Dîner à Kiev, Ukraine. Ambiance architecture néostalinienne, le tout bien délabré, nous sommes 20 ans après la chute du mur de Berlin et du système de l’URSS dont l’Ukraine était une pièce importante. La roue tourne et le pays ne sait pas bien encore vers quel Saint se tourner…
Dans un bar de la ville, nous discutons avec un ami serbe (plutôt modéré), il confirme que le problème du Kosovo est loin d’être résolu, qu’il ne s’agit pas d’une excitation de nationalistes enfiévrés mais bien du cœur de la Nation serbe. Jamais la Serbie ne reconnaîtra l’indépendance du Kosovo et le peuple entier soutient ses dirigeants dans cette position, pour toujours et à jamais.
Donc on n’a pas fini d’entendre parler de cette question kosovare. Nous sommes d’ailleurs dans une situation internationale plutôt inédite avec un paquet d’Etats ayant reconnu et un autre paquet refusant de reconnaître, sur des motifs plus ou moins avouables. Il est difficile de prononcer le match nul sur ce genre de sujets…
Un beau texte de neuf intellectuels antillais sur la situation de leurs iles. Ils s’écoutent un peu parler ces intellos, mais les bonnes idées sont là : moins de prosaïque et plus de poétique, compléter l’accès aux produits de première nécessité par des facteurs de haute nécessité (vision politique, responsabilité, « manger local » et moins importé, rompre avec le « tout automobile », etc.) On est pas bien sûr que le domien en train de faire la queue depuis 3 jours devant la station Total du coin de la rue soit bien sensible à ces envolées lyriques, mais l’essentiel est dans ces lignes, dont nombre d’entre elles devraient être d’application bien au-delà des DOM…
Encore un exploit de « Monsieur le Marché ». Les bourses n’arrêtent pas de dévisser et la dernière explication avancée serait que « Monsieur le Marché » estime insuffisant les plans de relance mondiaux mis en place pour refinancer ses propres errements. C’est à se taper la tête contre les murs ! Les marchés que l’on découvre aujourd’hui peuplés de banquiers divas, d’analystes mondains et moutonniers, et de traders parfois fraudeurs, ces marchés qui depuis 15 ans s’évertuent à pousser les entreprises à cracher du cash-flow au-delà du raisonnable à grand coups d’OPA hostiles, de synergies industrielles, de dézinguage de patrons, de démontage de filières, d’extraction de valeur, et autres pipeautages divers, ces marchés par définition parfaits ont conduit la planète finance à la banqueroute totale.
Pour éviter la fin du monde, les Etats sont en train de pressuriser leurs contribuables à un point tel que nos arrière-petits-enfants continueront à payer des impôts pour rembourser les dettes colossales accumulées pour combler les pertes abyssales générées par les visions de « Monsieur le Marché » (il est d’ailleurs ces dettes ne pourront jamais être intégralement remboursées mais c’est une autre histoire dont nous reparlerons un jour). A côté de ces montagnes de dettes, la RDS/CRDS mise en place par Juppé pour combler les déficits sociaux sur 10 ou 15 ans est de la petite bière. Et donc « Monsieur le Marché » estimant insuffisants ces efforts de plusieurs générations de contribuables et continuent à casser les bourses histoire de marquer son mécontentement. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
Petit coin d’espoir dans ce monde fou, les ex-patrons britanniques des banques RBS (la plus grosse perte jamais enregistrée par une entreprise au Royaume-Uni : 27 milliards d’euros en 2008) et HBOS, nationalisées par le contribuable anglais pour les sauver de la faillite, ont fait acte de contrition à Westminster avec quelques formules sans doute plus ou moins imposées du style : « je présente mes profondes excuses sans réserve », « nous sommes désolés de la tournure des évènements », « j’accepte pleinement ma responsabilité », « nous avons échoué à prédire ce qui s’est passé sur les marchés du financement » sans pour cela s’empêcher de tempérer leurs fautes personnelles par l’aveuglement collectif : « je ne me sens pas particulièrement coupable à titre personnel. »
Malgré tout, Sir Fred Goodwin, 50 ans, ex-directeur-général de RBS se fait servir une retraite à vie de 720 000 euros/an, sans doute pour bons et loyaux services, qui fait actuellement scandale à Londres où même le premier ministre s’en est ému.
Polémique sur la déontologie de la nomination du Sieur Pérol à la tête des Banques Populaires mariées en urgence avec les Caisses d’épargne, les unes et les autres coupablse d’avoir joué et perdu avec notre épargne. Le contribuable est appelé à la rescousse pour réparer les bêtises de la gestion passée d’une direction défaillante qui a voulu faire de la « banque d’affaires » avec l’épargne populaire. Que l’Etat nomme un patron de son cru alors qu’il met quelques milliards au pot se comprend. Que la commission de déontologie anti-pantouflage soit un peu bousculée en ces temps de crise ne nous empêchera pas de dormir. En revanche que la classe politique unanime reconnaisse a priori des compétences incontestables audit Pérol est pour le moins étrange.
Ce monsieur a traîné dans de nombreux cabinets ministériels puis a fait un petit tour à la banque Rothschild, archétype de la banque d’affaires, institutions dont on ne dira jamais assez combien elles portent une lourde responsabilité dans la crise actuelle. Peuplées de divas surpayées elles ont des années durant poussé les entreprises à se manger les unes les autres, mis dans la tête « des investisseurs » qu’ils pouvaient escompter jusqu’à la fin des temps des rendements de 15% et autres billevesées. Pérol fut l’un des leurs. Comme le remarque l’hebdomadaire Marianne, son cv est assez proche de celui de Messier lorsqu’il a pris les commandes de la Générale des Eaux et dont l’un comme l’autre n’ont guère eu à gérer vraiment que leur secrétaire… selon le mot de Jacques Calvet, l’ex PDG de PSA, lorsqu’il s’était opposé à la nomination de Jean-Marie Messier au sein du Conseil d’administration de la Générale des Eaux. On peut bien laisser le bénéfice du doute à Pérol pour le moment mais il n’est sans doute pas encore temps de crier au génie !
Extrêmement comique également dans cette affaire, c’est que Pérol lorsqu’il était chez Rothshild a participé à la création de la « banque d’affaires » Natixis, filiale commune des Banques populaires et des Caisses d’épargne, et source de tous leurs problèmes. Pour paraître à la hauteur dans les dîners mondains ces deux institutions ont créé leur banque d’investissement… qui a perdu 2,8 milliards d’euros en 2008, mettant ses deux maisons mère au bord de la faillite.
Pour diriger ce nouvel ensemble Banques Populaires / Caisses d’épargne le bon patron régional de l’une ou l’autre institution, les pieds sur terre, le bon sens vrillé au corps, loin des mondanités financières et de leur « exubérante irrationalité » aurait semblé plus raisonnable.
Madame Butterfly à l’Opéra Bastille ce soir. Toujours une grande pureté de la mise en scène de Robert Wilson et une immense émotion de la musique de Puccini.
La députée de Guyane Christiane Taubira ânonne les éternelles rengaines des départements d’outre-mer (DOM) : esclavage, continuité territoriale, départementalisation, et bla-bla-bla, et se plaint que lorsque l’on parle de la Lozère on ne parle pas de subventions à ce département mais de solidarité nationale, et bla-bla-bla.
Heureusement aussi on voit assez peu de manifestations dans les rues de Millau déclamant « la Lozère est à nous, pas à eux. ». Il s’agit maintenant seulement de savoir quand le contribuable national va lâcher pour payer les augmentations des bas salaires pour faire cesser la paralysie de l’île.
A l’embarquement à Orly pour Berne le chroniqueur surprend un bagagiste et un technicien, tous deux antillais, se marrer en créole sur le sort qui va être réservé aux escadrons de gendarmerie envoyés en renfort en Guadeloupe. Encore un peu de travail avant l’apaisement dans les Caraïbes françaises…
Un mort est tué par balles sur les barricades d’une Guadeloupe à feu et à sang depuis des semaines. Et nos départements d’outre-mer continuent à traîner leurs deux boulets que sont l’esclavage qui voient cohabiter sur des territoires limités les arrière-petits-enfants d’esclavagistes et d’esclaves, et la départementalisation qui relève de la plus grosse aberration administrative jamais commise par la République. On n’arrive à extraire ni l’une ni l’autre de ces épines profondément enfoncées dans la vie de ces populations. Accessoirement on pourra se demander si ces petites îles peuvent développer suffisamment d’activité pour faire assurer le même PIB par tête qu’en métropole. La réponse est probablement négative mais par contre régler les deux premiers sujets permettrait sans doute de mieux faire accepter le dernier.
La moustache la plus risible du CAC40, chef pompiste chez Total, affiche les plus gros profits d’une société française. Comme quoi on peut être clownesque et profitable.
Premier concert techno pour le chroniqueur et une soirée troublante en compagnie de Leila (Arab de son nom de famille, mais irano-anglaise de nationalité). Une boule de nerfs derrière un monceau de machines disposé un peu en arrière-gauche de la scène. Trois caméras filment les doits de la créatrice (on ne sait s’il faut l’appeler musicienne) qui courent sur les boutons, les contacts, les leviers, retransmis sur le mur du fond en alternance avec des animations féériques.
Leila s’est fait un nom au-delà du milieu technoïsant en ayant assisté Bjork dans la gestion de ses machines, sur disques et sur scène. Ecrasant sa cigarette elle démarre sur le titre le plus enfiévré de son dernier disque Blood, Looms and Blooms intitulé Mettle et qui semble déclencher l’enthousiasme des connaisseurs. Les rythmes montent rapidement en puissance par empilement de sons inqualifiables mais démoniaques et on se laisse emporter sans regret par la marée sonique qui n’est pas même flux et reflux mais une poussée à sens unique vers un paroxysme vibrionnant auquel la diablesse met soudainement fin en ramenant son bouton central sur le Off. Technicus interrompus, çà commence très brutal.
Et le reste du show est à l’avenant. On ne sait pas trop ce qui se passe au milieu des fils et des machines mais on se laisse prendre par ce qui en sort : un son étrange et diffus, qui pourrait paraître déconstruit si on ne le savait guidé par l’implacable mathématique des ordinateurs qui le diffuse. Des boucles sans fin teintées du romantisme de l’artiste ; parfois tout déraille, se tend, se distord, pour revenir à la mélodie obsessionnelle qui structure chaque morceau.
Trois chanteurs tentent de façon intermittente d’accompagner cette musique martienne. La tâche parait impossible et pourtant ils y réussissent avec délicatesse, dont Roya, sa sœur, aérienne. Un homme qui arrive lui aussi à poser sa voix douce au cœur de cet enfer électronique avec une grâce désarmante. Et une diva argentée que l’on croirait directement sortie du Cinquième Elément.
Parfois la musique se fait langoureuse et plus humaine, Leila change d’humeur. Au final, un spectacle pas toujours facile à comprendre mais un indicible envoutement pour cet incroyable et complexe univers dans lequel une perse londonienne nous a plongés avec furie et doigté.
Filastine en warm-up, même modèle en plus jeune et débridé. Un platineur épisodiquement accompagné d’une violoncelliste qui mêle les sanglots de son instrument aux déraillements de l’électronique. Le duo est audacieux. Lorsqu’il quitte ses platines, l’espagnol encapuchonné frappe sur un caddy de supermarché avec frénésie et originalité.
Le chroniquer se fait traiter de gauchiste par la nouvelle garde de ses collègues de bureau lors d’un déjeuner Chez Dédé où il marque son intérêt pour les émissions politico-culturelles de Frédéric Taddeï le soir sur France 3. A sa question étonnée sur ce qu’ils reprochent à cet animateur il lui est répondu qu’hier soir en fait il y avait un match de fouteballe qui a remporté leurs suffrages… Ils sont étonnants ces soi-disant jeunes, ils ont entre 25 ans et 30 ans et ils sont déjà branchés sur le ballon rond dribblé par des divas anabolisées, plutôt que des émissions intelligentes et sereines qui laissent des intellectuels et des politiques s’exprimer calmement (en principe…) sur des sujets de la pensée ! Le plus drôle est que la garde privée des amis du chroniqueur, évoluant dans la recherche ou la musique, le prennent pour un indécrottable réactionnaire au service du grand capital.
Le procureur américain de l’Etat de New York adresse une lettre au président de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants le 10 févier pour expliquer le résultat de ses investigations aboutissant à la conclusion que, au bord de la faillite avec 27 milliards de pertes sur l’année 2008, quelques jours avant de se faire racheter par Bank of America, sous l’impulsion et avec les sous du contribuable, américain distribuait des centaines de milliards de dollars d’aide, la direction de Merrill Lynch a versé 3,6 milliards de dollars de bonus à 700 de ses cadres et s’est octroyée une très grosse part :
Les quatre premiers bonus ont reçu 121 millions de dollars
Les quatre suivant 62 millions,
Les six suivant 66 millions,
14 personnes ont reçu des bonus de plus de 10 millions, totalisant 250 millions
20 personnes ont reçu des bonus de plus de 8 millions
53 personnes des bonus de plus de 5 millions
149 personnes des bonus de plus de 3 millions
Au total, les 149 plus gros bonus représentent 858 millions. Et 696 personnes ont reçu des bonus d’un million ou plus.
Dans le même temps le contribuable américain avait annoncé qu’il investirait 20 milliards de dollars dans le sauvetage de Merrill Linch et offrait une garantie de 188 milliards contre les pertes futures de son portefeuille. Le patron de Merrill vient d’être débarqué par Bank of America pour ces broutilles plus les frais d’1,2 de dollars qu’il venait d’engager pour la rénovation de son bureau. Les bras continuent de nous en tomber en de désespérés moulinets avant de frapper sinistrement le sol…
Il n’y a pas de morale dans le capitalisme. Nous le savions déjà mais l’affaire de la banque belge Fortis vient le confirmer. Les actionnaires d’ABN AMRO qui avaient décidé l’an passé « d’extraire de la valeur » en démantelant leur banque vendue par tranches à Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander s’en sont bien tirés. Le prix fixé juste avant la crise a semble-t-il été rémunérateur mais du coup RBS et Fortis sont au tapis et les contribuables nationaux renflouent. Santander est à genoux mais cette fois-ci à cause de Madoff.
Ils sont 4 écossais, ils sont mignons, ils sont proprets, ils ont écrit un tube FM qui s’appelle Sing, ils sont un peu ennuyeux et ils sont ce soir au Grand Rex. Nous aussi ! Leur musique est tristounette comme un jour de brume sur les Highlands avec comme seule perspective de rayon de soleil métaphorique, un verre de Guinness au pub enfumé du coin de la rue sombre et luisante de pluie.
Des guitares acoustiques & électriques foisonnantes, une rythmique enjouée sur une voie un peu plaintive, plutôt lancinante. Ils jouent avec leur cœur une musique honnête et sincère, genre pop plutôt démodée, mais étonnamment appréciée par le public bien habillé qui remplit cette grande salle, étape de la tournée internationale de Travis. Et après avoir entendu le banjo de Sing, tout le monde peut rentrer à la maison avec le sentiment du devoir accompli :
Youve been waiting in the sun too long/ But if you sing, sing, sing, sing, sing/ For the love you bring wont mean a thing/ Unless you sing, sing, sing.
Vous avez aimé la Charte des Investisseurs en capital ? Vous allez adorer la future Chartre de la rémunération des professionnels des marchés financiers à publier bientôt par la Fédération bancaire française. De même qu’il n’y a plus une entreprise cotée qui n’affiche ses « valeurs », en interne comme en externe, toute fédération professionnelle, et particulièrement celles objet d’attaques médiatiques, se croient obligées de sortir leur « charte éthique » pour faire bonne figure. Celle annoncée par la FBF est belle et bien bonne mais elle ne pose pas la vraie question qui est de savoir si des rémunérations de plusieurs dizaines de millions (ou même simplement plusieurs millions) d’EUR sont justifiables pour des individus qui jouent l’argent des autres ?
Rémunération des professionnels des marchés financiers : la FBF adopte des principes communs La FBF a adopté les conclusions du groupe de travail relatives à la rémunération des professionnels des marchés financiers. Ce groupe, mis en place à l’initiative de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et présidé par Georges Pauget, Président de la FBF, a réuni les associations professionnelles*, l’AMF, la Commission bancaire et la DGTPE afin d’élaborer des principes professionnels. Les conclusions vont être transmises à Mme Lagarde, en vue de la prochaine réunion du Haut Comité de Place.
Dans le souci de l’intérêt économique général, les principes en matière de rémunération des professionnels des marchés financiers ont pour objet de renforcer la cohérence entre leur comportement et les objectifs à long terme de l’entreprise qui les emploie, particulièrement dans le domaine du risque. Les superviseurs (CB, ACAM, AMF) examineront les systèmes de rémunération des professionnels à la lumière de ces principes, afin d’évaluer les risques.
Mgr Gaillot apporte son soutien à Ivan Colonna condamné pour le meurtre du préfet Erignac en Corse. Toujours là où il faut le monseigneur. L’Eglise catholique se distingue en ce moment ! Le condamné est en appel. Ses petits camarades du commando assassin l’avaient dénoncé avant de se rétracter, et d’endosser le meurtre par l’un d’entre eux condamné à perpétuité.
Une liste de 163 pages des victimes de Madoff est disponible sur internet. On y trouve même les noms de son avocat, ses enfants, sa femme et son frère. C’était vraiment un escroc compulsif ce garçon ! Une dernière évaluation du montant de la fraude la ramène maintenant à 15 ou 25 milliards d’USD au lieu des 50 initialement annoncés. C’est déjà mieux mais moi qui ai déjà du mal à imaginer comment un patron de banque peut dépenser 50 millions de bonus annuel alors je ne comprends même pas comment un fraudeur peut dépenser 20 milliards. S’il a étalé ceci sur 20 ans cela fait 1 milliard par an. On achète quoi avec 1 milliard par an ? 10 000 Ferrari à 100 000 USD pièce ? 100 duplex sur la 5ème avenue à 10 millions l’unité ? C’est tout simplement insensé
Davos et ses mondanités nous ont offert un vrai festival de retournements de veste et de faux-jetonneries :
Poutine qui explique que la croyance aveugle dans l’omnipotence de l’Etat… « est dangereuse pour l’économie »
Alan Greenspan, ancien patron de la banque centrale américaine, est désormais voué aux gémonies pour avoir inondé la planète de liquidités et favorisé le surendettement globalisé
Jean-Claude Trichet est désormais cité en exemple lorsqu’il continue d’affirmer avec constance ce qu’il explique depuis 10 ans, notamment que les marchés se trompent
Henry Kravis, l’un des patrons-propriétaires d’un des fonds de « private equity » les plus rapaces de la planète déclare : « Si nous en sommes là, c’est parce que nous nous sommes trop focalisés sur le profit. »
The Stranglers sont de retour, et à l’Olympia qui plus est, excusez du peu ! Fidèle au public parisien depuis les premières heures punk, et les revoilà chez nous pour un best of de leur carrière, juste pour le plaisir et sans les obligations de la promotion d’un nouveau disque.
La même équipe qu’en 2007 à la Cigale : Jet Black semble être définitivement rangé des voitures même si JJ se croit de nouveau obligé de l’excuser en présentant son « fils bâtard » et ex-roady qui le remplace toujours aux baguettes, Dave derrière ses étages de claviers rouges et ses verres de bière, Baz et Jean-Jacques aux guitares ; tout ce petit monde est habillé de noir comme il se doit et se produit derrière l’immense logo rouge du groupe plaqué sur tenture noire.
Les Stranglers nous déroulent la bande-son de nos années rebelles, un pêle-mêle des chansons de ce temps où nous avions… leur âge, déjà ! Pressé de démarrer ils interrompent la petite ritournelle de Waltzinblack pour entonner Get a Grip et un enchaînement 70’s extrait de Rattus Norvegicus, sorti il y a trente ans, qui déclenche un pogo endiablé du fan-club britanno-écossais massé aux premiers rangs, et un sourire plus mélancolique des quinqua : Walking on the beaches looking at the peaches ânonnent nos quatre salopards qui enchaînent sur Nice ‘N’ Sleazy où Baz plaque cet accord obsédant sur sa guitare noire en gambadant sur le devant de la scène alors que Dave laisse parler l’électronique.
Il faut compromettre pour les plus jeunes alors la set-list s’oriente vers les années tubes, enfin façon de parler pour les étrangleurs chez qui la notion de hit est toute relative, avec notamment Spectre Of Love, Skin Deep, Always The Sun, toujours mélodiques et agréables à entendre. Et un retour en force vers du Stranglers pur jus qui termine le show sur Tank.
La température est élevée dans la fosse de l’Olympia, l’humidité maximum et l’assistance prête à être achevée par une dernière rafale 70’s ! Le coup de grâce dans la nuque est donné avec No More Heroes, avant que les héros presque pas fatigués rentrent retrouver la noirceur des coulisses sans manquer d’avoir remercié la direction de l’Olympia qui a « osé » les inviter dans ce music-hall si parisien et le public qui les a privilégiés au détriment du Sarko-show sur la télé ce soir à la même heure ; succès garanti dans l’assistance.
Les Stranglers furent réjouissants ce soir, épanouis et ironiques, la violence a laissé place à une sourde autodérision, JJ hilare descendant ses lignes de basse ou jouant au chat et à la souris avec Baz, qui l’eut cru ? 35 années de punk-rock mâtiné new-wave et toujours à votre service. Le monde a changé, eux aussi, nous presqu’un peu si ce n’est que nous aimons toujours aussi férocement ces flashback vers notre passé révolu. Alors les gars, même si Something Better Change a déclenché un hourvari de vieux fans, ne changez rien et à l’année prochaine.
En première partie Kim Novak, groupe français. Dehors les affiches du concert de Hugh Cornwell à La Java les 31 mars et 1er avril.
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Set list : Get A Grip (On Yourself) (Rattus Norvegicus – 1977)/ Five Minutes (No More Heroes – 1977)/ Peaches (Rattus Norvegicus – 1977)/ Nice ‘N’ Sleazy (Black And White – 1978)/ Spectre Of Love (Suite XVI – 2006)/ Skin Deep (Aural Sculpture – 1984)/ No Mercy (Aural Sculpture – 1984)/ Always The Sun (Dreamtime – 1986)/ Strange Little Girl (The Collection 1977-1982)/ Golden Brown (Feline – 1983)/ The Raven ( The Raven – 1979)/ Thrown Away (The Gospel According To The Meninblack – 1979)/ Walk On By (Bonus track – Black And White – 1978)/ Hanging Around (Rattus Norvegicus – 1977)/ Straighten Out (All Live And All Of The Night – 1988)/ Big Thing Coming (Norfolk Coast – 2005)/ All Day And Of The Night (Cover’s The Kinks)(Greatest Hits 1977*1990 – 1992)/ Duchess (The Raven – 1979)/ Tank (Black And White – 1978) Encore 1 : Nuclear Device (The Raven – 1979)/ Something Better Change (Greatest Hits 1977-1990) Encore 2 : No More Heroes (No More Heroes – 1977)