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  • Encore un petit effort Monsieur Juppé

    Juppé-le-raide se bonifie avec le temps. Alors qu’on lui aurait proposé de succéder à Seguin à la Cour des Comptes il préfère rester tranquillement maire de Bordeaux et profiter de la vie à l’ombre des vignobles. C’est bien.

    Il dit par ailleurs dans Les Echos :

    Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise ?

    Je regardais la une d’un grand journal ce week-end. A gauche, il y avait Haïti, à droite le milliard de bonus que les banques françaises s’apprêtent à distribuer. C’est obscène et inacceptable. Rien ne justifie à mes yeux qu’on puisse avoir de telles dérives et de tels excès. J’espère que la taxation dont il est question en France va se concrétiser.

    Le gouvernement prévoit une taxe de 50% sur les bonus au-delà de 27.500 euros…

    Si on n’arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu’il faudra aller plus loin au parlement. On nous dit toujours : « Il y a la concurrence, les banquiers vont filer ailleurs… » Mais la concurrence ne justifie pas l’immoralité.

  • Depeche Mode – 2010/01/19 – Paris Bercy

    Les Depeche Mode sont à Paris pour deux Bercy et avec un nouveau disque : Sounds of the Universe. Le show démarre sur In Chains avec voix surpuissante et riffs wah wah déchirants, puis sont enchaînés  Wrong et Hole To Feed, les trois premiers morceaux du CD qui donnent le ton de leur atmosphère 2010 : électro et bass prédominante.

    Le light show est gigantesque, le mur du fond est transformé en immense écran de télévision (parfois un peu trop cliquant style plateau de TF1 un samedi soir) avec centré et en haut une boule (The Universe) qui se transforme alternativement en loupe, en mappemonde, en boule de machine à écrire IBM ou en réservoir à ballons multicolores virtuels. Sur Walking In My Shoes on voit le vol d’un corbeau au milieu de rien qui vient se poser sur un piquet et nous narguer d’un œil narquois, agrandit dans la loupe, jusqu’à la fin du morceau, effet redoutable. Le reste du visuel sera à la hauteur et techniquement irréprochable.

    Martin est habillé tout en paillettes avec le visage parsemé de brillants. Dave nous montre rapidement les tatouages de son torse athlétique. Les trois autres sont plus discrets derrière leurs instruments.

    Le groupe a un peu tourné electro au détriment de la mélodie, mais ce n’est sans doute qu’une mode qui passera. On avait adoré les envolées romantiques de Touring The Angels il y a quatre ans, on est aujourd’hui sur un mode plus brutal. Mais le savoir-faire des Depeche Mode forgé à l’aune de trente années de création musicale et de tournées mondiales est quelque chose de proprement fascinant et indéniablement efficace. Et puis il reste la musique de Martin et la voix de Dave, cocktail détonnant qui continue à nous enivrer, et là on retrouve ses marques comme l’on fait les 12 000 spectateurs enthousiastes qui ont repris en cœur les classiques Enjoy The Silence, Never Let Me Down, Personal Jesus et bien d’autres.

    Une soirée avec les Depeche Mode n’est jamais du temps perdu même si celle-ci fut un peu plus mondaine que les précédentes.

    Set list : In Chains/ Wrong/ Hole To Feed/ Walking In My Shoes/ It’s No Good/ A Question Of Time/ Precious/ World In My Eyes/ Insight (sung by Martin)/ Home/ Miles Away – The Truth Is/ Policy Of Truth/ In Your Room/ I Feel You/ Enjoy The Silence/ Never Let Me Down Again Encore #1 : One Caress/ Stripped/ Behind The Wheel/ Personal Jesus

  • Pas facile de justifier les sur-rémunérations de certains banquiers !

    Michel Pébereau sur France Culture ce matin, pédégé de la BNP, enfume le petit monde des chroniqueurs matinaux en parlant (ce qu’il sait très bien faire) de divers sujets financiers dont les bonus des opérateurs de marché. Devant les rémunérations très élevées de certains d’entre eux il explique qu’il s’agit d’un marché international de compétences rares et qu’il faut donc s’aligner sur la concurrence. Concernant les dirigeants dont lui-même, il mentionne un récent article du Journal du Dimanche qui citait les salaires des entraîneurs d’équipes françaises de fouteballe il était tout heureux d’annoncer que son directeur général gagnait moins le mieux payé de ces entraîneurs.

    C’est sans doute vrai mais intellectuellement peu convaincant quand on voit les performances desdits opérateurs de marché qui ont mis l’économie mondiale à terre lors de la crise financière de 2008 de part leur incompétence. Leurs rémunérations excessives fut sans doute l’un des facteurs explicatifs de cette situation, les amenant à arbitrer plus en faveur de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de leurs employeurs.

  • Il faut y croire

    Dans la lettre aux actionnaires d’EDF, le nouveau pédégé Proglio répond à des questions, notamment :

    Vous accordez une place particulière à l’humain dans cette grande ambition [le développement industriel et humain de la compagnie]. Pourquoi ?

    C’est une conviction profonde, nourrie de mon expérience de dirigeant : la réussite d’une entreprise repose sur la motivation et le savoir-faire de ses équipes. L’engagement des hommes et des femmes d’EDF est connu et apprécié ; ils doivent être au cœur du projet. Il faut faire revivre une grande ambition sociale, en particulier pour développer et transmettre les compétences. Les clients et les actionnaires y gagneront aussi : plus de compétence, c’est plus de performance !

    Un modèle du genre…

  • La commercialisation du look

    Christophe Barbier, porte-plume en chef de L’Express, fait partie de ces pipoles se croyant obligés de se transformer en logo commercial en s’habillant de la même façon. On a dans cette catégorie, entres autres, l’architecte Jean Nouvel, toujours intégralement en noir, costume et chemise col-Mao, Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre toujours également en écharpe rouge, Jean-Pierre Elkabach en écharpe bleu clair, Thierry Ardisson, toujours en polo et costume noir. Bref, des humains qui se logoïsent pour se vendre comme un paquet de nouilles.

    Interrogé sur France Info le 7 janvier,le Barbier répond que cette écharpe lui a été offerte par Carla et qu’elle est devenue « …un petit gimmick marketing… Et c’est aussi un peu mon doudou, aussi. » Notre société de communication pousse à ces perversions où la forme est privilégiée par-dessus-tout, ceux qui refusent de compromettre avec cette pipeauterie perdent, cf. Seguin et d’autres…

  • Un peuple de bavards

    Avez-vous remarqué le nouveau tic verbal qui envahit les conversations avec ce « on va dire… » ? Il succède au « je vais te dire… » des années 80 et au « tu vois c’que j’veux dire… » des années 90.

    Un peuple guidé depuis tant de temps par les déclinaisons du verbe dire est un peuple de bavards, pour le moins.

  • Philippe Séguin est mort

    Philippe Séguin est mort d’une crise cardiaque. Il paraissait effectivement en mauvaise santé, obèse et toujours une clope au bec. Haut fonctionnaire qui a échoué en politique, il s’est fait dévorer par les requins du VIIème arrondissement. Comme toujours en France lorsqu’un politique dit la vérité aux électeurs, il ne les fait pas rêver et n’est pas soutenu par les partis. A défaut d’être vendable à la ménagère de moins de 50 ans, il avait été recasé à la Cour des comptes où il signait des rapports qui ne semblent pas avoir fait véritablement bouger la République dans ses (mauvaises) habitudes financières. Le rapport de juin 2009 sur la situation et les perspectives des finances publiques est édifiant à cet égard !

    Comme il sied en ces circonstances l’hommage est unanime pour cet homme qui a été détesté par une bonne partie de la politicaillerie hexagonale. Les émissions souvenirs qui défilent sur les ondes montrent un homme brillant avec une haute idée de la France, une intelligence subtile, une prégnante nostalgie de son enfance de pieds-noirs de Tunisie, le souvenir absent de son père mort pour la France, une constance dans son analyse politique bien au-delà des modes de salons et de la communication mondaine, bref, des qualités qui sont en général peu reconnues par les électeurs, sauf en circonstances exceptionnelles. Il a perdu son combat politique (on a les dirigeants que l’on mérite) mais a semé des petits cailloux blancs qui ne seront peut-être pas immédiatement recouverts par la marée du populisme érigée aujourd’hui en gouvernance nationale.

  • Les départements d’outre-mer tours indécis

    La Martinique et la Guyane répondent « non » à la question : « Approuvez-vous la transformation de la Martinique (ou de la Guyane) en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République ? »*

    L’article 74 de la Constitution précise

    Les collectivités d’outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elles au sein de la République.

    Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l’assemblée délibérante, qui fixe :   – les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
      – les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l’Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l’article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
      – les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
      – les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d’ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l’approbation d’engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence. La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l’autonomie, les conditions dans lesquelles :
    – le Conseil d’Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d’actes de l’assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu’elle exerce dans le domaine de la loi ;
     – l’assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l’entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
     – des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d’accès à l’emploi, de droit d’établissement pour l’exercice d’une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
     – la collectivité peut participer, sous le contrôle de l’Etat, à l’exercice des compétences qu’il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l’ensemble du territoire national pour l’exercice des libertés publiques.

    Les autres modalités de l’organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.

    Art. 74-1.

    Dans les collectivités d’outre-mer visées à l’article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l’État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l’organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n’ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.

    Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d’Etat. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l’absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.

    Il s’agissait donc de donner un peu plus de pouvoir et de responsabilités à ces deux départements d’outre-mer. Ce référendum avait été organisé à la demande des élus locaux plutôt « à gauche » qui se sont lourdement trompés sur la volonté réelle de leurs électeurs : la Martinique a voté non à 79% et la Guyane à 70%. C’est clairement exprimé. C’est dommage, et c’est difficile à expliquer. La crainte du « lâchage » est sans fondement (qui lâcherait, et comment juridiquement s’opérerait ledit lâchage ?) et la perspective de mieux assumer ses spécificités par plus de pouvoir local n’aurait pas du, en principe, effrayer les électeurs par ailleurs si demandeur de respect de leur dignité. La gestion de ces confettis de l’empire continue à être mal emmanchée par quelque bout que l’on prenne le sujet.

  • Un président vieillissant persiste dans le mauvais roman

    Giscard dit d’Estaing a publié fin 2009 un deuxième roman sentimentalo-érotique. Après Le Passage en 1994 sur les aventures d’un notaire avec une auto-stoppeuse, il s’agit maintenant de la Princesse et le Président, qualifié de « roman », dans lequel sont narrés les amours d’un président français de la République avec une princesse qui ressemble fortement à Diana. Mon Dieu ! Rien que l’idée d’une étreinte entre ces deux personnages fait froid dans le dos. Peut-être faudra-t-il se résoudre à lire ce livre pour essayer de se faire une idée : est-ce que Giscard s’amuse à se foutre de la gueule du monde en se demandant jusqu’où il peut aller, ou alors se croit-il vraiment porté par un véritable talent d’écrivain ?

    Sans doute la première hypothèse est-elle la bonne, mais on ne sait jamais. Attendons tout de même que cet ouvrage sorte en livre de poche pour réduire la dépense.

  • Copenhague et la poissonnière

    Le sommet de Copenhague est qualifié d’échec retentissant par ma poissonnière. La lecture des conclusions de ce sommet pour le climat amène à des conclusions plus mesurées. Malgré ce que clame la vendeuse de merlans du chroniquer il y a tout de même quelques engagements chiffrés : ceux de l’aide financière que les pays développés s’engagent à fournir aux pays émergents pour les aider à s’adapter pour limiter les changements du climat, soit 30 milliards de dollars pour la période 2010/2012, puis 100 milliards par an à partir de 2020. Ce n’est pas rien, n’en déplaise à Mme. Michu.

    Il par contre vrai que les annexes 1 & 2 ont été signées en blanc et doivent être remplies d’ici le 31/01/2010. La n°1 concerne les objectifs de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2020 et la n°2 les actions à prendre par les pays en voie de développement (developing) qui ne sont pas dans l’annexe 1, c’est-à-dire ceux qui ne prendront pas d’objectifs chiffrés. Il sera d’ailleurs intéressant de voir comment se répartiront les 192 pays membres de l’ONU entre annexes 1 et 2…

    A suivre donc d’ici le 31 janvier, et en reparler à la poissonnière si besoin est…

  • Identité nationale et confusion populaire

    Le débat sur l’identité nationale continue avec son cortège de vraies questions, de démagogie et de petites phrases. Evidemment la presse à sensation insiste sur les sorties de quelques hurluberlus :

    Nadine Morano demande au jeune musulman français « qu’il aime son pays, qu’il trouve un travail, qu’il ne parle pas verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers ».

    Pascal Clément : « Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France. » (propos démenti par l’intéressé)

    André Valentin maire UMP de Gussainville juge qu’il est « temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer ». Par qui ? « Y’en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre ».

    Sans doute ne faut-il pas accorder trop d’importance à ces interventions mais plutôt s’interroger sur les objectifs de ce débat ? On les trouve sur le site web www.debatidentitenationale.fr/ :

    Les objectifs du grand débat sur l’identité nationale :

    Eric BESSON, Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a ouvert lundi 2 novembre 2009 un grand débat sur l’identité nationale.

    L’organisation de ce débat constitue l’un des engagements souscrit par le Président de la République lors de la campagne présidentielle, repris dans la lettre de mission qu’il a adressée, avec le Premier Ministre, à Eric BESSON, le 31 mars 2009.

    Ce débat répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations. Au moment même où l’Union européenne franchit une nouvelle étape de son intégration, et où la crise économique et financière internationale démontre combien la mondialisation rend l’avenir des Nations interdépendant, il a pour objectif d’associer l’ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21ème siècle, « être Français ».

    Ce débat doit tout d’abord favoriser la construction d’une vision mieux partagée de ce qu’est l’identité nationale aujourd’hui. Il doit aussi faire émerger, à partir de propositions mises en débat par les différents participants, des actions permettant de conforter notre identité nationale, et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d’être Français.

    Le calendrier du débat :

    Ce grand débat se déroulera sur trois mois, à compter du lundi 2 novembre 2009, et jusqu’au 31 janvier 2010, et se clôturera le 4 février 2010 par un colloque sur l’identité nationale, au cours duquel le Ministre présentera la synthèse des travaux.

    Evidemment tout ceci est propice à une avalanche de beaufitudes populistes dont le peuple français, abruti par les matchs de fouteballe et les journaux de TF1, est coutumier, mais les questions abordées sont intéressantes. Après-tout à une époque de sondagite aigüe où la ménagère de moins de 50 ans est interrogée sur tout et sur rien, pour faire vendre des pots de yaourts ou préparer les élections régionales, pourquoi ne pas lui demander en plus ce qu’elle pense de sa nationalité et de la meilleure façon de la vivre ? Ce n’est pas interdit, juste délicat et demande à être mené avec doigté, qualité assez peu partagée dans le monde politique d’aujourd’hui. Un débat au niveau des intellectuels aurait eu plus de tenue mais par construction moins de racines. Voyons comment tout ceci évolue et espérons que les tenants de ce débat sauront en contenir les excès.

  • Goldman Sachs au tableau d’honneur

    La finance s’auto-congratule en cette année 2009 et le Financial Times a désigné person of the year Lyod Blankfein, pédégé de la banque américaine Goldman Sachs. Et il faut quand même le faire… En 2009 alors que tous ces banquiers d’affaires par leur incompétence et leur rapacité ont explosé la planète finance et dû faire la manche auprès du contribuable international pour survivre, délivrer cette reconnaissance à un des leurs relève vraiment de la faute de goût. Le FT aurait peut-être pu regarder du côté des industriels méritants plutôt que de désigner un représentant des services financiers gorgé de rémunérations imméritées ?

    Goldman Sachs récompensé par le FT, c’est Benoît 16 soupapes qui béatifie Pie XII, autocongratulation et consanguinité, bref, de la dégénérescence annoncée.

  • Soljénitsyne Alexandre, ‘L’archipel du Goulag (tome 1)’.

    Sortie : 1973, Chez : .

    La description par le menu détail de l’univers concentrationnaire soviétique dans lequel tout le monde est ou sera « coupable ». L’explication d’un système à nul autre pareil où le « coupable » doit signer ses « aveux » et où tout est bon pour les obtenir au nom du parti du Peuple. Le récit trace une vaste fresque de la répression et des procès, des années post révolution jusqu’à l’après deuxième guerre mondiale (l’auteur a été arrêté par la police politique sur le front quelques mois avant la victoire). On y chemine de camps en cellules, de train de prisonniers en fourgons pénitentiaires à travers ce si vaste pays que l’on croirait tout entier dédié à la répression. Malgré le coté effrayant des descriptions, le style de Soljénitsyne est plein d’un humour grinçant et d’une vision cynique du système soviétique qu’il a grandement contribué à faire connaître et à combattre de l’intérieur.

  • Vacances dispendieuses

    Le couple Sarkozy passe les fêtes de fin d’année dans une résidence du Roi du Maroc à Marrakech. On ne voudrait pas être trop vieux jeux, mais n’y-a-t-il pas moyen que le président de la République française passe ses congés sans avoir l’air entretenu par les contribuables d’un pays tiers, fut-il ami ? La République ne manque pourtant pas de résidences luxueuses à travers l’hexagone. Avec notre ancien président Chirac qui est toujours logé par un affairiste libanais sur les quais de Seine, tout cela commence légèrement à faire pique-assiette et manquer pour le moins d’élégance et de savoir-vivre…

    Comment peut se passer une réservation de ce type ? Sans doute le cabinet de l’Elysée, un secrétaire général de service, téléphone-t-il au Palais royal de Mohammed VI :

    • Comment allez-vous cher Ami ? Son Excellence Sarkozy se demandait justement s’il pouvait bénéficier d’une des modestes demeures de son Altesse M6 à Marrakech.
    • Mais bien entendu cher Ami, nous avons justement le palais bidule qui sera libre en cette fin d’année, vos dates seront les nôtres.
    • Et que diriez-vous d’un petit dîner royal à Rabat entre nos dirigeants à l’occasion de ce séjour ?
    • Mais bien entendu cher Ami, ce sera l’occasion de célébrer une fois encore l’indéfectible amitié entre nos peuples.
    • Etc…

    Une bonne partie de l’intelligentsia politico-mondaine française s’est fait goberger pendant des années à la Mamounia par Hassan II (le père de M6) ajoutant encore aux relations ambigües entre nos pays, les mauvaises habitudes continuent. Ce n’est pas bien.

  • Problème bureaucratique

    La presse s’en donne à cœur joie pour descendre le monde politique après la censure du Conseil constitutionnel de la taxe carbone. Les hyènes hurlent devant le cadavre mais on aurait aussi aimé les entendre analyser les dysfonctionnements potentiels de ce mécanisme de taxe carbone lorsqu’il a été présenté par le gouvernement ! Même Le Monde titre en première page sur le « désaveu fait à Sarkozy ».

    Que notre hyper agité du ciboulot Sarkozy soit désavoué n’est pas grave en soi, et guère intéressant finalement. En revanche si cette taxe était utile nous avons un vrai problème à résoudre et devons trouver une solution pour la remettre en vigueur via un mécanisme compatible avec la Constitution. Ou alors il faut changer la Constitution.

  • La Loi doit être la même pour tous

    Le Conseil constitutionnel censure la taxe carbone pour cause d’iniquité fiscale et d’inefficacité industrielle. Les exemptions octroyées pour différents secteurs comme les transports, la chimie, l’énergie, et bien d’autres, auraient conduit à ce que 93% des émissions industrielles soient exonérées. On avait bien compris que le contribuable de base allait connaître des années difficiles. Le Conseil constitutionnel tente de faire valoir quelques principes républicains pour adoucir leur sort et ce n’est pas facile.

  • « Pierre Soulages » au Centre Pompidou

    « Pierre Soulages » au Centre Pompidou

    21h, dans l’escalator du Centre Pompidou, alors que l’on quitte encore rêveur l’exposition Soulages, on croise la beaufitude parisienne branchouille qui monte l’escalator vers le restaurant panoramique. Ce petit monde aurait pu venir un peu plus tôt et admirer l’œuvre intrigante de cet artiste avant ses agapes mondaines.

    Abstraction et effets de noir sur toiles immenses ; l’audio-guide diffuse la parole du Maître qui édifie sur la lumière et les reflets, sur l’outrenoir, sur la consistance physique de la peinture et les outils d’étalage fabriqués par lui-même, sur ses rencontres artistiques. Une merveilleuse plongée dans l’univers d’un peintre très intéressant.

  • Il vaut mieux éviter d’être soupçonné de trafic de drogue à l’étranger

    C’est a priori moins fun d’être emprisonné pour trafic de drogue en Chine qu’en République Dominicaine. Un ressortissant britannique doit être exécuté demain alors que les deux gamines de Saint-Domingue seront dans l’avion du retour vers Paris.

  • Vacances poudrées à Saint-Domingue

    Les deux gamines condamnées à 8 ans de prison pour trafic de drogue en République Dominicaine sont graciées par le président de ce pays après 18 mois de détention. On avait retrouvé 6 kilos de cocaïne dans leurs bagages au départ de Saint-Domingue. Elles ont clamé dès le départ que ces sacs de cocaïne étaient arrivés dans leurs valises sans qu’elles ne s’en aperçoivent… Soit, mais le contraire est également possible.

    Allez, passons l’éponge, elles sont peut-être coupables, peut-être innocentes, mais elles ont fait 18 mois de prison. Elles seront en tout cas mieux en liberté en France plutôt qu’en prison en République Dominicaine. La prochaine fois les filles, allez passer vos vacances dans le Limousin, c’est moins dangereux !

  • « Capitalism: a love story » de Michael Moore

    « Capitalism: a love story » de Michael Moore

    Ciné ce soir ou le capitalisme en crise vu par Michael Moore. C’est outrancier comme il se doit, parfois larmoyant, mais tellement vrai. Et puis cela fait du bien que ces choses soient dites. Quelques passages hilarants quand Moore arrête son fourgon blindé devant le siège de Goldman Sachs, demande à rencontrer le pédégé pour récupérer et rendre au Trésor les milliards de fonds publics qu’il a fallu investir dans les banques pour les sauver de la faillite, ou quand il cerne le pâté de maisons de Wall Street du célèbre ruban jaune utilisé par la police américaine pour marquer les scènes de crime…