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  • Décadence et prostitution dans le fouteballe

    Des joueurs de fouteballe de l’équipe de France entendus dans une enquête de proxénétisme : ils auraient bénéficié des services tarifés d’une mineure. Ribéry, héros national est dans cette affaire. Mon Dieu ! Jusqu’à quel point faudra-t-il boire le calice de la décadence d’une société foute ?

  • Lou Reed – 2010/04/21 – Paris la Cigale


    A Night of Deep Noise

    Lou Reed à la Cigale pour rejouer Metal Music Machine trente-cinq années après sa création ; la soirée est intitulée A Night of Deep Noise, elle est animée par Lou accompagnée d’un machiniste et d’un sax qui ont chacun la moitié de son âge.

    Metal Music Machine c’est l’histoire d’un double vinyle sorti en 1975 pour faite la nique à une maison de disque par trop intrusive face à un artiste fantasque. Invendable, l’œuvre trône dans les discothèques des loureediens convaincus qui l’écoutent (au moins le début de la première face…) une fois tout les 3 ou 4 ans lorsque s’impose une revue complète des choses qui comptent dans la vie aux rangs desquels figurent nombre de disques signés Lou Reed.

    Disque étrange entre chef d’œuvre et escroquerie intellectuelle, il n’y a pas de mélodie, pas de chanson, pas de rythmes, pas de mot, juste du bruit généré par des guitares traitées par des machines. A l’écoute chez soi c’est un peu long et rares sont ceux qui vont jusqu’au bout. Sur scène c’est une expérience intéressante et créatrice.

    La Cigale est en configuration assise et les spectateurs s’installent alors que trois guitares sont posées coté cordes sur trois amplis déclenchant des larsens grondants et profonds que les roadies viennent ranimer régulièrement.

    Les trois musiciens entrent et se regroupent autour d’un gong vertical que l’on croirait venu directement d’un stupa népalaise, mais il est ici branché sur des ordinateurs qui retraitent sa vibration pour la transformer en terrifiant tonnerre métallique. Puis Lou s’assied derrière une tablette chargée d’ustensiles et de câbles, d’où il jouera alternativement de la guitare ou du bricolage de ses machines.

    On se demande s’il y a une unité ou un fil conducteur dans cette mixture sonore. Il est difficile d’y reconnaître le disque original (la dernière écoute remonte à si longtemps…) Et d’ailleurs y-avait-il un sax dans Metal Music Machine ? Celui-ci est remarquable dans son souci de pervertir l’utilisation de cet instrument à vent classique. Il en retire un incroyable souffle retraité par les ordinateurs qui donne l’impression d’un emballement éolien furieux. On y retrouve le John Lurie des Lounge Lizards.

    La Cigale assiste ébahie à la performance de ce vieux Lou qui saura toujours nous surprendre. Imperturbable et revenu de tout, il manipule ses machines et ses spectateurs et reste de marbre lorsque quelques parisiens quittent la salle en criant au scandale. Evidemment si certains avaient mal interprété le titre du show A Night of Deep Noise et s’attendaient à écouter Coney Island Baby, on s’étonne même qu’ils soient restés assis plus de quinze minutes.

    Metal Music Machine c’est Stockhausen revisité par des Fender et composé par un génie du siècle qui ne voit pas pourquoi il se refuserait le plaisir créateur de fouler ce genre de chemins de traverse. Dieu merci sa réussite le lui permet ; il n’est point besoin de s’esbaudir devant la performance, juste se réjouir de soixante-quinze minutes de musique sortant de l’ordinaire dans notre Monde où l’ordinaire, le mimétisme et le consumérisme sont érigés en modes de fonctionnement.

  • Mauvais goût et victimisation

    Tout en subtilité des propriétaires de maisons promises à l’indemnisation/expropriation à la suite des inondations survenues il y a quelques semaines parlent de déportation et d’étoile jaune pour illustrer leur triste sort. C’est de mauvais goût.

  • « Edward Munch ou l’Anti-Cri » à la Pinacothèque

    Expo Munch ou l’anti-cri à la Pinacothèque, c’est tout Munch, sauf Le Cri, peinture de l’artiste norvégien universellement connue.

    Munch c’est donc autre chose que Le Cri. Des lithographies torturées de corps de femme évoquant de noirs sentiments, des couleurs profondes de paysages nordiques ou normands, des personnages souvent solitaires ; le monde de Munch, sans doute pas très optimiste.

  • Juppé devrait arrêter de se dédire

    Juju-le-raide, Juju-qui-devait-se-consacrer-à-sa-ville-de-Bordeaux, Juju se lâche dans Le Monde et propose son projet pour 2012. Après moult départs de la vie politique il n’arrive pas à s’y faire et ne résiste pas à l’appel du large, alors une nouvelle fois il s’annonce prêt au sacrifice :

    « …s’il advenait qu’il [Sarkozy] décide de ne pas se présenter l’UMP devra organiser des primaires. Dans ce cas j’envisagerai de concourir. »

    Pauvre Juju, il n’a que très peu de chances d’être élu tant il fait peu rêver la ménagère de moins de cinquante ans, mais son espoir fait plaisir à voir et son énergie façon « je ne renonce jamais » force l’admiration.

  • Tragique retour de l’Histoire

    Quel tragique clin d’œil de l’Histoire ! L’état-major de l’armée polonaise décimé lors d’un accident d’avion dans la forêt de Katyn alors qu’il se rendait en compagnie du président de la République et autres notables, eux aussi décédés à cette occasion, à une cérémonie associant la Russie, successeur de l’Union Soviétique coupable du massacre de 20 000 officiers polonais dans cette forêt, et la Pologne en une espèce de réconciliation-vérité autour de cet épisode barbare de la deuxième guerre mondiale.

  • Graham Parker toujours sur le pont

    Eric Naulleau, chroniqueur mondain que nous avions croisé au concert d’Hugh Cornwell, sort un livre sur Graham Parker. C’est bien de réhabiliter cet artiste britannique majeur quelque peu tombé aux oubliettes du Rock ‘n Roll.

  • Des chasses présidentielles d’un autre âge

    Pierre Charon, pipeauteur à l’Elysée, en charge de la communication, si chère au monde politique moderne qu’elle remplace la stratégie, Pierre Charon disais-je déclare que la rumeur sur le couple Sarkozy relève : « … d’une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers ». Il ne faudrait peut-être pas exagérer, on peut douter quand même que les activités sentimentales d’un couple présidentiel franchouillard influent sensiblement le CAC 40. Mais enfin, on se sait jamais, après tout certains statisticiens ont réussi à identifier une corrélation entre l’évolution favorable d’une bourse nationale avec les résultats positifs de son équipe de fouteballe en coupe du monde.

    Pierre Charon, disions-nous, à qui les cuisines de la République semblent plutôt bien réussir, est par ailleurs président du conseil d’administration de l’établissement public du domaine de Chambord, en gros les chasses présidentielles, qui a fait l’objet d’un examen de la cour des comptes relaté dans son rapport 2010. L’audit n’est pas catastrophique et porte sur la période pré-Charon. On y note simplement une gestion molle sans plan de développement qui aurait pu permettre de baisser le niveau des contributions publiques à son entretien, ce qui n’a malheureusement pas été le cas malgré l’augmentation des droits d’entrée des visiteurs.

    La loi de création de cet établissement précise qu’il est placé « sous la haute protection du président de la République » et la cour constate que s’abritant derrière ce parrainage la gestion du domaine déroge à certains principes de bonne gestion publique.

    On se demande s’il est encore bien opportun qu’au 21ème siècle la présidence de la République d’une démocratie comme la nôtre soit encore si étroitement impliquée dans la gestion d’un domaine de chasse comme Chambord. Et qui plus est d’en confier la responsabilité aux copains de circonstance. Est-ce bien convenable ?

  • Hatzfeld Jean, ‘La stratégie des antilopes’.

    Sortie : 2007, Chez : Points – P1993. Dernier volume de sa trilogie consacrée au génocide au Rwanda, Jean Hatzfeld a obtenu le prix Médicis pour « La stratégie des antilopes » dans lequel il poursuit le dialogue avec tueurs et rescapés, maintenant de nouveau réunis sur les mêmes collines. Quelques années de prison pour les uns, la poursuite de la misère et des doutes pour les autres, et Hatzfeld continue à plonger au cœur de cette tragédie comme pour essayer d’exorciser sa propre horreur. Cela s’est passé quoique l’on pense et dise, personne n’a pas pu arrêter la machine infernale de la barbarie et tout le monde s’interroge ensuite sur pourquoi et comment. L’Occident reste muet de culpabilité quand le paysan rwandais raconte l’indicible avec ses mots simples, ceux des assassins comme ceux des survivants. Le reste de l’Afrique est absent. Ce dialogue est désarmant de naïveté et effrayant par le Mal ou la résignation qui exsudent de chaque parole. Cette trilogie de Hatzfeld est un témoignage rare sur la face sombre de l’Humanité.

  • La droite s’égaye dans la nature

    A peine les urnes régionales remballées sur l’échec de la droite aux élections du même nom, c’est déjà la curée au cœur même de la droite. Tel un troupeau de gnous dans la plaine du Ngorongoro à la recherche d’un point d’eau en fin de saison sèche, les candidats au changement s’agitent : Galouzeau de Villepin annonce devant un parterre de plumitifs mondains du Pressclub de France son intention de créer

    « …un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous, quels que soient leur origine, leur sensibilité, leur engagement, au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés. Servir la République, servir la France, c’est pour moi la clef de l’engagement politique. Et avec tous ceux qui nous rejoindront, nous porterons sur les fonts baptismaux ce mouvement politique le 19 juin à Paris, avec le souci d’apporter une contribution tout au long des prochains mois, de ces deux prochaines années, et le souci de défendre le moment venu nos idées et notre projet. »

    Pendant ce temps Juppé-le-raide-comme-passe-lacet, que l’on croyait tranquillement somnolant à la mairie de Bordeaux (il a d’ailleurs annoncé lui-même à plusieurs reprise qu’il se concentrerait désormais sur les enjeux locaux) se commet sur les ondes pour annoncer qu’il n’exclut pas de pouvoir être candidat à la candidature de droite aux présidentielles de 2012 si par malheur Sarko l’agité ne se représentait pas ; un quarteron de députés UMP signe un tract pour demander la suspension du bouclier fiscal ; même Carla y va de son commentaire dans Le Figaro Madame : 

    « En tant qu’épouse, je ne le souhaite pas vraiment [que Sarkozy se représente en 2012 aux élections présidentielles NDLR]. Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix ? Mais quelles que soient la situation et les décisions que prendra mon mari, je ferai tranquillement avec. Je dois dire que je suis réconfortée par les occasions d’aider les autres que cette fonction m’a offerte. C’est une consolation. Et je demeure encore stupéfaite et honorée de représenter la France, je fais vraiment de mon mieux pour être à la hauteur. »

    Bref, cette défaite va au moins secouer le Landerneau de la politique droitière franchouillarde, voyons ce qu’il en sortira.

  • La Grèce à la recherche de financements

    La Grèce pourra finalement faire la manche auprès du FMI et de l’Union européenne si jamais elle ne pouvait plus trouver de sous auprès des marchés financiers internationaux. L’intervention conjointe du FMI et des contribuables européens est adaptée à la situation, permet de répartir la charge et surtout d’introduire une instance multilatérale mieux à même d’imposer des mesures de redressement économique aux pays défaillants.

    Les engagements pris par la Grèce en matière de redressement budgétaire sont parfaitement irréalistes et chacun le sait, mais un voile pudique a été jeté sur cet aspect des choses. Des efforts vont être menés et vont dans le bon sens, outre qu’ils indiquent également le chemin à suivre sous peu par d’autres.

    L’Allemagne dont les exigences ont retardé l’accord final, est accusée de toutes parts de manquer de solidarité, y compris bien sûr par la France jamais en retard pour faire la morale aux autres. Les allemands sont outragés ; on le serait à moins. Il est en train de se passer exactement ce qu’ils avaient prévu qu’il se passerait lors de la création de l’euro : les pays incapables de gérer leur budget dépensent sans compter en pensant « l’Allemagne paiera… » Le pacte de stabilité qui avait été imposé outre-Rhin pour forcer les cigales à un peu de rigueur, ou du moins à s’engager à le faire, a été balayé et ce bien avant la crise de 2008. La France et l’Italie ont largement dépassé la norme maximum de déficit public de 3% du PIB, une nouvelle fois avant le déclenchement de la crise de 2008 de la spéculation des nouveaux barbares, et n’ont éprouvé bien sûr aucun remord à ravaler leurs engagements.

    Pendant ce temps les allemands finissaient d’absorber leurs régions de l’Est, augmentaient la durée du travail, redressaient leurs exportations et leurs finances publiques, amélioraient leur compétitivité et se maintenait donc comme première puissance économique de l’Europe.

    Alors maintenant que la Grèce tend la main et que d’autres pays ne vont pas tarder à faire de même, ils vivent assez mal de devoir payer et en plus de se faire critiquer par le reste de l’Europe. La ministre française des finances est même allée jusqu’à leur reprocher leur compétitivité et leur faibles salaires… Il faut le faire et elle l’a dit. On peut craindre que lorsque Paris aura à son tour besoin des subsides de ses pairs ce genre de reproches déplacés ne soient resservis un jour.

    Mais les allemands ont aussi besoin d’une économie européenne qui fonctionne alors ils vont payer, mais il serait tout de même plus décent que les pays impécunieux fassent preuve d’un peu plus de décence dans leur demande d’aide. Il ne faut jamais taper sur la main qui signe le chèque.

  • La publicité très abrutissante

    C’est le printemps et les deux crétins qui assurent la publicité de la Matmut depuis plusieurs années couvrent à nouveau les murs de France avec leurs têtes de cadavres embaumés ; et les ondes nationales de leurs cris débilitants « La Matmut elle assure. »

    La recommandation est de maintenir la décision de ne jamais souscrire un contrat d’assurance dans cette compagnie tant qu’elle persistera à viser une clientèle qui se satisfait de pareilles imbécilités.

  • The Stranglers – 2010/03/25 – Paris le Bataclan

    The Stranglers – 2010/03/25 – Paris le Bataclan

    Un concert jouissif des Stranglers au Bataclan ce soir, un an après un Olympia de toute beauté. Un nouveau disque Decades Apart, best of agrémenté de quelques créations, et surtout leur intact bonheur de se déchaîner sur scène en nous rejouant trois décennies pas tout à fait apart mais bien au cœur de notre imaginaire musical.

    Comme il se doit pour un concert des Stranglers la petite communauté british rock de Paris est présente et une bande de joyeux drilles quinqua tendance sexa, correctement imbibé de bière et tous revêtus du T-shirt noir à l’effigie du fameux logo rouge, pogottent joyeusement (parfois un peu brutalement) tout au long du show.

    Jet qui figure aux crédits du disque n’est pas sur scène mais les trois autres sont là et bien là, secondés par le roadie élu batteur de tournée. Les quatre lascars sont à leur aise dans l’espace confiné du Bataclan. Le son est réglé un peu au-dessus de ce qu’il devrait être mais le spectateur vieilli aime se rappeler les excès soniques de sa jeunesse.

    JJ joue toujours comme si sa vie en dépendait, Dave est perché derrière ses claviers et son gobelet de thé, so british, la sueur inonde la guitare de Baz qui grimace derrière son micro et plaque les rythmes obsédants avec virtuosité, le répertoire défile et les spectateurs sont comblés.

    Les Stranglers sont bien vivants et que Dieu nous les garde encore longtemps sur la planète rock où ils touchent déjà à l’éternité au cœur de leur parcours terrestre. Leur musique réveillerait les morts alors rien ne presse pour qu’ils rejoignent le paradis des rockers où ils pourront prétendre à une place de choix et sauront remettre un peu d’animation alors que Joe Strummer, Brian Jones et Jimmy Hendrix semblent quelque peu somnoler autour de Saint-Pierre.

    Lire aussi : The Stranglers – 2009/02/05 – Paris l’Olympia
  • Sujets sensibles

    Le journaliste polémiste Eric Zemmour affirme sur Canal+ :

    – Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait.

    Comme de bien entendu cette affirmation fait du bruit dans le landerneau parisiano-politico-médiatico-associatif, d’autant plus que l’avocat général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger, publie un billet sur son blog qui précise notamment :

    – …En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce « fait », la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des « trafiquants » ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n’est point besoin d’aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder. 

    Toute vérité n’est pas bonne à dire si crument d’autant plus que les statistiques officielles françaises ne permettent pas de la vérifier puisqu’elles n’utilisent pas de critères ethniques. A tout le moins, plutôt que de jeter en pâture à la beaufitude franchouillarde des réalités explosives, il conviendrait que ces plumitifs enrobent quand même ces révélations d’un peu de pédagogie, de précautions oratoires, voire d’intelligence si ce n’est pas trop demander.

    Zemmour a adressé une lettre d’explications à la LICRA par suite d’un entretien avec son président. Il s’explique longuement sur l’utilisation qui a été faite de ses propos :

    – … On a volontairement oublié que ma désormais fameuse phrase n’était qu’une réponse aux arguments développés par les autres intervenants selon laquelle « la police n’arrête que les Arabes et noirs ». Cette double « stigmatisation » – et de la police républicaine – et des « Arabes et noirs » ne choque personne. Les « Arabes et noirs » peuvent être distingués du reste « de la communauté nationale » s’ils sont héros (le livre de Thuram exaltant les héros noirs) ou victimes. Dans tous les autres cas, il est infâme de les distinguer. Cette injonction universaliste conviendrait assez bien à mon tempérament assimilationniste. J’ai tendance à ne voir dans tous les Français que des enfants de la patrie, sans distinction de race ni de religion, comme dit le préambule de notre Constitution. …

    La principale conclusion à tirer de cette affaire c’est qu’à force de fréquenter des émissions de variété d’un niveau intellectuel plutôt modéré, les politiques et autres plumitifs se brûlent les ailes, poussés à la faute par des animateurs en mal de scoops et de provocations. Il leur suffit de ne pas se montrer dans ces shows médiatiques pour éviter ce genre de mésaventures. Leurs égos en souffriraient peut-être, certainement pas la Pensée !

  • The Cranberries – 2010/03/22 – Paris le Zénith

    Cela devient une manie avec The Cranberries, un concert sur deux est décevant. Celui du 25 mars est malheureusement à verser au passif du groupe irlandais. Plus ou moins séparés depuis 2003, ses membres ont ensuite vaqué à leurs projets solos, dont une ribambelle de quatre enfants pour Dolorès que l’on avait vue au Bataclan en juin 2007 venue présenter son premier disque solo Are you listening? Sympathique mais pas inoubliable.

    Cette fois-ci le groupe décide de se reformer derrière la bannière énergique de leur inspiratrice. Il n’y a pas de nouveau disque, juste une tournée mondiale. Idée généreuse mais hélas pas guidée par une créativité débordante. Il n’y a pas de nouveau disque en vue alors le groupe surfe sur ces vieilleries que nous avons tant aimées, plus quelques chansons solo de Dolorès qui entre temps vient de sortir un deuxième disque personnel : No bagage.

    Décor clinquant à souhait, style gay friendly avec empilement de colonnades et de teintures drapées-plissées qui se parent de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel au hasard d’une programmation électronique que l’on dirait réglée sur random.

    L’égérie de tous nos phantasmes est vêtue d’une espèce de jupette médiévale à lanières, elle a coupé court ses cheveux noir geais et chaussé des bottes noires fruit d’un accouplement entre Dock Mertens et bottines pawnees. Elle parcourt l’immense scène de long en large, ponctuant ses allers-retours de tonitruant bonsoir mes amis et autres comment ça va Paris ? La scène est vide, pas un ampli ou un retour, tout le matériel est planqué derrière les teintures ce qui laisse un espace bien trop grand à notre princesse qui erre comme une âme en peine à la recherche désespérée de son inspiration. Les musiciens sont professionnels et inexistants. Un cinquième larron guitare-clavier est ajouté au quatuor d’origine pour la tournée, plaqué dans un coin.

    Sa voix est restée la même, magnifique et exubérante, avec toujours ce petit décrochement si caractéristique quand elle passe dans les aigus. Elle en use avec efficacité, tout le tra-la-la qui entoure ce retour scénique en a quelque peu gommé l’émotion parfois déchirante qui la hantait dans le passé. Mais l’essentiel est resté.

    The Cranberries au Zénith ce soir, sans doute pas un concert indispensable, ils ont vieilli, nous aussi, et ce n’est pas bien beau à voir. On avait adoré Dolorès à son époque neurasthénique (Zombie), on avait été rassuré lorsque jeune Maman elle retrouvait le chemin de la fantaisie (Bury the Hatchet), on avait aimé son premier disque solo (Are you listening?) mais ce soir il n’était pas nécessaire de faire la claque sur Ode to my family ou autres tubes des 90’s plutôt propices à la noirceur et l’introspection. Le (jeune) public du Zénith n’a pas semblé lui en vouloir malgré son allure Dorothée sur le plateau de TF1 dansant le twist sur Salvation. Reconnaissant, ledit public a explosé sur Zombie qui clôture ce show, ravie, Dolores repart avec des ballons aux couleurs irlandaises qu’agitent frénétiquement les trois premières lignes de fans.

    Allez, The Cranberries reste un groupe marquant, ils furent ce soir toujours aussi talentueux mais juste décalés par rapport à notre imaginaire. Heureusement la jeune génération qui n’était pas née lorsque No Need to Argue est sorti et que Dolorès était blonde, n’a pas nos souvenirs.

    Setlist : Analyse/ Animal Instinct/ How/ Ordinary Day/ Linger/ Dreaming My Dreams/ When You’re Gone/ Just My Imagination/ Switch Off The Moment/ Desperate Andy/ Time Is Ticking Out/ I Can’t Be With You/ Ode To My Family/ Free To Decide/ Salvation/ Ridiculous Thoughts/ Zombie
    Encore : Shattered/ You and Me/ The Journey/ Dreams

  • « Paris Ville rayonnante » au musée de Cluny

    Paris ville rayonnante au Musée de Cluny, l’occasion d’un retour dans ce musée parisien consacré au moyen-âge et aménagé dans un ancien couvent. Paris au XIIIème siècle, ville qui rayonne sur l’Europe et découvre l’art gothique, est retracé dans cette expo. Quelques sculptures ont tout de même survécu au pogrom révolutionnaire de 1789 et sont exposées ici. Un petit tour devant les tapisseries de la Dame à la Licorne et c’est l’heure d’aller voter.

  • La justice des hommes

    De nouvelles histoires de pédophilie gênent l’Eglise catholique qui aurait protégé certains coupables en Irlande et ailleurs. Le célibat des prêtres est présenté comme l’une des causes de cette pédophilie rampante. Il ne faudrait tout de même pas exagérer : on peut être célibataire sans être pédophile. Il y a certes quelques cinglés en soutane qui ont dérapé. Est-ce qu’il y en a plus chez les prêtres que dans d’autres professions ?

    Ce qui est plus gênant c’est si effectivement la hiérarchie catholique a protégé ses brebis galeuses des foudres de la justice des Hommes en pensant que le glaive de Dieu suffirait… Comme on n’est pas bien sûr que les prêtres pédophiles aient un jour des comptes à rendre au Père éternel, dans le doute, le mieux serait effectivement qu’ils comparaissent devant les tribunaux terriens.

  • La rigueur allemande à l’épreuve du laxisme financier des pays européens du sud

    Les allemands sont ulcérés devant le laxisme des pays européens clubmed pour lesquels ils vont devoir payer alors qu’eux-mêmes se sont imposés de la rigueur budgétaire depuis plusieurs années, et d’autant plus que d’autres pays sont inscrits derrière pour faire la manche auprès de la fourmi germanique, dont la France.

    Le microcosme européen s’agite en tous sens car si l’Allemagne refuse de payer qui donc va bien pouvoir le faire. Berlin veut refourguer la Grèce au Fonds monétaire international (FMI), qui après tout est fait pour ça comme l’indiquent les alinéas rappelés ci-dessous de l’article 1 de ses statuts sur les buts du FMI :

    V) Donner confiance aux États membres en mettant les ressources générales du Fonds temporairement à leur disposition moyennant des garanties adéquates, leur fournissant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leurs balances des paiements sans recourir à des mesures préjudiciables à la prospérité nationale ou internationale.
    VI) Conformément à ce qui précède, abréger la durée et réduire l’ampleur des déséquilibres des balances des paiements des États membres.

    On a donc l’outil adapté à la situation avec en plus l’avantage que cette institution sera mieux à même d’imposer des mesures de saine gestion à des gouvernements défaillants.

    D’autres pays proposent de noyer le poisson en créant un Fonds monétaire européen (FME) qui éviterait aux pays européens mal gérés d’aller taper à la porte du FMI que l’on voudrait voir réservé aux pays pauvres. En gros tout le monde cherche à se débarrasser de la patate chaude sur le voisin car il va falloir s’endetter pour combler les trous budgétaires grecs pour autant que l’on sache les évaluer. Donc si l’on passe le bébé au FMI cela permettra de multilatéraliser le plan de sauvetage et d’éviter d’augmenter les dettes nationales déjà gigantesques.

    La création d’un FME est une galéjade compte tenu des années qu’il faudra pour la réaliser et de l’inutilité de ce machin qui ferait double emploi avec le FMI, et ce uniquement pour préserver la susceptibilité de nations européennes qui ne veulent pas se retrouver dans la même queue que le Nigéria et la Papouasie.

  • Le bal des roquets sur les ondes

    Nicolas Demorand s’affronte ce matin sur France-Inter à Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP-aux-cheveux-longs-et-gras, porte-flingue de la droite (et il a vraiment les cheveux très-longs-et-très-gras) mais il faut quand même bien admettre que Demorand est éligible à la médaille d’or du roquet-club. Quelle triste transformation. Ce garçon était un vrai régal de l’esprit quand il officiait le matin sur France-Culture avec finesse et subtilité, animant de vrais débats matinaux d’intellectuels ou de politiques, prenant le temps d’écouter et de comprendre. Aujourd’hui il a rétrogradé dans la catégorie des pisses-vinaigres radiophoniques provoquant, interrompant, abusant, manipulant ses interlocuteurs, privilégiant l’agression sur le débat, la petite phrase sur la réflexion, le scoop pipole sur l’information, bref, il est devenu vendeur de bouillie instantanée sur les ondes matinales de France-Inter (et de soupe télévisuelle sur France-5). Quelle régression pour un garçon pourtant agrégé de lettres et de philosophie…

    Certes ses interlocuteurs politicards s’y entendent aussi en matière de rouerie et de manipulation, mais est-ce une raison pour se mettre à leur niveau ? Hélas, oui sans doute. Après tout Demorand compromet avec les objectifs de son employeur, ce n’est pas un crime et il suffit de ne plus l’écouter.

    Mais alors qu’on le croyait irremplaçable lorsqu’il a quitté les matins de France-Culture en 2006, son successeur Ali Badou et l’a fait oublier rapidement. Mais hélas encore, trois fois hélas, Ali, autre normalien et agrégé de lettres, a lui aussi cédé aux sirènes de la télé et abandonné France-Culture l’an passé. Il est remplacé par Marc Voinchet, qui tient bien la route pour le moment.

  • Rigolo

    Entendu sur France-Musique :

    – Comment un ténor se suicide ?
    – Il se jette de son égo sur son QI.

    On peut craindre que cette solution ne soit applicable à bien d’autres professions…