du système de retraite en faillite, des manifestations d’opposants et des débats chiffrées dérisoires sur le nombre de manifestants dans la rue : curieusement la presse fait ses choux gras de ces différences entre les chiffres avancés. Jusqu’ici et depuis plusieurs années, chacun faisait la moyenne entre les données syndicales et celles fournies par la police, et on passait au dossier suivant. Aujourd’hui, le sujet majeur de cette énième réforme des retraites semble être le nombre de manifestants et non plus le déficit de financement desdites retraites. Sans doute les journalistes ont du mal à appréhender le reste des questions posées par cette réforme.

  • Lanzmann Claude, ‘Le lièvre de Patagonie’.

    Sortie : 2009, Chez : Folio 5113. Un livre exceptionnel, l’autobiographie de Claude Lanzmann : le récit de l’incroyable destin d’un homme d’action et de conviction. Résistant contre les nazis au lycée, philosophe, intellectuel un temps proche du parti communiste, compagnon de route de Sartre, compagnon de cœur (et de pensée) de Simone de Beauvoir, défenseur d’Israël contre vents et marées, auteur du film Shoah ; on se sent bien peu de choses face à un tel personnage.

  • Coetzee J. M., ‘Disgrâce’.

    Sortie : 1999, Chez : Points. Le démon de midi d’un professeur quinqua du Cap le ramène subrepticement vers sa fille qui vit une expérience de brousse comme un boers des origines, et gère comme elle peut sa culpabilité de « l’homme blanc » dans un pays dévasté par la violence post-apartheid. Le thème et le ton font immanquablement penser aux romans d’André Brink.