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  • L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu

    L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu

    Un nouveau gouvernement français, dirigé par le premier ministre Sébastien Lecornu est tombé. Cette fois-ci il n’y a pas eu besoin de le pousser très fort. Le lendemain de son officialisation le parti Les Républicains a fait part de ses états d’âme sur la composition du gouvernement auquel lui-même participait. Devant cette perspective de coups de Jarnac annoncés par son « allié » le premier ministre a préféré jeter l’éponge et remis lui-même sa démission au président de la République sans qu’il y ait eu de motion de censure pour l’y contraindre.

    Il vient d’être reconduit comme premier ministre « de mission » pour faire adopter un budget par un nouveau gouvernement à désigner ce week-end. En vue de trouver non pas une majorité à l’assemblée nationale mais faire en sorte que le projet de budget puisse être discuté et amendé au parlement, le sujet central de la réforme des retraites de 2023 revient sur la table. Depuis son adoption la gauche politique et syndicale réclame sa suspension pour les plus coopératifs, son abrogation pour les autres.

    Mais voilà que le pouvoir actuel se demande comment faire voter son projet de budget 2026 dans une telle pétaudière politique sans que le gouvernement ne soit renversé par les forbans élus démocratiquement qui occupent les bancs de l’assemblée. Alors l’idée de « suspendre » cette réforme des retraites, qui est restée une obsession pour les partis de gauche et d’extrême droite, chacun agitant populisme et démagogie auprès de leurs électeurs, apparaît comme la seule bouée de sauvetage possible pour éviter que le Parti socialiste (PS) ne s’associe à une énième motion de censure.

    Les gens raisonnables sont inquiets par une telle hypothèse qui risque de se transformer en abrogation et qui, quel que soit le cas de figure, se traduira par des coûts non prévus. Il est inutile de revenir sur les arguments des uns et des autres qui sont bien connus, mais il est des situations où il faut trancher : la réforme des retraites et ses effets favorables à moyen terme vs. la survie d’un gouvernement pour les semaines à venir.

    De toutes façons la réforme de 2023, à peine adoptée, s’est avérée insuffisante pour supprimer les déficits futurs et il aurait fallu de toutes façons remettre une réforme à l’étude dans les années à venir. La suspendre aujourd’hui gèlerait à 62 ans et 9 mois l’âge légal de la retraite et la montée progressive vers les 64 ans serait reprise plus tard, à l’occasion de l’élection présidentielle de 2027 table-t-on. De même, la croissance du nombre minimum de trimestres de cotisation pour pouvoir faire valoir ses droits à la retraite serait aussi bloquée à 170 trimestres, même si issue de la réforme dîtes « Touraine » du nom de la ministre socialiste qui l’a portée en 2020. En agissant ainsi on ne fera que rapprocher l’échéance à laquelle il faudra y revenir pour reprendre ces progressions (âge légal et nombre de trimestres de cotisation) et sans doute la poursuivre au-delà de 64 ans.

    C’est, hélas, le prix qu’il faudra sans doute payer pour ne pas voir un troisième gouvernement tomber en quelques mois. Ce qu’on ignore à ce stade c’est si les aspects bénéficiant aux retraités seront également suspendus ? Alors on va sans doute encore retarder le moment de faire des économies, c’est une vieille habitude de la France qui ne respecte que rarement ses engagements financiers, elle n’y arrive tout simplement pas. Cependant elle réussit généralement très bien à exécuter ses budgets de dépenses, voire à les dépasser. Tant que le pays trouvera des prêteurs pour financer ses déficits cela risque de continuer ainsi car seule la contrainte semble en mesure de ramener le pays sur la voie d’une gestion plus raisonnable de ses finances publiques. Si cette suspension est prononcée elle aura aussi pour conséquence de faire du financement du système des retraites le point central des prochaines élections présidentielles. Ce n’est pas une bonne nouvelle.

    Pendant ce temps, rassurons-nous, à peine clôturé le bilan des dépenses publiques payées par le contribuable pour l’organisation des jeux olympiques d’été Paris 2024, la gabegie est relancée avec la préparation des jeux olympiques… Alpes Françaises 2030 !

    Grandeur et décadence de la démocratie !

  • Une belle jeunesse

    Une belle jeunesse

    Dans les dîners familiaux on écoute avec tendresse une jeunesse éprise d’absolu et d’égalitarisme prôner de « taxer Bernard Arnault » pour lutter contre les inégalités qui la choquent, tout en tentant de fuir le monde du travail pour réaliser une vie plus idéalisée. C’est l’éternel grand clash entre liberté et égalité affiché aux frontons de nos mairies et dans la pensée de Tocqueville. C’est beau comme l’antique !

    Qu’importe que ces fortunes ne soient pas, pour la majorité d’entre elles, tombées du ciel, mais aient été constituées par l’investissement et le travail, elles sont jugées illégitimes du fait de leur ampleur. Cette jeunesse pourrait avoir comme objectif de se lancer, prendre des risques et avoir des idées pour créer des affaires aussi florissantes que celles des milliardaires qu’elle honnit, mais nous sommes en France, alors, avec des ambitions différentes elle opte pour leur faire payer leur réussite, assorti d’un « on ne va pas les plaindre ».

    C’est sans doute ce qui différencie les mentalités anglo-saxonnes de celles des pays latins. Les « milliardaires » n’inspirent pas le désir de faire mieux, ils génèrent la rancune de ceux qui préfèrent les voir chuter à défaut de les imiter. On place son admiration où l’on veut.

    Il reste en France quelques jeunes entrepreneurs qui prennent des risques, et même certains qui réussissent car il y a peu d’élus, mais c’est ainsi que progresse un pays dans le monde libéral. Le reste de cette jeunesse idéalisée, entre deux congés sabbatiques, va se faire employer par ces entrepreneurs dont ils souhaitent ardemment écrêter les fortunes au nom de la « pureté » de leur conception de l’égalité.

    Quoi qu’il en soit, ces nouvelles générations vont bientôt prendre le pouvoir et sortir les « vieux » libéraux de leur prépotence. Elles auront tout loisir de « taxer Bernard Arnault » si telle est leur volonté démocratiquement partagée. En attendant il va quand même bien falloir composer avec une frange du pays qui ne semble pas encore totalement d’accord pour rogner la liberté au profit de l’égalité.

  • SANSAL Boualem, ‘Le serment des barbares’.

    SANSAL Boualem, ‘Le serment des barbares’.

    Sortie : 1999, Chez : Gallimard / Folio 3507.

    Encore un livre jouissif de Boualem Sansal, publié en 1999 à la fin de la « décennie noire » durant laquelle des terroristes religieux ont affronté les autorités algériennes. Ils se sont finalement inclinés mais la bataille a fait des dizaines de milliers de morts, souvent dans des conditions de barbarie effroyables.

    Le roman suit l’enquête d’un inspecteur de police, Si Larbi, proche de la retraite qui enquête sur un meurtre étrange, par égorgement, aux ramifications improbables. C’était une époque où un mort de plus ou de moins passait plutôt inaperçu mais l’enquêteur décide… d’enquêter. Il va alors mettre à jour des liens de la victime avec un passé dans les troupes de Messali Hadj, fondateur du Mouvement national algérien (MNA), décapité par le Front de libération national (FLN), durant la guerre d’indépendance, avec des années au service d’un colon agriculteur, d’abord dans l’Algérie française puis en France, avant de revenir à Alger, Rouïba plus exactement, se colleter avec la corruption endémique régnant dans le pays, le pouvoir confisqué par une caste militaro-politique inefficace, la population désabusée et passive, et, surtout, les petits arrangements entre les islamistes et les puissants.

    L’enquête de Si Larbi est en fait pour Sansal un prétexte pour parler de son pays d’origine et il le fait de façon cinglante et pleine de dérision, sa plume trempée dans l’acide. Le style est riche et foisonnant, utilisant à profusion la répétition de la même expression mais en des termes différents, faisant parfois un peu étalage de son vocabulaire. On a l’impression que ce livre relève de l’autothérapie d’un citoyen algérien désespéré par l’état de son pays et, surtout, des comportements de ceux qui la dirige et de ceux qui aspirent à prendre le pouvoir. Il n’épargne pas non plus, loin de là, ses concitoyens qui sont au mieux passifs, sinon acteurs, de l’effondrement moral, économique et politique de l’Algérie.

    Le mal a de beaux jours devant lui dans ce pays de cocagne malade de ses maux qui cherche gloire sur les chemins de la perdition.

    C’est sans doute ce livre de 1999 qui a fondé le divorce entre Boualem Sansal et son pays qui, vingt-cinq ans plus tard, le condamnera à cinq ans de prison pour « intelligence avec des parties étrangères ». Sansal, titulaire de la double nationalité franco-algérienne, commit l’imprudence de revenir en Algérie en 2024 et il est toujours en prison à l’heure qu’il est. Les dirigeants de ce pays semblent avoir beaucoup moins le sens de l’humour que Sansal.

  • « Left-handed girl » de Tsou Shih-ching

    « Left-handed girl » de Tsou Shih-ching

    C’est un film doux et intimiste présenté par le réalisateur taiwanais Tsou Shih-ching en collaboration avec le réalisateur américain Sean Baker. Une mère (Shu-fen) vient s’installer à Taïpei avec ses deux filles. Elle tient un stand de noodles dans un marché nocturne de la capitale taïwanaise, sa fille aînée, I-ann, post-ado tête-à-claques, travaille dans un tabac vendeur de bétel en entretenant une relation avec son patron, et la petite dernière, I-jing, qui est la véritable héroïne de ce film et l’actrice de charme de son casting.

    Les affaires ne vont pas fort pour les noodles, le mari de Shu-fen partis depuis dix ans réapparaît en phase terminale d’un cancer du poumon, sa mère traficote dans les faux passeports, son père est perdu dans ses croyances d’un autre âge et veut convaincre I-jing, qui est gauchère, que la main gauche étant « celle du diable » il ne faut pas s’en servir. Les sœurs de Shu-feng lui reprochent de toujours demander de l’argent à leur mère et son frère

    Alors du haut de ses huit ans I-jing se promène à la sortie de l’école dans ce marché asiatique coloré et hyperactif. Elle trottine dans ses allées surpeuplées à la recherche de solutions pour aider sa mère dont elle perçoit les difficultés. Elle va utiliser pour ce faire des méthodes un peu particulières que tout le monde lui pardonnera tant elle est mignonne et naïve. La caméra filme à hauteur de ce petit bout’chou si séduisant, personnage clé du drame familial.

    Ce film est une petite merveille de tendresse dans l’atmosphère survoltée de la nuit de Taïpei. Les tracas de cette famille vont se terminer en apothéose et, finalement, plutôt bien.

  • « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » au Grand Palais

    « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » au Grand Palais

    C’est une exposition décapante que nous montre le Grand Palais sur deux artistes marquants de l’art contemporain du XXe siècle, Niki de Saint Phalle (1930-2002) et Jean Tinguely (1925-1991), complétés par Pontus Hulten (1924-2006), conservateur de musée suédois, qui dirigea notamment le centre Pompidou à Beaubourg de 1977 à 1981, et qui soutint l’œuvre des deux premiers, associés dans l’art toute leur vie et couple à la ville quelques années durant.

    De Saint Phalle, artiste franco-américaine, on connaît ses fameuses « Nanas », sculptures gigantesques et colorées représentant le plus souvent des femmes aux formes pulpeuses, un peu effrayantes, composées en plâtre et en grillage. C’était sa façon originale d’exprimer son soutien à la cause féministe. L’exposition nous montre aussi des œuvres moins frappantes et plus torturées de l’artiste, souvent centrées sur la notion de monstre. Des compositions de grandes tailles, sortes d’assemblages baroques de matières diverses, en relief, marquant la créativité tourmentée de l’artiste.

    Niki de Saint Phalle a été violée par son père lorsqu’elle était enfant et subit les conséquences de ce traumatisme le reste de sa vie, influant son œuvre sous différents aspects, et certainement dans ses compositions sur les monstres et les dragons.

    Peindre calmait le chaos qui agitait mon âme. C’était une façon de domestiquer ces dragons qui ont toujours surgi dans mon travail.

    Niki de Saint Phalle

    Lire aussi : de SAINT-PHALLE Niki, ‘ Mon secret’.

    Elle s’est d’abord rendue célèbre par ses séries « Tirs » pour lesquelles elle tirait au fusil sur des collages comportant des poches de peinture qui en explosant répandaient leur contenu sur le reste du tableau. Des vidéos montrent ces séances de tir et le grand sourire de l’artiste utilisant cette méthode plutôt originale.

    Jean Tinguely a, lui, créé des « machines » étranges, mécanismes tintinnabulants, sortes de moquerie de la civilisation industrielle et de contestation de l’académisme dans l’art. Des exemplaires de ce bric-à-brac métallique sont exposés et déclenchent plutôt l’ironie que l’émotion chez le spectateur.

    Tous les deux ont mené leurs carrières artistiques en commun, s’inspirant l’un l’autre et veillant sur chacun. Ils furent aussi couple à la ville quelques années, se marièrent légalement, au crépuscule de leurs vies, alors qu’ils ne l’étaient plus, afin que le survivant soit l’ayant-droit du disparu pour continuer à faire vivre son œuvre. C’est ce fit Niki de Saint Phalle pendant une dizaine d’années après le décès de Jean Tinguely en 1991

    Pontus Hulten fit partie de ces innovateurs qui ont su promouvoir ces artistes révolutionnaires qui étaient sans doute peu compris à leur époque mais c’est aussi grâce cette attitude qualifiée « d’anarchisme joyeux » par la conservatrice des collections contemporaines du centre Beaubourg que le monde de l’art a évolué, et continue de le faire.

    C’est une bonne chose que le Grand Palais ait ainsi investi la modernité même si celle-ci déclenche plus d’intérêt que d’émotion.

  • Taxe sur taxes

    Taxe sur taxes

    Au Café du Commerce et dans les dîners en ville les convives progressistes braillent à n’en plus finir qu’il faut « taxer Bernard Arnault » pour rétablir l’équilibre des finances publiques françaises tout en pensant, beaucoup moins bruyamment, « cela évitera une augmentation de mes propres impôts ». Et quand on rappelle les principes qui ont guidé l’administration fiscale à moins taxer les revenus financiers, dits « du capital », que les revenus des personnes physiques on se heurte soit à l’incompréhension du mécanisme (les citoyens français sont peu formés à l’économie) soit à encore plus de révolte, la fortune des plus riches en France déclenchant immédiatement une espèce de réflexe pavlovien révolutionnaire pour mener les plus fortunés à l’échafaud fiscal.

    La réalité est que ces fameux dividendes sont un revenu du capital qui a déjà subi l’impôt au niveau de la société, personne morale, qui les verse. Les taxer de façon additionnelle au niveau de l’actionnaire qui les reçoit revient donc à imposer deux fois le même euro, contre une fois seulement lorsqu’il s’agit d’un euro de salaire versé à une personne physique.

    C’est pour éviter cette double taxation que le système fiscal français a mis en place différents mécanismes pour atténuer l’effet de cette double imposition : avoir fiscal, abattement, flat tax, etc. l’objectif étant de rendre l’investissement en France attractif. Ces mesures ont été régulièrement votées et adaptées par les élus du peuple dans les lois de finance de la République. Si on veut les changer il suffit d’en voter d’autres dans les mêmes enceintes et de gérer les éventuelles conséquences qui en résulteront car augmenter l’imposition des revenus du capital diminuera d’autant le rendement de celui-ci. C’est d’ailleurs l’objectif actuellement affiché par l’ensemble de la gauche, qu’elle soit propalestinienne ou pas. La droite, cependant, s’y oppose afin de ne pas obérer l’attractivité de la France pour les investisseurs. Les jours à venir diront qui va l’emporter.

    Et pendant que les idéologues s’affrontent sur la fiscalité on parle beaucoup moins de l’incontournable baisse de la dépense publique qui est pourtant vitale pour arrêter la chute du pays vers l’abime. La préparation des jeux olympiques Alpes françaises 2030 bat son plein avec son cortège de dépenses somptuaires, certainement pas prioritaires, que très peu d’économistes ni d’élus, encore moins de citoyens contribuables, ne remettent en cause.

  • L’obsession syndicale et politique de l’âge de la retraite en France

    L’obsession syndicale et politique de l’âge de la retraite en France

    Avec constance et détermination les syndicats et partis « progressistes », appuyés par le Rassemblement National (RN, droite) continuent à essayer de faire abroger ou suspendre la réforme des retraites adoptée en 2023 consistant, notamment, à faire passer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Si tout le monde admet désormais que le système est déficitaire, c’est-à-dire que les cotisations versées sont inférieures aux prestations servies, et le resteront encore pour des années, les parties prenantes avancent des solutions différenciées pour financer le déficit, les uns veulent « taxer Bernard Arnault », les autres souhaitent redéployer sur les retraites françaises les aides dont bénéficient les immigrés.

    Plus le gouvernement est faible et plus les élus reviennent sur ce mantra en en faisant l’alpha et l’oméga de leurs programmes affichant des résultats de sondages dans lesquels on demande à Mme. Michu si elle est d’accord pour travailler plus longtemps, comme si le résultat faisait mystère… Les partis abolitionnistes avancent également les arguments misérabilistes habituels, indexant les travailleurs de force qui se sont épuisés à travailler dans des usines (tout au moins dans celles qui existent encore) ou les centres logistiques d’Amazon et consort, passant sous silence ceux qui ont œuvré dans des bureaux ou dans des jobs physiquement peu fatigants. Si la France est bien en voie de « désindustrialisation » comme tout le monde s’en plaint c’est bien qu’il doit y avoir moins d’emplois industriels et plus d’emplois dans les services, a priori moins usants pour les organismes et donc susceptibles d’être tenus plus longtemps ?

    Au-delà de ces combats partisans et un peu répétitifs, cette lubie française est symptomatique du rejet du travail par une Nation qui se rabougrit. Dans le monde d’aujourd’hui on ne connaît guère d’autres solutions pour enrichir les individus, les ménages, les entreprises, les nations… que le travail. Cette notion tend à disparaître progressivement de la conscience nationale au fur et à mesure que le sens de l’intérêt général se dissout au profit des intérêts particuliers. Alors de plus en plus de jeunes, du moins ceux qui sont dans l’emploi, prennent des années sabbatiques ou choisissent leur employeur non plus seulement sur le salaire offert ou d’un profil de carrière, mais aussi et surtout en fonction des possibilités de télétravail, des régimes de congés, des heures de présence demandées, des exigences en matière de tenue de travail, etc. De plus en plus les uns se plaignent de « burn-out », les autres de « souffrance au travail ». Devant ces évolutions les employeurs sont bien obligés de s’adapter, surtout ceux dans les secteurs demandeurs de profils plus rares sur le marché, et d’offrir à leurs candidats des conditions susceptibles de les séduire mais jouant généralement contre l’amélioration de la productivité.

    La France tout entière tournée vers sa conception de l’égalitarisme veut baser son système de retraite sur la situation des « plus précaires » plutôt que de le formater sur le cas moyen avec des correctifs pour prendre en compte les écarts par rapport à cette moyenne, c’est-à-dire pour ceux qui sont au-dessous de ce cas moyen mais aussi pour ceux qui se trouvent au-dessus. Une majorité des partis représentés à l’assemblée nationale, de La France Insoumise (LFI) au RN veut rabaisser l’âge légal de la retraite à 62 voire 60 ans. Comme ils ne s’entendent pas sur le reste de leurs programmes respectifs ils n’arrivent pas pour le moment à se liguer pour obtenir satisfaction sur ce point. Les centristes qui ont porté le projet de l’âge légal à 64 ans se sentent bien seuls, d’autant plus que leur « allié » Les Républicains a été plutôt changeant sur le sujet et n’est pas pour rien dans la chute du gouvernement Bayrou, justement sur cette question de la retraite.

    C’est ainsi que le pays continue son cheminement vers son rabougrissement déjà bien entamé.  

  • « Le Mur de Berlin. Un monde divisé » à la cité de l’Architecture

    « Le Mur de Berlin. Un monde divisé » à la cité de l’Architecture

    Ce sont les derniers jours de la très intéressante exposition sur le mur de Berlin à la cité de l’Architecture, la foule se presse et toutes les réservations sont closes pour le week-end. C’est toute l’histoire de Berlin de 1945 à 1989 devant laquelle défile les visiteurs, l’histoire en fait d’une bonne partie de l’Europe de l’après-IIe guerre mondiale tiraillée entre deux idéologies en conflit : le libéralisme vs. le communisme. Les « boomers » ont déjà vu nombre des photos et des vidéos montrées mais on ne se lasse pas de les revoir tant ce qu’elles montrent a marqué une époque où ce qui se passait en Europe importait pour le reste de la planète, ce qui est de moins en moins vrai aujourd’hui.

    Cette exposition est aussi l’occasion de plonger dans les ravages que peut provoquer la division d’un pays qui, dans le cas de l’Allemagne, symbolisait aussi la division du monde. Après la guerre et l’implication du monde soviétique dans la victoire alliée, l’Allemagne de l’est fut durant des décennies le bon élève du communisme mise en œuvre par une nomenklatura locale, sous l’œil attentif de Moscou, car ce sont des Allemands qui gouvernaient la République démocratique d’Allemagne, ce sont des Allemands qui composaient la redoutable police politique STASI, ce sont des Allemands qui gardaient la frontière côté Est et tiraient sur les fugitifs. Certes les soldats soviétiques « frères » n’étaient jamais loin, et sont d’ailleurs intervenus militairement lors des émeutes ouvrières de 1956 à l’Est, mais les dirigeants d’Allemagne de l’est étaient tout simplement Allemands, avec leurs convictions certainement sincères pour nombre d’entre eux.

    Et puis le mur est tombé en 1989, l’URSS a suivi deux années plus tard. Globalement les citoyens allemands lorgnaient et fuyaient plutôt de l’Est vers l’Ouest, du communisme vers le libéralisme, que dans le sens inverse… et pas grand monde à l’époque n’a pleuré la fin du communisme. Aujourd’hui peu de gens appellent à son retour dans le monde et les quelques pays qui se rangent encore sous cette bannière (la Chine, la Corée du nord) n’en retiennent plus vraiment l’idéologie mais se contentent d’en appliquer les méthodes dictatoriales.

    Et puis l’Allemagne s’est réunifiée avec des difficultés dont certaines ne sont pas encore totalement résolues. Berlin est redevenue l’unique capitale du pays. La fusion entre les deux Allemagne, la « fédérale » et la « démocratique », a marqué la victoire idéologique et économique du clan libéral. Les vidéos montrent les derniers moments politiques des dirigeants de l’Est tentant une dernière résistance pour maintenir leur pouvoir communiste. La puissance du rejet populaire va les balayer. L’ouverture des archives de la Stasi a permis de se rendre compte de l’ampleur de la nature policière de l’Allemagne de l’est et, parfois, de la compromission de ses voisins de palier. On dénonçait pour survivre mais aussi souvent par conviction. Trois salles sont consacrées à de très intéressantes interviews de citoyens (ou de leurs enfants) acteurs de cette période révolutionnaire.

    Hélas, en notre XXIe siècle où le populisme et le nationalisme bêtes et méchants ont tendance à se mondialiser, c’est le retour de la division dans nombre de pays, ce qui se passe aux Etats-Unis d’Amérique étant à cet égard le plus extrême. Plus inquiétant, le niveau intellectuel et moral des nouveaux dirigeants qui comptent semblent bien en deçà de celui de ceux qui ont mis fin à la guerre froide. Les Mitterrand, Gorbatchev, Kohl, Reagan ont su gérer la transition post-communiste avec habileté, au moins sur le court terme. Leurs successeurs, et leurs populations, semblent empêtrés dans de nouveaux conflits, toujours idéologiques, parfois guerriers.

    Pas sûr que les nouvelles divisions se résoudront aussi pacifiquement que celles du XXe siècle !

    Voir aussi : Berlin

  • Le Mali en pleine guéguerre avec l’Algérie

    Le Mali en pleine guéguerre avec l’Algérie

    La junte au pouvoir au Mali par suite des coups d’Etat de 2020 et 2021 continue à se brouiller avec tous ses anciens amis. On savait déjà depuis plusieurs mois que le torchon brûlait entre Bamako et Alger mais les choses ont significativement empiré depuis 2024 : révocation de l’accord d’Alger censé ramener la paix entre l’Etat malien et la dissidence Touareg, destruction par l’Algérie d’un drone malien à leur frontière commune, fermetures des espaces aériens respectifs, rappel des ambassadeurs en Algérie des trois pays composant l’Alliance des Etats du Sahel (AES – Mali, Burkina-Faso et Niger), dépôt d’une plainte du Mali contre l’Algérie devant la Cour internationale de justice, etc.

    AES-Info, l’agence de presse du triumvirat de juntes galonnées a publié un communiqué enflammé à l’encontre de son grand voisin du nord. Dans un style fleuri digne de l’agence Tass au temps de Staline, quand elle traitait les capitalistes de « vipères lubriques », un journaliste local déverse tout son fiel. Qu’on en juge :

    Le régime algérien, cette hydre vomie par l’enfer même, vient de franchir un nouveau seuil dans l’infamie et la lâcheté internationale. Dans un communiqué d’une puanteur morale insoutenable, les chiens hargneux d’Alger, acculés par leurs crimes, osent défier non seulement le Mali, mais la communauté internationale tout entière.

    Ou encore :

    L’Algérie entretient des relations symbiotiques avec les groupes armés terroristes. Leur rage à vouloir entraver les opérations militaires maliennes ne s’explique que par leur complicité active avec les ennemis de la stabilité régionale.

    On ne peut pas dire que ce langage soit bien diplomatique et on peut craindre qu’il ne permette guère de résoudre rapidement le litige entre les deux pays qui porte sur un vieux problème, celui de la dissidence Touareg pour laquelle Alger a tenté de jouer les médiateurs avec Bamako.

    Des différents accords signés entre les parties, Malienne et Touareg, depuis des décennies, aucun n’a véritablement donné de résultat, qu’ils aient été négociés sous l’égide la France dans le temps, ou sous celle d’Alger plus récemment. Entre temps les Touaregs se sont alliés avec les terroristes religieux avec qui ils partagent le même objectif : la lutte contre le gouvernement de Bamako. L’entrée en lice de la Russie en soutien militaire du Mali tout en restant amie de l’Algérie complique l’affaire… Et le terrorisme religieux prospère sur ces renversements d’alliances.

    Le fond du sujet est aussi historique, une partie des populations noires du Sahel ayant été réduites à l’esclavage durant des siècles par les populations arabes du nord de l’Afrique, et y compris par les Touearegs, ce qui laissé quelques traces. Il est urgent pour les pays occidentaux de ne pas se mêler de ces questions sensibles, surtout pour ce qui concerne la France, ancienne puissance coloniale du Mali. La sortie de la France de bourbier a certes été contrainte et forcée mais elle est bénéfique pour tous. Accessoirement elle a permis de redéployer les forces militaires françaises sur des terrains européens plus conformes à l’intérêt national du moment.

    Laisser l’Algérie et le Mali gérer leurs litiges avec l’aide de la Russie est donc une bonne politique !

    Le texte intégral du communiqué d’AES INFO

    @AESinfos

    Sep 19

    LA DÉCHÉANCE ALGÉRIENNE : UN RÉGIME DE CRIMINELS, DE TERRORISTES ET DE MENTEURS PATHOLOGIQUES OSE DÉFIER LA JUSTICE INTERNATIONALE

    Le régime algérien, cette hydre vomie par l’enfer même, vient de franchir un nouveau seuil dans l’infamie et la lâcheté internationale. Dans un communiqué d’une puanteur morale insoutenable, les chiens hargneux d’Alger, acculés par leurs crimes, osent défier non seulement le Mali, mais la communauté internationale tout entière.

    L’argumentaire algérien, d’une pauvreté consternante, se réfugie derrière des chicaneries procédurières sur les dates de dépôt de plainte. Une manœuvre désespérée qui trahit leur incapacité à contester le fond de l’affaire : l’abattage prémédité d’un drone malien en territoire malien.

    Leur communication révèle une schizophrénie diplomatique : d’un côté, ils prétendent respecter le droit international, de l’autre, ils refusent de se soumettre à sa plus haute instance judiciaire. Cette duplicité caractérise un régime en pleine déliquescence morale.

    Chaque mot de leur communiqué confirme ce que le Mali dénonce depuis des mois : l’Algérie entretient des relations symbiotiques avec les groupes armés terroristes. Leur rage à vouloir entraver les opérations militaires maliennes ne s’explique que par leur complicité active avec les ennemis de la stabilité régionale.

    En refusant de comparaître devant la CIJ, l’Algérie s’autodéclare hors-la-loi international. Ce rejet de la justice mondiale consacre sa transformation en paria des relations internationales.

    L’histoire retiendra que le 16 septembre 2025, l’Algérie a choisi le camp de l’obscurantisme contre celui du droit, du terrorisme contre la paix, du mensonge contre la vérité. Le Mali, quant à lui, continue imperturbablement son combat pour la souveraineté et la justice, porté par la légitimité de sa cause et le soutien de son peuple.

    Que Dieu confonde les menteurs et protège le Mali éternel !

    Malick Doucoure – AESinfo

  • « Georges de La Tour – Entre ombre et lumière » au musée Jaquemart-André

    « Georges de La Tour – Entre ombre et lumière » au musée Jaquemart-André

    Georges de la Tour (1953-1652), grand maître du « ténébrisme », est né dans le duché de Lorraine alors indépendant de la France. Il est exposé au musée Jaquemart-André et beaucoup de monde s’y presse. Oublié après sa mort, seule une quarantaine de tableaux originaux ont survécu aux siècles alors que les spécialistes estiment à environ 300 le nombre d’œuvres qu’il aurait du « normalement » produire.

    Il a souvent peint des portrais de personnages modestes : mendiants, vieillards, joueurs de vielle aveugles, dont il a parfois exécuté plusieurs variantes dans son atelier où il travaille, notamment avec son fils Etienne. Mais il est surtout réputé pour ses tableaux d’obscurité où ses personnages sont éclairés par des bougies ou des torches que l’on croit voir trembler sur la toile tant il excelle dans le rendu de l’ombre et la lumière. Il a aussi une manière singulière de dessiner les visages en ovale, de façon un peu surnaturelle, tout entier penchés sur la source d’éclairage qui dessine d’étranges arabesques sur leur peau lisse. Il en ressort une douceur et une intimité extraordinaires.

    On imagine les heures de pose qu’il a demandées à ses modèles pour arriver à rendre cette atmosphère aussi vivante et pleine d’humanité. Mais c’est sans doute l’œil exceptionnel de ces artistes qui leur permet de restituer une telle précision de ce que nous voyons tous, sans trop le savoir. Leur vision enregistre la scène comme un appareil photo, le talent leur permet de la peindre à la perfection.

    Ce n’est pas l’obscurité que peint La Tour : c’est la nuit. La nuit étendue sur la terre, la forme séculaire du mystère pacifié. […] La Tour est le seul interprète de la part sereine des ténèbres.

    André Malraux, Les voix du silence, 1951

    Quel dommage que si peu de tableaux de La Tour aient traversé le temps !

  • SANSAL Boualem, ‘Le village de l’Allemand’.

    SANSAL Boualem, ‘Le village de l’Allemand’.

    Sortie : 2008, Chez : Gallimard / folio 4950.

    C’est un livre jouissif que ce roman de Boualem Sansal sur les pérégrinations de deux fils, Français, immigrés algériens de la deuxième génération, à la recherche du passé de leur père. Celui-ci, Allemand, a fait la IIe guerre mondiale sous les couleurs de la SS, avant de se retrouver en Algérie durant la guerre d’indépendance, de devenir un combattant moudjahid dans les rangs du FLN, puis un chef de village respecté dans l’Algérie indépendante avant de finir égorgé par des terroristes islamiques avec sa femme et une partie du petit village où il passait ses vieux jours.

    Son fils aîné, ingénieur, parti à la recherche de ce sombre passé, repasse par tous les lieux fréquentés par son père, d’Auschwitz à Istanbul, pour reconstituer le parcours de ce père inconnu. Il ne supportera pas tout ce qu’il découvre. Son petit frère, gamin de la banlieue parisienne envahie par l’islamisme rampant des cités, reprend le flambeau de son frère à la poursuite de l’histoire de ce père trouble. Les deux frères ont rédigé un journal de leurs recherches et le roman s’articule autour de ces documents, le plus jeune découvrant celui de son aîné et le commentant.

    Par la voix des deux frères, Sansal ne manque pas de faire un parralèle entre le nazisme et l’islamisme, entre les meurtres des camps d’extermination et ceux des terroristes religieux qui ont mis l’Algérie à feu et à sang durant les années 1990 (avec des conséquence délétères en France). La description de la vie dans les cités de banlieue françaises est souvent désopilante quand on la prend au premier degré, un peu plus inquiétante au second.

    Le style de l’écriture est enlevé. La voix du frère aîné est tragique au fur et à mesure où il découvre le passé criminel de son père. Celle du cadet est plus légère et insouciante. Le mélange des deux journaux fait alterner le douloureux et le burlesque, c’est ce qui fait aussi la grande qualité de ce livre sur le sujet éternel des relations franco-algériennes.

    Quand on referme l’ouvrage après sa dernière page, on comprend mieux l’acharnement des autorités algériennes d’aujoud’hui contre l’auteur qui a la double nationalité franco-algérienne et qui se rend coupable de lèse-majesté en critiquant ainsi son pays d’origine…

    Lire aussi

    Boualem Sansal emprisonné à Alger – Total Blam-Blam

  • « Paul Poiret, la mode est une fête » au musée des Arts décoratifs

    « Paul Poiret, la mode est une fête » au musée des Arts décoratifs

    Paul Poiret (1879-1944), célèbre couturier du début du XXe siècle est exposé au musée des Arts décoratifs. Au cœur de la Belle époque et des Années folles il a habillé et fréquenté l’élite culturelle de son temps. Installé dans son hôtel particulier du Faubourg Saint-Honoré à la tête de sa maison de couture il redessine l’image de la femme et a inspiré nombre des créateurs d’aujourd’hui.

    Il s’essaye à la peinture, à la décoration intérieure, aux imprimés, à l’art culinaire, à l’écriture, au théâtre. Il habille Isadora Duncan et d’autres danseuses de ballets. Il crée des parfums, une école de décoration. Il organise des fêtes des fêtes somptueuses où se presse le tout Paris. Il voyage en Russie, en Orient, en Afrique du Nord pour inspirer ses modèles. Bref, un artiste foisonnant qui n’a sans doute pas assez consacré de temps à la gestion de ses affaires qui vont péricliter à partir des années 1920 avant de s’effondrer avec la crise de 1929.

    L’exposition rend compte de cette créativité sans borne au cœur d’une époque tout aussi prolifique, du moins pour la grande bourgeoisie et l’élite intellectuelle.

  • Fête de la dépense publique

    Fête de la dépense publique

    Depuis les dépenses publiques engagées pour l’organisation des jeux olympiques (JO) à l’été 2024 à Paris, il a été décidé de mettre en place chaque année une « Fête du Sport », autre source de dépense publique.

    La Fête du Sport, c’est le nouveau grand rendez-vous que nous donnons aux Français pour se retrouver chaque année, à la fin de l’été. En 2025, sa première édition sera évidemment l’occasion de fêter le premier anniversaire des Jeux de Paris 2024. Elle viendra clore un été de célébrations de cet événement unique dans la vie de notre Nation, qui nous a offert tant de moments de joie et de partage. En cette période de rentrée, alors que nombreux sont ceux qui reprennent ou débutent une activité, la Fête du Sport viendra célébrer tout ce que le sport et l’activité physique nous apportent au quotidien : le bien-être physique et mental, la confiance en soi, le respect de l’autre, le goût du partage et l’esprit de solidarité.

    Marie Barsacq, Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative

    Alors aujourd’hui, dimanche pluvieux à Paris, la rue de Rivoli est intégralement dédiée aux stands des différentes fédérations sportives, censées recruter de nouveaux adhérents. Il y a plus de gendarmes pour contrôler les accès que de visiteurs. Toute la rue est encadrée de barrières devant lesquelles la sécurité fouille les sacs des passants qui veulent pénétrer la zone ou tout simplement traverser la rue de Rivoli.

    Le stand de la fédération française de ski affiche fièrement ses calicots « ALPES FRANCAISES 2030 – Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver » car malgré la déroute de ses finances publiques la France s’est d’ores et déjà officiellement engagée à cette nouvelle dépense publique que, souhaitons-le, les difficultés financières du pays la pousseront à abandonner. A moins qu’en « taxant Bernard Arnault » le pays ne parvienne à redresser la situation.

    La « Fête » est en principe généralisée dans de nombreuses autres communes de France. Certains responsables politiques ont néanmoins refusé de l’organiser pour protester contre la baisse des crédits alloués au ministère des sports dans le projet de budget de la Nation pour l’année 2026.

    On peut véritablement se demander si le pays n’a rien de mieux à faire en ce moment que d’organiser des « Fêtes du sport » ?

  • « Robert Doisneau – Instants Donnés » au musée Maillol

    « Robert Doisneau – Instants Donnés » au musée Maillol

    Robert Doisneau (1912-1994) est un merveilleux photographe qui a saisi avec malice les moments de la vie de tous les jours. Ses séries sur les enfants dans les rues de Paris et dans les cours d’écoles sont très connues et délicieuses. On connaît moins la position de photographe officiel des usines Renault de Billancourt qu’il occupa dans l’entre-deux guerres (avant d’être licencié pour manque de ponctualité). Il en a laissé une série sur la vie des ouvriers en usine à l’époque qui étaient plutôt dures.

    L’exposition du musée Maillol présente 350 clichés sur un fonds de 450 000 dont la période Vogue à la fin des années 1940 durant laquelle, Doisneau, issu d’un milieu populaire, va poser son regard étonné sur le milieu de la mode et de la grande bourgeoisie. Il tire également le portrait de grands artistes qu’il a fréquenté toute sa vie : Picasso, Utrillo, Léautaud (et ses chats), Buffet, Beauvoir…

    Un charmant retour sur le regard toujours curieux de ce grand photographe.

    Lire aussi : Doisneau et la musique – Philharmonie de Paris

  • Les Etats-Unis se fatiguent de la guerre d’Ukraine

    Les Etats-Unis se fatiguent de la guerre d’Ukraine

    La guerre d’Ukraine bat son plein, la Russie reste ferme sur ses positions agressives et ne bouge pas d’un iota sur ses exigences de transformer l’Ukraine en une zone tampon entre elle et l’Europe pour envisager de commencer à discuter de cesser les combats. Bien au contraire, Moscou a envoyé il y a deux jours une salve d’une vingtaine de drones et missiles sur la Pologne. Il est peu probable qu’il s’agisse d’une erreur vu le nombre d’aéronefs en question. Ils n’étaient a priori pas explosifs. Certains ont été abattus par des chasseurs polonais et néerlandais loin à l’intérieur du territoire polonais mais il semble que la majorité n’a pas pu être détruite, ce qui est moyennement rassurant quant à l’efficacité de la défense aérienne des forces de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) chargées de défendre l’Europe…

    Depuis son intronisation au début de cette année le président des Etats-Unis essaye, avec un peu de dilettantisme, de mettre fin à cette guerre. Les résultats sont plutôt modestes devant le refus de tout compromis exprimé par la Russie qui développe le même rationnel depuis 2014 : l’Ukraine est une province de la Russie. Les différents envoyés spéciaux américains, et jusqu’au président Trump lui-même qui vient de recevoir son alter-ego russe sur un tapis rouge déployé sur le territoire américain en Alaska, se sont heurtés au même mur infranchissable de la volonté russe malgré des concessions assez significatives que les Etats-Unis se sont montrés prêts à faire à Moscou… au nom de l’Ukraine à qui on n’a guère demandé son avis.

    Ce matin le président Trump a publié une lettre sur son réseau dit « social ». Il rappelle son mantra dans cette affaire à savoir que cette guerre n’aurait jamais été déclenchée en février 2022 s’il avait été président et il qualifie ce conflit de « guerre de Biden [son prédécesseur] et Zelensky [le président ukrainien] ». Il ne fait pas mention de la Russie qui est tout de même le pays dont l’armée a franchi la frontière de l’Ukraine. C’est la vision du patron de la Maison Blanche et d’une bonne partie de ses électeurs. Ils ont le droit de défendre cette position. Hélas, elle va à l’encontre des valeurs et systèmes sur lesquels l’Europe s’est construite depuis la fin de la IIe guerre mondiale. Les positions bougent et il va bien falloir en tenir compte, à défaut d’être en position de faire valoir les aspirations européennes à la démocratie et l’Etat de droit, sujets qui deviennent bien minoritaires dans le monde !

    Par la voix de leur président, les Etats Unis mentionnent dans cette lettre qu’ils sont prêts à envisager de nouvelles sanctions contre Moscou pour tenter de favoriser la fin du conflit si les pays de l’OTAN cessent d’acheter du pétrole russe et s’ils imposent des droits de douane de 50 à 100%. Il faut bien dire qu’il y a du bon sens dans ces demandes. Il semble qu’il subsiste encore des achats d’uranium russe par des entités américaines mais il n’en est point question dans la missive trumpiste.

    Quoi qu’il en soit, les exigences russes comme américaines accentuent la position de faiblesse l’Europe, démunie face à deux ogres sans foi ni loi. On a du mal à imaginer un sursaut possible, militaire et politique, des capitales européennes face aux ambitions impériales russes et au repli des Etats Unis. Il nous est quand même permis de l’espérer en étant réalistes sur l’ampleur des sacrifices qu’il faudra consentir pour recouvrer un niveau de puissance suffisant pour faire reculer les ogres !

  • GREENE Graham, ‘Le troisième homme’.

    GREENE Graham, ‘Le troisième homme’.

    Sortie : 1954, Chez : Robert Laffont / Livre de Poche 46.

    On oublie généralement que derrière le célèbre film éponyme sorti en 1949 il y avait un roman de Graham Greene. L’atmosphère de l’après-guerre dans une ville, Vienne, à moitié détruite, occupée et administrée par les alliés, est particulièrement propice la propension de l’auteur à édifier des histoires policières et d’espionnage mystérieuses.

    Nous sommes au cœur de la capitale autrichienne, la guerre froide a déjà commencé, les troupes occidentales regardent leurs homologues soviétiques en chien de faïence. La ville est l’objet de tous les trafics de la part de ses habitants, certains pour survivre, d’autres pour s’enrichir. Les soldats occupants ne sont pas en reste. C’est alors qu’un auteur britannique vient y retrouver un de ses collègues pour découvrir qu’il vient de décéder dans un accident de voiture. Il mène l’enquête, tire le fil de la pelote et découvre la vie trouble de celui qu’il croyait son ami. Haletant !

    L’édition de 1954 est suivie d’une nouvelle : « Première désillusion », sur les pérégrinations d’un fils de bonne famille à Londres, livré à lui-même en l’absence de ses parents, seul avec le personnel. So british.

  • Changement de taulier à Matignon

    Changement de taulier à Matignon

    Un nouveau premier ministre en remplace un autre à l’hôtel de Matignon, conséquence de la révocation du gouvernement prononcée hier par un parlement félon.

    Bonne nouvelle : le nouveau venu ressemble fortement à l’auteur Antoine de Saint-Exupéry.

    Peut-être sera-t-il aussi inspiré que le légendaire écrivain-pilote.

    Deuxième fait singulier, et un peu mystérieux, il ne cède pas à cette mode plutôt horripilante apparue depuis plusieurs années des embrassades entre hommes. A la place il pratique un toucher de fronts. On l’a vu ainsi à l’issue de la passation de service avec son prédécesseur remonter la file des ministres « démissionnaires », soit en serrant les mains, soit, pour les ministres dont il est manifestement plus proche, en embrassant les femmes et, pour les hommes, en les touchant du front à droite et à gauche. Le garçon parait discret et sur la réserve. Il n’ira sans doute pas sur les plateaux télévisés de Cyril Hanouna. Encore une qualité.

    Espérons maintenant qu’il saura aussi compter car il va en avoir besoin, surtout des soustractions.

  • Des élus irresponsables font de nouveau tomber le gouvernement français

    Des élus irresponsables font de nouveau tomber le gouvernement français

    Pour la deuxième fois en moins de douze mois les parlementaires font tomber le gouvernement de la France en refusant d’accorder leur confiance au premier ministre qu’il leur avait demandée sur la base de son projet de budget 2026. Par incapacité à compromettre, par refus d’abdiquer même d’une parcelle de leurs convictions, des élus et le gouvernement ont abouti à cette impasse catastrophique.

    A l’issue de ce désastre entériné à l’assemblée nationale ce soir, le gouvernement en place va expédier les affaires courantes en attendant son remplacement, les partis vont continuer à s’invectiver, les citoyens à manifester leur « colère » et… les déficits à s’accroître. Le pays va de nouveau être à l’arrêt durant plusieurs mois, des ministres vont en remplacer d’autres, des cabinets vont devoir être constitués… rien ne va se passer durant les mois à venir sinon l’agitation politicienne vaine qui est la marque du pays et de ses citoyens depuis plusieurs années maintenant.

    Si on veut sanctionner les partis ayant promu le chaos plutôt que l’intelligence il suffit de ne plus voter pour eux. A priori tous les partis de gauche, des socialistes à la gauche propalestinienne, ont appelé leurs élus à voter contre la confiance, de même que la frange dure de la droite. Seul le centre a voté pour cette confiance et la droite Les Républicains (LR) a laissé la liberté de vote à ses membres dont à peu près la moitié (une bonne vingtaine) a voté contre ou s’est abstenue.

    Mais pour ceux qui sont en faveur des partis s’étant ligués pour faire tomber le gouvernement une deuxième fois en moins d’un an, et ainsi accélérer la route vers la décadence du pays, ils pourront confirmer leur choix lors de prochaines élections municipales les 15 et 22 mars 2026, échéance qui va venir rapidement.

    La vertu principale de la démocratie est de donner aux électeurs les dirigeants qu’ils choisissent, voire qu’ils méritent.

  • Un saint des réseaux dits « sociaux »

    Un saint des réseaux dits « sociaux »

    Le Pape a canonisé aujourd’hui un gamin italien (1991-2006) mort d’une leucémie à 15 ans. Il fut très engagé sa vie durant dans les bonnes œuvres catholiques. Il assurait la promotion de l’Eglise via les réseaux dits « sociaux » dont il était expert au point qu’il était appelé « cyber-apôtre ».

    Comme il est de rigueur en la circonstance, deux miracles lui sont attribués :

    • La guérison en 2010 d’un jeune brésilien atteint d’un cancer du pancréas après que ses parents eurent prié l’impétrant
    • La guérison en 2022 d’une jeune costaricaine qui souffrait d’un traumatisme crânien par suite d’un accident de vélo à Florence et dont la mère fit un pèlerinage sur la tombe du sanctifié

    Le saint a été embaumé et son corps est exposé dans une tombe vitrée à Assise.

    Lire aussi : Un bienheureux pas encore sanctifié