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  • Shannon Wright – 2010/09/30 – Paris le Point Ephémère

    Shannon Wright est de retour moins d’un an après sa dernière prestation parisienne. Son prochain disque Secret Blood est tout juste annoncé pour les prochaines semaines.

    Compositrice inspirée, toujours secrète et divagante, un jeu de guitare à la Lou Reed étrange et répétitif qui accompagne au mieux un chant extirpé du fond de son âme. Les concerts de Shannon sont toujours un moment exceptionnel où l’on voit un créateur livrer son être à un public. C’est sans doute la définition de l’Art. L’exercice est sincère et semble douloureux, comme initié par une force vitale qui n’est pas contrôlable. L’équilibre est instable et l’artiste surfe sur un axe étroit d’où tout peut basculer.

    Affectueusement et efficacement entourée par un bassiste et un batteur, ses doigts frappent mécaniquement sur les cordes pendant que s’échappent ses cris d’une bouche parfois gigantesque noyée sous un déluge de cheveux roux.

    Comme ensorcelée elle mène son show, chargée d’une mission divine… ou diabolique. Elle n’a d’autre choix que de délivrer le credo du rock, celui de l’électricité d’une poésie urbaine et touchante.

    L’exorcisme abouti Shannon revient saluer sur la scène, purifiée de sa fureur, elle nous envoie son cœur et réintègre le monde qu’elle n’avait quitté que pour accomplir son destin musical.

    Warm up : Mars Red Sky

  • Petits arrangements entre ennemis

    La mairie de Paris accepte de retirer la plainte déposée contre l’ancien maire Chirac qui avait fait financer sur les fonds municipaux des emplois fictifs majoritairement en faveur des copains et des coquins du RPR de l’époque (mais pas seulement puisque le chauffeur de l’inénarrable Marc Blondel, leader trotskiste du syndicat Force Ouvrière pendant de très longues années, célèbre pour ses cigares et ses bretelles plus que pour sa pensée sociale et politique) contre remboursement des salaires versés illégalement à l’époque pour deux millions et des bananes. Chichi en règlera un demi-million et l’UMP, successeur du RPR, allongera le solde.

    Chirac et ses affidés affirment que remboursement n’est pas reconnaissance de culpabilité. Du fait du retrait de la plainte de la Mairie de Paris, la justice devrait prononcer un non-lieu dans cette affaire. Voilà qui laisse rêveur : Fluctuat nec [presque] mergitur…

  • Lapsus de Rachida

    Rigolo : dans une interview télévisée aujourd’hui, Rachida Dati prononce le mot fellation au lieu d’inflation. Evidemment l’extrait tourne depuis en boucle sur les radios et l’internet. Voilà qui ne va pas améliorer la réputation de Rachida déjà qualifiée de dilettante de luxe. On attend avec impatience les unes du Canard et de Charlie mercredi prochain.

    Elle doit tellement s’ennuyer dans ces interviews politiques qu’elle pense à ses galipettes de la veille plutôt qu’aux taux de croissance. On peut la comprendre.

  • Jeu de rôles et clowneries macabres à l’ONU

    Comme chaque à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies le président iranien y est allé de sa provocation verbale et comme chaque année les délégations des pays occidentaux ont majestueusement quitté la salle décorée par Chagall pendant son discours. Cette fois-ci l’impétrant a évoqué le complot américain des attentats du 11 septembre, d’autres années il s’en prenait à Israël. Ce petit jeu de rôles est maintenant traditionnel à New-York et semble réglé comme du papier à musique. Il ne fait pas beaucoup avancer les choses.

  • Dely Bruno et Aurel, ‘Sarkozy et ses femmes’.

    Sortie : 2010, Chez :

    Désopilant : la BD « Sarkozy et ses femmes ». Rien de nouveau sous le soleil : des femmes avec lesquelles il est sorti, d’autres avec lesquelles il s’est battu, voire celle qui appartenaient aux deux catégories ; ou comment un petit bonhomme vulgaire, mal élevé, m’as-tu-vu et fort peu cultivé a pu pecho des beautés de première catégorie.

  • Compromissions à Corbeille-Essonnes

    C’est l’histoire du fils d’un avionneur de génie devenu un vulgaire marchand d’armes ! Serge Dassault, accessoirement ex-maire de Corbeille-Essonnes (il a sans doute du temps libre à la tête de son empire industriel pour se consacrer à la politique – outre le groupe Dassault, il possède le journal quotidien Le Figaro et s’intéresserait au Parisien) a été déclaré inéligible pour une année en 2008 suite à des distributions d’argent à ses électeurs pour les motiver. Du coup son adjoint Jean-Pierre Bechters’est présenté à la mairie pour le remplacer, est élu et vient de se faire invalider par le Conseil d’Etat car ce dernier avait inscrit sur ses bulletins de vote « secrétaire général de la fondation Serge Dassault ». Une mention de nature à créer une confusion pour les juges administratifs qui ont décidé d’annuler ce scrutin. 

    Entre temps le Serge est devenu à nouveau éligible et envisagerait avec délice de pouvoir se représenter à la Mairie.

    Est-ce qu’à 85 ans notre marchand d’armes ne pourrait pas se consacrer à vendre des armes (tâche pour laquelle le contribuable national contribue très lourdement) plutôt qu’à vouloir gérer Corbeille-Essonnes comme une République bananière ? Tout le monde s’en porterait bien mieux plutôt que ce mélange des genres pour le moins douteux, et fort peu efficace puisque pour la deuxième fois en 18 mois, la ville de Corbeilles se retrouve avec un maire déchu.

  • « Des hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois

    « Des Hommes et des Dieux ou comment les moines de Tibehirine ont disparu en Algérie, emportés en pleine guerre civile par la fureur régressive des religions. Un film lent et douloureux sur les derniers jours de ces moines, jouets spirituels au cœur de conflits matériels. Leur abnégation et leurs doutes sont touchants mais on ne peut s’empêcher de penser que leur simple présence chrétienne au cœur de ce pays musulman en pleine hystérie guerrière était une folie et une provocation, y compris d’ailleurs pour les populations civiles qu’ils aidaient. Il est des moments où il faut savoir renoncer. Leur sauvage assassinat n’a fait qu’envenimer les choses, outre qu’il leur a ôté la vie. Leur volonté de faire « le bien » chevillée au corps au nom de leur Dieu n’est pas discutable mais elle s’est simplement heurtée au mur de la réalité politico-religieuse. Qu’allaient-ils faire dans cette galère ?

    Il y eu deux survivants sur le témoignage desquels s’est sans doute appuyé le scénario de ce film quasi-documentaire. On ne sait toujours pas vraiment qui des islamistes ou de l’armée ont commis ce crime, peut-être d’ailleurs une collusion de fait des deux côtés, ou une tierce partie ? Les méandres de la politique franco-algérienne peuvent être parfois encore plus impénétrables que les voies du Seigneur.

  • Le comportement affligeant de certains élus de la République

    Affligeante prestation de nos élus dans les couloirs de l’assemblée nationale à l’occasion du vote de la loi sur la retraite. Les uns font du blocage systématique, les autres passent en force, et tous se comportent comme des sales gosses dans le temple de notre démocratie. Des députés socialistes jouant les furieux ont poursuivis le président en scandant « démission, démission » jusqu’à l’entrée de ses appartements devant les huissiers médusés.

    A défaut de leur distribuer des paires de claques pour des comportements aussi désolants, n’y-a-t-il pas des sanctions prévues dans le règlement intérieur pour de tels enfantillages ?

  • Blonde Redhead – 2010/09/16 – Paris le Bataclan

    Les Blonde Redhead sont de retour avec un nouveau disque : Penny Sparkle et un show au Bataclan. L’un et l’autre diffusent une ambiance électro nouvelle à l’image de Black Guitar qui démarre sombrement ce concert : longue élégie amoureuse où se superposent les arpèges de guitare sur les boites à rythmes, les nappes de claviers (jouées par un roadie de circonstance) et les dialogues d’Amadeo et de Kazu, cachée sous un masque en bois et rafia d’origine indéterminée : Black guitar gave me a song/ The role of your own demise awash my tears/ If the sun may blind you/ I find you the moon/ No one shadows/ The retina of your heart.

    Le disque est disponible depuis trois jours seulement et peu nombreux sont ceux qui en connaissent déjà l’atmosphère un peu déroutante, aussi lorsque retentissent les stridences de Spring enchaîné sur Dr. Strangelove le public manifeste son plaisir d’un retour en territoire plus familier et dynamique.

    Mais les Blonde ont atterri sur une nouvelle planète vers laquelle ils nous ramènent avec douceur, celle de l’électro où plane toujours bien haut la voix de Kazu, surfant sur des vagues de tendresse et de mystère. Habillée d’un pantalon à paillettes et d’un pull elle joue alternativement de la guitare ou de la bass, ou alors ondule accrochée à son micro dans un érotisme musical torride.

    Elle se loupe sur deux lancements et dans un grand éclat de rire fait redémarrer le groupe plus à propos. Elle n’arrive plus à arrêter son clavier à la fin d’un morceau. Tout cela fleure bon le démarrage de tournée mais tout leur est presque pardonné. Laissez le charme agir !

    Un petit rappel-retour sur Penny Sparkle et c’en est fini d’un show un peu court et improvisé qu’il faudra confirmer à l’écoute du disque mixé par Alan Moulder (Nine Inch Nails, Smashing Pumpkins, The Cure). Nouveau son, nouvelle inspiration, nouveau tempo, le trio new-yorkais exotique continue une route de traverse intéressante sur laquelle nous les suivrons avec gourmandise !

    Set list : Black Guitar/ Here Sometimes/ Spring And By Summer Fall/ Dr. Strangeluv/ Love or Prison/ Oslo/ Falling Man/ 23/ SW

    Encore : Not Getting There/ Harry and I/ Penny Sparkle

  • L’immobilisme des « gens du voyage »

    La polémique fait rage sur le sort des roms en France. La presse, la politicaille, les autorités européennes et les bonnes âmes de toutes parts s’émeuvent contre l’arrogance française et laissent de côté les questions plus embarrassantes.

    Sur la forme il est pour le moins regrettable que notre agité de l’Elysée ait comme toujours voulu tirer la couverture à lui sur ce sujet épineux et se soit exprimé avec le fracas que l’on sait. S’il voulait vraiment diffuser son message délétère, il aurait mieux fait de laisser ses porte-flingues habituels prendre la parole, voire agir et ne rien dire.

    Sur le fond, le tintamarre actuel laisse quelques questions passées sous le tapis.

    Les deux premières relèvent de l’Histoire des bohémiens. Il ne faudrait peut-être pas oublier que les tziganes ont fait partie des undermenschen que les nazis ont voulu passer par pertes et profits durant la dernière guerre mondiale, et se souvenir également de l’influence de la musique tzigane sur notre musique européenne depuis plusieurs siècles. Pour ces deux faits : respect !

    La troisième est que la situation présente est l’une des conséquences qui était prévisible de l’adhésion à marche forcée à l’Union européenne (UE) de pays dont le niveau de développement social, économique et culturel était à mille lieux de la moyenne de l’époque de l’UE ; sans parler de l’existence de minorités en leurs seins très mal intégrées, voire maltraitées. Une fois leur adhésion réglée et la liberté de circulation acquise au sein de l’Union, très naturellement ces minorités (d’autant que dans le cas d’espèce, elles sont de nature nomade) ont pris la route vers une herbe qu’elles croyaient plus verte, soit vers l’ouest… On a fait adhérer à un club de démocraties riches d’anciens régimes totalitaires peu habitués à traiter de questions comme celles de leurs minorités. Ils sont donc venus avec leurs problèmes qui sont maintenant les nôtres. Accessoirement on pourra noter que les minorités en France, comme les Corses par exemple, se disent maltraités par la République mais n’envisagent pas de la quitter, ce qui est tout de même le gage d’un relatif bien-être.

    Roumanie et Bulgarie sont désormais membres à part entière de l’UE, on ne va pas les en chasser mais plutôt essayer d’éteindre les incendies que ces adhésions politiques ont propagé un peu partout jusqu’à l’Atlantique. Il serait toutefois intéressant que cette expérience soit bien méditée par nos édiles alors que frappent à la porte les démembrements de l’ex-Yougoslavie ou la Turquie, où, entre autres problèmes, subsistent de lancinantes questions de minorités kurde, kosovar, albanaise, etc.

    La dernière question qui est passée sous silence est celle plus fondamentale de ce que vont devenir les populations nomades dans nos économies modernes, et cette interrogation dépasse largement les frontières de l’Europe. Les gens du voyage en France font tout pour le moment pour se différencier des roms qui seraient les gens du voyage non français. Mais dans la vraie vie leur intégration est également problématique. Il suffit d’écouter les complaintes des uns et des autres : manque de terrains disponibles pour accueillir leurs pérégrinations, rejet plus ou moins affiché de leurs venues dans certaines communes, liens plus ou moins avérés avec la délinquance, difficultés à les imposer, les scolariser, doutes sur l’origine de leurs revenus, etc.

    Plus les économies se modernisent plus dans doute elles se sédentarisent, rendant incongru le mode de vie nomade. Dans des régions moins développées comme l’Afrique, les heurts entre nomades et sédentaires sont ancestraux. Une économie pastorale subsiste encore mais se heurte de plus en plus aux autres modes de développement sédentaires (agriculture, industrie). Les populations touaregs, peuhls, tutsi, inuit et d’autres doivent se battre pour survivre et il est probable que leur combat sera vain, il est déjà en partie perdu pour les touaregs.

    Alors bien sûr s’accrocher à des modes de vie traditionnels est éminemment sympathique, mais personne n’a la recette idéale sur le comment faire, tout simplement parce que personne n’y a réussi à travers le monde ! Il semble plus responsable d’accompagner l’évolution de ces populations vers un mode de vie auto-suffisant, durable pour reprendre un mot à la mode, dans un environnement qui est ce qu’il est. Il faut pour ça de la bonne volonté des deux côtés mais il doit quand même être possible d’y trouver des interlocuteurs censés capables de réfléchir à long terme.

  • La crainte de la pédophilie envahit le quotidien

    Certaines compagnies aériennes, dont Air France, ont décidé de ne plus placer les mineurs-non-accompagnés à côté d’adultes dans leurs avions de peur que nous ne soyons tous des pédophiles en puissance qui s’ignorent. Bon, dont acte, mais jusqu’où faudra-t-il aller pour satisfaire l’aversion au risque de nos populations repues ?

    Charlie Hebdo note que 90% des actes pédophiles étant commis à l’intérieur d’une même famille, il faut bien sûr commencer par séparer les enfants de leurs parents…

  • Les ficelles illégales du pouvoir politique

    Nos élus s’écharpent au cœur du microcosme sur le dossier en cours de supposés écoutes téléphoniques pour identifier les sources du Monde dans l’affaire Woerth/Bettencourt. Quelques bonnes âmes de droite s’empressent de rappeler les fameuses écoutes de l’ère Mitterrand qui avaient, entre autres, également touché Le Monde. C’est du niveau cours de maternelle et ce n’est pas la première fois. On a les dirigeants que l’on mérite et ceux-là nous les avons élus. Il y va aussi de notre responsabilité collective, au moins partielle, dans le niveau du débat politique actuel.

    Cela étant dit, sur la forme, quand un acte est mauvais, ce n’est pas parce qu’il a déjà été commis dans le passé et d’autres circonstances qu’il faut se croire autorisé à le renouveler. Dans le cas des écoutes téléphoniques de l’Elysée sous Mitterrand il y a eu des condamnations pénales de prison avec sursis contre des petits bras du président de la République (8 mois pour Christian Prouteau, le plus sévèrement condamné), des amendes de quelques milliers d’euros ont été prononcées et, espérons-le, payées. Le directeur de la rédaction de l’époque du Monde avait été reconnu par la Justice comme victime de ces écoutes illégales. Dans la nouvelle affaire en cours, si des actes illégaux ont également été commis par l’Etat et ses représentants payés par le contribuable, eh bien que la justice passe de nouveau.

    Sur le fond, on est vraiment face à une question de société de nos démocraties. Il est effectivement peu satisfaisant de voir publiés des comptes-rendus d’auditions policières ou judiciaires dans la presse du lendemain desdites auditions, en principe protégées par la confidentialité. Mais on sait aussi que si la presse libre ne publie pas ce genre d’informations le monde politique ne craint plus rien et laisse alors libre cours à ses errements. C’est d’ailleurs pourquoi la Loi protège les sources des journalistes. En revanche quand il y a une fuite il paraît censé que la hiérarchie de l’administration concernée cherche qui est responsable de cette fuite contraire aux règles de fonctionnement et qui relève de la faute professionnelle. C’est ce qui se fait dans une entreprise par exemple. Il n’est pas forcément choquant que des services de renseignements étatiques soient mis à contribution pour identifier l’origine de la fuite. Si l’on en croit les arguments échangés lors des batailles de chiffonniers du Palais Bourbonil semblerait qu’une telle intervention des services de l’Etat aurait dû suivre une réquisition judiciaire. C’est possible. Par suite de la plainte du Monde, la Justice se prononcera pour dire si l’emploi des moyens d’Etat pour traquer le responsable de la fuite était légal ou non.

    Dernière chose encore plus affligeante c’est qu’au cœur de l’Etat, ça balance à tous les étages ! Des hauts fonctionnaires et/ou des hauts magistrats adressent à la presse toutes sortes de documents internes à la République. On ignore leurs motivations, peut-être politiques, sans-doute pour nuire, probablement pas financières, il est peu probable que Le Monde, en quasi-faillite permanente, puisse être en mesure de payer très cher de telles informations. On espère que les généraux ne balancent pas les codes nucléaires ou les plans des sous-marins de la même façon à la presse ou à l’ennemi…

  • « Salt » de Phillip Noyce

    Ouahhhh ! Elle est trop forte Angélina dans Salt ! Elle est agent double ou triple (on n’est pas sûr d’avoir tout compris), elle saute de camion en camion sur l’autoroute, elle sort indemne de terribles accidents, elle élimine à elle seul toute une escouade du KGB, elle s’introduit dans le bunker de la Maison-Blanche, elle sauve la planète du feu nucléaire, elle se laisse tomber d’un hélicoptère dans le Potomac en plein hiver, et en plus elle tombe amoureuse d’un allemand spécialiste des araignées, qui lui, laissera sa peau dans ce combat de méchants. Elle est vraiment trop forte Angélina.

  • Trafic divers

    Les supposées compromissions d’Eric Woerth avec Mamy Bettencourt et consort se doublent maintenant d’accusation de trafic d’influence pour remise de légion d’honneur. Quelle bassesse que tout ceci. Les hochets de la République ne sont-ils pas quelque peu périmés en ce XXIème siècle agité ? L’homme étant ce qu’il est, la perspective de décorations le fait frétiller de plaisir et prêt à tout pour gagner ces éléments de standing. La simple existence de cette légion d’honneur ne fait qu’attiser les convoitises et les ambitions ; on peut douter qu’elle ne favorise de quelque manière que ce soit des actions éminentes en faveur de la République.

    Comme gage de modernité, notre agité de l’Elysée pourrait peut-être supprimer ces médailles d’apparat, sauf peut-être pour les militaires en temps de guerre. On pourrait dans la foulée restructurer l’administration en charge : la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur et faire faire quelques économies.

  • « A 5 heures de Paris » de Léon Prudowsky

    Une charmante et romantique comédie par le réalisateur israélien Léon Prudowsky : A cinq heures de Paris. Sur un fond musical de Joe Dassin un chauffeur de taxi d’une ville de la côte israélienne tombe amoureux d’une immigrée russe, pianiste et mariée à un buveur de vodka qui chante des mélodies déchirantes sur sa guitare. Bref, l’âme russe délocalisée à Tel-Aviv. Leur idylle durera autant qu’un cessez-le-feu sur la bande de Gaza mais y laissera bien plus de douceur et de mélancolie.

  • Il va bien falloir travailler plus longtemps

    La gauche française fait la danse du ventre autour de l’âge plancher pour faire valoir ses droits à la retraite, disant sans oser le dire tout en laissant imaginer… qu’elle rétablira l’âge limite à 60 si elle revient au pouvoir en 2012 après que la droite l’a porté à 62. Ségolène l’affirme, les autres ne tranchent pas vraiment et renvoient à leur programme de financement de la retraite à 60 ans par l’impôt. Et pendant que tous ces mondains s’étripent sur ce sujet à grands coups de faux-jetonneries et de billevesées ils en oublient de rappeler aux électeurs quelques grands principes du genre : ce sont les actifs qui payent les retraites des retraités du moment et non pas les cotisations payées durant la vie active. C’est ce qu’on appelle la répartition, elle-même fondée sur la solidarité entre générations, principe bien peu compris si l’on ne juge par la teneur des réactions populaires aux journaux télévisés plutôt basées sur le « j’ai payé donc j’ai droit. »

    Si jamais Ségolène Royal était élue présidente et rétablissait effectivement les 60 ans, ce serait là un exploit qui marquerait la Vème République ! Elle est sans doute capable de le faire. Après tout la France a bien passé la décennie 80 à nationaliser puis privatiser une bonne partie de l’économie française.

  • Le syndicat Force Ouvrière solide sur ses bases

    FO nous rejoue avec la même constance la scène de Blondel en 1995 sur les retraites. Mailly trempe sa plume dans la même encre Trotsko-nihiliste que l’homme aux-bretelles-et-aux-cigares et n’envisage qu’une option de lutte : le retrait du texte.

    Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 8 septembre 2010

    L’Éditorial de Jean-Claude Mailly

    DIRE CE QU’ON FAIT ET FAIRE CE QU’ON DIT

    L’unité d’action est une force pour les salariés. Elle n’a rien à voir avec l’unité syndicale qui implique une seule organisation, ce qui n’est pas compatible avec notre conception de la démocratie et de la république sociale.
    L’unité d’action est une démarche acceptée et nécessaire pour obtenir satisfaction.
    Pour Force Ouvrière, sur le dossier retraite, l’objectif est d’obtenir l’abandon du texte gouvernemental. Ce n’est pas une question de posture, c’est une question de fond. Car entre la démarche gouvernementale et la démarche syndicale, il ne s’agit pas de différences ponctuelles ou à la marge, mais d’une opposition de fond.
    Nous disons, nous, que pour préserver les droits actuels et à venir en matière de retraite, il faut dégager de nouvelles ressources financières, ce qui passe aussi par l’ouverture du chantier de la réforme fiscale. Et nous avons émis toute une série de propositions en la matière permettant d’assurer l’équilibre financier. Et nous avons notamment confirmé tout cela dans une lettre au ministre du Travail, le 8 juillet, lettre restée sans réponse.
    Le gouvernement, lui, est dans une logique inverse : il veut réduire les dépenses en matière de retraite pour alléger les déficits et répondre aux attentes des marchés financiers et agences de notation. À partir de là, ce sont les salariés qui trinquent.
    Les prétendues ouvertures du gouvernement n’en sont guère car pour régler, par exemple, correctement la pénibilité il faut dégager des ressources nouvelles, ce qui est en contradiction avec la logique gouvernementale.
    C’est pour toutes ces raisons que le gouvernement se montre inflexible.
    Et le ministre du Travail dans tout cela ?
    Comme nous ne cessons de le répéter, il n’appartient pas au syndicat de choisir ou de désigner ses interlocuteurs. Ce n’est d’ailleurs pas la réforme de M. Wœrth, c’est la réforme du gouvernement et du président de la République.
    Quelle est l’influence de cette situation sur le dossier retraite ? L’avenir le dira.
    Il est vrai qu’on parle plus de « l’affaire » que du fond du dossier. Il est vrai aussi qu’un ministre affaibli ne sert pas obligatoirement le gouvernement.
    Mais il est tout aussi vrai que le syndicat doit rester dans son rôle. C’est aussi une question de comportement, de liberté et d’indépendance.
    Force Ouvrière ne changera pas sa ligne de conduite : tout faire pour obtenir le retrait du texte, parce qu’il est contraire aux intérêts des travailleurs.
    Dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit.
    Aujourd’hui 7 septembre, près de 3 millions de salariés sont descendus dans la rue et ont cessé le travail, c’est une réussite.
    Si le gouvernement et le Parlement ne répondent pas, d’autres actions seront bien entendu nécessaires. Pour Force Ouvrière ce sera sur la base du retrait ou de l’abandon et dans l’unité d’action.

    http://www.force-ouvriere.fr/

  • « Crime d’amour » d’Alain Corneau

    Crime d’Amour : deux femmes à l’égo surdimensionné s’affrontent dans une entreprise, en quête de domination. Le tout donne un produit gnangnan, nunuche et fort peu crédible.

  • Les « gens du voyage » râlent de la même manière que les « gens de la sédentarité »

    Les gens du voyage se plaignent de tout et rejoignent en cela ceux qui ne voyagent pas. Voilà au moins un comportement sur lequel tout le monde se retrouve, en voyage ou pas. La circulaire du 13/04/2010 régit la mise à leur disposition de terrains de passage par les municipalités, elle-même résultant de la Loi du 05/07/2000 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage. Voyons donc cette fameuse circulaire, signée par le secrétaire général du ministère de l’intérieur et adressée aux préfets. Il est demandé à ceux-ci de faciliter les contacts entre les gens du voyage et les médiateurs départementaux nommés par lesdits préfets, et les élus. Les représentants de la République doivent favoriser la prise en compte des demandes des voyageurs auprès des communes, à défaut mettre à disposition des terrains de l’Etat si les communes n’en disposent pas et ce, afin d’éviter les occupations illicites. Le terrain type grand passage pour l’été 2010 doit au minimum faire 4ha pour accueillir 200 caravanes, chaque département doit en disposer de deux, voire plus pour les départements sur les itinéraires traditionnels.

    Il y a des textes. Il semble qu’ils soient en partie appliqué et que 40% des communes visées, soit celles de plus de 5 000 habitants aient obtempéré et installé ces terrains de passages. 20% de plus sont financés et en cours de mise en place.

  • Les décorations de la République utilisées à tort et à travers

    Trafic de légion d’honneur et petits compromis entre amis, l’affaire Woerth-Mamy Bettencourt dévale la pente vers le scandale pipole. Et puis ces histoires de légion d’honneur, ne pourrait-on pas supprimer les hochets de la République, sauf pour les militaires en temps de guerre ?