
François Nourissier est mort le 15/02/2011. Ecrivain de romans et d’essais, il était un homme bien !

François Nourissier est mort le 15/02/2011. Ecrivain de romans et d’essais, il était un homme bien !

Philippe Séguin est mort d’une crise cardiaque. Il paraissait effectivement en mauvaise santé, obèse et toujours une clope au bec. Haut fonctionnaire qui a échoué en politique, il s’est fait dévorer par les requins du VIIème arrondissement. Comme toujours en France lorsqu’un politique dit la vérité aux électeurs, il ne les fait pas rêver et n’est pas soutenu par les partis. A défaut d’être vendable à la ménagère de moins de 50 ans, il avait été recasé à la Cour des comptes où il signait des rapports qui ne semblent pas avoir fait véritablement bouger la République dans ses (mauvaises) habitudes financières. Le rapport de juin 2009 sur la situation et les perspectives des finances publiques est édifiant à cet égard !
Comme il sied en ces circonstances l’hommage est unanime pour cet homme qui a été détesté par une bonne partie de la politicaillerie hexagonale. Les émissions souvenirs qui défilent sur les ondes montrent un homme brillant avec une haute idée de la France, une intelligence subtile, une prégnante nostalgie de son enfance de pieds-noirs de Tunisie, le souvenir absent de son père mort pour la France, une constance dans son analyse politique bien au-delà des modes de salons et de la communication mondaine, bref, des qualités qui sont en général peu reconnues par les électeurs, sauf en circonstances exceptionnelles. Il a perdu son combat politique (on a les dirigeants que l’on mérite) mais a semé des petits cailloux blancs qui ne seront peut-être pas immédiatement recouverts par la marée du populisme érigée aujourd’hui en gouvernance nationale.
En relisant les hommages à Claude Levi-Strauss (1908-2009) décédé ce 30 octobre, on apprend qu’l voulait être musicien, il fut un anthropologue-ethnologue qui fit franchir des pas décisifs aux sciences humaines. Ses anciennes interviews de jeunesse comme d’académicien montrent un homme serein et analytique, de ceux qui ont beaucoup appris et expliquent avec humilité ce qu’ils croient savoir de l’Humanité. Il a sa vie durant élaboré des concepts plutôt mystérieux la majorité, mais d’où surnage l’immense sagesse d’un homme qui a consacré sa vie à découvrir les richesses déclinantes du monde.

Le cancer continue de ronger les rockers. Willy DeVille est parti ce soir d’un cancer du pancréas. M… encore un de moins, et DeVille c’était du solide. Depuis des années il passait par Paris régulièrement pour nous bercer de son blues-rock de légende et nous parler d’Edith Piaf. Nous allons avoir du mal à oublier cette bonne habitude. Encore un jour triste !

Maurice Druon qui vient nous a quitté hier avait dit à l’Assemblé nationale en 1973, du temps où il était ministre de la culture :
« ceux qui viennent au ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov devront choisir ! »
Bien entendu toute l’intelligentsia parisienne s’était immédiatement levée contre cette atteinte insupportable à sa liberté d’expression. Malgré tout cette remarque était plutôt bien vue, surtout à l’époque…
Résistant durant la seconde guerre mondiale, écrivain après, gaulliste toujours, il n’était pas particulièrement progressiste et fut l’un des derniers représentants d’une époque désormais révolue.

On est allé écouter Bleu Pétrole cette après-midi sur la tombe de Bashung. Il est bien maintenant, au Père Lachaise, sous un monceau de fleurs, de regrets et de tendresse. A réécouter aussi, sa lecture des lettres de Calamity Jane à sa fille sur France Culture, c’est émouvant.
Paris Match titre sur Bashung le dandy du Rock avec une photo de couverture où l’on voit une main de femme devant son portrait, poser un ongle rouge sur sa bouche. Titre et photos sont tout sauf Bashung, a priori le rédacteur n’a jamais dû écouter un disque de l’artiste ou lire un de ses textes !
La France qui compte rend hommage à Bashung : France 2 repasse hier soir La Tournée des Grands Espaces et diverses interviews, Libé ce matin titre : Vertige de la Vie et France Inter rejoue ce soir le concert des Francofolies l’été dernier. Il serait enterré au Père Lachaise vendredi prochain.

Bashung est parti cette après-midi à 61 ans. C’était attendu mais c’est un jour terriblement triste. Il était apparu mal en point aux dernières victoires de la musique au début du mois. Il y avait trouvé l’énergie de chanter Résident de la République et de souffler dans son harmonica. C’est un artiste immense qui nous a quitté aujourd’hui, poète espiègle, troubadour solitaire, rocker jusqu’au fond de l’âme, ses compositions parfois étranges nous accompagnent depuis 30 ans. Instillant son inspiration dans notre vie de tous les jours, déclinant ses notes sur la bande-son d’une génération, il a montré que l’exigence, la hauteur, l’originalité, la pureté, sont encore des valeurs dans notre civilisation-zapping. Merci pour ça, ce ne fut pas vain.
Il reste une œuvre d’une immense grandeur, le souvenir de tournées exceptionnelles : celle des Grands Espaces, pleine de rêves nomades ; celle de Bleu Pétrole, imprégnée d’une beauté poignante ; et toutes les autres ; il reste le souvenir d’un Homme qui a su parler aux siens !
Lire aussi :

Décès de Guy Peellaert dessinateur branché rock auteur notamment des couvertures de Diamond Dogs et de It’s Only Rock’n’Roll.
Au-delà des musiciens, il a été inspiré par les grands personnages du XXème siècle qu’il a croqués dans des postures improbables, mêlant les uns aux autres dans un mix fantasmagorique et une étrange ambiance.

Soljenitsyne est mort hier à Moscou. C’est la fin d’un écrivain important. On entend encore les débats sans fin de l’intelligentsia française lors de la sortie de L’Archipel du Goulag dans les années 70, du conflit sur le chiffre de 80 millions de morts massacrés par Staline avancé par Soljenitsyne et discuté à l’infini. Il faut relire cet auteur.
Yves Saint Laurent nous a quitté ce 1er juin. Il déclarait :
« Rien n’est plus beau qu’un corps nu, le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l’homme qu’elle aime. Mais, pour celles qui n’ont pas eu la chance de trouver ce bonheur, je suis là. »
Quelle classe ! Il est né à Oran, à quelques maisons de celle de la famille d’Etienne Daho.

Aimé Césaire est mort cette semaine. Un grand poète nous quitte. Au-delà des combats politiques ambigus il reste une œuvre poétique et intellectuelle magistrale.
Décès de Pierre Lambert (Pierre Boussel de son vrai nom), monument historique du trotskisme français, archétype de l’intellectuel français : agile, influent, psychorigide, n’ayant jamais renoncé même face aux évidences. Il a attiré des hommes brillants qu’il n’a pas su retenir dans sa niche trotskiste lorsque la soupe a été servie par le Parti Socialiste émettant le fumet illusoire du pouvoir.
Julien Gracq est mort hier. Il est l’auteur du Rivage des Syrtes, un très grand roman sur l’attente et la solitude.
Fred Chichin, guitariste des Rita Mitsouko, est mort hier d’un cancer foudroyant. Nous l’avions encore vu en août dernier au festival Rock en Seine où les Rita Mitsouko nous avaient gratifiés d’un set de toute beauté nous rappelant toutes ces années où ils incarnèrent le glam-rock français, depuis Marcia Baila en 1985 jusqu’à leur dernier disque cette année Variety. Adieu l’artiste !
![]() | Lire aussi : La France médaille d’or de la dépense publique – Total Blam Blam (rehve.fr) |
Bob Denard est mort. Tour ceux qui ont mené « carrière » en Afrique ont entendu parler de ce mercenaire plus ou moins commandité par la République, mais pas toujours. Au Bénin où il avait sévi en 1977, Il tenta de renverser le pouvoir marxiste de Kérékou. L’affaire s’était terminée en débandade ; Denard et ses pieds nickelés étaient débarqués de deux avions posés en douce sur l’aéroport de Cotonou desquels ils avaient sorti une ou deux Jeeps montées par quelques ex-légionnaires préretraités, attaqués par le cholestérol. Tout ce petit monde avait défouraillé de vieilles Kalach, tiré quelques chargeurs, et devant la résistance inattendue de la valeureuse armée béninoise, s’étaient repliés piteusement dans leurs aéroplanes quelques heures après leur arrivée. Fin de l’histoire. 30 années plus tard, Kérékou était toujours au pouvoir après avoir renoncé à ses idées marxistes-léninistes (que les Béninois qualifiaient de « laxistes-bénénistes » !) et s’être fait démocratiquement élire par le peuple reconnaissant. Bien entendu, durant toutes ces années, le haut fait d’arme de l’armée populaire contre le mercenaire postcolonial avait gentiment soudé le pays contre la France.
Le plus drôle c’est qu’après la désignation en 1986 de Chirac à comme premier ministre cohabitant de Mitterrand, dans un grand élan d’ouverture et de rénovation, il avait rameuté autour de lui les vieux caïmans de la Françafrique, dont Foccart (1913-1997), déjà bien âgé, qu’il avait fait conseiller pour l’Afrique. Les expatriés français au Bénin ont donc vu débarquer à Cotonou en 1985 ou 1986, pour représenter la France à la fête nationale de l’indépendance du Bénin, éberlués, le vieux Foccart qui avait sans doute commandité le pétard mouillé Denard de 1977. Il fallait le voir écouter les discours locaux vouant aux gémonies les organisateurs du coup d’Etat, tous se terminant invariablement par « Prêts pour la révolution, la lutte continue » ! Un grand moment de politique étrangère française.
Marcel Marceau décédé hier disait que l’art du mime:
« donne au silence l’écho du temps et la pesanteur ailée de l’espace. »
Jean-François Bizot est mort. C’était un des créatifs parangons de l’esprit soixante-huitard. J’ai lu Actuel (deuxième version) qu’il avait créé lorsque j’étais à la fac. Hebdomadaire underground et rock, impertinent et iconoclaste, il alimentait les phantasmes étudiants de nos vies débutantes. C’est Actuel qui avait déniché la thèse de Khieu Sampan soutenue à la Sorbonne avant d’être mise en œuvre sur le terrain au Cambodge. Intellectuel vibrionnant Bizot était aussi écrivain à ses heures. Il avait décrit en 1978 dans Les Déclassés, son premier roman, cette atmosphère de l’Occident des années 60/80 et de ses enfants qui ont voulu tout changer et ont pris des risques pour cela.
Raymond Barre est mort. Comme tous les hommes politiques qui ont dit la vérité aux français il n’a jamais été élu à la fonction suprême. Il a été l’auteur de quelques perles comme « si les corses veulent leur indépendance, ils peuvent la prendre ». Dieu merci, la presse se concentre sur le vrai sujet du jour, la retraite de Guy Roux, un footeux populiste qui va donc cesser d’entraîner on ne sais plus quel club de foot-balle dans la France profonde. De profundis !
Mstislav Rostropovitch (1927-2007) est mort à Moscou. Encore un géant qui nous quitte ! Ecoutons pour s’en persuader les suites de Bach pour violoncelle qu’il a joué de façon si déchirante, incarnant au-delà du sublime l’âme musicale russe, slave. Et puis ce violoncelle quel instrument remarquable pour exprimer toute la gamme des émotions, de la joie à la douleur. Et Rostro ! quel interprète génial pour véhiculer de l’humanité, de la tendresse. De la musique tout simplement ! Heureusement il est mort dans sa Russie natale et sera enterré au côté de Galina. Avec son Maître et ami Chostakovitch il a fait partie de ces artistes martyrisés par le faux nez soviétique d’une Russie musicale qui n’a jamais abdiqué. Que pouvait d’ailleurs le dogme face à la beauté ? Rien, Dieu merci !