Un enchantement de lumière, un foisonnement couleurs inspirés des paysages de Seine autour de Paris, de Normandie, du sud de la France, de Venise ou d’Alger. Les vues marines de la Méditerranée débordent de bleus, de nuances subtiles dans lesquelles on se perd en rêveries infinies. Les musées britanniques sont superbement entretenus, les audio guides merveilleusement documentés. Ah, la culture de notre vieille Europe déclinée sur les bords de la Tamise, quel bonheur !
Blog
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Roth Philip, ‘La Tâche’.
Sortie : 2000, Chez : . Un roman puissant sous la plume d’un grand écrivain américain. On y retrouve les cotés sombres de l’Amérique, le traumatisme de la guerre Vietnam, l’influence de la ségrégation, qui forment l’environnement dans lequel évoluent des personnalités complexes dans une petite ville universitaire des Etats-Unis. Un héros qui renie ses origines et court après la reconnaissance. Un roman haletant qui se termine par l’anéantissement des protagonistes.
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« Gilbert & Georges » à la Tate Modern de Londres
On découvre le monde étrange de ces deux zigotos, fait de gémellité et de symétrie, d’homosexualité, d’auto-contemplation et de dérision. D’immenses compositions murales faites de photographies, de dessins et d’humour ; l’atmosphère est aussi glacée que le papier photo utilisé. Tout paraît symétrique mais ce n’est qu’asymétries de couleurs, de personnages et d’horizons. Très intéressant et original.
On quitte la galerie en passant par une salle Rothko toute en teintes ocres et obscures.
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Saint JP II
Le pape Jean-Paul II va être béatifié. Dans son dossier de certification ISO du miracle réalisé figure la guérison de la maladie de Parkinson d’une bonne-sœur, deux ans après la mort de Jean-Paul ! Elle aurait passé une nuit en dévotion et de prière tournées vers notre pape défunt et se serait retrouvée guérie. Tant de sornettes sont-elles vraiment nécessaires au dogme ou tout simplement pour reconnaître la valeur d’un homme ?
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Abrutissement des masses
Le nouveau thème populiste à la mode électoraliste porte sur l’identité nationale et le drapeau bleu-blanc-rouge ! Deux gamines adolescentes à qui l’on demande à quoi sert le drapeau national répondent la bouche en cœur : « c’est pour la coupe du monde »… Il va falloir sacrément doter le budget du futur ministère de l’identité nationale pour inverser la tendance.
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Bryan Ferry – 2007/03/26 – Paris le Grand Rex
Bryan Ferry au Grand Rex, la salle attitrée de ses séjours parisiens, mais l’étoile aujourd’hui sur scène n’arrive plus à briller aussi fort que celles peintes au plafond du hall, inanimées et toujours resplendissantes. On en éprouve des regrets car l’homme est toujours tellement attachant. Son Dylanesque sorti quelques jours avant le show est intéressant. Trémolo vocal et orchestrations soignées civilisent le coté brut de la voix et des chansons de Bob Dylan.Après son superbe As Time Goes By, reprises de classiques jazz, Ferry poursuit dans les remakes de la musique qu’il a aimé. Et même de déclarer à Libération : « On m’a suggéré John Lennon -beau répertoire. Neil Young ? Je chanterais bien Lou Reed ; pour reconstituer son Velvet Underground, la touche New York… ». La suite est à venir, Bryan sur Pale Blue Eyes… ça pourrait être fameux !
Le présent est pour Dylan : un groupe imposant avec un pack de trois guitaristes dont l’indéboulonnable Chris Spedding et un nouveau venu, Oliver Thompson, jeune blondinet androgyne fringué comme le pirate des caraïbes et plutôt virtuose. Toute une troupe de musiciens/choristes, sous la direction du maestro pianiste Colin Good, et qui fait un peu tapisserie.
On se demande si le nombre est vraiment nécessaire sinon pour faire illusion à la baisse de régime de Ferry. Eh oui, l’artiste commence à se rapprocher de la ligne rouge. Un peu d’embonpoint, beaucoup de transpiration, lecture de ses textes… Tout ceci est un peu douloureux pour les quinquas assis dans les larges fauteuils en skaï usé du Grand Rex à qui il renvoie l’image de leur propre décrépitude. Alors pour nier cette triste réalité quelques spectateurs se croient obligés d’aller se dandiner dans les allées sur Don’t Stop The Danse. Mais il faut tenir le rythme…
Bon, n’en rajoutons pas trop ! Ferry reste l’éternel séducteur à la voix de velours et lorsqu’il sort son harmonica sur Knockin’ On Heaven’s Door tout le monde fond d’émotion. Et quand démarre l’intro de Watchtower on suit le groupe avec enthousiasme sur cette version appuyée du classique dylanien repris par Hendrix, U2 et tant d’autres.
La comète Ferry a voyagé depuis trois décennies dans un espace musical unique, fait d’énergie désabusée et de douceur revigorante, nous captant dans sa lumineuse attraction. Nous rentrons aujourd’hui dans une zone de turbulences mais faisons confiance à l’élégance innée de Bryan pour négocier au mieux un atterrissage en douceur.
Set list : The ‘In’ Crowd/Kiss And Tell/ Just Like Tom Thumb’s Blues/ Positively 4th Street/ This Island Earth/ The Times They Are A-Changin’/ Knockin’ On Heaven’s Door/ Jealous Guy/ Don’t Stop The Dance/ Love Me Madly Again/ Body And Soul (Instrumental)/ When She Walks In The Room/ Casanova/ Simple Twist Of Fate/ Make You Feel My Love/ Gates Of Eden/ Tokyo Joe/ All Along The Watchtower/ A Hard Rain’s A-Gonna Fall/ Let’s Stick Together/ Love Is The Drug
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Terrorisme en Europe
Une terroriste du groupe allemand RFA (Fraction Armée Rouge), Brigitte Mohnhaupt, est relâchée après plus de vingt années d’emprisonnement. Elle ne regrette rien. Batisti bientôt réemprisonné en Italie, la vieille Europe a du mal à se sortie de son passé terroriste.
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The Musical Box – 2007/03/24-25 – Paris l’Olympia
Le groupe canadien The Musical Box continue à surfer avec talent sur la vague rétro et passe à l’Olympia nous réinterpréter Foxtrot et Selling England by the Pound. Après The Lamb… l’an passé, la recette est toujours efficace, la performance reste virtuose. Réservé exclusivement aux ultra-spécialistes nourris aux notes enrichies de Genesis. Les vieux fans de ce groupe de légende sont comblés par ce feed back sur leurs années 70’s et l’époque des opéras rock, quand l’ampleur de cette musique obsédait nos oreilles et les étranges contes de Peter Gabriel fascinaient nos neurones à la (vaine) recherche de créativité. Et tous n’ont pas eu la chance (ou l’âge suffisant) de les voir sur scène.
Alors, après avoir tellement admiré cette musique et ses créateurs-interprètes, les revoir ce soir, même clonés, est un enchantement teinté de nostalgie. Il n’y a pas une note qui déroge au modèle, pas un costume qui n’est point d’époque. Comme si de rien n’était, Genesis est à nouveau devant nous et nous allège un peu du misérable petit tas de secrets de nos existences, accumulé au cours des trente années passées. L’Ange Gabriel revient dans nos consciences embrumées agiter le petit lampion de ses facéties et de son génie comme il l’a fait tout au long de nos existences : The sands of time were eroded by/ The river of constant change.
A la sortie, dans les coulisses, François Gagnon le guitariste attend sagement devant les vestiaires. Il vient de nous jouer de manière envoutante les envolées électrifiées de Firth of Fifth, et nous explique qu’il n’avait pas l’âge d’écouter Genesis à l’époque mais a travaillé cette musique sur le tard pour la rejouer de façon si proche du modèle d’origine.
On parle de la prochaine dissolution de The Musical Box. Ephémère et magnifique expérience d’une œuvre éternelle !
Set list du 24 : Watcher of the Skies, Can Utility and the Coastliners, The Musical Box, Get’em out by Friday, Supper’s Ready, The Return of the Giant Hogweed
Encore : The Knife, The Fountain of Salmacis
Set list du 25 : Watcher of the Skies, Dancing with the Moonlit Knight, The Cinema Show, I Know What I Like, Firth of Fifth, The Musical Box, More Fool Me, The Battle of the Epping Forest, Horizon, Supper’s Ready
Encore : The Knife
Lire aussi : The Musical Box – 2005/05/18 – Paris l’Olympia
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L’immigration et les DOM
Inattendu ! La Guadeloupe acclame Sarkozy qui annonce à Pointe-à-Pitre son projet de ministère de l’immigration et de l’identité nationale ; au même moment Bayrou se fait applaudir à la Réunion quand il annonce vouloir remettre en cause le droit du sol pour empêcher les Comoriennes de venir accoucher à Mayotte !
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Dictateurs malins
Le président iranien Ahmadinejad succède à son homologue syrien Bachar El Assad sur le plateau du journal télévisé de France 2. Ils sont malins ces deux-là et maîtrisent parfaitement communication et marketing. L’iranien affirme avec un petit sourire ironique que l’enrichissement de l’uranium n’est pas illégal, son ami syrien s’exclame : « mais quel est le problème avec la France ? ». On leur donnerait le bon dieu sans confession.
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Molly Johnson – 2007/03/20 – Paris l’Européen
Le Canada est à Paris, après le rock flamboyant d’Arcade Fire, le rock progressiste de The Musical Box voici venu le temps du jazz avec Molly Jonhson et du cabaret-pop de Lenni Jabour qui fait la première partie de ce concert à l’Européen.

Lenni entre en robe vaporeuse pour s’installer résolument derrière le piano à queue. Elle interprète devant des spectateurs curieux ses douces mélodies aux mots sucrés. Frappant l’ivoire elle fait onduler ses épaules où trône un papillon tatoué qui prend son envol pour semer ses rimes dans nos cœurs attendris. Elle nous invite à cette ballade dans son monde léger, mais grave et envoutant. Chacun la suit dans cette pérégrination intime dans les rues de son âme peuplées de notes, bordées de nostalgie :
I ride all night and I’m allright/…/ But it’s green where I go and no one knows me/ I ride – stripclub lights my only guide/ I’m awake more than in a long time.

Molly lui succède avec son groupe. Métis black anglophone elle a l’assurance d’une professionnelle de longue expérience, des musiciens tranquillement excellents et même en guest star un accordéoniste français. Sa musique n’est que pure élégance, celle d’un jazz venu du nouveau monde : clair, doux et évident. Parfois mélancolique comme la vie qui passe, souvent joyeuse comme un dimanche dans les bras de l’être aimé :
Let the world slip away/ On this almost perfect afternoon/ Can’t we stay in bed all day/ Just this one day, this golden Sunday with you.
Comme pour transcender le romantisme qui souvent marque ses compositions Molly parle avec profusion entre les morceaux, au milieu de grands éclats de rire, de son engagement dans la lutte contre le sida dans les pays pauvres pour introduire une très belle reprise de Streets of Philadelphia de Springsteen, du désir du Canada de garder le Québec dans la barque, …, mais c’est quand elle chante qu’elle séduit définitivement son audience. Une voix qui vagabonde sur les chemins ordinaires de la vie, mis en musique avec tact et harmonie.
almost-April 2007 (a note on a napkin, in a corner cafe in the 4e)
Monsieur,
bonne nuit –
I expect to dream
of kings and café crèmes,
stars and stairs,
of thin arms and thin air.
Believe you me darling: the world has changed
a pocket’s worth only –
but enough so my eyes changed colour again
and I can write your name with my broken pen
S-E-I-N-E
I’ll laugh out loud like I used to, then
at how even your smallest of smiles
can lift the lovely dresses of one million mademoiselles.Monsieur, oh also:
how terribly I will miss you,
and I don’t even know you
(drifting off to sleep).C’était une soirée avec deux poètes canadiennes !
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Arcade Fire – 2007/03/19 – Paris l’Olympia
Arcade on Fire
Incroyable concert d’Arcade Fire ce soir à Paris. Un souffle gigantesque a balayé l’Olympia, un énorme enthousiasme a électrisé les 3 000 chanceux spectateurs du premier show français de la tournée Neon Bible.
Après la prestation sympathique des trois jeunes donzelles britanniques de Electrelane, l’entracte n’en finit plus de s’éterniser face à l’amoncellement d’instruments installés sur les différents niveaux de la scène. Les bières circulent dans la foule compacte et surexcitée, les cigarettes s’allument en douce puis les lumières, enfin, s’éteignent. Des bibles électroniques sont reproduites à l’infini sur les écrans et rien ne se passe. Mais la porte d’entrée des spectateurs s’ouvre sur notre joyeuse bande qui se fraye, difficilement, un chemin, portant guitares, violons, archets et porte voix pour s’installer au milieu de la fosse. Et ils entament Wake Up au mégaphone au milieu de spectateurs hallucinés : Somethin’ filled up my heart with nothing’, someone told me not to cry. But now I’m older, my heart’s colder, and I can see that it’s a lie…
Ils rejoignent la scène et le spectacle continue. Une bande de doux cinglés prennent alors le contrôle d’un improbable show, Arcade Fire est à Paris ; provenance : Montréal, Canada ; destination : le sommet infini de notre désir de musique. Black Mirror démarre sous les spots et nous découvrons onze illuminés accrochés à leurs instruments : guitares, cordes, cuivres, micro et mégaphone, même une vielle branchée sur un ampli. Les mecs ont des allures d’émigrants vers la grande Amérique, les filles sont en robettes noires à nœud-nœuds, on les croirait sorties de l’école catho du coin : I walked down to the ocean/ After wawing from a nightmare/ No moon no pale reflection/ Black mirror black mirror.
Black mirror black mirror black mirror… et sa rythmique pesante nous fait plonger du haut d’une falaise pour monter à l’assaut du grand fleuve de tous nos sens. Ce groupe impressionnant nous emmène au plus profond de notre plaisir cérébral, déchaînant un torrent de jouissance ébahie. C’est un bouillonnement d’énergie à coté duquel le barrage des Trois-Gorges relève du siphon de lavabo. On coule dans le ressac des riffs, on pousse fort pour aspirer une nouvelle goulée d’air frais pour replonger en apnée dans une folie rythmique et vocale. Les compositions de Neon Bible nous sont lancées comme des bouées ! Les reprises de Funeral ajoutent à la furie ambiante.
Sur scène c’est un véritable capharnaüm. Les uns courent en drumant tout ce qui leur tombe sous la main, les autres échangent leurs instruments entre les morceaux. Les femmes violonistes tiennent tambourins et archets dans leurs deux mains et chantent dans leurs micros en même temps qu’elles jouent et dansent. Tous sèment le sillon profondément creusé dans le terreau de notre lobe musical.
Win Butler, chanteur-guitariste texan et Régine Chassagne, chanteuse-multi-instrumentistes canadienne, forment le cœur du réacteur Arcade Fire. Le premier a des allures et une voix à la David Byrne. Régine ballade ses airs polissons de long en large sur la scène en mimant une gestuelles saccadée, comme stroboscopée.
Au milieu du show elle nous dévide une impressionnante version rock de Poupée de cire Poupée de son, malaxée à l’aune d’une inspiration torride et urgente. En écoutant ce feu, Gainsbarre a du apprécier, rigoler et allumer une Gauloise au paradis des poètes. Et lorsqu’après avoir joué Ocean of Noise sur l’orgue d’église perché en étage Régine descend pour appuyer au piano les accords obsédants de Rebellion (Lies) le barrage qui arrivait encore un peu à canaliser l’énergie explose brutalement déversant sa fureur sur la fosse de l’Olympia : Everytime you close your eyes. Lies!!!/ Ouhuhuhuh, ouhhuhuhu, ouhhuhuhu… Tout a cédé, les spectateurs balayés tressautent sous l’assaut du flot des notes et des voix, le sol n’est plus que vibration, la foule en syncope ondule mécaniquement, onze musiciens d’anthologie ont tiré la bombe et déclenché le feu nucléaire d’une émotion totale : Everytime you close your eyes. Lieieieieieieies!!!
Les musiciens terminent sur Intervention, aussi épuisés que les spectateurs. La scène est dévastée, les cœurs sont chavirés, les esprits bouleversés. Après le rappel des Neighbourhood #2 et #3 les parisiens refusent de quitter la fosse sans revoir les Arcade. Vingt minutes d’acclamations vaincront nos guerriers qui reviennent, déjà habillés pour sortir, et jouent un inattendu In the Backseat !
Ce soir nous avons eu l’aperçu d’une œuvre collective, oh combien, composée et jouée par un groupe unique et inclassable. Il y a l’inspiration des grands espaces dans cette musique et l’énergie du Nouveau Monde dans ses rythmes et ses décibels, des textes sombres et puissants ; une musique accomplie, permanente, émouvante, riche, novatrice, qui nous colle à leurs auteurs/interprètes comme de la limaille à un aimant. Un vrai bonheur, foisonnant, luxuriant, épuisant, fascinant. C’est l’ouragan Arcade Fire, tout simplement !
Set list => Wake Up, Black Mirror, Keep The Car Running, No Cars Go, Haiti, Poupee de Cire/Poupee de Son [France Gall cover], Black Wave/Bad Vibrations, My Body is a Cage, Neon Bible, The Well And The Lighthouse, Ocean of Noise, Rebellion (Lies), Neighbourhood #1 (Tunnels), Intervention
Encore : Neighbourhood #2 (Laika), Neigbourhood #3 (Power Out) ,
Encore 2 : In the Backseat -
« David Lynch, The Air is on Fire » à la Fondation Cartier
Exposition David Lynch à la Fondation Cartier : sombre, inquiétant, ou le cheminement difficilement compréhensible de la création chez cet artiste américain multi-facettes. Des tableaux déroutants mi-peinture mi-sculpture, des montages numériques sur base d’anciennes photos érotiques, des décors recréés, des photos de grisaille industrielle, d’environnements tristouilles. Les personnages, réels ou figurés, sont dévastés, tronçonnés, torturés, floutés. Bacon, Lynch, Rothko…, quel sang coule dans les veines de ces géants, quelle confusion transite leurs neurones hallucinés pour produire un tel chaos ?
Lynch est aussi musicien. Il a donné un concert lors de l’inauguration où de pressait le tout Paris intello. Il organise des soirées nomades en mai où il présentera des musiciens qu’il aime et dont la musique est liée de près ou de loin à l’univers de l’artiste.
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Bye-bye Chirac, et bonne retraite
La presse européenne enterre Chirac après son discours de renoncement de dimanche dernier. Il en prend pour son grade sur le thème ce gars est sympatoche mais n’est capable que de beaux discours en y disant tout et son contraire. Globalement la seule chose qui soit porté à son crédit est d’avoir prévu la catastrophe irakienne.
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« Requiem de Verdi » à la Salle Pleyel
Requiem de Verdi Salle Pleyel est dirigé ce soir par Christian Esembach dans une salle Pleyel rénovée. Le résultat est magnifique. On est pas bien sûr d’y avoir ressenti une différence en termes d’acoustique bien que les travaux aient été menés par les meilleurs spécialistes en ce domaine, mais l’esthétique est superbe, tout de blanc, un peu glaciale.
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Le pape rappelle le règlement
Notre bon pape Benoît XVI pond une exhortation apostolique où tout y passe : du refus du mariage des prêtres au retour à la messe en latin, de l’interdiction de sacrements aux divorcés-remariés au découragement de l’introduction dans le chant liturgique de genres musicaux qui ne sont pas respectueux de la liturgie. Bref, un bon petit programme catholique qui semble néanmoins poser des problèmes à certains spécialistes de la question, journalistes au Monde ou chercheurs au CNRS.
A quoi s’attendent-ils ces braves gens ? A ce que Benoît se transforme en démocrate participatif et copie Ségolène en organisant des émissions populaires sur TF1 ? Ils confondent tout simplement le dogme et la démagogie. A-t-on déjà vu un idéologue, qui plus est de droit divin, prendre le pouls de ses électeurs ? Certainement pas puisqu’il détient la science infuse en direct du Tout Puissant. Il n’a pas besoin de compter ses voix.
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Chirac : la fin
Le président Chirac n’arrive pas à se résoudre à soutenir un candidat qui ne soit pas lui. Si effectivement il ne se représente pas, cela va lui arracher le cœur d’appuyer Sarkozy, il le fera sans doute au dernier moment et en catimini. Quelle vanité coule dans le sang de ces grands requins de la politique, quelle rancœur anime ce vieil homme à l’encontre de celui qui l’a trahi !
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Economiste mondain
Elie Cohen fait le (brillant) économiste de salon ce matin sur France-Culture pour régler son compte au dossier EADS-Airbus. Tout le monde en prend pour son grade, politiques et managers, il semble qu’il n’y ait que lui pour avoir la vision juste de ce qu’il aurait fallu faire dans ce groupe. Et de nous expliquer que l’absence de chef unique aurait poussé la partie allemande à refuser d’utiliser un logiciel recommandé par le groupe, d’où l’accident industriel, les défaillances de câblage et les retards conséquents dans les livraisons. Ceux qui connaissent un peu les Allemands dans le domaine professionnel et leur sens rigide de la discipline, ont tout de même du mal à imaginer qu’ils auraient dérogé aux règles rien que pour embêter les Français avec les conséquences que l’on découvre aujourd’hui… Les choses doivent sans doute être un peu plus complexes.
Cohen vante par ailleurs le caractère privé de Alcatel-Lucent qui pourra mener à bien ses licenciements sans interventionnisme politique, tout en critiquant Tchuruk qui a remis les clés de la maison à une boîte américaine. Il parle de Chirac qui a soutenu bruyamment Forgeard, un de ses anciens conseillers, aux commandes d’Airbus et l’a poussé à la tête d’EADS avant qu’il n’en soit éjecté avec pertes, fracas, indemnités et plus-values.
Moi je veux faire économiste mondain quand je serai grand !
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La France s’enfonce en Afrique
Une escouade rebelle centrafricaine attaque un détachement militaire français au nord-est du pays. La France riposte à coups de Mirage F1 que l’on fait venir du Tchad pour canarder depuis les airs ce qui sera sans doute l’ossature de l’armée centrafricaine après que les « rebelles » d’un jour seront devenus les forces « loyales » du lendemain. Qui sait, en voulant faire voir qui est le patron, nos galonnés franchouillards ont-ils blessé un 2ème classe, futur ministre de la défense ?
Mais que fait-on encore dans cette galère ? Nous avons pourtant vu de nos yeux vu le départ « définitif » de l’armée française de son condominium bantou lorsque nous traînions dans ces contrées sauvages il y a une dizaine d’années ! Et on ressert le couvert ; quelle abnégation ou quel aveuglement militaro-politique. Comme il y a dix ans, il n’y a que des coups à prendre et strictement aucun bénéfice à engranger, pas plus pour la France que pour l’Afrique. Faire tirailler des Mirage sur des hordes dépenaillées et avinées au milieu de la brousse centrafricaine…, qui peut donner des ordres pareils dans les palais vieillissants de la République ? Les bras nous en tombent !
Au moins la Cote d’Ivoire a-t-elle l’air de s’assagir pendant ce temps. Un énième accord vient d’être signé entre rebelles et gouvernement en place. Comme ni la France ni l’ONU n’ont dû tordre le bras des signataires pour finaliser ce parchemin, sa durée de vie devrait être un peu plus longue que les n-1 précédents, quelques semaines tout au plus. Le créneau va être court, il faut en profiter pour retirer « définitivement » les 3 500 soldats français de l’armée néocoloniale qui stationnent encore dans ce pays bourbeux avant que les hostilités ne reprennent. L’art de la retraite en douceur, et que les Etats-Unis en prennent de la graine !
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Le chaos de l’Afrique centrale ne date pas d’aujourd’hui
Un intéressant article de Ngoupandé, ex-premier ministre centrafricain, dont j’avais connu le frère à Bangui. Il développe une analyse sur la traite arabe et ses scories actuelles dans le Darfour, une vaste et déserte région au carrefour du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique. Pendant des siècles cette immensité a été un vaste marché aux esclaves où s’effectuaient des razzias vers le Proche et Moyen-Orient. La conscience collective des populations noires de cette région est restée marquée par cette traite arabe. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la suite logique d’un « esclavage arabe » qui ne veut pas dire son nom. Ngoupandé insiste sur le caractère « racial » de ce drame dont la seule évocation dérange car révélateur de traumatismes anciens et de désunion actuelle entre les populations africaines. Pour exorciser cette Histoire qui n’a jamais donné lieu à repentance, il appelle les pays arabo-africains à condamner clairement les exactions des hordes janjawids. La patience est une vertu africaine, heureusement…
