Étiquette : Juppé – né en 1945

  • La droite s’égaye dans la nature

    A peine les urnes régionales remballées sur l’échec de la droite aux élections du même nom, c’est déjà la curée au cœur même de la droite. Tel un troupeau de gnous dans la plaine du Ngorongoro à la recherche d’un point d’eau en fin de saison sèche, les candidats au changement s’agitent : Galouzeau de Villepin annonce devant un parterre de plumitifs mondains du Pressclub de France son intention de créer

    « …un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous, quels que soient leur origine, leur sensibilité, leur engagement, au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés. Servir la République, servir la France, c’est pour moi la clef de l’engagement politique. Et avec tous ceux qui nous rejoindront, nous porterons sur les fonts baptismaux ce mouvement politique le 19 juin à Paris, avec le souci d’apporter une contribution tout au long des prochains mois, de ces deux prochaines années, et le souci de défendre le moment venu nos idées et notre projet. »

    Pendant ce temps Juppé-le-raide-comme-passe-lacet, que l’on croyait tranquillement somnolant à la mairie de Bordeaux (il a d’ailleurs annoncé lui-même à plusieurs reprise qu’il se concentrerait désormais sur les enjeux locaux) se commet sur les ondes pour annoncer qu’il n’exclut pas de pouvoir être candidat à la candidature de droite aux présidentielles de 2012 si par malheur Sarko l’agité ne se représentait pas ; un quarteron de députés UMP signe un tract pour demander la suspension du bouclier fiscal ; même Carla y va de son commentaire dans Le Figaro Madame : 

    « En tant qu’épouse, je ne le souhaite pas vraiment [que Sarkozy se représente en 2012 aux élections présidentielles NDLR]. Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix ? Mais quelles que soient la situation et les décisions que prendra mon mari, je ferai tranquillement avec. Je dois dire que je suis réconfortée par les occasions d’aider les autres que cette fonction m’a offerte. C’est une consolation. Et je demeure encore stupéfaite et honorée de représenter la France, je fais vraiment de mon mieux pour être à la hauteur. »

    Bref, cette défaite va au moins secouer le Landerneau de la politique droitière franchouillarde, voyons ce qu’il en sortira.

  • Encore un petit effort Monsieur Juppé

    Juppé-le-raide se bonifie avec le temps. Alors qu’on lui aurait proposé de succéder à Seguin à la Cour des Comptes il préfère rester tranquillement maire de Bordeaux et profiter de la vie à l’ombre des vignobles. C’est bien.

    Il dit par ailleurs dans Les Echos :

    Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise ?

    Je regardais la une d’un grand journal ce week-end. A gauche, il y avait Haïti, à droite le milliard de bonus que les banques françaises s’apprêtent à distribuer. C’est obscène et inacceptable. Rien ne justifie à mes yeux qu’on puisse avoir de telles dérives et de tels excès. J’espère que la taxation dont il est question en France va se concrétiser.

    Le gouvernement prévoit une taxe de 50% sur les bonus au-delà de 27.500 euros…

    Si on n’arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu’il faudra aller plus loin au parlement. On nous dit toujours : « Il y a la concurrence, les banquiers vont filer ailleurs… » Mais la concurrence ne justifie pas l’immoralité.

  • Juppé abdique son destin national

    Juppé, le triste de l’isoloir, est élu maire de Bordeaux au premier tour. Enfin un succès pour notre Juju ; le déprimant de la Garonne. Il lui reste maintenant à respecter la seule promesse électorale qui l’a fait élire, celle par laquelle il s’est engagé à faire le job de Bordeaux à 100% de son temps et à ne pas céder aux sirènes des palais nationaux des VII et VIIIème arrondissements parisiens. Cela va être dur mais on peut imaginer qu’un homme mûr et brillant comme lui aura enfin compris la leçon des électeurs qui en veulent pour leur argent.

  • Juppé change

    Eh bien ça y est ! Grande nouvelle, Juppé commence à comprendre l’électeur ; du fond de ses vignobles il vient de déclarer :

    « Je conclus que le cumul des fonctions exécutives n’est plus acceptable dans l’esprit des concitoyens. Si je suis candidat [à la marie de Bordeaux], et si je suis élu, c’est donc ce que je ferai. »

    Ben oui… quand le bordelais vote pour un député ou un maire ce n’est pas pour le voir démissionner le lendemain pour garder un poste de ministre à Paris. Ce n’est tout de même pas compliqué à intégrer surtout quand on a fait des études. Si j’étais à Bordeaux je voterais aux prochaines municipales pour le Juppé nouveau, réaliste, serein et tranquille, et qui reste tout de même un homme d’influence.

  • Juppé se détend

    Eh bien voilà le Juppé qui se lâche et qui agresse un journaliste insupportable. Ce matin il a annoncé qu’il gardait la mairie de Bordeaux (fauteuil pour l’amour duquel il a tout de même fait démissionner le conseil municipal il quelques mois à peine). C’est bien mon Juju, vas-y, laisse-toi aller ! D’abord profite de la vie dans le sud-ouest, elle est cool. Flingue quelques journalistes, il en restera toujours assez pour poser des questions stupides. N’hésite pas à leur dire qu’ils sont des crétins, tu verras cela détend merveilleusement, comme une thalasso à Biarritz. Et puis prend ton vélo et va pédaler dans les landes, au grand air, cela va te régénérer, tu es tout pâle ces derniers temps.

    Mon Juju, plus ça va et plus je me sens proche de toi, sans bien entendu prétendre égaler ta haute stature. Tous les deux nous sommes honnêtes et droits, rigoureux et inspirant la confiance aux belles-mères, mais tristes et déprimant, et sans une once de sens commercial. Alors Juju, ce n’est pas grave, c’est comme ça, c’est tout ! Il faut prendre la vie comme elle est et ne pas éternellement chercher à inverser le cours de choses. Il vaut mieux essayer de s’intégrer avec harmonie dans le courant qui nous porte.

    Mon Juju, les électeurs c’est comme les femmes, ils couchent avec les gens qui les font rêver, pas avec les comptables ! Et je n’ai pas besoin de te faire un dessin, toi et moi on est plutôt dans la deuxième catégorie. Donc pas de déprime, pas de tentation de Venise ou d’ailleurs, just keep cool la vie est belle Juju, consacre-la simplement à ce que tu sais faire, c’est-à-dire pas les élections ou la politique, tu es trop pur pour ça.

  • Les repris de justice ne sont pas repris par les électeurs

    Grande avancée conceptuelle à l’issue de ce deuxième tour des élections législatives, il semble que le statut de repris de justice ne soit plus un aussi fort argument électoral que par le passé : Juppé, Carignon, Mellik sont dégagés, seul Tibéri réussit à se faire élire.

    Bon, Juppé-le-contracté se fait sortir par la bourgeoisie bordelaise, que l’on ne savait pas particulièrement révolutionnaire ; il faut quand même le faire ! Il a sans doute déployé les derniers efforts pour arriver à un tel résultat. Il est vrai que nos us et coutumes sont quand même un peu bizarres : son chef Fillon l’oblige à être élu député pour rester ministre puis à démissionner aussitôt pour s’installer à Paris alors que c’est justement s’il n’était pas élu à Bordeaux qu’il aurait le temps d’être ministre puisque s’il est député il a plus le loisir d’être ministre. Peut-être que les Bordelais raisonnent ainsi et ne comprennent pas grand-chose à ces embrouillaminis politicards ?

    Donc, Juppé-raide-comme-un-passe-lacet a démissionné du gouvernement et devrait se retirer une deuxième fois de la vie politique. Malgré ses cotés plutôt sympathiques (il a accepté de payer en justice pour Chirac sans broncher pour les affaires de la mairie de Paris) il va falloir qu’il réalise une bonne fois pour toutes que les Français ne l’aiment pas et le rejettent systématiquement où qu’il se présente. C’est ainsi. Pourquoi continue-t-il à s’acharner ? Ne peut-il essayer de profiter de la vie à Québec ou à Bordeaux : un petit mandat municipal, un peu de consulting politico-communicant, plus sa retraite d’ancien ministre et la vie sera belle ? Il pourra emmener sa jeune épouse faire du shopping et un peu de tourisme culturel. Que demande le peuple ?

    L’UMP pleure des larmes de crocodiles sur le sort de Juppé-le-raide-comme-la-Justice avec une mauvaise foi remarquable. On va bien arriver à le remplacer au ministère du développement durable, ce n’est quand même pas le bout du monde. Et puis on parviendra aussi assez bien à se passer de son caractère soupe au lait et surtout de sa fidélité à Chirac.

    Juju, crois-le, il y a une vie après la politique (c’est ton maître Chirac qui l’a dit), et puis promis, o, t’emmène voir les Stones la prochaine fois tu pourras reprendre I can’t get no satisfaction! avec Mick. Et d’ailleurs samedi soir au stade de France, Mick nous a dit entre deux chansons que Fillon était dans l’assistance. Donc tu vois, lui il était peinard, déjà réélu et pendant que tu sonnais aux portes pour faire la manche aux voix, il se la coulait douce. Tu crois qu’il serait venu donner un coup de main à Bordeaux à son ministre en chef ? Que nenni il a préféré les Rolling Stones au soutien à un concurrent. Il t’a laissé te faire étriller sans remord. Prends-en de la graine Juju, détend toi, souris, arrête de courir, de prendre des coups, sois cool et tout ira bien !